La mise en œuvre du cessez-le-feu entre Israël et le Liban domine les actualités au 28 novembre 2024. Cet accord, signé sous la médiation des États-Unis et de la France, marque une tentative de stabilisation du Sud Liban après des mois de combats qui ont lourdement affecté les populations civiles et les infrastructures.
Une médiation internationale décisive
D’après An-Nahar, cet accord est présenté comme une réussite diplomatique notable, notamment pour la France, qui a multiplié les initiatives pour faire avancer les négociations. Emmanuel Macron a personnellement joué un rôle clé dans le dialogue entre les parties, en insistant sur la nécessité de rétablir la souveraineté libanaise au Sud Litani. Al-Joumhouria confirme que la médiation française a permis de lever plusieurs obstacles, notamment la gestion du retrait israélien et le rôle futur du Hezbollah dans cette région.
De son côté, Al-Sharq met l’accent sur l’activisme américain à travers Amos Hochstein, qui aurait obtenu des engagements sur la mise en place de mécanismes de surveillance aux frontières et le redéploiement des forces libanaises.
Le Hezbollah au centre des débats
Selon Al-Akhbar, proche du Hezbollah, l’accord est perçu comme une reconnaissance de facto du rôle stratégique du mouvement au Liban. Toutefois, Al-Liwaa nuance cette position, en évoquant les critiques internes au sein de la classe politique libanaise, qui dénoncent une emprise croissante du Hezbollah sur les décisions nationales, même dans un cadre de désarmement partiel.
Le gouvernement, par la voix de Najib Mikati, a réaffirmé son engagement à appliquer les termes de l’accord tout en préservant l’unité nationale. Cependant, Al-Diyar souligne les tensions latentes entre les différentes forces politiques, notamment sur l’interprétation des clauses concernant le désarmement progressif au Sud.
Les retombées pour la population du Sud
Au Sud Liban, le retour des déplacés vers leurs villages dévastés a commencé dès les premières heures suivant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. An-Nahar rapporte des témoignages poignants de familles retrouvant des maisons en ruines, mais déterminées à reconstruire. Les autorités locales, appuyées par des ONG internationales, ont lancé des opérations de déminage et d’évaluation des besoins prioritaires.
Toutefois, Al-Joumhouria avertit que les défis logistiques liés à la reconstruction et à la réhabilitation des services de base, comme l’eau et l’électricité, risquent de ralentir le retour à une vie normale.
Reconstruction et perspectives économiques
La France a annoncé un programme d’aide financière et logistique pour soutenir la reconstruction des infrastructures critiques dans les zones touchées, précise Al-Sharq. Par ailleurs, le gouvernement libanais espère que les récentes découvertes de gisements de gaz offshore joueront un rôle clé dans la relance économique du pays, à condition que les tensions sécuritaires ne compromettent pas leur exploitation.
Implications géopolitiques
Enfin, Al-Akhbar et Al-Liwaa analysent l’impact de cet accord dans le contexte régional. Ils insistent sur la fragilité de cet équilibre, marqué par des divisions internes et des enjeux internationaux. La mise en œuvre complète des termes de l’accord nécessitera une vigilance accrue pour éviter une reprise des hostilités.
Focus sur le Sud Liban : défis et reconstruction après le cessez-le-feu
Le Sud Liban, région directement touchée par les récents affrontements entre le Hezbollah et Israël, amorce une phase critique de réhabilitation et de stabilisation suite à la mise en œuvre du cessez-le-feu. Les défis y sont multiples : retour des déplacés, sécurisation des zones, et reconstruction des infrastructures vitales.
Retour des déplacés : une urgence humanitaire
Dès les premières heures du cessez-le-feu, des milliers de familles ont entrepris de regagner leurs villages. An-Naharrapporte que, malgré les destructions massives, les habitants montrent une résilience impressionnante, dressant des abris temporaires et partageant les ressources disponibles. Les scènes de solidarité communautaire se multiplient, avec l’aide de bénévoles et d’ONG locales.
Cependant, les dangers restent nombreux. Al-Joumhouria souligne que la présence de mines et d’engins explosifs non détonés constitue une menace immédiate pour les populations. Les opérations de déminage, bien que lancées par l’armée libanaise avec l’appui de la FINUL, avancent lentement faute de ressources suffisantes.
Déploiement militaire et enjeux de souveraineté
Le redéploiement de l’armée libanaise au sud du Litani, prévu dans le cadre de la résolution 1701, est présenté par Al-Sharq comme une étape essentielle pour rétablir la souveraineté nationale. Ce déploiement, appuyé par la FINUL, vise à empêcher toute reprise des hostilités et à sécuriser les frontières.
Cependant, Al-Diyar note que des tensions sporadiques continuent d’opposer des forces israéliennes et des groupes armés non identifiés, notamment autour des villages frontaliers. Ces incidents soulignent la fragilité de la situation et la nécessité d’un suivi international rigoureux.
Reconstruction : un défi logistique et financier
La reconstruction du Sud Liban apparaît comme une priorité pour le gouvernement libanais et ses partenaires internationaux. An-Nahar rapporte que la France a annoncé une aide financière pour la réhabilitation des infrastructures critiques, notamment les routes, les écoles et les hôpitaux. Toutefois, la lenteur des démarches administratives et les contraintes budgétaires risquent de ralentir ces projets.
Al-Joumhouria met également en avant les difficultés rencontrées par les agriculteurs, dont les terres ont été gravement endommagées. La perte de récoltes et de bétail aggrave l’insécurité alimentaire dans la région, nécessitant une intervention ciblée pour relancer l’économie rurale.
Espoirs et perspectives
Malgré ces défis, le Sud Liban symbolise l’espoir d’un renouveau pour le pays. Al-Akhbar souligne que la résilience des habitants et les efforts conjoints de la société civile et des autorités locales pourraient poser les bases d’une reconstruction durable. Le retour progressif des services de base, bien que limité, marque un début encourageant pour les communautés affectées.
Politique locale : fractures internes et enjeux institutionnels
La mise en œuvre du cessez-le-feu entre le Liban et Israël a mis en lumière des divisions persistantes au sein de la classe politique libanaise. Entre débats sur la souveraineté nationale et réformes institutionnelles nécessaires, le pays fait face à des défis majeurs qui conditionnent son avenir politique et social. Les tensions internes, amplifiées par la crise économique et sociale, reflètent un besoin urgent de réformes et de consensus.
L’importance du déploiement de l’armée libanaise
La réaffirmation de la souveraineté nationale par le déploiement de l’armée libanaise au Sud est perçue comme une avancée significative, selon An-Nahar. Cette opération vise à renforcer le contrôle de l’État dans une région historiquement dominée par le Hezbollah et marquée par des décennies de conflit. Le Premier ministre Najib Mikati a déclaré que ce déploiement était une étape clé pour rétablir la confiance internationale et assurer la stabilité à long terme du pays. Selon lui, l’armée libanaise doit être la seule force légitime opérant dans ces zones.
Cependant, cette décision suscite des divergences au sein de la classe politique. Al-Joumhouria rapporte que certains partis, notamment ceux opposés au Hezbollah, critiquent un manque de transparence dans la mise en œuvre des clauses de désarmement prévues par l’accord de cessez-le-feu. Ces critiques soulèvent des questions sur la capacité réelle de l’État à s’imposer face à des acteurs non étatiques puissants. En parallèle, des personnalités influentes appellent à un dialogue national pour clarifier les objectifs de ce déploiement et renforcer l’unité nationale.
L’élection présidentielle : un blocage prolongé
La crise politique libanaise est exacerbée par l’absence prolongée d’un président. Le pays demeure sans chef d’État depuis plus d’un an, une situation qui paralyse ses institutions et complique la prise de décisions stratégiques. Al-Diyarmet en lumière l’incapacité des principaux partis politiques à s’accorder sur un candidat de consensus. Nabih Berri, président du Parlement, a renouvelé son appel à un dialogue national, soulignant que l’élection présidentielle est cruciale pour surmonter les défis actuels.
Malgré ces appels, les négociations restent dans l’impasse. Selon Al-Sharq, les divisions confessionnelles et politiques empêchent tout progrès. Les partis chrétiens insistent sur un candidat qui garantirait l’équilibre des pouvoirs, tandis que les factions chiites, dont le Hezbollah, préfèrent un président favorable à la Résistance. Ces divergences reflètent des fractures historiques dans le système politique libanais, où le confessionnalisme complique les prises de décisions collectives.
Le rôle du Hezbollah dans le débat politique
Le Hezbollah, acteur central de la scène politique libanaise, reste au cœur des discussions sur l’avenir du pays. Al-Akhbar, proche du mouvement, défend l’idée que la Résistance joue un rôle vital dans la sécurité nationale face aux menaces israéliennes. Ses partisans soutiennent que le maintien des capacités militaires du Hezbollah est nécessaire pour préserver un équilibre de dissuasion.
Cependant, cette position est contestée par une partie de la classe politique et de la société civile. Al-Liwaa et An-Naharrelayent les préoccupations de certains partis qui considèrent que l’emprise croissante du Hezbollah sur des secteurs clés empêche l’État de s’affirmer pleinement. Ils soulignent également que cette domination entrave les relations internationales du Liban, notamment avec les pays arabes et occidentaux qui critiquent l’influence iranienne à travers le Hezbollah.
Les réformes économiques et sociales en attente
La crise politique aggrave une situation économique déjà critique. Al-Joumhouria souligne que l’absence de réformes structurelles, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la gouvernance publique, freine les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Le FMI exige des mesures strictes pour débloquer les financements, notamment une plus grande transparence dans la gestion des fonds publics et une réduction de la corruption endémique.
Parallèlement, la population libanaise continue de souffrir des conséquences de l’effondrement économique. La dévaluation massive de la livre libanaise a réduit le pouvoir d’achat des citoyens, tandis que l’accès aux services de base reste limité. An-Nahar rapporte que les pénuries d’électricité et de carburant paralysent les activités économiques, augmentant la frustration de la population face à l’inaction des dirigeants.
Les appels à un dialogue national
Face à cette impasse, plusieurs personnalités politiques et religieuses appellent à un dialogue national pour résoudre les crises interconnectées du Liban. Al-Diyar mentionne que certains acteurs, notamment des membres du Parlement et des représentants des communautés religieuses, plaident pour une réforme du système politique, avec l’idée d’abandonner progressivement le confessionnalisme en faveur d’un État civil. Ces propositions, bien qu’ambitieuses, rencontrent une forte résistance de la part des factions politiques traditionnelles, qui craignent de perdre leur influence.
La pression internationale et les opportunités
Enfin, Al-Sharq souligne que la communauté internationale continue de jouer un rôle important dans la gestion des crises libanaises. Les donateurs internationaux, notamment la France et les Nations Unies, insistent sur la nécessité d’adopter des réformes pour bénéficier de l’aide financière. Cependant, ces pressions externes ne suffisent pas à surmonter les divisions internes, et le Liban risque de rater des opportunités cruciales pour sa relance économique et politique.



