Dans un contexte politique exacerbé, l’actualité libanaise du 3 juillet 2025 est dominée par les tensions suscitées par la mission de l’émissaire américain Thomas Barak et l’ébullition institutionnelle autour de la réforme électorale. Les journaux Ad Diyar, Al Joumhouriyat, Al Quds, Nahar, Al Sharq et Al Akhbar convergent sur le diagnostic d’un pays à la croisée des chemins, entre pression internationale et réticences internes.
Barak attendu à Beyrouth : une mission sous tension
Selon Ad Diyar (3 juillet 2025), la venue imminente de Thomas Barak, émissaire américain en mission temporaire à Beyrouth, s’accompagne d’une intensification des réunions politiques libanaises visant à élaborer une réponse unifiée aux demandes de Washington. Barak est attendu pour réceptionner une « feuille libanaise commune », qui devrait rassurer les acteurs internationaux sans menacer le fragile équilibre national. Une source proche des discussions affirme que « les échanges sont avancés », tout en reconnaissant que le consensus demeure fragile et que la mission de la commission doit être finalisée avant lundi. Le journal indique que malgré l’apparente volonté de coordination entre les acteurs institutionnels, le climat de défiance reste palpable, notamment autour de l’articulation entre les revendications américaines et les lignes rouges locales.
Le contenu explosif de la « feuille américaine »
Le quotidien Al Quds (3 juillet 2025) révèle les principales lignes de la proposition américaine portée par Barak. Celle-ci appelle à un désarmement progressif du Hezbollah et des factions associées, à une normalisation partielle des relations avec la Syrie, à un tracé frontalier plus rigoureux, ainsi qu’à l’engagement d’un vaste processus de réformes économiques en contrepartie d’un plan d’aide internationale et d’une désescalade avec Israël. Néanmoins, selon le journal, ces conditions sont perçues comme une pression asymétrique par les milieux proches du Hezbollah, qui pose ses propres exigences : fin des violations israéliennes, libération des prisonniers et reconnaissance explicite du caractère libanais des territoires contestés. Le risque d’une impasse est mentionné dans plusieurs articles comme un scénario envisageable à court terme.
Réunion des chefs de file : entre prudence et défiance
Le Nahar (3 juillet 2025) revient sur la réunion de la commission tripartite représentant les trois présidences libanaises. Cette instance, composée de proches de Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam, serait sur le point de finaliser une réponse officielle à remettre à Barak. Le journal précise que l’attente de la communauté internationale est grande, mais que les divergences internes menacent l’homogénéité du document. Les interlocuteurs américains ont été avertis que « le consensus reste soumis à des garanties sur la souveraineté nationale ». Une source citée par le journal affirme que la position libanaise sera livrée « aujourd’hui ou demain au plus tard ».
L’hypothèque du Hezbollah et les lignes rouges stratégiques
Le Nahar rapporte également la réaction du Hezbollah face aux propositions américaines. Le parti chiite, selon les déclarations de ses cadres relayées dans le journal, refuse tout calendrier imposé pour son désarmement. Il lie toute concession à un arrêt total des agressions israéliennes et à la reconnaissance du caractère stratégique de ses positions. Le mouvement réitère que la défense nationale ne peut être réduite à une exigence technique dictée par l’extérieur. Dans les salons diplomatiques, cette posture est analysée comme une tentative de gagner du temps, voire d’exercer un chantage indirect sur la classe politique en pleine recomposition. Al Akhbar (3 juillet 2025) soutient que cette position permet au Hezbollah de maintenir une marge de négociation tout en réaffirmant son rôle central dans l’équilibre stratégique du pays.
Le débat électoral relancé : un agenda parallèle conflictuel
Simultanément, une nouvelle séquence s’ouvre sur le front législatif. Al Joumhouriyat (3 juillet 2025) annonce que le même lundi qui marquera l’arrivée de Barak à Beyrouth sera aussi celui du lancement des discussions parlementaires sur la réforme du système électoral. La commission issue des comités parlementaires doit examiner six propositions législatives en lien avec le mode de scrutin. L’unification du calendrier électoral et la proportionnalité figurent parmi les axes de travail. Le journal note cependant que l’ouverture de ce dossier au moment même de la crise diplomatique pourrait intensifier les clivages internes. Certains élus plaident pour un report stratégique de ces discussions, d’autres y voient une opportunité pour redistribuer les cartes à l’approche du scrutin prévu en 2026.
Pressions internationales et avertissements américains
Dans ses colonnes, Al Akhbar (3 juillet 2025) évoque une dimension supplémentaire à la mission Barak : la menace de sanctions. Selon le quotidien, les États-Unis sont prêts à imposer des mesures punitives à l’encontre de « ceux qui entravent les réformes ». Une source diplomatique citée dans l’article indique que « l’Administration américaine ne souhaite pas répéter les erreurs du passé » et envisage des actions ciblées si le Liban ne s’aligne pas sur les prescriptions du FMI. Cela inclurait aussi une suspension partielle de l’aide bilatérale. Le journal évoque aussi la pression croissante du Congrès pour conditionner les aides au respect des principes de transparence budgétaire.
Une configuration politique instable
Cette convergence de dossiers sensibles – mission diplomatique, réforme électorale, enjeux sécuritaires – se produit alors que les équilibres institutionnels sont fragiles. Ad Diyar insiste sur le fait que la simple évocation de la loi électorale a ravivé les tensions au sein du Parlement. La session plénière de la veille a été marquée par des échanges vifs entre députés sur la légitimité d’une modification de la loi actuelle en période d’incertitude constitutionnelle. Le journal rapporte que certains élus évoquent un « coup de force législatif » tandis que d’autres redoutent une manœuvre pour repousser les élections prévues.
Politique locale : rivalités internes et tensions sur les réformes
Dissensions sur la feuille de réponse à Thomas Barak
Selon Al Joumhouriyat (3 juillet 2025), les divergences internes entre les trois présidences – Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam – ont entravé la rédaction définitive de la réponse à transmettre à l’émissaire américain Thomas Barak. Le journal indique que les représentants des trois pôles de pouvoir se sont réunis pour finaliser la « feuille commune », mais que des désaccords subsistent, notamment autour des termes du désarmement du Hezbollah et de la relation future avec la Syrie. Cette situation est décrite comme symptomatique d’un manque de vision partagée sur les priorités nationales, chaque partie cherchant à préserver ses équilibres internes et ses réseaux d’influence.
Colère sunnite contre Nawaf Salam
Al Akhbar (3 juillet 2025) rapporte un épisode révélateur des tensions communautaires : un fort mécontentement exprimé dans certains milieux sunnites contre le Premier ministre Nawaf Salam, accusé d’outrepasser les prérogatives de la présidence du Conseil au profit de l’exécutif. Selon le journal, ce ressentiment se cristallise autour des décisions unilatérales perçues comme un recentrage du pouvoir exécutif au détriment des équilibres confessionnels. Plusieurs figures sunnites auraient exprimé publiquement ou en privé leur désaveu, appelant à une redéfinition du rôle du Premier ministre dans le contexte de cohabitation avec Joseph Aoun.
Visite présidentielle et tensions sécuritaires
Dans Al Sharq (3 juillet 2025), la couverture de la rencontre entre Joseph Aoun et Bassam Mawlawi, ministre de l’Intérieur, permet de prendre la mesure des préoccupations du chef de l’État en matière de sécurité. Le journal détaille que la réunion portait sur la coordination entre les forces de sécurité et les municipalités afin de maintenir l’ordre dans un climat social tendu. À cette occasion, Joseph Aoun a évoqué la nécessité d’une action concertée face aux provocations régionales et à la montée des actes de violence urbaine. Cette réunion illustre aussi le recentrage de la présidence sur des thématiques régalières, à défaut de pouvoir arbitrer les dossiers politiques les plus sensibles.
Débat sur la réforme électorale : manœuvres et résistances
Al Joumhouriyat (3 juillet 2025) revient sur les discussions parlementaires en cours concernant les propositions de révision de la loi électorale. Alors que plusieurs projets sont étudiés au sein d’une commission conjointe, certains députés dénoncent des tentatives de manipulation des règles du jeu en faveur de certains blocs parlementaires. Le journal souligne que le timing de ce débat, concomitant à la mission américaine, est perçu comme une volonté de diversion. Toutefois, la relance du débat électoral pourrait permettre à certains partis de se repositionner dans la perspective du scrutin prévu pour 2026.
Reconfiguration politique et préparation des nominations
Dans Al Sharq (3 juillet 2025), le député Yassine Jaber évoque la nécessité de procéder rapidement aux nominations dans les postes vacants de la haute administration, notamment dans les secteurs financiers. Cette déclaration est interprétée comme une tentative d’asseoir une nouvelle répartition des équilibres institutionnels avant le lancement d’éventuelles négociations avec le FMI. Le journal note que ces nominations sont susceptibles de renforcer le pouvoir du bloc présidentiel autour de Joseph Aoun, face à un Premier ministre affaibli par les critiques internes.
Climat politique tendu à Beyrouth
Selon Al Liwa’ (3 juillet 2025), la capitale libanaise est le théâtre d’un regain de tensions politiques entre partisans du courant du Futur et militants chiites proches du Hezbollah. Des altercations ont été enregistrées à proximité du Parlement, en lien avec l’ouverture du débat sur la réforme électorale. La situation a nécessité l’intervention de la police municipale et du renseignement intérieur. Le journal signale que plusieurs figures locales sunnites s’inquiètent d’un retour à la confrontation communautaire, dans un climat économique délétère.
Résistances au projet de redéploiement administratif
Ad Diyar (3 juillet 2025) consacre un article à la résistance de certaines directions générales de l’administration face au plan de redéploiement élaboré par le ministère de la Fonction publique. Ce plan, qui vise à redistribuer les ressources humaines entre les régions en fonction des besoins, se heurte à des blocages internes, notamment dans les ministères régaliens. Des accusations de favoritisme et de maintien des déséquilibres historiques entre le centre et la périphérie sont avancées par plusieurs ONG. La réforme est pourtant considérée comme une condition préalable à toute aide budgétaire internationale.
Citation et discours des personnalités politiques : fermeté présidentielle, désaccords gouvernementaux et menaces du Hezbollah
Joseph Aoun : recentrage sécuritaire et coordination administrative
Dans Al Sharq (3 juillet 2025), Joseph Aoun s’est exprimé lors d’une rencontre avec le ministre de l’Intérieur Bassam Mawlawi, insistant sur l’importance d’une coordination renforcée entre les forces de sécurité et les administrations locales. Le président a souligné que « la stabilité du Liban repose sur un appareil sécuritaire unifié et fonctionnel, capable de prévenir les dérapages communautaires dans un climat régional instable. » Cette déclaration marque un recentrage de l’action présidentielle sur les dossiers régaliens, dans un contexte de blocage politique prolongé.
Nawaf Salam : mise en garde contre les provocations israéliennes
Dans une déclaration faite devant le Conseil économique et social, rapportée par Al Quds (3 juillet 2025), Nawaf Salam a affirmé : « Il ne peut y avoir de stabilité au Liban tant que les violations israéliennes persistent et que nos prisonniers restent en captivité. » Il a également réaffirmé l’engagement de son gouvernement à la mise en œuvre de la résolution 1701, précisant que « les efforts diplomatiques et politiques se poursuivent pour garantir un retour digne aux déplacés et reconstruire ce que l’agression a détruit. » Cette déclaration explicite l’orientation de l’exécutif vers une défense diplomatique des droits territoriaux, tout en consolidant le lien avec les institutions internationales.
Naim Kassem : refus de désarmement et menaces en cas de compromis sur Chebaa
Al Akhbar (3 juillet 2025) rapporte les propos tenus par des proches de Naim Kassem, chef du Hezbollah, dans lesquels il exprime une opposition catégorique à toute formule de désarmement. Les propos relayés affirment que « le Hezbollah est prêt à toutes les options si la question du désarmement est imposée. » Concernant Chebaa, il a fait savoir à travers ses relais qu’il s’agirait d’un « casus belli en cas de renoncement à sa libération, car les populations locales ne toléreront aucune concession sur la libanité de ces terres. » Ces déclarations font écho à un durcissement stratégique du parti face aux attentes de la communauté internationale.
Nabih Berri : soutien indéfectible à ses alliés et avertissement sur les nominations judiciaires
Dans Nahar (3 juillet 2025), Nabih Berri a réaffirmé son appui au juge Zahir Hammadeh, déclarant : « S’il y a la moindre interrogation sur Hammadeh, qu’elle soit dite publiquement. Sinon, il demeure mon seul candidat. » Cette sortie intervient alors que les tractations sur les nominations judiciaires atteignent un niveau de tension inédit. Berri s’oppose frontalement au ministre de la Justice Adil Nassar, dans un bras de fer qui reflète les tensions au sein du pouvoir judiciaire et leur instrumentalisation politique.
Proches du Hezbollah : la guerre avec Israël reste une option
Toujours dans Nahar (3 juillet 2025), des sources internes au Hezbollah affirment que « la guerre ne viendra pas uniquement de notre côté, mais si elle éclate, nous sommes prêts à toutes les éventualités. » Ces propos surviennent en parallèle de la mission diplomatique américaine et des discussions sur l’avenir de la présence armée du parti. Ils mettent en lumière une posture de défiance vis-à-vis des tentatives de médiation occidentale, en particulier celles incarnées par l’envoyé spécial Thomas Barak.
Mise en garde américaine : sanctions prêtes pour les entraves à la réforme
Al Akhbar (3 juillet 2025) cite un message indirectement adressé par les responsables américains à la classe politique libanaise. Il y est question de sanctions contre « ceux qui entravent les réformes économiques et financières ». La source citée ajoute : « Il y aura une surprise pour les Libanais si les responsables politiques, économiques et financiers reprennent les mêmes pratiques que par le passé. » Cette déclaration, bien que formulée en langage diplomatique, vise à accentuer la pression sur les acteurs politiques, en particulier ceux opposés aux recommandations du FMI.
Joseph Aoun : ouverture institutionnelle et symbolisme diplomatique
Al Sharq (3 juillet 2025) mentionne la réception par Joseph Aoun de l’ambassadeur de Tunisie, Bourawi Al Imam, dans le cadre d’une visite d’adieu. Au-delà du protocole, le président aurait rappelé l’importance de « renforcer les ponts entre les sociétés civiles libanaise et tunisienne » et s’est dit attaché à « une diplomatie de convergence au service de la stabilité régionale. » Cette position renforce l’image d’un président modéré, valorisant les leviers diplomatiques parallèlement à la consolidation interne.
Diplomatie : pressions américaines, équilibres régionaux et jeux d’influence
L’émissaire américain Thomas Barak de retour à Beyrouth
Selon Nahar (3 juillet 2025), le diplomate américain Thomas Barak, ambassadeur des États-Unis en Turquie, est attendu à Beyrouth pour une seconde visite officielle les 7 et 8 juillet. Cette mission vise à recueillir la réponse officielle du gouvernement libanais à la « feuille de route » transmise par Washington concernant le règlement des différends frontaliers avec Israël et la Syrie. Barak doit rencontrer Joseph Aoun, Nawaf Salam et Nabih Berri dans le cadre d’entretiens bilatéraux à haute portée diplomatique. L’enjeu principal concerne le positionnement du Liban sur le désarmement du Hezbollah et le tracé de la frontière avec la Syrie, thèmes cruciaux dans les discussions régionales et les programmes d’assistance internationale.
La diplomatie tripartite en difficulté
Al Akhbar (3 juillet 2025) révèle que le comité tripartite réunissant les représentants des trois présidences peine à finaliser une position unifiée. Une source citée indique que « le Liban est dans une situation serrée, car la marge de manœuvre est étroite, et toute ambiguïté dans la réponse pourrait être exploitée par les États-Unis pour renforcer leur pression ». Les discussions, qui devaient aboutir à un texte commun, sont marquées par des divergences sur les références internationales, notamment sur la résolution 1701, et sur la reconnaissance du rôle de la résistance armée dans le sud du pays.
Réactions du Hezbollah : rejet du compromis
Toujours selon Al Akhbar (3 juillet 2025), des proches du Hezbollah rejettent catégoriquement les pistes évoquées par les Américains. Ils dénoncent « une tentative de négociation sous contrainte » et mettent en garde contre « tout engagement du Liban qui ne reconnaîtrait pas la souveraineté pleine sur les fermes de Chebaa ». Ils ajoutent que « le Hezbollah considère la feuille de Barak comme une manœuvre visant à fragiliser l’axe de la résistance ». Ces positions radicales réduisent les marges d’un compromis multilatéral au moment où Washington s’efforce de négocier un front diplomatique anti-iranien en Méditerranée orientale.
Mise en garde de l’administration Trump sur les réformes
Selon Al Sharq Al Awsat (3 juillet 2025), la délégation américaine insiste aussi sur les réformes internes comme condition préalable à tout appui économique. Le texte proposé par Barak mentionnerait explicitement l’exigence d’un engagement écrit du Liban sur la réforme de la Banque centrale, la transparence des finances publiques et l’ouverture aux investissements étrangers. Washington menace de sanctions ciblées contre ceux qui « entravent les réformes structurelles ». Cette posture traduit un durcissement de la politique américaine vis-à-vis des élites locales.
Réunion stratégique entre Joseph Aoun et l’ambassadeur de Tunisie
Dans Al Sharq (3 juillet 2025), on apprend que Joseph Aoun a reçu Bourawi Al Imam, ambassadeur de Tunisie en fin de mission. La rencontre s’est déroulée dans un climat chaleureux et a permis au président libanais de rappeler « l’importance de la convergence méditerranéenne entre les peuples ». Le chef de l’État a insisté sur le rôle de la diplomatie parallèle, fondée sur les sociétés civiles et les échanges culturels, comme outil de stabilisation dans une région fragmentée.
Appui renouvelé du Conseil de coopération du Golfe
Al Sharq Al Awsat (3 juillet 2025) rapporte qu’une réunion à Riyad entre le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe et plusieurs diplomates libanais a abouti à une déclaration de soutien « ferme et constant » au Liban. L’organisation régionale s’engage à appuyer toutes les initiatives qui contribuent à la stabilité du pays, à condition que Beyrouth s’aligne sur les principes de transparence, de neutralité régionale et de bonne gouvernance. Cette position reflète une volonté des monarchies du Golfe de maintenir une influence douce au Liban, sans soutien direct à des formations politiques précises.
Le Liban au cœur d’un jeu d’équilibres syro-israéliens
D’après Al Bina’ (3 juillet 2025), la diplomatie libanaise travaille toujours à une clarification du statut des fermes de Chebaa dans le cadre du processus de paix régional. Des documents transmis à l’ONU réaffirment que « la souveraineté sur Chebaa doit être déterminée entre Beyrouth et Damas, et non avec Tel Aviv. » Cette position est relayée dans les discussions avec l’envoyé américain et constitue un point de friction majeur dans les négociations. Le journal indique que Joseph Aoun insiste pour une approche globale du dossier frontalier, incluant le tracé avec la Syrie et l’intégration d’une présence internationale sur les zones sensibles.
Enjeux de la réponse diplomatique libanaise
Enfin, selon Al Liwa’ (3 juillet 2025), la rédaction du document de réponse à la mission Barak repose sur trois piliers : « la souveraineté pleine sur l’ensemble des territoires libanais, le rejet de toute formule militaire imposée de l’extérieur, et la participation de toutes les composantes à la définition de la sécurité nationale. » Le texte final, encore en discussion, devrait refléter les tensions internes entre un axe souverainiste et un bloc favorable à un compromis international. Il pourrait également contenir une proposition de médiation européenne parallèle à l’initiative américaine.
Politique internationale : intensification des conflits, recompositions diplomatiques et équilibres nucléaires
Offensive diplomatique de Donald Trump à Gaza
Le journal Nahar (3 juillet 2025) rapporte que Donald Trump a obtenu de Tel Aviv un accord pour une trêve de deux mois à Gaza. Cette trêve place la balle dans le camp du Hamas, avec l’obligation de cesser toute activité militaire pendant cette période. Les garanties américaines sont, cependant, purement unilatérales : elles autorisent Israël à reprendre ses opérations en cas de violation supposée. Ce schéma rappelle les précédentes trêves libanaises assorties de lettres de garanties à sens unique qui permettent à Tel Aviv de se soustraire à ses obligations sans recours réel pour l’autre partie.
Intensification des attaques en Cisjordanie
Al Quds (3 juillet 2025) rapporte que le ministre israélien de la Justice, Yariv Levin, a affirmé qu’il était temps d’appliquer la souveraineté israélienne sur l’ensemble de la Cisjordanie. Cette déclaration survient après une série de démolitions de maisons et de raids dans des camps palestiniens, dont celui pour enfants à Hébron. Ces opérations, menées par l’armée ou par des colons extrémistes, s’inscrivent dans une stratégie de « judaïsation méthodique » selon les observateurs. Le gouvernement israélien ne cache plus ses intentions d’annexion formelle de la zone C.
Situation humanitaire à Gaza : entre résistance et exaspération
Toujours dans Al Quds (3 juillet 2025), une série de tribunes expose le désespoir croissant de la population de Gaza. Le coût humain élevé pousse certains à remettre en cause la stratégie de résistance, sans pour autant disculper l’occupation. La rhétorique israélienne selon laquelle toute attaque sur Gaza serait une riposte légitime est perçue comme une impasse diplomatique. Le texte souligne également la capacité du Hamas à manœuvrer dans un environnement où la diplomatie internationale semble paralysée, notamment en raison du soutien inconditionnel de Washington à Israël.
Ukraine : suspension partielle des aides américaines
Al Akhbar (3 juillet 2025) révèle que l’administration américaine a décidé de suspendre la livraison de certaines armes avancées à l’Ukraine, dont les systèmes Patriot. Cette décision, bien accueillie par le Kremlin, pourrait modifier l’équilibre stratégique dans le conflit. Le porte-parole russe, Dmitri Peskov, a déclaré que « la réduction de l’arsenal livré à l’Ukraine rapproche la fin de l’opération militaire spéciale ». Kiev, de son côté, tente d’obtenir des clarifications, alors que ses forces peinent à maintenir la défense de la capitale face aux attaques russes.
Pressions autour du nucléaire iranien
Selon Al Akhbar (3 juillet 2025), le programme nucléaire iranien reste dans une phase de « flou stratégique », entretenu délibérément par Téhéran. La communauté internationale est divisée : tandis que les Européens insistent sur la transparence, les États-Unis cherchent à réactiver une forme de négociation plus coercitive. L’Iran, quant à lui, joue sur la durée, misant sur son expérience dans la guerre asymétrique et son réseau d’alliés régionaux pour éviter l’isolement.
Crainte d’un nouvel équilibre régional favorable à Israël
Dans un autre article d’Al Quds (3 juillet 2025), des analystes mettent en garde contre un déplacement du rapport de forces régional à l’avantage d’Israël. Le cessez-le-feu avec l’Iran est perçu par l’Égypte et la Jordanie comme un soulagement temporaire, mais aussi comme une opportunité pour Tel Aviv de consolider ses positions. Le projet nucléaire iranien continue d’inquiéter ces deux pays, qui redoutent une course aux armements en cas de reprise des tensions.
Syrie : normalisation contestée et critiques croissantes
Al Akhbar (3 juillet 2025) rapporte les divisions au sein du pouvoir syrien concernant la normalisation avec Israël. Alors que certains proches de Bachar al-Assad évoquent une volonté d’apaisement régional, des secteurs de l’armée et du parti Baas refusent tout compromis. Cette dynamique complique les tentatives de médiation internationales. L’ingérence iranienne, toujours présente dans le nord du pays, est également pointée du doigt comme un facteur de blocage aux négociations de Genève.
Réactions régionales : repositionnement stratégique d’Amman
Un autre texte d’Al Quds (3 juillet 2025) décrit le repositionnement stratégique de la Jordanie. Le royaume hachémite restreint les mouvements des associations pro-résistance et révise son système municipal et syndical dans un cadre de recentralisation de l’autorité. Cette dynamique vise à réduire les marges d’expression des forces politiques hostiles à Israël et à contenir tout débordement populaire pro-iranien ou pro-palestinien, dans un climat régional incertain.
Économie : entre illusions de stabilisation et avertissements structurels
Recul du ratio dette/PIB, une amélioration en trompe-l’œil
Al Akhbar (3 juillet 2025) souligne que le ratio dette publique/PIB au Liban est passé de 219 % en 2024 à 176,5 %, et pourrait baisser encore à 152,4 % d’ici la fin de l’année. Cette baisse n’est cependant pas le signe d’une amélioration structurelle, mais résulte d’une augmentation purement nominale du PIB, elle-même dopée par l’inflation. L’article met en garde contre l’illusion d’un redressement financier : les bases économiques restent fragiles et les revenus réels n’ont pas suivi l’inflation.
Maintien d’un endettement insoutenable
Dans un autre article, le même journal rappelle que malgré les chiffres en apparence favorables, le Liban conserve un niveau d’endettement structurellement insoutenable. Le taux actuel de 176,5 % reste l’un des plus élevés au monde. La structure même de la dette – alimentée par une croissance faible, un secteur bancaire fragilisé et des institutions déficientes – compromet tout espoir de rétablissement sans réformes drastiques.
Avertissement sur les obstacles aux réformes
Toujours dans Al Akhbar (3 juillet 2025), des sources diplomatiques relayent l’inquiétude américaine face à l’absence de coopération libanaise avec le FMI. Les réunions récentes ont mis en évidence la réticence des élites politiques et financières à adopter les mesures exigées, notamment la restructuration du secteur bancaire et la révision du cadre fiscal. Un haut responsable américain aurait averti que toute aide future, qu’elle soit sous forme de dons ou de prêts, serait conditionnée à des garanties sérieuses de mise en œuvre des réformes.
Risque de sanctions économiques ciblées
Dans ce même contexte, des sanctions financières sont en préparation contre ceux qui entravent les efforts de redressement économique. Washington, selon Al Akhbar, veut placer sous surveillance étroite les acteurs politiques et économiques qui perpétuent les pratiques du passé. Si une récidive est constatée, les sanctions seraient élargies. L’administration américaine ne souhaite pas cautionner un financement qui renforcerait les structures de la corruption institutionnelle.
Nouveaux arbitrages à la Banque du Liban
D’après Nahar (3 juillet 2025), un nouveau décret encadrant les transferts bancaires a été publié sous la forme du « circulaire 169 ». Ce texte vise à équilibrer les conditions de retrait entre les différents types de comptes, afin d’apaiser la colère des déposants lésés. Il constitue une réponse aux critiques sur les circulaires précédentes (158 et 161) qui avaient favorisé les détenteurs de comptes privilégiés. Toutefois, l’impact réel reste limité sans un cadre juridique complet sur la répartition des pertes.
Réforme du secteur bancaire toujours en attente
Nahar insiste également sur l’urgence de réformer en profondeur le secteur bancaire. Malgré les tentatives temporaires de régulation, la confiance dans les banques reste faible. Le journal évoque un sentiment d’impuissance croissant chez les déposants, qui voient leurs fonds bloqués sans horizon clair. La restructuration des institutions financières – prévue depuis 2021 – est toujours suspendue à un accord politique qui tarde à se matérialiser.
Municipalités sous pression financière
Ad Diyar (3 juillet 2025) rapporte que la municipalité de Bourj el-Barajneh a lancé une campagne pour recouvrer les impôts impayés de ses habitants. Un avis d’expropriation par vente aux enchères a été émis contre les retardataires. Cette mesure illustre la pression croissante sur les finances locales, face à l’effondrement des subventions de l’État. Le journal souligne que plusieurs municipalités pourraient suivre, en invoquant les dispositions de l’article 112 du code fiscal.
Absence d’investissement productif
Enfin, une analyse d’Al Akhbar pointe l’absence persistante d’investissement dans les secteurs productifs. Le peu de capitaux disponibles continue de s’orienter vers des opérations spéculatives ou des placements en devises. La stagnation du secteur industriel, l’affaiblissement de l’agriculture et la lente reprise du tourisme maintiennent le pays dans une économie de survie. Le gouvernement ne dispose pas, selon le journal, d’un plan clair de relance orienté vers la productivité réelle.



