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Liban-Israël : démentis officiels sur une menace de frappe contre l’aéroport de Beyrouth

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Dans un climat de tensions régionales exacerbées par les menaces américaines contre l’Iran, un échange de déclarations contradictoires a agité les chancelleries libanaise et israélienne. Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, a évoqué mardi, depuis Genève, des « signes » indiquant que l’armée israélienne pourrait cibler des infrastructures civiles au Liban, y compris l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, en cas d’implication du Hezbollah dans un éventuel conflit entre les États-Unis et l’Iran. Ces propos ont été promptement démentis par un responsable israélien, qui a affirmé que les institutions étatiques libanaises n’étaient pas dans les objectifs de Tsahal. Des sources proches de la présidence libanaise ont également réfuté toute réception officielle de tels avertissements, qualifiant les déclarations du ministre de « propagation de la peur ».

Cet épisode, survenu le 24 février 2026, illustre la fragilité persistante du cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre Israël et le Liban, sous l’égide des États-Unis et de la France. Alors que les frappes israéliennes se poursuivent quasi quotidiennement au Liban, en violation apparente de l’accord, les autorités de Beyrouth tentent de naviguer entre pressions internes et externes pour éviter une escalade qui plongerait le pays dans une nouvelle spirale destructrice.

Les déclarations du ministre Rajji et leurs échos

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Youssef Rajji, s’exprimant en marge d’une session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, a déclaré que le Liban avait reçu des indications selon lesquelles Israël pourrait étendre ses frappes à des sites civils stratégiques en cas d’escalade. « Il y a des signes que les Israéliens pourraient frapper très durement en cas d’escalade, potentiellement incluant des infrastructures stratégiques comme l’aéroport », a-t-il précisé aux journalistes. Il a ajouté que les autorités libanaises avaient appelé le Hezbollah à ne pas s’impliquer dans un conflit qui ne concerne pas directement le Liban, afin d’éviter des « situations mauvaises » pour les civils.

Ces affirmations ont été relayées par deux hauts responsables libanais, qui ont confirmé à des agences internationales que Israël avait transmis un message indirect avertissant d’une riposte sévère contre des infrastructures civiles, dont l’aéroport de Beyrouth, si le Hezbollah intervenait aux côtés de l’Iran. Le ministre a insisté sur les efforts diplomatiques en cours pour protéger les infrastructures civiles libanaises, soulignant que Beyrouth exhortait les gouvernements occidentaux, alliés des États-Unis, à faire pression sur Israël.

En réponse, un responsable israélien, cité par la chaîne Al-Arabiya, a nié toute intention de cibler les institutions étatiques libanaises. « Le ciblage des institutions de l’État libanais ne fait pas partie des objectifs d’Israël », a-t-il déclaré, tout en rappelant que Tsahal continuait d’opérer contre ce qu’elle qualifie de menaces liées au Hezbollah. Du côté libanais, des sources présidentielles ont démenti ces allégations dans les colonnes du quotidien Al-Joumhouria, publiées le 25 février 2026. Elles ont affirmé que le Liban n’avait pas reçu officiellement d’avertissement de ce type via des médiateurs ou diplomates. « Le ministre n’a informé ni l’État, ni le président, ni le président du Parlement de ces avertissements », ont-elles indiqué, ajoutant que de telles déclarations ne devaient pas être communiquées via les médias. « Le ministre assume l’entière responsabilité de ses propos », ont-elles conclu, les qualifiant de « propagation de la peur ».

Le Parti socialiste progressiste (PSP), dirigé par Walid Joumblatt, a réagi en soulignant la « contradiction flagrante » entre les propos de Rajji et la réponse israélienne. « Ce contraste saisissant soulève des interrogations », a déclaré le parti dans un communiqué, appelant à une clarification pour éviter d’alimenter les tensions internes.

Contexte des tensions américano-iraniennes

Ces échanges interviennent alors que les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont intensifié leurs menaces contre l’Iran. Le 24 février 2026, Trump a réitéré lors d’un discours devant le Congrès sa volonté de frapper l’Iran si les négociations sur le programme nucléaire ne débouchaient pas sur un accord satisfaisant. Il a accusé Téhéran de reconstituer son arsenal nucléaire malgré les frappes américaines de l’année précédente et d’avoir développé des missiles capables d’atteindre le sol américain, sans fournir de preuves détaillées. « Si nous voulons que la guerre n’ait pas lieu, nous devons être prêts à 100 % pour la guerre », a déclaré le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, en réponse, affirmant que les forces armées iraniennes étaient prêtes à toute éventualité.

Le Hezbollah, allié historique de l’Iran, est au cœur de ces craintes. Le nouveau secrétaire général du mouvement, Naim Qassem, a affirmé en janvier 2026 que le groupe ne resterait pas « neutre » face à une agression contre Téhéran. « Nous ne pouvons ignorer cela, et c’est notre responsabilité collective – une question de foi, de conviction et de devoir – de affronter cette menace », a-t-il déclaré lors d’un discours télévisé. Il a ajouté que le Hezbollah choisirait le moment et la manière d’intervenir en fonction des circonstances, soulignant que l’équilibre des forces n’était pas un frein. Des sources proches du Hezbollah ont toutefois indiqué que le groupe n’interviendrait pas en cas de frappes « limitées » américaines, mais considérerait toute attaque contre Khamenei comme une « ligne rouge ».

Le gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, a multiplié les appels au Hezbollah pour qu’il s’abstienne de toute action qui pourrait entraîner le Liban dans un conflit régional. Salam, un juriste international respecté, a insisté sur la souveraineté de l’État et la nécessité de désarmer les milices, conformément à l’accord de Taëf de 1989. Le président Joseph Aoun, ancien commandant en chef de l’armée libanaise, élu en février 2025 pour mettre fin à une longue vacance présidentielle, a réaffirmé le rôle exclusif des forces armées libanaises (FAL) dans la défense du territoire.

Les violations persistantes du cessez-le-feu de 2024

Le cessez-le-feu de novembre 2024, qui a mis fin à plus d’un an d’hostilités entre Israël et le Hezbollah, prévoyait un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban dans un délai de 60 jours. Pourtant, plus d’un an après, Israël maintient une présence militaire dans cinq points stratégiques frontaliers, justifiant cela par la nécessité de prévenir la reconstitution des capacités du Hezbollah au sud du Litani. Selon les Nations unies, Israël a lancé plus de 10 000 attaques aériennes et terrestres au Liban depuis l’accord, tuant des centaines de personnes, dont de nombreux civils.

Les incidents les plus récents remontent au 20 février 2026, lorsque des frappes israéliennes dans la vallée de la Bekaa, à l’est du Liban, ont tué au moins 10 personnes, dont huit membres du Hezbollah. L’armée israélienne a affirmé avoir visé des centres de commandement et des dépôts d’armes du mouvement, où des explosions secondaires ont confirmé la présence d’armements. Le Hezbollah a qualifié ces attaques de « violation flagrante » et promis une « résistance » sans toutefois riposter militairement. Le 21 février, une frappe à Ein el-Hilweh, le plus grand camp de réfugiés palestiniens au sud, a tué deux personnes, Israël ciblant des éléments présumés du Hamas.

Le 24 février, l’armée libanaise a accusé Israël d’avoir tiré près d’un poste d’observation en construction dans la région de Marjayoun, ordonnant à ses troupes de riposter. Un drone israélien survolant à basse altitude avait diffusé des avertissements pour que les soldats libanais quittent les lieux. Tsahal n’a pas commenté l’incident immédiatement, mais des sources militaires israéliennes ont indiqué que les opérations visaient à empêcher la régénération des capacités du Hezbollah, y compris des tunnels et des dépôts d’armes.

Ces actions ont déplacé des dizaines de milliers de Libanais du sud, empêchant leur retour malgré la fin officielle des hostilités. L’armée libanaise, soutenue par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), tente de déployer davantage de troupes dans la zone, mais les tensions persistent. Le commandant de la Finul, le général Stefano Del Col, a déclaré le 23 février que les violations quotidiennes risquaient de « miner la stabilité fragile » et appelé à une application stricte de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2006 après la guerre précédente.

Le rôle de l’ONU et les résolutions en vigueur

La résolution 1701, qui a mis fin à la guerre de 2006, prévoit le désarmement de toutes les milices au sud du Litani, le déploiement exclusif des FAL et de la Finul, et le retrait israélien complet. Pourtant, le Hezbollah maintient une présence armée, justifiée par ce qu’il appelle une « menace existentielle » israélienne. Naim Qassem a réaffirmé en février 2026 que les armes du mouvement étaient « légitimes » sur les plans juridique, national et populaire.

Le Liban a déposé plusieurs plaintes auprès du Conseil de sécurité depuis 2024, dénonçant les incursions israéliennes. Le 26 janvier 2026, le ministre Rajji a rencontré le sous-secrétaire général de l’ONU pour les affaires politiques, Rosemary DiCarlo, pour plaider en faveur d’une pression accrue sur Israël. DiCarlo a exprimé la préoccupation des Nations unies face aux violations et appelé à un dialogue pour résoudre les différends frontaliers, y compris les points contestés comme les fermes de Chebaa.

La composition du gouvernement libanais et ses défis internes

Le cabinet de Nawaf Salam, formé en février 2025 après des mois de paralysie politique, est un gouvernement technocrate visant à stabiliser le pays face à la crise économique et aux suites de la guerre de 2024. Salam, ancien juge à la Cour internationale de justice, a été nommé avec le soutien d’une coalition large, incluant des partis sunnites, chiites et chrétiens. Youssef Rajji, diplomate de carrière issu des Forces libanaises, occupe le poste de ministre des Affaires étrangères depuis cette date, succédant à Abdallah Bou Habib. Son rôle a été salué par l’Union européenne pour sa contribution à la stabilité régionale.

Le ministre de la Défense, Fayçal Karamé, et celui de l’Intérieur, Bassam Mawlawi, coordonnent les efforts pour renforcer les FAL, qui comptent environ 80 000 hommes mais manquent de ressources. Le budget militaire, soumis le 29 juillet 2025 au Parlement, prévoit une augmentation des dépenses pour l’armée, financée en partie par des aides internationales. Selon des rapports du FMI, la dette libanaise dépasse 200 % du PIB, avec une inflation à 150 % en 2025, compliquant toute mobilisation.

Les implications immédiates des tensions frontalières

Les frappes israéliennes du 16 au 22 février 2026 ont tué 14 personnes, dont 10 operatives du Hezbollah et deux du Hamas, selon l’armée israélienne. Ces opérations, menées dans des zones comme Tyr, Nabatiyeh et la Bekaa, visaient des sites de stockage d’armes et des commandants impliqués dans la reconstitution des forces du Hezbollah. Le 20 février, une frappe à Riyaq a détruit des missiles à longue portée, prêts au déploiement, d’après des sources militaires israéliennes.

Le Hezbollah, affaibli par la perte de son leader Hassan Nasrallah en 2024 et de milliers de combattants, tente de se régénérer. Des officiers du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien supervisent ces efforts, selon des rapports. Naim Qassem a menacé le 16 février d’une riposte si les frappes continuaient, mais le mouvement privilégie pour l’instant la voie politique, laissant l’État libanais gérer les plaintes à l’ONU.

L’évacuation partielle de l’ambassade américaine à Beyrouth, ordonnée le 23 février 2026 pour des raisons de sécurité, souligne les craintes d’une escalade. Environ 50 membres du personnel ont quitté l’aéroport de Beyrouth, qui reste opérationnel malgré les menaces. Des compagnies aériennes comme Middle East Airlines ont maintenu leurs vols, mais avec des annulations possibles.

Les dynamiques confessionnelles influencent ces tensions : les chiites du sud, bastion du Hezbollah, subissent les frappes, tandis que les sunnites de Tripoli et les chrétiens appellent à la neutralité. Le 13 février, les autorités libanaises ont interdit les vols d’Iran Air et Mahan Air vers Beyrouth, suite à des allégations israéliennes de contrebande d’armes pour le Hezbollah.

Les efforts diplomatiques se multiplient : le ministre omanais des Affaires étrangères, Sayyid Badr Albusaidi, a rencontré Rajji le 26 février pour discuter de la coopération bilatérale et de la désescalade. L’Union européenne, via Kaja Kallas, a réaffirmé son soutien aux FAL.

Les frappes du 9 au 15 février ont tué neuf personnes, dont trois operatives du Hezbollah, illustrant la persistance des opérations israéliennes. Le 9 février, deux operatives du Hezbollah, un officier libanais et son fils de trois ans ont péri dans une frappe. Ces incidents, près de la frontière, soulignent les risques pour les civils et les forces étatiques.

Le Liban, déjà fragilisé par une crise économique avec une dette de plus de 100 milliards de dollars selon la Banque mondiale, craint que toute implication du Hezbollah n’aggrave la situation. Les réserves en devises étrangères, à 15 milliards de dollars fin 2025, limitent les capacités de réponse. Le ministère des Finances, dirigé par un technocrate depuis 2025, a validé des statistiques indiquant une croissance négative de -5 % pour 2026 si les tensions persistent.

Les implications immédiates incluent une augmentation des déplacements internes : plus de 50 000 personnes restent déplacées du sud depuis 2024. Les hôpitaux, comme ceux de la Bekaa, rapportent 24 blessés dans les frappes récentes, dont trois enfants. L’armée libanaise a intensifié ses patrouilles, avec 15 000 soldats déployés au sud, en coordination avec la Finul qui compte 10 000 Casques bleus.

Ces développements, ancrés dans les événements des derniers jours, mettent en lumière les défis pour le Liban de préserver sa souveraineté face aux pressions régionales.

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