vendredi, février 13, 2026

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Saad Hariri entame ses activités à Beyrouth par des rencontres avec des envoyés étrangers

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L’ancien Premier ministre libanais Saad Hariri, leader du mouvement Al-Mustaqbal, a marqué son retour sur la scène politique libanaise ce vendredi 13 février 2026 en entamant une série de rencontres diplomatiques au Centre House, sa résidence à Beyrouth. Arrivé la veille au Liban après une absence prolongée, Hariri a reçu l’ambassadeur des États-Unis, Michel Issa, en présence de l’ancienne députée Bahia Hariri et de ses conseillers Ghattas Khoury et Hani Hammoud. Les discussions ont porté sur les derniers développements locaux et régionaux, selon le bureau de presse de Hariri.

Cette première rencontre avec l’ambassadeur américain s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes au Liban, où le gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, formé en février 2025, tente de consolider son autorité face aux défis sécuritaires et économiques. Michel Issa, nommé ambassadeur en 2025, représente les intérêts américains dans un pays où Washington pousse pour une mise en œuvre stricte de la résolution 1701 des Nations unies, qui vise à désarmer les groupes armés non étatiques au sud du Litani. Les États-Unis ont récemment salué les efforts de l’armée libanaise pour démanteler des dépôts d’armes de Hezbollah dans le sud, avec la découverte de tunnels et de munitions en janvier et février 2026.

Peu après, Hariri a poursuivi ses entretiens avec l’ambassadeur de France à Beyrouth, Hervé Magro. Cette rencontre, également en présence de Bahia Hariri et des conseillers Khoury et Hammoud, a abordé les relations bilatérales et les évolutions régionales. La France, acteur clé dans le soutien au Liban, prépare une conférence internationale à Paris pour renforcer les forces armées libanaises et les forces de sécurité intérieure. Hervé Magro, en poste depuis 2024, a multiplié les visites dans le sud du Liban pour évaluer les besoins en reconstruction après les conflits récents avec Israël.

La série de rendez-vous s’est conclue par une discussion avec la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert. Les échanges ont couvert les derniers événements, dans un pays où l’ONU supervise le respect du cessez-le-feu du 27 novembre 2024 entre le Liban et Israël. Hennis-Plasschaert, nommée en 2024, a récemment exprimé des préoccupations sur les violations répétées de la Ligne bleue, avec plus de 2 000 incidents signalés par le gouvernement libanais en 2025, incluant des survols de drones et des frappes aériennes israéliennes.

Retour d’un acteur clé dans un paysage politique fragmenté

Le retour de Saad Hariri au Liban coïncide avec la commémoration du 21e anniversaire de l’assassinat de son père, l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, prévu pour le 14 février 2026. Hariri prononcera un discours lors de cette occasion, qui pourrait clarifier sa position sur les élections parlementaires programmées pour le 10 mai 2026. Son arrivée le 12 février, annoncée via ses réseaux sociaux, a suscité des spéculations sur un possible retour en politique, après sa suspension des activités en 2022.

Dans le contexte actuel, le Liban reste marqué par une fragmentation confessionnelle et politique. Le cabinet de Nawaf Salam, composé de 24 ministres, reflète un équilibre délicat : le président Joseph Aoun, élu en janvier 2025, a veillé à une répartition incluant des représentants des principales communautés. Parmi les ministres en fonction, Yassin Jaber occupe les Finances pour le mouvement Amal, Rakan Nasreddine la Santé pour une affiliation proche de Hezbollah, tandis que Joseph Saddi gère l’Énergie au nom des Forces libanaises. Ce gouvernement, le premier pleinement opérationnel depuis 2022, priorise les réformes financières et la reconstruction du sud, avec un prêt de 250 millions de dollars de la Banque mondiale approuvé en juin 2025 pour réhabiliter les infrastructures endommagées.

Les dynamiques sunnites, traditionnellement dominées par la famille Hariri, évoluent rapidement. Saad Hariri, qui a dirigé plusieurs gouvernements entre 2009 et 2021, avait quitté la scène politique en raison de pressions saoudiennes et de la crise économique. Riyad, via son émissaire Yazid bin Farhan en visite à Beyrouth en janvier 2026, tente de réunifier les forces sunnites en vue des élections. Des rencontres avec des députés affiliés au bloc Hariri ont eu lieu, mais l’Arabie saoudite ne voit pas nécessairement Saad Hariri comme l’option privilégiée, selon des rapports diplomatiques.

Implications régionales dans un contexte tendu

Les rencontres de Hariri interviennent alors que le Liban navigue entre influences régionales contradictoires. Au sud, l’armée libanaise, soutenue par les États-Unis et la France, a intensifié ses opérations pour désarmer Hezbollah au nord du Litani, avec la saisie de 348 000 munitions en février 2026 à Halousiyeh. Le commandant de l’armée, Rodolphe Haykal, a présenté un plan opérationnel pour la deuxième phase de désarmement, qui doit être examiné par le gouvernement la semaine prochaine. Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a insisté le 6 février sur l’urgence de ce plan, soulignant que l’armée libanaise est prête mais procède avec prudence pour éviter une confrontation interne.

Hezbollah, affaibli par les pertes militaires estimées à des milliers de combattants lors du conflit avec Israël en 2024-2025, maintient une influence significative. Son leader, Naim Qassem, a déclaré en février 2026 que le groupe soutiendrait l’Iran en cas d’attaque, mais le Premier ministre Salam a affirmé que le Liban ne permettra pas d’entraîner le pays dans de nouvelles aventures. « Nous avons suffisamment souffert d’aventures », a-t-il déclaré, rappelant le coût exorbitant de la guerre de soutien à Gaza, évalué à des milliards de dollars en destructions.

Sur le plan syrien, les évolutions impactent directement le Liban. Le président syrien Ahmad al-Sharaa a promis une revanche contre Hezbollah, selon des rapports médiatiques, alimentant les craintes d’un nouveau front à la frontière libano-syrienne. Beyrouth redoute une escalade, alors que des réfugiés syriens affluent et que les tensions confessionnelles s’exacerbent.

Poursuite des échanges diplomatiques

Au-delà des trois rencontres initiales, Hariri a élargi ses consultations ce même vendredi. Il a reçu l’ambassadeur russe Alexander Rudakov, en présence de Bahia Hariri, du conseiller pour les affaires russes George Chaaban, et de Khoury et Hammoud. Les discussions ont porté sur les relations bilatérales et les développements régionaux. La Russie, active au Liban via son soutien à Damas, suit de près les dynamiques post-conflit.

Ensuite, Hariri a tenu une visite d’adieu avec l’ambassadeur espagnol Jesus Santos Aguado, dont le mandat s’achève. Cette rencontre souligne le rôle de l’Espagne dans le soutien à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), où Madrid contribue avec plus de 600 soldats. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a rencontré le président Aoun le 2 février 2026 pour discuter de l’aide à la reconstruction.

Ces entretiens multiples reflètent la position centrale de Hariri dans les cercles sunnites et son réseau international. Son cousin Ahmad Hariri, secrétaire général du mouvement Al-Mustaqbal, a déclaré le 2 février que le parti soutiendra toute décision de Saad Hariri lors du discours du 14 février, y compris sur les élections. Des rumeurs persistent sur une alliance avec l’ancien Premier ministre Najib Mikati pour former des listes modérées, contrecarrant les axes turco-qatari et iranien.

Défis économiques et sécuritaires persistants

Le Liban, endetté à plus de 100 milliards de dollars selon les rapports du FMI de 2025, fait face à une inflation stabilisée mais toujours élevée, autour de 70 % en 2025. Le budget 2026, approuvé le 29 janvier par le Parlement, inclut des allocations limitées pour la reconstruction du sud, malgré les avertissements de Nabih Berri, président du Parlement, sur la nécessité de fonds pour les régions chiites. Le ministre des Finances Yassin Jaber négocie actuellement avec une délégation du FMI un cadre fiscal à moyen terme, avec une réunion finale prévue ce vendredi.

Sur le plan sécuritaire, des incidents récents soulignent la fragilité. Une frappe de drone israélienne a tué une personne à Bint Jbeil le 13 février, revendiquée comme visant un membre de Hezbollah. L’ONU a réitéré ses préoccupations sur les pulvérisations d’herbicides par Israël le long de la Ligne bleue le 1er février, potentiellement cancérigènes et destructeurs pour l’agriculture. La FINUL, renforcée par la résolution 1701 amendée en 2025, doit quitter six positions dans six mois, transférant le contrôle à l’armée libanaise.

Dynamiques confessionnelles et préparatifs électoraux

Les coalitions évoluent rapidement au Liban, influencées par les équilibres confessionnels. Les sunnites de Tripoli, traditionnellement alignés sur Hariri, cherchent une unification face à la montée des indépendants issus des manifestations de 2019. Les chiites du sud, dominés par Hezbollah et Amal, négocient leur désarmement progressif, avec Mahmoud Qmati, vice-chef du conseil politique de Hezbollah, annonçant une rencontre prochaine avec Ahmad Hariri pour des convergences politiques.

Le président Aoun, ancien commandant de l’armée, marche sur une corde raide entre les attaques quotidiennes israéliennes et le refus de Hezbollah de désarmer complètement. Plus de 2 036 violations de souveraineté libanaise ont été documentées en 2025, selon le gouvernement. Le ministre de l’Information Paul Morcos a déclaré que le cabinet décidera la semaine prochaine de la seconde phase du plan de désarmement, basé sur les besoins de l’armée.

Poursuite des consultations et enjeux immédiats

En fin de journée, les échanges de Hariri se sont étendus à des figures locales, reflétant son ancrage dans la communauté sunnite. Le coordinateur médiatique d’Al-Mustaqbal a réaffirmé que le parti embrassera toute décision de Hariri sur les élections. Alors que le registre des candidatures est ouvert, le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar a exhorté les citoyens à participer, malgré les appels à un report pour raisons sécuritaires au sud.

Nabih Berri a insisté ce vendredi sur le respect de la date du 10 mai, informant Aoun et le gouvernement de sa position. Des préparatifs pour une réunion préparatoire à Doha le 15 février visent à soutenir les forces armées, avec un focus sur la conférence de Paris.

Ces développements soulignent les implications immédiates du retour de Hariri : une potentielle revitalisation des modérés sunnites face aux extrêmes, dans un Liban où les dynamiques entre Israël, Hezbollah, l’ONU et les puissances régionales dictent le rythme quotidien. Les violations persistantes, comme la pulvérisation d’herbicides et les frappes, maintiennent une tension palpable, tandis que l’armée libanaise, avec l’appui international, étend son contrôle opérationnel au sud du Litani pour la première fois depuis 1969, hormis les points sous contrôle israélien.

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