Les tractations politiques pour la formation du nouveau gouvernement libanais se poursuivent dans un climat de fortes tensions entre les forces politiques. Selon Ad Diyar (02 février 2025), le Premier ministre désigné, Nawaf Salam, cherche à finaliser son cabinet après avoir conclu un accord de principe avec le tandem chiite (Hezbollah et Amal). Cependant, des désaccords persistent sur la répartition des portefeuilles ministériels, notamment celui des Finances, qui devrait rester sous le contrôle du mouvement Amal avec Yassine Jaber comme principal candidat. Les discussions butent également sur la représentation chrétienne et sunnite, avec des tensions entre les Forces libanaises, le Courant patriotique libre et des blocs indépendants. Le Président de la République insiste sur un équilibre entre les confessions, tandis que Samir Geagea, chef des Forces libanaises, dénonce un processus qui favoriserait le Hezbollah. En parallèle, Nabih Berri, président du Parlement, a multiplié les contacts pour débloquer la situation, alors que la communauté internationale, notamment la France et les États-Unis, appelle à une accélération du processus afin d’éviter une détérioration économique et institutionnelle plus grave.
Israël et le Liban : la situation sécuritaire se détériore dans le sud
Le sud du Liban connaît une montée des tensions alors que l’armée israélienne intensifie ses frappes sur les villages frontaliers. Al Quds (02 février 2025) rapporte que les forces israéliennes ont procédé à de nouveaux raids aériens et bombardements d’artillerie dans les secteurs de Bent Jbeil, Maroun al-Ras et Aïta al-Chaab. Des infrastructures civiles ont été touchées, entraînant la mort de plusieurs habitants et des dégâts matériels importants. Le Hezbollah a revendiqué plusieurs attaques de représailles visant des positions militaires israéliennes au nord de la Galilée. Cette escalade survient alors que des négociations indirectes entre Beyrouth et Tel-Aviv, sous médiation américaine, cherchent à éviter une extension du conflit. Cependant, le parti chiite libanais refuse toute désescalade tant que les violations israéliennes continuent. En parallèle, l’armée libanaise a déployé des unités supplémentaires à Aïtaroun et dans d’autres zones sensibles afin de limiter les tensions et d’éviter une implication directe dans le conflit.
Gaza : tensions autour de l’échange de prisonniers et du futur des Palestiniens
Les négociations sur un échange de prisonniers entre Israël et le Hamas ont conduit à la libération de 183 prisonniers palestiniens en échange de trois otages israéliens. Selon Al Sharq Al Awsat (02 février 2025), cet accord a été salué comme un succès diplomatique par plusieurs pays arabes, mais il est aussi perçu comme une manœuvre d’Israël pour éviter de se plier aux conditions de cessez-le-feu globales exigées par le Hamas. Par ailleurs, un sommet ministériel arabe au Caire a réaffirmé le rejet de toute tentative de déplacement forcé des Palestiniens hors de Gaza, alors que Donald Trump a déclaré que l’Égypte et la Jordanie devaient accueillir les réfugiés de la bande de Gaza. Cette déclaration a provoqué une levée de boucliers au sein des capitales arabes, qui dénoncent une tentative de liquidation de la question palestinienne.
L’Europe se prépare à l’ère Trump : un sommet crucial à Bruxelles
Les 27 dirigeants européens se réunissent à Bruxelles ce lundi pour discuter des relations avec Washington sous la nouvelle présidence de Donald Trump. Al Sharq Al Awsat (02 février 2025) indique que trois enjeux principaux domineront les discussions : le soutien à l’Ukraine, incertain face à la réticence de Trump à poursuivre l’aide militaire, les tensions commerciales, avec la menace américaine d’imposer de nouvelles taxes douanières sur les importations européennes, et l’OTAN, alors que Trump continue de mettre la pression sur les membres européens pour qu’ils augmentent leurs dépenses militaires. La France, portée par Emmanuel Macron, plaide pour une autonomie stratégique renforcée, tandis que l’Allemagne et d’autres pays cherchent à éviter une crise majeure avec les États-Unis. La participation du Premier ministre britannique Keir Starmer et du secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte sera déterminante.
Politique locale : Blocages gouvernementaux et tensions sociales
Crise gouvernementale : Nawaf Salam face à un mur politique
Le Liban traverse une nouvelle impasse politique alors que le Premier ministre désigné, Nawaf Salam, peine à former un gouvernement. Selon Ad Diyar (02 février 2025), malgré un accord partiel avec le tandem chiite (Hezbollah et Amal), la composition du cabinet reste bloquée par des désaccords sur la répartition des ministères clés. Le portefeuille des Finances, traditionnellement attribué à un représentant du mouvement Amal, cristallise les tensions. Nawaf Salam cherche à introduire de nouveaux visages technocratiques, mais se heurte aux partis traditionnels qui refusent de perdre leur influence sur les postes stratégiques.
Les Forces libanaises et le Courant patriotique libre s’affrontent également sur la représentation chrétienne. Tandis que Samir Geagea plaide pour une répartition plus équilibrée, Gebran Bassil insiste sur le respect du poids politique du CPL. L’absence de consensus retarde l’annonce du gouvernement, fragilisant encore plus les institutions. De son côté, Nabih Berri tente d’accélérer les négociations en appelant les blocs politiques à faire des compromis, sans succès jusqu’à présent.
Le président de la République, dans une rare intervention, a exhorté les partis à cesser leurs querelles et à privilégier l’intérêt national. Cependant, l’absence d’un plan de sortie de crise renforce les craintes d’un vide gouvernemental prolongé. La communauté internationale, notamment la France et les États-Unis, suit de près la situation et presse les responsables libanais de trouver un compromis avant que la crise économique ne s’aggrave encore davantage.
La crise sociale s’intensifie : manifestations et colère populaire
Alors que les élites politiques négocient en vase clos, la population subit de plein fouet l’aggravation de la crise sociale. Selon Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025), les prix des produits de première nécessité ont encore augmenté, entraînant une vague de protestations dans plusieurs régions du pays. À Beyrouth, Tripoli et Saïda, des manifestants ont bloqué des routes pour dénoncer la flambée des prix et l’effondrement du pouvoir d’achat.
La livre libanaise, qui continue de chuter face au dollar, rend les importations hors de prix, accentuant la précarité des ménages. De nombreuses familles ne parviennent plus à payer leurs factures d’électricité ou d’eau, et la colère gronde contre l’inaction du gouvernement. Plusieurs syndicats ont appelé à des grèves pour exiger des réformes immédiates et une augmentation des salaires.
Face à cette pression populaire, certaines forces politiques tentent de se positionner comme défenseurs des intérêts des citoyens. Amal et le Hezbollah dénoncent une crise provoquée par des manipulations économiques, tandis que les partis d’opposition accusent la classe dirigeante d’être responsable du chaos actuel. La méfiance envers l’ensemble de la classe politique reste toutefois généralisée, et l’absence de perspectives concrètes ne fait qu’alimenter la frustration de la rue.
Sécurité et tensions internes : regain d’incidents dans plusieurs régions
L’instabilité politique et économique nourrit également un climat d’insécurité croissant. Selon Al Quds (02 février 2025), des affrontements sporadiques ont été signalés dans certaines régions, notamment dans le Akkar et la Békaa, où des conflits entre clans ont dégénéré en violences armées. À Tripoli, des groupes locaux profitent du chaos pour renforcer leur contrôle sur certains quartiers, alimentant les craintes d’une recrudescence de l’insécurité.
L’armée libanaise a été déployée dans plusieurs zones pour tenter de contenir les tensions. Cependant, avec un budget restreint et des effectifs sous pression, ses capacités d’intervention sont limitées. Les autorités judiciaires ont aussi mis en garde contre une montée du crime organisé, certaines factions exploitant la crise économique pour renforcer leurs réseaux.
Dans le sud du pays, l’ombre du conflit avec Israël continue de peser sur la sécurité intérieure. Les tensions entre le Hezbollah et l’armée israélienne ne cessent d’augmenter, avec des échanges de tirs sporadiques qui inquiètent la population locale.
La corruption continue de miner l’État : une lutte inefficace contre les détournements de fonds
Alors que le pays est en pleine crise, la corruption demeure un fléau endémique qui entrave toute réforme. Selon Al Sharq Al Awsat (02 février 2025), de nouvelles affaires de détournement de fonds publics ont été révélées, impliquant plusieurs hauts responsables. Des enquêtes ont été ouvertes, mais la lenteur du système judiciaire empêche toute avancée significative.
Les aides internationales, conditionnées à la mise en place de réformes transparentes, tardent à arriver en raison du manque de progrès dans la lutte contre la corruption. Le FMI et d’autres institutions financières internationales continuent d’exiger des réformes structurelles avant de débloquer des financements cruciaux pour le pays.
La pression de la rue et des acteurs internationaux pousse certains politiciens à adopter un discours plus ferme contre la corruption. Toutefois, en l’absence de véritables mécanismes de contrôle et de sanctions, ces annonces restent largement symboliques.
Diplomatie : Enjeux stratégiques et équilibres régionaux
Le Liban face aux pressions internationales : blocage ou opportunité ?
Le Liban est au centre d’un jeu diplomatique complexe où les influences internationales jouent un rôle crucial dans la formation du gouvernement et la stabilité du pays. Selon Ad Diyar (02 février 2025), la France et les États-Unis continuent d’exercer une pression sur les dirigeants libanais pour accélérer la formation d’un gouvernement réformiste, condition sine qua non pour débloquer les aides internationales. Paris, via son initiative diplomatique portée par le ministre des Affaires étrangères, insiste sur l’urgence de réformes économiques et de mesures anti-corruption.
De leur côté, les États-Unis, par la voix du Département d’État, ont réaffirmé leur soutien à un gouvernement capable de mener des réformes structurelles, tout en maintenant une pression sur le Hezbollah. Washington menace d’imposer de nouvelles sanctions ciblées contre des responsables libanais impliqués dans des affaires de corruption ou ayant des liens avec des groupes armés.
L’Arabie saoudite, autre acteur clé dans le dossier libanais, adopte une position plus distante, exigeant des garanties sur la neutralité du futur gouvernement par rapport au Hezbollah avant d’envisager un soutien économique. Selon Al Sharq Al Awsat (02 février 2025), Riyad ne semble pas prêt à relancer son aide financière au Liban sans engagement clair en faveur d’une refonte politique et d’une réduction de l’influence du Hezbollah.
Relations Beyrouth-Damas : normalisation en cours ou tensions persistantes ?
Le dossier des relations avec la Syrie reste un sujet sensible au Liban. Selon Al Quds (02 février 2025), plusieurs figures politiques, notamment du Courant patriotique libre, plaident pour un rapprochement avec Damas afin de faciliter le retour des réfugiés syriens et de rétablir des relations économiques plus fluides. Cependant, cette position se heurte à une forte opposition, notamment des Forces libanaises et d’autres figures de l’opposition, qui refusent toute normalisation avec le régime de Bachar al-Assad tant qu’une transition politique crédible ne sera pas engagée en Syrie.
Le Hezbollah, allié historique de Damas, continue de jouer un rôle dans cette dynamique en renforçant ses contacts avec les autorités syriennes. De récents échanges de visites entre responsables syriens et libanais ont été observés, mais aucune avancée concrète n’a été réalisée sur la question du retour des réfugiés syriens, qui reste un dossier épineux.
Les Nations unies et plusieurs ONG ont mis en garde contre des tentatives de rapatriement forcé, soulignant les risques pour les Syriens rentrant dans un pays où les arrestations arbitraires et la répression restent monnaie courante.
Le Hezbollah et l’Iran : une relation sous surveillance internationale
L’implication croissante du Hezbollah dans la politique régionale et ses liens avec l’Iran continuent de susciter des inquiétudes internationales. Selon Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025), les discussions sur un possible renforcement des sanctions contre Téhéran incluent des mesures ciblant le financement du Hezbollah. Washington, qui tente de relancer un cadre de négociation sur le programme nucléaire iranien, exige en contrepartie un gel du soutien iranien aux groupes armés au Liban, en Irak et en Syrie.
Israël, quant à lui, continue d’exercer une pression militaire en multipliant les frappes contre des positions supposées du Hezbollah en Syrie. L’escalade entre l’État hébreu et le mouvement chiite libanais s’accentue, avec des échanges de tirs sporadiques à la frontière libano-israélienne. L’Union européenne, de son côté, tente de jouer un rôle de médiateur, appelant à une désescalade et à une reprise des discussions indirectes entre Beyrouth et Tel-Aviv.
Gaza et le rôle du Liban dans la crise israélo-palestinienne
Le Liban se retrouve indirectement impliqué dans la crise de Gaza, notamment en raison de la présence de factions palestiniennes sur son sol. Selon Al Sharq Al Awsat (02 février 2025), plusieurs dirigeants du Hamas et du Jihad islamique se sont récemment rendus au Liban pour y rencontrer des responsables du Hezbollah et coordonner certaines actions en lien avec la résistance palestinienne.
Les camps de réfugiés palestiniens au Liban, notamment ceux de Ain al-Hilweh et Bourj al-Barajneh, sont sous haute surveillance, les services de renseignement libanais craignant une montée des tensions internes si la situation à Gaza venait à dégénérer davantage. Beyrouth tente de maintenir une position officielle de neutralité, mais la réalité du terrain montre une forte implication de certains acteurs libanais dans le soutien aux factions palestiniennes.
La diplomatie libanaise en perte de vitesse : un ministère des Affaires étrangères sans influence ?
Alors que le Liban traverse une crise diplomatique majeure, son ministère des Affaires étrangères semble de plus en plus marginalisé. Selon Ad Diyar (02 février 2025), l’absence d’une politique étrangère claire et l’instabilité gouvernementale affaiblissent la voix du Liban sur la scène internationale. Les ambassadeurs libanais en poste à l’étranger signalent des difficultés croissantes à négocier des aides ou des accords bilatéraux en raison du manque de directives claires de la part de Beyrouth.
Les tensions internes entre le camp pro-occidental et les alliés du Hezbollah rendent impossible l’élaboration d’une ligne diplomatique unifiée. Alors que certains diplomates plaident pour un rapprochement avec les pays du Golfe, d’autres insistent sur la nécessité de préserver les liens avec l’Iran et la Syrie, illustrant la division profonde au sein de l’appareil diplomatique libanais.
Politique internationale : Conflits, alliances et crises mondiales
Soudan : escalade de la guerre entre l’armée et les Forces de soutien rapide
Le conflit au Soudan atteint un nouveau seuil de violence alors que les combats entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) s’intensifient à Khartoum et dans plusieurs régions stratégiques. Selon Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025), l’armée a mené une série de frappes aériennes sur les positions des FSR à Omdurman, faisant plusieurs dizaines de morts parmi les combattants et les civils.
Les FSR, dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo (connu sous le nom de Hemedti), ont riposté en prenant le contrôle de plusieurs quartiers de la capitale et en attaquant des bases militaires dans l’État du Darfour. Le conflit, qui a débuté en avril 2023, s’est aggravé ces derniers mois, malgré plusieurs tentatives de médiation internationale.
L’ONU a récemment publié un rapport alarmant sur la situation humanitaire, évoquant des crimes de guerre commis par les deux camps. L’Union africaine et la Ligue arabe appellent à une cessation immédiate des hostilités, mais les négociations restent bloquées.
Ukraine : incertitudes sur le soutien militaire occidental
La guerre en Ukraine entre dans une phase critique alors que le président américain Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait réduire le soutien militaire à Kyiv. Selon Al Sharq Al Awsat (02 février 2025), les récentes déclarations de Trump ont semé le trouble au sein des alliés européens, qui craignent un affaiblissement de l’Ukraine face aux offensives russes.
Les forces ukrainiennes continuent de défendre des positions stratégiques dans l’Est du pays, notamment autour de Bakhmout et de Zaporijia, où les affrontements restent intenses. Moscou, de son côté, a renforcé ses frappes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes, plongeant plusieurs régions dans le noir en plein hiver.
L’Union européenne envisage d’augmenter son aide militaire pour compenser un éventuel retrait américain, tandis que la Russie intensifie ses efforts diplomatiques pour diviser les soutiens de Kyiv. Le président russe Vladimir Poutine a récemment rencontré plusieurs dirigeants africains et latino-américains pour renforcer son réseau d’alliances face aux sanctions occidentales.
États-Unis et Chine : tensions autour de Taïwan et de l’économie mondiale
Les relations entre Washington et Pékin connaissent une nouvelle phase de tension après l’annonce par les États-Unis d’un renforcement de leur soutien militaire à Taïwan. Selon Al Quds (02 février 2025), le Pentagone a confirmé la livraison d’armes avancées à Taipei, y compris des missiles de défense anti-aérienne et des systèmes de surveillance maritime.
La Chine a immédiatement réagi en lançant des exercices militaires à grande échelle autour de l’île, simulant un blocus naval et aérien. Le président chinois Xi Jinping a réaffirmé que Pékin n’excluait pas l’usage de la force pour « réunifier » Taïwan avec la Chine continentale.
Sur le plan économique, la rivalité sino-américaine s’est accentuée avec l’adoption par Washington de nouvelles restrictions sur l’exportation de technologies avancées vers la Chine. Pékin a riposté en imposant des contrôles sur certains matériaux essentiels à l’industrie électronique, ce qui pourrait perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Amérique latine : instabilité politique et montée des tensions sociales
Plusieurs pays d’Amérique latine font face à des crises politiques et économiques croissantes. Selon Ad Diyar (02 février 2025), l’Argentine connaît une vague de manifestations massives contre les politiques d’austérité du président Javier Milei, qui a annoncé une réduction drastique des subventions publiques et une libéralisation de l’économie.
Au Brésil, des tensions émergent entre le président Lula da Silva et l’opposition conservatrice, qui l’accuse de ne pas avoir tenu ses promesses de réformes sociales. Le Venezuela, de son côté, reste sous le coup de sanctions américaines, tandis que les négociations entre le gouvernement de Nicolás Maduro et l’opposition peinent à aboutir.
Le Mexique, en pleine année électorale, est confronté à une recrudescence des violences liées au narcotrafic, ce qui alimente les inquiétudes sur la sécurité du processus électoral.
Proche-Orient : l’Arabie saoudite et l’Iran vers une coopération prudente
Après des années de tensions, l’Arabie saoudite et l’Iran poursuivent leur rapprochement diplomatique. Selon Al Sharq Al Awsat (02 février 2025), des discussions ont eu lieu à Bagdad et à Pékin pour renforcer la coopération économique et sécuritaire entre les deux puissances régionales.
L’un des principaux dossiers en discussion concerne la stabilité du Yémen, où les combats entre le gouvernement reconnu par l’ONU et les rebelles houthis se sont récemment intensifiés. L’Arabie saoudite cherche à consolider une paix durable, tandis que l’Iran joue un rôle ambigu en soutenant politiquement les Houthis tout en évitant une confrontation directe avec Riyad.
Dans le même temps, la normalisation entre Israël et plusieurs pays arabes se poursuit, bien que ralentie par la situation à Gaza. L’Égypte et la Jordanie insistent sur la nécessité de trouver une solution politique durable au conflit israélo-palestinien avant d’élargir la coopération avec Tel-Aviv.
Économie : Crise, entreprises et indicateurs économiques du Liban
Le Liban face à une économie en chute libre : une crise sans fin ?
L’économie libanaise continue de sombrer dans une crise sans précédent, marquée par l’effondrement de la monnaie nationale et une inflation galopante qui affecte tous les secteurs. Selon Al Sharq Al Awsat (02 février 2025), la livre libanaise a dépassé le seuil critique des 100 000 livres pour un dollar sur le marché noir, tandis que le taux officiel demeure largement déconnecté de la réalité. Cette dévaluation accélérée a provoqué une explosion du coût de la vie, rendant l’accès aux biens de première nécessité de plus en plus difficile pour la majorité de la population. En une année, le panier de biens essentiels a vu son prix augmenter de 75 %, accentuant la précarité de nombreux ménages.
La Banque du Liban peine à stabiliser la situation, et les restrictions bancaires mises en place depuis 2019 continuent de limiter les retraits et les transferts de fonds. Le gouvernement, en négociation avec le Fonds monétaire international (FMI), tente de débloquer une aide financière d’urgence, mais l’absence de réformes structurelles freine les discussions. Les créanciers internationaux exigent une restructuration du secteur bancaire et un renforcement des mesures anti-corruption, deux conditions que Beyrouth tarde à appliquer.
Les entreprises libanaises à bout de souffle : faillites en cascade
La crise économique affecte durement le secteur privé, où une vague de faillites touche aussi bien les grandes entreprises que les PME. Selon Ad Diyar (02 février 2025), plus de 40 % des entreprises libanaises ont fermé ou réduit drastiquement leur activité depuis le début de la crise. La restauration, autrefois fleuron du commerce libanais, enregistre une chute de 60 % du chiffre d’affaires, tandis que l’industrie manufacturière fonctionne à moins de 30 % de sa capacité en raison des difficultés d’importation et du coût prohibitif des matières premières.
Les grandes entreprises, qui disposaient encore de réserves en devises étrangères, commencent elles aussi à ressentir les effets de la crise. Total Énergies, acteur clé de l’exploration pétrolière et gazière au Liban, maintient son engagement dans les blocs maritimes, mais les incertitudes politiques et économiques ralentissent la progression des investissements. De même, les sociétés d’importation de carburant, vitales pour l’approvisionnement énergétique du pays, subissent de plein fouet l’augmentation des prix du pétrole et la dévaluation de la livre libanaise, ce qui entraîne une hausse des coûts de production et des transports.
Le secteur bancaire, autrefois considéré comme l’un des plus solides de la région, traverse une crise de confiance sans précédent. Selon Ad Diyar (02 février 2025), des discussions sont en cours entre les principales banques libanaises et la Banque du Liban pour tenter d’élaborer une solution face à la crise de liquidité. Cependant, les restrictions sur les retraits et les transferts, en vigueur depuis plus de quatre ans, continuent de susciter la colère des déposants, qui accusent les établissements bancaires d’avoir organisé une faillite frauduleuse du système financier.
Les indicateurs économiques en chute libre : un pays au bord du gouffre
Les principaux indicateurs économiques du Liban affichent des résultats alarmants, révélant l’ampleur du désastre économique. Selon Al Quds (02 février 2025), le produit intérieur brut (PIB) a chuté de plus de 40 % depuis 2019, passant de 55 milliards de dollars à environ 25 milliards de dollars. Le taux de chômage atteint des niveaux records, avec près de 50 % de la population active sans emploi stable, tandis que le taux de pauvreté dépasse les 80 % dans certaines régions du pays.
L’inflation, qui continue de s’accélérer, dépasse désormais les 250 % sur un an, plaçant le Liban parmi les nations les plus touchées par la hausse incontrôlée des prix. Dans un tel contexte, les investisseurs étrangers, qui voyaient autrefois le Liban comme une place financière et commerciale stratégique, ont déserté le pays. La dette publique, qui dépasse les 150 % du PIB, continue de croître en l’absence de réformes structurelles.
Les agences de notation internationales, telles que Moody’s et Fitch, maintiennent le Liban dans la catégorie « défaut de paiement », empêchant le pays d’emprunter sur les marchés internationaux sans garanties extérieures. Cette situation accroît la dépendance du Liban aux aides internationales et aux transferts de la diaspora, qui restent l’une des rares sources de devises encore accessibles.
Classements internationaux : le Liban en recul dans tous les domaines
Le Liban recule dans presque tous les classements économiques et sociaux internationaux. Selon Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025), le pays figure désormais parmi les trois économies les plus instables du monde, selon le World Economic Forum. Transparency International classe le Liban parmi les dix pays les plus corrompus, un facteur qui freine toute possibilité de réformes crédibles.
La Banque mondiale, de son côté, a rétrogradé le Liban au 178e rang sur 190 pays dans son classement de la facilité de faire des affaires, illustrant les lourdeurs administratives, l’incertitude juridique et la faiblesse des institutions économiques. L’indice de développement humain (IDH) affiche également un net recul, notamment en raison de la dégradation des infrastructures de santé et d’éducation. Enfin, une étude de Bloomberg place le Liban parmi les cinq pays les plus affectés par la chute du pouvoir d’achat, conséquence directe de la dévaluation monétaire et de l’effondrement du marché du travail.
Les solutions économiques possibles : quelles perspectives pour 2025 ?
Malgré la gravité de la situation, certains économistes estiment qu’un redressement reste envisageable si des réformes immédiates sont mises en place. Une restructuration du secteur bancaire apparaît comme une priorité absolue, avec un partage plus équitable des pertes entre les banques et les déposants. Une lutte efficace contre la corruption pourrait permettre de débloquer les aides internationales et de restaurer la confiance des investisseurs.
Le soutien aux entreprises locales, via des incitations fiscales et un accès facilité aux crédits, est une autre piste envisagée. De plus, la stabilisation du taux de change à travers une politique monétaire plus stricte et une meilleure gestion des réserves en devises pourrait limiter l’hyperinflation. Pour l’instant, le FMI et d’autres organismes internationaux restent ouverts à un soutien financier, mais seulement si le gouvernement met en place des réformes crédibles et effectives. Tant que l’impasse politique persiste, toute reprise économique durable demeure incertaine.
Justice : Affaires judiciaires en cours et enjeux légaux
Multiplication des affaires judiciaires : un système sous pression
Le Liban fait face à une recrudescence des affaires judiciaires, mettant en évidence les dysfonctionnements du système judiciaire et l’ampleur de la corruption. Selon Ad Diyar (02 février 2025), plusieurs dossiers sensibles sont en cours, impliquant aussi bien des figures politiques que des réseaux criminels. Les forces de sécurité continuent d’arrêter des individus recherchés pour divers crimes, notamment dans les affaires de fraude, de corruption et de trafic de drogue.
Affaires de corruption et détournement de fonds : des enquêtes en suspens
Les dossiers de corruption restent parmi les plus médiatisés. L’une des affaires majeures concerne l’implication de plusieurs personnalités politiques dans des détournements de fonds publics. Selon Al Sharq Al Awsat (02 février 2025), une enquête est en cours sur une vaste affaire de fraude financière impliquant des responsables de haut niveau. Des milliards de livres libanaises auraient été détournés via des contrats fictifs et des commissions occultes.
D’un autre côté, la Banque du Liban et plusieurs établissements bancaires sont toujours sous le coup d’investigations concernant la gestion des dépôts et la disparition de dizaines de milliards de dollars appartenant aux épargnants. Un audit de la Banque centrale a révélé que près de 48 milliards de dollars avaient été utilisés par l’État libanais sans traçabilité claire.
L’affaire de l’assassinat de Lokman Slim : une justice entravée
L’affaire de l’assassinat de l’intellectuel et militant Lokman Slim, survenue en 2021, continue de faire polémique. Selon Al Sharq Al Awsat (02 février 2025), la justice libanaise n’a toujours pas identifié les coupables, et les enquêtes semblent bloquées pour des raisons politiques. Le juge en charge de l’affaire, Bilal Halawi, a récemment confirmé l’absence de preuves tangibles permettant d’inculper des suspects identifiés, maintenant l’accusation contre « des inconnus ». Cette décision a été vivement critiquée par des ONG et des proches du défunt, qui dénoncent un manque de volonté politique pour résoudre cette affaire.
Des avocats représentant la famille de Lokman Slim ont dénoncé des pressions politiques exercées sur la justice et ont accusé certains juges de saboter l’enquête en refusant d’examiner certaines pistes jugées sensibles.
Arrestations liées au crime organisé et au trafic de drogue
En parallèle des affaires de corruption, les forces de sécurité poursuivent leurs opérations contre le crime organisé. Selon Ad Diyar (02 février 2025), plusieurs arrestations ont eu lieu ces dernières semaines. Deux individus de nationalité palestinienne ont été interpellés dans la région de Dahr El Baydar pour leur implication dans des vols, fraudes et trafics de drogue, chacun étant sous le coup de plusieurs mandats d’arrêt.
Dans une autre affaire, un important trafiquant, recherché pour contrebande de carburant et d’armes, a été retrouvé mort dans des circonstances suspectes à Kfarzabad. Les autorités suspectent un règlement de comptes, mais l’absence de suivi judiciaire clair alimente les soupçons de collusion entre certains milieux politiques et les réseaux criminels.
Le blocage des réformes judiciaires et l’ingérence politique
Le système judiciaire libanais continue de souffrir d’un manque d’indépendance, compromettant la progression de plusieurs dossiers sensibles. Le projet de réforme du secteur judiciaire, qui devait garantir plus de transparence et d’indépendance aux magistrats, est bloqué depuis plusieurs mois en raison de tensions politiques. Selon Al Sharq Al Awsat (02 février 2025), le Parlement peine à adopter les lois nécessaires pour renforcer l’autonomie des juges face aux pressions des partis politiques.
Plusieurs magistrats, dont certains en charge de dossiers de corruption majeurs, ont dénoncé des ingérences directes de figures politiques influentes qui tentent d’entraver certaines enquêtes. Cette situation alimente la méfiance du public envers les institutions judiciaires, déjà fragilisées par des scandales de collusion et de favoritisme.
Vers une réforme judiciaire : espoir ou illusion ?
Face à cette crise, des voix s’élèvent pour exiger une réforme en profondeur du système judiciaire. Des initiatives citoyennes et des organisations de défense des droits de l’homme demandent la création d’une commission indépendante chargée de superviser les enquêtes sur les affaires de corruption et de crime organisé. Toutefois, en l’absence d’une volonté politique forte, ces propositions risquent de rester lettre morte.
Le Liban se retrouve ainsi dans une impasse où les affaires judiciaires s’accumulent sans réelle avancée, accentuant la perte de confiance des citoyens envers l’État et les institutions judiciaires.
Société : Éléments sociologiques, pauvreté et réalités sociales
Une pauvreté grandissante et des conditions de vie précaires
Le Liban traverse une crise sociale sans précédent, avec une montée alarmante de la pauvreté et de l’exclusion. Selon Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025), une part significative de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté, notamment dans les zones rurales et montagneuses où l’accès aux services de base est devenu un luxe. Les habitants des régions isolées, notamment dans les montagnes, font face à des défis quotidiens, tels que le manque de chauffage en hiver et l’incapacité de subvenir aux besoins essentiels de leurs familles.
La situation est particulièrement critique dans certaines zones urbaines, où la précarité touche les classes moyennes, autrefois considérées comme relativement protégées. À Tripoli, par exemple, la misère s’est profondément ancrée dans le tissu social. Selon Al Quds (02 février 2025), la ville, autrefois centre économique dynamique, est aujourd’hui un symbole du déclin, avec une forte augmentation du chômage et une détérioration des conditions de vie. Les jeunes, en manque d’opportunités, sont nombreux à envisager l’émigration.
L’exclusion sociale des femmes et les inégalités de genre
Si le Liban a longtemps été perçu comme un pays relativement progressiste en matière de droits des femmes par rapport à d’autres pays arabes, la réalité est bien différente. Selon Ad Diyar (02 février 2025), les femmes continuent de souffrir d’inégalités structurelles qui limitent leur accès à l’emploi et à la prise de décision politique. Bien que la constitution garantisse l’égalité des droits, les pratiques sociales et politiques freinent considérablement leur inclusion. Le taux de représentation féminine en politique reste largement en dessous des normes internationales, et l’absence d’un quota féminin dans les institutions législatives perpétue cette marginalisation.
Le marché du travail n’est pas plus accueillant pour les femmes. En plus de salaires souvent inférieurs à ceux des hommes pour des postes équivalents, elles sont confrontées à des discriminations systémiques qui limitent leurs possibilités d’évolution professionnelle. De nombreuses femmes sont contraintes d’accepter des emplois précaires, mal payés et dépourvus de protection sociale.
Des infrastructures de santé et d’éducation en déclin
Le secteur de la santé, autrefois l’un des plus performants du monde arabe, est aujourd’hui en état de crise. Selon Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025), les hôpitaux publics manquent de matériel médical, et l’exode massif des médecins vers l’étranger aggrave la situation. Les soins deviennent de plus en plus inaccessibles pour une large partie de la population, tandis que les établissements privés imposent des frais prohibitifs que seuls les plus aisés peuvent se permettre.
L’éducation est un autre secteur gravement affecté. Les écoles publiques, faute de financement, sont en déclin, avec des enseignants qui protestent contre des salaires misérables et des conditions de travail intenables. Dans certaines zones, le taux d’abandon scolaire a fortement augmenté, les familles n’ayant plus les moyens d’assurer les frais de transport ou de fournitures scolaires pour leurs enfants.
Les disparités régionales : des territoires oubliés par l’État
Les inégalités entre les différentes régions du Liban se sont accentuées avec la crise. Selon Al Quds (02 février 2025), les habitants du Nord du pays et de la Békaa souffrent d’un manque criant d’infrastructures et de services publics. L’État, accaparé par la gestion de crises successives, peine à répondre aux besoins de ces populations marginalisées, qui se sentent de plus en plus abandonnées.
Les habitants de certaines zones frontalières, notamment celles touchées par les conflits régionaux et les tensions avec Israël, subissent également des conditions de vie particulièrement difficiles. Plusieurs villages du Sud du Liban, endommagés par les conflits, ne bénéficient toujours pas de véritables efforts de reconstruction, forçant les populations locales à vivre dans des conditions précaires.
Un tissu social fragilisé et des perspectives incertaines
La détérioration des conditions de vie a profondément affecté la cohésion sociale au Liban. Selon Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025), la hausse des tensions entre les différentes communautés, exacerbée par la crise économique et la méfiance envers l’État, a généré un climat d’instabilité sociale. Le repli communautaire est de plus en plus visible, avec une polarisation accrue entre les différentes factions politiques et religieuses.
L’émigration massive des jeunes et des diplômés vers l’Europe et le Golfe illustre cette perte d’espoir en un avenir meilleur au Liban. De nombreuses familles voient leurs enfants partir, incapables de trouver une opportunité stable dans un pays où l’économie est en ruine et où les perspectives d’avenir semblent de plus en plus incertaines.
Culture : Événements artistiques et dynamiques culturelles actuelles
Le Festival international du bourg de Beit Mery : un hommage aux grandes figures musicales libanaises
Le Liban, malgré la crise, continue d’abriter des événements culturels qui rassemblent artistes et passionnés. Parmi les événements phares de ce début d’année, le Festival international du bourg de Beit Mery se distingue par sa programmation musicale variée. Selon Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025), le festival mettra à l’honneur des figures emblématiques de la musique libanaise telles que Fayrouz, Sabah et les frères Rahbani. Une soirée spéciale, dirigée par l’orchestre philharmonique de Beyrouth, sera dédiée à leurs œuvres intemporelles.
Ce festival, qui se déroule en plein air, a pour ambition de rendre hommage au patrimoine musical libanais tout en offrant une plateforme aux jeunes talents. Plusieurs artistes émergents auront l’occasion de se produire, accompagnés d’ensembles orchestraux et de musiciens reconnus de la scène locale et internationale.
Le retour du Festival Al Bustan : entre tradition et renouveau
Le Festival Al Bustan, qui se tiendra du 26 février au 23 mars 2025, marque son grand retour avec une programmation riche et diversifiée. Selon Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025), l’édition de cette année comprendra 12 soirées musicales, mêlant opéra, jazz oriental, musique classique et chants traditionnels libanais.
Ce festival, qui jouit d’une longue tradition, se veut un pont entre les cultures en mettant à l’honneur des artistes libanais, mais aussi des musiciens venus d’Europe et du monde arabe. L’une des soirées les plus attendues mettra en vedette des musiciens de l’Orchestre du Garde républicain français, qui interpréteront des compositions classiques revisitées.
Exposition d’art contemporain à Beyrouth : hommage aux artistes du Sud-Liban
L’art visuel occupe également une place importante dans le paysage culturel libanais. Actuellement, le Musée Sursock à Beyrouth accueille une exposition mettant en lumière le travail de plusieurs artistes contemporains, avec un focus particulier sur ceux originaires du Sud-Liban. Selon Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025), cette exposition vise à rendre hommage à la résilience des populations du Sud face aux conflits, en mettant en avant des œuvres qui mêlent art moderne et traditions locales.
Les œuvres exposées comprennent des peintures, des installations multimédias et des sculptures représentant les défis quotidiens des habitants de la région. Un programme de conférences et de discussions sera également organisé pour explorer les liens entre l’art et la mémoire collective.
La renaissance du cinéma indépendant au Liban
Le secteur du cinéma indépendant connaît une dynamique intéressante, avec plusieurs réalisateurs libanais tentant de redonner vie à une industrie en difficulté. Selon Al Quds (02 février 2025), plusieurs projets cinématographiques locaux ont récemment été sélectionnés pour des festivals internationaux, témoignant du renouveau du cinéma libanais malgré le manque de financement.
Parmi les productions récentes, un documentaire intitulé « Mémoire de Beyrouth », réalisé par un jeune cinéaste libanais, explore les traces laissées par la guerre civile à travers les récits d’anciens habitants de quartiers autrefois en conflit. Ce film, salué par la critique, met en avant l’importance du témoignage dans la reconstruction de la mémoire collective du pays.
D’autre part, le cinéma en salles souffre toujours des conséquences de la crise économique. Plusieurs établissements ont dû fermer leurs portes, rendant difficile la diffusion de films locaux. Des initiatives de projections en plein air et de cinémas itinérants ont toutefois vu le jour, notamment à Tripoli et Saïda, où des associations culturelles organisent des projections gratuites pour rendre le cinéma accessible à tous.
Littérature et poésie : un espace de résistance et de mémoire
Le monde de la littérature libanaise reste dynamique, avec la publication de plusieurs ouvrages explorant les réalités sociales et politiques du pays. Parmi les sorties récentes, le recueil de poésie « Les échos de Beyrouth » de l’écrivain libanais Khaled Zaatari a été très bien accueilli par la critique. Ce recueil, selon Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025), est une plongée dans la mémoire collective des Libanais, mêlant nostalgie et critique sociale.
Un autre événement marquant dans le paysage littéraire est la foire du livre de Beyrouth, qui attire chaque année de nombreux éditeurs et écrivains du monde arabe. Cette édition, bien que marquée par des contraintes budgétaires, reste un moment clé pour les amateurs de lecture, offrant un espace de débat et d’échange entre auteurs et lecteurs.
Sport : Athlètes libanais et événements sportifs en cours
Le Liban éliminé de la Coupe Davis après une défaite face au Pérou
L’équipe libanaise de tennis a été éliminée des qualifications de la Coupe Davis après une série de défaites face au Pérou. Ad Diyar (02 février 2025) rapporte que les rencontres ont eu lieu au Smash Sporting Club du Caire, en Égypte. Benjamin Hassan, classé 231e mondial, a perdu contre Ignacio Buse (237e mondial) en deux sets (6-3, 6-2). Hady Habib, autre espoir libanais, s’est incliné contre Gonzalo Bueno (256e mondial) en trois sets (3-6, 6-2, 4-6). En double, la paire libanaise a également été battue par le duo péruvien Ignacio Buse et Conner Huertas Del Pino en deux sets (4-6, 5-7), mettant ainsi fin au parcours du Liban dans ces qualifications.
Basketball : Al Riyadi Beyrouth en tête du championnat libanais
Le championnat libanais de basketball connaît une forte intensité cette saison, avec Al Riyadi Beyrouth qui domine actuellement le classement après sa victoire face à Sagesse Club sur un score de 86-72. Al Sharq Al Awsat (02 février 2025) souligne la performance remarquable de Wael Arakji, qui a mené son équipe avec une adresse impressionnante à trois points et une défense agressive. Les autres clubs majeurs, Homenetmen et Champville, restent en embuscade, espérant renverser la hiérarchie avant la fin de la saison.
Jeux Olympiques de Paris 2024 : un bilan mitigé pour les athlètes libanais
Les athlètes libanais ont participé aux Jeux Olympiques de Paris 2024, sans toutefois décrocher de médaille. Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025) rapporte que le judoka Nacif Elias s’est incliné en huitièmes de finale dans la catégorie -90 kg, après un combat disputé face à un adversaire japonais. En natation, Nour Hadid, spécialiste du 100 mètres nage libre, a terminé à la sixième place de sa série, sans parvenir à se qualifier pour les demi-finales. L’haltérophile Mahassen Hala Fattouh, qui représentait également le Liban, a réalisé une performance respectable mais insuffisante pour atteindre le podium.
Le Rallye du Liban, événement phare du sport automobile régional
Le Rallye du Liban, manche clé du Championnat du Moyen-Orient des Rallyes (MERC), a vu la domination de Roger Feghali, qui a remporté l’épreuve pour la quatorzième fois. Al Quds (02 février 2025) souligne que cette édition a été marquée par des conditions météorologiques difficiles, rendant la course encore plus technique. Les jeunes pilotes libanais, comme Alex Demirdjian et Abdo Feghali, ont également montré de belles performances, témoignant du dynamisme du sport automobile au Liban.
Le football libanais en crise malgré les ambitions de la sélection nationale
Le football libanais traverse une crise structurelle avec des clubs en difficulté financière et des salaires impayés. Al 3arabi Al Jadid (02 février 2025) note que des équipes phares comme Nejmeh et Ansar peinent à maintenir leur niveau en raison du manque de fonds et de l’exode de plusieurs joueurs vers des ligues étrangères. Malgré ces problèmes, la sélection nationale libanaise se prépare pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, sous la direction du sélectionneur Miodrag Radulovic. Le coach mise sur une nouvelle génération de joueurs, dont Hassan Maatouk et Bassel Jradi, pour tenter de qualifier le Liban à sa première Coupe du Monde.



