lundi, janvier 26, 2026

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Vue d’Israël : pause tactique ou cessez-le-feu au Liban ?

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Le cessez-le-feu instauré entre Israël et le Hezbollah marque une étape cruciale dans le conflit, mais son interprétation reste ambiguë. S’agit-il d’une volonté réelle de désescalade ou simplement d’une pause tactique dans un affrontement plus large ? La presse israélienne, notamment HaaretzMaariv et Yedioth Ahronoth, analyse cette trêve comme une opportunité temporaire permettant aux deux camps de se repositionner stratégiquement. Cet article explore les motivations israéliennes, les perceptions publiques, et les implications régionales de cette accalmie relative.

Les raisons stratégiques derrière la trêve

Israël a accepté ce cessez-le-feu sous la pression internationale, principalement des États-Unis et de l’Europe, qui craignaient une escalade régionale. Selon Maariv, cette décision permet à Israël de maintenir le soutien diplomatique de ses alliés tout en consolidant sa position militaire. Washington aurait insisté sur l’importance d’éviter une guerre ouverte, particulièrement dans un contexte déjà tendu avec l’Iran et d’autres acteurs régionaux. D’un point de vue militaire, Israël voit cette trêve comme une opportunité pour réévaluer ses priorités. Haaretz rapporte que l’armée israélienne utilise cette période pour renforcer ses défenses dans le nord, moderniser ses équipements et repositionner ses troupes. Cette pause permet également de mener des réparations sur les infrastructures civiles, souvent ciblées par les tirs de roquettes du Hezbollah. En revanche, Yedioth Ahronoth souligne que le Hezbollah bénéficie également de ce cessez-le-feu pour consolider ses positions et se réapprovisionner en armes. Cette dynamique renforce l’idée d’une pause tactique, où chaque partie se prépare à d’éventuels affrontements futurs.

Le scepticisme de la population israélienne

La perception publique du cessez-le-feu varie selon les régions et les sensibilités politiques. Dans le nord d’Israël, les habitants des zones frontalières, comme Metula et Kiryat Shmona, restent sceptiques quant à la durabilité de cette trêve. Kol HaGalil rapporte que ces populations, déjà habituées aux tensions constantes, voient la trêve comme une simple pause avant la reprise des hostilités. La peur d’un nouvel éclat de violence pousse de nombreuses familles à envisager un déplacement temporaire vers le sud. Dans le centre et le sud du pays, la trêve est mieux accueillie. Les résidents de ces régions considèrent cette accalmie comme une opportunité pour réduire la tension et rétablir un semblant de normalité dans leurs activités quotidiennes. Maariv note que cette divergence reflète les priorités géographiques et sécuritaires au sein de la société israélienne, où les zones frontalières portent un poids disproportionné du conflit.

Les débats au sein de la classe politique israélienne

Le cessez-le-feu divise également la classe politique israélienne. Haaretz rapporte que le Premier ministre Benjamin Netanyahu défend cette trêve comme une mesure temporaire, justifiée par la nécessité de protéger les civils et de limiter les pertes humaines. Il souligne que cette pause offre à Israël le temps de renforcer ses capacités militaires tout en évitant une escalade régionale. Cependant, Maariv documente les critiques de l’opposition, menée par Yair Lapid et Benny Gantz, qui accusent Netanyahu de céder aux pressions internationales. Ces voix dénoncent une stratégie à court terme, qui, selon eux, ne garantit pas une sécurité durable pour les habitants du nord. Des députés d’extrême droite appellent même à une reprise immédiate des opérations militaires pour « détruire la menace du Hezbollah une fois pour toutes ».

Le rôle crucial de la FINUL

La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) est un acteur clé dans le maintien de ce cessez-le-feu. Chargée de surveiller les violations de la trêve, la FINUL intensifie ses patrouilles le long de la frontière. Cependant, Maariv rapporte que l’efficacité de la FINUL est remise en question par Israël, qui l’accuse d’ignorer les activités clandestines du Hezbollah dans le sud du Liban. Haaretz souligne que cette perception négative reflète une frustration croissante vis-à-vis de la communauté internationale, perçue comme passive face à l’accumulation d’armes par le Hezbollah. Les appels d’Israël à réformer ou à renforcer le mandat de la FINUL, en exigeant une plus grande transparence, restent sans réponse concrète.

Une trêve influencée par les dynamiques régionales

Le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah s’inscrit dans un contexte régional complexe. Yedioth Ahronoth analyse que cette trêve est également motivée par la nécessité de contenir l’Iran, principal soutien du Hezbollah. Israël continue de mener des frappes ciblées en Syrie pour perturber les livraisons d’armes iraniennes, illustrant une stratégie de « guerre entre les guerres » qui vise à affaiblir l’ennemi sans déclencher de conflit ouvert. Par ailleurs, les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, surveillent de près les développements. Maariv rapporte que ces États, bien qu’alignés avec Israël sur de nombreux enjeux stratégiques, craignent que le conflit ne compromette leurs propres efforts de stabilisation dans la région, notamment dans le cadre des accords d’Abraham.

Les scénarios possibles

La presse israélienne envisage plusieurs scénarios pour l’évolution de cette trêve. Haaretz estime que le scénario le plus probable est une reprise des affrontements à court terme, en raison de la fragilité de la trêve et des provocations constantes des deux camps. Les violations mineures, comme les survols de drones ou les tirs sporadiques, pourraient rapidement dégénérer en une escalade. D’un autre côté, Maariv souligne qu’un maintien prolongé de la trêve dépendra en grande partie des pressions internationales, notamment de la part des États-Unis. Une médiation active pourrait permettre une désescalade durable, bien que cette option reste peu probable dans le contexte actuel.

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Newsdesk Libnanews
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