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Revue de presse du 11/07/25: tensions géopolitiques accrues, incertitudes politiques et surchauffe sécuritaire au Liban

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Blocage diplomatique et incertitude militaire

La presse libanaise du 11 juillet 2025 met en évidence une accumulation inédite de tensions au sein du territoire et à ses frontières. Nahar Int’l signale un statu quo instable dans le Sud du pays, qualifié de « couvre-feu latent », suspendu aux conclusions d’une médiation américaine conduite par Tom Barak. Selon le quotidien, ce dernier n’a réussi ni à apaiser les tensions entre le Liban et Israël ni à définir un cadre de cessez-le-feu viable. La situation demeure explosive, aggravée par les agressions récurrentes contre les patrouilles de la FINUL et les menaces d’Israël de frapper les positions du Hezbollah. Ce jeu de pressions croissantes semble destiné à maintenir une pression maximale sans déclencher une guerre frontale. À cela s’ajoutent les déclarations de responsables israéliens, rapportées par Al Quds, affirmant que « la situation au Liban a changé fondamentalement ». Cette affirmation s’accompagne d’un discours sécuritaire qui justifie de futures frappes ciblées contre le Hezbollah, perçu comme un facteur d’instabilité régionale. La perspective d’un conflit ouvert reste donc présente, même si non immédiate.

Hezbollah sous pression régionale et nationale

Dans Al Joumhouriyat, le Hezbollah est présenté comme se trouvant à un tournant stratégique. Le journal évoque des « scénarios sans précédent », impliquant des choix cruciaux pour son avenir. Le contenu reste volontairement flou, mais l’ombre de négociations internationales contraignantes plane sur les dirigeants du parti. Ce flou alimente les spéculations sur une restructuration interne, voire sur des concessions sous pression. Par ailleurs, Al Akhbar rapporte que l’ambassadrice américaine Lisa Johnson aurait insisté pour que Tom Barak prolonge son séjour au Liban afin de rencontrer des figures politiques proches de Washington, notamment Samir Geagea. Cette démarche vise, selon le journal, à raffermir le front politique pro-occidental dans le but de peser indirectement sur les décisions du Hezbollah. Cette séquence politique démontre une tentative américaine de contourner les institutions pour influencer le rapport de force interne libanais.

Souveraineté énergétique : Joseph Aoun relance le dossier pétrolier

Dans Al Quds, un autre enjeu émerge : la relance du dossier pétrolier libanais par le président Joseph Aoun. Le quotidien révèle que des discussions ont été réactivées avec les entreprises en charge de l’exploration maritime, en particulier Total. Suspendues depuis plus d’un an, ces opérations sont perçues comme un levier stratégique pour renforcer la souveraineté économique du pays. Le président cherche ainsi à repositionner le Liban dans le jeu énergétique régional, à un moment où l’économie libanaise traverse une crise prolongée. Selon Al Quds, cette démarche vise également à contrebalancer l’influence des partenaires internationaux en apportant une ressource propre au budget libanais. Le secteur énergétique devient donc un outil de diplomatie économique autant qu’un enjeu de développement.

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Multitude de menaces et effondrement institutionnel latent

Ad Diyar dresse un panorama alarmant des menaces qui pèsent sur le Liban. Le journal évoque une convergence de facteurs déstabilisants : menace israélienne, instabilité syrienne, tensions internes aux camps palestiniens. Le risque de débordement sécuritaire s’accroît à mesure que l’État peine à établir un contrôle territorial efficace. Cette vulnérabilité est renforcée par un vide politique et administratif que les acteurs non-étatiques cherchent à exploiter. Dans le même temps, Al Akhbar révèle que le FMI encourage une redéfinition du rôle de l’État libanais, par le biais d’une série de réformes structurelles conditionnant les aides financières. Cette pression externe contribue à affaiblir la capacité de décision des autorités, déjà divisées sur les priorités nationales. La perte d’autonomie du pays se manifeste également par la montée en puissance d’interlocuteurs étrangers dans le traitement des dossiers sensibles.

Fractures politiques internes et recomposition des alliances

Al Akhbar met en lumière les fractures au sein de la scène politique libanaise. Le député Walid al-Baarini aurait entamé des négociations avec les Forces Libanaises en vue d’une alliance électorale, une démarche jugée opportuniste par ses détracteurs. Ce type de réalignement illustre la volatilité des alliances politiques dans un système où la logique des intérêts à court terme prévaut sur la construction de projets collectifs. Cette recomposition permanente empêche toute stabilité politique, affaiblit le consensus parlementaire et réduit la capacité de l’exécutif à mener des politiques de réforme ou de sécurité. Selon le même quotidien, le manque d’initiative du gouvernement de Nawaf Salam et les tensions entre ministres amplifient cette désorganisation politique. La perception d’une classe politique impuissante nourrit la défiance de la population à l’égard des institutions.

Calculs militaires régionaux et risques de débordement

Enfin, la Une de Al Bina’ et les analyses de Al Liwa’ pointent vers un autre danger : celui d’un débordement militaire régional. Le président américain Donald Trump, selon Al Bina’, serait favorable à un accord sécuritaire avec Israël reposant sur une logique de rapport de force. Cela laisse entrevoir la possibilité d’une escalade militaire où Israël chercherait à redéfinir ses lignes de sécurité par des frappes ciblées en Syrie, à Gaza et potentiellement au Liban. Cette stratégie régionale, si elle est confirmée, placerait le Liban au cœur d’une dynamique d’affrontement interétatique, où sa souveraineté serait directement menacée. Al Liwa’, de son côté, évoque les tensions entre Tsahal et des groupes armés palestiniens, mais souligne aussi le risque d’instrumentalisation du territoire libanais pour des fins stratégiques extérieures.

Politique locale : réalignements électoraux, enjeux institutionnels et tensions interpartisanes

Le jeu trouble des alliances dans le Nord

Al Akhbar du 11 juillet 2025 met en lumière une tentative de recomposition politique dans la région d’Akkar. Le député Walid al-Baarini cherche à intégrer les listes électorales des Forces Libanaises pour les prochaines législatives. Cette démarche serait motivée par la quête de soutien financier et logistique, notamment celui dont ont bénéficié les anciens députés Khaled Daher et Talal al-Merhebi. Toutefois, les sources internes à la formation de Samir Geagea ont affirmé qu’aucune alliance n’est envisageable avec Baarini. Ce dernier est accusé de s’être successivement rapproché du courant Marada, du régime syrien, puis de Saad Hariri avant de les délaisser chacun à son tour, ce qui nourrit une profonde méfiance. Cette volatilité illustre le caractère instable des alliances dans le paysage politique libanais, où les stratégies électorales reposent souvent sur des calculs circonstanciels plutôt que sur des visions communes.

La stratégie diplomatique de Joseph Aoun et l’appel à un sommet euro-arabe

Dans Al Joumhouriyat et Nahar Int’l, le président Joseph Aoun appelle l’Union européenne à lever les sanctions imposées au Liban et propose l’organisation d’un sommet euro-arabe dédié à la reconstruction et à la relance économique du pays. Il insiste sur la nécessité de soutenir le processus de restauration de la souveraineté libanaise, tant au niveau sécuritaire que militaire. Il affirme que « toute absence du Liban sur certaines zones sensibles pourrait provoquer une détérioration sécuritaire majeure affectant la stabilité régionale » (Al Joumhouriyat, 11 juillet 2025). Cette déclaration intervient dans un contexte de blocages institutionnels et de dépendance croissante à l’égard des aides internationales. L’initiative présidentielle semble ainsi vouloir repositionner le Liban comme un acteur diplomatique en quête de stabilisation plutôt que comme un simple récepteur d’aides conditionnées.

État des lieux législatif : réformes économiques et structuration du secteur bancaire

Le même jour, plusieurs journaux évoquent les réformes économiques en cours au Parlement. Al Sharq et Ad Diyarrapportent que la loi sur la restructuration des banques a atteint une phase avancée, en parallèle à l’élaboration finale du texte sur la « gap financière ». Joseph Aoun, lors de son entretien avec les partenaires européens, exprime l’espoir que le Parlement adopte ces réformes d’ici la fin du mois. Ces textes s’inscrivent dans une logique d’adaptation aux exigences du FMI, qui conditionne son soutien financier à des mesures de discipline budgétaire et de transparence bancaire. Le débat sur ces lois révèle une double tension : d’une part, entre modernisation économique et intérêts clientélistes ; d’autre part, entre nécessité d’agir rapidement et lenteur du processus parlementaire. Cette configuration empêche une lecture optimiste de la dynamique réformiste engagée par l’exécutif.

Les positions religieuses et le rôle croissant du clergé maronite

Une évolution notable réside dans la montée en influence des autorités religieuses dans les débats nationaux. Ad Diyarsignale la visite de Melhem Riachi, député des Forces Libanaises, au patriarche maronite Bechara al-Rahi. Envoyé personnel de Samir Geagea, Riachi aurait défendu la position du parti en faveur d’un Liban neutre, estimant que « la guerre récente entre Israël et l’Iran a montré les bienfaits du positionnement neutre ». Il aurait également affirmé qu’aucune reconstruction ne peut être envisagée sans le monopole de l’État sur l’usage des armes. Ces propos reflètent une vision centralisatrice du pouvoir étatique, en opposition avec le modèle sécuritaire de type communautaire incarné notamment par le Hezbollah. La scène libanaise se structure ainsi autour de lignes de clivage idéologique profondes, dans lesquelles les institutions religieuses prennent part en tant que médiatrices ou juges de la légitimité politique.

Activité parlementaire : sessions spéciales et dossiers urgents

Dans Al Bina’, le président de la Chambre Nabih Berri convoque les membres du bureau du Parlement et de la commission de la Justice à une session commune afin d’examiner plusieurs projets de loi. Cette réunion, prévue à Ain el-Tineh, montre une volonté de dynamiser le travail législatif après une longue période d’inactivité. Toutefois, la capacité du Parlement à produire des lois effectives reste remise en question. Lenteurs procédurales, fragmentation politique et conflits d’intérêts sont les principaux obstacles. Par ailleurs, des questions urgentes comme les nominations dans les secteurs judiciaire et bancaire figurent aussi à l’ordre du jour. Elles cristallisent des affrontements entre blocs politiques qui tentent chacun de s’assurer un contrôle sur les organes clés de l’État. Ces querelles affaiblissent la crédibilité du processus décisionnel et alimentent le sentiment d’impuissance institutionnelle chez les citoyens.

Reconfiguration des relations avec la Syrie post-Assad

Enfin, Ad Diyar développe un dossier important sur la redéfinition des relations libano-syriennes, à la suite du changement de régime à Damas. Selon le journal, Beyrouth serait invité à négocier trois priorités avec le gouvernement intérimaire syrien d’Ahmad al-Sharaa : d’abord la régularisation du contrôle des frontières, ensuite le retour progressif des réfugiés syriens, et enfin la gestion des avoirs bancaires syriens au Liban, estimés à environ 10 milliards de dollars. Ce tournant diplomatique imposé par les États-Unis dans le cadre de la feuille de route de Tom Barak vise à intégrer le Liban à un plan de reconstruction régional post-conflit. Cette dynamique soulève cependant de nombreuses oppositions internes, notamment de la part des forces politiques proches du Hezbollah qui y voient une tentative d’internationalisation de la souveraineté libanaise et un affaiblissement de leurs liens historiques avec Damas. Le débat reste vif au sein du gouvernement, partagé entre intérêts stratégiques divergents et logiques clientélistes.

Citation et discours des personnalités politiques : entre injonctions internationales, fractures internes et positions doctrinales

Joseph Aoun : levée des sanctions, sommet euro-arabe et priorité aux réformes

Dans Al Joumhouriyat du 11 juillet 2025, le président Joseph Aoun appelle l’Union européenne à lever les sanctions imposées au Liban, affirmant que leur maintien risque de provoquer « une détérioration sécuritaire majeure » non seulement pour le Liban, mais aussi pour l’ensemble de la région. Il ajoute que « personne dans la communauté internationale ne souhaite une telle issue ». Aoun insiste également sur l’urgence d’un sommet euro-arabe pour coordonner les efforts de reconstruction et d’assistance économique. Parallèlement, il évoque les textes de loi en cours de finalisation au Parlement, notamment celui sur la restructuration des banques et celui sur la gestion de la « gap financière ». Il déclare : « Nous espérons que ces lois seront adoptées rapidement d’ici la fin du mois, dans le cadre d’un plan intégré de sauvetage financier ».

Samir Geagea : la neutralité de l’État et le monopole de la force

Dans Al Sharq du 11 juillet 2025, Samir Geagea, chef des Forces Libanaises, envoie son émissaire Melhem Riachi auprès du patriarche maronite Béchara al-Rahi pour réaffirmer la doctrine du parti : une neutralité active du Liban dans les conflits régionaux et le refus de toute coexistence entre l’État et des groupes armés non étatiques. Riachi souligne que « la récente guerre entre Israël et l’Iran a prouvé les bénéfices d’une posture neutre », et ajoute que « toute reconstruction durable du pays repose sur un monopole exclusif de l’État sur les armes ». Cette déclaration, bien que classique dans la rhétorique du parti, intervient dans un moment de tension aiguë avec le Hezbollah, ce qui lui donne une résonance politique accrue. Le message, relayé par l’Église maronite, s’ancre dans une stratégie de réappropriation du discours souverainiste par les institutions religieuses.

Nawaf Salam : critique de l’unilatéralisme et appel à la collégialité gouvernementale

Dans Al Liwa’ du 11 juillet 2025, le Premier ministre Nawaf Salam formule une critique implicite des décisions prises unilatéralement par certains ministres. Selon lui, « toute décision d’envergure engageant l’État doit faire l’objet d’un débat structuré au sein du Conseil des ministres ». Il affirme que « les décisions individuelles affaiblissent la crédibilité de l’État, aussi bien sur la scène intérieure qu’internationale ». Cette déclaration vise à réaffirmer la primauté du processus collégial dans la gouvernance, au moment où des tensions émergent sur la gestion de plusieurs dossiers sensibles, notamment ceux relatifs aux nominations administratives et à la gestion des ressources énergétiques.

Michel Sleiman : interpellation sur la stratégie de sécurité nationale

L’ancien président Michel Sleiman, dans Al Sharq du 11 juillet 2025, interroge publiquement l’actuel exécutif sur l’absence de stratégie nationale de sécurité. Il demande : « Qui établit la politique générale du pays ? Le Conseil des ministres est censé en avoir la responsabilité selon la Constitution ». Cette déclaration est perçue comme une remise en cause implicite du rôle du Hezbollah dans l’organisation de la défense nationale, en dehors du cadre institutionnel formel. Sleiman fait ainsi écho à une préoccupation largement partagée au sein de l’opinion publique sur la fragmentation du pouvoir sécuritaire au Liban et la perte de contrôle des autorités civiles sur certains segments de la sécurité nationale.

Naim Kassem et la légitimité de la résistance

Dans Al Bina’ du 11 juillet 2025, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, défend la légitimité du maintien de l’arsenal militaire de son organisation. Il affirme que « le désarmement de la résistance n’est pas envisageable tant que l’armée libanaise n’a pas les moyens techniques de défendre le pays face aux menaces israéliennes ». Il ajoute que « la mission actuelle est d’abord de renforcer l’armée pour qu’elle puisse assumer cette responsabilité dans l’avenir ». Cette posture, réaffirmée de manière récurrente, est ici mobilisée dans un contexte de pressions internationales croissantes et de propositions diplomatiques visant à contenir l’influence du Hezbollah au Sud-Liban. Le discours de Kassem s’inscrit ainsi dans une stratégie de légitimation d’un statu quo armé au nom de la défense nationale.

Geagea et l’obsession de la guerre civile

Dans Al Akhbar du 11 juillet 2025, Samir Geagea exprime son exaspération face à ce qu’il qualifie de « fantasme de la guerre civile » nourri par certains cercles du pouvoir. Il déclare : « Où est cette guerre civile dont on parle tant ? Une guerre civile suppose un conflit armé entre factions égales. Or ici, il ne s’agit que de faire respecter la loi et d’unifier le port d’armes sous l’autorité de l’État ». Il soutient que « plus de 70% des Libanais souhaitent une vraie république », et déplore que « seule l’Iran semble refuser cette perspective ». Par cette déclaration, Geagea cherche à recentrer le débat sur la légitimité juridique de l’usage de la force publique, tout en accusant indirectement le Hezbollah d’utiliser la peur de la guerre civile pour maintenir sa position militaire dominante.

Qassem Hashem : consensus communautaire et unité nationale

Dans Al Bina’, le député Qassem Hashem, membre du bloc du Développement et de la Libération, affirme à la suite d’une rencontre avec le mufti de la République que « l’unité du front intérieur est la seule voie pour éviter l’effondrement du Liban ». Il insiste sur « la fonction historique de la Dar al-Fatwa comme point de convergence pour les grandes décisions de salut national ». Hashem valorise ainsi la diplomatie communautaire comme facteur de stabilisation à court terme, contrebalançant les critiques sur l’hyper-confessionnalisation du pouvoir. Cette position résonne dans un moment où les institutions religieuses tentent de jouer un rôle plus actif dans la régulation de la crise politique.

Diplomatie : pression internationale croissante, conditionnalités européennes et ligne de tension israélo-américaine

Appels européens et repositionnement stratégique

Dans Ad Diyar du 11 juillet 2025, le président Joseph Aoun reçoit une délégation européenne menée par des représentants de la Commission européenne et de plusieurs ambassades. À cette occasion, il exprime un positionnement clair : « Nous sommes à un carrefour. Ou bien nous avançons vers des réformes courageuses et nécessaires, ou bien nous risquons une dégradation irréversible ». Le président sollicite un soutien accru pour les projets d’infrastructure, une levée des sanctions et une mobilisation en faveur d’un sommet euro-arabe sur la reconstruction du Liban. Il évoque la possibilité de sa participation à Bruxelles pour rencontrer Antonio Costa, président du Parlement européen.

Les diplomates européens s’alignent partiellement sur cette demande en confirmant, selon la même source, la mobilisation de 88 millions d’euros déjà engagés pour soutenir le retour des réfugiés syriens, dans un plan évalué à 100 millions. Ce chiffre est présenté comme « une première phase d’un soutien plus large à condition de réformes substantielles ». Les priorités incluent également la coopération militaire, notamment via le soutien à l’armée libanaise en lien avec la mission de la FINUL, pour laquelle les Européens expriment un attachement stratégique.

États-Unis : conditionnalité politique et médiation militaire

Dans Al Joumhouriyat du 11 juillet 2025, des sources proches du Département d’État américain affirment que « la position officielle américaine est que le Hezbollah doit être désarmé sur l’ensemble du territoire libanais » et que « les infrastructures militaires de ce groupe constituent une menace pour la stabilité régionale ». Le porte-parole du Département, sous anonymat, souligne que « le Liban a progressé dans la coordination entre son armée et la FINUL, mais cela ne suffit pas : davantage d’efforts sont attendus ».

La visite récente de Tom Barak, émissaire spécial de la Maison Blanche, est interprétée dans Nahar Int’l du même jour comme une tentative d’instaurer un « statu quo militaire contrôlé au Sud-Liban ». Elle s’inscrit dans un cycle de négociations indirectes avec Israël, dont les frappes ciblées sur les infrastructures du Hezbollah dans plusieurs régions libanaises s’intensifient. Le journal cite : « la prochaine visite de Barak, attendue le 21 juillet, devra clarifier la position américaine et obtenir une réponse définitive aux exigences transmises à Beyrouth ».

France : continuité diplomatique et présence active

Dans Ad Diyar, le président Joseph Aoun reçoit également Hervé Magro, ambassadeur de France, pour discuter du soutien international à la mission de la FINUL et des mesures bilatérales de coopération militaire. Le chef de l’État insiste sur « le rôle de stabilisation fondamental de la FINUL » et affirme que son mandat doit être renforcé plutôt que restreint. Il souligne que « l’absence de délimitation des frontières et la détention de prisonniers libanais par Israël justifient le maintien des forces onusiennes dans le Sud ».

Tensions libano-israéliennes : ligne de feu permanente

Dans Al Quds du 11 juillet 2025, un haut responsable israélien, dont le nom n’est pas révélé, déclare : « la réalité au Liban a changé radicalement. Nos opérations dans ce pays participent d’une stratégie régionale visant à affaiblir l’axe iranien ». Cette déclaration fait suite aux bombardements israéliens dans les secteurs de Khiam et de Marjayoun, ciblant des entrepôts supposés du Hezbollah. Israël affirme également que ses actions n’ont pas vocation à déclencher une guerre élargie, mais à maintenir une « pression asymétrique et continue » sur le territoire libanais.

Syrie : redéploiement diplomatique et attentes américaines

Toujours selon Ad Diyar, les États-Unis conditionnent leur appui à la reconstruction du Liban à trois exigences : la fin du cash economy, la redéfinition des relations avec la Syrie et le désarmement du Hezbollah. Washington considère en effet que la chute du régime de Bachar al-Assad et son remplacement par Ahmed al-Sharaa constitue « une fenêtre de réorganisation régionale à ne pas manquer ». Le journal avance que des pourparlers sont en cours pour créer une commission bilatérale libano-syrienne chargée de renégocier l’ensemble des dossiers frontaliers, sécuritaires et économiques.

Politique internationale : recompositions régionales, domination militaire et marchandisation de la paix

Offensive israélienne à Gaza : une guerre sans ligne d’arrivée

Dans Nahar Int’l du 11 juillet 2025, les frappes israéliennes sur Gaza se poursuivent avec intensité, malgré des appels sporadiques à un cessez-le-feu. Le journal évoque un « génocide lent », soutenu par un arsenal militaire colossal, notamment une aide américaine chiffrée à 14 milliards de dollars approuvée récemment par l’administration Trump. Elle comprend « 100 000 tonnes d’armement varié, dont 134 bulldozers blindés du type Caterpillar », qui étaient jusque-là bloqués sous la présidence Biden. Le texte souligne aussi que depuis le déclenchement de l’opération « Tempête d’al-Aqsa » en 2023, l’aide cumulée des États-Unis à Israël atteint les 22 milliards de dollars.

Selon la même source, Donald Trump a rejeté tout cessez-le-feu définitif tant que « les trois conditions israéliennes ne sont pas respectées » : pas de retrait complet de Gaza, pas de reconnaissance d’un rôle pour le Hamas dans l’après-guerre, et aucun arrêt officiel des opérations militaires. Les négociations en cours, qualifiées de « marchandages humanitaires », visent seulement à obtenir la libération de certains otages israéliens contre une trêve temporaire de 60 jours et une aide alimentaire sous supervision militaire israélienne.

Syrie : partition de facto, ingérences étrangères et jeu de recomposition

Al Quds rapporte le 11 juillet 2025 l’occupation de dix nouvelles bases militaires par Israël dans le sud syrien depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024. Cette présence, qualifiée « d’enracinement territorial », inclut le contrôle de la zone tampon, de Quneitra, de Rif Damas et du mont Hermon. Le journal indique qu’Israël considère désormais « caduque l’accord de désengagement de 1974 », en raison de l’effondrement du pouvoir central syrien.

Dans Al Sharq du même jour, les nouvelles autorités syriennes dirigées par Ahmed al-Sharaa affirment leur volonté de réintégrer les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans l’armée régulière. Tom Barak, émissaire américain, déclare à Damas que « toutes les routes sont bloquées, sauf celle de l’intégration nationale via la capitale ». Washington, selon Al Bina’, pousse les FDS à renoncer à leurs structures fédérales, en échange d’une levée des sanctions immédiate et d’un processus politique accéléré. L’article mentionne aussi une proposition controversée de Washington visant à « naturaliser plusieurs dizaines de milliers de jihadistes étrangers et leurs familles », suscitant des interrogations européennes sur les véritables objectifs stratégiques des États-Unis en Syrie.

Turquie : la nouvelle Iran ? Une perception israélienne alarmiste

Dans Al Sharq du 11 juillet 2025, un expert israélien compare la Turquie à « la nouvelle Iran », en raison de son activisme géopolitique, de ses ambitions nucléaires supposées et de son rapprochement avec la Russie et la Chine. Recep Tayyip Erdogan est présenté comme « l’ingénieur d’un basculement stratégique », prêt à remettre en question l’ordre établi dans le Caucase, en Méditerranée orientale et même en Afrique. Le discours israélien fait écho à une inquiétude croissante sur le rôle de la Turquie dans l’OTAN et sa place dans les nouveaux équilibres post-occidentaux.

Économie : réformes bancaires sous pression, résilience conditionnée et relance énergétique

Un système bancaire en reconstruction législative

Dans Al Sharq Al Awsat du 11 juillet 2025, la commission parlementaire des finances poursuit l’examen de la proposition de loi sur la restructuration du secteur bancaire. Ce texte prévoit une redéfinition de l’architecture du système financier libanais. Il introduit un mécanisme hiérarchisé de traitement des pertes bancaires, visant à protéger partiellement les dépôts des particuliers tout en imposant aux actionnaires et aux créanciers institutionnels une prise en charge prioritaire du déficit. Le projet encadre également la révision des responsabilités juridiques entre la Banque du Liban et les établissements financiers, avec pour objectif de garantir une meilleure supervision des risques. Ce projet de loi est discuté dans un contexte d’exigences fortes du Fonds monétaire international, qui considère la restructuration bancaire comme une condition incontournable à tout nouveau soutien financier. Al Sharq Al Awsat précise que la Banque mondiale, de son côté, a salué les avancées techniques du texte, tout en alertant sur le retard de sa mise en œuvre opérationnelle.

Selon Al Joumhouriyat, le président Joseph Aoun a exprimé lors d’une réunion avec des représentants diplomatiques européens son souhait de voir ce texte adopté avant la fin du mois. Il a qualifié cette loi de « pilier central pour restaurer la souveraineté financière du Liban », estimant qu’elle permettrait de clarifier les responsabilités et de restaurer la confiance des déposants. Le chef de l’État s’est également engagé à accélérer la réforme de la loi encadrant le système judiciaire financier, afin de permettre la création d’une chambre spécialisée dans les contentieux liés à la restructuration bancaire. Cette initiative est jugée essentielle pour rassurer les créanciers étrangers et réduire les risques contentieux qui pourraient paralyser les réformes.

Gouvernance monétaire : recentrage technique et surveillance internationale

Toujours selon Al Sharq Al Awsat, une série de nominations stratégiques est attendue au sein de la Banque du Liban. Le gouverneur Karim Souaid aurait accepté une refonte partielle de l’organigramme afin de mieux répartir les responsabilités. Plusieurs sources citées dans le journal évoquent la constitution d’un conseil technique regroupant des experts du secteur bancaire, des représentants du ministère des Finances et de la Commission de supervision bancaire. Cette restructuration vise à répondre aux critiques du FMI concernant l’opacité des décisions monétaires et l’absence de reddition de comptes. Al Akhbar souligne que cette nouvelle organisation cherche à briser le modèle historique dans lequel les grandes banques commerciales dominaient indirectement les instances décisionnelles de la Banque du Liban. Le quotidien précise que la réforme inclura aussi une limitation des reconductions automatiques des lignes de crédit aux banques privées en difficulté, afin d’éviter la création de dépendances chroniques entre la Banque centrale et certains groupes financiers influents.

Classements internationaux et crédibilité financière

Al Quds rapporte que l’agence de notation Fitch envisage de relever la perspective économique du Liban de « négative » à « stable », sous réserve de l’adoption effective de la loi bancaire et du déblocage des négociations avec le FMI. Le journal précise que le Liban reste néanmoins classé dans la catégorie à haut risque, notamment en raison du manque de données officielles consolidées sur les réserves monétaires et les engagements de la Banque du Liban. Cette évaluation provisoire reflète une tendance positive, mais elle demeure fragile. L’agence Standard and Poor’s aurait pour sa part transmis au ministère des Finances une série de recommandations, incluant la suppression des subventions croisées, la transparence sur les soldes publics, et une limitation des transferts budgétaires non justifiés au secteur énergétique.

Hydrocarbures et diversification économique

Dans Al Quds, on apprend que le président Joseph Aoun a sollicité une nouvelle réunion avec les représentants du consortium dirigé par Total, dans le but de réactiver les travaux d’exploration sur les blocs maritimes suspendus depuis 2023. Selon le journal, le chef de l’État considère que la relance du secteur énergétique constitue une condition de stabilisation macroéconomique. Il a proposé une feuille de route en trois étapes : mise à jour des données sismiques, sécurisation juridique du cadre contractuel et publication trimestrielle des avancées opérationnelles. Al Joumhouriyatprécise que la présidence a également mandaté une équipe interministérielle pour rédiger un plan d’action énergétique visant à intégrer les ressources potentielles au budget pluriannuel de l’État. Ce programme devrait aussi inclure des incitations fiscales pour attirer de nouveaux investisseurs dans les domaines des énergies renouvelables et de la production gazière locale. L’objectif affiché est de créer une dynamique économique autonome capable de réduire la dépendance du Liban à l’aide internationale tout en générant des revenus d’investissement étrangers.

Justice : relance d’affaires emblématiques, tensions politiques sur les nominations et enquêtes pour corruption

L’affaire Hannibal Kadhafi : la justice entre coopération et pression politique

Dans Al Sharq Al Awsat du 11 juillet 2025, le dossier Hannibal Kadhafi refait surface avec une nouvelle initiative de la justice libyenne, qui a officiellement adressé une demande à son homologue libanais pour obtenir la libération de l’unique fils de Mouammar Kadhafi actuellement détenu à Beyrouth. Hannibal Kadhafi est incarcéré depuis 2015 au Liban, dans le cadre de l’enquête sur la disparition de l’imam Moussa Sadr, chef spirituel chiite, dont la trace a été perdue en Libye en 1978. Le juge d’instruction Zahir Hamadeh, saisi de l’affaire, a précisé selon les sources citées que toute décision de levée de détention restait soumise à la remise de documents prouvant la responsabilité directe ou indirecte des autorités libyennes dans la disparition de Sadr et de ses compagnons. Le journal rappelle que ce dossier est extrêmement sensible au Liban, notamment en raison de sa charge communautaire et des pressions exercées par les partis chiites pour maintenir Hannibal Kadhafi en détention jusqu’à obtention de la vérité. Le journal souligne également que la Libye tente d’utiliser des canaux diplomatiques pour faire pression, notamment à travers des garanties d’investissements ou des offres de collaboration sécuritaire. Cependant, les autorités judiciaires libanaises affirment que toute avancée reste suspendue à la transmission formelle de preuves exploitables par le tribunal compétent.

Enquête pour corruption : Karim Salam et le système des assurances

Dans Al Akhbar du même jour, un article de fond revient sur l’affaire Karim Salam, frère de l’ancien ministre de l’Économie Amine Salam, incarcéré l’année précédente pour blanchiment d’argent. Karim Salam est accusé à son tour d’avoir dirigé un vaste réseau de détournement de fonds dans le secteur des assurances, impliquant des compagnies fictives, des contrats d’assurance surévalués, et des montages comptables visant à capter des fonds publics sous couvert de remboursements sociaux. Le journal précise que les investigations ont été menées par le juge d’instruction Walid Haoui, qui aurait obtenu des documents bancaires et des factures commerciales démontrant des circuits de transfert vers des sociétés écrans basées à Dubaï et à Chypre. Également interrogé dans cette affaire, Élie Aboud, président du syndicat des experts-comptables, a été entendu par la justice puis relâché sous surveillance judiciaire. Al Akhbar révèle que certains des comptes bancaires liés au dossier contiennent des mouvements de plus de 14 millions de dollars entre 2021 et 2024, pour des prestations inexistantes ou des sinistres inventés. Cette affaire relance le débat sur l’indépendance de la justice, alors que des parlementaires cherchent à faire adopter une loi renforçant les prérogatives de la Cour des comptes et créant une commission mixte avec le parquet financier pour traiter des délits liés aux fonds publics.

Société : vulnérabilités numériques, inégalités sociales et rôle vital des diasporas

L’inquiétude croissante autour des jeux de hasard en ligne chez les mineurs

Dans Al Sharq du 11 juillet 2025, une tribune signée Aouni Kaaki soulève une alerte sur un phénomène social en forte expansion : la banalisation des jeux de hasard en ligne chez les adolescents. L’auteur s’interroge explicitement : « Qui protège nos enfants du piège des jeux d’argent sur internet ? » selon ses termes. Il met en cause directement la licence attribuée à Casino du Liban pour opérer une plateforme de jeux en ligne, qualifiée de « scandaleuse » par le journal. Le problème, souligne-t-il, n’est pas simplement commercial ou moral, mais concerne une faille profonde dans la régulation des contenus accessibles aux jeunes. Les adolescents, de plus en plus familiers avec les technologies numériques, sont exposés sans filtre à des mécanismes de dépendance ludique.

L’article rappelle que les mineurs maîtrisent l’usage d’Internet mieux que leurs parents, ce qui rend inefficace toute barrière purement domestique. Il est aussi mentionné que des tentatives pour limiter cette dérive ont échoué, en partie à cause de la connivence supposée entre certaines instances politiques et les responsables du casino. La juge Dora Khazen aurait, selon les dernières informations, été saisie pour examiner les conditions d’attribution de cette autorisation. Trois chefs d’accusation sont évoqués contre Roland Khoury, directeur du Casino du Liban : gaspillage de fonds publics, enrichissement illicite, et blanchiment d’argent. Le journal dénonce une forme de tolérance institutionnelle et appelle à un encadrement juridique renforcé pour interdire l’accès aux plateformes de jeu aux personnes de moins de 18 ans.

Le numérique comme facteur d’isolement et de délitement éducatif

Dans Ad Diyar du même jour, l’article signé par Ruba Abou Fadel développe une analyse sur les risques sociaux du numérique dans un contexte de fragilisation systémique du tissu social libanais. La journaliste décrit des scènes devenues familières dans le quotidien libanais : des enfants absorbés par leurs écrans, que ce soit dans les salons, les cafés ou même les voitures. Cette immersion numérique intervient alors que l’environnement éducatif et sanitaire s’effondre, laissant peu d’alternatives structurées pour les jeunes. Selon l’autrice, la crise économique aggrave l’inaction publique, rendant impossible le financement de campagnes de sensibilisation ou le déploiement d’initiatives éducatives alternatives.

L’article insiste sur la nécessité d’un engagement parental accru, mais constate que la majorité des foyers n’ont ni le temps ni les compétences pour encadrer l’usage technologique de leurs enfants. Les enseignants, eux aussi, sont débordés et mal rémunérés, souvent absents ou forcés de cumuler plusieurs emplois. L’article conclut que la fracture éducative n’est plus seulement sociale, elle devient générationnelle. Les enfants de la crise sont livrés à eux-mêmes dans un monde numérique sans régulation, ce qui pourrait, à moyen terme, créer une société d’adultes désocialisés et émotionnellement déséquilibrés.

Diaspora et résilience : l’apport vital des libanais de l’étranger

Dans Nahar Int’l du 11 juillet 2025, un dossier consacré aux effets du retour temporaire des Libanais de la diaspora met en lumière une réalité souvent négligée par l’État : le rôle économique et psychologique de ces citoyens qui reviennent chaque été. Le journal estime que les transferts annuels de la diaspora avoisinent les huit milliards de dollars, injectés sous forme de soutien familial ou d’investissement dans l’immobilier. Ces flux financiers non seulement soulagent des milliers de familles, mais ils permettent aussi à l’économie d’échapper à une paralysie totale.

Le journal déplore cependant que l’État ne considère pas les Libanais de l’étranger comme un levier stratégique. Les infrastructures touristiques restent vétustes, les routes mal entretenues, et les services administratifs saturés. Le journaliste note que malgré leur adaptation au contexte local, les Libanais de retour manifestent une frustration croissante face à la lenteur bureaucratique et à la désorganisation des services. Plus qu’un manque de moyens, c’est une absence de vision stratégique que Nahar Int’l dénonce, appelant à une politique d’accueil spécifique pour la diaspora, incluant des incitations fiscales et des garanties bancaires pour leurs investissements.

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