vendredi, janvier 23, 2026

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Nawaf Salam : fin des consultations pour aujourd’hui, les discussions se poursuivent dans un climat de tension

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Le Premier ministre désigné Nawaf Salam a conclu aujourd’hui la première journée de consultations parlementaires non contraignantes, marquant ainsi le début d’un processus délicat visant à former un gouvernement dans un Liban confronté à de multiples crises. Ces consultations reprendront demain, mais leur déroulement a déjà été marqué par des tensions notables, notamment l’absence des blocs parlementaires du Hezbollah et d’Amal ainsi que du président de la Chambre, Nabih Berri.

Un climat alourdi par le boycott d’Amal et du Hezbollah

Le choix d’Amal et du Hezbollah de boycotter ces consultations illustre une fracture politique majeure. Ces deux blocs, traditionnellement influents dans le paysage libanais, contestent implicitement la nomination de Nawaf Salam, qu’ils perçoivent comme une figure imposée par des influences extérieures. Ce boycott rend plus difficile la tâche de Salam, qui cherche à construire un consensus pour surmonter les blocages institutionnels et répondre aux attentes de la population.

Malgré cette absence, des discussions discrètes seraient en cours entre Nabih Berri et Nawaf Salam, dans une tentative de rapprochement entre les deux hommes. Ces efforts visent à inclure les forces absentes dans le processus de formation du gouvernement, une inclusion jugée essentielle pour garantir la légitimité et l’efficacité de l’exécutif à venir.

Un soutien mesuré des blocs parlementaires présents

Les forces politiques qui ont répondu à l’invitation de Nawaf Salam ont exprimé des attentes variées, tout en adoptant un ton généralement constructif. Le bloc « Rencontre démocratique », dirigé par Taymour Joumblatt, a mis l’accent sur l’importance du dialogue et de l’inclusion. « Nous avons une opportunité historique de construire un État moderne. Mais pour cela, il faut communiquer avec toutes les parties, car personne ne peut être éliminé », a déclaré Joumblatt, tout en appelant à réduire les pressions sur Salam et le président Joseph Aoun.

Du côté du « Bloc national indépendant », Tony Frangié a fait écho à cet optimisme prudent, soulignant que « le Liban se trouve pour la première fois face à une vague d’espoir ». Il a insisté sur la nécessité de profiter de ce moment pour former un gouvernement de compétences, capable de répondre aux attentes du peuple.

Le chef du « Bloc Liban fort », Jebran Bassil, a quant à lui appelé à un soutien unanime autour de Salam et de Joseph Aoun. Il a également mis en avant des priorités comme la mise en œuvre de la résolution 1701, le retour des réfugiés syriens et la restructuration du secteur bancaire pour protéger les droits des déposants.

Des divergences sur la nature du futur gouvernement

Le bloc « La République forte », représenté par George Adwan, a plaidé pour un gouvernement qui rompt avec les modèles traditionnels. « Nous ne voulons plus de gouvernements de consensus national inefficaces. Il est temps de respecter le droit et de mettre fin aux formules obsolètes », a-t-il déclaré, en référence à l’ancienne équation « Armée, peuple, résistance ». Adwan a également insisté sur l’urgence de reprendre les négociations avec le FMI et de garantir la justice dans le dossier de l’explosion du port de Beyrouth.

Le « Bloc de l’Alliance pour le changement » a, pour sa part, proposé un gouvernement plus restreint, composé de nouvelles figures, incluant des femmes, et éloigné des pratiques de clientélisme. Mark Daou, l’un de ses représentants, a appelé à accélérer la formation du cabinet pour répondre aux aspirations des Libanais et mettre en œuvre des réformes structurelles.

Une tâche complexe pour Nawaf Salam

La journée s’est achevée sur une note mitigée. D’un côté, Nawaf Salam a bénéficié du soutien de plusieurs blocs parlementaires, dont certains ont exprimé leur volonté de coopérer sans poser de conditions préalables. D’un autre côté, le boycott d’Amal et du Hezbollah constitue un obstacle majeur à la formation d’un gouvernement réellement représentatif.

La reprise des consultations demain sera cruciale pour mesurer les progrès accomplis et les compromis possibles. En parallèle, les communications en cours entre Nabih Berri et Salam pourraient jouer un rôle clé dans l’inclusion de ces blocs absents, dont la participation est essentielle pour éviter une nouvelle impasse politique.

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Newsdesk Libnanews
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