Le gouvernement libanais, réuni le mardi 5 août 2025, a adopté à la majorité une décision établissant la souveraineté exclusive de l’État sur la détention des armes, confiant à l’armée le soin de présenter d’ici fin août un plan de mise en œuvre. Cette décision, relayée par Al Joumhouriya dans son édition du 7 août 2025, constitue une rupture dans l’équilibre tacite entre institutions civiles et pouvoir militaire parallèle, notamment celui exercé par le Hezbollah. L’article précise que cette mesure a été prise sous la présidence du Premier ministre Nawaf Salam et avec l’appui explicite du président Joseph Aoun, lequel a affirmé que « la stabilité de la République passe par l’unité du commandement militaire » (Al Joumhouriya, 07/08/2025).
Les ministres proches du Hezbollah et du mouvement Amal, réunis au sein du « duo chiite », ont immédiatement suspendu leur participation au gouvernement, dénonçant une décision unilatérale, selon Al Akhbar daté du 7 août 2025. Le quotidien souligne que ces partis considèrent l’adoption du texte comme une tentative d’imposer par les institutions un désarmement qu’ils jugent contraire à l’équilibre national établi après la guerre civile.
Un clivage gouvernemental aggravé par l’absence de consensus
Dans son éditorial du 7 août 2025, Al Bina’ note que cette mesure, bien qu’approuvée par la majorité du gouvernement, s’est heurtée à un blocage politique sans précédent. Le quotidien évoque une crise de gouvernance, la décision ayant été prise sans consensus préalable, contrairement aux usages en matière de défense nationale. Al Bina’ rappelle que le Hezbollah considère sa capacité militaire comme partie intégrante de la stratégie de défense contre Israël, notamment dans le sud du pays, où il demeure actif malgré la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU.
De son côté, Ad Diyar du 7 août 2025 rapporte que le président du Parlement, Nabih Berri, aurait été tenu à l’écart de l’élaboration de la décision. Des sources au sein du mouvement Amal confirment que les discussions engagées avec le diplomate américain Tom Barak n’avaient jamais évoqué une mise en œuvre immédiate d’un désarmement. La même source dénonce une stratégie de confrontation susceptible de générer une fracture irréversible au sein du pouvoir exécutif libanais.
Une pression extérieure croissante, selon des responsables libanais
Al Akhbar dans sa livraison du 7 août 2025 fait état de pressions diplomatiques intenses ayant précédé cette décision. Si le rôle des États-Unis est bien identifié à travers la « feuille de propositions » remise par Tom Barak, Ad Diyar affirme que des pays arabes auraient joué un rôle plus incisif. Un haut responsable cité anonymement estime que « les sollicitations d’une capitale du Golfe ont pesé plus lourd que les notes américaines ou israéliennes dans l’agenda politique du gouvernement » (Ad Diyar, 07/08/2025).
Le journal Al Liwa’ de la même date relaie cette analyse et souligne que certains ministres ont reçu, durant la séance du Conseil, des messages en direct d’ambassades étrangères. Cette situation inhabituelle laisse penser à une tentative d’influence directe sur le contenu de la délibération. Le même article évoque une coordination implicite entre plusieurs chancelleries occidentales et arabes visant à accélérer le recentrage sécuritaire de l’État.
Un appel à l’armée comme garant de l’ordre républicain
Dans ce contexte de crispation politique, le rôle de l’armée est mis en avant comme pilier central de la stabilité. Al Sharq du 7 août 2025 indique que le président Joseph Aoun, chef des forces armées, a assuré à ses homologues civils la disponibilité de l’armée à concevoir une stratégie réaliste, fondée sur la coopération et la désescalade. Cette feuille de route serait axée sur la reprise progressive du contrôle des zones d’opération hors du champ étatique, avec pour priorité le respect des équilibres communautaires.
Ce point est crucial. An-Nahar évoque en effet les craintes exprimées par certains ministres sunnites et chrétiens, selon lesquels une mise en œuvre brutale risquerait de provoquer une rupture entre les institutions de l’État et certaines parties de la population chiite. Le quotidien insiste sur la nécessité d’un dialogue national, incluant toutes les forces politiques et religieuses du pays.
Risque de crise institutionnelle durable
Selon Al Joumhouriya, les discussions à venir au sein du Conseil des ministres devraient déterminer si la mesure sur l’exclusivité de l’armement relève d’un véritable programme stratégique ou d’une décision symbolique sans suivi. Le ministre de l’Intérieur aurait, selon le journal, exprimé des réserves sur la capacité opérationnelle de l’État à désarmer sans provoquer de conflit civil latent.
La séance suivante du gouvernement, prévue pour la semaine prochaine, s’annonce décisive. Al Bina’ anticipe un éventuel boycott durable des ministres chiites si leurs conditions ne sont pas prises en compte. Dans ce cas, la majorité gouvernementale pourrait être techniquement maintenue, mais l’exécutif perdrait toute représentativité nationale effective, compromettant ainsi la stabilité politique générale.
Politique locale : répercussions internes et tensions entre institutions
Repositionnement des figures politiques face à la décision sur le désarmement
L’annonce de la décision gouvernementale sur la centralisation des armes dans les mains de l’État a provoqué de nombreuses réactions dans la sphère politique libanaise. Dès la diffusion du décret par le gouvernement Salam, plusieurs personnalités ont exprimé leur position, révélant de profondes lignes de fracture entre les institutions.
Selon Ad Diyar daté du 7 août 2025, le président du Parlement Nabih Berri aurait exprimé en privé son irritation face à ce qu’il qualifie de « mise à l’écart délibérée ». Des sources parlementaires citées par le quotidien assurent que le président Berri aurait tenté de retarder la décision en plaidant pour un dialogue préalable. En vain. Ce contournement des circuits politiques traditionnels a, d’après les mêmes sources, fragilisé la légitimité de la mesure, surtout aux yeux des partis chiites représentés au sein du Parlement.
De son côté, le président Joseph Aoun a renforcé sa stature de chef de l’État unificateur. Selon Al Bina’, dans son édition du 7 août 2025, le chef de l’État a présidé une réunion avec le commandement de l’armée durant laquelle il a réitéré la priorité de l’institution militaire : éviter toute confrontation interne tout en assurant la prééminence de l’État. La même source rapporte que Joseph Aoun aurait sollicité une médiation informelle auprès du patriarche maronite Béchara Raï pour apaiser les tensions avec la hiérarchie chiite.
Contre-offensive politique du duo chiite et stratégie d’obstruction
En réponse à la décision gouvernementale, le Hezbollah et le mouvement Amal ont opté pour une stratégie de confrontation institutionnelle. Al Akhbar rapporte, dans son édition du 7 août 2025, que les ministres issus du duo ont suspendu leur participation au gouvernement, tout en maintenant leur présence au Parlement. Ce choix stratégique vise à bloquer les textes d’application nécessaires à la mise en œuvre de la décision sur le désarmement, tout en évitant une vacance gouvernementale complète.
Le quotidien souligne également que plusieurs députés affiliés au Hezbollah ont multiplié les interventions médiatiques pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un diktat occidental appliqué par le gouvernement. La rhétorique utilisée reprend les thématiques classiques de l’ingérence et de la résistance, mais s’ancre cette fois dans un discours plus institutionnel. Le député Hassan Fadlallah, cité par Al Akhbar, accuse le gouvernement d’avoir « violé l’esprit du pacte national et franchi une ligne rouge » en engageant une réforme de la défense sans consultation interconfessionnelle.
Par ailleurs, Al Sharq souligne que le mouvement Amal a lancé une série de réunions de crise avec des élus indépendants chiites dans le but de constituer un bloc d’opposition parlementaire unifié. Ce front politique viserait à faire pression sur le gouvernement pour qu’il revoie le texte ou, à défaut, à paralyser toute velléité de légiférer sur les modalités concrètes du désarmement.
Tensions au sein du gouvernement Salam
L’initiative du Premier ministre Nawaf Salam ne fait pas l’unanimité au sein même de sa coalition. Selon An-Nahar du 7 août 2025, plusieurs ministres centristes auraient exprimé des réserves sur le caractère abrupt de la décision. Le ministre de la Santé, issu du courant Kataëb, aurait plaidé pour un moratoire afin de permettre un dialogue national avant toute application. Cette position, minoritaire mais relayée dans les médias, témoigne d’un certain flottement au sein du gouvernement.
Al Liwa’ souligne que le Premier ministre a convoqué pour la semaine suivante une réunion élargie à l’ensemble des chefs de groupe parlementaires, dans l’espoir d’élaborer une plateforme de consensus autour des priorités de sécurité. Néanmoins, l’absence annoncée des représentants du duo chiite jette une ombre sur la portée de cette initiative.
Dans le même temps, le ministre de l’Éducation a annoncé publiquement, toujours selon Al Liwa’, qu’il se désolidarisait de la mesure tant qu’un « cadre légal clairement partagé par tous les Libanais » ne serait pas établi. Il réclame notamment une étude d’impact sur la sécurité intérieure et sur les risques de polarisation communautaire, soulignant que les écoles publiques situées dans des zones sous contrôle chiite pourraient devenir des lieux de tension si l’armée intervenait.
Effets sur les dynamiques locales et municipales
La répercussion de la décision gouvernementale dépasse le cadre strictement national. Al Joumhouriya, dans son édition du 7 août 2025, rapporte des tensions dans plusieurs municipalités du Sud, où certains élus proches du Hezbollah ont annulé des réunions intercommunales prévues avec les représentants des ministères. Des messages diffusés sur les réseaux sociaux par des figures locales appellent à une « désobéissance administrative » pour contester l’autorité de l’État dans les territoires dits de « résistance ».
À Beyrouth, le gouverneur a convoqué une réunion de sécurité exceptionnelle, comme le rapporte Al Bina’, afin d’évaluer les risques de débordement lors des prochaines manifestations prévues par des partis d’opposition. Le climat politique incertain a également eu des répercussions sur les services publics. Plusieurs mairies dans la Bekaa Sud auraient reçu l’ordre de ne pas collaborer avec les délégués gouvernementaux tant que la décision n’est pas revue.
An-Nahar évoque aussi des tensions au sein des forces de sécurité intérieure. Des éléments de la police municipale à Baalbek auraient refusé de participer à une mission d’évaluation sécuritaire conjointe avec l’armée. Bien que ces incidents restent localisés, ils révèlent un risque d’érosion du commandement unifié si la polarisation s’accentue.
Risque de fragmentation institutionnelle
L’ensemble des journaux étudiés, notamment Ad Diyar, s’accorde à considérer que la dynamique enclenchée par la décision du 5 août risque d’aboutir à une scission politique durable si elle n’est pas accompagnée d’un processus de réintégration des acteurs chiites au cœur de l’appareil décisionnel. La crainte principale exprimée est celle d’une double administration sécuritaire, dans laquelle l’État de droit serait de facto suspendu dans certaines régions du pays.
Cette perspective inquiète également les partenaires internationaux du Liban. Al Sharq Al Awsat rapporte que l’ambassade de France aurait discrètement proposé sa médiation pour relancer un processus de dialogue national sous l’égide de la présidence. Le journal précise que l’Élysée suit de près la situation au Liban, notamment en lien avec la mission de l’ONU au Sud-Liban (UNIFIL), dont la légitimité serait menacée si le terrain devenait une zone de confrontation.
Citations et discours des personnalités politiques : escalade verbale autour de la souveraineté militaire
Naim Kassem durcit le ton face au gouvernement
Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a prononcé le 6 août 2025 un discours virulent à Nabatiyé, rapporté par Al Akhbar dans son édition du 7 août 2025. Il y accuse directement le gouvernement de « trahir la résistance par soumission aux injonctions américaines ». Selon ses propos rapportés, il affirme que « la décision de centraliser les armes dans les mains de l’État ne vise pas à renforcer la souveraineté, mais à désarmer ceux qui ont protégé le Liban des agressions israéliennes ».
Ce discours s’inscrit dans une stratégie de dénonciation symbolique. Naim Kassem a réutilisé plusieurs éléments de langage employés jadis par Hassan Nasrallah, rappelant notamment que « les armes du Hezbollah ne sont pas un choix, mais une nécessité nationale ». Le journal Al Bina’ précise que ce discours était très attendu, et qu’il a été diffusé en direct dans les fiefs du Hezbollah à Dahiyé et Baalbek, avec une mobilisation importante.
Le même journal mentionne que Kassem a exhorté ses partisans à « rester vigilants face aux plans de trahison nationale orchestrés depuis l’étranger », tout en appelant à ne pas répondre à la provocation par la rue. Cette dualité, entre rhétorique offensive et appel au calme, vise à maintenir la base mobilisée sans déclencher d’affrontement direct avec l’armée.
Nabih Berri exprime son désaccord sur la méthode gouvernementale
Dans une déclaration transmise à la presse le 6 août et reprise par Ad Diyar le 7 août 2025, le président du Parlement Nabih Berri a exprimé son « incompréhension » face à la manière dont la décision gouvernementale a été prise. « Un sujet aussi sensible ne saurait être tranché sans dialogue national préalable. Ce n’est pas ainsi que l’on renforce l’unité nationale », a-t-il affirmé selon le journal.
An-Nahar rapporte qu’au cours d’une réunion interne à Ain el-Tineh, Berri aurait fustigé l’absence de concertation, y voyant une remise en cause du pacte de coexistence. Selon un député présent cité anonymement, Berri aurait utilisé le terme de « passage en force dangereux » et souligné que « le Liban ne peut pas se permettre un second mai 2008 », en référence aux affrontements qui avaient éclaté suite à une tentative similaire de remise en cause des télécommunications du Hezbollah.
Le journal Al Sharq indique que Berri reste ouvert à une désescalade, mais pose comme condition une révision du texte gouvernemental, incluant une mention explicite du rôle de la résistance dans la stratégie nationale de défense. Cette exigence pourrait figurer dans un amendement présenté au Parlement dans les jours à venir.
Joseph Aoun insiste sur l’unité du commandement militaire
Le président de la République et chef des forces armées, Joseph Aoun, s’est exprimé dans un communiqué officiel daté du 6 août, publié par Al Joumhouriya le 7 août 2025. Il y rappelle que « seule l’armée est habilitée à porter les armes sur l’ensemble du territoire, conformément à la Constitution et aux décisions du Conseil de défense ». Cette déclaration intervient dans un contexte de polarisation extrême et vise à rappeler les fondements juridiques de la mesure adoptée.
Aoun a également précisé que « l’application du plan confié à l’armée se fera dans le respect de l’équilibre communautaire et du dialogue interinstitutionnel ». Cette nuance vise à éviter une perception de confrontation directe avec le Hezbollah, tout en affirmant l’autorité de l’État. Al Bina’ indique que cette déclaration a été accueillie favorablement par les chancelleries occidentales, notamment la France et l’Union européenne.
Al Liwa’ rapporte que dans des discussions privées avec des diplomates, Joseph Aoun aurait insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre les forces de sécurité intérieure et l’armée pour éviter des incidents dans les zones sensibles. Son discours s’accompagne d’une volonté de canaliser la colère populaire et de neutraliser les discours de radicalisation.
Nawaf Salam invoque la responsabilité historique de son gouvernement
Dans une interview exclusive accordée à An-Nahar le 6 août 2025 et publiée le lendemain, le Premier ministre Nawaf Salam a défendu la décision de son cabinet, affirmant que « la souveraineté nationale ne saurait être négociée, même sous prétexte de stabilité communautaire ». Il a ajouté que « le Liban ne peut pas rester éternellement otage de logiques armées parallèles ».
Interrogé sur les risques d’escalade, Salam a répondu que « tout changement profond rencontre des résistances, mais le devoir du gouvernement est de fixer le cap et non de céder à la pression ». Le Premier ministre a également précisé que la feuille de route confiée à l’armée ferait l’objet d’une évaluation parlementaire ouverte, afin de garantir un encadrement démocratique du processus.
Al Sharq Al Awsat rapporte que Salam aurait également évoqué la pression internationale croissante pour que le Liban se dote d’une autorité de sécurité unifiée, condition préalable à toute aide financière future, notamment de la Banque mondiale. Ces déclarations visent à justifier la mesure comme relevant de l’intérêt supérieur de l’État.
Reactions divergentes dans l’opposition parlementaire
Outre les prises de position des figures gouvernementales et du duo chiite, plusieurs figures de l’opposition ont également exprimé leur point de vue. Le député Samy Gemayel (Kataëb) a déclaré, selon An-Nahar, qu’il « salue une décision courageuse et nécessaire, même si elle arrive tardivement ». Il appelle toutefois à la prudence dans sa mise en œuvre, redoutant une instrumentalisation politique.
Le leader du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a quant à lui adopté une position plus ambivalente. Al Joumhouriya rapporte qu’il a exprimé des réserves sur la forme, sans remettre en cause le fond. Il propose que la question des armes soit intégrée dans une réforme plus large de la gouvernance sécuritaire, incluant le renforcement des institutions judiciaires.
Enfin, selon Al Akhbar, le député sunnite Fouad Makhzoumi a accusé le gouvernement de faire preuve de duplicité, rappelant que « plusieurs ministres avaient, il y a quelques mois encore, défendu le rôle de la résistance ». Il estime que ce revirement soudain risque de miner la confiance dans la parole publique.
Diplomatie : crispations régionales et repositionnements internationaux autour du Liban
Tensions irano-israéliennes et effets d’entraînement sur la scène libanaise
La décision du gouvernement libanais sur la centralisation des armes n’a pas seulement provoqué des remous internes ; elle a également résonné à l’échelle régionale, dans un contexte de tensions croissantes entre l’Iran et Israël. Al Sharqdans son édition du 7 août 2025 rapporte que le ministre iranien des Affaires étrangères aurait condamné « toute tentative de désarmer les forces de résistance qui protègent le Liban face à l’agression sioniste ». Cette déclaration a été perçue par les chancelleries libanaises comme une ingérence, mais également comme un signal à destination du Hezbollah.
Dans le même temps, Ad Diyar fait état d’une augmentation des pressions américaines sur les institutions libanaises, via une intensification des contacts diplomatiques. Selon ce journal, la feuille de propositions transmise par le diplomate américain Tom Barak au gouvernement aurait été précédée par une série de messages confidentiels, mettant en garde contre « les conséquences du maintien d’un arsenal militaire hors contrôle étatique ».
Le journal Al Bina’ indique que la mission diplomatique iranienne à Beyrouth a renforcé ses contacts avec les responsables religieux chiites libanais. L’objectif affiché serait de coordonner une réponse politique et symbolique à ce qu’elle considère comme « une menace existentielle contre les forces de résistance légitime ».
Le rôle ambigu de certaines chancelleries arabes
Selon Ad Diyar du 7 août 2025, une source diplomatique arabe a révélé que l’initiative américaine aurait été appuyée par des pressions plus marquées encore de la part d’un pays arabe non nommé. Cette pression aurait visé à précipiter une décision sur le monopole de l’usage des armes. Le journal suggère que cette ingérence régionale a provoqué un malaise au sein des services diplomatiques libanais, d’autant que certaines déclarations de presse étrangères ont été interprétées comme une tentative de polarisation communautaire.
Dans le même temps, Al Sharq évoque une coordination croissante entre certains États du Golfe et les partis politiques libanais d’opposition. Cette coordination se ferait via des canaux diplomatiques officiels, mais également à travers des relais économiques et médiatiques. Le journal cite en exemple un récent forum organisé à Manama sur la souveraineté régionale, auquel ont participé plusieurs figures de l’opposition libanaise.
Toujours selon Al Sharq, cette démarche pourrait constituer une tentative de reconfigurer les rapports de force politiques au Liban, en contournant les canaux diplomatiques traditionnels de soutien à l’État. Cette stratégie serait toutefois risquée, car elle pourrait alimenter des accusations d’ingérence extérieure et renforcer la ligne dure au sein du Hezbollah et de ses alliés.
L’Union européenne et la France tentent une médiation discrète
Face aux risques de déstabilisation institutionnelle, certaines chancelleries européennes ont intensifié leur rôle de facilitation. Al Joumhouriya du 7 août 2025 indique que l’ambassade de France à Beyrouth a organisé plusieurs réunions discrètes avec des représentants des différentes confessions pour éviter une escalade. Le journal précise que l’Élysée considère le Liban comme un pilier fragile de la stabilité levantine, et qu’un effondrement institutionnel serait désastreux pour la sécurité régionale.
La même source précise que Paris aurait proposé un cadre de dialogue national élargi sous l’égide du président Joseph Aoun, avec l’objectif de restaurer un consensus minimal sur les fonctions régaliennes. Cette initiative serait appuyée par l’Union européenne, qui aurait conditionné certaines aides financières au maintien de la stabilité sécuritaire.
Al Sharq Al Awsat, dans sa livraison du 7 août 2025, note que cette approche contraste avec la méthode plus directe des États-Unis. Selon un diplomate européen cité anonymement, « la politique du coup de force ne fonctionne pas au Liban. Seule une médiation respectueuse des équilibres confessionnels peut déboucher sur une solution durable ».
Le Liban dans les discours diplomatiques internationaux
Le Liban a également figuré dans les discours récents de plusieurs capitales internationales. Al Sharq Al Awsat rapporte que Moscou suit avec inquiétude les développements politiques libanais. Le Kremlin aurait exprimé sa préoccupation quant aux conséquences possibles sur les équilibres stratégiques de la région, notamment dans le cadre des tensions israélo-iraniennes. Cette prise de position s’est traduite par un appel à la « retenue politique » et à la « coordination interinstitutionnelle ».
Dans ce même journal, une dépêche en provenance de Washington évoque la volonté du président Donald Trump de renforcer son soutien à Israël face aux agissements du Hezbollah. Selon Al Sharq Al Awsat, ce soutien passe par une intensification des sanctions contre les individus soupçonnés de faciliter la logistique militaire du Hezbollah. Le journal rapporte également que le Conseil de sécurité nationale américain aurait évoqué le cas libanais lors de sa dernière session, en lien avec les pressions exercées sur les chancelleries arabes.
Enfin, Ad Diyar cite une source au sein de l’ONU affirmant que la mission UNIFIL dans le sud du Liban aurait reçu pour instruction de renforcer ses capacités d’observation, notamment en ce qui concerne les mouvements d’armement non étatique. Cette évolution témoigne de la répercussion directe des tensions diplomatiques sur le terrain opérationnel.
Politique internationale : intensification des conflits et reconfiguration des alliances régionales
Israël multiplie les manœuvres face à la menace du Hezbollah
Al Bina’, dans son édition du 7 août 2025, rapporte que les autorités israéliennes ont lancé de nouveaux exercices militaires à grande échelle dans le nord du pays, en lien direct avec les récents développements au Liban. Ces manœuvres sont décrites comme une simulation de confrontation avec le Hezbollah et intègrent des scénarios de guerre urbaine. Selon le journal, l’état-major israélien aurait ordonné une mobilisation partielle de réservistes, justifiée par « une montée du risque sécuritaire le long de la frontière nord ».
Le même quotidien souligne que les médias israéliens ont intensifié leur couverture critique à l’égard de la situation intérieure libanaise, accusant les institutions libanaises de « complaisance chronique à l’égard du Hezbollah ». Ce discours s’inscrit dans une stratégie de communication visant à légitimer toute opération préventive potentielle.
Parallèlement, Al Sharq Al Awsat fait état d’une coordination diplomatique entre Tel-Aviv et Washington. Des sources proches du ministère israélien des Affaires étrangères estiment que « l’administration Trump voit d’un bon œil une stratégie de pression accrue sur le Liban, tant sur le plan militaire que diplomatique ». Le journal indique également que le ministre israélien de la Défense a réaffirmé le droit d’Israël à neutraliser toute menace en provenance du territoire libanais.
La Chine renforce sa coopération militaire avec la Russie et les pays d’Asie centrale
La une d’Al Sharq du 7 août 2025 est consacrée aux grands exercices militaires conjoints menés par la Chine et la Russie dans le corridor centre-asiatique. Ces opérations, qui impliquent également des unités du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, visent à simuler une réponse rapide à des attaques asymétriques. Le journal indique que les autorités chinoises considèrent cette coopération comme une garantie de stabilité régionale face à l’influence militaire américaine croissante en Asie-Pacifique.
Le même article met en lumière l’usage massif de drones de combat chinois lors de ces manœuvres, notamment des drones autonomes équipés de systèmes de reconnaissance basés sur l’intelligence artificielle. Ces innovations sont décrites comme une démonstration de force à l’égard des puissances occidentales, et comme un signal technologique d’indépendance stratégique.
Al Bina’ fait également écho à ces développements, précisant que ces exercices se déroulent à quelques semaines d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, durant lequel la Chine entend proposer une charte de sécurité numérique régionale. Ce projet inclurait une coopération plus étroite dans la cybersécurité et la surveillance algorithmique des mouvements militaires.
Situation instable au Yémen et activisme du Conseil de transition du Sud
Dans une brève rapportée par Al Akhbar le 7 août 2025, il est mentionné que les forces du Conseil de transition du Sud ont lancé une nouvelle offensive dans la province de Lahij, ciblant des positions de l’armée gouvernementale yéménite. Ce regain de tensions complique encore davantage le processus de réconciliation, déjà au point mort depuis l’échec des négociations d’Oman.
Al Liwa’ signale que cette offensive survient après une série de livraisons d’armement non identifiées, évoquant la possibilité d’un soutien logistique extérieur. Le journal ne cite pas de sources précises, mais mentionne des « indices de coopération indirecte avec certains pays de la région ».
Selon Ad Diyar, les autorités de Sanaa ont appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, affirmant que la situation dans le sud menace la stabilité de l’ensemble de la péninsule. Le journal évoque également une tension croissante entre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, partenaires de la coalition mais divisés sur la gestion du dossier sud-yéménite.
L’Afrique subsaharienne face à la progression des mouvements islamistes armés
Al Sharq du 7 août 2025 consacre un article à la situation sécuritaire au Mali, où le groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) aurait pris le contrôle de plusieurs localités dans la région de Mopti. Ce développement marque un recul des forces armées maliennes, malgré l’appui logistique de la Russie via le groupe Wagner. Le journal souligne que les opérations militaires sont entravées par le manque de coordination entre les troupes locales et les mercenaires étrangers.
Al Akhbar signale également des troubles au Niger, où une tentative de putsch aurait été déjouée à Niamey. Le président en exercice aurait accusé des officiers « instrumentalisés par des intérêts extérieurs » sans les nommer. Ce contexte de déstabilisation persistante pousse plusieurs États de la région à solliciter une plus grande présence de l’Union africaine et une médiation du Nigeria.
Al Joumhouriya note que ces évolutions sont suivies de près par les chancelleries occidentales, qui craignent une reconstitution de sanctuaires djihadistes dans le Sahel. Le journal indique que la France, malgré son retrait militaire, continue de surveiller la zone via des satellites et des forces spéciales basées à Djibouti.
Le conflit ukrainien continue de polariser les relations Est-Ouest
Dans son édition du 7 août 2025, Al Sharq Al Awsat évoque les dernières évolutions du conflit en Ukraine. Le journal rapporte une intensification des bombardements russes dans la région de Kharkiv, en parallèle de frappes ukrainiennes ciblées dans la péninsule de Crimée. Selon des sources militaires russes citées par l’agence TASS, ces attaques auraient pour but de perturber les lignes logistiques de Moscou.
Le même journal souligne que les États-Unis ont annoncé une nouvelle enveloppe d’aide militaire à l’Ukraine, d’un montant de 2,5 milliards de dollars, incluant des systèmes de défense antiaérienne de dernière génération. Cette annonce a été accueillie avec hostilité par le Kremlin, qui y voit une « escalade occidentale dirigée contre la souveraineté russe ».
Al Bina’ revient également sur les déclarations du président Donald Trump, qui a réaffirmé son soutien « indéfectible à la résistance ukrainienne », tout en appelant à une « solution négociée sous supervision américaine ». Le journal indique que cette position est perçue comme une tentative d’exclusion des Européens du processus de négociation.
Économie : incertitudes monétaires et blocages des réformes financières
Instabilité du taux de change et nouvelle intervention de la Banque du Liban
Selon An-Nahar dans son édition du 7 août 2025, la Banque du Liban, dirigée par le gouverneur Karim Souaid, est intervenue sur le marché des changes pour la première fois depuis six semaines. L’institution a injecté près de 20 millions de dollars afin de stabiliser le taux de change de la livre libanaise, qui avait brièvement franchi la barre des 95 000 livres pour un dollar. Cette intervention vise à contenir les tensions sur le marché parallèle, alimentées par la volatilité politique.
Le journal rapporte également que cette injection s’est accompagnée d’un message du gouverneur Souaid, avertissant que « toute spéculation excessive sera combattue par les instruments monétaires disponibles ». Cette déclaration est interprétée comme une tentative de dissuasion face aux agents du marché noir, accusés d’amplifier artificiellement la dépréciation de la monnaie.
Al Joumhouriya souligne que cette instabilité persistante compromet les tentatives du gouvernement de restaurer la confiance dans la monnaie nationale. L’absence de réforme bancaire structurelle et le gel des négociations avec le Fonds monétaire international sont pointés comme des freins majeurs. Le quotidien rappelle que les discussions avec le FMI sont suspendues depuis avril 2025, faute d’accord sur la restructuration du secteur financier.
Blocages persistants autour du budget 2025-2026
Le projet de budget pour l’exercice 2025-2026 reste dans l’impasse, selon Al Bina’. Le journal révèle que le ministre des Finances n’a toujours pas soumis de version finalisée du texte au Parlement, invoquant des divergences profondes entre les prévisions de recettes et les dépenses projetées. Le déficit public dépasserait, selon les estimations internes, 8,5 % du PIB, un niveau jugé insoutenable par les bailleurs internationaux.
Al Akhbar confirme cette paralysie budgétaire et évoque la pression croissante exercée par les agences de notation. Selon une source citée anonymement, l’agence Fitch envisagerait une nouvelle dégradation de la note souveraine du Liban en raison de l’absence de cadre budgétaire clair. La situation actuelle, où l’État fonctionne sans loi de finances formellement votée, est décrite comme une anomalie structurelle majeure.
Le même journal rappelle que l’absence de budget empêche la mise en œuvre de plusieurs mesures sociales annoncées en mars dernier, notamment les subventions ciblées sur les produits de première nécessité. Cette situation aggrave la précarité de nombreuses familles, dont les revenus ont été laminés par l’inflation cumulée de 400 % depuis 2020.
Faible performance du secteur bancaire et défiance du public
Ad Diyar publie dans son édition du 7 août 2025 une enquête sur la performance des principales banques libanaises. Le rapport annuel de la Banque Audi indique une baisse de 18 % de son produit net bancaire, en raison notamment de la faible activité de crédit et du gel des avoirs auprès de la Banque du Liban. La plupart des établissements du secteur continuent de fonctionner en mode restreint, avec des retraits limités et des services réduits.
Le même journal mentionne que plusieurs banques envisagent de fusionner ou de se retirer du marché libanais. La banque BLOM aurait entamé des discussions avec un fonds qatari en vue d’un désengagement progressif de certaines de ses agences locales. Ce mouvement reflète une perte de confiance structurelle dans le système bancaire libanais, selon un analyste financier cité dans Ad Diyar.
Al Liwa’ ajoute que les tentatives de numérisation des services bancaires n’ont pas permis de restaurer la confiance. Le taux d’épargne est au plus bas, tandis que la dollarisation de l’économie atteint un seuil record de 92 %, selon les dernières données publiées par la Banque du Liban.
Commerce extérieur sous pression et ralentissement des importations
Al Sharq relève un recul significatif des importations libanaises au mois de juin 2025, en baisse de 23 % par rapport à la même période l’année précédente. Cette diminution s’explique principalement par la contraction de la demande intérieure, mais aussi par les restrictions bancaires sur les paiements à l’étranger. Les secteurs les plus touchés sont l’automobile, les équipements électroniques et les produits pharmaceutiques.
Le journal souligne également une baisse des exportations, malgré une légère hausse de la demande en produits agricoles libanais dans les pays du Golfe. Le manque d’accords commerciaux bilatéraux récents freine le développement du commerce extérieur. La fermeture administrative temporaire du port de Beyrouth pour rénovation a également perturbé la logistique, selon Al Sharq Al Awsat.
Al Bina’ mentionne que le ministère de l’Économie a lancé un plan de relance du commerce bilatéral avec la Jordanie, comprenant une baisse temporaire des droits de douane sur certains produits agricoles. Ce plan, salué par la Fédération des chambres de commerce libanaises, reste toutefois suspendu à la stabilité monétaire.
Marché du travail en crise et stagnation des salaires
An-Nahar rapporte que le taux de chômage atteint 34 % selon les dernières données du ministère du Travail. Ce chiffre masque une réalité plus grave : près de 60 % des emplois sont désormais informels, sans contrat ni protection sociale. La précarité des jeunes diplômés reste particulièrement marquée, avec un taux de chômage de 58 % dans cette tranche d’âge.
Le journal ajoute que les salaires restent largement inférieurs au seuil de pauvreté. Un enseignant du secteur public gagne en moyenne l’équivalent de 120 dollars par mois, un montant insuffisant pour couvrir les dépenses alimentaires de base. Cette situation a conduit à la reprise des grèves dans plusieurs secteurs publics, notamment l’éducation et les douanes.
Al Joumhouriya indique que les négociations salariales entre le gouvernement et les syndicats sont au point mort. Les syndicats exigent une indexation automatique des salaires sur le taux de change, une mesure jugée irréaliste par le ministère des Finances en l’absence de recettes fiscales supplémentaires. Le journal précise que la reprise économique annoncée en début d’année ne s’est pas matérialisée, la croissance étant inférieure à 0,5 % au premier semestre.
Justice : pressions politiques, lenteurs judiciaires et dossiers sensibles
Reprise controversée du dossier de l’explosion du port de Beyrouth
Dans son édition du 7 août 2025, An-Nahar rapporte que le juge Tarek Bitar, chargé de l’instruction de l’affaire de l’explosion du port de Beyrouth, a relancé plusieurs procédures suspendues depuis près de six mois. Cette relance inclut l’émission de nouvelles convocations, dont certaines concernent des anciens ministres soupçonnés de négligence administrative. Le journal précise que ces démarches ont immédiatement suscité l’hostilité de certains partis politiques, notamment le mouvement Amal et le Hezbollah, qui dénoncent une « instrumentalisation judiciaire ».
Al Bina’ indique que la Cour de cassation a été saisie par plusieurs avocats afin de contester les décisions du juge Bitar, accusé de violer les procédures de nomination en reprenant l’instruction alors que son mandat reste contesté. Le journal mentionne que cette situation judiciaire ambiguë reflète l’incapacité du pouvoir judiciaire à garantir une continuité institutionnelle claire.
Selon Al Joumhouriya, cette relance judiciaire intervient à quelques jours du troisième anniversaire de l’explosion, et dans un contexte de pression des familles des victimes. Ces dernières ont manifesté devant le Palais de justice pour réclamer la levée de l’immunité parlementaire des députés impliqués, dénonçant l’impunité persistante. Le journal cite un membre de l’association des familles affirmant que « l’appareil judiciaire est paralysé par les intérêts politiques ».
Affaire de corruption au ministère des Travaux publics
Dans un article publié par Al Akhbar le 7 août 2025, un nouveau dossier de corruption touche le ministère des Travaux publics. Des documents judiciaires évoquent des malversations dans l’attribution de contrats de réfection routière dans les gouvernorats du Mont-Liban et du Liban-Nord. Le parquet financier aurait ouvert une enquête à la suite d’un rapport de la Cour des comptes, révélant des écarts budgétaires significatifs entre les montants déclarés et les coûts réels des travaux.
Al Liwa’ rapporte que plusieurs fonctionnaires du ministère ont été auditionnés, tandis qu’un ancien directeur général, en poste jusqu’en 2023, aurait quitté le pays peu après la publication du rapport. Ce départ, jugé suspect, a déclenché une demande d’interpellation auprès d’Interpol, selon des sources judiciaires citées par le journal.
Le même article évoque une enquête parallèle ouverte par la Commission nationale de lutte contre la corruption, qui accuse certains intermédiaires d’avoir surfacturé les travaux avec la complicité d’entrepreneurs proches de figures politiques locales. Les sommes évoquées atteindraient plusieurs millions de dollars. L’enquête est toujours en cours, mais les premières fuites médiatiques nourrissent une nouvelle crise de confiance dans la probité administrative.
Lenteurs judiciaires dans les dossiers de crimes violents
Ad Diyar attire l’attention sur les retards importants dans le traitement des affaires de crimes violents, notamment les homicides survenus à Beyrouth et Tripoli depuis le début de l’année 2025. Selon une source judiciaire citée dans le journal, plus de 45 dossiers de meurtres sont en attente de jugement, certains depuis plus d’un an. Les familles des victimes dénoncent un système judiciaire saturé, sans moyens et parfois corrompu.
Le journal rapporte également que la prison de Roumieh connaît une situation de surpopulation critique, avec plus de 8 000 détenus pour une capacité maximale de 3 500. Cette saturation affecte la gestion des procédures, avec des audiences reportées à plusieurs reprises. Un avocat cité par Ad Diyar affirme que « certains dossiers n’ont même pas encore été attribués à un juge d’instruction malgré les preuves disponibles ».
Al Sharq revient sur l’affaire du meurtre d’un jeune activiste politique à Baabda, survenu en mars 2025. Le principal suspect a été arrêté, mais son procès n’a toujours pas commencé. La famille affirme que le retard est volontaire, orchestré par des figures politiques locales influentes. Le journal souligne que cette situation renforce le sentiment d’impunité dans les affaires impliquant des personnalités politiques ou leurs proches.
Blocages autour de la réforme du système judiciaire
Dans son édition du 7 août 2025, Al Sharq Al Awsat aborde les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de la réforme du système judiciaire libanais. Un projet de loi visant à renforcer l’indépendance des juges est en attente de lecture au Parlement depuis mai 2024. Le texte prévoit notamment la création d’un Conseil supérieur de la magistrature indépendant, dont les membres seraient élus par leurs pairs.
Al Akhbar rapporte que plusieurs partis politiques, dont le Courant patriotique libre et le mouvement Amal, s’opposent à cette réforme, la jugeant contraire à l’équilibre communautaire. Ils estiment que l’élection des juges sans contrôle politique pourrait déséquilibrer la représentation confessionnelle au sein du pouvoir judiciaire. Le journal souligne que cette opposition repose davantage sur des calculs politiques que sur des arguments juridiques.
Al Bina’ indique que le Premier ministre Nawaf Salam aurait tenté de relancer les discussions en proposant une commission parlementaire mixte. Cette initiative a été refusée par plusieurs députés, dont certains issus du Hezbollah, qui dénoncent une volonté du gouvernement de « contrôler l’appareil judiciaire par des moyens indirects ».
Contestation croissante des décisions judiciaires militaires
Al Joumhouriya mentionne une vague de critiques contre les tribunaux militaires, accusés de juger des civils dans des affaires sans rapport avec la sécurité nationale. Plusieurs ONG, dont Legal Agenda, ont dénoncé ces pratiques dans un rapport publié début août. Le journal rappelle que le recours aux juridictions militaires reste fréquent dans les dossiers liés à la liberté d’expression, aux manifestations ou aux accusations de diffamation contre des institutions étatiques.
An-Nahar revient sur un cas emblématique : celui d’un journaliste accusé de diffusion d’informations sensibles après avoir publié une enquête sur les achats d’armes de l’armée. Ce journaliste a été convoqué par le tribunal militaire de Beyrouth. L’affaire a provoqué une vague de solidarité dans les milieux médiatiques, et plusieurs médias ont publié un éditorial commun dénonçant la judiciarisation de la presse.
Le quotidien rapporte que le ministre de la Justice aurait promis de réviser les compétences des juridictions militaires, mais qu’aucun texte en ce sens n’a encore été soumis. Les ONG estiment que le maintien de cette juridiction pour les civils constitue une violation des principes fondamentaux du droit à un procès équitable.
Société : fragmentation sociale, précarité croissante et mobilisations citoyennes
Hausse des violences domestiques et détérioration du tissu familial
Dans son édition du 7 août 2025, An-Nahar rapporte une augmentation significative des cas de violence domestique depuis le début de l’année, selon les données recueillies par l’ONG KAFA. Le journal précise que plus de 860 signalements ont été enregistrés entre janvier et juillet 2025, soit une hausse de 18 % par rapport à la même période en 2024. Cette croissance est attribuée à une combinaison de facteurs, notamment la crise économique, la promiscuité domestique et l’absence de soutien psychologique.
Al Joumhouriya ajoute que le nombre de refuges pour femmes reste insuffisant, avec seulement six centres opérationnels dans tout le pays, dont trois à Beyrouth. Plusieurs victimes ont témoigné de la difficulté d’obtenir une mesure d’éloignement judiciaire rapide. Le journal cite le cas d’une femme battue par son mari et contrainte de quitter son domicile avec ses enfants sans solution de relogement immédiat.
Selon Al Bina’, les services sociaux peinent à répondre à la demande. Le personnel est en sous-effectif, et les subventions publiques aux associations spécialisées n’ont pas été versées depuis le mois d’avril. Le journal rapporte également que des tribunaux de première instance ont suspendu l’examen de plusieurs dossiers de violences familiales pour des raisons de surcharge administrative, ce qui retarde encore davantage la protection des victimes.
Crise du logement et développement de l’habitat informel
Dans un dossier publié le 7 août 2025, Al Akhbar analyse la recrudescence des constructions illégales dans la banlieue sud de Beyrouth, à Choueifat, Burj el-Barajneh et Hay el-Sellom. Le journal révèle que des dizaines de bâtiments ont été érigés sans permis, souvent sur des terrains confisqués ou dans des zones classées non constructibles. Ces constructions sont motivées par l’impossibilité pour une majorité de familles de louer un logement sur le marché formel.
Le quotidien indique que le prix moyen d’un loyer à Beyrouth a doublé en deux ans, dépassant désormais les 300 dollars mensuels pour un deux-pièces. Ce montant est inabordable pour une grande partie de la population, dont les revenus restent déconnectés du marché. Al Akhbar précise que la majorité des familles installées dans ces constructions illégales sont des déplacés internes ou des réfugiés syriens.
Ad Diyar aborde les conséquences de ce phénomène sur la santé publique. Le journal rapporte une augmentation des cas de maladies respiratoires et de gastro-entérites dans les quartiers informels, notamment en raison de l’absence de réseaux d’égouts et de la contamination des nappes phréatiques. Les écoles situées à proximité de ces zones manquent également d’infrastructures adaptées pour accueillir les enfants issus de ces familles, aggravant la déscolarisation.
Déclin de l’enseignement public et hémorragie scolaire
Al Sharq consacre un article à la situation critique de l’enseignement public, décrite comme « au bord de l’effondrement ». Le journal cite un rapport du ministère de l’Éducation qui recense 1 400 enseignants en arrêt de travail pour cause de salaires non versés ou jugés insuffisants. Cette désaffection du personnel enseignant provoque une baisse de la fréquentation scolaire : près de 11 % des élèves auraient abandonné l’école depuis la rentrée de janvier 2025.
Al Liwa’ précise que la plupart des établissements publics fonctionnent avec des horaires réduits, certains n’ouvrant que trois jours par semaine. Le manque de manuels scolaires, la pénurie de carburant pour le transport des élèves et l’absence de cantines aggravent l’exclusion scolaire. Le journal cite le témoignage d’un directeur d’école à Saïda qui affirme ne plus pouvoir accueillir tous les enfants du quartier en raison du manque de chaises et de tableaux.
Selon Al Sharq Al Awsat, plusieurs ONG internationales alertent sur le risque d’une « génération perdue » au Liban. L’UNICEF aurait suspendu certains de ses programmes d’appui aux écoles faute d’un cadre légal clair pour gérer les fonds. Le journal indique également que certains établissements privés ont enregistré une hausse de la demande d’inscription, bien que leurs frais soient inaccessibles pour la majorité.
Dégradation des services de santé et paralysie des hôpitaux publics
Dans un rapport publié par Al Bina’, les hôpitaux publics du Liban souffrent d’un manque dramatique de ressources. Le journal indique que les hôpitaux de Tripoli, Tyr et Zahlé fonctionnent à moins de 50 % de leur capacité. La pénurie de médicaments de base, de matériel chirurgical et d’anesthésiants ralentit la prise en charge des patients, y compris dans les cas d’urgence.
An-Nahar rapporte que le personnel médical multiplie les grèves ponctuelles. Les médecins et infirmiers réclament la révision de leurs salaires, toujours versés sur la base de taux de change antérieurs à la crise. Le journal cite un responsable hospitalier affirmant que « la fuite des compétences médicales à l’étranger atteint un niveau alarmant ». Près de 1 200 médecins auraient quitté le Liban depuis janvier 2023, selon les chiffres de l’ordre des médecins.
Al Joumhouriya mentionne que certains services vitaux, comme la réanimation ou l’oncologie pédiatrique, sont menacés de fermeture dans les hôpitaux publics. Cette situation pousse un nombre croissant de patients vers les hôpitaux privés, dont les tarifs sont devenus inabordables pour les classes moyennes. Le journal indique également que les compagnies d’assurance ont révisé leurs barèmes, excluant certains soins des contrats de base.
Mobilisation citoyenne face à la dégradation des conditions de vie
Dans son édition du 7 août 2025, Al Sharq met en lumière une nouvelle vague de mobilisations sociales à Beyrouth, Tripoli et Zahlé. Plusieurs collectifs citoyens ont organisé des sit-in devant les ministères de la Santé, de l’Éducation et des Affaires sociales pour dénoncer « l’effondrement des services publics et le mépris de l’État ». Les slogans portaient sur l’accès à l’éducation, à la santé et au logement, avec une participation marquée des femmes et des jeunes.
Al Akhbar souligne la dimension interconfessionnelle de ces mobilisations, avec une forte implication des quartiers traditionnellement opposés sur le plan politique. Le journal cite un organisateur affirmant que « la misère a aboli les clivages partisans, et c’est cette unité populaire qui dérange les élites ». La contestation reste pacifique, mais le ton des revendications s’est durci, ciblant directement les figures de l’establishment.
Al Liwa’ évoque également le rôle croissant des organisations étudiantes et des syndicats indépendants dans l’organisation de ces actions. Plusieurs d’entre eux ont annoncé une grande marche nationale prévue pour le 15 août, qui partirait de plusieurs villes pour converger vers Beyrouth. L’objectif affiché est de forcer le gouvernement à adopter un plan d’urgence sociale, incluant l’augmentation des salaires, la régularisation des logements illégaux et le financement des hôpitaux publics.
Culture : initiatives artistiques locales, mémoire collective et programmation estivale
Commémoration culturelle de l’explosion du port de Beyrouth
Dans son édition du 7 août 2025, An-Nahar consacre un large reportage aux événements culturels organisés à l’occasion du troisième anniversaire de l’explosion du 4 août 2020. Plusieurs expositions et performances ont eu lieu à Beyrouth, notamment dans les quartiers de Mar Mikhaël et Gemmayzé, épicentres de la dévastation. Le journal mentionne l’exposition intitulée « Beyrouth Mémoire Brisée », présentée à la galerie Artlab, qui rassemble des œuvres de 17 artistes libanais autour du thème de la mémoire collective.
Selon le journal, ces artistes utilisent des matériaux récupérés sur les lieux de l’explosion – verre brisé, morceaux de bois, métal fondu – pour créer des installations symbolisant la destruction, la résilience et l’identité urbaine. L’une des œuvres phares, une structure en spirale de verre fracturé intitulée « Silence des sirènes », évoque le chaos sonore du jour de la catastrophe. L’événement a attiré plusieurs centaines de visiteurs, dont des familles des victimes, des diplomates et des critiques d’art.
Al Bina’ rapporte de son côté un concert-hommage donné sur les ruines du Sursock Palace, avec la participation de l’Orchestre philharmonique libanais. Le répertoire, intégralement composé de pièces de compositeurs libanais contemporains, rendait hommage aux victimes tout en rappelant la capacité de la culture à sublimer la douleur. Le journal souligne que l’événement, retransmis en direct par plusieurs chaînes locales, a été soutenu par le ministère de la Culture et plusieurs ambassades européennes.
Théâtre et critique sociale : retour remarqué de la troupe Al Masrah
Dans une page culture du 7 août 2025, Al Joumhouriya annonce la reprise des activités de la troupe théâtrale indépendante Al Masrah, avec une nouvelle pièce intitulée « Bayt Lil Ijar » (Maison à louer), jouée au théâtre Monnot à Achrafieh. Cette création originale, écrite et mise en scène par Fadi Abi Samra, met en scène une famille libanaise en quête de logement dans un Beyrouth ravagé par la spéculation foncière. La pièce combine comédie et tragédie pour dénoncer les politiques urbaines et la gentrification.
Al Akhbar salue cette création comme « un retour du théâtre engagé dans un contexte social délabré ». Le journal souligne que les dialogues sont ponctués de références directes à l’actualité : inflation, migration des jeunes, crise du secteur éducatif. L’actrice principale, Rania Chamas, y incarne une mère célibataire tentant d’élever deux enfants dans un immeuble promis à la démolition.
Le journal précise que la pièce sera jouée jusqu’à la fin du mois d’août, avec des représentations spéciales pour les écoles et universités, afin de susciter le débat chez les jeunes. Un partenariat avec le Théâtre de l’Opprimé permet également d’organiser des ateliers participatifs à la fin de chaque représentation.
Littérature et publications libanaises : nouvelles voix et récits de rupture
Al Sharq Al Awsat, dans sa rubrique culturelle du 7 août 2025, revient sur la parution du dernier roman de l’écrivaine libanaise Sahar Rahbani, intitulé « Al Madi La Ya’ud » (Le passé ne revient pas). Le roman, édité chez Hachette Antoine, dresse le portrait d’une femme revenue vivre à Zahlé après 15 ans passés en France. À travers son personnage, l’auteure interroge les transformations de la société libanaise post-crise : solitude, perte de repères, exil intérieur.
Le journal souligne que l’ouvrage a rencontré un accueil critique favorable et qu’il figure parmi les meilleures ventes dans les librairies Antoine et Stephan. Al Liwa’ mentionne que Sahar Rahbani participera à une série de rencontres littéraires à Tyr, Nabatiyé et Jbeil tout au long du mois d’août, dans le cadre de la tournée « Kitab min al Janub »organisée par le ministère de la Culture.
Ad Diyar met également à l’honneur un recueil de poésie récemment publié par le poète druze Nizar El-Amin, intitulé « Raqs Taht al Kharab » (Danse sous les ruines). Le recueil, composé de 28 poèmes en prose, évoque la vie quotidienne au Liban à travers des images violentes, lyriques et parfois absurdes. L’auteur y fustige l’inaction des élites politiques et célèbre les actes de résistance silencieuse du peuple. Une lecture publique a eu lieu à la Maison de la Poésie à Hamra, rassemblant un public intergénérationnel.
Agenda culturel : festivals et expositions estivales
Al Sharq, dans son supplément culturel, dresse la liste des principaux événements artistiques à venir pour la seconde moitié du mois d’août. Parmi eux, le festival « Byblos en Musique » qui reprend cette année après une interruption de trois ans. Le programme annoncé inclut des concerts de Marcel Khalifé, de la chanteuse libano-arménienne Talar et d’un collectif électronique égyptien invité. Le festival se tiendra du 15 au 20 août sur l’esplanade du port de Jbeil, en accès libre.
Al Bina’ annonce l’ouverture à Baalbek d’une exposition d’art contemporain intitulée « Lignes de faille », organisée par l’ONG Ashkal Alwan. L’événement regroupe des œuvres d’artistes libanais, syriens et irakiens autour du thème de la dislocation. Les installations sonores et vidéos s’inspirent des tremblements de terre symboliques qui secouent la région : guerre, effondrement économique, mémoire fragmentée. L’exposition se tiendra dans les galeries rénovées de l’ancien cinéma Rex.
An-Nahar mentionne également un projet itinérant lancé par la photographe Christine Fakhoury, intitulé « Wajhoun li kull Zawiya » (Un visage pour chaque angle), qui documente les regards de femmes rencontrées dans les rues de Saïda, Tripoli, Hermel et Naqoura. Chaque portrait est accompagné d’un court texte rédigé par la personne photographiée. L’exposition est montée dans un camion transformé en galerie mobile, stationné chaque soir dans une ville différente du pays.
Patrimoine et initiatives locales de sauvegarde culturelle
Dans un article publié par Al Liwa’, le directeur de la Direction générale des antiquités annonce le lancement d’un programme de restauration d’urgence de plusieurs sites historiques endommagés par l’humidité et l’abandon. Le programme, financé en partie par l’UNESCO et une contribution privée saoudienne, concernera le Khan el-Franj à Saïda, l’église Saint-Jean de Byblos, et des ruines romaines à Baalbek.
Al Akhbar rapporte que des étudiants en architecture de l’Université libanaise participent bénévolement à ces projets via un programme de stage. Le journal salue cette initiative comme une forme d’éducation patrimoniale active. Il note que plusieurs municipalités, comme Tyr et Deir el-Qamar, cherchent à développer des circuits de tourisme culturel pour les visiteurs libanais et étrangers.
Al Joumhouriya consacre un article au projet de numérisation des archives cinématographiques de la Fondation Abbout, qui détient plusieurs centaines de bobines tournées entre 1950 et 1990. Ce projet vise à préserver des œuvres emblématiques du cinéma libanais classique, comme « Safar Barlek », « Bint El Hariss » ou encore « Ghazal El Banat ». Les premiers films restaurés devraient être présentés lors d’une rétrospective à la Cinémathèque de Beyrouth en septembre prochain.



