La nuit du 5 au 6 mars 2026 a été marquée par une intensification dramatique des opérations militaires israéliennes sur le territoire libanais. Selon les informations confirmées par l’agence nationale d’information libanaise et relayées par les ministères concernés, l’armée israélienne a lancé au moins onze frappes aériennes, et selon certaines sources jusqu’à une vingtaine de vagues successives, ciblant principalement la banlieue sud de Beyrouth, connue sous le nom de Dahiyeh. Les zones les plus touchées incluent Ghobeiry, Haret Hreik, Chiyah et Burj al-Barajneh, où d’importantes colonnes de fumée et des incendies ont été observés dès les premières heures du matin du 6 mars. Ces bombardements interviennent quelques heures seulement après un ordre d’évacuation massif émis par Tsahal à l’intention de l’ensemble de la population de cette zone densément peuplée, estimée à plus de 500 000 habitants.
Le ministère libanais de la Santé a publié, dans la matinée du 6 mars, un bilan actualisé et précis de l’ensemble des hostilités depuis le déclenchement de l’escalade le 2 mars : 123 personnes ont perdu la vie, dont une proportion importante de civils, et 683 autres ont été blessées. Ces chiffres intègrent les victimes des frappes nocturnes les plus récentes, bien que le ministère n’ait pas encore isolé le nombre exact de décès survenus entre le 5 mars au soir et le 6 mars au matin. Parmi les morts recensés depuis le début de la semaine figurent au moins sept enfants, selon les précisions fournies par les services d’urgence. Les hôpitaux de Beyrouth, de Saïda et de Tyr ont été placés en état d’alerte maximale, avec des transferts de blessés prioritaires vers les centres spécialisés de la capitale.
Un ordre d’évacuation sans précédent suivi d’une pluie de missiles
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L’ordre d’évacuation lancé par l’armée israélienne dans la soirée du 5 mars a provoqué un exode chaotique sans équivalent depuis le cessez-le-feu de novembre 2024. Des messages automatisés, des tracts largués par drones et des alertes diffusées via les réseaux sociaux ont enjoint les résidents de la banlieue sud à quitter immédiatement leurs domiciles et à se diriger vers le nord du Litani. Les routes menant à Beyrouth et à Saïda ont été rapidement saturées, provoquant des embouteillages monstres et des scènes de panique filmées en direct par les chaînes locales. Des familles entières ont abandonné leurs biens, chargeant matelas, sacs et enfants sur des véhicules surchargés.
Dans les heures qui ont suivi, les frappes ont débuté. Des témoins cités par l’agence nationale d’information ont décrit des explosions successives d’une violence rare, touchant des immeubles résidentiels et des infrastructures attribuées au Hezbollah. À Ghobeiry, un bâtiment commercial a été entièrement détruit, tandis qu’à Haret Hreik des incendies ont ravagé plusieurs étages d’habitations. Les services de la défense civile libanaise ont travaillé toute la nuit pour dégager les décombres et porter secours aux victimes piégées. Des images diffusées par les médias officiels montrent des rues jonchées de gravats et des voitures calcinées sous un ciel éclairé par les lueurs des explosions.
Parallèlement, des frappes aériennes ont également visé plusieurs localités du sud du Liban, notamment Srifa, Aita al-Shaab, Touline, Alsawana et Majdal Selm. L’agence nationale d’information a rapporté des dommages matériels importants sur des routes et des habitations civiles dans ces villages frontaliers. Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie israélienne déclarée de « défense avancée » et de neutralisation des capacités du Hezbollah, selon les communiqués de Tsahal.
Le bilan humanitaire s’alourdit avec plus de 90 000 déplacés
Au matin du 6 mars, les organisations humanitaires de l’ONU et les autorités libanaises estiment à plus de 90 000 le nombre de personnes déplacées depuis le début de l’escalade. Ce chiffre, en constante augmentation, inclut les familles qui ont fui la banlieue sud de Beyrouth dans la nuit et celles qui avaient déjà quitté les villages du sud après les ordres d’évacuation précédents touchant plus de cinquante localités. Des écoles publiques ont été réquisitionnées en urgence pour servir de centres d’accueil à Tyr, Saïda et même dans la capitale. Le Programme alimentaire mondial et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ont activé des convois d’aide d’urgence, mais l’accès aux zones sinistrées reste extrêmement difficile en raison des frappes continues.
Le ministère de la Santé a insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat pour permettre l’évacuation des blessés et la distribution de médicaments. Des hôpitaux de campagne ont été installés dans le sud, mais les coupures d’électricité et les dommages aux réseaux d’eau compliquent les opérations de sauvetage. Des secouristes ont rapporté avoir extrait plusieurs corps des décombres à Haret Hreik dans la matinée du 6 mars.
La Finul observe des mouvements israéliens et des violations persistantes de la résolution 1701
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a maintenu ses patrouilles malgré les risques accrus. Dans ses derniers communiqués détaillés, transmis au Conseil de sécurité, la mission onusienne a confirmé avoir observé, au cours des dernières 48 heures, des mouvements et activités des forces israéliennes près des localités d’El Khiam, Beit Lif, Yaroun, Houla, Kfar Kila, Kherbeh et Kfar Shouba. Les Casques bleus ont également enregistré des tirs de roquettes et de missiles depuis le territoire libanais vers Israël, ainsi que des centaines d’incidents de tirs transfrontaliers et des violations aériennes répétées.
Dans un communiqué publié le 4 mars et actualisé au fil des événements, la Finul a exprimé sa « sérieuse préoccupation » face à ces développements. « Chaque incident constitue une violation grave de la résolution 1701 », ont rappelé les observateurs onusiens, qui restent en contact permanent avec les parties libanaise et israélienne via le mécanisme de liaison tripartite. La mission, dont le mandat expire fin 2026, a adapté ses opérations pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire tout en protégeant son personnel. Aucun blessé n’a été signalé parmi les Casques bleus dans la nuit du 5 au 6 mars, mais les patrouilles ont été limitées aux zones les moins exposées.
Le gouvernement libanais réaffirme le monopole étatique sur la force
Dès les premières heures de l’escalade, le Premier ministre Nawaf Salam a convoqué une réunion d’urgence du cabinet en présence du président Joseph Aoun. Le gouvernement a adopté une position ferme : « l’interdiction totale des activités militaires et sécuritaires du Hezbollah », limitant le rôle du mouvement à la sphère politique. « L’État rejette toute action militaire ou sécuritaire lancée depuis le territoire libanais et la décision de guerre et de paix appartient exclusivement à l’État », a déclaré M. Salam lors d’une conférence de presse retransmise en direct.
Le cabinet a ordonné à l’armée libanaise de prendre toutes les mesures nécessaires pour appliquer cette décision, notamment au nord du Litani. Des unités supplémentaires ont été déployées dans la nuit du 5 au 6 mars pour sécuriser les zones sensibles et accompagner les convois humanitaires. Le président Aoun a pour sa part souligné que ceux qui ont initié les tirs de roquettes portent « l’entière responsabilité » d’avoir fourni à Israël un prétexte pour frapper le Liban.
Le Hezbollah assume ses actions et promet de poursuivre la résistance
Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a pris la parole dans un discours diffusé le 4 mars et réitéré dans des déclarations ultérieures. Il a présenté les tirs de missiles du début de semaine comme une « réaction légitime » à l’agression et à l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei. « Nous ne nous rendrons pas », a-t-il affirmé, rejetant catégoriquement tout projet de désarmement imposé. Le mouvement a continué à revendiquer des tirs de roquettes et de drones vers le nord d’Israël au cours des derniers jours, bien que ces actions aient été qualifiées de symboliques par plusieurs analystes.
Les opérations au sol et les incursions israéliennes dans le sud
Outre les frappes aériennes, les observateurs de la Finul ont documenté la présence continue de troupes israéliennes dans plusieurs zones du sud du Liban. Depuis le 3 mars, des soldats ont été vus près de Markaba, Al Adeisse, Kfar Kela et Ramyah, avant de se repositionner partiellement. Au matin du 6 mars, des activités terrestres persistent dans les secteurs déjà mentionnés, avec des échanges sporadiques de tirs. L’armée israélienne justifie ces mouvements par la nécessité d’établir une « couche défensive supplémentaire » et de détruire les infrastructures restantes du Hezbollah.
L’impact sur les infrastructures et l’économie locale
Les bombardements de la nuit ont endommagé des routes essentielles, des ponts et des lignes électriques dans la banlieue sud et dans le sud du pays. À Beyrouth, plusieurs quartiers ont été plongés dans l’obscurité après la destruction de transformateurs. Les marchés de Tyr et de Nabatieh sont désertés, tandis que l’agriculture dans les zones frontalières est paralysée. Les autorités estiment que des semaines seront nécessaires pour rétablir les services de base dans les zones touchées.
Les organisations humanitaires internationales ont lancé un appel urgent à la communauté internationale pour financer les abris temporaires et les soins médicaux. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a indiqué que plus de 80 000 personnes se trouvent déjà dans des centres collectifs, avec un risque accru de maladies en raison de la promiscuité et du manque d’hygiène.
Les échanges de tirs se poursuivent au matin du 6 mars
Au lever du jour le 6 mars, la Finul continuait de rapporter des échanges isolés de tirs à travers la Ligne bleue. Des drones israéliens survolaient régulièrement les zones évacuées, tandis que l’armée libanaise maintenait ses positions renforcées au nord du Litani. Des convois de secours escortés par les forces de sécurité ont commencé à acheminer de l’eau et des vivres vers les centres d’accueil de Saïda et de Tyr. Les hôpitaux de Beyrouth ont reçu de nouveaux blessés transférés de la banlieue sud au cours de la nuit. Les autorités libanaises ont confirmé que l’application des mesures restrictives sur les activités militaires du Hezbollah était en cours dans plusieurs secteurs, avec des saisies d’armes rapportées dans la matinée. Des négociations indirectes se poursuivent via les canaux diplomatiques habituels pour tenter de contenir l’escalade, tandis que les observateurs de la Finul maintiennent leur présence sur le terrain et documentent chaque nouvelle violation pour le Conseil de sécurité. Les frappes aériennes de la nuit ont laissé des traces visibles de destructions dans les quartiers résidentiels de Dahiyeh, où les équipes de secours poursuivent leurs opérations de déblaiement sous un ciel encore chargé de fumée.



