jeudi, janvier 22, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Nouvelle polémique autour du gouverneur par intérim de la Banque du Liban, Wassim Mansouri

- Advertisement -

Le procureur général près la Cour de cassation par intérim, le juge Jamal al-Hajjar, a publié un communiqué confirmant qu’il avait demandé au juge d’instruction de première instance du Mont-Liban, Nicolas Mansour, de lui transmettre le dossier d’accusation contre le gouverneur par intérim de la Banque du Liban, Wassim Mansouri. Celui-ci est actuellement donné comme favori comme prochain ministre des finances pour le camp du président de la chambre Nabih Berri. Cette affaire, initiée par la procureure Ghada Aoun, soulève de nouvelles interrogations sur les tensions au sein de la justice libanaise et la gestion des affaires publiques.

Le contexte de l’affaire

Le dossier en question remonte au 14 janvier 2005 et concerne des accusations portées contre Wassim Mansouri, dans le cadre de son mandat actuel en tant que gouverneur par intérim de la Banque centrale libanaise. Selon le communiqué du juge Hajjar, ces accusations sont liées à l’application d’un règlement émis sous la direction de son prédécesseur, le procureur général en chef, et intitulé circulaire n°75/S/2004 datant du 6 juin 2024. Cette circulaire interdisait aux ministères et administrations publiques de répondre aux demandes émanant de la procureure d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun.

Les motivations derrière les poursuites

Le communiqué précise que l’accusation portée par Ghada Aoun contre Wassim Mansouri découle directement de son respect des dispositions de la circulaire mentionnée. Cela place Mansouri dans une situation délicate, car il semble avoir suivi une directive officielle tout en devenant la cible d’une procédure judiciaire en raison de cette même directive. Ce paradoxe reflète la complexité des tensions politiques et judiciaires qui gangrènent le Liban.

Un climat de tension judiciaire

Cette affaire s’inscrit dans un climat déjà tendu entre les différentes branches de l’État libanais, particulièrement dans le domaine judiciaire. Ghada Aoun, connue pour ses initiatives judiciaires controversées, a souvent été accusée de cibler certaines figures politiques ou institutionnelles dans le cadre de ses enquêtes. En réponse, des efforts répétés ont été faits pour limiter son influence, comme en témoigne la circulaire de 2024 qui restreint la collaboration des ministères avec son bureau.

Cette lutte entre factions judiciaires reflète des rivalités politiques plus larges. Alors que le Liban traverse une crise économique sans précédent, les divisions au sein du système judiciaire risquent de compromettre davantage les efforts pour rétablir la stabilité institutionnelle et la confiance publique.

L’impact sur la Banque du Liban

La Banque centrale libanaise, déjà au centre des critiques pour sa gestion de la crise économique, se retrouve une fois de plus sous les projecteurs. Wassim Mansouri, qui a assumé la fonction de gouverneur par intérim après le départ controversé de Riad Salamé, a tenté de se positionner comme un réformateur. Cependant, cette affaire risque de nuire à sa crédibilité et à celle de l’institution qu’il dirige.

L’accusation portée contre Mansouri pourrait également compliquer les relations entre la Banque centrale et les acteurs politiques, notamment dans le cadre de la gestion des fonds publics et de la répartition des responsabilités pour les pertes financières massives du Liban.

Les enjeux politiques et économiques

Cette affaire met en lumière la difficulté de mener des réformes dans un pays où les institutions sont minées par des conflits d’intérêts et des ingérences politiques. Alors que le Liban cherche à obtenir l’aide internationale pour surmonter sa crise économique, les divisions internes au sein de l’État entravent la mise en œuvre de solutions durables.

La Banque centrale, qui joue un rôle clé dans la stabilisation de l’économie, est une pièce maîtresse dans les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) et les donateurs étrangers. Toutefois, les controverses entourant son leadership et les poursuites judiciaires en cours risquent de retarder les négociations et de compliquer davantage la situation financière du pays.

Un appel à la transparence et à la réforme

L’affaire Mansouri souligne l’urgence de réformer le système judiciaire libanais pour en garantir l’indépendance et la crédibilité. Dans un pays où la corruption et l’impunité ont contribué à l’effondrement de l’État, la justice devrait jouer un rôle central dans la restauration de la confiance publique.

Cependant, pour que cette réforme soit efficace, elle doit être accompagnée d’un engagement politique fort et d’une volonté collective de surmonter les divisions partisanes qui paralysent le Liban. La gestion de cette affaire sera un test clé pour le système judiciaire et, plus largement, pour l’avenir institutionnel du pays.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi