La perte de souveraineté du Liban a été un processus complexe, marqué par des pressions internes et externes, des conflits régionaux et des interventions étrangères. Ce déclin s’est accentué au fil des années, notamment avec les accords du Caire de 1969, les accords de Taëf de 1989 et, plus récemment, l’accord de Doha de 2008. Chaque étape a contribué à affaiblir l’État libanais, plongeant le pays dans des cycles de violence et d’ingérence extérieure qui ont conduit à son état actuel.
1. Les accords du Caire (1969)
Les accords du Caire ont permis aux combattants palestiniens d’opérer depuis le sud du Liban, donnant lieu à des zones échappant au contrôle de l’État libanais. Cet accord a non seulement affaibli la souveraineté du Liban, mais il a également attisé les tensions internes, alimentant les prémices de la guerre civile de 1975.
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2. La guerre civile et l’ingérence étrangère (1975-1990)
La guerre civile libanaise a transformé le Liban en un terrain de compétition pour les puissances régionales et internationales. La Syrie, Israël et les groupes soutenus par l’Iran ont chacun imposé leur agenda, réduisant ainsi l’autonomie du pays. En 1976, la Syrie a envoyé ses troupes sous le prétexte de maintenir la stabilité, mais cette présence est devenue permanente, consolidant la tutelle syrienne et effritant davantage la souveraineté libanaise.
3. Les accords de Taëf (1989)
Les accords de Taëf, qui ont mis fin à la guerre civile, ont certes réformé le système politique libanais, mais ils ont renforcé l’influence syrienne, en éliminant l’arbitrage final du président de la république au sein de l’Etat libanais et en lui attribuant un rôle de « frère protecteur. » Cette tutelle syrienne a été un facteur clé dans la perte de souveraineté du Liban, l’État étant de plus en plus soumis aux décisions syriennes dans les domaines politique, militaire et sécuritaire.
4. L’accord de Doha (2008)
Sous l’égide du Qatar, l’accord de Doha a mis fin à une crise politique entre factions pro-syriennes et pro-occidentales. Il a permis la formation d’un gouvernement d’union nationale et l’élection de Michel Sleiman à la présidence. Cependant, cet accord a accordé au Hezbollah un contrôle militaire autonome, légitimant de facto une « double autorité » au Liban et portant un coup supplémentaire à la souveraineté de l’État.
La souveraineté du Liban a été progressivement érodée par des interventions extérieures et des accords internes qui ont renforcé les pouvoirs non étatiques et les tutelles étrangères. Cette perte de souveraineté a entraîné une instabilité chronique, rendant le pays vulnérable à des conflits internes et à des ingérences étrangères répétées. Le Liban se trouve ainsi pris dans une spirale de guerre et de destruction permanente, où chaque cycle de violence compromet davantage la reconstruction de l’État.
Comment recouvrer la souveraineté libanaise ?
Recouvrer la souveraineté libanaise nécessite une série de réformes internes et une réaffirmation de son indépendance face aux puissances régionales. Voici quelques pistes pour restaurer la souveraineté du pays :
1. Réforme interne et gouvernance
La réforme du système politique libanais, basé sur le confessionnalisme, est indispensable. Il s’agit de moderniser les institutions publiques, de lutter contre la corruption et de renforcer l’État de droit. L’État doit retrouver le contrôle exclusif de la force, en réintégrant les milices dans une structure légale contrôlée par les autorités nationales.
2. Unité nationale et réconciliation intercommunautaire
Le Liban doit œuvrer à la réconciliation nationale, en mettant fin aux rivalités confessionnelles et en favorisant un dialogue intercommunautaire. Un tel processus permettra de transcender les divisions internes d’assurer et de construire une vision commune de la nation libanaise en dehors de toutes ingérences étrangères.
3. Rétablissement de la souveraineté militaire
Un aspect fondamental de la souveraineté réside dans le contrôle exclusif de la force armée. Le Liban doit renforcer son armée et rétablir une politique de défense indépendante, afin de limiter les ingérences étrangères et de garantir la sécurité du pays. Le contrôle strict des frontières syriennes et israéliennes avec le Liban est indispensable afin d’éviter toute pénétration d’armes pour renforcer telle ou telle milice. Pour cela, l’armée libanaise devrait être aidée et renforcée par une force multinationale de contrôle de toutes les frontières du Liban, de la frontière syrienne autant que de la frontière israélienne.
4. Réduction des ingérences étrangères
Le Liban doit adopter une politique étrangère équilibrée et réduire sa dépendance vis-à-vis des puissances régionales. Cela implique de restaurer une certaine neutralité dans les conflits régionaux et de garantir le contrôle des frontières, notamment avec la Syrie et Israël.
5. Une économie indépendante et résiliente
Pour garantir une véritable souveraineté, le Liban doit retrouver une autonomie économique. Cela passe par des réformes économiques structurelles, la diversification des secteurs vitaux et le rétablissement de la confiance des investisseurs.
6. Rôle de la communauté internationale
Enfin, la communauté internationale doit soutenir le Liban de manière équilibrée, en l’aidant à reconstruire ses institutions et en garantissant que cette aide soit conditionnée à des réformes internes sérieuses, sans interférer dans les affaires internes du pays.
7. Rétablir l’arbitrage final du Président de la République dans la nouvelle constitution
Afin de rétablir la souveraineté complète du Liban il est nécessaire de rétablir l’arbitrage final du président de la république sur les affaires de l’Etat libanais et sur tout conflit interne, afin d’éviter l’arbitrage externe syrien ou d’autres pays sur les affaires libanaises. Le président devrait avoir une vision et un programme clair avec des compétences et une honnêteté, une éthique à toutes épreuves, en commençant par créer une commission de contrôle financier, indépendante des politiciens et formée de juge financiers, afin de contrôler tous les comptes personnels , des sociétés et holdings dans le monde, des politiciens libanais députés , ministres et présidents compris ainsi que ceux des hauts fonctionnaires des ministères et d’éliminer toute possibilité de commissionnage ou de brokering ou de vol de l’Etat libanais via des fraudes diverses.
Conclusion
Restaurer la souveraineté libanaise n’est pas une tâche simple, mais elle est essentielle pour garantir la stabilité, la sécurité et le développement durable du pays. En rétablissant une gouvernance efficace, en désarmant les milices, et en réaffirmant son indépendance diplomatique et économique, le Liban pourra espérer sortir de cette spirale de guerre et recouvrer sa souveraineté.



