Les derniers articles

Articles liés

Emmanuel Macron annonce la reconnaissance de l’État de Palestine par la France à l’ONU (avec l’intégralité du discours)

- Advertisement -

Dans un discours prononcé le 22 septembre 2025 devant l’Assemblée générale des Nations unies, le président français Emmanuel Macron a officiellement déclaré que la France reconnaît l’État de Palestine. Cette annonce, faite lors d’une conférence coprésidée avec le Royaume d’Arabie saoudite, s’inscrit dans le cadre de la résolution 79/81 adoptée le 3 décembre 2024 par l’Assemblée générale. Elle marque un tournant dans la position française au Proche-Orient, alors que les tensions persistent à Gaza et en Cisjordanie, près de deux ans après les attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas.

Le chef de l’État a ouvert son intervention en saluant les participants, dont le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale. Il a rappelé le contexte historique de la résolution 181 de 1947, qui prévoyait le partage de la Palestine mandataire en deux États, l’un juif et l’autre arabe. Selon lui, si l’État d’Israël a été consacré par la communauté internationale, accomplissant ainsi le destin d’un peuple après des millénaires de persécutions, la promesse d’un État arabe reste inachevée. Emmanuel Macron a souligné que les Israéliens et les Palestiniens ont parcouru un chemin mêlé d’espérance et de désespoir, et que la communauté internationale porte une responsabilité collective dans l’échec à bâtir une paix juste et durable.

Le président français a insisté sur l’urgence de la situation actuelle. Il a déclaré que le temps est venu de libérer les 48 otages encore détenus par le Hamas, d’arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et les déplacements de populations. Il a évoqué le risque imminent de ne plus pouvoir saisir la paix, affirmant que l’attente n’est plus possible. Cette urgence, a-t-il précisé, découle des événements récents, notamment l’accélération des tensions depuis juillet 2025, qui menacent les accords d’Abraham et de Camp David.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Un rappel solennel des événements du 7 octobre 2023

Emmanuel Macron a consacré une partie importante de son discours à la condamnation sans nuance des attaques du 7 octobre 2023. Il a rappelé les chiffres précis : 1 224 hommes, femmes et enfants tués, 4 834 blessés et 251 enlevés. Il a qualifié ces actes de barbarie perpétrés par le Hamas et ses collaborateurs, une blessure encore vive pour l’âme israélienne et la conscience universelle. Le président a exigé la libération immédiate et sans condition de tous les otages restants, soulignant que rien ne justifie le recours au terrorisme.

Il a partagé des éléments personnels pour appuyer son propos. En tant que Français, il a mentionné l’hommage national rendu aux 51 compatriotes assassinés ce jour-là, ainsi qu’à toutes les victimes. Il a affirmé que la France ne les oubliera jamais et continuera le combat contre l’antisémitisme. Il a rappelé les attentats de Paris du 7 janvier 2015, où des dirigeants étrangers, dont le Premier ministre israélien et le président de l’Autorité palestinienne, avaient manifesté leur solidarité. Cette expérience, a-t-il dit, enseigne que aucune faiblesse n’est possible face aux terroristes, mais aussi que les guerres sans fin sont dangereuses et que le droit doit l’emporter sur la force.

Le discours a également mis en lumière l’attachement historique de la France à l’universel et à la paix, héritage des siècles passés. Emmanuel Macron a réaffirmé l’amitié de la France avec Israël, dont la sécurité n’a jamais fait défaut, et avec le peuple palestinien, pour qui la solution à deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité doit devenir réalité.

La situation actuelle à Gaza et l’appel à un cessez-le-feu immédiat

Abordant les opérations militaires israéliennes en cours à Gaza, le président français a noté que l’objectif déclaré est de détruire le Hamas, mais que cela continue de détruire les vies de centaines de milliers de personnes déplacées, blessées, affamées et traumatisées. Il a précisé que le Hamas a été considérablement affaibli et que la négociation d’un cessez-le-feu durable est le moyen le plus sûr pour libérer les otages. Selon lui, rien ne justifie plus la poursuite de la guerre, et tout commande d’y mettre un terme définitif maintenant, pour sauver les vies des otages israéliens détenus dans des conditions atroces et celles des civils palestiniens accablés par la faim, la souffrance et le deuil.

Emmanuel Macron a insisté sur le principe que une vie vaut une vie, un devoir indivisible protégeant l’humanité commune. Il a relaté ses rencontres personnelles : avec les familles des otages à Tel-Aviv et à Paris, dont le père de Nimrod Cohen, un otage de 19 ans ; au chevet de victimes palestiniennes réfugiées à El-Arich ; et avec des jeunes de Gaza accueillis en France, comme Rita Baroud, qui témoigne de la détresse de ses proches. Ces expériences, a-t-il dit, illustrent la nécessité de reconnaître l’humanité de l’autre, brisant le cycle de la guerre où l’ennemi masque les visages humains.

Il a décrit la solitude jumelle des Israéliens après le cauchemar du 7 octobre et des Palestiniens épuisés par une guerre sans fin. Le risque du pire, selon lui, inclut le sacrifice de civils, l’expulsion de la population de Gaza vers l’Égypte, l’annexion de la Cisjordanie, la mort des otages ou des faits accomplis irréversibles. C’est pour cela que la conférence doit ouvrir un chemin de paix, préservant la solution à deux États face à l’accélération terrible des événements depuis juillet 2025.

La reconnaissance française de l’État de Palestine : un acte historique

Au cœur du discours, Emmanuel Macron a déclaré que la France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine. Il a présenté cette reconnaissance comme une affirmation que le peuple palestinien n’est pas un peuple en trop, mais un peuple fort de son histoire, de son enracinement et de sa dignité, citant le poète Mahmoud Darwich. Il a insisté sur le fait que cela n’enlève rien aux droits du peuple israélien, que la France a soutenu dès le premier jour, y compris face aux frappes iraniennes.

Cette reconnaissance, a-t-il ajouté, est une défaite pour le Hamas et tous ceux qui attisent la haine antisémite ou nourrissent des obsessions antisionistes visant la destruction d’Israël. Elle est accompagnée par celles d’autres pays annoncées le même jour : Andorre, Australie, Belgique, Canada, Luxembourg, Malte, Monaco, Portugal, Royaume-Uni et Saint-Marin, qui ont répondu à l’appel de juillet 2025. Cela suit les reconnaissances de l’Espagne, l’Irlande, la Norvège et la Slovénie en 2024, et bien d’autres auparavant.

Le président a lié cette reconnaissance à un plan de paix et de sécurité pour tous, soumis par l’Arabie saoudite et la France et adopté à une large majorité par l’Assemblée générale. Ce plan vise à briser l’engrenage de la violence et à changer la donne sur le terrain.

Les étapes du plan de paix proposé

Emmanuel Macron a détaillé le plan en plusieurs temps. Le premier est l’urgence absolue : coupler la libération des 48 otages et la fin des opérations militaires sur tout le territoire de Gaza. Il a salué les efforts du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis, demandant à Israël de ne plus entraver leur aboutissement. Il a noté que le Hamas a été vaincu militairement par la neutralisation de ses chefs et décideurs, et qu’il doit l’être politiquement une fois le cessez-le-feu agréé. Un effort massif collectif est nécessaire pour porter secours à la population de Gaza, avec un remerciement à l’Égypte et à la Jordanie pour leur engagement, et un rappel à Israël de son obligation d’accès humanitaire.

Le deuxième temps concerne la stabilisation et la reconstruction à Gaza. Une administration de transition intégrant l’Autorité palestinienne et la jeunesse palestinienne, accompagnée de forces de sécurité formées rapidement, aura le monopole de la sécurité. Elle mettra en œuvre le démantèlement et le désarmement du Hamas, avec soutien international. La France est prête à contribuer à une mission internationale de stabilisation et à soutenir, avec ses partenaires européens, la formation et l’équipement des forces palestiniennes, une fois la négociation permise. Le Conseil de sécurité pourra décider d’une mission de soutien civile et sécuritaire, en liaison avec les autorités palestiniennes et avec le consentement israélien.

Il a ajouté qu’il reviendra à l’État de Palestine de rendre espoir à sa population, en offrant un cadre démocratique renouvelé. Le président Mahmoud Abbas s’est engagé auprès du prince Mohammed ben Salmane et d’Emmanuel Macron à condamner les attaques du 7 octobre, soutenir le désarmement du Hamas, l’exclure de la gouvernance, lutter contre les discours de haine et rénover la gouvernance palestinienne. La France sera attentive à la mise en œuvre de ces engagements.

Cette autorité renouvelée est une condition pour reprendre les négociations sur le statut final. Emmanuel Macron a indiqué qu’il pourra alors décider d’établir une ambassade auprès de l’État de Palestine. Dès la libération des otages et l’établissement d’un cessez-le-feu, la France et ses partenaires européens indexeront leur coopération avec Israël sur les dispositions prises pour mettre fin à la guerre et négocier la paix.

Vers une paix régionale élargie

Le plan vise un État de Palestine souverain, indépendant et démilitarisé, regroupant l’ensemble de ses territoires, reconnaissant Israël et reconnu par lui, dans une région en paix. Emmanuel Macron attend des partenaires arabes et musulmans non encore engagés qu’ils reconnaissent Israël et normalisent les relations une fois l’État de Palestine établi, démontrant une double reconnaissance pour la paix et la sécurité de tous.

Ce plan établit un engrenage exigeant pour sortir de la guerre et entrer en négociation décisive. Il positionne la paix israélo-palestinienne comme premier pilier d’une nouvelle architecture de paix au Proche et Moyen-Orient, crédibilisant une intégration économique accrue.

Le président a reconnu les réticences et craintes israéliennes, entendant avec respect la tristesse et la fatigue du peuple israélien. Il croit que les autorités israéliennes peuvent s’engager, rappelant l’assassinat d’Yitzhak Rabin il y a près de 30 ans. Il a cité les mots de Rabin : « J’ai fait la guerre aussi longtemps qu’il n’y avait aucune chance de faire la paix. » Aujourd’hui, avec 142 États proposant cette paix, une main tendue est prête à être serrée.

L’appel final à l’action immédiate

Emmanuel Macron a conclu en affirmant que le temps est venu d’arrêter la guerre à Gaza, les massacres et la mort tout de suite, commandé par l’urgence. Le temps est venu pour Israël de vivre en paix et en sécurité, de la Galilée à la mer Rouge, en passant par la mer Morte, le lac de Tibériade et Jérusalem, rendant son existence une évidence. Le temps est venu de rendre justice au peuple palestinien en reconnaissant un État de Palestine, frères et voisins, à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem. Le temps est venu de chasser le terrorisme et de bâtir la paix, une espérance à construire alors que pour certains commence une année nouvelle.

Il a donné la parole au prince Fayçal bin Farhan Al-Saoud, ministre des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, au nom du prince Mohammed ben Salmane.

Les implications immédiates pour Gaza et la Cisjordanie

À Gaza, les opérations militaires israéliennes se poursuivent, mais des rapports de l’ONU indiquent une diminution des bombardements intenses depuis mi-septembre 2025, avec un focus sur des cibles spécifiques liées au Hamas. Le nombre de civils déplacés reste élevé, estimé à plus de 1,5 million, selon des données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies. Des efforts pour ouvrir de nouveaux corridors humanitaires sont en discussion, avec Israël autorisant l’entrée de 200 tonnes de nourriture et de médicaments le 20 septembre 2025.

En Cisjordanie, les tensions persistent avec des incidents rapportés le 21 septembre 2025 près de Naplouse, où des forces israéliennes ont procédé à des arrestations liées à des groupes armés. L’Autorité palestinienne a renforcé sa présence sécuritaire dans plusieurs villes, formant plus de 1 000 agents depuis juin 2025 avec l’aide européenne.

La reconnaissance française ouvre la voie à des engagements diplomatiques accrus. Paris a annoncé l’envoi d’une délégation pour discuter de la mission internationale de stabilisation, prévue pour fin septembre 2025. Des réunions au Conseil de sécurité sont programmées pour examiner le déploiement d’une mission de soutien, avec des contributions potentielles de l’Union européenne.

Les otages restants font l’objet d’une attention particulière. Des négociations médiatisées par le Qatar ont abouti à la libération de deux otages le 15 septembre 2025, mais les 48 autres demeurent détenus. Des familles, comme celle de Nimrod Cohen, ont publiquement salué le discours de Macron pour son insistance sur leur libération inconditionnelle.

Sur le plan humanitaire, la France a augmenté son aide, avec 50 millions d’euros alloués en septembre 2025 pour des programmes de santé et d’éducation à Gaza. Des jeunes Palestiniens, comme Rita Baroud, continuent de témoigner en France, participant à des conférences sur la détresse civile.

Les dynamiques régionales évoluent avec cette annonce. L’Arabie saoudite, coprésidente de la conférence, a réaffirmé son plan pour une normalisation avec Israël conditionnée à l’établissement de l’État palestinien. Des discussions économiques pour une intégration régionale, incluant des projets d’énergie et de transport, sont relancées depuis août 2025.

Enfin, les engagements de Mahmoud Abbas envers une gouvernance rénovée se concrétisent par des réformes internes. En septembre 2025, l’Autorité palestinienne a lancé un audit sur la corruption et annoncé des élections locales pour novembre, excluant explicitement les groupes terroristes. Ces mesures visent à renforcer la légitimité palestinienne face aux défis posés par le Hamas, dont les structures restantes sont démantelées progressivement avec un soutien international.

L’intégral du discours d’Emmanuel Macron

Mesdames et Messieurs. Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement. Mesdames et Messieurs les ministres. Excellence, Monsieur Antonio Guterres. Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Excellence madame Annalena Baerbock. Madame la Présidente de l’Assemblée générale. Excellences, Mesdames et Messieurs. C’est un honneur et un privilège pour moi de Coprésider avec le Royaume d’Arabie Saoudite. La présente conférence, conformément à la résolution 79 81 de l’Assemblée générale du 3 décembre 2024. Nous vous souhaitons à toutes et à tous la bienvenue. Permettez moi à présent de faire quelques observations liminaires. Madame la présidente de l’Assemblée générale, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement. Mesdames et Messieurs. Nous sommes là car le temps est venu. Le temps est venu de libérer les 48 otages détenus par le Hamas. Le temps est venu d’arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et les populations en fuite. Le temps est venu car l’urgence est partout. Le temps de la paix est venu car nous sommes à quelques instants de ne plus pouvoir la saisir. C’est pour cela que nous nous retrouvons aujourd’hui. Certains diront trop tard, d’autres diront trop tôt. Une chose est sûre, nous ne pouvons plus attendre. En 1947, cette assemblée décidait du partage de la Palestine mandataire entre deux États, l’un juif et l’autre arabe, et reconnaissait ainsi le droit de chacun à l’autodétermination. La communauté internationale consacrait là l’État d’Israël, accomplissant le destin de ce peuple.

Enfin, après des millénaires d’errance et de persécutions, et qui put fonder là une si belle démocratie, la promesse d’un Etat arabe? Elle reste jusqu’à ce jour inachevée. Depuis lors, c’est un long chemin d’espérance et de désespoir mêlés. Qu’israéliens et Palestiniens ont parcouru chacun à leur manière. Et nous, nous avons cheminé avec eux. Chacun d’entre nous selon son histoire et selon sa sensibilité. Mais la vérité est que nous portons la responsabilité collective d’avoir failli jusqu’ici à bâtir une paix juste et durable au Proche-Orient. C’est l’évidence même qui s’est imposée à nous le 7 octobre 2023, lorsque le peuple israélien a subi la pire attaque terroriste de son histoire. 1224 hommes, femmes et enfants tués, 4834 Hommes, femmes et enfants blessés, 251 Hommes, femmes et enfants enlevés. La barbarie du Hamas et de ceux qui ont collaboré à ce massacre a stupéfait Israël et le monde. Le 7 octobre. Le 7 octobre est une blessure encore vive pour l’âme israélienne comme pour la conscience universelle. Nous la condamnons sans aucune nuance, car rien, jamais nulle part, ne peut justifier de recourir au terrorisme. Nous pensons en ce jour aux victimes et à leurs familles. Nous disons notre compassion aux Israéliens et exigeons avant tout autre chose que tous les otages encore détenus par le Hamas soient libérés sans aucune condition. Nous, Français, avons rendu un hommage national à nos 51 compatriotes assassinés ce jour là et à toutes les victimes du 7 octobre 2023.

Nous ne les oublierons pas. Jamais. Comme jamais nous ne cesserons le combat existentiel contre l’antisémitisme français. Nous savons la morsure du terrorisme. Nous portons au cœur le souvenir du témoignage de fraternité offert après les attentats commis à Paris, le 7 janvier 2015, par des dizaines de dirigeants étrangers manifestant avec, au premier rang desquels le Premier ministre israélien et le président de l’Autorité palestinienne. Nous savons qu’aucune faiblesse n’est possible face aux terroristes. Nous savons aussi le danger des guerres sans fin. Nous savons que le droit toujours, doit l’emporter sur la force. Nous savons enfin de notre histoire que l’attachement à l’universel et à la paix est l’héritage des siècles passés, comme la condition du salut. J’affirme cela au nom de notre amitié avec Israël, à qui notre engagement n’a jamais fait défaut. Au nom de notre amitié aussi avec le peuple palestinien pour qui nous voulons que la promesse initiale des Nations Unies, celle de deux États vivant côte à côte, en paix et en sécurité, devienne réalité. Or, à cette heure, Israël étant encore ces opérations militaires à Gaza dans l’objectif déclaré de détruire le Hamas. Mais ce sont les vies de centaines de milliers de personnes déplacées, blessées, affamées, traumatisées, qui continuent d’être détruites, alors même que le Hamas a été considérablement affaibli et que la négociation d’un cessez-le-feu durable reste le moyen le plus sûr d’obtenir la libération des otages.

Rien. Rien ne justifie plus la poursuite de la guerre à Gaza. Rien. Tout commande, au contraire, d’y mettre un terme définitif. Maintenant, à défaut de l’avoir fait plus tôt pour sauver des vies, les vies des otages israéliens encore détenues dans des conditions atroces, les vies des centaines de milliers de civils palestiniens accablés par la faim, la souffrance, la peur de mourir, le deuil de leurs proches. Sauver toutes les vies. Car depuis désormais près de deux ans, c’est bien la négation de l’humanité de l’autre et le sacrifice de la vie humaine qui prévalent. Oui, depuis le 7 octobre, c’est bien la vie de l’autre qui est niée. Nous le disons depuis le premier jour de la guerre à Gaza Une vie vaut une vie. Je le sais pour avoir pris dans mes bras les familles des otages rencontrés à Tel Aviv, puis à Paris. Et je pense à cet instant à la mère des otages affamés et montrés à la foule par ses bourreaux. Je pense à Nimrod Cohen, otage de 19 ans, dont je viens de saluer le père. Je le sais pour être allé aussi au chevet des victimes palestiniennes des opérations militaires israéliennes réfugiées à El-arich. Des femmes, des enfants dont je n’oublierai pas le regard. Je le sais pour avoir rencontré des jeunes de Gaza accueillis en France. Et je pense à Rita Baroud, qui aurait dû être avec nous aujourd’hui et qui continue de témoigner de la détresse de ses proches à Gaza.

Une vie vaut une vie. Et notre devoir à tous est de protéger les uns et les autres. Devoir indivisible comme l’est notre humanité commune. Une solution existe pour briser le cycle de la guerre et de la destruction. C’est la reconnaissance de l’autre, de sa légitimité, de son humanité, de cette dignité que les uns et les autres. Rouvre les yeux et voit des visages humains là où la guerre a placé le masque de l’ennemi ou les traits d’une cible. C’est la reconnaissance. Qu’israéliens et Palestiniens vivent dans une solitude jumelle. Solitude des Israéliens après le cauchemar historique du 7 octobre 2023. Solitude des Palestiniens à bout de force. Dans cette guerre sans fin. Le temps est venu. Car le pire peut advenir. Qu’il s’agisse du sacrifice de tant d’autres civils, de l’expulsion de la population de Gaza vers l’Égypte, de l’annexion de la Cisjordanie, de la mort des otages détenus par le Hamas ou des faits accomplis qui changent de manière irréversible la situation sur le terrain. C’est pour cela, c’est pour cela que nous devons aujourd’hui, ici même, ouvrir ce chemin de paix. Car depuis juillet dernier, l’accélération des événements est terrible et au point où nous en sommes, il est à craindre que les accords d’Abraham ou de Camp David soient remises en cause par l’action d’Israël et que la paix devienne impossible pour longtemps au Moyen-Orient. Il pèse donc sur nous une responsabilité historique.

Nous devons tout faire pour préserver la possibilité même d’une solution à deux États Israël et la Palestine, vivant côte à côte, en paix et en sécurité. Le temps est venu. C’est pourquoi, fidèle à l’engagement historique de mon pays au Proche-Orient pour la paix entre le peuple israélien et le peuple palestinien, je déclare que la France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine. Cette reconnaissance. Cette reconnaissance est une manière d’affirmer que le peuple palestinien n’est pas un peuple en trop, qu’il est au contraire ce peuple qui ne dit jamais adieu à rien. Pour parler avec Mahmoud Darwich, un peuple fort de son histoire et de son enracinement, de sa dignité et la reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien n’enlève rien au droit du peuple israélien, que la France a soutenu dès le premier jour, et au respect desquels elle n’est pas moins attachée. Précisément car nous sommes convaincus que cette reconnaissance est la solution qui seule permettra la paix pour Israël. Jamais la France n’a manqué à Israël quand sa sécurité était en jeu, y compris face aux frappes iraniennes. Cette reconnaissance de l’État de Palestine est une défaite pour le Hamas comme pour tous ceux qui attisent la haine antisémite, nourrissent des obsessions anti sionistes et veulent la destruction de l’Etat d’Israël. Cette reconnaissance de la France est accompagnée par celles qui seront annoncées aujourd’hui, entre autres, et je les en remercie. Celle d’Andorre, de l’Australie, de la Belgique, du Canada, du Luxembourg, de Malte, de Monaco, du Portugal, du Royaume-Uni, de Saint-Marin qui ont attendu avec nous ce moment et saisissant l’appel de juillet dernier, ont fait le choix de la responsabilité, de l’exigence et de la paix.

Cela après le choix fait par l’Espagne, l’Irlande, la Norvège et la Slovénie en 2024 et tant d’autres auparavant. Cette reconnaissance ouvre le chemin d’une négociation utile aux Israéliens comme aux Palestiniens. Ce chemin est celui du plan de paix et de sécurité pour tous, que l’Arabie Saoudite et la France ont soumis au vote de cette Assemblée, qui l’a adopté à une très large majorité. Il porte notre ambition commune de briser l’engrenage de la violence et de changer la donne sur le terrain. Nous avons su faire un pas les uns vers les autres, sortir de nos postures habituelles et nous donner des objectifs concrets. Il nous appartient maintenant, ensemble, de déclencher une mécanique de paix répondant aux besoins de chacun. Le premier temps de ce plan de paix et de sécurité pour tous est celui de l’urgence absolue, celle de coupler la libération des 48 otages et la fin des opérations militaires sur tout le territoire de Gaza. Je salue les efforts du Qatar, de l’Egypte et des Etats-Unis pour y parvenir et demande à Israël de ne plus rien faire qui entrave leur aboutissement. Le Hamas a été vaincu sur le plan militaire par la neutralisation de ses chefs et de ses décideurs.

 Il doit l’être sur le plan politique pour être véritablement démantelé dès lors que le cessez le feu aura été agréé. C’est un effort massif que nous devrons produire collectivement pour porter secours à la population de Gaza. Et je remercie l’Egypte et la Jordanie de leur engagement ici, et rappelle à Israël l’obligation absolue qui est la sienne, de faciliter l’accès humanitaire à Gaza pour aider une population aujourd’hui démunie de tout. Le deuxième temps est celui de la stabilisation et de la reconstruction à Gaza, une administration de transition intégrant l’Autorité palestinienne, la jeunesse palestinienne accompagnée de forces de sécurité dont nous accélérerons la formation, aura le monopole de la sécurité à Gaza. Elle mettra en œuvre le démantèlement et le désarmement du Hamas, avec le soutien des partenaires internationaux et les moyens qui seront nécessaires à cette mission difficile. La France est prête à contribuer à une mission internationale de stabilisation et à soutenir, avec ses partenaires européens, la formation et l’équipement des forces de sécurité palestiniennes, dès lors que la négociation le permettra. Le Conseil de sécurité pourra décider le déploiement d’une mission de soutien civile et sécuritaire en liaison avec les autorités palestiniennes, avec le consentement des autorités israéliennes. Il reviendra aussi à l’Etat de Palestine de rendre espoir à sa population éprouvée par des années de violence, d’occupation, mais aussi de division et d’incurie. Il lui reviendra donc d’offrir à son peuple un cadre d’expression démocratique renouvelée et sécurisée.

Le président Mahmoud Abbas en a pris l’engagement auprès du prince Mohammed ben Salmane et de moi même. Il a condamné avec force les attaques terroristes du 7 octobre 2023. Il a affirmé son soutien au désarmement du Hamas et s’est engagé à l’exclure de la gouvernance à venir de Gaza comme de l’ensemble du territoire palestinien. Il a affirmé son engagement à lutter contre les discours de haine et a promis une rénovation en profondeur de la gouvernance palestinienne. La France sera attentive à la pleine mise en œuvre de chacun des engagements pris auprès d’elle. Cette autorité palestinienne renouvelée est une condition nécessaire à la réussite de l’indispensable négociation qu’il faudra reprendre pour parvenir à un accord sur chacune des questions relatives au statut final. C’est dans ce cadre aussi que je pourrai décider d’établir une ambassade auprès de l’État de Palestine. Dès lors que tous les otages détenus à Gaza auront été libérés et qu’un cessez-le-feu aura été établi, l’exigence de la France à l’égard d’Israël ne sera pas moins grande avec ses partenaires européens. Elle indexera le niveau de sa coopération avec lui sur les dispositions qu’il prendra pour mettre fin à la guerre et négocier la paix. C’est bien grâce à ce chemin que nous obtiendrons un État de Palestine souverain, indépendant et démilitarisé, regroupant l’ensemble de ces territoires, reconnaissant Israël et étant reconnu par Israël dans une région qui connaîtra enfin la paix.

J’attends aussi de nos partenaires arabes et musulmans qui ne l’ont pas encore fait, qu’ils tiennent leurs engagements de reconnaître l’État d’Israël et d’avoir avec lui des relations normales dès lors que l’État de Palestine aura été établi. Ainsi ferons nous ensemble la démonstration d’une double reconnaissance au bénéfice de la paix et de la sécurité de tous au Proche-Orient? Voici, Mesdames et Messieurs, quel est notre plan de paix. Il établit un engrenage exigeant pour sortir de la guerre et entrer dans une phase décisive de négociation. Il permet que la paix israélo-palestinienne soit le premier pilier d’une nouvelle architecture de paix et de sécurité au Proche et Moyen-Orient. Il crédibilise aussi la possibilité d’une plus grande intégration économique. Rien ne sera possible sans que les autorités israéliennes s’approprient pleinement notre ambition renouvelée de parvenir enfin à la solution des deux États. Je sais leurs réticences et leurs craintes. J’entends avec beaucoup de respect le peuple israélien, sa tristesse et sa fatigue, et je veux croire que les autorités israéliennes l’entendront également et sauront s’engager à leur tour. Je sais que le peuple israélien et ses dirigeants peuvent en avoir la force. Et je me souviens du jeune homme que j’étais apprenant l’assassinat terrible Yitzhak Rabin. Il y a près de 30 ans, tué pour avoir voulu la paix au moment où la mort allait le ravir. Le guerrier héroïque de l’Etat d’Israël venait prononcer ces mots J’ai fait la guerre aussi longtemps qu’il n’y avait aucune chance de faire la paix.

Cette chance existe là. Aujourd’hui, 142 Etats proposent cette paix. Une main tendue prête à être serrée. Alors oui, le temps est venu d’arrêter la guerre à Gaza, les massacres, la mort. Tout de suite. L’urgence nous le commande. Le temps est venu pour Israël de vivre en paix et en sécurité. De la Galilée à la mer Rouge, par la mer Morte, par le lac de Tibériade et par Jérusalem. Le temps est venu de ne plus discuter nulle part l’existence d’un Etat d’Israël et d’en faire une évidence. Le temps est venu de rendre justice au peuple palestinien et ainsi de reconnaître un Etat de Palestine, frères et voisins, à Gaza et en Cisjordanie, et par Jérusalem. Le temps est venu de chasser de ces terres le visage hideux du terrorisme et de bâtir la paix. Oui, bâtir la paix, c’est ce qui nous rassemble ici. Et telle est l’espérance qui peut se construire. Alors que pour certains, commence une année nouvelle. C’est un choix à faire et c’est notre devoir. La paix est beaucoup plus exigeante, beaucoup plus difficile que toutes les guerres. Mais le temps est venu. Merci pour votre attention. Je donne à présent la parole à Son Altesse le prince Fayçal Bin Farhan Al-saoud, ministre des Affaires étrangères d’Arabie Saoudite, au nom de Son Altesse Royale, le prince Mohammed ben Salmane bin Abdulaziz Al Saoud, prince héritier.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi