lundi, janvier 12, 2026

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Yemen: une « gifle » saoudienne au Sud, symptome d’un bras de fer regional plus large

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Un signal saoudien qui vise le Sud, pas seulement un incident

Un épisode survenu au Sud du Yemen est décrit comme un message politique net. Il est présenté comme une « gifle » saoudienne, au sens d’une action destinée à rappeler un rapport de force et une capacité d’arbitrage. 

Le point central n’est pas l’effet immédiat de l’épisode. C’est sa valeur de signal. Le geste est interprété comme une démonstration d’influence. Il rappelle que la scène du Sud ne se décide pas uniquement à Aden. Elle se décide aussi dans les capitales qui financent, encadrent ou parrainent. 

Dans cette lecture, la « gifle » n’est pas un détail de communication. Elle sert à refermer une marge de manœuvre. Elle sert aussi à fixer des limites. Elle fait comprendre que certaines initiatives locales ne sont acceptables qu’à condition de rester dans un cadre dicté de l’extérieur. 

Le différend Riyad–Abou Dhabi: un dossier yemenite, mais pas seulement

L’analyse rapportée insiste sur un point. Le différend n’est pas « seulement yemenite ». Il s’inscrit dans une rivalité plus large, qui déborde vers d’autres dossiers régionaux. Sont cités la Corne de l’Afrique, le Soudan, les relations avec Israël et la compétition pour obtenir l’appui de Washington. 

Cette grille change la lecture du Sud du Yemen. Elle transforme un conflit local en terrain de projection. Elle suggère aussi une logique de compensation. Un acteur peut durcir ici pour peser ailleurs. Un autre peut accepter un compromis ici pour gagner du crédit sur un autre théâtre. 

Dans ce cadre, le Sud devient une scène où l’on “montre” davantage qu’on ne résout. Un geste saoudien y est donc lu comme un message régional, pas comme une simple décision tactique. 

« Restituer les camps »: la bataille du contrôle réel, derrière la rhétorique de l’État

Au même moment, le chef du Conseil de direction présidentielle, Rachad al-Alimi, annonce la fin d’une étape de « réception » de camps militaires dans plusieurs zones dites libérées. Les territoires cités incluent Hadramout, al-Mahra et la capitale provisoire Aden. 

Le discours associé vise un objectif politique clair. Al-Alimi affirme que cette dynamique doit « rétablir le monopole des armes » au profit de l’État. Il ajoute qu’elle doit « préparer le retour des institutions » à un fonctionnement normal depuis l’intérieur du pays. 

Ce passage est important, car il déplace la question. Le sujet n’est plus seulement la lutte contre un adversaire au Nord. Il devient la question de qui contrôle les forces sur le terrain au Sud et à l’Est. Il devient aussi une question d’autorité. Le monopole des armes est présenté comme une étape de normalisation, mais il touche des équilibres internes très sensibles. 

Ce type d’annonce peut donc produire un double effet. D’un côté, il rassure ceux qui veulent une chaîne de commandement unifiée. De l’autre, il inquiète ceux qui craignent une mise sous tutelle de leurs forces locales.

Le dialogue du Sud « parrainé »: Washington valide le format saoudien

La séquence diplomatique renforce l’idée d’un cadrage externe. L’ambassadeur américain au Yemen, Stephen Fagin, affirme le soutien des États-Unis à un « dialogue politique sudiste global », organisé sous parrainage saoudien.

La communication rapportée insiste aussi sur la nécessité de préserver la sécurité et la stabilité. Elle l’inscrit dans un contexte d’« troubles » attribués à des mouvements du Conseil de transition du Sud, dans l’Est et le Sud du pays, sur les dernières semaines. 

Ce cadrage est essentiel. Il signifie que la question sudiste n’est plus traitée comme un simple conflit interne. Elle est traitée comme un dossier à “gérer” par un format. Ce format est saoudien. Il est soutenu par Washington. Cela renforce la lecture d’un rééquilibrage au profit de Riyad.

Dans ce contexte, la « gifle » saoudienne décrite au Sud prend une cohérence. Elle apparaît comme un rappel que le dossier passe par une architecture de médiation et de parrainage. Elle vise à imposer une discipline, y compris aux alliés de circonstance.

La question du Nord resurgit: menaces de reprise de guerre, et langage de surenchère

Un autre signal, plus inquiétant, traverse la même période. Des propos attribués à un responsable militaire saoudien, Ahmed al-Fifi, sont rapportés comme un durcissement verbal. Il évoque la formation d’une commission militaire suprême et affirme qu’elle « va attiser le théâtre militaire » contre les Houthis. Il ajoute que « la bataille sera différente » et lie l’avenir de la guerre et de la paix au fait que les Houthis acceptent ou refusent de remettre les armes au gouvernement. 

Ces formules comptent, car elles réintroduisent une hypothèse de reprise d’escalade au Nord. Elles donnent aussi un rôle central à la question du désarmement, présentée comme condition de la paix. 

En réponse, un membre du bureau politique d’Ansar Allah, Mohammed al-Farh, déclare qu’une « prochaine bataille » serait considérée comme une bataille contre « l’ennemi israélien et ses outils », visant le peuple yemenite sur ordre américain, selon la formulation rapportée. 

Ce jeu de déclarations produit un effet mécanique. Il rigidifie les positions. Il empêche la désescalade. Et il complique le Sud, car un Sud instable devient toujours plus vulnérable à une tension Nord-Sud. 

Sanaa attaque al-Alimi: « trahison » et dénonciation de la tutelle

La polarisation est accentuée par une réaction venue de Sanaa. Un texte rapporte que le Parlement yemenite basé à Sanaa met en garde contre des « mouvements suspects » de Rachad al-Alimi après l’annonce de la formation d’une commission militaire suprême, décrite comme relevant des forces de la coalition. 

Le même passage affirme que toute démarche portée par le pouvoir saoudien est présentée comme une ingérence agressive dans les affaires du Yemen, et comme une poursuite d’une tutelle sur la population.

Ce type de discours fixe un cadre de guerre de légitimité. Il vise à délégitimer toute décision portée depuis Riyad. Il vise aussi à transformer le dossier militaire en dossier de souveraineté nationale. Dans un tel contexte, chaque geste au Sud peut être relu comme une manœuvre de tutelle, même si l’objectif affiché est l’unification institutionnelle.

Une région de « coalitions qui changent vite », et des civils en bout de chaîne

L’analyse citée sur la « gifle » saoudienne insiste sur la volatilité des alliances. Les coalitions changent rapidement. Les conflits restent violents. Et, dans ce schéma, les civils demeurent « les perdants ».

Cette phrase a un contenu concret. Quand les alliances bougent, la sécurité quotidienne se fragilise. Les administrations locales se paralysent. Les soldes se retardent. Les services reculent. Et la méfiance augmente. Dans le cas yemenite, cette logique est encore plus brutale, car l’économie est déjà à bout, et l’État est fragmenté.

Dans le même temps, le dossier du Sud devient un révélateur. Il montre jusqu’où Riyad veut aller dans l’encadrement. Il montre aussi quelles marges Abou Dhabi accepte de perdre ou de défendre, même indirectement. 

Le cœur politique de l’épisode: qui tient le tempo, qui tient la carte

La « gifle » décrite au Sud et les annonces de contrôle des camps renvoient à une même bataille. C’est la bataille du tempo. Celui qui fixe le calendrier fixe souvent l’issue.

Le dialogue sudiste parrainé par l’Arabie saoudite et soutenu par Washington renforce encore cette logique. Il transforme la crise en processus. Il fixe un format. Il impose une table. Et il réduit la marge des initiatives non cadrées.

En parallèle, la surenchère autour d’une possible reprise de guerre au Nord élargit la pression. Elle rappelle que le Yemen reste un dossier unique, même quand il est traité par fragments. Elle rappelle aussi que toute instabilité au Sud peut devenir un facteur d’affaiblissement national.

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