Un drone israélien a ciblé lundi un véhicule dans la ville côtière de Saïda, au sud du Liban, provoquant la mort d’un haut responsable militaire du Hamas, Mohammad Shahine, selon plusieurs sources médiatiques. Cette attaque, la plus profonde en territoire libanais depuis le début du cessez-le-feu en novembre dernier, intervient alors que la date butoir du retrait des troupes israéliennes du sud du Liban est fixée à ce mardi 18 février.
Une frappe ciblée en pleine trêve
Lundi après-midi, un drone de l’armée israélienne a frappé un véhicule circulant sur l’autoroute côtière de Saïda, à proximité d’un point de contrôle de l’armée libanaise et du stade municipal de la ville. Les autorités libanaises ont confirmé qu’un corps calciné avait été retrouvé dans la voiture, sans préciser immédiatement l’identité de la victime.
Cependant, plusieurs médias israéliens et libanais ont affirmé que la cible était Mohammad Shahine, un haut responsable militaire du Hamas. Cette élimination ciblée intervient alors qu’un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis fin novembre entre Israël et le Hezbollah, mais que des frappes sporadiques continuent de secouer le sud du Liban.
Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent le véhicule en feu, entièrement détruit par l’explosion. La frappe, qui s’est produite à proximité d’installations militaires libanaises, met une nouvelle fois en lumière les tensions persistantes malgré l’accord de trêve.
Netanyahu valide l’attaque en pleine audience judiciaire
Fait notable, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aurait personnellement validé cette opération depuis son procès en cours à Jérusalem, selon des sources médiatiques israéliennes. Accusé de corruption et de fraude, Netanyahu a interrompu son audience pour approuver l’attaque, marquant ainsi l’importance stratégique de cette élimination pour son gouvernement.
Cette frappe s’inscrit dans une série d’attaques israéliennes visant des cibles qualifiées de militaires en territoire libanais, malgré la trêve conclue en novembre dernier. Israël justifie ces actions par la nécessité de neutraliser des dépôts d’armes et des infrastructures utilisées par des groupes armés, notamment le Hezbollah et ses alliés palestiniens.
Un cessez-le-feu sous tension avant le retrait prévu des troupes israéliennes
Israël et le Hezbollah ont accepté un cessez-le-feu fin novembre, après des semaines de bombardements intensifs. Cependant, Israël n’a jamais cessé ses frappes en territoire libanais, affirmant cibler des sites contenant des missiles et du matériel de combat.
L’attaque de Saïda intervient à la veille du retrait programmé des forces israéliennes du sud du Liban, initialement prévu fin janvier mais repoussé sous pression israélienne au 18 février. À ce jour, aucune garantie n’indique que le retrait sera bien effectif demain, laissant planer le doute sur une potentielle reprise des hostilités.
Conséquences et réactions attendues
L’assassinat de Mohammad Shahine risque de provoquer une escalade des tensions entre Israël et les factions armées opérant au Liban. Le Hamas n’a pas encore officiellement commenté l’élimination de son commandant, mais une riposte militaire n’est pas exclue.
De son côté, le gouvernement libanais dénonce régulièrement les violations israéliennes de l’espace aérien libanais et des accords de cessez-le-feu, accusant Israël d’attiser les tensions régionales.
Un risque de reprise des affrontements ?
L’avenir du cessez-le-feu semble désormais plus incertain que jamais. Si le retrait israélien n’a pas lieu demain comme prévu, le Hezbollah et ses alliés pourraient reprendre les hostilités, entraînant une nouvelle escalade militaire à la frontière sud du Liban.
Alors que la communauté internationale tente de stabiliser la situation, la frappe israélienne de lundi montre que la guerre de l’ombre entre Israël et les groupes armés opérant au Liban est loin d’être terminée.



