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Naim Qassem appelle à l’unité régionale face à Israël lors de la commémoration de l’attaque du 20 septembre 2024

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Le 19 septembre 2025, à l’occasion du premier anniversaire de l’attaque israélienne contre un centre de réunion de la force Al-Ridwan dans la banlieue sud de Beyrouth, Naim Qassem, secrétaire général du Hezbollah, a prononcé un discours retransmis en direct depuis le complexe Sayyed Al-Shuhada, dans la banlieue sud de la capitale libanaise. Cette frappe, survenue le 20 septembre 2024, a tué dix-huit commandants de l’unité d’élite du Hezbollah, dont Ibrahim Aqil, alias Hajj Abdel Qader, ainsi qu’environ cinquante civils. Lors de cette allocution, Qassem a rendu hommage aux victimes tout en livrant une analyse des tensions géopolitiques actuelles, appelant à une mobilisation régionale contre ce qu’il qualifie de menace expansionniste israélienne soutenue par les États-Unis. Dans un contexte marqué par une recrudescence des violences le long de la frontière sud-libanaise, ce discours reflète les priorités du Hezbollah : honorer ses martyrs et renforcer l’unité face aux défis régionaux.

Une frappe ciblée aux conséquences lourdes

Le 20 septembre 2024, une frappe aérienne israélienne a visé un immeuble résidentiel dans le quartier de Jamous, dans la banlieue sud de Beyrouth, un secteur densément peuplé et considéré comme un fief du Hezbollah. Selon les autorités libanaises, l’attaque a été menée par des drones armés lançant plusieurs missiles, provoquant l’effondrement partiel de l’immeuble qui abritait une réunion des commandants de la force Al-Ridwan, unité d’élite du Hezbollah spécialisée dans les opérations spéciales. Dix-huit cadres de l’organisation, dont Ibrahim Aqil et Ahmed Mahmoud Wahbi, ont été tués. Environ cinquante civils, parmi lesquels des hommes, des femmes et des enfants résidant dans l’immeuble ou à proximité, ont également perdu la vie. À ce jour, quatre personnes restent portées disparues, selon un communiqué du ministère libanais de la Santé daté du 25 septembre 2024.

Le ministère, alors dirigé par Firas Abiad, a rapporté que plus de 70 blessés ont été pris en charge dans les hôpitaux de Beyrouth, où les secours ont travaillé dans des conditions difficiles en raison des décombres. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a qualifié l’attaque de « violation grave du droit international humanitaire » dans son rapport du 15 octobre 2024, notant qu’elle a eu lieu dans une zone civile sans avertissement préalable. Jeanine Hennis-Plasschaert, coordinatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’escalade des violences, signalant plus de 150 incidents le long de la Ligne bleue depuis début septembre 2025, incluant des bombardements israéliens et des tirs de roquettes du Hezbollah.

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Naim Qassem, dans son discours du 19 septembre 2025, a dénoncé une « agression sioniste brutale » visant à « décapiter » la direction militaire du Hezbollah. Il a présenté l’attaque comme une tentative israélienne de saper la résistance, tout en soulignant son impact sur la population civile. Cette frappe s’inscrit dans un contexte de tensions accrues, avec des violations répétées du cessez-le-feu instauré par la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui exige le retrait des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement des groupes armés au sud du fleuve Litani.

Ibrahim Aqil : un pilier de la résistance libanaise

Lors de son discours, Naim Qassem a rendu un hommage détaillé à Ibrahim Aqil, figure centrale de la résistance libanaise, connu sous son nom de guerre Hajj Abdel Qader. Né en 1962 dans le village de Derdghaya, dans le sud du Liban, Aqil a rejoint le Hezbollah dès sa fondation en 1982, en réponse à l’invasion israélienne qui a occupé une grande partie du pays jusqu’à Beyrouth. Qassem a rappelé son rôle dans les combats contre l’occupation, notant qu’il « a résisté lors de l’invasion de 1982 », participant à des opérations de guérilla qui ont contribué au retrait israélien du sud en 2000.

Dans les années 1990, Aqil a supervisé la formation centrale des combattants du Hezbollah, renforçant la capacité opérationnelle de l’organisation à travers un entraînement axé sur les tactiques asymétriques et l’utilisation du terrain. En 1997, il a pris part à l’embuscade d’Ansariyeh, au cours de laquelle une unité d’élite israélienne a subi de lourdes pertes, marquant un succès stratégique pour le Hezbollah. Qassem a également souligné son rôle lors de la guerre de juillet 2006, où Aqil a dirigé des unités défendant les villages frontaliers contre l’avancée israélienne.

À partir de 2008, Aqil est devenu l’adjoint d’Imad Moughniyeh, surnommé le « Maître des martyrs de la nation » par le Hezbollah, jusqu’à l’assassinat de ce dernier à Damas. Il a ensuite assumé des responsabilités accrues au sein de la force Al-Ridwan. Qassem a également évoqué son engagement en Syrie, notamment lors des batailles d’Al-Qusayr en 2013 et d’Al-Qalamoun en 2014-2015, où le Hezbollah a soutenu les forces gouvernementales syriennes contre les groupes rebelles. Ces campagnes, bien que controversées au Liban, ont renforcé l’influence régionale d’Aqil et du Hezbollah.

Ahmed Wahbi et Mazloum Adloun : d’autres figures honorées

Naim Qassem a également rendu hommage à Ahmed Mahmoud Wahbi, tué dans la même frappe. Wahbi, membre du Hezbollah depuis sa création en 1982, avait été capturé par les forces israéliennes dans les années 1980 et libéré lors d’un échange de prisonniers en 1985. Il a gravi les échelons pour devenir responsable opérationnel de la force Al-Ridwan jusqu’en 2024. Qassem a salué son engagement, notant qu’il « a rejoint la résistance dès sa création » et a joué un rôle clé dans ses opérations.

Un autre combattant, Mazloum Adloun, récemment décédé, a été mentionné. Adloun, qui commandait les forces blindées du Hezbollah lors de la guerre de 2006, a participé à de nombreuses opérations de résistance depuis les années 1980. En 2006, il a dirigé des unités responsables de la destruction de chars israéliens Merkava, infligeant des pertes significatives à Tsahal. Bien que les circonstances de sa mort n’aient pas été précisées, son parcours a été présenté comme un exemple de dévouement à la cause de la résistance.

Une région à un tournant géopolitique critique

Dans la seconde partie de son discours, Naim Qassem a abordé la situation politique au Liban et dans la région, la décrivant comme un « tournant exceptionnellement dangereux ». Il a retracé l’implantation d’Israël au Moyen-Orient, soutenue initialement par le Royaume-Uni puis par les États-Unis, comme une présence « expansionniste » visant à empêcher l’indépendance régionale. Selon Qassem, Israël agit comme un « outil pour les États-Unis » et une « menace pour la région », avec des ambitions territoriales englobant la Palestine, le Liban, la Jordanie, l’Égypte, la Syrie, l’Irak, l’Arabie saoudite, le Yémen et l’Iran.

Qassem a dénoncé ce qu’il perçoit comme une escalade de la « criminalité » israélienne, affirmant qu’elle viole « toutes les normes humaines, légales, internationales et des droits de l’homme », avec le soutien de l’administration américaine. Il a cité l’échec des approches diplomatiques passées, telles que la conférence de Madrid en 1991 ou les accords d’Abraham en 2020, ainsi que des sanctions et de la « guerre douce », pour atteindre les objectifs d’Israël et des États-Unis. Selon lui, l’extermination est devenue leur « solution », comme en témoigne l’offensive à Gaza, où le ministère de la Santé palestinien rapporte plus de 45 000 morts, majoritairement civils, depuis octobre 2023, selon un rapport de l’OMS du 10 septembre 2025.

Un événement récent, une attaque israélienne contre le Qatar – dont les détails restent flous – a été mentionné comme un tournant, modifiant la dynamique régionale. Qassem a averti que « la situation après l’attaque contre le Qatar est différente de celle d’avant », suggérant que la résistance, les États et les peuples doivent désormais faire face à une menace élargie.

Un appel à l’unité régionale et au dialogue avec l’Arabie saoudite

Face à cette situation, Qassem a appelé à une mobilisation unifiée des « États, systèmes politiques, peuples et résistance » contre l’ennemi commun, identifiant Israël comme le « danger » plutôt que la résistance. Il a proposé un dialogue avec l’Arabie saoudite, basé sur trois principes : résoudre les différends par le dialogue pour répondre aux préoccupations et assurer les intérêts ; reconnaître qu’Israël, et non la résistance, est l’ennemi ; et suspendre les conflits passés. Qassem a insisté sur le fait que les armes du Hezbollah sont dirigées « contre l’ennemi israélien, et non contre le Liban, l’Arabie saoudite ou toute autre entité ». Il a averti que faire pression sur la résistance équivaut à « un gain net pour Israël », ajoutant que si la résistance disparaît, les États de la région deviendront les prochaines cibles.

Cet appel intervient dans un contexte de tensions historiques entre le Hezbollah et l’Arabie saoudite, exacerbées par le soutien de Riyad à des factions libanaises rivales et par la désignation du Hezbollah comme organisation terroriste par le Conseil de coopération du Golfe en 2016. Les relations entre Riyad et Beyrouth se sont particulièrement détériorées en 2021, lorsque l’Arabie saoudite a expulsé l’ambassadeur libanais et interdit les importations libanaises, accusant le Hezbollah de contrôler les décisions politiques du pays.

Une mobilisation interne pour le Liban

Au niveau national, Qassem a exhorté les forces politiques libanaises, même celles en désaccord avec le Hezbollah, à ne pas « rendre de services à Israël ». Il a critiqué les propositions américaines, affirmant que Washington agit « ouvertement pour le compte d’Israël » et que toute concession serait contre-productive. Il a appelé à des réformes urgentes, notamment la tenue des élections législatives prévues pour 2026, la priorisation de la reconstruction du Liban, la lutte contre la corruption et l’élaboration d’une stratégie de sécurité nationale.

Qassem a également souligné les limites imposées à l’armée libanaise par les États-Unis, qui ne fournissent que des armes pour gérer les affaires internes, interdisant tout équipement capable de contrer l’aviation ou l’armée israélienne. Il a réaffirmé l’engagement du Hezbollah à agir aux côtés de l’armée libanaise contre les « agressions sionistes », tout en interrogeant le gouvernement sur son plan pour la « libération » en cas de conflit ouvert avec Israël.

Une résistance portée par ses martyrs

Qassem a conclu en réaffirmant la résilience du Hezbollah, attribuée à ses martyrs, à la direction de Sayyed Hassan Nasrallah, et à l’engagement de figures comme Aqil. Il a insisté sur le soutien populaire à la résistance, notant que « le public n’a pas besoin d’être mobilisé » car il « voit de ses propres yeux » les résultats de la lutte : « libération, dissuasion et présence ». Malgré les pertes, Qassem a affirmé que la résistance reste « fière et élevée », et que les efforts israéliens pour la détruire échoueront.

Le discours s’est achevé sur une note de défi, affirmant que « tous les empires corrompus et injustes finissent par s’effondrer ». Qassem a réitéré l’engagement du Hezbollah à rester « libre » face à l’oppression, dans un contexte où les bombardements israéliens dans le sud du Liban, notamment contre cinq villages le 18 septembre 2025, continuent de provoquer des destructions et des pertes civiles, selon un rapport du ministère libanais de l’Intérieur publié le 19 septembre 2025.

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