lundi, février 23, 2026

Les derniers articles

Articles liés

FACTCHECK: La FINUL confirme, le mur israélien viole effectivement la ligne bleue

- Advertisement -

Le 14 novembre 2025, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a publié un communiqué officiel soulignant des violations par les Forces de défense israéliennes (FDI) de la Ligne bleue, la démarcation établie entre le Liban et Israël. Ce document met en lumière la construction de murs en béton, connus sous le nom de T-walls, qui empiètent sur le territoire libanais au sud-ouest et au sud-est de Yaroun, rendant inaccessible plus de 4 000 mètres carrés de terres libanaises. La FINUL a confirmé ces intrusions par des relevés géospatiaux effectués en octobre et novembre, et a formellement demandé aux FDI de déplacer ces structures. Ce développement s’inscrit dans une série d’incidents frontaliers qui persistent malgré le cessez-le-feu conclu en novembre 2024, illustrant les défis persistants pour le maintien de la stabilité dans la région.

Les relevés menés par les casques bleus en octobre ont révélé que le mur au sud-ouest de Yaroun franchit la Ligne bleue, bloquant l’accès à une portion significative du territoire libanais. Les peacekeepers ont informé les FDI de ces constatations et ont exigé un repositionnement immédiat. En novembre, des observations supplémentaires ont identifié une nouvelle section de mur au sud-est de Yaroun, également en violation de la démarcation. La FINUL prépare une notification formelle à ce sujet. Par ailleurs, un mur érigé entre Aytaroun et Maroun ar Ras reste au sud de la Ligne bleue, sans empiétement direct rapporté dans ce cas précis. Ces actions, selon le communiqué, constituent des violations de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies et portent atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban. La FINUL a réitéré son appel aux FDI pour qu’elles respectent intégralement la Ligne bleue et se retirent de toutes les zones au nord de celle-ci.

Ces incidents ne sont pas isolés. Depuis le début de l’année 2025, la frontière libano-israélienne a été le théâtre de multiples tensions, avec des rapports récurrents d’incursions, de survols et de constructions militaires. La Ligne bleue, établie en 2000 par les Nations unies pour confirmer le retrait israélien du sud du Liban, sert de référence pour la résolution 1701, adoptée en 2006 afin de mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah. Cette démarcation, longue d’environ 120 kilomètres, s’étend de la mer Méditerranée à l’est jusqu’aux fermes de Chebaa, une zone contestée. Les violations signalées près de Yaroun, un village situé dans le district de Bint Jbeil, soulignent les vulnérabilités persistantes dans cette région rurale, où l’agriculture et l’élevage constituent les principales activités économiques pour les habitants locaux.

Une violation confirmée par des relevés géospatiaux

Les détails fournis par la FINUL dans son communiqué du 14 novembre mettent en évidence l’utilisation de technologies avancées pour documenter ces infractions. Les relevés géospatiaux, impliquant des mesures précises via GPS et imagerie satellite, ont permis de quantifier l’empiétement : plus de 4 000 mètres carrés rendus inaccessibles aux Libanais. Cette zone, bien que modeste en superficie, revêt une importance symbolique et pratique, car elle perturbe les mouvements des agriculteurs et des bergers qui dépendent de ces terres pour leur subsistance. Les T-walls, des structures en béton préfabriqué souvent utilisées pour des fortifications temporaires ou permanentes, ont été érigés par les FDI dans le cadre de ce que des observateurs décrivent comme des efforts pour renforcer la sécurité frontalière.

En octobre, les casques bleus ont observé la construction initiale au sud-ouest de Yaroun. Le mur, composé de segments interconnectés, franchit la Ligne bleue sur plusieurs mètres, créant une barrière physique qui empêche tout accès. La FINUL a immédiatement communiqué ses findings aux FDI, insistant sur la nécessité d’un retrait pour éviter une escalade. En novembre, une extension au sud-est a été détectée, confirmant un pattern de constructions progressives. « Nous informerons formellement les FDI de nos constatations ici également », indique le communiqué, soulignant l’approche diplomatique adoptée par la mission onusienne pour résoudre ces différends.

La construction entre Aytaroun et Maroun ar Ras, quant à elle, reste conforme à la démarcation, avec des barils bleus – marqueurs traditionnels de la Ligne bleue – positionnés devant le mur, indiquant qu’il se situe au sud. Cependant, cette structure s’ajoute à un réseau croissant de fortifications qui altèrent le paysage frontalier, rendant les interactions quotidiennes plus complexes pour les communautés locales.

Le contexte des tensions frontalières persistantes

Ces violations interviennent dans un climat régional marqué par une instabilité accrue depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, qui a mis fin à une phase intense de confrontations entre Israël et le Hezbollah. Malgré cet accord, des incidents sporadiques ont continué tout au long de 2025. Par exemple, le 30 octobre 2025, les FDI ont mené une incursion armée dans la ville de Blida, au sud du Liban, entraînant la mort d’une personne. La FINUL a qualifié cet acte de « violation flagrante de la résolution 1701 et de la souveraineté libanaise », appelant à une cessation immédiate des actions hostiles.

Des experts des Nations unies ont averti, le 17 octobre 2025, contre les violations continues du cessez-le-feu, notant des frappes aériennes israéliennes intenses le 11 octobre qui ont tué une personne et blessé sept autres dans le sud du Liban. Ces raids, selon les rapporteurs spéciaux de l’ONU, mettent en péril la fragile paix et exposent les civils et les peacekeepers à des dangers accrus.

En septembre 2025, des frappes aériennes israéliennes dans le sud du Liban ont été condamnées par la FINUL comme des violations de la résolution onusienne, avec des appels à la désescalade pour protéger les casques bleus et les populations locales. Le 26 octobre, un attaque à la grenade contre des peacekeepers a été rapportée, bien que sans lien direct avec les constructions de murs, illustrant les risques opérationnels pour la mission.

Les démolitions de villages au sud du Liban par Israël, malgré le cessez-le-feu, ont persisté en novembre 2025, avec des rapports indiquant que des infrastructures civiles sont ciblées le long de la frontière. Ces actions, combinées aux constructions militaires, contribuent à un sentiment d’insécurité parmi les résidents libanais, dont beaucoup ont été déplacés lors des escalades précédentes.

L’historique de la résolution 1701 et le rôle de la FINUL

Adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité le 11 août 2006, la résolution 1701 vise à établir une cessation complète des hostilités entre le Liban et Israël, suite au conflit de cet été-là. Elle exige le retrait des forces israéliennes au sud de la Ligne bleue, le déploiement des Forces armées libanaises (FAL) dans le sud du Liban, et l’interdiction de toute présence armée non autorisée au sud du fleuve Litani, à l’exception des FAL et de la FINUL. La résolution renforce le mandat de la FINUL, portant son effectif à 15 000 soldats, pour monitorer le cessez-le-feu, assister les FAL et faciliter l’aide humanitaire.

Parmi les provisions clés, la résolution appelle à « le respect total de la Ligne bleue par les deux parties » et interdit toute vente ou fourniture d’armes au Liban sans l’accord du gouvernement libanais. Elle établit également un mécanisme tripartite impliquant la FINUL, les FAL et les FDI pour résoudre les différends frontaliers. Depuis son adoption, plus de 10 000 violations ont été documentées, majoritairement des survols aériens israéliens et des incursions terrestres, bien que des tirs du côté libanais aient également été rapportés.

La FINUL, déployée depuis 1978 mais renforcée en 2006, opère dans une zone d’environ 1 060 kilomètres carrés au sud du Litani. Composée de contingents de plus de 40 pays, dont la France, l’Italie et l’Indonésie, elle effectue des patrouilles quotidiennes, des relevés et des médiations. En 2025, la mission a restauré des marqueurs de la Ligne bleue endommagés, comme ceux près de Maisat, où des munitions suspectes ont été découvertes. Ces efforts visent à maintenir la visibilité de la démarcation et à prévenir les malentendus.

Réactions des autorités libanaises et internationales

Le gouvernement libanais, sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, a régulièrement condamné ces violations. Formé après deux ans de cabinet intérimaire, ce gouvernement de 24 ministres inclut des figures comme Ghassan Salamé au ministère de la Culture et d’autres technocrates priorisant les réformes financières et la reconstruction. Le président Joseph Aoun, élu en janvier 2025, a dénoncé les incursions comme des agressions récurrentes, notant que l’incident de Blida s’inscrit dans un pattern plus large.

Du côté israélien, les FDI ont nié certaines allégations, affirmant que les murs sont construits au sud de la Ligne bleue, dans les territoires occupés, sans violation du territoire libanais. Des rapports indiquent que ces structures font partie de cinq positions stratégiques qu’Israël maintient le long de la frontière pour des raisons de sécurité. Cependant, des activistes et des médias libanais ont documenté des bulldozers traversant la Ligne bleue lors des travaux, avec des photos montrant des empiétements.

La communauté internationale, via l’ONU, a exprimé des préoccupations. Le 6 novembre 2025, la FINUL a appelé Israël à cesser les attaques et violations, tout en exhortant les acteurs libanais à la retenue. Des experts onusiens ont mis en garde contre les risques pour la stabilité régionale, soulignant que ces actions menacent l’équilibre fragile au Liban, où le gouvernement gère une coalition confessionnelle complexe influencée par des dynamiques sunnites, chiites et chrétiennes.

Implications pour la souveraineté libanaise et la stabilité régionale

Ces constructions impactent directement la souveraineté libanaise, en limitant l’accès aux terres et en altérant les dynamiques économiques locales. À Yaroun, un village de quelques milliers d’habitants majoritairement chiites, les agriculteurs font face à des restrictions qui affectent les cultures d’olives et de tabac, piliers de l’économie rurale. Les 4 000 mètres carrés inaccessibles représentent non seulement une perte territoriale mais aussi un symbole d’occupation persistante, ravivant les mémoires du retrait israélien de 2000.

Sur le plan sécuritaire, ces violations renforcent les tensions avec le Hezbollah, qui, malgré le cessez-le-feu, maintient une présence dans le sud. Les FDI ont mené des frappes contre des cibles du Hezbollah en novembre 2025, tuant plusieurs operatives et détruisant des infrastructures, qu’elles qualifient de violations de l’accord de 2024. Le 6 novembre, une vague de frappes aériennes a visé des sites dans le sud du Liban, avec l’armée israélienne affirmant que le Hezbollah tente de reconstruire ses capacités.

Les implications immédiates incluent un risque accru pour les peacekeepers. En août 2025, le mandat de la FINUL a fait l’objet de négociations tendues, avec des avertissements sur les menaces à la sécurité frontalière. Des drones israéliens ont survolé des positions onusiennes en septembre, violant la résolution. Ces incidents soulignent les défis pour la mission, qui doit naviguer entre médiation et protection.

Évolution récente des incidents frontaliers

Au cours des premières semaines de novembre 2025, les activités le long de la Ligne bleue ont intensifié. Des rapports du 10 novembre indiquent que la FINUL monitorise de près les constructions près de Maroun ar Ras, avec des photos montrant des barils bleus confirmant la position au sud. Cependant, des sources locales ont signalé des empiétements de 2 kilomètres dans le territoire libanais, bien que contestés par les FDI.

Le 12 novembre, des documentations photographiques ont émergé, montrant des murs en béton couvrant des sites militaires comme « Al-Hadab », ciblés précédemment par des résistants. Ces développements, combinés à des démolitions en cours dans les villages frontaliers, indiquent une fortification soutenue malgré les appels onusiens. La FINUL continue ses patrouilles, documentant les violations aériennes et terrestres, tandis que les FAL renforcent leur présence pour affirmer le contrôle gouvernemental. Ces faits récents, ancrés dans les dynamiques géopolitiques impliquant Israël, le Hezbollah et les puissances régionales, maintiennent la région dans une vigilance accrue, avec des implications directes sur les mouvements civils et les efforts de reconstruction post-cessez-le-feu.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi