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Revue de presse: Pressions régionales et bras de fer autour du Liban

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Une visite saoudienne à haute portée stratégique à Washington

Le 19 novembre 2025, les journaux arabophones accordent une place centrale à la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman à la Maison Blanche. Selon Al Sharq du 19 novembre 2025, le président américain Donald Trump l’accueille dans les jardins de la Maison Blanche avec vingt et une salves d’artillerie, un tapis rouge et un survol d’avions de combat, dans un dispositif présenté comme l’un des plus solennels de son second mandat. Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 souligne que cette mise en scène illustre la volonté affichée des deux capitales de consolider une « sharakah bila houdoud », une coopération sans limites, inscrite dans la continuité d’une alliance vieille de plusieurs décennies. Nahar du 19 novembre 2025 insiste sur les détails symboliques, comme le passage du prince héritier dans la galerie des portraits présidentiels, en présence de Trump, et les échanges très chaleureux devant la presse. Al Sharq du 19 novembre 2025 note que la télévision saoudienne et les canaux officiels ont diffusé en direct la cérémonie, présentant la scène comme l’illustration d’un partenariat redevenu central pour la stabilité du Moyen Orient.

Au delà du protocole, plusieurs titres détaillent un agenda jugé dense. Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 écrit que les discussions portent sur la défense, l’énergie, les métaux stratégiques, les technologies de pointe et l’intelligence artificielle, avec en toile de fond un volume d’investissements saoudiens prévu aux États Unis qui pourrait, à terme, approcher mille milliards de dollars. Le même quotidien rappelle que Riyad met désormais en avant son secteur minier, évalué à deux mille cinq cents milliards de dollars, comme un troisième pilier de son économie et un instrument de poids dans la relation avec Washington. Nahar du 19 novembre 2025 rapporte les déclarations de Trump, qui présente Mohammed ben Salman comme un « ami de longue date » et salue les transformations engagées dans le cadre de la Vision 2030, dans un ton qui vise à tourner la page des tensions passées.

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Les journaux replacent l’événement dans un contexte régional marqué par les guerres et les recompositions. Al Sharq du 19 novembre 2025 souligne que la rencontre survient alors que la guerre de Gaza se prolonge, que les tensions en mer Rouge persistent et que les discussions sur le dossier nucléaire iranien restent ouvertes. Dans cette perspective, l’affichage d’un front resserré entre Washington et Riyad apparaît comme un message adressé à la fois à Téhéran et aux capitales arabes engagées dans différents formats de normalisation avec Israël. Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 établit un lien direct entre cette visite et l’effort de l’administration Trump pour donner un habillage régional élargi à sa feuille de route pour Gaza, désormais validée par le Conseil de sécurité.

Gaza au Conseil de sécurité, entre légitimation internationale et critiques régionales Le sujet figure en place dans les unes du jour.

La transformation du plan Trump pour Gaza en résolution du Conseil de sécurité fait l’objet d’une large couverture. Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 rappelle que le texte est adopté par treize voix sur quinze, la Russie et la Chine s’abstenant sans recourir au veto, et qu’il crée un « Conseil de paix » présidé par Trump, chargé de superviser le cessez le feu, le déploiement d’une force multinationale et un processus de désarmement des groupes armés. Al Sharq du 19 novembre 2025 précise que le mandat de cette force doit courir jusqu’à la fin de l’année 2027, tandis qu’Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 relève le soutien apporté par plusieurs capitales arabes et musulmanes, alors que des factions palestiniennes dénoncent un cadre jugé déséquilibré, qui concentre les obligations sur les acteurs palestiniens et laisse les violations israéliennes du cessez le feu largement impunies.

Le front libanais entre frappes israéliennes et tensions dans les camps

Dans ce paysage, les développements au Liban occupent aussi la une, en particulier après une frappe meurtrière sur le camp d’Aïn el Hiloué. Al Akhbar du 19 novembre 2025 décrit en détail la frappe aérienne israélienne qui touche le secteur de la mosquée Khaled ben al Walid, en évoquant au moins vingt deux morts et de nombreux blessés parmi les fidèles et les habitants du quartier densément peuplé. Selon le journal, plusieurs membres de Hamas, dont des scouts, sortaient de la mosquée lorsqu’une voiture stationnée à proximité a été touchée par plusieurs missiles, provoquant des dégâts importants dans le lieu de culte, le parking et les immeubles voisins. Ad Diyar du 19 novembre 2025 mentionne un bilan provisoire de treize morts et plusieurs blessés communiqué par le ministère libanais de la Santé, en insistant sur le caractère encore évolutif des chiffres. Al Bina’ du 19 novembre 2025 parle, pour sa part, de vingt et un morts et quatre vingt quatorze blessés, en citant des sources hospitalières.

Les justifications avancées par Israël sont également rapportées. Al Bina’ du 19 novembre 2025 rappelle que l’armée israélienne présente la cible comme un « site d’entraînement » lié à Hamas à l’intérieur du camp, alors que les responsables palestiniens interrogés par les journaux contestent cette version. Al Akhbar du 19 novembre 2025 cite un communiqué de Hamas qui qualifie l’attaque de « crime de guerre » et la décrit comme une tentative de punition collective visant à intimider les réfugiés palestiniens. Le même quotidien signale l’appel à la grève générale dans tous les camps palestiniens du Liban lancé par les factions et les comités populaires. Al Bina’ du 19 novembre 2025 rapporte en parallèle les propos du ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz, affirmant qu’« il n’existe plus de considérations humanitaires » pour les camps de réfugiés au Liban et renvoyant la responsabilité à l’État libanais, ce qui est interprété comme un durcissement du discours officiel.

Un signal américain à l’armée libanaise

Les unes reviennent aussi sur l’annulation de la visite du commandant de l’armée libanaise, le général Rudolf Heikal, à Washington. Al Sharq du 19 novembre 2025 indique que la décision a été prise par le général lui même, après qu’il eut constaté la modification de son programme de rencontres avec des responsables politiques et militaires américains, désormais réduit par rapport aux plans initiaux. Le quotidien souligne que cet épisode est perçu dans plusieurs milieux politiques comme un signal de mécontentement de Washington à l’égard de la posture de l’armée dans le conflit au sud. Al Bina’ du 19 novembre 2025 va plus loin en parlant d’un « point de bascule » dans la relation entre l’administration américaine et l’institution militaire libanaise, et évoque le risque d’un début d’isolement d’une structure jusqu’ici présentée comme un partenaire privilégié.

Les réactions libanaises sont contrastées. Al Bina’ du 19 novembre 2025 rapporte les craintes de sources politiques qui estiment que les derniers communiqués de l’armée, mettant explicitement en cause Israël pour les incidents à la frontière et les tirs contre la Force intérimaire des Nations unies, ont été jugés trop proches du discours de la résistance par certains cercles américains. Al Joumhouriyat du 19 novembre 2025 cite toutefois des ministres, notamment aux Finances et à la Santé, qui appellent à « ne pas affaiblir l’armée » et rappellent qu’elle demeure, selon eux, la seule institution disposant encore d’un minimum de professionnalisme et de cohésion. Dans leurs déclarations, ils insistent sur la nécessité de maintenir les programmes de soutien logistique et de formation, tout en respectant la souveraineté des décisions libanaises en matière de sécurité.

« Beirut 1 » et la recherche d’un contrepoint économique

Pour plusieurs journaux, la tenue à Beyrouth du forum d’investissement « Beirut 1 » offre un contrechamp à cette accumulation de tensions. Ad Diyar du 19 novembre 2025 présente la conférence comme un moment où le Liban se trouve « à un carrefour », entre messages saoudiens et américains et responsabilité de l’État dans la stabilisation interne, en notant la présence d’une importante délégation venue de Riyad. Le même quotidien rappelle que l’événement s’inscrit dans une séquence plus large de retour de la diplomatie économique saoudienne au Liban. Al Sharq du 19 novembre 2025 reproduit de longs extraits du discours du président Joseph Aoun, qui affirme que le pays ne peut pas attendre la fin des tempêtes pour bâtir son avenir et que la confiance ne peut se reconstruire que par des actes, en particulier par la poursuite des réformes engagées. Al Bina’ du 19 novembre 2025 cite l’ancien ministre Wadi Abou Khazen, pour qui cette intervention dessine une « feuille de route claire » fondée sur la transparence, la reddition de comptes et une nouvelle hiérarchie où la compétence prime sur les clientélismes.

Al Joumhouriyat du 19 novembre 2025 rapporte que, lors des différentes sessions, le président Aoun, le gouverneur de la Banque du Liban Karim Souaid et plusieurs ministres économiques détaillent les chantiers en cours, des nominations administratives aux ajustements budgétaires, en invitant les investisseurs à considérer le pays comme une opportunité de long terme. Les mêmes articles soulignent l’insistance mise sur le partenariat entre secteur public et secteur privé pour relancer les infrastructures et les services essentiels. Dans la manière dont les journaux articulent ces éléments, « Beirut 1 » apparaît comme une tentative de redéfinir la place du Liban au moment où le front sud reste sous pression et où les grandes lignes de l’ordre régional sont discutées à Washington et au Conseil de sécurité. Plusieurs articles, notamment dans Ad Diyar du 19 novembre 2025, soulignent toutefois que cette relance reste fragile et dépendante des évolutions sécuritaires au sud comme des décisions prises à Washington et au Conseil de sécurité.

Politique locale: l’armée, le gouvernement et les lignes rouges internes

L’épisode de la visite annulée du commandant de l’armée à Washington

L’annulation de la visite du commandant de l’armée libanaise, le général Rudolf Heikal, à Washington s’impose comme le principal dossier de politique intérieure du 19 novembre 2025. Nahar du 19 novembre 2025 rapporte que la décision est intervenue quelques heures avant le départ, après une campagne de plusieurs sénateurs américains critiquant ouvertement le chef de l’armée et la teneur du dernier communiqué militaire sur les incidents au Sud. Le quotidien souligne que le communiqué en question mettait explicitement en cause Israël pour des violations de la souveraineté libanaise, pour la mise en danger de la Force intérimaire des Nations unies et pour l’entrave au déploiement de l’armée au Sud, sans mentionner le rôle de Hezbollah, ce qui a suscité la colère de certains membres du Congrès.

Al Sharq du 19 novembre 2025 précise que l’annulation est formellement attribuée à une décision de Rudolf Heikal lui-même, après qu’il eut constaté la modification de son programme de rencontres à Washington et la suppression d’entretiens avec plusieurs responsables de premier plan. Le journal insiste sur l’inquiétude d’une partie de la classe politique face au risque que cet épisode ne complique la poursuite des programmes de coopération militaire et des livraisons d’armement. Nahar du 19 novembre 2025 ajoute que l’ambassade américaine à Beyrouth s’est gardée de tout commentaire détaillé, se contentant de déclarer que les États Unis espèrent pouvoir reprogrammer la visite lorsque des progrès auront été enregistrés sur le dossier de la « monopolisation des armes par l’État ».

Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 indique qu’en parallèle, l’ambassade du Liban à Washington a annulé le cocktail officiel prévu en l’honneur de Rudolf Heikal, en envoyant à la liste des invités un message qui évoque un changement de programme et promet d’informer les participants d’une nouvelle date dès qu’elle sera fixée. Le journal note que cette marche arrière intervient au moment où la critique israélienne de l’armée libanaise se durcit, l’accusant d’être incapable d’appliquer la politique de limitation des armes et de pencher en faveur de la ligne défendue par Hezbollah dirigé par Naim Kassem. Dans ce contexte, le débat interne se concentre sur le degré d’autonomie que l’armée peut garder dans ses communiqués, sans compromettre le soutien international dont elle dépend toujours.

Les réactions politiques et la question de la souveraineté

Les journaux relaient de nombreuses prises de position locales autour de cet épisode. Al Bina’ du 19 novembre 2025 cite des « sources politiques » qui voient dans l’annulation de la visite un tournant dans la manière dont Washington considère l’institution militaire libanaise, évoquant le risque d’un début d’isolement et même la possibilité que des conférences internationales de soutien à l’armée soient remises en question. Les mêmes sources estiment que certains responsables américains interprètent désormais les communiqués de l’armée comme trop alignés sur la lecture de la résistance et insuffisamment critiques envers Hezbollah.

Dans ce climat, plusieurs responsables libanais cherchent à défendre l’armée comme pivot de la stabilité interne. Al Bina’ du 19 novembre 2025 rapporte ainsi les propos du ministre des Finances Yassine Jaber, qui dit espérer un règlement rapide de l’incident et insiste sur la nécessité de « donner à l’armée tout le soutien possible » et de ne pas l’affaiblir à un moment où elle demeure, selon lui, la seule institution à garder un minimum de discipline et de capacité opérationnelle. Le ministre de la Santé Rakan Nasser adopte une ligne similaire, rappelant que le pays n’a pas les moyens d’entrer dans une confrontation interne sur l’exclusivité des armes sans risquer de compromettre le fragile équilibre civil.

Al Sharq du 19 novembre 2025 met aussi en avant le soutien affiché au commandant de l’armée par des acteurs politiques d’horizons différents. Le député Mohammad Khawaja publie un message sur la plateforme X pour saluer « le rôle de l’armée libanaise et de son commandant dans la défense de la souveraineté et du territoire national », qu’il décrit comme « le sommet de la souveraineté ». Dans le même journal, l’ancien président Michel Sleiman, qui est désormais une référence historique, met en garde contre la montée d’un discours de haine et de menaces entre responsables et formations politiques sur les réseaux sociaux. Il considère que ces dérives verbales contredisent les principes minimaux de l’unité nationale et des constantes nécessaires à la protection des intérêts du pays.

La ligne du gouvernement entre justice, droits individuels et relations arabes

Sur un autre front, la position du gouvernement présidé par Nawaf Salam se manifeste à travers le traitement de dossiers sensibles et par la poursuite des contacts avec les partenaires arabes. Ad Diyar du 19 novembre 2025 rapporte que Nawaf Salam reçoit Hanniabal Kadhafi, relâché récemment, et déclare à cette occasion que ce dossier met en lumière la nécessité d’une « révision sérieuse » des pratiques judiciaires. Il souligne que la durée de détention et les conditions de ce cas imposent une réflexion sur la protection des droits individuels et sur la manière de renforcer l’indépendance de la justice pour garantir le bon fonctionnement de l’État de droit.

Le même article d’Ad Diyar du 19 novembre 2025 souligne que Nawaf Salam profite de cette séquence pour accueillir chez lui à Beyrouth la ministre émiratie de la Culture et des Affaires étrangères, Noura Al Kaabi. Il insiste sur la volonté du Liban de développer la coopération culturelle et économique avec les Émirats arabes unis, en valorisant la contribution de la diaspora libanaise dans les secteurs créatifs et dans les industries culturelles. La ministre, citée par le quotidien, répond en mettant l’accent sur la solidité de la relation entre Abou Dhabi et Beyrouth et sur une vision commune tournée vers l’avenir, ce qui est présenté comme une confirmation de l’ancrage arabe du Liban.

Al Liwa’ du 19 novembre 2025 revient d’ailleurs sur cette articulation entre politique interne et réseaux arabes en relatant une rencontre entre Nawaf Salam, des membres du gouvernement et l’ambassadeur du Liban aux Émirats. Le journal insiste sur l’importance accordée au soutien économique arabe, au moment où l’État tente de négocier des aides et des investissements pour accompagner les réformes structurelles. Dans le même temps, le gouvernement doit composer avec un mécontentement social croissant, ce qui renforce la pression pour produire des résultats tangibles en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.

La présidence, le Parlement et les dossiers institutionnels

Sur le plan institutionnel, plusieurs journaux mettent en avant la manière dont le président Joseph Aoun cherche à articuler un discours de réforme avec la préservation du consensus interne. Al Sharq du 19 novembre 2025, dans un long compte rendu de son intervention au forum « Beirut 1 », souligne que le chef de l’État a présenté une « vision claire pour la renaissance attendue du Liban », fondée sur la transparence, la responsabilité et la primauté de la compétence sur le clientélisme dans les institutions publiques. Le quotidien insiste sur la dimension politique de ce discours, qui vise à offrir un cadre de stabilité aux investisseurs tout en posant les bases d’un nouveau contrat entre l’État et la société.

Al Liwa’ du 19 novembre 2025 détaille par ailleurs l’ordre du jour de la séance du Conseil des ministres prévue au palais de Baabda, avec quarante points au programme. Le journal mentionne des projets de loi sur l’abolition de la peine de mort, des modifications au Code du travail, des nominations administratives dans les services de sécurité et l’examen de conventions de dons et d’accords avec plusieurs États. Cette liste illustre l’ampleur des dossiers en attente et suggère que l’exécutif tente de montrer sa capacité à gouverner au-delà des seules questions sécuritaires.

Le même Al Liwa’ du 19 novembre 2025 signale néanmoins des tensions autour du partage confessionnel des postes, en évoquant les critiques d’un responsable spirituel qui déplore la nomination d’un directeur général issu d’une autre communauté à un poste traditionnellement réservé aux maronites. Ce type de débat montre que la logique des équilibres communautaires continue de peser sur le fonctionnement de l’administration, et que les réformes institutionnelles doivent composer avec une culture politique encore très marquée par les quotas confessionnels.

Tensions sociales, syndicats et rapport au pouvoir

Au-delà des hautes sphères de l’État, la politique locale se manifeste aussi dans les relations tendues entre le gouvernement et les syndicats du secteur public. Al Liwa’ du 19 novembre 2025 consacre un article aux appels de la « Rabita » des employés de l’administration et des syndicats alliés à une nouvelle journée de grève et de sit-in devant le ministère des Finances. Les représentants syndicaux accusent le gouvernement de pratiquer la « procrastination systématique » et de ne pas respecter ses promesses de revalorisation salariale et de correction des indemnités. Ils affirment que l’ajustement décidé en 2019 n’a jamais été appliqué dans son intégralité et demandent une augmentation significative des rémunérations pour compenser l’effet de l’inflation.

Ce mécontentement social se double d’un débat plus large sur la manière dont l’État gère la crise économique. Al Bina’ du 19 novembre 2025 rapporte les propos de l’avocat Maen Al Asaad, proche de certains milieux souverainistes, qui affirme que les États Unis ont donné des instructions pour durcir le siège financier, politique et militaire imposé au Liban, en citant notamment une circulaire du conseil central de la Banque du Liban limitant sévèrement les transferts de petites sommes et renforçant les contrôles sur les entreprises financières. Selon lui, ces mesures vont avoir des effets « catastrophiques » sur les catégories les plus fragiles, ce qui alimente une critique interne de la capacité des dirigeants à protéger la population contre les pressions extérieures.

Al Akhbar du 19 novembre 2025 met en lumière un autre angle du débat politique en rapportant des informations sur les discussions en cours entre des capitales européennes et l’ONU autour du mandat de la Finul. Le journal indique que certains responsables français, italiens et espagnols, soucieux de maintenir leur influence et de satisfaire Washington et Tel Aviv, envisagent de revoir la mission de la Finul de manière à réduire la place de l’armée libanaise sur la ligne de cessez le feu. Dans ce scénario, l’institution militaire se retrouverait prise entre la pression internationale, les attentes internes et la confrontation en cours au Sud, ce qui en fait plus que jamais un enjeu central de la politique locale.

Ces différents éléments dessinent un champ politique libanais dominé par trois axes principaux : la gestion de la relation avec les États Unis autour du rôle de l’armée, l’effort de Joseph Aoun et de Nawaf Salam pour maintenir une ligne de réforme sans fracture interne, et la montée des tensions sociales et financières qui interrogent la capacité de l’État à répondre aux attentes de la population tout en faisant face à un environnement régional et international de plus en plus contraignant.

Citation et discours des personnalités politiques: mises en garde, réformes et alliances

La parole présidentielle à « Beirut 1 » comme boussole de la scène interne

Le 19 novembre 2025, plusieurs journaux mettent en avant le discours du président Joseph Aoun lors de l’ouverture de la conférence « Beirut 1 », présenté comme un texte de référence pour la période à venir. Selon Al Bina’ du 19 novembre 2025, Joseph Aoun affirme que « le Liban doit retrouver son rôle naturel de joueur économique et culturel dans la région, et de pont entre l’Orient et l’Occident », en reconnaissant que les réformes en cours « ne sont pas faciles » et qu’elles se heurtent à une résistance à l’intérieur même du système. Cette formulation place la réforme non comme un choix politique parmi d’autres, mais comme un passage obligé face à l’inertie institutionnelle.

Al Sharq du 19 novembre 2025 reproduit de longs extraits de ce discours et insiste sur la dimension sécuritaire du propos. Joseph Aoun y souligne que l’ouverture économique ne peut réussir sans stabilité, et que l’investisseur « doit être assuré que sa protection ne dépend pas de l’humeur de la politique mais de la solidité de la loi ». Le président insiste sur un « retour affirmé de l’ouverture du Liban sur son environnement arabe et international » et cite la présence du nouvel ambassadeur américain, Michel Issa, comme un symbole de cette orientation. Ce passage, relevé par Al Sharq, montre une volonté de lier le discours économique à une réaffirmation de l’ancrage extérieur du pays.

La tonalité générale du discours est décrite comme directe. Joseph Aoun y parle d’un « nouveau chapitre » que le pays doit écrire en s’appuyant sur une relation clarifiée entre État et secteur privé. Al Joumhouriyat du 19 novembre 2025 rappelle que le président, entouré du gouverneur de la Banque du Liban Karim Souaid et de plusieurs ministres, détaille les principales mesures déjà engagées, des nominations administratives aux ajustements financiers, afin de convaincre que la parole présidentielle s’accompagne de décisions concrètes.

Wadi Khazen et la lecture d’un discours « de rupture »

Les réactions à ce discours sont elles aussi très commentées. Al Bina’ du 19 novembre 2025 cite longuement l’ancien ministre Wadi Khazen, qui publie un texte décrivant la parole présidentielle à « Beirut 1 » comme une véritable « feuille de route pour la renaissance du Liban ». Il estime que cette intervention repose sur « la confiance, le partenariat et les opportunités », et qu’elle réaffirme la capacité du pays à retrouver sa place dans son environnement arabe et international.

Selon le même texte relayé par Al Sharq du 19 novembre 2025, Wadi Khazen insiste sur le fait que le discours de Joseph Aoun, « franc et responsable », pose les bases d’une « phase de réforme réelle » qui doit renforcer la transparence et la reddition de comptes, et reconstruire les institutions de l’État sur des bases solides où la compétence prime sur le clientélisme. Il parle d’une « approche nationale courageuse » et la présente comme une porte d’entrée pour restaurer la confiance et la stabilité.

Dans cette lecture, la dimension rhétorique n’est pas seulement valorisée pour son style. Elle est décrite comme un outil de repositionnement politique, qui cherche à déplacer le centre de gravité du débat libanais vers la question des réformes et des institutions. Le fait que ces propos soient mis en avant par plusieurs titres le même jour montre que le discours dépasse le simple cadre d’un forum économique pour devenir un repère dans la narration politique interne.

Les ministres à « Beirut 1 »: discours sectoriels et message de cohérence

Au sein de la même conférence, les interventions ministérielles viennent compléter la parole présidentielle. Ad Diyar du 19 novembre 2025 rapporte la déclaration du ministre de la Santé, Rakan Nasser, qui insiste sur « l’importance de l’investissement dans le secteur public de la santé » et évoque des projets financés par la Banque mondiale et la Banque islamique, avec pour objectif de doter les trente six hôpitaux publics d’équipements à jour. Il ajoute que la couverture sanitaire universelle reste « un rêve sur le chemin », formulant ainsi un horizon tout en reconnaissant les limites actuelles.

Le même article cite le ministre de l’Agriculture, Nizar Hani, qui annonce son intention de convoquer en février 2026 une conférence d’investissement agricole. Il rappelle que la « langue de la terre et de la vie » qu’est l’agriculture assure à la fois la sécurité alimentaire et des milliers d’emplois, tout en soulignant l’impact du changement climatique sur le secteur. Nizar Hani met en avant une progression du secteur agricole sur les cinq dernières années, avec une valeur atteignant deux milliards de dollars selon Ad Diyar, et veut renforcer ce mouvement.

Nahar du 19 novembre 2025 souligne que ces déclarations dessinent des « feuilles de route sectorielles » qui complètent la vision générale. Le quotidien résume le message des ministres en trois axes: retour du Liban sur la carte sanitaire grâce à un partenariat entre public et privé, élargissement du rôle de l’agriculture avec un objectif d’augmentation de sa part dans le PIB, et promesse d’un excédent budgétaire pour 2025 comme signal positif aux marchés. Ce cadrage donne à ces discours une portée qui dépasse la simple gestion technique des portefeuilles.

Naim Kassem: l’alarme sur la « guerre financière »

En miroir de ces discours de relance, les propos tenus par le numéro deux de Hezbollah, Naim Kassem, focalisent plusieurs unes. Al Joumhouriyat du 19 novembre 2025 consacre un dossier au thème « Hezbollah a sonné l’alarme: “mich kell marra bteslam el jarra” ». Le journal rapporte que Naim Kassem met en garde les responsables de l’État contre le risque d’entrer dans une phase incontrôlable si la campagne américaine visant les circuits financiers du parti se durcit encore.

Selon le même article, il adresse une « lettre préventive » aux autorités, leur demandant d’« éviter de tomber dans l’interdit ». Il prévient qu’une fermeture de l’institution « al Qard al Hassan » pourrait entraîner des réactions dont il veut d’ores et déjà dégager la responsabilité du parti. Al Joumhouriyat insiste sur la formule « mishe kell marra bteslam el jarra », présentée comme un code pour dire que la période de patience a des limites.

Nahar du 19 novembre 2025 replace ces propos dans le contexte d’un resserrement des contrôles internationaux sur les flux financiers liés à Hezbollah. Le quotidien évoque des démarches américaines et occidentales visant à lutter contre le transfert de fonds à travers plusieurs canaux, et explique que Naim Kassem, conscient de la pression, répond par une escalade verbale destinée autant à sa base qu’aux décideurs libanais. Le discours prend ici la forme d’un avertissement public, qui vise à redistribuer le coût politique des décisions à venir.

Sénateurs américains, ambassadeur et ministres: une dialectique de reproches et de soutien

Dans le même registre de mise en garde, certains responsables américains s’expriment directement sur le rôle de l’armée libanaise. Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 cite les sénateurs Lindsey Graham et Joni Ernst, qui qualifient les positions de l’armée de « honteuses » et affirment que ces postures en font « un mauvais investissement » pour les États Unis, après un communiqué de l’institution accusant clairement Israël de violations au Sud et de tirs contre la Finul. La sénatrice Ernst déclare, selon le journal, que le chef d’état major a offert à des « terroristes soutenus par l’Iran » une nouvelle occasion de renforcer leur position, en rejetant la faute sur Israël.

Face à ce discours accusateur, plusieurs voix libanaises tentent de rééquilibrer le message. Al Sharq du 19 novembre 2025 rapporte les propos du ministre des Finances Yassine Jaber, qui dit espérer une résolution rapide de l’incident autour de la visite annulée du commandant de l’armée à Washington et insiste sur la nécessité de « donner à l’armée tout le soutien nécessaire et de ne pas l’affaiblir ». Le ministre de la Santé, Rakan Nasser, déclare pour sa part que le gouvernement se tient « aux côtés de l’armée et de son commandant dans tout effort visant à protéger le Liban » et qu’il faut, selon lui, « renforcer le rôle de l’armée ».

Dans le même article, l’ambassadeur américain Michel Issa se montre plus réservé. Interrogé sur l’annulation de la visite du général Rudolf Heikal, il répond qu’il « n’a pas de commentaire » à faire, faute d’informations détaillées. Ce silence, juxtaposé aux phrases plus tranchées des sénateurs, dessine une palette de discours américains allant de la critique frontale à la prudence diplomatique, tandis que les ministres libanais s’efforcent de mettre en avant une ligne de soutien à l’institution militaire.

Trump et Mohammed ben Salman: la rhétorique de la « sharakah bila houdoud »

En parallèle des débats libanais, les discours prononcés à Washington par Donald Trump et Mohammed ben Salman occupent une place centrale dans les journaux arabophones. Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 décrit une « sharakah bila houdoud », une « alliance sans frontières », confirmée par les déclarations des deux responsables lors de la cérémonie d’accueil à la Maison Blanche. Trump y exprime un « grand respect » pour le roi Salman et souligne que le prince héritier est, selon lui, un ami de longue date et un partenaire clé pour la sécurité commune.

Ad Diyar du 19 novembre 2025 restitue plusieurs formulations du président américain. Il explique avoir dit au roi Salman que son fils est « vraiment remarquable », parle d’une augmentation attendue des investissements saoudiens aux États Unis jusqu’à un trillion de dollars, et annonce la possibilité d’un accord sur l’énergie nucléaire civile avec Riyad. Il évoque aussi une entente sur la vente d’avions F-35 à l’Arabie saoudite, en dépit des inquiétudes israéliennes rapportées dans d’autres articles.

Nahar du 19 novembre 2025 s’attarde davantage sur le style de Trump. Le quotidien souligne qu’il qualifie Mohammed ben Salman d’« homme très respecté » et se dit « très fier du travail accompli » par le prince héritier, y compris « en matière de droits humains », tout en rabrouant une journaliste américaine qui l’interroge sur le meurtre de Jamal Khashoggi. Dans cette séquence, le discours présidentiel cherche à refermer un chapitre polémique et à réinscrire la relation saoudo-américaine dans une logique de partenariat stratégique assumé.

Une grammaire commune: avertir, rassurer, projeter

Pris ensemble, les discours mis en avant le 19 novembre 2025 dessinent une grammaire politique fondée sur trois registres. Le premier est celui de l’avertissement, incarné par les propos de Naim Kassem ou des sénateurs américains, où la parole sert à signaler des lignes rouges et à déplacer la responsabilité d’éventuelles escalades. Le deuxième est celui de la rassurance, qu’il s’agisse du président Joseph Aoun devant les investisseurs ou de ministres libanais défendant l’armée comme pilier de stabilité. Le troisième est celui de la projection, illustré par les annonces de Trump et Mohammed ben Salman sur les investissements, la coopération nucléaire ou la fourniture d’armements.

Les journaux reprennent ces phrases, les mettent en perspective et les relient, ce qui contribue à faire de la parole politique un terrain de confrontation mais aussi un outil d’orientation. Dans le contexte libanais, les citations du jour montrent que le discours ne se limite pas à commenter les crises en cours. Il sert aussi à tenter de redéfinir les priorités, à rappeler des équilibres et à inscrire le pays dans des trajectoires régionales où le verbe et les engagements publics pèsent autant que les décisions prises en coulisses.

Diplomatie: recomposition des axes autour du Liban

Washington et Riyad affichent une « alliance sans frontières »

Les titres arabophones du 19 novembre 2025 convergent sur une même scène diplomatique centrale: la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman à la Maison Blanche. Selon Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025, Donald Trump et son invité insistent publiquement sur une « sharakah bila houdoud », une alliance sans limites entre Riyad et Washington, en soulignant que cette relation est « irremplaçable » et décisive pour la sécurité et l’économie des deux pays. La cérémonie d’accueil, décrite comme l’une des plus solennelles du second mandat de Trump, est marquée par une garde d’honneur, des salves d’artillerie et un survol d’avions de combat, détaille Al Sharq du 19 novembre 2025. Nahar du 19 novembre 2025 relève que le président américain multiplie les signes de proximité personnelle, présentant le prince héritier comme un ami et un partenaire de longue date, et mettant en avant les transformations internes engagées en Arabie saoudite.

Les journaux insistent sur la densité du programme. Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 précise que les discussions portent sur un vaste ensemble de dossiers: un accord de défense élargi, la vente envisagée de chasseurs F-35 à Riyad, un projet de coopération nucléaire civile et un volume d’investissements saoudiens aux États-Unis qui pourrait approcher, à terme, le seuil du trillion de dollars. Ad Diyar du 19 novembre 2025 souligne que ces annonces interviennent alors que les États-Unis cherchent à consolider une architecture régionale autour de leurs partenariats avec des puissances clés comme l’Arabie saoudite, au moment où le conflit à Gaza et les tensions maritimes en mer Rouge restent ouverts.

Dans plusieurs commentaires, la dimension symbolique de cette visite est présentée comme un signal adressé à plusieurs capitales. Al Sharq du 19 novembre 2025 insiste sur le message envoyé à l’Iran, alors que le dossier nucléaire revient au centre des échanges entre Téhéran et les grandes puissances. Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 évoque, de son côté, l’inquiétude exprimée en Israël face à la perspective de voir Riyad accéder à des capacités militaires et nucléaires avancées, tout en notant que les responsables américains tentent de rassurer sur le maintien du « qualitative military edge » israélien.

Le retour saoudien à Beyrouth à travers « Beirut 1 »

Cette séquence diplomatique a une déclinaison directe au Liban. Ad Diyar du 19 novembre 2025 consacre un long reportage à la présence à Beyrouth du prince Yazid ben Farhan, à la tête d’une délégation saoudienne venue participer au forum d’investissement « Beirut 1 ». Le quotidien présente cette visite comme « un message de soutien direct » au Liban et à ses institutions, au moment où le pays traverse une phase critique sur les plans économique et sécuritaire. La participation d’un large groupe d’hommes d’affaires saoudiens et de responsables économiques est décrite comme la traduction concrète de la volonté de Riyad d’accompagner les efforts de redressement libanais.

Dans le même article, Ad Diyar du 19 novembre 2025 souligne que la présence saoudienne à « Beirut 1 » est perçue par de nombreux participants comme le prolongement, sur le terrain libanais, de la nouvelle phase de resserrement stratégique entre Washington et Riyad. Les interventions des représentants saoudiens mettent l’accent sur la nécessité de réformes structurelles au Liban, sur la lutte contre la corruption et sur la reconstruction d’un environnement favorable aux investissements, tout en réaffirmant l’attachement de l’Arabie saoudite à la stabilité du pays et à ses institutions légitimes.

Al Sharq du 19 novembre 2025 insiste sur la dimension politique de ces messages. Le journal relève que les responsables saoudiens évitent les polémiques internes libanaises, mais renvoient systématiquement à la centralité de l’État et à l’importance du respect des résolutions internationales concernant la souveraineté du Liban. Cette posture est décrite comme une manière d’affirmer un retour de la diplomatie saoudienne à Beyrouth, après une phase de retrait relatif.

Washington, Beyrouth et le dossier sensible de l’armée libanaise

La relation triangulaire entre Washington, Beyrouth et Riyad s’inscrit aussi dans le dossier de l’armée libanaise. Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 rapporte que les sénateurs américains Lindsey Graham et Joni Ernst ont attaqué publiquement l’institution militaire libanaise, qualifiant certaines de ses positions de « honteuses » et mettant en doute la pertinence de la poursuite de l’aide américaine après un communiqué de l’armée qui pointait clairement la responsabilité israélienne dans les violations au Sud et dans des incidents visant la Finul. Dans ce contexte, Nahar du 19 novembre 2025 et Al Sharq du 19 novembre 2025 indiquent que la visite du commandant de l’armée Rudolf Heikal à Washington a été annulée, après la révision à la baisse du programme de ses rencontres avec les responsables américains.

Les réactions libanaises à cet épisode prennent une tournure diplomatique. Ad Diyar du 19 novembre 2025 insiste sur le fait que la décision a été officiellement présentée comme un choix du commandant de l’armée, afin d’éviter une image d’humiliation. Al Sharq du 19 novembre 2025 cite des sources politiques qui y voient un « nouveau niveau de pression américaine » visant à accélérer les discussions internes sur la question des armes en dehors du contrôle de l’État. Al Joumhouriyat du 19 novembre 2025 rapporte que plusieurs ministres, dont Yassine Jaber et Rakan Nasser, ont exprimé publiquement leur soutien à l’armée et à son commandant, en insistant sur la nécessité de ne pas affaiblir une institution considérée comme l’ossature de la stabilité interne.

Parallèlement, Al Bina’ du 19 novembre 2025 évoque des calculs diplomatiques complexes autour du renouvellement du mandat de la Finul. Le journal rapporte des informations sur des échanges entre des capitales européennes, Washington et Tel Aviv concernant l’éventuelle redéfinition du rôle de la force internationale, dans un sens qui pourrait réduire la place de l’armée libanaise sur la ligne de cessez-le-feu. Ce scénario est présenté comme un élément supplémentaire de pression sur Beyrouth, en plaçant l’institution militaire au cœur d’une négociation à plusieurs niveaux.

Médiations internationales et marges de manœuvre régionales

Au-delà du dossier libanais, les pages diplomatiques des journaux du 19 novembre 2025 reflètent un paysage régional où les médiations et les initiatives se multiplient. Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 indique que Téhéran examine une proposition de médiation russo-chinoise visant à faciliter la coopération de l’Iran avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, dans un contexte marqué par des tensions récurrentes sur les inspections et le niveau d’enrichissement de l’uranium. La même source souligne que Moscou et Pékin cherchent à se positionner comme garants d’un cadre négocié, face à la ligne plus dure défendue par certains États occidentaux.

Dans un autre registre, Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 évoque une initiative turque pour relancer des discussions entre la Russie et l’Ukraine. Le journal rapporte que le ministre turc des Affaires étrangères a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky en Turquie pour discuter de la reprise de pourparlers, après plusieurs cycles infructueux. Le texte rappelle que les précédentes tentatives n’avaient pas abouti à un cessez-le-feu durable, mais que des échanges limités de prisonniers avaient été obtenus. Cette diplomatie active est présentée comme une illustration de l’ambition turque de rester un acteur de médiation dans les crises internationales.

Parallèlement, Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 signale l’inquiétude de l’Algérie face à ce qu’elle décrit comme un « déplacement de combattants extrémistes » vers le Mali, en soulignant la crainte d’un effet de contagion au Sahel et dans la région du Maghreb. Ce type de préoccupations sécuritaires nourrit une coordination diplomatique renforcée entre les capitales nord-africaines et leurs partenaires européens.

Le dossier Gaza et la diplomatie onusienne

Le front diplomatique le plus sensible demeure celui de Gaza. Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 explique que le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, par treize voix sur quinze, une résolution basée sur la « feuille de route » préparée par Donald Trump pour la bande de Gaza. Le texte crée un « Conseil de paix » dirigé par le président américain pour superviser un cessez-le-feu, un déploiement de forces internationales et un processus de désarmement des groupes armés. Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 note que la Russie et la Chine se sont abstenues, tout en laissant passer la résolution, ce qui permet à Washington de revendiquer un succès diplomatique important.

Les réactions sont cependant contrastées. Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 rapporte que plusieurs factions palestiniennes, dont Hamas, rejettent le texte, estimant qu’il ouvre la voie à des arrangements sécuritaires imposés et à une forme de tutelle internationale sur Gaza, sans imposer de garanties solides sur la fin des opérations israéliennes. Le journal cite des critiques qui redoutent que la force internationale prévue ne soit utilisée pour contrôler les militants plutôt que pour protéger les civils. Dans le même temps, Al Sharq du 19 novembre 2025 indique que le bureau du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou salue la résolution et rend hommage à Trump, tandis que certains responsables israéliens, comme Avigdor Lieberman, expriment des réserves en craignant l’émergence d’un État palestinien et l’accès de Riyad à des capacités sensibles.

Pour le Liban, cette nouvelle donne diplomatique est décrite comme un paramètre supplémentaire à intégrer. Al Bina’ du 19 novembre 2025 souligne que le pays sera affecté par toute évolution régionale concernant Gaza, que ce soit par des risques de débordement sécuritaire ou par les effets sur les équilibres entre l’axe américain-saoudien et les alliés de l’Iran. Les marges de manœuvre de Beyrouth apparaissent réduites, mais les journaux notent que la diplomatie libanaise tente de préserver ses relations avec l’ONU et de maintenir une position attachée au droit international, dans un environnement où les grandes lignes sont décidées dans d’autres capitales.

Politique internationale: recomposition des équilibres au Moyen Orient et au delà

Tensions diplomatiques autour du dossier palestinien et de Gaza

Le 19 novembre 2025, la scène internationale reste dominée par la question palestinienne et par les suites de la guerre à Gaza. Selon Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte à une large majorité une résolution fondée sur la feuille de route élaborée par le président américain Donald Trump pour la bande de Gaza. Le texte prévoit la création d’un « Conseil de paix » présidé par Trump, chargé de superviser le cessez le feu, le déploiement d’une force multinationale et un processus de désarmement des groupes armés. Al 3arabi Al Jadid souligne que la Russie et la Chine choisissent l’abstention, ce qui permet à Washington de présenter ce vote comme un succès diplomatique tout en révélant des réserves de deux grandes puissances.

Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 précise que la résolution détaille un calendrier politique et sécuritaire pour Gaza, mais laisse des zones d’ombre sur la nature exacte de la force internationale et sur les garanties concrètes pour les civils. Le journal relève que les obligations sont formulées de manière plus stricte pour les acteurs palestiniens que pour Israël, notamment sur le désarmement, la circulation des biens et la levée du blocus. Cette asymétrie nourrit des critiques dans plusieurs capitales de la région, où l’on craint que l’outil onusien serve surtout à entériner un rapport de force existant.

Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 rapporte que des factions palestiniennes, dont Hamas, rejettent le texte en affirmant qu’il ouvre la voie à une forme de tutelle internationale sur Gaza. Des responsables palestiniens cités par le journal redoutent que la force déployée soit chargée de contrôler la résistance plus que de protéger la population, et estiment que la résolution ne contient pas de mécanismes efficaces pour empêcher de nouvelles opérations israéliennes. En parallèle, Al Sharq du 19 novembre 2025 indique que le bureau du Premier ministre israélien salue la résolution et rend hommage à Trump, voyant dans ce vote la reconnaissance d’une vision sécuritaire qui reste centrée sur les préoccupations d’Israël.

Escalade en Cisjordanie et inquiétudes sur une explosion généralisée

Les tensions ne se limitent pas à Gaza. Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 consacre un article à la situation en Cisjordanie, où les autorités israéliennes redoutent, selon leurs propres termes, une explosion de colère palestinienne. Le quotidien décrit une attaque au carrefour de la colonie de Gush Etzion, au sud de Bethléem. L’armée israélienne présente l’événement comme une opération de voiture bélier suivie de coups de couteau. Deux Palestiniens sont tués, un Israélien est tué et plusieurs autres sont blessés. Les familles des auteurs subissent immédiatement des raids et des arrestations dans leurs localités d’origine.

Le même article décrit le climat de peur dans un village voisin, où des dizaines de colons se livrent, la veille, à des attaques contre des maisons et des véhicules, incendiant des voitures et tentant de pénétrer dans des habitations. Al 3arabi Al Jadid explique que l’armée israélienne installe des points de contrôle, tout en annonçant vouloir poursuivre les « terroristes » responsables des attaques. Pour de nombreux Palestiniens interrogés, cette attitude confirme l’impunité de facto dont bénéficient les colons, ce qui alimente encore la colère et renforce le soutien aux opérations de résistance armée.

Sur le plan politique, Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 note que plusieurs factions palestiniennes saluent l’attaque de Gush Etzion comme une réponse directe aux violences des colons et aux meurtres commis en Cisjordanie. Le gouvernement israélien, lui, cherche à rassurer ses partenaires occidentaux en promettant de sanctionner certains extrémistes parmi les colons, tout en maintenant sur le terrain une politique de fermeté accrue. Cette dualité entre discours de retenue et pratiques coercitives complique la mise en œuvre de la feuille de route onusienne et laisse planer le risque d’un embrasement plus large.

Syrie: justice interne, incursions israéliennes et présence russe

Un autre dossier majeur de politique internationale concerne la Syrie. Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 indique que les autorités syriennes lancent à Alep la première audience d’un procès consacré aux « événements de la côte », des violences survenues dans la région littorale en mars 2023. Quatorze accusés comparaissent devant un tribunal, parmi lesquels d’anciens militaires et des membres des forces de sécurité intérieure. La séance est renvoyée à décembre, mais le fait de voir des agents de l’État sur le banc des accusés est présenté comme une nouveauté, même si des défenseurs des droits humains interrogés par le journal restent prudents sur la portée réelle de la démarche.

Dans le même temps, la situation sécuritaire dans le sud du pays reste instable. Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 rapporte que des unités de l’armée israélienne pénètrent dans deux zones rurales des gouvernorats de Deraa et de Quneitra, à proximité du Golan occupé, dans ce que le journal qualifie de nouvelles intrusions. Une délégation militaire technique russe, arrivée de la base de Hmeimim, effectue en parallèle une tournée dans le sud pour inspecter des sites et des infrastructures le long de la ligne de séparation. Cette activité nourrit des spéculations sur la préparation d’arrangements sécuritaires dans lesquels Moscou chercherait à conserver un rôle central de garant.

Al 3arabi Al Jadid souligne que ces mouvements interviennent alors que les discussions indirectes entre Damas et Tel Aviv, encadrées par des médiateurs, semblent avoir atteint un point mort. Les responsables israéliens, selon le journal, refusent de se retirer de tous les points occupés au sud de la Syrie et conditionnent tout retrait partiel à un traité de paix complet. La partie syrienne, elle, privilégie une approche graduelle, centrée d’abord sur la sécurité et la fin des incursions. Dans ce dossier, la dimension diplomatique reste étroitement liée au rapport de force militaire, sans perspective claire de règlement.

Médiation turque dans la guerre en Ukraine et inquiétudes africaines

Au delà du Proche Orient, les journaux arabophones suivent d’autres initiatives diplomatiques. Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 indique que la Turquie tente de relancer une médiation entre la Russie et l’Ukraine. Le quotidien rapporte que le ministre turc des Affaires étrangères rencontre le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour discuter des conditions d’un retour à des pourparlers directs ou indirects avec Moscou. Al Sharq Al Awsat rappelle que plusieurs cycles de discussions organisés par Ankara n’ont pas débouché sur un cessez le feu durable, mais ont permis des échanges de prisonniers et des arrangements ponctuels sur les corridors céréaliers.

Le même journal souligne que la nouvelle initiative turque intervient au moment où la guerre en Ukraine s’inscrit dans la durée et où les grandes capitales européennes semblent concentrées sur d’autres priorités. La Turquie cherche à consolider son image de médiateur entre l’Est et l’Ouest, en capitalisant sur ses liens avec les deux belligérants. Sa marge de manœuvre reste toutefois limitée par les attentes parfois divergentes de ses partenaires occidentaux et par la nécessité de ménager sa relation avec Moscou.

Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 signale également l’inquiétude croissante de l’Algérie face au déplacement de combattants extrémistes vers le Mali et la région du Sahel. Les autorités algériennes redoutent que la reconfiguration des dispositifs sécuritaires dans la zone ne crée un vide exploité par des groupes armés, avec un risque de contagion vers le Maghreb. Cette préoccupation se traduit par une intensification des contacts diplomatiques entre Alger, Bamako et plusieurs capitales européennes, dans le but de coordonner les efforts de lutte contre le terrorisme et de prévenir une déstabilisation plus large.

Le dossier nucléaire iranien et le rôle de Moscou et Pékin

Enfin, Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 évoque les mouvements autour du programme nucléaire iranien. Le journal indique que Téhéran étudie une proposition de médiation russo chinoise destinée à faciliter sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, dans un moment où les tensions avec les pays occidentaux restent vives sur le niveau d’enrichissement de l’uranium. Moscou et Pékin cherchent à se présenter comme des garants d’un accord technique qui permettrait à l’Iran de conserver une partie de ses acquis tout en évitant une nouvelle escalade de sanctions.

Al Sharq Al Awsat note que cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large où la Russie et la Chine renforcent leur présence diplomatique au Moyen Orient, en offrant leurs services de médiation sur plusieurs dossiers, de la Syrie au Golfe. Pour plusieurs capitales arabes, cette diversification des parrains potentiels représente à la fois une opportunité et un défi, car elle oblige à ajuster des équilibres traditionnellement fondés sur le lien avec les États Unis et l’Europe. Dans ce jeu complexe, le Liban apparaît indirectement concerné, mais les journaux du 19 novembre 2025 se concentrent surtout sur la dimension régionale et globale de ces recompositions. Les enjeux vont de la sécurité énergétique aux flux migratoires, en passant par la stabilité financière et la gestion des technologies stratégiques.

Économie: signaux de reprise fragile et redéploiement des investissements

Beirut 1 comme vitrine d’un Liban « capable de se relever »

Le 19 novembre 2025, la couverture est dominée par le forum d’investissement « Beirut 1 », présenté comme un test de crédibilité pour la relance libanaise. Ad Diyar du 19 novembre 2025 rappelle que le forum se tient sur le front de mer, au Seaside Pavillon, sous le titre « Beyrouth renaît de nouveau », sous le parrainage du président Joseph Aoun et en présence de ministres, de députés, d’instances économiques, de diplomates et d’investisseurs.

Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 décrit un rassemblement de délégations arabes, du Golfe et occidentales, avec des représentants de la Banque mondiale, de fonds arabes et de groupes internationaux. Selon le quotidien, beaucoup de participants veulent vérifier si le Liban dispose d’un cap économique lisible et d’un calendrier réaliste de réformes. Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 voit dans la présence saoudienne et dans la participation d’acteurs bancaires américains une « marque de confiance prudente » et estime que le pays commence à poser « l’ossature » d’un retour au dialogue avec les investisseurs internationaux. 

Al Joumhouriyat du 19 novembre 2025 rappelle qu’au fil des sessions, le président Aoun, le gouverneur de la Banque du Liban Karim Souaid et plusieurs ministres détaillent les chantiers en cours, des nominations administratives aux ajustements financiers. Le quotidien insiste sur la volonté d’illustrer une continuité de travail plutôt qu’un simple exercice d’image. Ad Diyar du 19 novembre 2025 résume la journée en parlant d’une « vision économique prometteuse » et d’un Liban « capable de se relever », à condition que les annonces se traduisent en lois et en décisions administratives. 

Retour saoudien et attentes conditionnelles

Les articles économiques soulignent le rôle spécifique de l’Arabie saoudite. Ad Diyar du 19 novembre 2025 mentionne la venue au forum du prince Yazid ben Farhan, à la tête d’une délégation saoudienne, et présente ce déplacement comme un signal direct de soutien. Le journal cite des sources qui décrivent la réactivation envisagée d’accords économiques entre Riyad et Beyrouth comme une « récompense » pour les efforts en matière de sécurité, de lutte contre le trafic de drogue et de coopération avec les capitales arabes. 

Nahar du 19 novembre 2025 voit dans la participation saoudienne à « Beirut 1 » l’un des premiers « indicateurs de retour » de Riyad sur la scène économique libanaise. Le quotidien estime que les mesures de contrôle des frontières et de réduction de la contrebande commencent à produire des effets visibles, mais il souligne que l’appui saoudien restera lié à un cahier des charges en matière de réformes et de monopole de la force publique par l’État. 

Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 inscrit ces signaux dans une stratégie saoudienne plus large, marquée par un redéploiement des investissements vers des secteurs comme les mines, la technologie et les infrastructures. Dans ce contexte, le Liban apparaît comme une option parmi d’autres, et le pays doit prouver qu’il peut offrir un minimum de stabilité politique, de sécurité juridique et de transparence aux capitaux qui disposent aujourd’hui d’un large choix de destinations. 

Réformes financières et crédibilité budgétaire

Parallèlement au récit du forum, plusieurs journaux détaillent les réformes financières engagées. Al Sharq du 19 novembre 2025 publie un entretien avec le ministre des Finances Yassine Jaber, qui affirme que le ministère a commencé à « réorganiser la situation budgétaire » et à rééquilibrer les finances publiques. Il insiste sur l’objectif de sortir d’une logique de déficit financé par l’endettement systématique. 

Jaber rappelle qu’un ensemble de lois ont été adoptées pour « remettre de l’ordre » dans le système bancaire. Al Sharq du 19 novembre 2025 cite la révision du secret bancaire, la loi de réorganisation du secteur et le travail en cours sur un texte destiné à traiter la « faille financière » née de l’effondrement. Le ministre explique qu’il vise une adoption avant la fin de l’année, tout en reconnaissant que les tensions politiques peuvent influer sur le calendrier et le contenu final. 

Al Akhbar du 19 novembre 2025 rapporte qu’un responsable de la Banque du Liban, intervenant dans une session fermée, affirme que la priorité de l’institution est la restitution des dépôts plutôt que la simple réduction du nombre de banques. Il ajoute que les déposants ont été « piégés » par le système et que la carte du secteur sera redessinée selon une logique de survie pour les établissements les plus solides. Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 relie ces réformes à la capacité du Liban à négocier avec le Fonds monétaire international. Le journal souligne que les partenaires exigent des lois applicables et des institutions capables de les faire respecter, sans quoi les annonces ne produiraient pas d’effet économique réel. 

Énergie et mise en vitrine du secteur électrique

La question de l’énergie occupe une place centrale dans le volet économique. Al Akhbar du 19 novembre 2025 rapporte que le ministre de l’Énergie, Joe Sadi, présente à « Beirut 1 » un projet de centrale au gaz d’une capacité de mille six cents mégawatts, classé comme l’un des plus importants projets de partenariat public privé. L’investissement est estimé à environ deux milliards et demi de dollars. Le schéma offrirait au secteur privé un rôle élargi dans la production d’électricité, à travers des contrats qui reviennent à céder l’exploitation d’une partie de l’outil de production.

Al Sharq du 19 novembre 2025 rappelle que le Liban vit depuis des années avec une pénurie chronique de courant et que les ménages comme les entreprises dépendent massivement de générateurs privés. Dans ce contexte, la centrale au gaz est présentée comme une chance de réduire le déficit de production, mais aussi comme un test sur la capacité de l’État à encadrer des partenariats dans un secteur stratégique sans perdre de vue l’intérêt public. Al Akhbar décrit un climat de « bazar » des projets, où l’énergie, les transports, l’eau et la santé sont tour à tour proposés à des investisseurs, ce qui nourrit le débat sur la frontière entre relance nécessaire et privatisation. 

Agriculture, sécurité alimentaire et stratégie d’investissement

L’agriculture se voit intégrée à la nouvelle carte des investissements. Al Akhbar du 19 novembre 2025 explique que le ministre de l’Agriculture, Nizar Hani, annonce pendant le forum un congrès dédié à l’investissement agricole, prévu en février 2026, dans le cadre d’un « plan agricole national » couvrant la période 2026-2036. 

Le même article précise que le ministre évalue la valeur actuelle du secteur à plus de deux milliards de dollars et fixe comme objectif de la doubler, voire de la tripler, en attirant des capitaux sur toute la chaîne de valeur, de la préparation des terres au marketing des produits. L’agriculture est présentée comme un pilier de la sécurité alimentaire et comme un réservoir d’emplois dans les régions rurales, dans un pays largement touché par le chômage. Ad Diyar du 19 novembre 2025 reprend le propos du ministre qui décrit l’agriculture comme « la langue de la terre et de la vie », en soulignant que le secteur offre, malgré les chocs climatiques, des perspectives de croissance si des investissements ciblés sont réalisés. 

Commerce extérieur, saison hivernale et dépendance à la diaspora

L’état du commerce extérieur offre un autre angle de lecture. Ad Diyar du 19 novembre 2025 se demande si les échanges extérieurs du Liban dépasseront la barre des vingt milliards de dollars en 2025. Le journal note que la valeur cumulée des importations et des exportations a continué de croître au fil des mois, portée par la reprise de certains secteurs et par la consommation liée à la diaspora. Il estime que, sauf escalade majeure du conflit avec Israël, les derniers mois de l’année devraient maintenir la tendance grâce à la période des fêtes. 

Le même article rappelle aussi qu’à l’approche de Noël et du Nouvel An, les commerçants augmentent leurs importations pour anticiper la hausse de la demande et remplir leurs stocks. Cette hausse est souvent amplifiée par le retour de milliers de Libanais de l’étranger, qui viennent passer les fêtes avec leurs familles et consommer sur place. Ad Diyar du 19 novembre 2025 avertit que cette dynamique reste fragile: une extension des hostilités au Sud pourrait rapidement freiner ces flux et assombrir la saison hivernale. 

Nahar du 19 novembre 2025 souligne que cette dépendance à la diaspora et aux pics saisonniers illustre la vulnérabilité du modèle libanais, encore très exposé aux chocs géopolitiques. Le quotidien estime que la confiance des expatriés et des partenaires étrangers restera liée à la progression de la gouvernance et du respect des engagements pris devant les bailleurs. Al Sharq du 19 novembre 2025 ajoute que l’environnement sécuritaire demeure incertain et que cette incertitude empêche encore de formuler des prévisions fines sur la trajectoire financière du pays, même si certains indicateurs montrent une amélioration relative. 

Justice: affaires emblématiques et pression sur l’État de droit

L’affaire Hannibal Kadhafi comme révélateur des failles de la détention préventive

L’un des principaux dossiers judiciaires mis en avant le 19 novembre 2025 concerne la situation de Hannibal Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 rappelle qu’il a passé environ dix années en détention au Liban, avant qu’une décision de libération sous caution financière ne soit finalement exécutée, la garantie étant fixée à l’équivalent de plusieurs centaines de milliers de dollars. Le journal détaille que la libération est intervenue après le versement d’une caution de quatre vingt milliards de livres libanaises, soit un peu moins de neuf cent mille dollars, en exécution d’une décision du juge d’instruction dans l’affaire de la disparition de l’imam Moussa Sadr.

Al Sharq du 19 novembre 2025 rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam reçoit Hannibal Kadhafi à la Sérail, quelques jours après sa sortie de prison, et choisit de lier ce dossier à une réflexion plus large sur le fonctionnement de la justice. Il déclare que « ce qui s’est passé avec Hannibal Kadhafi et la prolongation de sa détention impose nécessairement une révision sérieuse pour préserver les droits des individus et renforcer le système judiciaire lui même afin d’assurer le bon déroulement de la justice ». Nahar du 19 novembre 2025 reprend cette phrase dans sa rubrique « Radar », en la présentant comme un message adressé autant aux magistrats qu’aux responsables politiques, et en soulignant que la durée de détention a suscité des critiques dans les milieux juridiques.

Ad Diyar du 19 novembre 2025 insiste sur la portée institutionnelle de ces propos. Le quotidien souligne que Nawaf Salam, en tant que chef du gouvernement et ancien magistrat international, lie explicitement le cas Kadhafi à la nécessité de « fortifier la justice elle même », afin d’éviter que des détentions prolongées ne se traduisent par des violations de droits fondamentaux. Al Sharq Al Awsat du 19 novembre 2025 rappelle de son côté que le dossier Hannibal Kadhafi reste techniquement ouvert devant la justice, mais que le choix de la libération sous caution marque un tournant dans la manière dont les autorités gèrent ce type d’affaires sensibles, où se croisent considérations judiciaires, politiques et diplomatiques.

Les réactions rapportées par les journaux montrent que ce dossier est perçu comme un test de la capacité de la justice libanaise à concilier indépendance, respect des procédures et garanties pour la personne détenue. Plusieurs commentateurs cités par Nahar du 19 novembre 2025 estiment que l’affaire met en lumière les limites de la détention préventive de longue durée et la nécessité de revoir les textes encadrant la durée de la privation de liberté avant jugement.

Opérations de sécurité à Baalbek et articulation avec la justice pénale

La justice apparaît aussi à travers les actions des forces de sécurité, en particulier dans la région de Baalbek. Ad Diyar du 19 novembre 2025 rapporte que l’armée libanaise mène une série d’opérations de perquisition dans le quartier de la chraouneh, à Baalbek, contre des personnes recherchées pour divers crimes et trafics. Au cours de ces opérations, des échanges de tirs éclatent avec des hommes armés, entraînant la mort de deux militaires et la blessure de trois autres, selon le communiqué publié par l’armée. 

Al Sharq du 19 novembre 2025 complète ce tableau en signalant que les services de renseignement de l’armée, appuyés par des unités terrestres, ont procédé à des descentes dans plusieurs maisons du quartier, où se trouvaient des suspects. Le journal évoque des affrontements à l’arme automatique, tout en notant que les autorités n’ont pas immédiatement communiqué le nombre d’arrestations effectuées ni l’identité des personnes recherchées. Le traitement de ces informations reste centré sur la dimension sécuritaire, mais les journaux rappellent que ces opérations s’inscrivent dans des dossiers ouverts devant la justice pénale, notamment en matière de trafic de drogue, de vol à main armée et d’atteintes contre des militaires.

Pour plusieurs commentateurs cités par Ad Diyar du 19 novembre 2025, ces évènements illustrent la difficulté de concilier la recherche de l’ordre public et le respect strict des procédures judiciaires dans des zones où l’État a longtemps été présent de manière limitée. Ils soulignent que les décès de militaires créent une pression pour accélérer les poursuites et durcir les peines contre les réseaux criminels, tout en faisant peser un risque de glissement vers des pratiques de facto plus répressives. L’articulation entre interventions armées et contrôle judiciaire reste ainsi au cœur du débat sur l’État de droit.

Un quotidien judiciaire rythmé par les décisions civiles et les procédures d’exécution

Au delà des grands dossiers, plusieurs pages de Nahar du 19 novembre 2025 et d’autres quotidiens donnent à voir le quotidien de la justice libanaise à travers les annonces de décisions civiles et les avis de tribunaux. La rubrique « annonces officielles » de Nahar publie ainsi un avis du bureau d’exécution de Beyrouth, qui notifie à un débiteur, introuvable à son domicile, l’existence d’un avertissement exécutoire dans le cadre d’une procédure engagée en 2022 par deux créanciers sur la base d’une sentence arbitrale confirmée en appel. L’avis précise que le destinataire doit se présenter personnellement ou par l’intermédiaire d’un mandataire muni d’une procuration authentifiée, sous peine de voir la procédure suivre son cours conformément au code de procédure civile.

Une autre annonce, émanant de la deuxième chambre civile du tribunal de Zahle, convoque des héritiers résidant auparavant à Taalabaya mais désormais « de domicile inconnu » à se présenter au greffe pour recevoir la notification d’une demande visant à apposer une mention de litige sur la fiche foncière d’une parcelle et à examiner la divisibilité du bien. Nahar du 19 novembre 2025 détaille que la requête demande, à défaut de division en nature, la vente du bien aux enchères publiques et la suppression de l’indivision, avec charge pour la partie défenderesse de supporter les frais.

Ces avis donnent un aperçu concret de la manière dont le système judiciaire gère des litiges civils complexes, notamment en matière immobilière et d’exécution forcée. Ils montrent un appareil judiciaire formaliste, où la publicité par voie de presse reste un outil pour atteindre des parties dont le lieu de résidence est inconnu. Les journaux rappellent que ces procédures, souvent longues, pèsent sur la capacité des tribunaux à résorber l’arriéré des dossiers, ce qui alimente les appels à une modernisation des méthodes de notification et de gestion des contentieux.

Al Akhbar du 19 novembre 2025 publie par ailleurs un avis de citation émanant du greffe du tribunal religieux sunnite de Sour, qui convoque un mari à comparaître dans le cadre d’une procédure de dissolution matrimoniale engagée par son épouse. L’avis précise la date d’audience et rappelle que, en cas d’absence, des mesures peuvent être prises par défaut conformément aux règles de la juridiction. Ce type de publication illustre la coexistence, au Liban, entre justice civile ordinaire et justices religieuses, chacune disposant de ses procédures et de ses modes de notification, en particulier pour le statut personnel.

Échos régionaux: justice syrienne et poursuite des crimes de guerre

Les pages internationales abordent aussi des questions de justice, en particulier en Syrie. Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 rapporte que le ministère syrien de l’Intérieur annonce l’arrestation d’un des principaux suspects de la « massacra al taddamon », un massacre commis dans le quartier de Taddamon, à Damas, il y a plus de douze ans, qui avait suscité un choc international après la diffusion de vidéos montrant l’exécution de civils. Le journal cite le chef de la sécurité intérieure à Damas, qui présente cette arrestation comme la preuve de la volonté des autorités de poursuivre les responsables de « violations graves contre les civils ».

Dans le même numéro, Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 suit l’ouverture à Alep de la première audience d’un procès consacré aux « événements de la côte », une série de violences survenues dans la région littorale en 2023. Quatorze prévenus comparaissent, dont plusieurs anciens militaires et membres des forces de sécurité. La séance est renvoyée à une date ultérieure, mais le journal insiste sur le caractère inédit d’un procès où des agents de l’État se retrouvent sur le banc des accusés pour des faits liés à des violations massives.

Ces échos régionaux sont repris par certains journaux libanais comme autant de rappels des débats sur la justice transitionnelle et la lutte contre l’impunité pour les crimes de guerre. Ils offrent un contraste avec la situation libanaise, où plusieurs dossiers graves, notamment les crimes de guerre de la guerre civile ou certaines affaires d’assassinats politiques, restent enfermés dans des compromis politiques ou des blocages institutionnels. En mettant en regard les procès syriens et les débats autour de l’affaire Hannibal Kadhafi, les articles suggèrent que la question de la responsabilité et du respect des droits reste un enjeu central, aussi bien au Liban que dans les pays voisins.

Société: vivre ensemble, santé et éducation au cœur du débat public

Un « laboratoire » du vivre ensemble autour de la visite papale

Le 19 novembre 2025, plusieurs journaux s’intéressent aux préparatifs de la visite du pape Laoun 14 au Liban et au grand « rencontre œcuménique » annoncée pour le 1er décembre sur la place des Martyrs, au centre de Beyrouth. Nahar du 19 novembre 2025, dans un article de Manal Chaiya, décrit en détail ce rendez vous présenté comme l’un des temps forts du voyage pontifical. Le texte souligne que la rencontre aura lieu sous une tente installée face à la mosquée Mohammad Al Amin et à proximité immédiate de plusieurs cathédrales chrétiennes de rites différents, ce qui donne une portée symbolique particulière à la mise en scène du dialogue entre religions.

Le même article rappelle que la place des Martyrs est à la fois un lieu de mémoire et un espace de convergence pour les différentes composantes de la société libanaise. Nahar du 19 novembre 2025 souligne que la capitale y a connu des épisodes d’explosions, de manifestations et de crises, mais aussi des moments de rassemblement et d’ouverture. C’est dans ce décor que doit se tenir la rencontre, qui réunira les chefs des Églises chrétiennes, les plus hautes autorités sunnites, chiites et druzes, ainsi qu’environ trois cent trente personnalités engagées dans le dialogue interreligieux. L’événement n’est pas ouvert au grand public, mais se veut représentatif de la diversité religieuse et sociale du pays.

Selon Nahar du 19 novembre 2025, Leya Adel Maamari, membre du comité d’organisation, explique que les invitations sont déjà prêtes et que les aspects logistiques ont été confiés à la société Solidere, chargée de l’aménagement de la place, de l’installation de la tente et de la scénographie. Elle précise qu’un olivier sera planté pendant la rencontre en signe de paix et d’espérance. Les prises de parole doivent insister sur la dimension spirituelle du rendez vous, mais aussi sur la vocation nationale du Liban comme espace de rencontre. Le texte rappelle la formule du pape Jean Paul 2, pour qui « ce petit pays est grand par ses significations et par sa vie commune », une phrase souvent reprise pour résumer le modèle libanais de pluralisme.

Al Sharq du 19 novembre 2025 complète ce tableau en évoquant la tournée des organisateurs auprès des responsables religieux musulmans. Un article relate la visite d’un comité d’évêques au cheikh Akl de la communauté druze, Sami Abi Al Mouna, à qui une invitation officielle est remise pour participer au « rencontre islamo chrétienne » avec le pape. Le texte souligne que les échanges mettent l’accent sur la nécessité de préserver « le message du Liban » et de protéger ce que les interlocuteurs décrivent comme un modèle de coexistence fondé sur la reconnaissance mutuelle entre religions et communautés.

Dans ce contexte, la préparation de la visite papale devient aussi un moment d’observation de la société libanaise. Les journaux insistent sur la volonté d’afficher une image d’unité malgré les tensions politiques. Ils montrent comment la scène religieuse cherche à projeter un visage de dialogue, au moment où la population reste confrontée à des difficultés économiques et sociales profondes.

Cuisine, partage et diplomatie culturelle: la Semaine du muthbakh al italyy

Nahar du 19 novembre 2025 consacre une autre page de « vie publique » au lancement de la Semaine du muthbakh al italyy fi al aalam, organisée par l’ambassade d’Italie et le bureau de l’Italian Trade Agency à Beyrouth. L’événement se déroule du 17 au 21 novembre dans plusieurs régions libanaises, sous le slogan « La cuisine italienne: entre santé, culture et innovation ». Le journal explique que cette semaine thématique vise à célébrer la cuisine italienne comme un pont entre cultures et comme un modèle de mode de vie équilibré et durable.

Nahar du 19 novembre 2025 rappelle que cette édition coïncide avec la candidature de l’art culinaire italien à l’inscription sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Le texte met en avant des valeurs présentées comme typiques de cette tradition: respect de la qualité des ingrédients, importance du partage autour de la table, lien entre créativité et transmission des savoir faire, et dialogue continu entre tradition et innovation. Deux chefs sont mis en lumière: Claudio Kinali, membre du réseau des « ambassadeurs du goût », et Maradona Youssef, chef libanais d’origine, installé à Milan.

L’article précise que Claudio Kinali a préparé un dîner de gala à la résidence de l’ambassadeur le 17 novembre, puis animé des séances de formation, l’une destinée à des chefs libanais, l’autre à des influenceurs spécialisés dans le domaine culinaire, pour présenter les techniques et la philosophie de la cuisine italienne contemporaine. Maradona Youssef, de son côté, intervient dans des activités axées sur le dialogue entre cuisines libanaise et italienne, à travers des démonstrations en direct et une session de formation pour des étudiants en hôtellerie et gestion à l’université Notre Dame de Louaize.

La semaine se termine, selon Nahar du 19 novembre 2025, par un déjeuner de solidarité au monastère de la Visitation Filokalia à Aintoura, pour souligner la dimension sociale de l’initiative et l’engagement en faveur de la communauté. En combinant gastronomie, formation, événementiel et action caritative, cette Semaine du muthbakh al italyy illustre une forme de diplomatie culturelle où la nourriture devient un langage commun. Elle montre aussi comment la scène sociale libanaise continue d’accueillir des événements internationaux malgré la crise, en s’appuyant sur des institutions universitaires, des monastères et des lieux privés.

Vieillissement, musique et santé cognitive

La question du vieillissement de la population et du risque de kharaf occupe une place notable dans les pages « vie privée » de Nahar du 19 novembre 2025. Un article intitulé « al dimagh yarqous maa al musiqa: kayfa tahmi al iqa’at zakiratana min al kharaf? » rappelle d’abord le rôle intime de la musique dans la vie quotidienne, en la décrivant comme un fil invisible qui relie le cœur à la mémoire et aide à organiser le chaos des souvenirs. Le texte insiste sur le fait que les effets de la musique ne relèvent plus seulement de l’impression personnelle ou de l’expérience sensible, mais reposent désormais sur des données scientifiques.

Nahar du 19 novembre 2025 s’appuie sur une étude menée en Australie, intégrée au projet ASPREE, qui a suivi plus de dix mille personnes âgées de plus de soixante dix ans pendant une décennie. Les résultats indiquent que les personnes écoutant de la musique la plupart des jours de la semaine voient leur risque de développer un kharaf diminuer de trente neuf pour cent par rapport à celles qui n’écoutent pas de musique régulièrement. Selon la chercheuse Joanne Ryan, citée par le journal, ces résultats sont « impressionnants » même si l’étude reste observationnelle. Ils suggèrent une relation possible entre écoute de la musique et santé du cerveau.

Le même article explique que l’écoute régulière agit comme un exercice pour l’esprit, en stimulant les circuits de la mémoire, en renforçant les connexions entre différentes zones du cerveau et en activant les centres du mouvement, des émotions et de l’imagination. Des travaux menés à Princeton sont évoqués pour illustrer comment le cerveau entre dans une forme de « coopération interne » lorsqu’il entend un air aimé, comme si plusieurs régions se synchronisaient autour du rythme. L’article adopte un ton pédagogique, en concluant que l’écoute quotidienne d’une musique appréciée peut devenir une habitude simple, accessible et bénéfique, surtout dans des sociétés où la population âgée augmente et où l’anxiété face à la perte de mémoire est forte.

Al 3arabi Al Jadid du 19 novembre 2025 élargit la perspective en rappelant que le kharaf n’est pas seulement lié à l’âge, mais aussi à une série de facteurs de risque modifiables. Le journal cite une liste de facteurs comme l’abus d’alcool, l’obésité, l’élévation du taux de LDL, les traumatismes crâniens, la perte auditive non traitée, l’hypertension, le diabète et les troubles de la vue. Selon l’article, ces facteurs se concentrent souvent dans les groupes sociaux les plus défavorisés, ce qui rend ces populations plus exposées à la maladie. Il insiste sur le fait que la réduction de ces risques, par des politiques de santé publique peu coûteuses, pourrait avoir un impact important sur l’incidence globale du kharaf.

En reliant ces deux approches, les journaux suggèrent que la protection de la mémoire passe à la fois par des mesures médicales classiques et par des pratiques culturelles comme la musique. Pour une société libanaise marquée par le vieillissement de certaines couches de la population et par des inégalités d’accès aux soins, ces pistes sont présentées comme des leviers possibles pour atténuer les effets de la crise sur la santé mentale et cognitive.

Éducation, philosophie et qualité de l’enseignement

Les débats sur la société traversent aussi le champ éducatif. Al Akhbar du 19 novembre 2025 annonce, à l’occasion de la Journée mondiale de la philosophie, la tenue d’une rencontre organisée par l’Institut philosophique de Muassasat Al Maaref sous le titre « Ta’lim al falsafa fi Lubnan ». La rencontre doit se tenir à Dar Al Nadwa et se présente comme une réflexion sur la place de la philosophie dans le système éducatif libanais.

Selon Al Akhbar du 19 novembre 2025, le programme prévoit des interventions de spécialistes des curricula, de professeurs de lycée et de chercheurs en sciences humaines. Le journal indique que les discussions portent sur la capacité des programmes actuels à développer les compétences de pensée critique, les aptitudes au questionnement et la conscience des valeurs humaines. Les participants s’interrogent aussi sur la manière dont la philosophie est enseignée dans le secondaire, sur le temps qui lui est consacré et sur le type de manuels utilisés.

L’article souligne que, dans un pays confronté à des crises multiples, le débat sur l’enseignement de la philosophie est aussi un débat sur le type de citoyen que l’école veut former. Al Akhbar du 19 novembre 2025 rappelle que certains intervenants voient dans la philosophie un outil pour apprendre aux élèves à argumenter, à relativiser les discours de haine et à mieux comprendre la diversité des points de vue au sein de la société libanaise. D’autres insistent sur le fait que l’enseignement reste souvent très académique et tourné vers la préparation des examens officiels, au détriment du dialogue et de l’échange.

Parallèlement, Al Liwa’ du 19 novembre 2025 publie un article sur les classements internationaux des universités et la place qu’y occupent les établissements libanais. Le texte signale que plusieurs universités du pays apparaissent dans les listes mondiales, avec des progrès pour certaines et des reculs pour d’autres. Il note que les écarts entre institutions restent importants, en particulier dans des domaines comme les sciences et la technologie, mais souligne que la présence de plusieurs universités libanaises dans les tableaux internationaux continue de renforcer leur attractivité auprès des étudiants de la région.

L’article d’Al Liwa’ met en lumière la manière dont ces classements sont perçus par les familles, qui continuent de voir dans l’éducation supérieure un levier de mobilité sociale malgré la crise économique. Il rappelle toutefois que le coût des études reste élevé et que l’accès à une formation de qualité est de plus en plus conditionné par la capacité à payer des frais en devises fortes, ce qui accentue les inégalités entre catégories sociales.

Des figures culturelles au cœur de la vie quotidienne

Les pages « vie privée » de Nahar du 19 novembre 2025 laissent aussi une place aux figures artistiques et culturelles. Le journal mentionne la visite au chevet de l’acteur Ihsan Sadeq à l’hôpital Mar Youssef par un émissaire du président Joseph Aoun, chargé de lui transmettre ses vœux de rétablissement. Ce geste symbolique est présenté comme un signe d’attention de la présidence à l’égard d’une personnalité considérée comme l’un des visages familiers du théâtre et de la télévision libanaise.

Au fil de ces articles, se dessine une société où les préoccupations de santé, de mémoire, d’éducation et de vivre ensemble se croisent. Les rencontres interreligieuses, les semaines gastronomiques, les recherches sur les effets de la musique, les débats sur l’enseignement de la philosophie et les classements universitaires composent un paysage contrasté. Les journaux montrent un pays qui cherche, malgré la crise, à maintenir des espaces de dialogue, de création et de réflexion, en s’appuyant sur des initiatives locales et sur des partenariats internationaux.

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