Le 28 mai 2025, les journaux libanais ont mis en avant une conjonction de sujets reflétant la complexité de la situation nationale et régionale. Entre instabilités frontalières, négociations diplomatiques, évolutions électorales et enjeux de gouvernance, les manchettes illustrent une actualité dense, marquée à la fois par l’urgence sécuritaire et les aspirations à la stabilisation politique.
Sécurité au Sud: incidents et escalades contrôlées
La situation dans le Sud du Liban a été fortement médiatisée à la suite d’une incursion israélienne à la frontière, signalée par Nahar (28 mai 2025). Selon le quotidien, une force israélienne a franchi la ligne bleue à proximité de Mays al-Jabal, érigeant un talus de terre avant de se replier, suscitant de vives réactions au sein des autorités libanaises. Le journal rapporte aussi la découverte par une unité militaire libanaise d’un dispositif de surveillance camouflé, attribué à l’armée israélienne, dans la région de Blida, district de Marjeyoun.
La couverture d’Al Bina’ (28 mai 2025) complète ce récit en soulignant la tension persistante sur la frontière et les échanges indirects qui se multiplient. Le journal évoque notamment le rôle croissant de médiateurs régionaux dans la tentative de contenir une nouvelle escalade.
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En parallèle, Al Liwa’ (28 mai 2025) rapporte un renforcement visible des mesures sécuritaires sur l’ensemble du territoire, notamment autour de l’aéroport de Beyrouth, avec la présence renforcée des forces de sécurité, suggérant une crainte d’événements déstabilisateurs. Le ministre de l’Intérieur y est cité affirmant que l’État libanais “insiste sur la transparence, la sécurité et la stabilité” dans le contexte du lancement imminent de la saison touristique.
Diplomatie régionale: soutien affirmé des Émirats Arabes Unis
L’événement diplomatique majeur de la journée a été la rencontre entre le président du Conseil des ministres Nawaf Salam et le président émirati Mohammed bin Zayed à Abou Dhabi, largement couverte par Nahar (28 mai 2025), Al Sharq (28 mai 2025) et Al Liwa’ (28 mai 2025). Le chef du gouvernement a salué “les gestes des frères du Golfe”, et remercié le président émirati pour avoir autorisé la reprise des voyages touristiques vers le Liban.
Cette visite s’inscrit dans un cadre plus large de réactivation de la coopération bilatérale, notamment dans les secteurs économique et technologique. Al Joumhouriyat (28 mai 2025) mentionne que plusieurs délégations techniques et sécuritaires émiraties sont arrivées discrètement à Beyrouth pour examiner les modalités d’un appui logistique et financier.
Élections municipales: laboratoire des enjeux politiques
Al Akhbar (28 mai 2025) et Al Joumhouriyat (28 mai 2025) consacrent plusieurs articles aux résultats et aux conséquences des élections municipales, décrites comme un “test pour les partis avant les législatives”. Dans la ville de Saïda, les résultats ont surpris de nombreux observateurs, avec des listes indépendantes devançant les formations traditionnelles. Les journaux relèvent le retour d’un “habillage politique” des scrutins municipaux, qui étaient pourtant censés rester techniques.
Al Akhbar insiste sur la fragmentation des voix dans des régions symboliques comme le Metn ou Beyrouth. Les partis établis comme les Kataëb y ont vu leurs assises contestées par des candidats issus des mouvements du 17 octobre. Al Bina’ (28 mai 2025) analyse cela comme un signal d’alerte pour la classe politique, qui devra recomposer ses alliances en vue des législatives prévues en 2026.
Liban dans les forums régionaux: discours de Salam à Dubaï
À Dubaï, le Premier ministre Nawaf Salam a prononcé un discours lors du sommet arabe des médias, salué par Nahar(28 mai 2025) comme un “retour de la diplomatie libanaise dans les arènes régionales”. Le chef du gouvernement a insisté sur le rôle de la presse dans la lutte contre la désinformation et a valorisé l’image du Liban comme “pays d’ouverture et de pluralisme”.
Dans ce cadre, Al Sharq Al Awsat (28 mai 2025) met en avant la volonté de l’État libanais de reprendre une place active dans les forums du Golfe, notamment à travers des projets médiatiques et culturels conjoints.
Rumeurs et postures sur le front politique
Un autre axe majeur de l’actualité concerne les déclarations politiques autour des négociations avec les États-Unis et des tensions régionales. Al Joumhouriyat (28 mai 2025) cite le président Joseph Aoun qui, dans une communication privée relayée par ses proches, aurait transmis aux envoyés américains une position “ferme mais ouverte au dialogue” sur les enjeux de souveraineté et de sécurité.
Le journal signale également que le président souhaite désormais superviser personnellement certains dossiers sécuritaires, notamment celui de la reconstruction du Sud et des relations avec les ONG internationales. Dans ce contexte, la position du Hezbollah a aussi évolué. Al Bina’ évoque une volonté affichée de “collaboration active avec l’État”, une phrase soulignée comme inhabituelle dans le langage de l’organisation dirigée par Naim Kassem.
Gaza et l’ombre du conflit
Enfin, la situation à Gaza et ses répercussions locales occupent une place importante dans la presse du jour. Al Sharq Al Awsat (28 mai 2025) et Al Quds (28 mai 2025) détaillent l’échec partiel de la tentative de distribution d’aide humanitaire par une organisation financée par Washington, après des affrontements à Rafah.
Ces événements sont perçus par plusieurs journaux comme des indices d’un durcissement de la stratégie israélienne et d’un échec croissant des médiations internationales. L’analyse d’Al Bina’ met en lumière une dynamique où la question palestinienne redevient un point nodal des tensions régionales, avec des implications pour le Liban via les camps de réfugiés.
Politique locale: recompositions électorales et équilibres institutionnels
Les dynamiques politiques libanaises du 28 mai 2025 sont marquées par les conséquences des élections municipales, les rapports complexes entre les institutions et les partis, ainsi que par la gestion de dossiers structurels cruciaux. Les journaux analysent une scène en transformation où la compétition électorale agit comme révélateur des fragilités du système politique tout en exposant les lignes de force des prochaines échéances.
Résultats municipaux: fragmentation et lecture partisane
La couverture de Al Akhbar (28 mai 2025) met en évidence les tensions internes dans les partis traditionnels face aux résultats des élections municipales. À Saïda, les bouleversements électoraux ont touché “plus d’un site politique et social”, en raison du “caractère politique revenu au premier plan de la bataille”. Le quotidien évoque une “lecture nationale des résultats locaux”, annonçant un glissement progressif vers la recomposition des alliances en prévision des élections législatives de 2026.
Dans le Metn, Al Bina’ (28 mai 2025) rapporte que le recul du parti Kataëb face à une coalition de candidats issus des mouvements du 17 octobre indique une “érosion des bases traditionnelles” et une “aspiration à de nouvelles figures représentatives”. La fragmentation du vote y est qualifiée de “laboratoire de recomposition politique”.
Selon Al Joumhouriyat (28 mai 2025), l’ensemble du scrutin a servi d’“examen pour les forces politiques”. Le journal mentionne des discussions internes dans le Courant patriotique libre, confronté à une performance en baisse dans plusieurs localités du Mont-Liban. Cette remise en question se double, d’après le journal, d’un débat sur la nécessité d’un recentrage idéologique pour regagner la confiance de l’électorat.
Joseph Aoun et l’affirmation institutionnelle
Ad Diyar (28 mai 2025) rapporte que le président Joseph Aoun a reçu un émissaire du Hezbollah dans un cadre “sans bruit”, mais porteur de messages politiques explicites. Selon le quotidien, le président aurait réaffirmé son attachement à “la logique d’État et à l’unicité des décisions sécuritaires”, tout en exprimant ses attentes quant à l’engagement des partis dans le cadre institutionnel.
Dans une séquence rapportée par Al Joumhouriyat (28 mai 2025), Joseph Aoun aurait partagé avec une délégation américaine ses “inquiétudes sur l’inertie gouvernementale” dans certains dossiers clés, notamment la reconstruction du Sud. Le journal indique que cette prise de parole s’inscrit dans une volonté de renforcer la fonction présidentielle comme pivot de la coordination interinstitutionnelle.
Al Bina’ (28 mai 2025) évoque un discours indirect du président appelant à “la sortie des logiques de clientélisme, confessionnalisme et favoritisme” dans les nominations administratives. Cette sortie a été saluée comme “un pas vers une redéfinition des standards de gouvernance”.
Nawaf Salam : discours d’un Premier ministre en quête de légitimité
Lors du sommet des médias arabes à Dubaï, Nawaf Salam a défendu une vision “moderne et pluraliste” du Liban, selon Nahar (28 mai 2025). Il y a appelé à “la libération du discours politique de la dualité arme et confession” et plaidé pour un “renouveau de la presse arabe fondée sur l’éthique et l’innovation”. Le quotidien y voit une tentative du Premier ministre de repositionner le Liban sur la scène diplomatique en s’appuyant sur les leviers culturels.
Par ailleurs, Ad Diyar (28 mai 2025) évoque une “tension latente” entre Salam et certaines composantes du gouvernement, notamment le Hezbollah, qui reproche à l’exécutif de n’avoir toujours pas mis en place une stratégie claire pour la reconstruction et les réformes administratives.
Al Joumhouriyat souligne que “le fil est mince entre Salam et plusieurs partis” et évoque des discussions internes visant à renforcer le rôle de coordination du Premier ministre via une réforme du Conseil des ministres.
Gouvernance locale et réforme électorale
Al Joumhouriyat (28 mai 2025) rapporte une série de recommandations de la Ladi, association d’observation électorale, appelant à l’adoption “d’un code électoral moderne garantissant une meilleure inclusion, notamment des personnes en situation de handicap”. Le journal mentionne aussi des critiques envers les délais de retrait des candidatures, jugés “source de pressions et de manipulations”.
Selon Nahar (28 mai 2025), l’organisation a souligné une amélioration relative dans la réactivité du ministère de l’Intérieur, tout en appelant à une réforme plus profonde de la supervision électorale et du financement des campagnes.
Cette séquence électorale soulève, selon Al Akhbar, “la nécessité de repenser l’ensemble du système électoral, dans ses dimensions techniques et éthiques”, ce que corrobore aussi un article d’analyse dans Al Bina’ appelant à “un débat national sur les standards démocratiques à l’aune de 2026”.
Interaction avec les forces internationales
Une des dimensions peu visibles mais cruciale des débats politiques concerne les relations avec les acteurs internationaux. Al Liwa’ (28 mai 2025) indique que plusieurs délégations étrangères, notamment des Émirats, ont visité Beyrouth de manière discrète pour “évaluer les conditions d’un appui technique au gouvernement”. L’éditorial du journal y voit une “fenêtre d’opportunité” pour Salam, à condition de stabiliser ses appuis internes.
De son côté, Al Sharq Al Awsat (28 mai 2025) cite une source diplomatique anonyme évoquant “la nécessité pour le Liban de montrer un minimum de cohérence dans sa gouvernance” pour débloquer certains financements arabes et européens.
Citation et discours des personnalités politiques: affirmation étatique et lignes de clivage
Les prises de parole politiques du 28 mai 2025, telles que rapportées par la presse libanaise, révèlent une volonté renouvelée d’affirmation étatique, mais aussi des tensions persistantes entre les institutions et les formations partisanes. Les déclarations de Joseph Aoun, Nawaf Salam, et Naim Kassem, ainsi que celles d’acteurs parlementaires comme Mohammad Raad ou Sami Gemayel, tracent les contours d’un paysage politique marqué par les repositionnements stratégiques.
Joseph Aoun : l’État en pilier du discours présidentiel
Selon Al Sharq Al Awsat (28 mai 2025), Joseph Aoun, lors d’un échange avec des diplomates occidentaux, a insisté sur la nécessité “d’imposer le respect de la souveraineté libanaise dans toutes ses dimensions”. Le président aurait déclaré : “Nous ne négocierons pas la souveraineté, pas plus que nous n’accepterons les violations de la décision 1701”.
Il aurait également rappelé, selon Ad Diyar (28 mai 2025), que “l’unité des institutions passe par le respect de leurs mandats respectifs, sans interférence ni double discours”. Dans une rencontre avec une délégation parlementaire, Aoun aurait formulé cette mise en garde : “L’usage de la force doit demeurer exclusivement une prérogative de l’État”.
Nawaf Salam : discours réformiste et ligne souverainiste
Lors du sommet arabe des médias à Dubaï, Nawaf Salam a livré un discours relayé par Nahar (28 mai 2025), dans lequel il a affirmé : “L’heure est venue de rompre avec le statu quo institutionnel ; nous devons reconstruire notre État sur des bases démocratiques, modernes et solidaires”. Il a également soutenu que “le Liban ne peut plus tolérer la persistance de zones d’influence armées hors de l’autorité centrale”.
Ces propos ont suscité une réaction immédiate de la part du Hezbollah. D’après Al Sharq Al Awsat (28 mai 2025), le chef du groupe parlementaire du parti, Mohammad Raad, a répondu : “Je ne souhaite pas commenter ces déclarations, mais je saurai m’expliquer clairement lors de notre prochaine rencontre avec lui”.
Naim Kassem : prudence et posture défensive
Le nouveau secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a pour sa part adopté une ligne plus prudente. Dans des propos rapportés par Al Bina’ (28 mai 2025), il aurait déclaré : “Nous sommes attachés à un dialogue sincère avec toutes les forces du pays, à condition que l’État respecte ses engagements envers tous les citoyens, y compris ceux qui se sentent abandonnés”.
Il aurait ajouté : “La résistance est née d’un besoin, elle ne peut être dissoute sans garanties concrètes de protection et de dignité nationale.”
Positions parlementaires divergentes
D’autres voix parlementaires se sont exprimées sur les enjeux du désarmement et de la souveraineté. Al Joumhouriyat(28 mai 2025) rapporte que Sami Gemayel, chef du parti Kataëb, a déclaré dans une conférence de presse : “Il ne peut y avoir de réformes sérieuses sans un monopole de l’État sur la décision de guerre et de paix”.
Dans un autre registre, le député Ali Fayyad, proche du Hezbollah, cité par Al Liwa’ (28 mai 2025), a défendu l’idée d’un “dialogue national élargi sur la stratégie de défense, incluant toutes les composantes politiques et communautaires, sans conditions préalables”.
Affirmation d’une ligne souverainiste dans les discours officiels
L’analyse de Al Akhbar (28 mai 2025) souligne que les discours de Salam et Aoun convergent autour d’un axe souverainiste renforcé, illustré par des appels répétés à la pleine application de la résolution 1701 et au contrôle des frontières. Le journal indique que “la rhétorique institutionnelle prend désormais le pas sur les équilibres partisans dans la sphère publique”.
De son côté, Al Sharq (28 mai 2025) met en lumière l’émergence d’un lexique nouveau dans les prises de parole officielles, qualifié de “langage d’État”, plus direct, moins conciliant vis-à-vis des logiques de milice. Un éditorial cite les mots du Premier ministre : “Le silence d’hier est devenu complice aujourd’hui. La paix civile passe par la clarté.”Politique internationale: pressions géopolitiques et médiations croisées
La scène internationale au 28 mai 2025 s’articule autour d’une intensification des tensions au Proche-Orient, d’un regain de dynamique diplomatique entre puissances mondiales, et d’une accentuation des rivalités autour de la guerre en Ukraine et du dossier nucléaire iranien. Les discours et initiatives se multiplient, révélant des lignes de fracture stratégiques mais aussi des zones de convergence sur des objectifs tactiques communs.
Gaza : échec des mécanismes humanitaires et durcissement militaire
Les événements de Gaza ont occupé une place centrale dans les quotidiens arabes. Al Sharq Al Awsat (28 mai 2025) rapporte que l’armée israélienne a procédé à des frappes massives sur la bande de Gaza, entraînant un lourd bilan humain : 54 056 morts et 123 129 blessés depuis le 7 octobre 2023, selon le ministère de la Santé local. Le quotidien évoque l’intervention du médiateur américain Steve Witkoff, qui aurait proposé un nouvel accord de cessez-le-feu accepté par le Hamas, mais jugé “inacceptable” par Israël car “éloigné des exigences sécuritaires de l’État hébreu”.
Al Quds (28 mai 2025) souligne l’effondrement du dispositif américain de distribution d’aide via l’ONG “Mouassassat Ghaza al-Insaniyya”, dont les employés ont tiré en l’air pour disperser la foule affamée à Rafah. Cette opération, présentée comme un projet pilote, a tourné au chaos, avec la mort d’au moins 50 civils. Le journal évoque une “illustration dramatique de l’échec humanitaire et politique” du plan américain.
Al Bina’ (28 mai 2025) attribue cet incident à l’irréalisme de la stratégie occidentale de “zones humanitaires contrôlées”, affirmant que la seule solution viable reste un cessez-le-feu immédiat sous l’égide de l’ONU et une levée du blocus.
Iran et médiations régionales : Oman au centre du jeu
Sur le front iranien, Al Sharq Al Awsat (28 mai 2025) et Al Joumhouriyat (28 mai 2025) rapportent la visite du président iranien Masoud Bezhashkian à Mascate, où il a rencontré le sultan Haitham bin Tariq pour relancer le dialogue sur le nucléaire. Le président iranien a salué “le rôle actif et équilibré du sultanat”, espérant des “résultats tangibles” dans les pourparlers indirects avec Washington.
D’après le journal, Téhéran a refusé un nouveau compromis omanais prévoyant un gel de six mois de l’enrichissement de l’uranium, en échange d’une levée partielle des sanctions. Le négociateur iranien Ahmad Bakhshayesh Ardestani a affirmé : “Il ne peut y avoir de suspension sans contrepartie crédible et immédiate”. L’Iran reste donc sur une ligne dure, mais sans exclure une poursuite du dialogue.
Syrie-Israël : contacts sécuritaires discrets
Un autre axe d’intérêt géopolitique concerne la Syrie. Al Sharq Al Awsat (28 mai 2025) révèle des discussions directes entre représentants israéliens et syriens à travers des canaux sécuritaires discrets. Ces échanges, pilotés par Ahmad al-Dalati, gouverneur de Quneitra nouvellement nommé, visent à désamorcer les risques d’escalade sur le plateau du Golan.
La rencontre, confirmée par deux sources anonymes citées par Reuters et relayées par le journal, serait “le premier canal de communication ouvert entre les deux pays depuis 2011”. Ces échanges surviennent dans un contexte de pressions américaines sur les nouvelles autorités de Damas pour entamer une normalisation progressive avec Tel-Aviv.
En parallèle, la Russie s’active aussi. Al Quds (28 mai 2025) rapporte que le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a invité officiellement son homologue syrien Asaad al-Shibani à Moscou, marquant ainsi un alignement des initiatives russes et omanaises sur la stabilisation régionale.
Ukraine : tensions diplomatiques persistantes
Le dossier ukrainien reste présent dans les colonnes de Al Sharq Al Awsat (28 mai 2025) qui mentionne l’étude par Donald Trump d’un nouveau train de sanctions contre la Russie, incluant une interdiction d’accès aux marchés financiers pour plusieurs banques russes. Le journal évoque des consultations actives avec les alliés européens, mais aussi des divergences croissantes sur la tactique à adopter.
De son côté, Al Bina’ (28 mai 2025) aborde la situation sous l’angle du dialogue stratégique russo-américain. Le journal affirme que Moscou privilégie désormais un ordre de sortie de crise basé sur une reconnaissance de facto de ses gains territoriaux, ce que Washington refuse catégoriquement. Une source diplomatique y est citée : “La Russie veut sortir en gagnante d’une guerre qu’elle ne peut pas terminer, et les États-Unis cherchent à éviter un affrontement direct, sans céder”.
Relations euro-méditerranéennes : un réalignement prudent
Dans le cadre de la politique européenne vis-à-vis du Proche-Orient, Al Quds (28 mai 2025) signale que l’Irlande et l’Espagne ont proposé une révision de l’accord de partenariat entre l’UE et Israël. Le Conseil des ministres irlandais a également annoncé vouloir légiférer sur une restriction des échanges commerciaux avec les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.
Ces démarches s’ajoutent à la suspension par la Grande-Bretagne des négociations d’un accord de libre-échange avec Israël et à des sanctions contre des colons de Cisjordanie. Selon Al Quds, ce repositionnement traduit “un malaise croissant au sein des démocraties européennes face à la radicalisation de la politique israélienne”.
Économie: incertitudes structurelles et signaux de relance
L’actualité économique libanaise au 28 mai 2025 met en évidence des tensions persistantes dans les secteurs productifs, une pression continue sur le coût de la vie et les services, mais aussi quelques signaux de reprise liés à l’approche de la saison touristique. Les journaux évoquent à la fois l’absence de politiques structurelles solides, l’impact du contexte régional et les espoirs placés dans les investissements externes.
Coût de la vie : prix et services sous tension
La question du coût de la vie reste au cœur des préoccupations dans plusieurs publications. Ad Diyar (28 mai 2025) dresse un état des lieux alarmant des prix dans le secteur du tourisme et de la consommation courante. Le journal souligne que “les billets d’avion de la Middle East Airlines restent parmi les plus chers de la région”, dissuadant une partie des expatriés libanais de revenir pendant l’été. Le même constat est établi pour les restaurants et les commerces, dont les prix sont jugés “plus élevés qu’en Grèce, Italie ou France, sans offrir la même qualité de service”.
Le manque de contrôle des prix par le ministère du Tourisme est dénoncé. Le journal écrit : “Sans un encadrement sérieux, la saison estivale pourrait échouer, privant le pays de précieuses rentrées en devises”.
Saison touristique : espoir économique et aléas sécuritaires
La perspective d’un retour massif des expatriés et touristes pendant l’été est également abordée dans Al Joumhouriyat(28 mai 2025). Un haut fonctionnaire cité anonymement y affirme que “les prévisions de réservations hôtelières sont encourageantes, mais l’instabilité sécuritaire au Sud pourrait freiner l’élan”. Le journal évoque aussi des contacts avancés entre le ministère du Tourisme et plusieurs tour-opérateurs du Golfe et d’Europe de l’Est pour “repositionner le Liban comme destination attractive malgré les défis”.
Un volet de cet effort est la réhabilitation de certains axes routiers stratégiques, notamment entre Beyrouth et les zones côtières nord et sud. Toutefois, ces initiatives souffrent d’un manque de coordination institutionnelle, souligne Al Akhbar (28 mai 2025).
Investissements extérieurs : signaux venus du Golfe
L’apport des capitaux extérieurs reste vital pour l’économie libanaise. Al Liwa’ (28 mai 2025) mentionne la visite de délégations émiraties venues étudier des opportunités de partenariat dans les infrastructures, l’énergie solaire et les services numériques. Un représentant du groupe Al Ghurair est cité disant : “Nous croyons en la capacité du Liban à se réinventer économiquement si la stabilité est garantie et les cadres juridiques clarifiés”.
Le quotidien précise que ces investisseurs cherchent des “garanties de stabilité fiscale” et un “plan clair de gouvernance et de lutte contre la corruption” avant de s’engager dans des projets de long terme.
Entreprises locales : stratégies d’adaptation et de survie
Les entreprises libanaises continuent d’affronter un contexte difficile. Selon Nahar (28 mai 2025), plusieurs PME du secteur agroalimentaire se sont récemment tournées vers les marchés africains et d’Amérique latine pour exporter leurs produits, notamment les conserves, huiles et produits de pâtisserie orientale. Un industriel interrogé affirme : “Le marché local ne nous permet plus d’équilibrer nos comptes. Seule l’exportation peut maintenir nos lignes de production”.
Des initiatives d’accompagnement sont en cours via la Banque de l’Industrie, mais les ressources restent limitées. Al Bina’ (28 mai 2025) met en lumière le manque de coordination entre les banques commerciales et les agences de soutien à l’export. Un consultant financier y déplore : “L’absence d’une politique industrielle cohérente depuis 2019 rend chaque tentative de relance fragmentaire et inefficace”.
Indicateurs macroéconomiques : flou persistant
Les journaux soulignent l’absence de données actualisées sur l’inflation, le chômage et la croissance. Al Joumhouriyat(28 mai 2025) rapporte que le dernier rapport officiel de la Banque du Liban date de février et ne couvre pas les premiers mois de 2025. Cette opacité empêche les observateurs d’évaluer précisément la trajectoire de l’économie.
Un expert du FMI, sous couvert d’anonymat, est cité par Al Akhbar (28 mai 2025) : “Le Liban a besoin de transparence statistique pour rétablir la confiance. Sans données fiables, ni les bailleurs ni les investisseurs ne peuvent s’engager sérieusement”.
Justice: lenteurs procédurales et tensions institutionnelles
L’actualité judiciaire libanaise au 28 mai 2025 révèle les limites structurelles d’un système judiciaire paralysé par l’instrumentalisation politique, les pressions économiques et le manque de ressources. Les affaires de corruption et les grands dossiers criminels avancent lentement, tandis que les tensions entre juges, responsables politiques et organes de contrôle se multiplient, compromettant les perspectives de réformes crédibles.
Dossier des silos du port de Beyrouth : inertie et opacité
Le dossier de l’explosion du port de Beyrouth en août 2020 demeure enlisé. Nahar (28 mai 2025) évoque “l’absence de toute avancée substantielle”, malgré les nombreuses relances de familles des victimes. Le juge Tarek Bitar, longtemps en charge de l’enquête, n’a toujours pas été remplacé officiellement, et aucune nomination nouvelle n’a été validée par le Conseil supérieur de la magistrature.
Selon une source judiciaire citée par le journal, “le blocage est désormais politique autant qu’administratif, aucun consensus n’existant sur l’identité du magistrat apte à reprendre une enquête aussi sensible”. Le journal ajoute que plusieurs dossiers annexes ont été mis en sommeil, notamment celui concernant les défaillances des services de renseignement et les contrats de stockage de nitrate d’ammonium.
Corruption administrative : réactivation partielle des enquêtes
Dans un autre registre, Al Akhbar (28 mai 2025) rapporte que l’Inspection centrale a rouvert plusieurs enquêtes concernant les marchés publics attribués entre 2022 et 2024 dans les ministères de l’Énergie et des Travaux publics. Selon les premières vérifications, des surfacturations de l’ordre de 30 à 45% ont été constatées sur des projets routiers dans le Akkar et le Liban-Sud.
Le journal indique que “des convocations ont été envoyées à d’anciens directeurs généraux et à des entrepreneurs”, mais que “les pressions politiques pour étouffer les dossiers restent très fortes”. Un ancien ministre, dont le nom n’est pas cité, aurait tenté d’interférer auprès de la Cour des comptes pour “éviter une transmission au parquet financier”.
Ad Diyar (28 mai 2025) fait état de tensions croissantes au sein de cette juridiction. Une source interne y déclare : “La justice financière ne peut rien tant que le Conseil des ministres ne valide pas les moyens matériels et humains indispensables à notre mission”.
Affaires pénales : criminalité organisée et homicides en hausse
Les journaux Al Joumhouriyat et Al Liwa’ (28 mai 2025) consacrent plusieurs articles à la recrudescence des violences liées au trafic de drogue et aux règlements de comptes familiaux. Le cas le plus marquant concerne un double homicide à Hermel impliquant deux clans rivaux. Selon les autorités judiciaires, “le mobile serait un litige foncier datant de plusieurs décennies, relancé par une succession mal réglée”.
Les enquêteurs font face à une “loi du silence imposée par les structures claniques”, selon Al Joumhouriyat. Le parquet de Baalbek a requis l’arrestation de plusieurs individus mais se heurte à des refus de coopération de certaines unités sécuritaires locales.
Al Bina’ (28 mai 2025) souligne que “le nombre d’affaires d’homicides non élucidées a augmenté de 27% depuis janvier 2024, dans un contexte de désengagement progressif des forces de sécurité, en raison du non-paiement régulier de leurs soldes”.
Enjeux de gouvernance judiciaire : tensions au sein des institutions
Al Sharq Al Awsat (28 mai 2025) révèle des dissensions majeures au sein du Conseil supérieur de la magistrature, entre les juges réformistes proches du courant présidentiel et les magistrats soutenus par des partis traditionnels. Ces rivalités entravent la nomination d’un nouveau procureur de la République à Beyrouth, poste vacant depuis huit mois.
Le journal évoque également une crise de légitimité concernant le Conseil d’État, dont plusieurs décisions récentes ont été remises en cause par des ministres, au mépris du principe de séparation des pouvoirs. Une source proche du président Joseph Aoun, citée anonymement, confie : “Nous ne pouvons plus tolérer que l’exécutif défie publiquement les arrêts de justice ; c’est une dérive autoritaire”.



