jeudi, février 5, 2026

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À la une: élections de mai, feuille de route au Sud et recomposition des pressions régionales

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Mai comme ligne rouge, mais une mécanique électorale encore incomplète

Les journaux du 5 février 2026 convergent sur un point. La date de mai est présentée comme un test politique. Annahar du 5 février 2026 décrit une entrée progressive du pays dans la phase de préparation des élections législatives, avec des positions tranchées contre tout report, même sous couvert d’un motif technique. Al Araby Al Jadid du 5 février 2026 rapporte, depuis Baabda, un engagement à organiser le scrutin à la date prévue en mai, ce qui donne à l’échéance une portée institutionnelle, au-delà des discours de partis. 

Dans le détail, l’actualité électorale se joue aussi sur des délais administratifs et des vides juridiques. Al Joumhouria du 5 février 2026 rappelle les étapes formelles, avec des périodes précises pour déposer les candidatures et pour enregistrer les listes, entre le 10 février et le 10 mars. Or, le journal souligne qu’une partie des observateurs doute encore d’un déroulement “dans les temps”. La raison n’est pas seulement politique. Elle tient à des points non réglés dans la loi électorale et dans ses textes d’application. 

Al Joumhouria du 5 février 2026 insiste en particulier sur la question de la “circonscription 16” et sur les six sièges liés aux expatriés, introduits par la loi de 2017. Le journal note que les décrets d’application n’ont pas été publiés, malgré le temps écoulé. Il rappelle aussi l’absence de décision tranchée au Parlement sur le statut de ces sièges, entre maintien, gel, ou suppression, comme cela avait déjà été discuté lors des élections de 2022. Cette incertitude technique pèse sur la crédibilité du calendrier. Elle nourrit un débat qui peut rapidement devenir politique, car chaque ajustement sur la diaspora modifie des équilibres.

Al Bina’ du 5 février 2026 va plus loin en évoquant explicitement l’hypothèse d’un report “technique” vers juillet, si le gouvernement ne publie pas rapidement les décrets nécessaires et si le Parlement ne tranche pas sur les modifications attendues, notamment sur le vote des expatriés et sur les projets liés à la loi électorale. Dans le même article, Al Bina’ rapporte que le président Joseph Aoun a répété, devant une délégation du “Taktol al-I‘tidal al-Watani”, que sa position reste ferme sur la tenue des élections à la date fixée. La tension est donc déjà visible. Elle oppose une promesse politique de tenue du scrutin, et une liste de verrous procéduraux qui, s’ils ne sont pas levés, rouvrent la porte à un décalage.

Le Sud comme pivot, entre “horizon de souveraineté” et contrôle des armes

Les unes ne traitent pas seulement d’élections. Elles articulent l’échéance de mai à un dossier sécuritaire central, celui du Sud et de la “limitation” des armes. Annahar du 5 février 2026 décrit les semaines à venir comme décisives, car le Conseil des ministres doit examiner une “phase militaire” liée à l’encadrement des armes dans la zone située entre le Litani et l’Aouali. Le journal lie ce moment à la visite du commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, à Washington, en suggérant que le retour de cette mission précède des arbitrages internes. 

Al Sharq du 5 février 2026 reprend le même enchaînement, en présentant la visite à Washington comme un prélude à l’exposé d’une feuille de route sur “la limitation des armes”, à soumettre au Conseil des ministres. Le journal ajoute un autre jalon, fixé au 5 mars à Paris, avec un “congrès” de soutien à l’armée libanaise. Il précise que le président Joseph Aoun devrait présider la délégation libanaise et que le président français Emmanuel Macron a adressé des invitations à un large groupe d’États, évoquant un total de cinquante pays attendus. 

Al Bina’ du 5 février 2026 apporte un élément de cadrage politique sur le même sujet. Le journal rapporte que le président Joseph Aoun a réaffirmé que la décision de limiter les armes à l’État, adoptée par le gouvernement, “n’a pas de retour en arrière”. Dans la même séquence, Al Bina’ souligne que cette orientation est présentée comme liée à la stabilisation du Sud, après le retrait d’Israël des zones occupées et avec la poursuite du déploiement de l’armée jusqu’à la frontière internationale. 

Le contraste apparaît toutefois dans la manière dont certains journaux interrogent la portée concrète de la souveraineté. Al Akhbar du 5 février 2026 prend pour point de départ une formule répétée par le Premier ministre Nawaf Salam, selon laquelle l’État “étend sa souveraineté” sur le Sud. Le journal en fait un objet de critique. Il souligne l’écart entre une phrase rassurante, prononcée depuis les tribunes, et des faits quotidiens que la rhétorique ne suffit pas à effacer. La question devient alors politique. Elle porte sur la définition même de la souveraineté, sur ce qu’elle implique en matière de sécurité, et sur ce qu’elle change dans la vie des habitants.

Dans un registre différent, Al Bina’ du 5 février 2026 cite une déclaration de Nawaf Salam dans un entretien télévisé. Le Premier ministre y affirme qu’Israël ne respecte pas les arrangements conclus, qu’il occupe encore cinq points au Sud, et qu’il viole la souveraineté libanaise au quotidien. Le même passage insiste aussi sur l’idée que le Sud du Litani serait désormais sous “contrôle opérationnel” de l’État, présenté comme une situation inédite depuis 1969. À travers ces formulations, un double discours se met en place. D’un côté, l’exécutif affirme un gain de contrôle. De l’autre, une partie de la presse insiste sur la fragilité du terrain, et sur la persistance des violations.

Washington, Paris et le fil des soutiens extérieurs

Le déplacement du commandant de l’armée est traité comme un épisode clé, car il touche à la fois l’aide militaire et la surveillance financière. Al Sharq du 5 février 2026 décrit des rencontres à Washington où la discussion ne concerne pas seulement l’équipement ou la formation. Elle touche aussi aux réseaux illégaux et aux sanctions financières, ce qui place la question de la sécurité dans un cadre plus large, celui du financement et des circuits transfrontaliers. Cette lecture suggère un lien direct entre la stabilité interne et la capacité de l’État à contrôler les flux, qu’il s’agisse d’armes, de contrebande ou de ressources.

L’axe Paris est présenté comme la vitrine politique de ce soutien. Al Sharq du 5 février 2026 annonce la visite à Beyrouth du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avec une série de rencontres prévues avec Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam. Le journal rapporte aussi que la visite s’inscrit dans la préparation d’une conférence de soutien à l’armée, et que le calendrier de cette conférence, longtemps repoussé, est désormais en phase finale, avec un ordre du jour “presque prêt”. 

Dans un autre passage, Al Sharq du 5 février 2026 présente la conférence comme un signal politique. Il évoque une présence de ministres des Affaires étrangères européens, arabes et asiatiques, et indique que les États-Unis seraient représentés par le secrétaire d’État, Mark Rubio, avec aussi des représentants d’institutions financières internationales, dont la Banque mondiale. Le journal ajoute que le président Emmanuel Macron ouvrirait la conférence, avant que Jean-Noël Barrot ne préside la suite des travaux. Même si ces annonces relèvent de la projection, elles donnent un cadre à la stratégie libanaise. Obtenir un soutien public à l’armée, au moment où l’État promet de mieux contrôler le Sud, devient un levier interne autant qu’un geste diplomatique.

Annahar du 5 février 2026 renforce ce récit en mettant la conférence de Paris du 5 mars dans la liste des échéances immédiates, au même niveau que le plan interne de la “phase militaire”. Cette proximité, dans la mise en page de l’actualité, n’est pas neutre. Elle fait comprendre que la feuille de route sécuritaire et le soutien international sont pensés comme deux faces d’un même agenda.

Les négociations Iran–États-Unis comme bruit de fond, mais avec effets directs

Le contexte régional n’est pas seulement une toile de fond. Il se retrouve dans les unes, car il influence les risques de dérapage au Liban, et les pressions sur les acteurs locaux. Al Akhbar du 5 février 2026 place en première page un message favorable à la négociation entre Téhéran et Washington, en rejetant une logique qu’il assimile à une mise en scène de capitulation. Le journal présente aussi le Liban comme exposé à une “tempête” liée aux choix américains, et évoque un retour de paris internes sur une stratégie de confrontation contre l’Iran. 

Les autres titres, eux, détaillent les contours possibles des discussions. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 rapporte l’incertitude sur le lieu de rencontre, avec des informations contradictoires entre hypothèses régionales et version américaine. Le journal cite des agences iraniennes, qui évoquent des discussions indirectes à Mascate, en précisant qu’elles seraient limitées au nucléaire et à la levée des sanctions. Le même article mentionne la composition du côté iranien, autour du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, avec la présence de diplomates chevronnés comme Majid Takht Ravanchi et Kazem Gharibabadi. 

Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 ajoute aussi un élément américain, en évoquant un rôle de l’émissaire Steve Witkoff, et la possibilité, évoquée par la même source, d’une participation de Jared Kushner. Le journal rapporte également des propos attribués à Donald Trump, qui dit vouloir vérifier si un accord est possible et rappelle que des occasions précédentes n’ont pas abouti, tout en soulignant que les discussions sont en cours. Cette séquence, racontée dans le registre diplomatique, entretient une atmosphère d’incertitude. Elle nourrit aussi, indirectement, les débats libanais sur la souveraineté, car la question des “alliés régionaux” et des armes se retrouve souvent liée aux rapports entre Washington et Téhéran.

Al Araby Al Jadid du 5 février 2026 décrit la même tension sur l’ordre du jour. Le journal explique que Téhéran veut limiter la discussion au nucléaire, tandis que Washington voudrait aborder d’autres dossiers, dont les missiles et les alliés régionaux. Cette divergence sur le périmètre des négociations devient, pour Beyrouth, une source de risque. Si la discussion s’élargit, la pression peut se déplacer vers les terrains périphériques. Si elle échoue, les menaces de recours à d’autres options reviennent, et le Sud libanais devient plus exposé.

Une colère locale en première page, autour des réservoirs de Coral

Les unes ne se limitent pas aux dossiers géopolitiques. Elles mettent aussi en avant des alertes locales, capables de cristalliser une colère sociale. Al Sharq du 5 février 2026 évoque le dossier de la société Coral à Bourj Hammoud, avec la participation de la députée Paula Yacoubian à un sit-in devant des réservoirs de carburant. Le journal affirme qu’une campagne de communication n’aurait pas suffi à calmer la polémique, et mentionne des craintes liées à la présence de matières dangereuses près de zones d’habitation, en soulignant que les quartiers concernés sont majoritairement populaires. 

Al Liwaa du 5 février 2026 traite aussi le même épisode sous l’angle de la mobilisation. Le journal parle d’une protestation devant l’entreprise à Bourj Hammoud, avec des appels à une action rapide de la justice et avec un rappel de catastrophes passées, dont l’explosion du port de Beyrouth, utilisée comme référence implicite pour expliquer la sensibilité du sujet. Dans cette mise en scène, la contestation locale devient un marqueur politique. Elle renvoie à la question du contrôle de l’État, non plus sur les armes, mais sur les normes de sécurité, sur les autorisations, et sur l’application des lois.

Ce fil est important à la veille d’une campagne électorale. Il fait apparaître un électorat attentif aux questions de sécurité quotidienne, et pas seulement aux grandes postures nationales. Il donne aussi un langage commun aux oppositions, qui peuvent articuler le thème de la souveraineté et celui de la protection des citoyens, en mettant l’accent sur l’inefficacité supposée des contrôles.

Une équation à trois contraintes, sans détente visible

Les unes du 5 février 2026 construisent une équation resserrée. La première contrainte est électorale. La date de mai est affichée comme une ligne rouge, mais Al Joumhouria du 5 février 2026 et Al Bina’ du 5 février 2026 montrent que la mécanique juridique n’est pas totalement prête, notamment sur la diaspora et sur les textes d’application. La deuxième contrainte est sécuritaire. L’État annonce une feuille de route sur l’encadrement des armes au Sud, et cherche à donner à l’armée un rôle central, tout en composant avec des violations persistantes et avec une presse qui débat de la réalité de la souveraineté. La troisième contrainte est régionale. Les négociations entre Washington et Téhéran pèsent sur le climat, et la discussion sur l’ordre du jour, nucléaire seul ou dossiers élargis, renvoie directement aux questions de sécurité au Levant.

Dans ce contexte, la stratégie libanaise telle qu’elle ressort des journaux repose sur un pari. Maintenir le calendrier électoral pour préserver une forme de normalité institutionnelle. Mettre en avant l’armée comme pilier de stabilité, et obtenir un soutien international visible, à Paris, pour renforcer cette image. En parallèle, gérer les colères locales qui peuvent exploser à partir de dossiers concrets, comme celui des réservoirs de Coral, et qui rappellent que la notion de “protection” ne se limite pas aux frontières.

Politique locale: verrouillage du calendrier électoral et recomposition des rapports de force à Beyrouth

L’échéance de mai et la pression sur les textes d’application

L’ouverture de la période de dépôt des candidatures installe une dynamique politique rapide. Dans Annahar du 5 février 2026, la préparation des élections législatives est décrite comme une montée en régime progressive, avec une ligne dure contre tout report, même présenté comme technique. Le même article insiste sur le fait que les prochaines semaines sont décisives, car plusieurs décisions doivent être actées en parallèle, ce qui rend le calendrier plus sensible aux blocages.

Al Joumhouria du 5 février 2026 fixe le cadre administratif. Le journal rappelle que les candidatures et l’enregistrement des listes auprès de la direction générale des Affaires politiques et des Réfugiés s’étalent du 10 février au 10 mars. Ce rappel sert aussi à souligner un doute. Selon Al Joumhouria du 5 février 2026, plusieurs observateurs ne sont pas convaincus que la préparation ira jusqu’au bout dans les délais. Le problème n’est pas seulement la rivalité entre camps. Il tient à des points non tranchés dans les modalités d’application de la loi.

Le nœud le plus cité concerne la représentation des expatriés. Al Joumhouria du 5 février 2026 revient sur la “circonscription 16” et sur les six sièges associés au vote de la diaspora, introduits par la loi de 2017. Le journal souligne que les décrets d’application n’ont pas été publiés, malgré deux cycles depuis l’adoption du texte. Il relève aussi que la question de la répartition confessionnelle des six sièges et de leur distribution n’a pas été traitée en séance par le Parlement. Cette absence de décision laisse plusieurs options ouvertes, dont un gel, une suppression, ou une intégration autrement répartie.

Al Joumhouria du 5 février 2026 mentionne enfin une issue qui reviendrait à modifier le nombre total de députés, en évoquant l’hypothèse d’un passage à 134 sièges, ou d’un retrait compensatoire de sièges dans les circonscriptions existantes. Dans la pratique, ce débat technique devient un sujet de campagne. Il engage des équilibres locaux, notamment à Beyrouth, dans le Nord et au Sud, où la mobilisation de la diaspora peut peser sur des batailles serrées.

Le ministère de l’Intérieur au cœur du dispositif électoral

La mise en œuvre administrative passe par le ministère de l’Intérieur et des Municipalités. Al Joumhouria du 5 février 2026 cite un décret numéroté 2438, signé par le président Joseph Aoun et par le ministre de l’Intérieur et des Municipalités, le 29 janvier, qui convoque les électeurs résidents pour voter le dimanche 10 mai dans les quinze circonscriptions. Le même texte détaille aussi les dates prévues pour la diaspora, avec une première phase le vendredi 1er mai dans plusieurs pays arabes ainsi qu’en Iran, puis une autre phase, le 3 mai, aux États-Unis, en Europe et en Afrique.

Ce calendrier théorique se heurte toutefois à la question de la circonscription 16. Al Sharq du 5 février 2026 présente un raisonnement juridique simple. Si la circonscription 16 n’est pas entérinée, la balle revient au Conseil des ministres, car les délais étant ouverts, il revient à l’exécutif de décider s’il publie ou non les décrets concernant les six sièges de l’étranger. Selon ce même passage, une option serait que le gouvernement annonce ne pas être prêt à publier ces décrets, ce qui aurait pour effet pratique de rendre la loi applicable autrement, avec un scénario où des expatriés viendraient voter au Liban.

Cette séquence met sous tension l’exécutif. D’un côté, l’État veut afficher une préparation ordonnée. De l’autre, chaque retard administratif nourrit le soupçon d’un report déguisé. Dans Al Sharq du 5 février 2026, la députée Ghada Ayoub adopte une posture de rupture sur ce point, en affirmant que son bloc refuse toute forme d’ajournement ou de prolongation du mandat du Parlement, et en demandant une séance législative pour trancher rapidement l’architecture du vote des expatriés. La déclaration vise directement le président du Parlement, appelé à convoquer une séance sur un texte “accéléré”.

Le même extrait de Al Sharq du 5 février 2026 articule la position de Ghada Ayoub à une proposition claire. Autoriser les expatriés à voter pour les 128 sièges, plutôt que de réserver un mécanisme séparé et encore incomplet. Dans la même logique, elle décrit un effet de levier. Si la circonscription 16 n’est pas adoptée, l’exécutif doit choisir entre publier des décrets contestés ou laisser le système retomber sur un autre mode de scrutin.

Beyrouth comme scène centrale: le retour du nom Salam et l’entrée de Saëb Salam

À Beyrouth, la politique locale se met déjà en mouvement autour des candidatures, des alliances et des symboles. Al Sharq du 5 février 2026 consacre un long passage à l’annonce de la candidature de Saëb Salam dans la circonscription de Beyrouth II, lors d’une conférence de presse tenue à la Mseïtbé. Le candidat met en avant un registre d’identité urbaine, en parlant d’un appel de Beyrouth auquel il dit répondre, et en répétant que la ville “nous appartient et restera à nous”.

Dans le même texte, Saëb Salam insiste sur une promesse de proximité. Il dit vouloir être un député “des gens et non au-dessus des gens”. Il associe aussi son projet à l’idée d’un “État de droit”, et décrit sa candidature comme une démarche orientée vers des résultats concrets, dont la propreté de la ville, la relance d’une économie locale, et un horizon pour la jeunesse afin qu’elle ne quitte pas Beyrouth.

La critique des pratiques de partage du pouvoir est l’un des fils majeurs de son discours. Al Sharq du 5 février 2026 cite des passages où il met en cause la distribution de l’État “comme un butin”, en évoquant des emplois attribués par camps et des décisions découpées en parts. Le même article fait apparaître un slogan de méthode, fondé sur la compétence, l’organisation et la transparence, contre les quotas et les arrangements.

L’aspect politique tient aussi à la mise en scène familiale. Al Sharq du 5 février 2026 rapporte que l’ancien Premier ministre Tammam Salam est entré dans la salle à la fin de la conférence, et qu’il a souhaité bonne chance à son fils. Ce détail n’est pas anodin. Il rappelle l’empreinte historique d’une lignée beyroutine sur la vie politique, tout en donnant un signal au champ sunnite urbain, dans une période où les alliances restent fluides.

La question Hariri: mobilisation du 14 février et messages venus de Riyad

La scène sunnite reste structurée par la perspective du 14 février et par la place de Saad Hariri. Al Sharq du 5 février 2026 publie un récit de terrain autour d’une visite du leader à des groupes tribaux, avec des discours qui appellent à une participation massive à la commémoration, et qui présentent le retour de Saad Hariri comme une nécessité nationale. Ce type de mobilisation relève de la politique locale autant que de l’image nationale, car il réactive des réseaux et remet en circulation des messages d’unité et de modération associés à Rafic Hariri.

Al Akhbar du 5 février 2026 traite le même moment sur un angle de pression politique, en évoquant une “interdiction” saoudienne qui ne viserait pas seulement une personne, mais un courant. Dans un passage plus détaillé, Al Akhbar du 5 février 2026 explique qu’un média saoudien a diffusé une information selon laquelle Ahmad Hariri aurait rencontré des responsables du Hezbollah et se serait entendu avec eux sur une coopération électorale, ainsi que sur des orientations futures, dont un changement de gouvernement après les élections.

Al Akhbar du 5 février 2026 rapporte que l’intéressé a démenti, en affirmant que l’information est inexacte et contraire à la vérité. Le journal estime néanmoins que l’essentiel est ailleurs, en insistant sur le timing. Il présente cette diffusion comme un message politique lisible, attribué à une volonté de peser sur le “courant bleu” à la veille d’un rendez-vous populaire et dans le contexte des spéculations sur une future participation électorale.

Le résultat est une double tension. D’un côté, une stratégie de mobilisation autour d’un anniversaire, qui vise à prouver que le courant garde une capacité d’entraînement. De l’autre, une campagne de signaux négatifs qui fragilise toute tentative de repositionnement. Cette rivalité se joue d’abord à Beyrouth et dans quelques villes, parce que c’est là que l’équation sunnite se traduit en listes et en scores.

Les partis et alliances: la “Gamaa Islamiya” et la recherche de blocs locaux

La recomposition ne se limite pas à la scène Hariri. Elle touche aussi des acteurs qui veulent transformer leur présence locale en poids électoral. Al Akhbar du 5 février 2026 consacre un passage à la “Gamaa Islamiya”, décrite comme engagée dans une préparation électorale large, incluant une présence dans plusieurs circonscriptions où elle a une base. Le journal évoque une recherche d’alliances locales, ainsi que des discussions et des pistes de dialogue, y compris avec le Hezbollah, afin de coopérer électoralement dans des zones comme le Sud, Beyrouth et la Békaa.

Al Akhbar du 5 février 2026 ajoute un élément important pour la politique locale. Le journal affirme que la “Gamaa Islamiya” étudie des candidatures internes dans des zones spécifiques, dont Saïda, Beyrouth II, la Békaa-Ouest, Tripoli et le Akkar. Cette liste indique une stratégie d’ancrage. Elle ne cherche pas seulement un symbole national. Elle vise des sièges et des alliances, avec des arrangements au cas par cas.

Le même article introduit une autre dimension, liée au contexte régional. Il parle d’un effort pour éviter des alliances jugées coûteuses, et d’un climat où des forces influentes chercheraient à ne pas s’afficher avec elle, ce qui renvoie à la question des pressions extérieures sur les coalitions locales. Même si ces appréciations restent celles du journal, elles éclairent une réalité électorale classique. Les alliances ne se bâtissent pas seulement sur les programmes. Elles dépendent du rapport coût-bénéfice, de l’image et des lignes rouges de partenaires.

Institutions, services publics et légitimité: le ministre de l’Intérieur sur le terrain

La politique locale se lit aussi à travers la gestion des services publics, car la campagne électorale s’alimente de la qualité de l’État au quotidien. Al Sharq du 5 février 2026 relate une visite du ministre de l’Intérieur et des Municipalités, Ahmad Hajjar, au siège de la direction générale de la Défense civile à Furn el-Chebbak. Le ministre y rencontre le directeur général, le brigadier général Imad Khreiss, et discute des besoins et du travail de l’institution “dans les circonstances actuelles”.

Al Sharq du 5 février 2026 ajoute un second temps, plus symbolique. Le ministre se rend au centre de formation, puis rencontre des volontaires et des éléments ayant participé à des opérations de recherche et de sauvetage à Qobbeh, à Tripoli, après l’effondrement d’un immeuble. Il les remercie, et insiste sur le fait qu’ils répondent malgré des moyens limités et des conditions difficiles. Dans un contexte électoral, ce type de séquence porte un message. L’État veut rappeler qu’il agit, même quand il manque de ressources.

Les municipalités apparaissent aussi à travers des annonces formelles. Dans Al Liwaa du 5 février 2026, une municipalité annonce l’organisation d’un concours pour recruter un agent de police municipale dans le caza de Baabda, avec un calendrier de dépôt des dossiers et une date de concours. Cette information, apparemment administrative, dit aussi quelque chose du climat local. Les municipalités continuent de recruter et de fonctionner, même sous tension financière, alors que les citoyens demandent des services et une présence sécuritaire de proximité.

Les autorités religieuses et la critique du climat politique

Le climat politique est aussi commenté par des autorités religieuses, ce qui pèse sur la perception locale de la légitimité. Annahar du 5 février 2026 rapporte une position des évêques maronites, qui dénoncent des campagnes jugées défectueuses contre le pouvoir et le gouvernement, car elles n’apporteraient au pays que davantage de fragmentation et de désagrégation. Le même extrait mentionne un appel aux “sages” des camps concernés, afin de fixer une limite à ces campagnes.

Même dans une formulation brève, ce type de prise de parole a un effet politique. Elle peut être lue comme un appel à calmer l’escalade verbale. Elle peut aussi être interprétée comme une tentative de protéger les institutions contre une crise de confiance. Dans une campagne électorale, ces signaux comptent, car ils touchent à la cohésion sociale et à la façon dont les critiques se formulent.

Environnement, Sud et souveraineté: la politique locale par les dossiers concrets

La politique locale prend enfin une dimension plus directe, lorsqu’elle se traduit en incidents et en réponses ministérielles. Al Sharq du 5 février 2026 rapporte un communiqué commun des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, au sujet d’un épandage par des avions israéliens de substances chimiques au-dessus de zones du Sud. Les ministères décrivent l’incident comme une violation de la souveraineté, réalisée sous les yeux de la communauté internationale, et précisent que les équipes techniques ont commencé un travail de terrain, avec collecte d’échantillons et évaluation des effets environnementaux, agricoles et sanitaires.

Dans une campagne électorale, ce type de dossier sert de passerelle entre souveraineté et vie quotidienne. La souveraineté n’est plus seulement un mot lié à la sécurité. Elle devient aussi une question de santé publique, de pertes agricoles, et de confiance dans l’État. Le fait que les ministères annoncent une démarche technique et officielle, avec un protocole, vise à répondre à une attente de transparence.

Dans le même esprit, une autre alerte locale, même si elle relève aussi du social, se transforme en objet politique. Al Sharq du 5 février 2026 mentionne la participation de la députée Paula Yacoubian à un sit-in devant des réservoirs de la société Coral à Bourj Hammoud, avec des accusations autour de matières dangereuses et une insistance sur la vulnérabilité des habitants, souvent décrits comme pauvres. Ce passage illustre un mécanisme classique. Un dossier de sécurité industrielle devient un enjeu électoral, car il touche aux peurs collectives et à la capacité de contrôle des autorités.

Le centre de gravité reste Beyrouth, mais la bataille se joue sur des détails

La politique locale du 5 février 2026 apparaît donc comme une addition de scènes. Il y a la scène institutionnelle, avec les décrets, les dates, et les incertitudes autour de la circonscription 16. Il y a la scène beyroutine, où des candidatures se déclarent et où les symboles familiaux reviennent, comme avec Saëb Salam et la présence de Tammam Salam. Il y a la scène des rapports de force sunnites, où la mobilisation du 14 février coexiste avec des messages hostiles et des récits de pressions venues de Riyad. Il y a enfin la scène des alliances, où des acteurs comme la “Gamaa Islamiya” cherchent à convertir leur implantation locale en blocs électoraux.

Dans ce paysage, les détails administratifs deviennent politiques. Un décret, une date de candidature, un texte d’application manquant, peuvent changer le rythme et les alliances. À l’inverse, les dossiers concrets, comme les opérations de la Défense civile ou les alertes environnementales, se transforment en arguments de campagne, car ils parlent directement de l’efficacité de l’État.

Citation et discours des personnalités politiques: souveraineté, calendrier électoral et langage de la crise

Joseph Aoun et la souveraineté en mode dossier, entre dénonciation et procédure

La parole présidentielle est utilisée comme un instrument de cadrage. Dans Annahar du 5 février 2026, la séquence politique est présentée comme une suite d’échéances à très court terme, dont l’examen par le Conseil des ministres d’une « deuxième phase » liée à l’encadrement des armes dans la zone comprise entre le Litani et l’Aouali. Cette façon d’inscrire la question de la souveraineté dans un calendrier de décisions transforme un sujet sensible en dossier gouvernemental, avec une logique de plan, de déploiement et de validation. Annahar du 5 février 2026 associe aussi cette étape au retour attendu du commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, après sa visite à Washington, ce qui ancre l’approche présidentielle dans une articulation entre décision interne et soutien extérieur.

Dans Al Bina’ du 5 février 2026, Joseph Aoun apparaît dans un registre plus direct, à travers une dénonciation d’un acte présenté comme une atteinte à la souveraineté. Le journal rapporte que le président condamne l’épandage de substances chimiques par des avions israéliens au-dessus de zones du Sud, et qu’il demande au ministère des Affaires étrangères de préparer un dossier documenté, en coordination avec les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, en vue de démarches juridiques et diplomatiques et du dépôt de plaintes auprès d’instances internationales. Le message est double. D’un côté, il y a la condamnation politique. De l’autre, il y a la volonté d’adosser l’indignation à une procédure, avec collecte d’éléments et constitution d’un dossier.

Al Bina’ du 5 février 2026 ajoute un autre volet, plus domestique, lorsqu’il mentionne un échange entre le président et le ministre de la Défense Michel Menassa sur la situation sécuritaire, ainsi que sur des réunions portant sur une augmentation des salaires des militaires en service et à la retraite. Dans ce cadrage, le discours sur la souveraineté n’est pas isolé. Il se prolonge dans la question de la résilience de l’institution militaire, car l’État ne peut promettre un contrôle accru du territoire sans traiter le malaise matériel de ses forces.

Nawaf Salam, entre affirmation d’autorité et prudence sur l’option militaire

Le Premier ministre Nawaf Salam occupe une place centrale dans la circulation des formules politiques, au point que certaines d’entre elles deviennent des objets de débat médiatique. Al Akhbar du 5 février 2026 part d’une phrase répétée par Nawaf Salam, selon laquelle l’État « étend sa souveraineté sur le Sud du Liban ». Le journal met en scène le retour du « vieux nouveau » questionnement autour du sens concret de la souveraineté, et oppose « l’expression rassurante prononcée depuis les tribunes » aux « faits quotidiens » qui, selon lui, ne se laissent pas combler par la rhétorique. La portée politique de cette critique tient à ce qu’elle déplace le débat. Il ne s’agit plus seulement de soutenir ou de contester le gouvernement. Il s’agit de demander des indicateurs concrets, des actes vérifiables et des résultats sur le terrain.

Dans Al Bina’ du 5 février 2026, le discours de Nawaf Salam est rapporté dans un format d’entretien, avec des formulations très cadrées. Dans une interview à CNN, il affirme qu’Israël ne respecte pas les ententes conclues en novembre 2024, qu’il occupe encore cinq points au Sud, qu’il viole la souveraineté « quotidiennement » et qu’il retient des civils libanais. Dans le même passage, Al Bina’ du 5 février 2026 rapporte une formule forte, présentée comme une bascule historique. Nawaf Salam y soutient que la zone au sud du Litani est désormais « sous contrôle opérationnel complet de l’État », et que c’est la première fois depuis 1969 que l’État exerce ce contrôle, qualifiant ce moment d’« historique ».

L’architecture de ce discours est claire. Il affirme une avancée mesurable, tout en reconnaissant la persistance d’occupations et de violations. Ce mécanisme permet d’éviter deux écueils. Il évite la posture triomphaliste, car il pointe des violations qui continuent. Il évite aussi le fatalisme, car il insiste sur une capacité retrouvée de l’État. Dans la même interview, Al Bina’ du 5 février 2026 rapporte que Nawaf Salam, interrogé sur la paix avec Israël, répond par un ancrage doctrinal, en réaffirmant l’attachement à l’Initiative de paix arabe, puis par un argument de contexte, en disant que les conditions de la paix ne sont pas réunies tant qu’il y a occupation et violations. Il conclut que, dans cet environnement, parler de paix serait « non logique » à ce stade.

La prudence apparaît aussi dans d’autres déclarations rapportées par Al Sharq du 5 février 2026, via le ministre de l’Information Paul Morcos. Le journal cite Paul Morcos disant que les violations israéliennes empêchent l’achèvement du plan gouvernemental visant à établir le contrôle de l’État et la limitation des armes, tout en ajoutant que la guerre « n’est pas parmi les options du gouvernement » pour répondre aux violations. Ce passage éclaire indirectement la ligne de Nawaf Salam. Elle se veut ferme sur les principes, mais elle garde une marge de prudence sur l’escalade.

Mohammad Raad, de Baabda à l’opinion, une rhétorique de la “cohabitation souveraine”

La parole des forces politiques se structure aussi autour de formules qui visent à maintenir un équilibre interne. Al Bina’ du 5 février 2026 consacre plusieurs passages à la déclaration du député Mohammad Raad depuis Baabda, après une rencontre avec le président Joseph Aoun. Dans ces extraits, Mohammad Raad insiste sur une volonté de « compréhension et coopération » afin d’atteindre des objectifs présentés comme communs. Le vocabulaire est orienté vers des priorités concrètes, dont la fin de l’occupation, la libération de prisonniers, la stabilité, le retour des habitants dans leurs villages et l’ouverture d’un chantier de reconstruction.

Al Bina’ du 5 février 2026 rapporte aussi une formule qui vise à repositionner la relation entre l’État et les acteurs armés. Mohammad Raad y affirme que l’État doit assumer la responsabilité de protéger la souveraineté, et qu’il doit être soutenu « si nécessaire », avec un refus de toute intervention ou tutelle. Le même ensemble de citations contient une phrase qui cristallise une rhétorique de crise. Mohammad Raad déclare que lorsque la souveraineté nationale est « en soins intensifs », tous doivent préserver un climat d’unité et de cohésion, et s’abstenir des surenchères et des querelles.

La logique de ce discours est de présenter une convergence minimale autour de la souveraineté, tout en gardant un espace d’interprétation sur les modalités. Al Bina’ du 5 février 2026 décrit d’ailleurs, via des sources, un climat de “franchise” et de “responsabilité nationale” lors de la rencontre, en soulignant qu’il existe des divergences, mais aussi une large zone commune permettant de rechercher une approche nationale protectrice. La formulation insiste sur la méthode, avec l’idée de poursuivre les échanges et les consultations pour atteindre les objectifs “au plus vite” et au “moindre coût”, tout en préservant souveraineté et dignité nationale.

Le langage de la souveraineté pris en tenaille par la condition du terrain

Les discours politiques se heurtent au terrain, et c’est précisément ce frottement qui fabrique une partie de l’actualité. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 situe la scène politique dans un environnement de violations israéliennes prolongées au Sud, et même parfois jusqu’au Nord de la Békaa, tout en insistant sur l’attention portée à la visite du commandant de l’armée aux États-Unis. Le journal affirme que, dès son retour, il présentera au Conseil des ministres un plan de l’armée visant à encadrer les armes au nord du Litani, et que le gouvernement donnera “le feu vert” pour l’exécution, selon ce scénario.

Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 ajoute un élément de tension institutionnelle. Il évoque la possibilité d’un scénario similaire à celui de séances du 5 et du 7 août 2025, au cours desquelles des ministres du duo chiite auraient quitté la réunion en objection à l’idée d’imposer des délais. Dans la même phrase, le journal indique que Joseph Aoun, Nawaf Salam et une majorité ministérielle seraient déterminés à avancer sur le plan, malgré le refus du Hezbollah de remettre des armes au nord du Litani, tel que rapporté par la même source. Ce passage illustre la contrainte principale. Les discours d’autorité, qu’ils soient présidentiels ou gouvernementaux, doivent composer avec des positions de forces sur le terrain.

Dans ce contexte, la formule “contrôle opérationnel” rapportée par Al Bina’ du 5 février 2026, ou l’expression “étendre la souveraineté” citée par Al Akhbar du 5 février 2026, prennent une valeur de mots-tests. Ils sont repris, attaqués, défendus, car ils peuvent être interprétés comme une annonce de résultat, ou comme une promesse encore à réaliser.

Paul Morcos, une parole gouvernementale qui se dédouble entre sécurité et information

La présence de Paul Morcos dans Al Sharq du 5 février 2026 révèle une stratégie communicationnelle plus large. D’un côté, il explique que les violations israéliennes entravent le plan du gouvernement visant à établir le contrôle de l’État et à limiter les armes. De l’autre, il ajoute une dimension liée à l’information, en intervenant dans un forum consacré aux technologies numériques.

Al Sharq du 5 février 2026 rapporte que Paul Morcos, lors de sa participation au Web Summit Qatar 2026, dit que le défi central à l’ère de l’intelligence artificielle n’est plus seulement de “faire arriver l’information”, mais de garantir l’arrivée d’une information correcte et de construire la confiance, dans un environnement où la désinformation circule vite sur les réseaux sociaux. Le journal précise qu’il cite une estimation selon laquelle plus de 70 % des citoyens s’appuieraient sur ces plateformes comme source principale d’informations. Il ajoute que Paul Morcos présente le Liban comme un pays “encore au début mais prometteur”, en raison de la création d’un ministère spécialisé, et il décrit un travail du ministère de l’Information pour surveiller les fausses nouvelles, suivre les récits trompeurs et accélérer la vérification.

Ce discours a une signification politique directe. Il sous-entend que la bataille électorale, à l’approche de mai, sera aussi une bataille des récits. Il sous-entend également que la légitimité des politiques de souveraineté dépendra de la capacité à produire des preuves, à contrer des rumeurs et à réduire l’écart entre annonces et perceptions.

Ahmad Hajjar et la rhétorique du service public comme preuve d’État

Les discours politiques ne se limitent pas aux tribunes diplomatiques. Ils se jouent aussi dans des scènes de terrain, utilisées comme preuves de présence de l’État. Al Sharq du 5 février 2026 relate la visite du ministre de l’Intérieur et des Municipalités Ahmad Hajjar à la direction générale de la Défense civile à Furn el-Chebbak, où il rencontre le directeur général Imad Khreiss et des responsables d’unités, puis se rend dans un centre de formation.

Dans le même récit, Al Sharq du 5 février 2026 cite un discours prononcé par Ahmad Hajjar devant des volontaires et des membres ayant participé à des opérations de recherche et de sauvetage à Qobbeh, à Tripoli, après l’effondrement d’un immeuble. Il leur dit que le pays voit le bien “par leurs mains”, qu’il a voulu leur rendre visite, surtout après les sacrifices consentis, et il insiste sur le fait qu’ils répondent à l’appel malgré des moyens limités, des conditions difficiles et des compensations modestes.

Cette parole a une valeur politique, car elle fabrique une narration de l’État qui tient, même quand il manque de ressources. Dans un contexte où la souveraineté est discutée en termes de contrôle territorial, cette rhétorique rappelle que la souveraineté passe aussi par la capacité à protéger des vies, à intervenir lors de drames locaux et à maintenir des services de base.

Le pape, la bénédiction et la diplomatie symbolique

La parole religieuse entre aussi dans l’espace public, sous une forme diplomatique. Al Bina’ du 5 février 2026 rapporte une lettre du pape Léon XIV adressée au président Joseph Aoun, dans laquelle il affirme prier pour qu’il soit affermi dans ses lourdes responsabilités et que ses pas soient renforcés au service du Liban. Le journal rapporte aussi une lettre de remerciement envoyée au président du Parlement Nabih Berri, avec des formules de salutations, et l’idée que le pape a ressenti le Liban comme un “modèle vivant”, tel que cité dans l’extrait.

Cette parole n’est pas un discours politique au sens classique. Pourtant, elle a un effet politique. Elle fournit un capital symbolique aux institutions, à un moment où la scène libanaise cherche des appuis extérieurs et une forme de reconnaissance morale. Elle sert aussi à rappeler que l’État libanais reste un interlocuteur, ce qui est une manière indirecte de soutenir sa légitimité, au cœur d’une période marquée par la défiance.

Le langage social: avertissements des syndicats et menace d’escalade

La parole politique circule enfin dans le registre social, là où les crises de revenus et de services se transforment en rapport de force. Al Bina’ du 5 février 2026 rapporte un avertissement du “Tajammo’ Rawabet al-Qita’ al-’Amm”, qui met en garde contre toute absence de résultats concrets, ou contre l’utilisation de la négociation comme couverture pour gagner du temps. Le texte menace de retirer l’effet de la suspension de la grève et d’aller vers des mouvements d’escalade ouverts, dont les formes et le calendrier seraient déterminés dans un cadre légal. Le même extrait insiste sur un engagement au respect de la loi et de l’intérêt général, tout en affirmant un refus de la poursuite de violations des droits des employés sous n’importe quel prétexte financier ou politique.

Ce type de discours est politiquement structurant. Il impose aux autorités un langage de réponse. Il transforme la gestion des salaires et des droits en enjeu de crédibilité. Il rappelle aussi que, même lorsque la souveraineté et la sécurité dominent les unes, l’espace public peut basculer vers une crise sociale, portée par des mots d’ordre et par des menaces d’action collective.

Les formules clés qui dominent l’espace public

Dans les textes du 5 février 2026, quelques phrases se détachent et s’installent comme des repères, parfois comme des lignes de fracture. La formule « étendre la souveraineté » attribuée à Nawaf Salam est traitée comme une promesse contestée dans Al Akhbar du 5 février 2026. L’expression « contrôle opérationnel complet » de l’État au sud du Litani, rapportée dans Al Bina’ du 5 février 2026, sert au contraire d’annonce de bascule, avec une dimension historique assumée. Les mots de Mohammad Raad, depuis Baabda, cherchent un terrain commun autour de la souveraineté, mais au prix d’une rhétorique d’urgence, quand il évoque une souveraineté « en soins intensifs ». Paul Morcos, enfin, déplace une partie de la bataille vers la confiance dans l’information et vers la lutte contre les récits trompeurs, ce qui annonce une campagne électorale où la crédibilité sera un champ de combat.

Diplomatie: Paris comme test de soutien à l’armée, Nations unies en arrière-plan et gestion des plaintes contre Israël

Paris, 5 mars, et la diplomatie de l’armée comme pilier de stabilité

La diplomatie libanaise du 5 février 2026 est dominée par un même pivot dans plusieurs journaux. Le rendez-vous du 5 mars à Paris, dédié au soutien à l’armée libanaise, est présenté comme une échéance structurante, à la fois pour la sécurité et pour la crédibilité de l’État. Al Sharq du 5 février 2026 situe cette rencontre dans une séquence où le Liban cherche à consolider une capacité nationale, tout en répondant à des pressions sécuritaires continues. Le journal insiste sur l’ampleur attendue de la participation, en décrivant une mobilisation internationale large, avec des invitations envoyées par le président Emmanuel Macron à un nombre important d’États, dans une logique de “grande conférence” et non de simple réunion technique.

Le même numéro de Al Sharq du 5 février 2026 rapporte que le président Joseph Aoun devrait présider la délégation libanaise à Paris. Le choix de cette représentation est diplomatiquement significatif. Il élève la conférence au rang d’épreuve politique, car une présence présidentielle implique une lecture de souveraineté et une exigence de résultats, y compris dans le langage des partenaires. Dans la même logique, Al Sharq du 5 février 2026 évoque une préparation avancée de l’ordre du jour, présenté comme “presque prêt”, ce qui installe une attente d’annonces concrètes en matière de soutien.

Annahar du 5 février 2026 place aussi la conférence de Paris parmi les échéances immédiates, en l’alignant sur les débats internes liés au Sud et au rôle de l’armée. La mise en parallèle suggère une articulation volontaire. Le soutien international n’est pas traité comme un dossier séparé. Il est présenté comme une condition de réussite de la stratégie interne de stabilisation et de contrôle. Cela renforce l’idée que la diplomatie est utilisée pour donner de la solidité à un plan libanais, plutôt que pour produire un simple discours de solidarité.

Jean-Noël Barrot à Beyrouth, et la diplomatie bilatérale comme préparation de la conférence

Al Sharq du 5 février 2026 détaille la préparation diplomatique par la visite annoncée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à Beyrouth. Le journal indique que son programme doit inclure des rencontres avec le président Joseph Aoun, le président du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam. Cette séquence bilatérale sert de relais à la conférence de Paris, car elle permet d’aligner les messages, de calibrer les attentes libanaises et de tester le langage de compromis avant l’exposition internationale.

Dans la même couverture, Al Sharq du 5 février 2026 présente la conférence comme un événement à forte visibilité politique, où les États-Unis devraient être représentés à un niveau élevé. Le journal mentionne une représentation américaine par le secrétaire d’État Mark Rubio, et cite aussi la présence attendue d’institutions financières internationales, dont la Banque mondiale. Cette composition donne un indice sur les objectifs. Il ne s’agit pas uniquement de matériel ou de formation. Il s’agit aussi d’un signal de confiance, susceptible de se traduire en programmes, en assistance et en soutien à long terme.

Al Sharq du 5 février 2026 ajoute un détail de protocole qui, dans le langage diplomatique, compte beaucoup. Emmanuel Macron ouvrirait la conférence, avant que Jean-Noël Barrot ne préside la suite des travaux. Cette répartition des rôles vise à donner un cadrage politique fort au départ, puis un format opérationnel, où l’on discute de besoins, d’engagements et de mécanismes. Pour le Liban, la présence d’un chef d’État au lancement renforce la valeur symbolique du rendez-vous, et peut servir d’argument interne pour soutenir l’idée que l’armée demeure le cœur du consensus national.

Washington comme étape diplomatique, et le lien entre soutien et contrôle des flux

Le déplacement du commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, est aussi traité comme un épisode diplomatique, car il engage la relation avec les États-Unis et structure le récit de la préparation de Paris. Dans Al Sharq du 5 février 2026, la visite à Washington est décrite comme l’occasion d’échanges qui ne se limitent pas à la doctrine militaire. Le journal relie ces discussions à des sujets plus sensibles, dont les réseaux illégaux et les sanctions financières, suggérant que la sécurité du Liban est désormais pensée dans un cadre qui inclut le financement, la contrebande et les circuits transfrontaliers.

Ce cadrage fait évoluer la perception du soutien. Il ne s’agit pas seulement d’aider l’armée à tenir le terrain. Il s’agit aussi d’intégrer l’armée et l’État dans une architecture de contrôle qui répond aux priorités internationales, notamment sur les flux et sur les réseaux. Cette dimension pèse sur la diplomatie libanaise, car elle impose des obligations implicites. Plus l’aide est importante, plus les demandes de transparence, de contrôle et de conformité deviennent centrales.

Annahar du 5 février 2026 relie, de façon plus indirecte, cette étape américaine à la discussion interne sur l’encadrement des armes au Sud. Le lien diplomatique est important. Il montre que les autorités libanaises cherchent à inscrire leurs décisions dans un cadre acceptable pour leurs partenaires, tout en gardant une marge de manœuvre interne. Cette tension, entre souveraineté et dépendance au soutien extérieur, traverse la couverture diplomatique du jour.

Plainte, dossier et “preuve”: la diplomatie juridique face aux violations israéliennes

Une autre ligne diplomatique apparaît dans les journaux, sous la forme d’une stratégie de plainte et de dossier. Al Bina’ du 5 février 2026 rapporte que le président Joseph Aoun condamne l’épandage de substances chimiques par des avions israéliens au-dessus de zones du Sud. Le journal explique que Joseph Aoun demande au ministère des Affaires étrangères de préparer un dossier documenté, en coordination avec les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, afin de déposer des plaintes auprès d’instances internationales.

Ce type de réaction illustre une diplomatie de la preuve. Elle se fonde sur l’idée que la condamnation politique ne suffit pas, et qu’une plainte doit s’appuyer sur des éléments techniques, des échantillons, des analyses et des rapports. La dimension diplomatique est donc directement reliée à une capacité administrative et scientifique. Si l’État est capable de documenter, il renforce sa crédibilité. S’il ne l’est pas, la plainte peut se réduire à un geste symbolique.

Al Sharq du 5 février 2026 présente aussi le même dossier, via un communiqué commun des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, qui annonce une collecte d’échantillons et une évaluation des effets environnementaux, agricoles et sanitaires. La formulation insiste sur le fait que les actions se déroulent “sur le terrain”, ce qui vise à transformer une accusation en démarche vérifiable. Cette logique est diplomatiquement utile, car elle permet de parler aux partenaires dans une langue technique, souvent plus efficace que le langage émotionnel.

Dans un contexte où la frontière sud reste instable, cette diplomatie juridique devient un outil de gestion de crise. Elle permet de maintenir la pression politique tout en évitant, dans le discours officiel, de basculer vers une logique d’escalade. La plainte sert alors de réponse “institutionnelle”, à la fois pour l’opinion interne et pour les interlocuteurs internationaux.

Nations unies, Finul et cadre de légitimation internationale

Les références aux Nations unies et au cadre international apparaissent dans plusieurs passages, souvent en arrière-plan, mais elles pèsent sur la diplomatie quotidienne. Al Bina’ du 5 février 2026 évoque l’idée que les violations israéliennes se produisent “sous les yeux de la communauté internationale”, ce qui renvoie implicitement au rôle de la Finul et aux mécanismes de surveillance et de rapport. La formule n’est pas purement rhétorique. Elle sert à rappeler que le Liban veut être perçu comme respectant une légalité internationale, et comme demandant une réponse dans ce cadre.

Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 situe lui aussi l’actualité dans un environnement de violations persistantes, et décrit une attente politique autour des décisions à venir sur le contrôle des armes et sur l’exécution de plans internes. Même si le journal traite surtout la dimension sécuritaire, cette lecture renforce l’idée que la diplomatie du Liban vise à maintenir un équilibre. Elle veut d’un côté un appui international, et de l’autre une capacité à agir sans paraître imposée de l’extérieur.

Dans ce cadre, la conférence de Paris devient une pièce de légitimation. Elle rassemble des États et des institutions, et elle peut être utilisée comme preuve que l’armée libanaise reste reconnue comme interlocuteur central. Cela renforce la position du Liban dans ses discussions avec les Nations unies et avec les partenaires, car une armée soutenue publiquement est plus difficile à contourner dans les mécanismes de gestion de la frontière et de la sécurité.

Diplomatie et discours: la gestion des mots sur la paix et sur l’escalade

Les discours publics du gouvernement ont une dimension diplomatique, car ils envoient des signaux aux partenaires. Dans Al Bina’ du 5 février 2026, Nawaf Salam, dans une interview à CNN, affirme que les conditions de la paix ne sont pas réunies tant qu’il y a occupation et violations, et il rejette l’idée que la guerre soit une solution, en insistant sur une approche fondée sur le droit et sur des cadres existants comme l’Initiative de paix arabe. Ce type de discours est un exercice d’équilibre. Il évite la provocation diplomatique, car il se place dans des références reconnues. Il évite aussi l’apparence de faiblesse, car il souligne les violations et l’occupation.

Al Sharq du 5 février 2026 rapporte, via le ministre de l’Information Paul Morcos, une formulation complémentaire, en disant que la guerre n’est pas parmi les options du gouvernement pour répondre aux violations israéliennes. Même si Paul Morcos ne traite pas directement des relations internationales dans cette phrase, l’effet diplomatique est réel. Cette phrase rassure certains partenaires, car elle réduit le risque d’escalade, tout en maintenant un discours de fermeté sur la souveraineté.

Ces éléments se combinent avec la stratégie de plainte et de documentation. Ils produisent une posture cohérente. Le Liban dit qu’il veut limiter l’escalade. Il dit aussi qu’il veut porter les violations devant des instances internationales. Ce couple “droit et retenue” est diplomatiquement efficace, car il rend plus difficile une accusation de comportement irresponsable.

Le pape et la diplomatie symbolique, soutien moral et reconnaissance institutionnelle

Un autre registre diplomatique apparaît dans Al Bina’ du 5 février 2026 avec la publication d’une lettre du pape Léon XIV adressée au président Joseph Aoun. Le journal rapporte que le pape dit prier pour que Joseph Aoun soit affermi dans ses lourdes responsabilités et que ses pas soient soutenus au service du Liban. Dans le même ensemble, Al Bina’ du 5 février 2026 mentionne une lettre au président du Parlement Nabih Berri, avec des formules de salutations et une référence au Liban présenté comme un “modèle vivant”, selon l’extrait publié.

Cette diplomatie symbolique n’a pas un effet immédiat sur des financements ou sur des plans militaires. Pourtant, elle compte. Elle donne un capital moral aux institutions. Elle nourrit une perception externe du Liban comme espace de diversité et de coexistence. Dans un moment où la diplomatie libanaise cherche à mobiliser des États autour de l’armée, ce type de signal peut soutenir un récit positif, utile pour les partenaires européens et pour des réseaux internationaux.

Il existe aussi un effet interne. Lorsque des institutions religieuses internationales adressent des messages au président et au Parlement, cela peut être utilisé comme preuve de reconnaissance, dans une période où l’opinion est souvent sceptique sur la capacité de l’État à obtenir du soutien réel. La symbolique devient alors un outil de stabilisation.

La diplomatie en miroir: pression régionale et négociations Washington–Téhéran

Le contexte régional influence les priorités diplomatiques libanaises, même lorsqu’il n’est pas directement libanais. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 rapporte des éléments sur des discussions possibles entre les États-Unis et l’Iran, avec une incertitude sur le lieu, des hypothèses sur des discussions indirectes à Mascate, et un cadre limité au nucléaire et à la levée des sanctions, selon les informations citées. Le journal mentionne aussi des figures de la diplomatie iranienne associées à ce dossier.

Al Araby Al Jadid du 5 février 2026 insiste, de son côté, sur la bataille autour de l’ordre du jour, en expliquant que Téhéran veut limiter la discussion au nucléaire, tandis que Washington voudrait élargir à d’autres dossiers, dont les missiles et les alliés régionaux. Pour le Liban, ce désaccord sur le périmètre est crucial, car la question des “alliés” a souvent des répercussions sur le terrain libanais. Une négociation qui s’élargit peut accroître les pressions sur les dossiers de souveraineté. Une négociation qui échoue peut augmenter le risque de tensions régionales et rendre la frontière sud plus volatile.

Dans ce cadre, la diplomatie libanaise doit gérer une double contrainte. Elle doit mobiliser des partenaires comme la France pour renforcer l’armée. Elle doit aussi éviter d’être entraînée dans une logique de confrontation régionale qui dépasserait ses capacités. La stratégie de prudence dans les discours publics, combinée à une recherche active de soutien international, apparaît alors comme une réponse rationnelle à une instabilité qui ne dépend pas uniquement de Beyrouth.

Diplomatie et administration: la capacité de l’État comme condition de crédibilité externe

La diplomatie ne se réduit pas aux rencontres et aux lettres. Elle dépend de la capacité administrative. Les journaux mettent en scène cette dimension lorsque des ministères annoncent des collectes d’échantillons, des rapports et des plaintes. La même logique apparaît lorsqu’on traite la conférence de Paris comme un dossier préparé, avec un ordre du jour, une participation ciblée, et une articulation entre visite ministérielle et conférence internationale.

Dans ce paysage, l’armée est à la fois un acteur de sécurité et un acteur diplomatique. Elle porte la crédibilité du Liban auprès des partenaires. Elle devient aussi un point d’équilibre interne. Plus le soutien international est visible, plus l’État peut défendre l’idée qu’il avance vers une consolidation de souveraineté. En revanche, si le soutien s’affaiblit ou devient conditionnel, la marge de manœuvre politique se rétrécit, et la diplomatie se transforme en gestion de crise permanente.

La journée du 5 février 2026 montre ainsi une diplomatie libanaise structurée par trois gestes complémentaires. D’abord, organiser un rendez-vous international majeur, Paris, pour affirmer l’armée comme pilier de stabilité. Ensuite, préparer des dossiers juridiques et techniques face aux violations israéliennes, pour transformer l’indignation en procédure. Enfin, tenir un langage public qui évite l’escalade tout en insistant sur la souveraineté, afin de rester aligné avec les attentes des partenaires et avec les besoins internes.

Politique internationale: négociations Washington–Téhéran, guerre en Ukraine et recomposition des rapports de force au Proche-Orient

Washington–Téhéran, une négociation annoncée puis fragilisée

La question iranienne occupe une place centrale dans les pages internationales. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 rapporte une dégradation rapide des chances de tenue de pourparlers entre les États-Unis et l’Iran. Le journal cite Donald Trump, qui dit que le guide iranien Ali Khamenei « doit s’inquiéter », dans un contexte où la tenue d’une rencontre, annoncée pour le vendredi, devient incertaine.

Le même article de Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 décrit une bataille sur le lieu de la rencontre. Des médias iraniens évoquent Mascate, à Oman. Le site Axios est cité pour dire que Washington a refusé un changement de lieu, alors que la rencontre aurait été envisagée en Turquie. Le journal rapporte que, selon cette source, les probabilités de tenue des discussions « s’effondrent ».

Sur le contenu, Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 insiste sur un point. Téhéran veut limiter les échanges au nucléaire et à la levée des sanctions. Le journal cite aussi l’agence Tasnim, qui parle de discussions indirectes prévues à Mascate et concentrées sur ces deux thèmes. Cette limitation est présentée comme une ligne rouge. Elle vise à éviter que le dossier ne s’élargisse aux missiles et aux réseaux régionaux.

Al Liwaa du 5 février 2026 reprend la même logique. Le journal indique que le lieu des discussions reste à l’étude, et qu’un responsable iranien considère que le programme de missiles « n’est pas négociable ». La même source explique que les discussions avec les États-Unis seraient uniquement sur le programme nucléaire. Ce cadrage rapproche la communication iranienne d’une posture de contrôle. Elle accepte l’idée de négocier. Elle refuse d’ouvrir le champ.

Le rôle des États tiers, entre médiation et prévention de l’escalade

La scène régionale se lit aussi à travers les capitales du Golfe. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 décrit un mouvement diplomatique à Doha, au moment où les craintes augmentent sur un possible impact des tensions sur l’énergie, le commerce et l’investissement. Dans ce même papier, le journal évoque une séquence où les acteurs cherchent à éviter une escalade régionale, tout en observant la trajectoire des discussions irano-américaines.

Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 évoque aussi des contacts égypto-britanniques portant sur l’Iran, Gaza et le Soudan, dans une approche qui lie plusieurs crises. Le journal souligne l’appel à une action régionale et internationale pour un processus politique inclusif au Soudan, et la nécessité de couloirs humanitaires pour l’acheminement de l’aide. La mise en série est significative. Elle montre que la diplomatie régionale traite les dossiers comme un ensemble. Les tensions sur l’Iran rejaillissent sur Gaza. Elles pèsent aussi sur les crises africaines.

Dans cette même logique, Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 souligne la gravité de la crise soudanaise. Le journal rappelle qu’un conflit oppose l’armée aux Forces de soutien rapide depuis avril 2023, et mentionne les conséquences, dont une famine et une crise humanitaire massive, avec des déplacements à grande échelle.

La lecture israélienne, entre rejet de la solution politique et option de force

Une autre dimension ressort des pages internationales. Elle concerne la posture israélienne sur la Palestine et sur l’Iran. Dans une tribune publiée par Al Quds Al Arabi du 5 février 2026, il est rapporté qu’au cours d’une rencontre avec Steve Witkoff, envoyé de Donald Trump pour le Proche-Orient, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a répété son refus du projet d’État palestinien. Le même texte indique qu’il a aussi mis en avant l’idée d’une attaque américaine contre l’Iran, allant jusqu’à évoquer le renversement du régime à Téhéran.

Ce type de position pèse sur la dynamique des négociations. Il augmente le risque de lecture sécuritaire. Il réduit l’espace du compromis. Il renforce aussi la pression sur les médiateurs, car l’écart entre un agenda limité au nucléaire et un agenda plus large devient plus difficile à combler.

Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 suit en parallèle l’évolution de la situation à Gaza. Le journal rapporte une intensification de frappes, avec un bilan de morts et de blessés, et replace cette séquence dans un contexte lié à une visite récente d’un envoyé américain en Israël, consacrée au futur de Gaza et à la suite du cessez-le-feu. Le contenu reste centré sur les faits rapportés. Il souligne surtout que la situation sur le terrain évolue plus vite que les discussions.

Syrie, Sud syrien et politique des minorités

Les pages internationales traitent aussi de la Syrie et de ses recompositions. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 indique qu’Israël a désigné le général Ghassan Alian comme coordinateur chargé des druzes au Proche-Orient, dans une mission présentée comme visant à coordonner des relations avec des communautés druzes en Syrie et au Liban. Le journal situe cette démarche dans une rhétorique de « protection des minorités » et dans une stratégie d’élargissement des contacts, alors que le paysage syrien est décrit comme transformé.

Dans le même article, Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 évoque une progression israélienne dans la province de Quneitra et l’établissement de points de contrôle. L’ensemble dessine une séquence où la Syrie du Sud devient un théâtre de contrôle. La dimension communautaire devient un levier. Elle sert à justifier une présence et une coordination, au moment où l’ordre syrien est présenté comme en mutation.

Sur un autre plan, la Syrie est aussi décrite par l’économie de l’après-guerre. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 rapporte la signature par Damas d’un mémorandum d’entente avec Chevron et Power International Holding, société qatarie, pour soutenir l’exploration maritime et la prospection de pétrole et de gaz dans les eaux syriennes. Le journal précise que l’annonce intervient alors que les autorités cherchent à remettre en marche des champs pétroliers et gaziers et à réparer une infrastructure dégradée par des années de conflit.

Ce dossier énergétique a une portée politique. Il signale une volonté de normalisation économique. Il signale aussi une compétition d’influence, car l’énergie attire des acteurs internationaux. Elle modifie les rapports de force. Elle peut redessiner les alliances.

Ukraine, Russie et États-Unis: la médiation en format trilatéral

La guerre en Ukraine apparaît à travers une autre forme de diplomatie, plus structurée. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 rapporte l’ouverture d’un deuxième tour de négociations entre la Russie et l’Ukraine, sous médiation américaine, à Abou Dhabi. Le journal précise que ces réunions trilatérales doivent durer deux jours. Il les présente comme une tentative de relancer les efforts visant à mettre fin à la guerre.

Le même article rappelle des accusations ukrainiennes. Volodymyr Zelensky affirme que la Russie a profité d’une trêve sur les attaques contre les infrastructures énergétiques, parrainée par les États-Unis, pour stocker des munitions. Il évoque ensuite une attaque russe massive par missiles balistiques. Le journal cite aussi la porte-parole de la délégation ukrainienne, qui décrit des discussions « objectives » et « fructueuses », centrées sur des étapes concrètes et des solutions pratiques.

Cet épisode illustre une ligne globale. Les États-Unis cherchent à se présenter comme médiateur. Ils le font en multipliant les formats. Abou Dhabi devient une plateforme de discussion. Elle montre aussi le rôle croissant du Golfe comme espace de diplomatie internationale.

Armements stratégiques, Russie–États-Unis et retour des logiques de puissance

Les tensions internationales ne se limitent pas aux conflits régionaux. Elles reviennent aussi par la question du contrôle des armements. Al Araby Al Jadid du 5 février 2026 rappelle que le traité New START est le dernier grand accord dans une série entamée dans les années 1970. Le journal souligne que ces accords ont réduit les arsenaux nucléaires de l’Union soviétique, puis de la Russie, et des États-Unis, d’un ordre de grandeur massif à environ 3 100 têtes nucléaires.

Al Araby Al Jadid du 5 février 2026 insiste sur le rôle du traité comme pierre angulaire de l’équilibre stratégique, et rappelle le retrait, en 2019, du traité sur les forces nucléaires intermédiaires, ainsi que le retrait américain du traité Ciel ouvert. Dans un autre passage, le journal donne un rappel historique sur la signature de New START par Dmitri Medvedev et Barack Obama à Prague en avril 2010, puis son entrée en vigueur en février 2011.

Ce cadrage met en relief une réalité. L’environnement stratégique se durcit. Les garde-fous diminuent. Les grandes puissances reviennent à une compétition plus directe. Dans ce contexte, chaque crise régionale peut se lire comme un fragment d’une rivalité plus large.

Amérique du Nord: les tarifs de Trump et la diplomatie commerciale sous tension

La politique internationale se joue aussi dans les relations commerciales. Al Araby Al Jadid du 5 février 2026 rapporte une séquence autour du Canada. Le journal indique que le Canada a conclu un accord commercial de type échange, notamment sur la vente de voitures électriques et l’achat d’huile de canola et de produits de la mer.

Le même article indique que Donald Trump a rapidement attaqué cet accord, en menaçant le Canada, via une publication, d’imposer des droits de douane à 100 % si l’accord est appliqué. Cette logique de menace renvoie à une méthode de négociation par la pression. Elle annonce un climat économique instable. Elle pèse aussi sur les alliés, car elle fragilise la prévisibilité.

Al Araby Al Jadid du 5 février 2026 mentionne en parallèle un déplacement du Canada vers le Qatar, avec la signature d’un accord sur la protection des investissements, l’élargissement des transports et le renforcement des liens culturels et humains. La séquence suggère une recherche de diversification, dans un environnement où la relation avec Washington devient plus abrasive.

Afrique du Nord: relations États-Unis–Algérie et crises climatiques au Maroc

Dans Al Quds Al Arabi du 5 février 2026, l’actualité internationale comprend aussi l’Algérie et sa relation avec les États-Unis. Le journal rappelle que des appels à sanctions avaient existé, puis il souligne une évolution du positionnement américain, avec un intérêt accru pour la coopération. Il évoque un rapprochement, avec signature d’un mémorandum d’entente militaire et des accords dans l’énergie, dans un contexte où de grandes entreprises américaines se disent prêtes à entrer sur le marché algérien.

Le Maroc apparaît à travers un autre prisme, celui des catastrophes climatiques. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 rapporte des inondations dans la ville de Ksar el-Kebir, au nord, et une évacuation de grande ampleur, avec des habitants quittant leurs maisons et des quartiers transformés en zones d’évacuation. Le récit insiste sur la perturbation de la vie quotidienne. Il montre une fragilité urbaine. Il rappelle aussi que les crises climatiques deviennent une partie de l’agenda politique.

Une scène internationale fragmentée, mais reliée par la logique de risque

Les récits du 5 février 2026 dessinent une cohérence, malgré la diversité des sujets. La négociation Washington–Téhéran est fragilisée par une dispute sur le lieu, et par un désaccord sur l’ordre du jour. Israël pousse, dans les récits publiés, vers un durcissement, en rejetant l’État palestinien et en appelant à une option de force contre l’Iran. L’Ukraine et la Russie discutent sous médiation américaine, dans un format trilatéral, alors que les accusations de violation et de préparation militaire persistent.

En parallèle, le contrôle des armements s’affaiblit, selon Al Araby Al Jadid du 5 février 2026, ce qui renforce la logique de puissance. La guerre commerciale s’invite aussi dans l’agenda, avec les menaces tarifaires de Donald Trump contre le Canada, et la recherche de nouveaux partenariats par Ottawa. Enfin, les crises africaines et climatiques restent présentes, du Soudan au Maroc, rappelant que la stabilité n’est pas seulement une affaire d’armées, mais aussi de gouvernance et de résilience.

Économie: croissance fragile du secteur privé, inflation en reflux et durcissement des contrôles financiers

Un PMI juste au-dessus de 50, symbole d’un redémarrage sans élan

Le principal indicateur conjoncturel mis en avant le 5 février 2026 est le PMI BLOM, suivi par la presse économique comme un baromètre des entreprises privées. Al Sharq du 5 février 2026 indique que l’indice des directeurs d’achat PMI BLOM pour janvier 2026 recule à 50,1 points, contre 51,2 points en décembre 2025. La lecture reste au-dessus du seuil de 50, ce qui maintient l’économie du secteur privé dans une zone de croissance, mais elle décrit aussi un ralentissement net du rythme.

Al Liwaa du 5 février 2026 reprend le même chiffre et le qualifie de lecture la plus basse depuis six mois, tout en soulignant qu’il se maintient légèrement au-dessus du niveau qui sépare expansion et contraction. Cette convergence entre Al Sharq et Al Liwaa donne un signal clair. La croissance n’est pas interrompue. En revanche, elle devient plus fragile et plus dépendante de facteurs externes, notamment la sécurité régionale et la stabilité de la demande.

Le commentaire attribué à l’économiste Hilmi Morad, cité par Al Sharq du 5 février 2026, insiste sur le mécanisme de ce ralentissement. Le niveau de production n’évolue quasiment pas en janvier 2026. La cause est la faiblesse du flux de nouvelles commandes et la poursuite d’un recul, même léger, des commandes provenant de clients étrangers. La situation est décrite comme paradoxale. Le secteur privé enregistre, selon la même source, une séquence de croissance sur six mois consécutifs, un fait présenté comme inédit depuis le lancement de l’enquête en mai 2013. Mais cette séquence se termine sur une dynamique essoufflée, qui ne suffit pas à stabiliser les anticipations.

Demande intérieure incertaine, commandes étrangères en léger recul

Les détails du PMI, tels que rapportés par Al Sharq du 5 février 2026, donnent une photographie plus fine de la demande. Les nouvelles commandes augmentent seulement de manière faible par rapport à décembre 2025. En parallèle, les entreprises évoquent des annulations de commandes et des retards de livraison, ainsi qu’un ralentissement de l’investissement, présenté comme un frein direct à la performance commerciale. Ce passage décrit une économie où le consommateur et l’investisseur ne portent pas une expansion solide, ce qui rend la croissance très sensible aux chocs.

Le même article de Al Sharq du 5 février 2026 indique que les commandes en provenance de clients internationaux reculent légèrement en ce début d’année. Cette information compte, car elle suggère que la demande extérieure ne compense pas la prudence interne. Dans le contexte libanais, où une partie de l’activité repose sur des flux liés aux expatriés, au tourisme et aux services, la moindre variation des commandes étrangères devient un indicateur avancé de fragilité.

Cette prudence transparaît aussi dans le ton des entreprises interrogées. Al Sharq du 5 février 2026 rapporte que les sociétés incluses dans l’enquête restent pessimistes quant au climat des affaires. Le journal relie ce pessimisme à une cause précise, en évoquant la montée des risques géopolitiques, avec une référence au renforcement militaire américain dans la région et au risque de guerre avec l’Iran. Même si ce facteur est extérieur, il pèse sur les décisions locales. Il influence les stocks, les achats et les prix, et il bloque l’investissement.

Achats, stocks et investissement: la prudence devient une stratégie d’entreprise

Le PMI reflète aussi la manière dont les entreprises gèrent leurs achats et leurs stocks. Al Sharq du 5 février 2026 indique que les sociétés du secteur privé réduisent leurs achats de matières premières, de biens intermédiaires et d’autres intrants au début de l’année 2026. Cette baisse est présentée comme la première diminution mensuelle consécutive des activités d’achat depuis juillet 2025. Autrement dit, le mouvement n’est pas un simple accident. Il marque un changement d’attitude.

Le même article explique que certaines entreprises réduisent leurs commandes parce qu’elles ne voient pas le besoin de constituer des stocks, en raison d’une baisse des ventes. Pourtant, le tableau n’est pas uniforme. Les stocks augmentent malgré tout en janvier 2026, ce qui prolonge une série de hausse des stocks sur sept mois, selon Al Sharq du 5 février 2026. Cette combinaison peut s’expliquer de deux manières, telles qu’elles ressortent des éléments cités. D’une part, certaines entreprises achètent moins, mais gardent des stocks déjà constitués. D’autre part, des retards de livraison et des annulations peuvent créer des accumulations involontaires.

L’enquête montre aussi un environnement logistique plus stable qu’auparavant. Al Sharq du 5 février 2026 indique qu’il n’y a pas eu de changement dans les délais de livraison des fournisseurs en janvier 2026. Cette stabilité, en théorie, devrait aider les entreprises. Mais elle ne suffit pas à créer un cycle de croissance, car le problème est davantage du côté de la demande et des coûts.

Prix: hausse des coûts d’achat, mais inflation de production en baisse

La question des prix est traitée comme un signal majeur. Al Sharq du 5 février 2026 indique que les prix d’achat augmentent, en raison de la hausse des frais d’importation et de l’augmentation des prix du fer et des matériaux de construction. Ce passage suggère une pression importée, liée à la structure de l’économie libanaise et à sa dépendance vis-à-vis des intrants venus de l’étranger.

Dans le même temps, le journal souligne un mouvement inverse sur l’inflation de production. Al Sharq du 5 février 2026 affirme que le rythme d’inflation des prix de production baisse à son niveau le plus faible depuis cinq mois. Le même mouvement s’applique aux prix des biens et services vendus par les entreprises. Le journal précise qu’en janvier 2026, seulement 2 % des entreprises privées ont augmenté les prix de leurs biens et services.

Cette double réalité est centrale pour comprendre la fragilité actuelle. Les coûts d’achat montent, mais les entreprises n’augmentent presque pas leurs prix de vente. La logique implicite est une contrainte sur les marges. Quand la demande est faible ou instable, l’entreprise absorbe une partie de la hausse de coûts au lieu de la répercuter. Cela peut maintenir les prix stables à court terme, mais cela pèse sur la rentabilité et sur la capacité à investir.

L’effet géopolitique sur l’économie réelle, du risque perçu aux décisions concrètes

La presse économique relie explicitement la conjoncture aux tensions régionales. Dans Al Sharq du 5 février 2026, le ralentissement du PMI est présenté comme un reflet probable de la montée des risques géopolitiques, avec un risque de guerre mentionné dans la région. Al Liwaa du 5 février 2026 reprend la même idée, en décrivant un contexte où les entreprises restent pessimistes, en lien avec l’insécurité et l’environnement régional.

Cette relation n’est pas seulement psychologique. Elle se traduit par des comportements mesurables. La baisse des achats et la prudence sur la constitution de stocks répondent souvent à une incertitude sur l’approvisionnement et sur la consommation. Le ralentissement des commandes étrangères, même léger, s’inscrit aussi dans une logique régionale, où les routes commerciales, la demande des marchés voisins et la confiance des clients peuvent varier au rythme des tensions.

Dans un pays où le prix du risque s’ajoute rapidement au prix des biens, la stabilité relative des délais de livraison, mentionnée par Al Sharq du 5 février 2026, ne suffit pas à rassurer. La question devient alors celle de la visibilité. Une entreprise peut livrer à temps. Elle peut pourtant hésiter à produire davantage si elle n’a pas une visibilité sur les commandes des semaines suivantes.

Fiscalité et recouvrement: l’État revient par la porte des avertissements

Un autre volet économique apparaît dans la presse, mais sous une forme administrative. Al Akhbar du 5 février 2026 publie un avis de recouvrement signé par le responsable de la collecte dans la direction régionale des finances du Mont-Liban, daté du 26 janvier 2026. Le document appelle les contribuables concernés par la taxe sur les biens bâtis, non soumis au régime de l’auto-liquidation, pour les exercices de 2018, à régler taxes, frais et pénalités dans un délai d’un mois après publication au Journal officiel. Le même avis précise que cette publication interrompt la prescription, en se référant à l’article 27 de la loi de procédure fiscale.

Dans la même veine, Al Akhbar du 5 février 2026 publie un autre avis, daté du 26 janvier 2026, appelant au paiement de l’impôt sur le revenu basé sur le profit estimé au titre de l’année 2018, ainsi que des pénalités de vérification liées au même exercice, avec le même délai d’un mois.

Ces avis, pris isolément, semblent techniques. Pourtant, ils racontent une réalité économique. L’État cherche à réactiver le recouvrement sur des exercices anciens, ce qui révèle l’importance du stock d’impayés et des arriérés. Cela révèle aussi que la pression fiscale se déplace vers la capacité de collecter, plus que vers l’annonce de nouveaux impôts. Dans une économie où la trésorerie des entreprises et des ménages est souvent tendue, un durcissement de la collecte peut produire un effet immédiat sur la consommation et sur la liquidité disponible.

Al Akhbar du 5 février 2026 publie également un avis de la direction générale des transports terrestre et maritime, appelant les occupants du domaine public maritime, légaux ou illégaux, à régler redevances annuelles et amendes liées à l’occupation. Là aussi, l’enjeu est budgétaire, mais aussi politique. Le dossier du domaine public maritime est souvent associé à des débats sur l’équité et sur l’application de la loi. Le fait qu’il soit rappelé sous forme d’avis met l’accent sur la recherche de revenus et sur l’affichage d’une capacité de contrôle.

Banques et contrôles: la polémique sur le « connais ton client » à 1 000 dollars

Le secteur financier apparaît, le 5 février 2026, à travers une controverse sur le contrôle des flux d’argent. Al Akhbar du 5 février 2026 consacre un article à une généralisation de procédures de type « connais ton client » pour chaque tranche de 1 000 dollars, en estimant que cette mesure est contraire à la Constitution et à la loi. Le journal explique que cette généralisation impose une déclaration sur toute somme de 1 000 dollars, qu’elle soit transfrontalière ou issue d’opérations locales, et ce dans toutes les monnaies, ce qui reviendrait à abaisser le seuil fixé par une loi antérieure.

Le même texte cite la loi numéro 42 du 24 novembre 2015, en rappelant qu’elle oblige toute personne transportant plus de 15 000 dollars à déclarer ces fonds et leur origine. Dans la lecture proposée par Al Akhbar du 5 février 2026, le nouveau cadre évoqué étendrait l’obligation bien au-delà du dispositif initial, en transformant une règle ciblée sur les flux importants en une règle de surveillance quasi systématique.

Sur le plan économique, cette polémique touche plusieurs sujets sensibles. Elle touche la fluidité des transactions locales, dans un pays où une partie des paiements se fait encore en espèces ou via circuits informels. Elle touche aussi la confiance dans les institutions financières, car l’extension de contrôles peut être perçue comme une protection contre le blanchiment, mais aussi comme un frein au commerce. Enfin, elle renvoie à la relation avec les exigences internationales, car la pression pour renforcer la conformité s’inscrit souvent dans une logique de lutte contre les flux illégaux et d’alignement sur des standards de surveillance.

Matériaux, construction et importations: un signal sur les coûts de la relance

La hausse du fer et des matériaux de construction citée dans Al Sharq du 5 février 2026 n’est pas un détail. Dans l’économie libanaise, le secteur du bâtiment est un indicateur avancé de confiance. Quand les matériaux montent, cela peut freiner la rénovation, la construction et une partie de l’emploi. La mention d’une hausse des frais d’importation joue le même rôle. Elle rappelle que la structure des coûts dépend fortement de la politique douanière, du prix des devises et des circuits logistiques.

Dans le même cadre, l’absence de variation des délais de livraison des fournisseurs, mentionnée par Al Sharq du 5 février 2026, peut être lue comme un point de stabilité utile. Mais cette stabilité n’efface pas la pression des coûts. Une entreprise peut recevoir ses intrants à temps, et se retrouver pourtant confrontée à un arbitrage simple. Produire plus, avec une demande incertaine et des marges compressées, ou produire moins, et préserver sa trésorerie.

Énergie et région: signaux extérieurs qui pèsent sur les anticipations

Même si la section Économie doit d’abord privilégier le Liban, la région s’invite dans les pages financières de la journée. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 rapporte que la Syrian Petroleum Company signe un mémorandum d’entente avec Chevron et Power International Holding, société qatarie, pour soutenir l’exploration maritime et la recherche de pétrole et de gaz dans les eaux syriennes. Le journal précise que l’initiative intervient alors que les autorités syriennes cherchent à remettre en marche les champs pétroliers et gaziers et à réparer des infrastructures dégradées par des années de conflit.

Pour le Liban, ce type de nouvelle ne crée pas un impact immédiat sur le PMI. Pourtant, il influence le contexte économique. Il rappelle que l’énergie devient un terrain de repositionnement régional. Il rappelle aussi que les grands acteurs reviennent sur les marchés du Levant quand les conditions politiques changent. Dans un environnement où les entreprises libanaises surveillent les routes commerciales, les risques et l’accès aux marchés voisins, l’évolution énergétique en Syrie fait partie du décor qui influence les anticipations.

Une photographie économique dominée par la contrainte de marge et la contrainte de confiance

Le 5 février 2026, les éléments économiques publiés dessinent une photographie cohérente. Le secteur privé reste en zone de croissance, mais à un niveau minimal, avec un PMI à 50,1. La demande progresse faiblement, tandis que les commandes étrangères reculent légèrement. Les achats d’intrants baissent, ce qui traduit une prudence, même si des stocks continuent de s’accumuler. Les coûts d’achat montent à cause des frais d’importation et des matériaux, mais les entreprises répercutent très peu cette hausse dans leurs prix de vente, avec seulement 2 % d’entre elles qui augmentent leurs tarifs en janvier.

En parallèle, l’État réapparaît par une série d’avertissements fiscaux et de rappels de redevances, y compris sur des exercices anciens comme 2018. Enfin, la controverse sur le renforcement des obligations de déclaration et de contrôle à partir de 1 000 dollars, telle que rapportée par Al Akhbar du 5 février 2026, montre que la question financière reste un terrain de tension entre conformité, fluidité économique et légalité.

Justice: enquêtes bloquées, instruction du port de Beyrouth vers sa clôture et contentieux à forte charge publique

Beirut Wings, un dossier de sécurité aérienne avec enquête bouclée mais sans suite judiciaire

Un dossier judiciaire, à forte portée publique, est mis en avant par Annahar du 5 février 2026. Il concerne la société Beirut Wings, spécialisée dans la formation des pilotes. Le journal décrit un dossier dont la gravité dépasse, selon lui, des infractions techniques ou administratives. Annahar du 5 février 2026 parle d’un ensemble plus complexe. Il associe une falsification systématique, une gestion de formation non conforme et un blocage de la reddition de comptes devant la justice.

Selon Annahar du 5 février 2026, la direction générale de la Sûreté de l’État a terminé ses investigations. Le journal précise que les violations ont été établies. Il ajoute qu’un dossier complet a été transmis au juge compétent depuis plus de deux semaines. Pourtant, aucun acte judiciaire n’aurait été déclenché à ce stade. Aucune “indication de mise en mouvement” n’aurait été donnée, malgré la gravité des faits rapportés.

Annahar du 5 février 2026 situe ce dossier dans une chaîne documentaire. Les investigations de la Sûreté de l’État sont présentées comme un complément à des rapports de la direction générale de l’aviation civile. Ces rapports auraient documenté des manipulations sur des heures de vol. Ils auraient aussi relevé des manquements aux conditions de sécurité. Le journal évoque enfin des infractions administratives et contractuelles jugées graves.

Sur le plan administratif, Annahar du 5 février 2026 mentionne une décision du ministre des Travaux publics et des Transports. Cette décision ordonne la fermeture de l’entreprise. Le journal précise que la décision a été exécutée. Pourtant, il insiste sur un point. L’acte administratif serait resté isolé. Il n’aurait pas été accompagné d’un chemin judiciaire parallèle. Or, le dossier transmis au juge contiendrait, selon Annahar du 5 février 2026, des éléments qui justifieraient une arrestation immédiate et l’ouverture d’une enquête judiciaire élargie.

Le contenu probatoire décrit par Annahar du 5 février 2026 est lui aussi détaillé. Le journal parle de preuves documentées de falsification et de vol. Il évoque aussi des enregistrements sonores. Ces enregistrements porteraient directement sur les modalités de commission des infractions. Ils décriraient une répartition des rôles au sein de l’entreprise et d’entités liées. Annahar du 5 février 2026 ajoute que certaines de ces pièces auraient été divulguées dans des phases précédentes. Il dit aussi que des enregistrements plus récents et plus clairs s’y ajoutent.

Le journal affirme enfin que le dossier comporte des déclarations officielles, des procès-verbaux d’enquête et des rapports techniques émis par des autorités compétentes. Cette accumulation est présentée comme une complétude “juridique” du dossier. Dans ce cadrage, l’enjeu de justice n’est pas seulement la sanction d’un acteur privé. Il touche à la sécurité publique. Il touche aussi à la crédibilité de la procédure, quand une enquête est décrite comme terminée mais que la phase judiciaire ne démarre pas.

“L’émir fictif”, extorsion et usurpation: reprise des auditions et bataille sur les demandes de libération

Un second dossier judiciaire est décrit comme toujours actif. Il concerne une affaire d’extorsion financière et d’usurpation d’identité, autour d’un prétendu “émir saoudien”. Al Bina’ du 5 février 2026 indique que la juge d’instruction première à Beyrouth, Roula Othman, poursuit ses investigations. Le journal précise qu’elle a réinterrogé le détenu cheikh Khaldoun Oureimot, en présence de son avocat, Sakhr Al-Hashem.

Al Bina’ du 5 février 2026 indique aussi que la juge a entendu deux témoins. Il s’agit de l’ancien Premier ministre Fouad Siniora et de l’ancien ministre Mohammad Choucair. Dans une affaire où les accusations reposent sur des méthodes d’extorsion et sur une mise en scène d’identité, l’audition de personnalités publiques comme témoins pèse sur le dossier. Elle signale aussi la sensibilité du contexte, car l’affaire touche à des noms connus et à des réseaux de relation.

Le même article de Al Bina’ du 5 février 2026 mentionne une demande de libération. L’avocat Youssef Zoueiter a demandé la remise en liberté de son client, Mustafa Al-Hassian. Ce dernier est présenté comme celui qui a usurpé l’identité de “l’émir saoudien supposé”, nommé “Abou Omar”. Le journal indique que la demande a été transmise au parquet général près la cour d’appel de Beyrouth, pour avis, avant décision d’acceptation ou de rejet.

Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 reprend la même affaire et ajoute des détails procéduraux. Le journal indique qu’une demande de libération a aussi été déposée pour Khaldoun Oureimot. Il écrit que le procureur général près la cour d’appel, le juge Raja Hamouch, a refusé la demande. Il précise aussi que la juge Roula Othman a rejeté à son tour la requête et a maintenu Oureimot en détention.

Ces éléments décrivent un contentieux qui avance par étapes. Il y a le temps de l’instruction, avec de nouvelles auditions. Il y a aussi le temps des demandes de remise en liberté, qui deviennent des mini-batailles procédurales. Dans ce type de dossier, ces requêtes sont souvent un marqueur. Elles traduisent soit une stratégie de défense, soit l’idée que la détention provisoire est contestée. Elles donnent aussi un rythme médiatique, car elles produisent des décisions régulières.

Explosion du port de Beyrouth: coordination Hajjar–Bitar et entraide internationale sur les comptes bancaires

Le dossier du port de Beyrouth reste un repère central de la justice libanaise. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 évoque une évolution procédurale nette. Le journal rapporte la tenue d’une réunion prolongée entre le procureur général près la Cour de cassation, le juge Jamal Hajjar, et le juge d’instruction chargé du dossier, Tarek Bitar. La réunion est décrite comme consacrée à la revue des derniers développements de l’enquête. Elle vise aussi à coordonner les étapes qui doivent accompagner la décision de Tarek Bitar de clore l’instruction dans les semaines à venir, avant l’acte d’accusation.

Cette mention est importante, car elle place le dossier dans une phase d’atterrissage judiciaire. Une clôture de l’instruction ne signifie pas la fin du conflit politique autour du dossier. Pourtant, elle indique une intention de passer à la phase suivante. Elle implique aussi que la justice cherche à sécuriser ses actes, car une clôture est un moment vulnérable, contestable et attaquable sur le plan procédural.

Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 apporte un autre élément, lié à l’entraide internationale. Le journal indique que Tarek Bitar a reçu, via le parquet général près la Cour de cassation, une réponse des autorités allemandes. Cette réponse concerne une commission rogatoire envoyée à Berlin il y a plusieurs mois. Elle porte sur les mouvements de comptes bancaires de personnes soupçonnées d’un lien avec le nitrate d’ammonium qui a explosé au port le 20 août 2020.

Le même article souligne que le juge attend encore des réponses à d’autres demandes d’entraide. Il mentionne des commissions rogatoires envoyées à des pays européens et arabes. La dimension internationale, ici, n’est pas un décor. Elle touche au cœur du dossier. Elle peut clarifier des circuits financiers. Elle peut aussi contribuer à établir des responsabilités, directes ou indirectes, autour des flux liés au stockage et au cheminement de la matière.

Ce passage met aussi en relief la place du procureur général, Jamal Hajjar, dans la coordination. Son rôle est décrit comme un pont entre l’instruction et les canaux internationaux. Il sert aussi à encadrer le passage à l’acte d’accusation, étape où les conflits institutionnels se cristallisent souvent.

Contentieux et réparation: plainte contre un assureur après le naufrage d’un navire

La rubrique Justice comprend aussi des affaires de réparation, qui relèvent du droit économique et du droit des assurances. Al Sharq du 5 février 2026 rapporte une action menée par un avocat, Mahmoud Al-Mawla. Il agit au nom de Hosni Ghamlouch. Il dépose une plainte auprès du ministère de l’Économie contre une société d’assurance maritime, au sujet du naufrage du navire MINI STAR, voyage numéro 8215613.

Al Sharq du 5 février 2026 explique que le différend porte sur un retard jugé injustifié dans l’indemnisation des dommages. Le journal indique que le propriétaire légal de la marchandise aurait envoyé plusieurs correspondances officielles à l’assureur. Il demandait l’ouverture d’une enquête et une indemnisation pour des pertes décrites comme lourdes. Pourtant, le journal affirme que la société a ignoré les lettres et n’a pris aucune mesure juridique ou administrative effective.

Le même récit donne une chronologie logistique. La navigation aurait commencé depuis un port en Italie, Marina di Carrara, le 11 janvier 2026. L’arrivée au port de Saïda était attendue le 18 janvier 2026. Al Sharq du 5 février 2026 indique que le voyage a pris du retard. Il ajoute qu’un problème maritime grave aurait conduit au naufrage du navire, ou à une perte totale des marchandises, ce qui aurait entraîné un préjudice financier important.

Cette affaire éclaire un autre visage de la justice. Elle n’est pas une enquête pénale spectaculaire. Elle relève d’une logique de responsabilité et de réparation. Elle touche toutefois à un sujet sensible au Liban. La confiance dans l’assurance est souvent faible. Les litiges sur l’indemnisation alimentent la perception d’un déséquilibre entre grandes structures et acteurs économiques plus vulnérables. Le fait qu’une démarche soit engagée devant le ministère de l’Économie, selon Al Sharq du 5 février 2026, montre aussi la place de l’administration dans la résolution des conflits, en plus des tribunaux.

Justice et énergie: accusations de corruption, récit de “poursuite” et rappel du rôle des parquets

Dans les pages de Al Sharq du 5 février 2026, un autre type de contenu apparaît. Il associe la justice à une polémique politique. Le journal évoque un dossier lié au secteur de l’énergie, avec des accusations d’irrégularités et une mise en cause de responsables. Dans ce passage, Al Sharq du 5 février 2026 mentionne explicitement le travail de la “niyaba ‘amma tamyiziya” et de la “niyaba ‘amma maliya”, ainsi que l’implication d’appareils sécuritaires. Il présente ces organes comme menant leur travail.

Le même texte insiste sur l’idée que ces éléments n’exonèrent pas, selon l’auteur, des responsabilités et d’une poursuite judiciaire. Il reproche aussi le recours à une “partie extérieure” dans une affaire liée à un navire, avec la mention du dossier KA CAN, et évoque un impact négatif sur l’intérêt national et sur la confiance.

Même si ce contenu est argumentatif, il montre une réalité. Les controverses publiques au Liban utilisent fréquemment le langage de la justice. Elles invoquent les parquets. Elles invoquent les enquêtes. Elles invoquent le risque de corruption. La justice devient alors à la fois un instrument de preuve et un instrument de combat politique. Le résultat est une pression constante sur les institutions judiciaires, qui doivent agir tout en préservant la procédure.

Avis judiciaires et juridictions: le quotidien des tribunaux en marge des grands dossiers

La rubrique Justice n’est pas seulement faite d’affaires médiatisées. Elle inclut aussi le quotidien des juridictions, visible dans les annonces. Al Sharq du 5 février 2026 publie une annonce de la juridiction sunnite de Beyrouth, portant sur une revente aux enchères publiques. Le texte mentionne une vente d’actions sous tutelle, une valeur globale indiquée, et une date d’enchère fixée au jeudi 19 février 2026 à 10 heures. L’annonce précise aussi les modalités de paiement et les formalités auprès du juge compétent.

Ces annonces peuvent sembler périphériques. Pourtant, elles disent une chose. Les tribunaux restent un espace de traitement des litiges patrimoniaux et de gestion des biens sous tutelle. Elles montrent aussi que les juridictions continuent de publier, de fixer des audiences, et de faire fonctionner les mécanismes d’exécution, même quand la scène judiciaire est dominée par des dossiers pénaux lourds.

Une justice sous deux contraintes: la lenteur des suites et la demande de résultats

Les éléments publiés le 5 février 2026 dessinent deux contraintes majeures. La première est la contrainte de suite. Dans le dossier Beirut Wings, Annahar du 5 février 2026 décrit une enquête complète et un dossier transmis au juge, mais sans déclenchement visible de procédure. Dans l’affaire de “l’émir fictif”, au contraire, l’instruction avance, les auditions se poursuivent, et les décisions sur la détention se multiplient.

La seconde contrainte est la contrainte de preuve. Dans l’instruction du port de Beyrouth, Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 met l’accent sur l’entraide internationale, en particulier sur des mouvements de comptes bancaires, et sur la coordination institutionnelle avant la clôture de l’enquête. Dans le contentieux MINI STAR, Al Sharq du 5 février 2026 décrit une bataille d’indemnisation où la preuve passe par correspondances, chronologie et évaluation du dommage.

Ces dossiers n’ont pas le même poids politique. Ils n’ont pas la même nature juridique. Pourtant, ils partagent un enjeu. La capacité de l’appareil judiciaire à transformer un fait en procédure, puis une procédure en décision. C’est cette chaîne, fragile et contestée, qui apparaît en filigrane dans les publications du 5 février 2026.

Société: anxiétés sanitaires, colères urbaines et fragilité des protections collectives

Cancer, mortalité et débat sur la prévention

Un thème sanitaire s’impose dans l’espace public. Annahar du 5 février 2026 met en avant un entretien avec le ministre de la Santé, dans lequel il alerte sur l’ampleur des décès par cancer au Liban, présentés comme très élevés à l’échelle internationale. La présence de cet angle en première page indique un choix éditorial clair. La santé n’est pas reléguée au second plan. Elle est replacée au cœur de la vie sociale, au même niveau que les dossiers politiques et sécuritaires.

Le cadrage est important, car il renvoie à une anxiété diffuse dans la société libanaise. Beaucoup de familles vivent une double contrainte. Elles subissent la maladie. Elles subissent aussi le coût des soins. Même lorsque l’entretien n’est pas reproduit dans son intégralité dans l’extrait de une, Annahar du 5 février 2026 signale une alerte qui s’inscrit dans un contexte déjà tendu pour le système hospitalier et pour les mécanismes de couverture. La question devient donc sociale avant d’être médicale. Elle touche à l’accès aux traitements, à la prévention et aux disparités entre régions.

Ce type d’alerte réactive aussi un débat ancien, mais rarement traité de façon structurée dans la conversation publique. Quand une autorité sanitaire parle de mortalité, la société attend des causes identifiables. Elle attend aussi des solutions. Or, la prévention coûte moins cher que la prise en charge tardive. Pourtant, elle suppose un État présent, une information accessible et des campagnes régulières. La visibilité donnée à ce sujet par Annahar du 5 février 2026 montre que la demande existe, même si les réponses restent souvent fragmentées.

Bourj Hammoud et la peur du risque industriel

Une autre tension sociale se cristallise autour de la sécurité industrielle et de la vulnérabilité urbaine. Al Sharq du 5 février 2026 rapporte un sit-in devant des réservoirs de la société Coral à Bourj Hammoud, avec la participation de la députée Paula Yacoubian. Le journal présente une inquiétude forte sur la proximité de matières jugées dangereuses avec des zones d’habitation. Il insiste sur le fait que les quartiers concernés sont décrits comme populaires, ce qui donne à l’affaire une dimension sociale immédiate.

Al Liwaa du 5 février 2026 traite également la mobilisation devant l’entreprise à Bourj Hammoud et insiste sur les appels à une intervention rapide de la justice. Le journal rappelle, dans le même mouvement, la sensibilité de l’opinion dès qu’un dossier évoque des risques de stockage, en faisant référence à l’explosion du port de Beyrouth comme point de mémoire collective. Cette association est lourde. Elle ne relève pas seulement du symbole. Elle explique une partie du climat social. Une communauté urbaine, marquée par un traumatisme, réagit vite à toute situation perçue comme similaire, même si les produits et les circuits diffèrent.

Ce dossier révèle aussi une fracture sociale classique. Les habitants des zones populaires se sentent souvent plus exposés, car ils ont moins de marge pour déménager, contester ou se protéger. L’espace urbain devient alors un espace de conflit entre logiques économiques, autorisations administratives et droit à la sécurité. La présence d’une députée, rapportée par Al Sharq du 5 février 2026, ajoute un facteur politique à une anxiété sociale. Le sit-in devient une scène. Il met la pression sur les autorités. Il fabrique aussi une narration, celle d’une population qui refuse de vivre sous la menace permanente.

Défense civile, bénévolat et fatigue des institutions

La société libanaise est aussi racontée à travers ses services de secours, souvent décrits comme héroïques et fragiles à la fois. Al Sharq du 5 février 2026 relate la visite du ministre de l’Intérieur et des Municipalités, Ahmad Hajjar, au siège de la direction générale de la Défense civile à Furn el-Chebbak. Le journal indique qu’il a rencontré le directeur général, le brigadier général Imad Khreiss, et qu’il a discuté des besoins de l’institution et des conditions de travail dans les circonstances actuelles.

La même couverture met en avant une séquence liée à un drame récent. Al Sharq du 5 février 2026 précise que le ministre a rencontré des volontaires et des membres ayant participé à des opérations de recherche et de sauvetage à Qobbeh, à Tripoli, après l’effondrement d’un immeuble. Il les remercie et insiste sur le fait qu’ils répondent malgré des moyens limités, des conditions difficiles et des compensations modestes.

Ce récit a une valeur sociale forte. Il rappelle que la protection collective dépend souvent d’un mélange instable. Il y a l’État, mais il y a aussi le bénévolat, la solidarité et l’endurance des équipes. Quand les ressources sont faibles, la charge psychologique sur les sauveteurs augmente. Le travail de secours devient une forme de sacrifice, plus qu’un service public ordinaire. Le fait que le journal souligne les moyens limités et les faibles compensations n’est pas un détail. Il indique une fatigue institutionnelle, qui se transforme peu à peu en fatigue sociale, car chaque citoyen sait que l’aide, en cas de catastrophe, dépend de structures sous-financées.

Cette fragilité des institutions de secours révèle aussi une hiérarchie implicite des urgences. Les crises politiques prennent souvent le dessus. Pourtant, les accidents urbains, les incendies et les effondrements ne préviennent pas. Ils imposent une capacité de réaction. Dans un contexte de crise économique prolongée, la Défense civile devient un indicateur social. Plus elle est robuste, plus la société se sent protégée. Plus elle est fragile, plus le sentiment d’abandon progresse.

Fonction publique et menace de grève, le langage de la colère sociale

La crise sociale se manifeste aussi dans le registre du travail et des droits. Al Bina’ du 5 février 2026 rapporte un avertissement du “Tajammo’ Rawabet al-Qita’ al-’Amm”. Le texte met en garde contre l’absence de résultats concrets et contre l’utilisation de la négociation comme couverture pour gagner du temps. Il menace de retirer l’effet de la suspension de la grève et de s’orienter vers une escalade, dont les formes et le calendrier seraient fixés dans le respect de la loi.

Le contenu est important pour la société, car il rappelle que la crise ne se réduit pas au privé. Les employés du secteur public vivent une érosion de revenus, une incertitude et une pression sur les services. Quand les syndicats parlent de “violations des droits” sous prétexte financier ou politique, ils traduisent une rupture de confiance. Dans un pays où de nombreux services dépendent de la présence des administrations, une grève prolongée peut rapidement se transformer en crise sociale générale, touchant les écoles, les procédures, la santé et les municipalités.

Ce registre syndical met aussi en évidence un changement de ton. Il ne s’agit plus seulement de demander. Il s’agit de prévenir. Le message est que l’État doit répondre vite, sinon la société bascule dans un cycle de blocage. Cette menace d’escalade devient un marqueur social, car elle signale une impatience. Elle signale aussi une limite. Quand la négociation est perçue comme du temps perdu, l’action collective devient le seul outil de pression.

Municipalités et police locale, une demande de sécurité de proximité

Les attentes sociales se lisent également à travers les mécanismes municipaux. Al Liwaa du 5 février 2026 publie une annonce de concours pour recruter un agent de police municipale dans le caza de Baabda, avec un calendrier de dépôt des dossiers et une date de concours. Cette information paraît administrative. Pourtant, elle touche à un besoin social profond. Dans un contexte d’insécurité perçue et de tension économique, la demande de sécurité de proximité augmente.

Le recours à la police municipale est souvent une réponse pragmatique. Les habitants veulent une présence dans la rue, une régulation du quotidien, une gestion des plaintes et des litiges de voisinage. Le recrutement municipal signale donc un effort, même limité, pour répondre à ces attentes. Il rappelle aussi une autre réalité. Quand l’État central est fragilisé, les collectivités locales deviennent des acteurs sociaux majeurs.

Discours des autorités religieuses, cohésion et peur de la fragmentation

La société est également traversée par un débat sur la cohésion. Annahar du 5 février 2026 rapporte une position des évêques maronites, qui dénoncent des campagnes jugées défectueuses contre le pouvoir et le gouvernement, car elles n’apporteraient, selon eux, que plus de fragmentation et de désagrégation. Le texte évoque un appel aux “sages” des camps concernés pour mettre des limites à ces campagnes.

Ce type de déclaration dépasse le cadre religieux. Il touche à un sentiment social de fatigue face aux querelles. Quand une autorité parle de fragmentation, elle parle d’un risque de rupture. Elle parle de la peur de voir les tensions politiques se transformer en tensions entre communautés, quartiers ou familles. Même si les évêques ne fixent pas une feuille de route, leur prise de parole est un indicateur. Elle montre que des acteurs cherchent à contenir l’escalade verbale, qui peut rapidement devenir une escalade sociale.

Ce discours est aussi révélateur d’une demande de stabilité. La société libanaise, confrontée à des crises empilées, cherche des repères. Elle veut des institutions qui tiennent. Elle veut aussi une parole qui calme. Le message des évêques maronites, tel que rapporté par Annahar du 5 février 2026, s’inscrit dans cette logique de réduction des tensions.

Sud, environnement et santé, quand la souveraineté devient un enjeu social

La vie sociale se transforme quand un incident sécuritaire devient un incident sanitaire ou environnemental. Al Sharq du 5 février 2026 rapporte un communiqué commun des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement sur un épandage de substances chimiques par des avions israéliens au-dessus de zones du Sud. Les ministères annoncent une collecte d’échantillons et une évaluation des effets environnementaux, agricoles et sanitaires.

Dans ce type de dossier, la frontière entre politique et société disparaît. L’atteinte à la souveraineté est aussi une atteinte potentielle aux récoltes, à l’eau, à la santé et au revenu des familles rurales. L’annonce d’un travail technique vise à rassurer. Elle vise aussi à produire des preuves. Cela répond à une attente sociale. Les habitants ne veulent pas seulement des discours. Ils veulent savoir ce qui est tombé, ce que cela implique, et comment se protéger.

Ce lien entre environnement et santé devient un axe social majeur. Il rappelle que les crises sécuritaires ont des conséquences sur le quotidien. Elles affectent l’agriculture. Elles affectent le commerce local. Elles peuvent aussi accroître l’anxiété et accélérer les déplacements internes, quand les gens ne se sentent plus en sécurité dans leurs villages.

L’ombre du port de Beyrouth et la demande de justice comme besoin social

Même lorsque la rubrique Justice traite le dossier du port, l’impact est social. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 rapporte une réunion prolongée entre le procureur général près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, et le juge d’instruction Tarek Bitar, dans le cadre d’une coordination visant à accompagner la clôture de l’instruction dans les semaines à venir, avant l’acte d’accusation. Le journal mentionne aussi une réponse des autorités allemandes à une commission rogatoire liée à des mouvements de comptes bancaires de personnes soupçonnées d’un lien avec le nitrate d’ammonium.

Ce type d’évolution judiciaire résonne fortement dans la société. Le port n’est pas un dossier abstrait. Il est une blessure collective. Il est aussi une référence permanente dès qu’un sujet de sécurité industrielle surgit, comme dans le cas de Bourj Hammoud. La demande de justice devient alors un besoin social. Elle n’est pas seulement une procédure. Elle est liée à la confiance, à la réparation morale et à la capacité de la société à tourner une page.

La ville comme espace de stress, entre propreté, logement et sentiment d’abandon

Les journaux montrent aussi, par petites touches, une crise urbaine. Dans Al Sharq du 5 février 2026, l’annonce de la candidature de Saëb Salam à Beyrouth II est accompagnée d’un discours qui promet des résultats concrets sur la propreté de la ville, la relance d’une économie locale et le maintien des jeunes à Beyrouth. Même si l’article est politique, les thèmes cités sont d’abord sociaux. Propreté, emploi, avenir des jeunes. Cela indique que la campagne se construit sur des frustrations quotidiennes.

Le problème du logement et des bâtiments fragiles apparaît indirectement à travers l’effondrement d’un immeuble à Tripoli, mentionné dans la couverture sur la Défense civile. Un effondrement n’est pas seulement un drame. Il révèle un état du bâti, des normes, des contrôles et de la pauvreté. Il révèle aussi la vulnérabilité de familles qui vivent dans des immeubles anciens, parfois surpeuplés, parfois mal entretenus, dans un contexte où les réparations coûtent cher.

Une société qui réclame des preuves, pas seulement des promesses

À travers ces sujets, un fil commun se dessine. La société réclame des preuves. Dans la santé, elle veut des données et une politique de prévention, ce que l’alerte du ministre de la Santé rapportée par Annahar du 5 février 2026 remet sur le devant de la scène. Dans la sécurité industrielle, elle veut des inspections, des décisions et des actes, ce que la mobilisation de Bourj Hammoud met en lumière. Dans les secours, elle veut des moyens, pas seulement des remerciements, comme le suggère la mise en avant des faibles ressources de la Défense civile dans Al Sharq du 5 février 2026.

Dans le travail et les salaires, elle veut des résultats mesurables, sinon la contestation reprend, comme le prévient le communiqué syndical rapporté par Al Bina’ du 5 février 2026. Dans l’environnement au Sud, elle veut des analyses et des conclusions, pas des slogans, comme l’indique l’annonce de collecte d’échantillons et d’évaluation des effets dans Al Sharq du 5 février 2026. Enfin, dans la justice du port, elle veut une étape claire vers la responsabilité, ce que la coordination Hajjar–Bitar et l’entraide internationale rapportées par Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 rendent visible.

Culture: théâtre libanais, agenda à Beyrouth et débats sur la création dans un pays sous tension

Théâtre libanais, mémoire et transmission d’une scène enracinée

La mémoire du théâtre libanais revient dans les pages culturelles comme un sujet de fond, parce qu’il touche à la fois à l’identité et à la survie des arts. Al Bina’ du 5 février 2026 consacre un long développement à la trajectoire du théâtre au Liban, en le replaçant dans une histoire qui mêle écoles, troupes, lieux et figures. Le journal insiste sur la dimension de transmission. Il évoque les étapes d’une scène qui s’est souvent construite contre les contraintes, avec des générations qui se sont relayées, malgré les crises politiques et les ruptures économiques.

Dans Al Bina’ du 5 février 2026, le théâtre est présenté comme une pratique qui ne vit pas seulement sur scène. Il vit aussi par ses réseaux. Il vit par ses espaces. Il vit par des écoles et par des collectifs. Cette approche replace la création dans une réalité sociale. Les artistes ne sont pas isolés. Ils dépendent de salles, de publics, de budgets et de libertés concrètes. Quand ces conditions se dégradent, la création devient plus difficile. Pourtant, elle ne disparaît pas. Elle se déplace, selon le récit.

Ce retour sur le théâtre souligne aussi une tension constante. Il y a la volonté de modernité. Il y a aussi un besoin d’ancrage. Al Bina’ du 5 février 2026 décrit une scène qui dialogue avec l’étranger, mais qui reste attentive à la langue, aux sujets locaux et à la vie quotidienne. Cette articulation compte, car elle explique pourquoi le théâtre reste un terrain politique au sens large. Il ne porte pas forcément des slogans. Il porte des récits. Il porte aussi des contradictions. Il expose les fractures. Il montre les dilemmes. Dans une société marquée par des crises empilées, cette fonction devient centrale.

Le même texte de Al Bina’ du 5 février 2026 relie cette mémoire à l’idée d’une continuité. Le théâtre libanais ne serait pas une succession de moments isolés. Il serait une chaîne. Cette chaîne est fragile, car elle dépend de l’économie culturelle. Elle dépend aussi de la disponibilité du public. Pourtant, l’insistance sur la continuité est un message. Elle sert à dire que la culture n’est pas un luxe. Elle est un socle. Elle est aussi une manière de rester debout.

Beyrouth comme atelier permanent, entre lieux alternatifs et économie de survie

À Beyrouth, la culture se lit souvent à travers les lieux qui continuent de produire, même quand l’environnement est dur. Al Akhbar du 5 février 2026 publie des informations d’agenda qui renvoient à une scène locale active, avec des espaces qui accueillent concerts et performances. Dans le même numéro, une autre annonce signale une activité culturelle à Antélias, ce qui élargit l’axe au-delà du centre de Beyrouth.

Ces annonces sont révélatrices. Elles montrent une culture qui s’organise sur des formats parfois plus légers. Elle s’appuie sur des espaces indépendants. Elle privilégie des rendez-vous de proximité. Elle assume aussi une économie de moyens. Les événements se construisent souvent avec des budgets réduits. Pourtant, la continuité de la programmation suggère une demande. Elle suggère aussi un besoin social. Quand les crises s’accumulent, une partie du public cherche des respirations. Il cherche des lieux où le temps se suspend. Il cherche aussi une forme de communauté.

Le rôle des lieux alternatifs devient donc central. Ils ne sont pas seulement des salles. Ils deviennent des points de rencontre. Ils deviennent aussi des laboratoires. Dans une ville où les grands circuits sont fragilisés, ces lieux produisent une culture de résistance. Ils accueillent des musiciens. Ils accueillent des auteurs. Ils accueillent aussi des publics jeunes, qui n’ont pas toujours accès aux institutions traditionnelles. Les annonces publiées dans Al Akhbar du 5 février 2026 donnent une image de cette vitalité.

Cette vitalité a toutefois une limite structurelle. La culture dépend de la mobilité, de la sécurité et du revenu disponible. Lorsque ces facteurs se dégradent, l’accès se réduit. La question devient alors celle de la diversité sociale du public. Les événements peuvent continuer. Ils risquent pourtant de se refermer sur un cercle restreint. Dans ce contexte, l’agenda culturel est un indicateur. Il montre ce qui tient. Il montre aussi ce qui est menacé.

Dar El Nimer, exposition et place des institutions culturelles

Les institutions culturelles qui se maintiennent à Beyrouth jouent un rôle de stabilisateur. Al Araby Al Jadid du 5 février 2026 mentionne une exposition à Dar El Nimer, à Beyrouth, avec un cadrage clair sur le contenu et sur les dates. La mention de Dar El Nimer est significative, car cet espace est souvent associé à une programmation de recherche, tournée vers l’art, l’archive et l’histoire.

Dans ce type d’espace, l’exposition n’est pas seulement un événement. Elle devient une proposition de lecture du monde. Elle propose un récit. Elle propose des images. Elle propose parfois des documents. Le public, lui, y cherche un sens. Dans un pays soumis à des cycles d’urgence, l’exposition offre un temps long. Elle permet de regarder, au lieu de réagir.

Cette présence de Dar El Nimer dans Al Araby Al Jadid du 5 février 2026 rappelle aussi une réalité. Les institutions culturelles sont devenues des espaces de mémoire, mais aussi des espaces de débat. Elles accueillent des formes qui ne trouvent pas toujours leur place ailleurs. Elles servent aussi à maintenir des standards de conservation, d’édition et de médiation, dans une période où les moyens publics sont faibles.

Dans ce cadre, l’exposition est un outil de continuité. Elle permet de maintenir un lien entre artistes, chercheurs et publics. Elle donne aussi une visibilité à une scène qui, sinon, risque d’être invisibilisée par la domination des sujets politiques. La mention d’un agenda dans Al Araby Al Jadid du 5 février 2026 montre que la culture se bat pour rester visible, même au milieu d’une actualité saturée.

Doha et la circulation des œuvres arabes, entre visibilité et déplacement

Une partie de la culture du monde arabe se lit aussi à travers les capitales du Golfe, qui accueillent expositions et événements. Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 propose un récit d’exposition à Doha, ce qui met en avant une dynamique de circulation des œuvres et des artistes dans la région. Cette circulation a plusieurs effets. Elle donne de la visibilité. Elle donne aussi des ressources. Elle permet des collaborations.

Pour le Liban, cette circulation est ambivalente. Elle peut soutenir des artistes libanais lorsqu’ils exposent ou travaillent à l’étranger. Elle peut aussi contribuer à un déplacement durable des scènes, quand les conditions de création deviennent trop difficiles à Beyrouth. Le journal, en parlant d’une exposition à Doha, rend visible ce centre de gravité régional.

Ce déplacement pose une question culturelle de fond. Où se fabrique la culture arabe aujourd’hui. Dans quelles villes. Avec quels moyens. Et avec quelle autonomie. Les expositions au Golfe offrent souvent des infrastructures et des budgets. Elles offrent aussi des publics internationaux. En revanche, elles peuvent imposer des cadres. Elles peuvent aussi réorienter les thèmes vers ce qui est exportable. Cette tension traverse la scène arabe.

Dans ce paysage, la culture libanaise garde un atout. Elle a une densité historique. Elle a une tradition d’édition, de théâtre et de musique. Elle a aussi des réseaux d’artistes. Pourtant, elle doit composer avec une crise de ressources. C’est ce que la juxtaposition des agendas à Beyrouth et des expositions dans le Golfe rend visible, à travers Al Akhbar du 5 février 2026 et Al Quds Al Arabi du 5 février 2026.

Musique et sociabilité: la scène live comme refuge

La musique apparaît comme un espace de sociabilité, surtout quand les institutions sont fragiles. Les annonces d’événements culturels publiées dans Al Akhbar du 5 février 2026, dont une soirée musicale à Beyrouth, suggèrent une continuité de la scène live. Ce type d’événement a une fonction simple. Il rassemble des gens. Il produit une énergie collective. Il permet aussi de créer du lien.

Dans un pays où l’angoisse sociale est forte, la musique devient un refuge. Elle agit comme une suspension de la pression quotidienne. Elle offre aussi un langage commun. Même lorsque les opinions divergent, la scène live peut réunir des personnes dans un même espace. Elle fabrique une communauté éphémère. Elle fabrique aussi une mémoire. Les concerts s’inscrivent souvent dans les souvenirs. Ils deviennent des repères. Ils deviennent des moments d’avant et d’après.

Cette dimension est d’autant plus importante que la vie culturelle dépend de la nuit, des déplacements et des transports. Lorsque les contraintes augmentent, la culture s’adapte. Elle organise des horaires. Elle change de formats. Elle privilégie parfois des événements plus courts. Elle évite des productions trop coûteuses. Le maintien d’une programmation, même modeste, montre une capacité d’adaptation. Il montre aussi que les artistes continuent de produire.

Il existe aussi un enjeu économique direct. Un concert fait travailler des musiciens, des techniciens et des lieux. Il fait circuler un minimum de revenus. Dans une économie en difficulté, ces revenus comptent. Ils permettent à certains acteurs de rester actifs. Les annonces d’Al Akhbar du 5 février 2026 prennent alors une valeur plus large. Elles montrent une économie culturelle qui ne s’effondre pas complètement.

Patrimoine, récit national et usage culturel de la mémoire

Le retour au théâtre dans Al Bina’ du 5 février 2026 n’est pas seulement artistique. Il est patrimonial. Le patrimoine culturel est souvent utilisé pour produire du sens collectif. Dans une société fragmentée, le patrimoine peut servir de point commun. Il peut aussi devenir un terrain de compétition. Qui raconte l’histoire. Qui a le droit de la raconter. Et quels épisodes sont valorisés.

Le théâtre, dans ce cadre, est un espace de mémoire active. Il ne conserve pas seulement. Il rejoue. Il réinterprète. Il produit des lectures nouvelles. Il peut revisiter des épisodes historiques. Il peut mettre en scène des tensions contemporaines. Le fait de consacrer un long texte à cette histoire dans Al Bina’ du 5 février 2026 suggère une volonté de replacer la culture dans une continuité nationale.

Cette continuité n’est pas purement esthétique. Elle touche à la langue. Elle touche aux identités. Elle touche aussi au rapport au monde arabe et à l’Occident. La scène libanaise a souvent été un carrefour. Elle a souvent mélangé formes et influences. Dans un contexte où l’économie et la politique poussent au repli, rappeler cette ouverture a un sens culturel fort. Cela permet de défendre une image du Liban comme espace de création, malgré les crises.

Agenda culturel: Beyrouth et périphéries, événements signalés le 5 février 2026

La presse du 5 février 2026 propose plusieurs repères d’agenda, qui permettent de cartographier une partie de la vie culturelle en cours. Al Akhbar du 5 février 2026 signale une soirée musicale à Zico House, à Beyrouth, dans un format de programmation qui met en avant la scène locale et les lieux indépendants. Le même numéro mentionne aussi une activité à Antélias, ce qui indique que l’agenda culturel dépasse le centre de Beyrouth et s’inscrit dans une géographie plus large du Mont-Liban.

Al Araby Al Jadid du 5 février 2026 annonce une exposition à Dar El Nimer, à Beyrouth, en mettant en avant l’événement dans la rubrique culturelle. Cette mention confirme le rôle de cet espace comme acteur central de la programmation, entre exposition et travail de médiation. Enfin, Al Quds Al Arabi du 5 février 2026 décrit une exposition à Doha, ce qui donne un repère régional et une perspective sur la circulation des œuvres.

Ces repères ne couvrent pas toute la scène. Ils offrent cependant un tableau cohérent. On voit une ville qui maintient ses lieux alternatifs. On voit des institutions qui continuent à produire de l’exposition. On voit aussi une région où la culture s’organise à travers des capitales disposant de moyens importants. Cette triangulation, Beyrouth, Mont-Liban et Golfe, résume une partie de la situation culturelle du moment.

La culture comme baromètre social, entre aspiration et contrainte

La culture, dans les sources du 5 février 2026, apparaît comme un baromètre social. Elle révèle d’abord une aspiration. Le public continue de sortir. Les lieux continuent d’organiser. Les institutions continuent d’exposer. Elle révèle ensuite une contrainte. Tout dépend de la capacité à financer, à se déplacer et à sécuriser. Cette contrainte est présente en filigrane, parce qu’elle pèse sur l’accessibilité.

Le théâtre, tel qu’il est raconté par Al Bina’ du 5 février 2026, renvoie à une question plus large. La culture peut-elle survivre uniquement par la volonté. La réponse dépend de l’écosystème. Elle dépend des écoles. Elle dépend des lieux. Elle dépend des circuits de diffusion. Elle dépend aussi du lien avec l’étranger. Ce lien peut soutenir. Il peut aussi vider les scènes locales. Le même jour, l’existence d’agendas à Beyrouth et d’expositions dans le Golfe, via Al Akhbar du 5 février 2026 et Al Quds Al Arabi du 5 février 2026, illustre cette ambivalence.

La culture reste toutefois un espace de résilience. Elle maintient des rituels. Elle maintient des rencontres. Elle maintient un langage commun. Même lorsqu’elle se réduit à quelques lieux et à quelques dates, elle produit un effet social. Elle rappelle que la société n’est pas seulement un champ de crise. Elle est aussi un champ de création.

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