Une nouvelle vague de violences secoue le Moyen-Orient, marquée par la reprise des frappes israéliennes à Gaza, une attaque de missile yéménite revendiquée par les Houthis, une condamnation virulente du Hezbollah, et des bombardements israéliens en Syrie centrale. Ce mercredi, l’armée israélienne a appelé les habitants de plusieurs zones de Gaza à évacuer vers des abris, signalant une rupture du cessez-le-feu dans l’enclave palestinienne. Ces événements, survenus en moins de 48 heures, témoignent d’une escalade rapide qui menace de déstabiliser davantage une région déjà fragile, sous le regard d’une communauté internationale appelée à réagir.
Les affrontements, qui ont repris après une période de trêve à Gaza, ont coûté la vie à plus de 400 personnes en moins de 12 heures, selon des déclarations publiées mardi. Parallèlement, des acteurs régionaux comme les Houthis au Yémen et le Hezbollah au Liban ont réaffirmé leur soutien à la cause palestinienne, tandis que la Syrie, sous un gouvernement intérimaire récent, a déposé une troisième plainte contre Israël auprès du Conseil de sécurité de l’ONU. Dans ce climat tendu, les civils de Gaza, du sud de la Syrie et d’ailleurs restent les premières victimes d’un conflit aux ramifications multiples.
Gaza : une évacuation sous la menace des frappes
Ce mercredi 19 mars 2025, l’armée israélienne a émis un avertissement urgent à l’attention des habitants de Gaza, les pressant d’évacuer ce qu’elle a qualifié de « zones de combat » dans le nord et le sud du territoire palestinien. Dans un message publié sur X, le porte-parole militaire Avichay Adraee a désigné Beit Hanoun au nord, ainsi que Khirbet Khuza’a et Abasan al-Jadida au sud, comme des « zones de combat dangereuses ». Il a appelé la population à se diriger vers des abris situés à l’ouest de la ville de Gaza et à Khan Younès pour assurer leur sécurité, signalant ainsi une intensification des opérations militaires après la rupture d’un cessez-le-feu.
Cette annonce fait suite à la reprise des frappes aériennes israéliennes sur Gaza, déclenchées mardi après l’effondrement de la trêve. Selon des déclarations publiées le même jour, ces bombardements ont tué plus de 400 personnes en moins de 12 heures, un bilan qui reflète l’ampleur de l’offensive. Beit Hanoun, une ville du nord de Gaza proche de la frontière israélienne, et les localités de Khirbet Khuza’a et Abasan al-Jadida, situées près de Khan Younès dans le sud, comptent parmi les zones les plus densément peuplées de l’enclave, qui abrite environ 2,3 millions d’habitants sur 365 kilomètres carrés. L’appel à l’évacuation, bien que présenté comme une mesure de protection, intervient dans un contexte où les options de refuge sûr sont limitées, les infrastructures de Gaza ayant été largement endommagées par des années de conflit.
Les Houthis entrent en scène
Alors que Gaza subit une nouvelle vague de violences, les rebelles Houthis du Yémen ont revendiqué mercredi une attaque contre une base militaire dans le sud d’Israël, affirmant qu’elle avait « atteint son objectif avec succès ». L’armée israélienne a confirmé qu’un missile avait été tiré depuis le Yémen, déclenchant des sirènes dans plusieurs villes et villages du sud du pays, mais a précisé qu’il avait été intercepté avant de pénétrer dans l’espace aérien israélien. Cet incident marque une reprise des hostilités de la part des Houthis, soutenus par l’Iran, qui avaient suspendu leurs attaques contre Israël pendant le cessez-le-feu à Gaza.
Les Houthis ont justifié cette frappe comme une réponse aux bombardements israéliens de mardi à Gaza, qui ont causé des centaines de morts. Dans une déclaration, ils ont également annoncé leur intention de reprendre les attaques contre des navires liés aux États-Unis et à Israël, rompant ainsi avec une période de retenue observée durant la trêve. Le Yémen, situé à plus de 1 500 kilomètres d’Israël, est devenu un acteur régional dans le conflit depuis que les Houthis ont commencé à lancer des missiles et des drones vers Israël en soutien à la cause palestinienne, notamment depuis octobre 2023. Cette attaque, bien que neutralisée, souligne la capacité des Houthis à projeter leur influence au-delà de leurs frontières et à compliquer davantage la situation sécuritaire israélienne.
Le Hezbollah en solidarité avec Gaza
Au Liban, le Hezbollah a réagi avec force à la reprise des hostilités à Gaza. Dans un communiqué publié mardi 18 mars 2025, le mouvement chiite a exprimé son soutien « total et ferme » à « la résistance palestinienne vaillante et au peuple honorable de Gaza », dénonçant les frappes israéliennes qui ont tué plus de 400 personnes en moins de 12 heures. Le Hezbollah, qui a lui-même été impliqué dans un conflit avec Israël jusqu’au cessez-le-feu du 27 novembre 2024, a appelé « ce qu’il reste de la communauté internationale libre », ainsi que l’ONU, le Conseil de sécurité et les organisations humanitaires et juridiques, à agir d’urgence pour « mettre fin à ce crime continu contre l’humanité ».
Cette prise de position intervient alors que le Hezbollah, bien qu’affaibli par sa guerre récente avec Israël, conserve une influence significative au Liban et dans la région. Le mouvement, qui opère dans le sud du Liban, la Bekaa et les banlieues sud de Beyrouth, a vu ses bastions lourdement touchés par les combats de 2024, qui ont coûté au Liban 14 milliards de dollars, dont 11 milliards nécessaires à la reconstruction. Sa déclaration de solidarité avec Gaza reflète une volonté de maintenir sa posture de résistance face à Israël, tout en appelant à une mobilisation internationale face à l’escalade actuelle.
Frappes israéliennes en Syrie centrale
Pendant ce temps, en Syrie, des avions israéliens ont ciblé un site militaire dans la région centrale du pays, près de la ville de Homs, selon une déclaration publiée mardi 18 mars 2025. Cette frappe a visé un bataillon de missiles, provoquant des explosions dans la zone, bien qu’aucun bilan immédiat des victimes n’ait été rapporté. Cet incident s’inscrit dans une série d’attaques israéliennes récentes en Syrie, visant des installations militaires que l’État hébreu considère comme des menaces potentielles à sa sécurité.
La Syrie, dirigée par un gouvernement intérimaire depuis la chute de Bachar el-Assad fin 2024, a déposé une troisième plainte contre Israël auprès du Conseil de sécurité de l’ONU, soumise le 3 mars mais diffusée mardi. Cette plainte dénonce les frappes israéliennes et l’occupation par Israël de territoires dans le sud syrien, notamment près de la frontière avec le plateau du Golan. Les forces israéliennes ont avancé dans cette région, affirmant agir pour protéger leurs frontières et empêcher la nouvelle armée syrienne de s’installer au sud de Damas. Israël a également déclaré vouloir protéger la minorité druze, présente des deux côtés de la frontière, une justification contestée par la Syrie.
Le gouvernement syrien a qualifié ces actions d’« ingérence flagrante dans les affaires internes de la Syrie », accusant Israël de chercher à « miner la sécurité et la stabilité » du pays et d’établir une « nouvelle occupation » sur son territoire. La plainte demande au Conseil de sécurité de prendre des « mesures urgentes » pour stopper les attaques israéliennes sur les villes et villages syriens, exiger un retrait immédiat et inconditionnel des forces israéliennes, et faire respecter l’accord de cessez-le-feu de 1974 entre les deux pays.
Une région sous pression
Ces événements – l’évacuation à Gaza, l’attaque des Houthis, la réaction du Hezbollah et les frappes en Syrie – surviennent dans un Moyen-Orient déjà fragilisé par des années de conflits. À Gaza, la reprise des hostilités fait suite à un cessez-le-feu fragile, dont les termes n’ont pas été précisés dans les informations disponibles, mais qui avait offert une pause après des mois de violence. Les 400 morts signalés mardi en moins de 12 heures rappellent l’intensité des affrontements dans cette enclave de 41 kilomètres de long sur 10 de large, où les civils n’ont que peu d’endroits où fuir.
Les Houthis, basés au Yémen, amplifient cette crise en ciblant Israël depuis une distance considérable, utilisant des missiles qui, bien qu’interceptés cette fois, maintiennent une menace constante sur le sud israélien. Leur décision de reprendre les attaques contre des navires liés aux États-Unis et à Israël pourrait également perturber les routes maritimes dans la mer Rouge, un enjeu économique majeur pour la région.
En Syrie, les frappes israéliennes près de Homs, à environ 150 kilomètres au nord de Damas, visent à neutraliser des capacités militaires dans un pays en pleine transition. L’avancée israélienne dans le sud syrien, combinée aux plaintes déposées à l’ONU, met en lumière les tensions persistantes entre les deux voisins, séparés par une ligne de cessez-le-feu depuis 1974 mais jamais en paix officielle.
Un appel à l’action internationale
Les appels à l’intervention de la communauté internationale, formulés par le Hezbollah et la Syrie, soulignent l’urgence de la situation. Le Hezbollah a exhorté l’ONU et le Conseil de sécurité à stopper les « crimes contre l’humanité » à Gaza, tandis que la Syrie demande des mesures pour contrer les actions israéliennes sur son sol. Ces requêtes interviennent dans un contexte où le Conseil de sécurité reste souvent paralysé par les veto des grandes puissances, limitant les chances d’une réponse rapide ou unifiée.



