Dans la nuit du 12 au 13 juillet 2025, Israël a déclenché l’opération « Lion dressé », une série de frappes aériennes d’envergure contre des cibles nucléaires et militaires en Iran, visant les sites de Natanz, Fordow et des bases des Gardiens de la révolution. Ces raids, qui ont tué des commandants iraniens et des scientifiques nucléaires, ont entraîné une riposte immédiate de Téhéran, avec des drones lancés vers Israël. Dans ce climat d’escalade, les prix du pétrole ont bondi de plus de 10 % en quelques heures, le baril de Brent atteignant 76,40 dollars et le WTI 75,10 dollars. Alors que l’Iran, acteur clé de l’OPEP, menace de perturber ses exportations, les marchés craignent une crise énergétique mondiale. Voici les causes de cette flambée, les perspectives à court et long terme, et les implications économiques globales.
Une hausse brutale des prix du pétrole
Les frappes israéliennes ont provoqué une onde de choc sur les marchés pétroliers. Le 13 juillet, le baril de Brent, référence européenne, a grimpé de 10,15 % à 76,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), équivalent américain, a bondi de 10,41 % à 75,51 dollars. Cette hausse reflète les craintes d’une perturbation des approvisionnements en pétrole iranien, qui représente environ 4 % de l’offre mondiale avec une production de 3,9 millions de barils par jour, selon l’OPEP.
L’Iran, quatrième producteur mondial et détenteur des troisièmes réserves prouvées de pétrole, joue un rôle stratégique. Bien que Téhéran ait assuré que ses principales raffineries et dépôts de carburant n’ont pas été touchés, la menace d’une riposte, potentiellement via un blocage du détroit d’Ormuz, par où transite 20 % du pétrole mondial, alimente l’incertitude. Des observateurs ont signalé une hausse de plus de 4 dollars le baril dès l’annonce des frappes, illustrant la fébrilité des investisseurs.
Facteurs à l’origine de la flambée
Plusieurs éléments expliquent cette envolée. D’abord, les frappes israéliennes, contrairement à celles d’octobre 2024 qui avaient épargné les infrastructures pétrolières iraniennes, visent des sites stratégiques, ravivant les craintes d’une perturbation directe. En octobre, les prix avaient chuté de 4 % après des raids limités, les marchés se rassurant sur l’offre. Cette fois, l’ampleur de l’opération, qualifiée par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou de « coup au cœur » du programme iranien, et la mort de figures clés comme Hossein Salami, amplifient les tensions.
Ensuite, la menace iranienne de représailles, incluant une possible fermeture du détroit d’Ormuz, pèse lourd. En avril 2024, des avertissements similaires après une attaque israélienne à Damas avaient poussé le Brent à 76,72 dollars. Une telle mesure pourrait retirer des millions de barils du marché, avec une perte estimée de 2 à 3 millions de barils par jour en cas de frappes sur les sites pétroliers iraniens.
Enfin, les sanctions américaines, rétablies par le président Donald Trump dans sa politique de « pression maximale » depuis mars 2025, réduisent déjà les exportations iraniennes. Les prévisions indiquent une baisse de la production iranienne au second trimestre 2025, contribuant à une diminution des stocks mondiaux. Ces sanctions, combinées aux frappes, accentuent les tensions sur l’offre.
Contexte pétrolier récent : une volatilité persistante
Les prix du pétrole ont connu des fluctuations marquées récemment. En octobre 2024, l’attaque iranienne de 200 missiles sur Israël avait fait grimper le Brent de 2,9 % à 73,56 dollars et le WTI de 3,5 % à 70,92 dollars, avant une stabilisation grâce à l’interception des missiles. Fin octobre, les frappes israéliennes, évitant les sites pétroliers, avaient entraîné une chute de 4 % (Brent à 72,74 dollars, WTI à 68,55 dollars). En mars 2025, les sanctions américaines avaient poussé le Brent à 70,17 dollars, malgré une demande mondiale ralentie.
Les prévisions pour 2025 restent incertaines. Une demande mondiale en baisse, freinée par la faible croissance chinoise et l’électrification des transports, contraste avec une production accrue de l’OPEP+ prévue dès décembre 2024. Avant les frappes de juillet, certains analystes tablaient sur un Brent à 60 dollars en 2025, en raison d’une surabondance de l’offre. La crise actuelle remet en cause ces projections, avec une prime de risque géopolitique désormais dominante.
Perspectives à court et long terme
À court terme, les prix du pétrole resteront volatils. La riposte iranienne, annoncée comme « dévastatrice » par le Guide suprême Ali Khamenei, pourrait inclure des attaques sur des infrastructures pétrolières israéliennes ou américaines, ou un blocage du détroit d’Ormuz. Un tel scénario pourrait pousser le Brent au-delà de 100 dollars, un niveau envisagé en cas de perturbations majeures. La Chine, gros importateur de pétrole iranien, serait particulièrement touchée par une rupture des approvisionnements à prix réduit.
À plus long terme, des facteurs pourraient limiter la hausse. L’OPEP+ pourrait augmenter sa production pour stabiliser les marchés, comme prévu dès décembre 2024. La Libye, reprenant ses exportations après une crise politique, pourrait injecter des volumes supplémentaires. La demande mondiale, ralentie par la transition énergétique et la faible croissance en Europe et en Asie, pourrait également contenir les prix. Cependant, une escalade prolongée, comme des frappes iraniennes sur des sites saoudiens ou des sanctions américaines renforcées, maintiendrait une pression haussière.
Implications économiques mondiales
La flambée des prix du pétrole menace l’économie mondiale. En Europe, une hausse des coûts énergétiques aggraverait l’inflation, affectant ménages et industries. Aux États-Unis, les droits de douane imposés par Trump, combinés à une hausse des carburants, pourraient freiner la croissance, ravivant les craintes de récession. En Asie, la Chine, premier importateur mondial, pourrait souffrir d’une rupture des importations iraniennes, la forçant à se tourner vers des fournisseurs plus coûteux.
Les marchés financiers réagissent avec nervosité. Les indices boursiers asiatiques et européens ont chuté après les frappes, tandis que l’or, valeur refuge, a brièvement progressé. Les transporteurs aériens, sensibles aux coûts du carburant, pourraient augmenter leurs tarifs, impactant le commerce mondial. Les énergéticiens, en revanche, pourraient bénéficier temporairement de la hausse des prix.
Perspectives : vers une crise énergétique mondiale ?
Les frappes israéliennes du 13 juillet 2025 ont replacé le pétrole au centre des tensions géopolitiques. La hausse immédiate des prix reflète les craintes d’une perturbation de l’offre iranienne, mais l’absence de dommages aux raffineries pourrait limiter l’impact à court terme. La riposte iranienne, les décisions de l’OPEP+ et l’évolution des sanctions américaines seront cruciales. Alors que les négociations nucléaires vacillent, la région risque un embrasement économique et militaire, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour les marchés mondiaux.



