En 2025, le Liban n’a pas réglé la crise des dépôts. Il a fait autre chose, plus politique que financier : il a cessé de prétendre que la question pouvait rester indéfiniment “en suspens” sans décision formelle, et il a avancé un texte-cadre censé organiser la répartition des pertes et la restitution graduelle des fonds bloqués depuis 2019. Cette bascule est réelle, parce qu’elle met un gouvernement face à une responsabilité qu’aucun exécutif n’a voulu endosser pleinement depuis le début de l’effondrement.
Mais 2025 est aussi l’année où l’on a compris, plus clairement, pourquoi le dossier des dépôts est presque insoluble dans l’état actuel du pays : le plan arrive tard, il repose sur des hypothèses contestées, et surtout il ouvre un débat explosif sur la “garantie” des remboursements. Le texte promet des certificats adossés à des actifs de la Banque du Liban, présentés publiquement à hauteur de 50 milliards de dollars. Or, dès que l’on parle “d’actifs” de la banque centrale, une question s’impose : qu’est-ce qui est réellement mobilisable, qu’est-ce qui est juridiquement intouchable, et qu’est-ce qui relève d’un habillage comptable ? C’est ici que l’or de la Banque du Liban réapparaît au centre du débat, même quand les autorités jurent qu’il ne sera pas touché.
2019–2024 : le gel des dépôts comme redistribution silencieuse
Depuis 2019, les dépôts existent sur les relevés bancaires, mais pas dans la vie économique normale. Les restrictions de retraits et de transferts ont été imposées sans cadre légal unifié de contrôle des capitaux, laissant la gestion se faire par pratiques bancaires, circulaires, exceptions et rapports de force. Dans un tel système, l’inégalité de traitement n’est pas un accident : elle devient la règle. Deux déposants avec des montants comparables n’ont pas accès aux mêmes possibilités selon la banque, le moment, le dossier, la capacité à “négocier”, ou l’accès à des circuits de conversion.
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Au fil des années, la crise n’a pas seulement bloqué l’argent : elle a transformé la notion même de dépôt en fiction partielle. Ce que l’on appelait autrefois “épargne” s’est mué en créance incertaine, parfois remboursable en monnaie dépréciée, parfois en tranches, parfois via des mécanismes dont la valeur réelle varie. À mesure que le temps passait, la crise s’est aussi installée dans le quotidien : une partie de l’économie a basculé vers le cash en devises, les services se sont privatisés, et la société s’est reconfigurée autour d’un clivage simple et violent : ceux qui disposent de liquidités et ceux qui n’y ont plus accès.
Ce point est essentiel pour comprendre 2025. Quand un pays “s’habitue” à une panne bancaire, il peut donner l’illusion d’une stabilisation. Mais cette stabilisation n’est pas une guérison : c’est une normalisation du dysfonctionnement. Et plus cette normalisation dure, plus elle détruit la confiance qui rend un système bancaire possible.
2025 : un texte-cadre enfin porté, mais une confiance déjà ravagée
En décembre 2025, le Conseil des ministres approuve un projet de loi dit du “financial gap”, adopté à une majorité étroite. L’exécutif présente ce texte comme une première étape concrète vers la restitution des dépôts et la reconstruction d’un cadre bancaire conforme aux exigences de réforme réclamées de longue date par les bailleurs internationaux.
Sur le plan politique, l’acte compte : il y a une différence entre une crise gérée par improvisation permanente et une crise encadrée par une loi qui dit, noir sur blanc, qu’il existe un trou et qu’il faut le répartir. Mais sur le plan social, l’effet immédiat est l’inverse d’un apaisement. Une partie des déposants voit dans le plan un nouveau mécanisme de “promesse encadrée” sans garantie tangible, et une partie des acteurs économiques y voit un texte dont la logique dépend d’hypothèses fragiles.
Dès lors, 2025 n’est pas “l’année de la solution”. C’est l’année où la crise bancaire est entrée dans une phase plus explicite : celle d’un plan officiel, donc contestable, donc politiquement inflammable.
La critique de fond : un plan posé sur des chiffres qui vieillissent mal
Une objection traverse le débat public dès l’annonce du texte : l’estimation des pertes et la photographie du système financier reposent largement sur des travaux et des estimations déjà discutés en 2022–2023, alors que la situation s’est encore dégradée depuis. Dans une crise prolongée, ce point n’est pas secondaire. Les pertes ne sont pas des chiffres figés : elles évoluent avec l’érosion monétaire, la dépréciation des actifs, la fuite de la base productive, l’affaissement de l’État fiscal, et le coût d’années supplémentaires sans restructuration.
Ce reproche est double. D’abord, il met en doute la robustesse du diagnostic : si l’on bâtit un mécanisme de restitution sur une estimation sous-évaluée, on promet davantage que ce que l’on peut tenir. Ensuite, il fragilise la soutenabilité politique du plan : un texte fondé sur des hypothèses contestées devient mécaniquement vulnérable aux attaques, aux amendements et aux contestations judiciaires.
Le gouvernement affirme que le texte prévoit des audits et une clarification progressive des actifs. Les critiques rétorquent que, sans audits réellement contraignants et sans mise à jour transparente du bilan réel des banques et de la banque centrale, le plan ressemble moins à une reconstruction qu’à une formalisation du flou : on institutionnalise un partage de pertes avant de verrouiller les faits.
L’illusion de normalisation : l’économie “tourne”, les banques ne refonctionnent pas
Un autre angle de critique, très présent en 2025, vise ce que l’on pourrait appeler la “stabilisation en mode dégradé”. La circulation accrue du dollar cash et la montée des transactions hors système bancaire ont donné, à certains moments, l’impression d’un retour à une forme de normalité économique. Mais cette normalité contourne les banques, elle ne les répare pas.
Or, un secteur bancaire ne se juge pas à sa capacité à exister administrativement, mais à sa capacité à remplir trois fonctions. Il doit d’abord garantir l’accès aux dépôts sous des règles prévisibles. Il doit ensuite offrir un système de paiement crédible, stable, et utilisable par l’économie. Il doit enfin permettre le crédit normal, celui qui finance l’activité productive et l’investissement, au lieu de réduire la société à une économie de cash et de survie.
En 2025, ces fonctions restent largement brisées. La confiance n’est pas revenue, le crédit reste atrophié, et l’accès aux dépôts demeure limité. Dans ce contexte, la critique se durcit : présenter un plan de remboursement sans restaurer la capacité bancaire réelle revient à promettre un résultat sans reconstruire l’outil.
Le nerf de la guerre : “adossé à 50 milliards d’actifs” — mais lesquels ?
Le gouvernement explique que la restitution des gros dépôts passerait, au-delà d’un seuil, par des titres ou certificats négociables, adossés à des actifs de la Banque du Liban. Dans la communication publique, l’ordre de grandeur avancé est de 50 milliards de dollars d’actifs censés soutenir ces instruments.
C’est ici que surgit l’objection la plus dangereuse politiquement : parler “d’actifs” ne dit rien de leur qualité ni de leur mobilisabilité. Un actif peut exister en comptabilité et être, dans les faits, illiquide, contestable, déjà grevé, ou juridiquement verrouillé. Or, dans une banque centrale, les actifs réellement “décisifs” sont peu nombreux : des réserves de change, un portefeuille de titres, des créances sur l’État, et l’or. Mais toutes ces catégories ne se valent pas.
Les créances sur l’État, par exemple, peuvent être massives, mais si l’État ne peut pas payer, elles ne deviennent pas automatiquement de la liquidité. Les réserves de change sont, par définition, plus proches d’une capacité de paiement, mais elles peuvent être déjà limitées ou nécessaires à d’autres fonctions monétaires. Quant à l’or, il a une valeur évidente et une symbolique nationale, mais il est juridiquement entouré de protections spécifiques : son utilisation directe ou indirecte est soumise à des contraintes légales et politiques très fortes.
Ainsi, la promesse “adossée à 50 milliards” devient un terrain miné : elle crée une impression de garantie, tout en exposant le plan à la question la plus simple et la plus corrosive : si l’on ne vend pas, si l’on ne met pas en gage, si l’on ne mobilise pas réellement les actifs les plus tangibles, qu’est-ce qui garantit quoi, concrètement ?
L’or de la Banque du Liban : le tabou qui revient par la porte comptable
Les autorités affirment que l’or ne sera pas touché, et rappellent l’existence d’un cadre légal qui empêche sa vente ou son utilisation sans décision parlementaire. Mais la polémique persiste pour une raison : même si l’or n’est pas vendu, il peut apparaître dans un raisonnement de “garantie” de manière indirecte. Et c’est précisément ce que la formulation “adossée aux actifs de la Banque du Liban” alimente.
La critique ne dit pas nécessairement : “ils vont vendre l’or demain”. Elle dit plutôt : “ils construisent une promesse qui, pour être crédible, suppose que l’or fasse partie du socle implicite”. Autrement dit, l’or revient dans le débat non parce que le gouvernement l’annonce comme un actif à liquider, mais parce qu’il est difficile d’expliquer comment des instruments adossés à des actifs massifs peuvent être crédibles si l’on exclut, en pratique, l’un des actifs les plus visibles et les plus substantiels de la banque centrale.
Ce point est explosif pour une raison de principe : l’or est un actif national, censé appartenir à l’ensemble du pays et à sa souveraineté financière, pas à une catégorie particulière. L’utiliser — même indirectement — pour régler des pertes bancaires revient à transformer un bien commun en mécanisme de compensation pour une crise dont les responsabilités sont disputées. On change alors la nature du débat : on ne parle plus seulement de “rembourser des déposants”, on parle de “mobiliser un patrimoine national” pour solder une faillite.
Et c’est ici que la contestation prend une dimension distributive : si l’architecture vise, en partie, à servir des créances qui concernent une minorité en valeur, alors l’idée d’un adossement implicite à l’or soulève une question de légitimité. Un patrimoine national a vocation à servir la stabilité et l’avenir du pays ; l’affecter à la liquidation d’un passif bancaire revient à consommer du capital commun pour solder une crise, plutôt qu’à préserver ce capital comme levier de croissance et de crédibilité.
Un problème de justice distributive : qui bénéficie, qui paie, qui perd ?
Le gouvernement insiste sur le fait que la majorité des comptes, considérés comme petits déposants, seraient protégés et remboursés intégralement sur une période définie. C’est le cœur de l’argument politique : protéger le plus grand nombre de comptes et éviter que la crise bancaire se traduise par une injustice sociale totale.
Mais les critiques soulignent un autre aspect : le mécanisme des instruments adossés aux actifs de la banque centrale concerne, par définition, une minorité de gros dépôts en valeur. Or, si l’on introduit, même implicitement, l’idée que des actifs nationaux peuvent soutenir ce mécanisme, on ouvre une question de légitimité : est-il acceptable qu’un bien commun serve de garantie ultime pour des remboursements qui ne concernent pas l’ensemble des citoyens mais une fraction de déposants, même si cette fraction a été victime de la crise ?
Une seconde question surgit : la crise bancaire libanaise n’est pas seulement une crise de dépôts, c’est une crise de responsabilité. Les pertes ont été accumulées dans un système où la gouvernance bancaire, la supervision, la banque centrale et la classe politique ont joué des rôles imbriqués. Utiliser un patrimoine national pour “fermer” le dossier sans établir clairement les responsabilités et sans imposer de reddition de comptes transforme le plan en transaction politique : on paie pour tourner la page, au lieu de faire la vérité sur les bénéficiaires du système.
Enfin, il y a une question économique : même si l’on pouvait mobiliser des actifs nationaux, quel est l’objectif final ? Solder une crise bancaire en consommant un capital national peut donner une impression de solution, mais cela réduit aussi les marges de manœuvre futures. Un actif stratégique n’est pas seulement une réserve pour payer des dettes : c’est aussi une base de crédibilité, de stabilité, et potentiellement un levier pour reconstruire la capacité économique du pays. Le débat sur l’or, en 2025, est aussi un débat sur le futur : faut-il consommer le capital pour éteindre l’incendie, ou préserver le capital pour reconstruire la maison ?
La condition oubliée de la confiance : réformer la Banque du Liban et la tutelle bancaire
Un plan de restitution, même techniquement sophistiqué, ne recrée pas à lui seul la confiance des opérateurs économiques. 2025 remet donc au premier plan une condition souvent traitée à la marge : la réforme de la Banque du Liban elle-même et du système de supervision. Une critique revient avec force : la banque centrale a failli à son rôle de tutelle, ou du moins elle n’a pas empêché l’accumulation des risques et des pratiques qui ont mené à l’effondrement.
Dans cette lecture, le retour à la confiance suppose un changement institutionnel clair. Il faudrait une Banque du Liban recentrée strictement sur la politique monétaire, la stabilité financière au sens strict et les instruments de banque centrale. Et, en parallèle, une autorité de supervision des banques et du secteur financier dotée d’un mandat, de moyens et d’indépendance suffisants pour contrôler réellement, sanctionner, imposer des règles prudentielles, et empêcher la reconstitution des mêmes dérives.
Sans cette séparation des rôles, un mécanisme de restitution risque d’être perçu comme une simple “construction de sortie” sans garantie de non-répétition. La confiance ne revient pas si les mêmes institutions conservent les mêmes zones d’opacité et les mêmes leviers sans contre-pouvoir effectif.
Le maillon manquant : un marché secondaire crédible pour les obligations
Le plan, tel qu’il est discuté, introduit l’idée d’instruments financiers adossés à des actifs et destinés à compenser une partie des gros dépôts. Mais une question pratique, rarement traitée de front, devient décisive : où et comment ces obligations pourront-elles être échangées ?
À l’heure actuelle, le Liban ne dispose pas d’un marché secondaire profond, transparent et liquide capable d’assurer une formation de prix crédible pour de tels titres. La Bourse de Beyrouth demeure embryonnaire et son histoire récente illustre une faiblesse structurelle : l’intermédiation est souvent dominée par les banques, ce qui réduit la concurrence et augmente le risque de prix “capturés” par quelques acteurs.
Ce point renvoie à une expérience connue : lorsque l’État a, par le passé, réglé certains acteurs économiques par des obligations ou des titres, la revente s’est souvent faite de gré à gré via les banques. Dans un tel cadre, ceux qui avaient besoin de liquidités immédiates se retrouvaient en position de faiblesse. Ils vendaient avec de lourdes remises, parfois de l’ordre de 50 %, tandis que les banques, disposant de temps et de capacité de portage, pouvaient attendre la maturité. Ce mécanisme n’est pas seulement une injustice ponctuelle ; c’est une machine à transfert de richesse, du besoin de liquidité vers le pouvoir de liquidité.
Si le plan de 2025 crée des obligations sans créer, en même temps, une infrastructure de marché secondaire indépendante, concurrentielle et supervisée, alors il risque de reproduire une scène connue : une promesse “négociable” qui, en pratique, se traduit par une décote massive imposée à ceux qui ne peuvent pas attendre. Dans ce cas, la restitution ne serait pas seulement graduelle ; elle serait socialement discriminante, au bénéfice de ceux qui contrôlent les canaux de rachat.
Responsabilité et “culpabilité” : une sortie sans épuration ne rétablit pas la confiance
La troisième condition de la confiance, et la plus politique, touche à l’architecture humaine du système. Les opérateurs économiques, les déposants et une partie de l’opinion considèrent que la crise ne peut pas être traitée comme un simple accident comptable. Elle implique des choix, des pratiques, et des responsabilités. Dans cette perspective, le retour à la confiance suppose d’écarter — au moins des positions de contrôle — les acteurs qui ont conduit à la crise ou qui y ont contribué, qu’il s’agisse d’actionnaires, de dirigeants, ou de responsables opérationnels ayant participé aux mécanismes de la gabegie.
Ce point est sensible, parce qu’il touche à l’idée de sanction et à la culture de l’impunité. Or la confiance bancaire n’est pas seulement un contrat financier ; c’est un contrat moral : on dépose son argent parce qu’on pense que le système est surveillé, que les abus sont sanctionnés, et que ceux qui prennent des risques illégitimes en paieront le prix. Dans un pays où l’impression dominante a été l’inverse, un plan qui rembourse sans juger, qui restructure sans sanctionner, et qui “tourne la page” sans audit complet, peut être perçu comme une nouvelle forme d’impunité.
C’est ici que la critique vise la nature même des audits prévus. Des “audits simples” ou des examens limités ne suffisent pas à établir des responsabilités. Ce qui est demandé, pour rétablir la confiance, ressemble davantage à un audit juridico-comptable approfondi, capable d’identifier les pratiques, les décisions, les bénéficiaires, les transferts contestables, et les mécanismes de capture. Sans cette couche de vérité, le plan risque de régler une partie du passif tout en laissant intacte la structure qui a produit la crise, ce qui revient, pour beaucoup d’acteurs économiques, à préparer la répétition.
Liquidité bancaire : la crainte d’un plan “beau sur le papier, creux dans les flux”
À la fin de 2025, une critique revient avec insistance dans les discussions économiques : la liquidité des banques, déjà contrainte depuis des années, serait encore plus fragile qu’au moment où les premières estimations de pertes ont circulé. Là encore, même sans chiffres parfaits, la logique est implacable. Une restitution, même graduelle, suppose des flux. Et des flux supposent des actifs transformables, une coordination institutionnelle, et un système bancaire qui n’est pas en état de survie permanente.
Si l’on promet des remboursements mais que l’on ne restaure pas la capacité des banques à fonctionner normalement, le plan risque de se réduire à une architecture de promesses, dépendante d’hypothèses politiques et macroéconomiques optimistes. C’est pourquoi 2025, loin de calmer le dossier, l’a durci : l’exécutif a mis une trajectoire sur la table, et les critiques ont immédiatement attaqué la question de sa matérialité.
2026 commence ici : entre Parlement, marchés, audits et bataille de crédibilité
Le vote en Conseil des ministres n’est pas l’aboutissement, c’est le début d’une épreuve plus rude. Le texte doit passer au Parlement, où il peut être bloqué ou dilué. Il doit ensuite être appliqué, ce qui suppose une capacité administrative et financière que le pays a largement perdue. Et il doit convaincre une société dont la confiance a été détruite par six ans de crise.
Là se trouve la vérité de 2025. Le Liban a produit un plan officiel, mais ce plan ouvre un débat plus large que celui des dépôts. Il pose frontalement la question des chiffres, de la transparence, de la liquidité réelle, de la responsabilité, et du patrimoine national. Il pose aussi, désormais, la question institutionnelle : comment réformer la Banque du Liban et la supervision, comment construire un vrai marché secondaire pour éviter la prédation par décotes, et comment faire exister une notion de responsabilité qui dépasse le simple partage comptable.
En d’autres termes, 2025 a mis fin à un déni politique, sans créer encore une solution crédible. Et tant que l’adossement aux actifs de la banque centrale — y compris, implicitement, la question de l’or — restera perçu comme un levier flou et contestable, tant que les obligations ne disposeront pas d’un marché secondaire transparent, et tant que les audits n’iront pas jusqu’à établir des responsabilités, la crise des dépôts ne sera pas seulement une crise bancaire : ce sera une crise de légitimité.



