mercredi, janvier 14, 2026

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Israël menace de cibler l’État libanais en cas d’effondrement du cessez-le-feu

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Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré mardi que si le cessez-le-feu conclu la semaine dernière venait à s’effondrer, Israël adopterait une stratégie plus agressive et viserait directement l’État libanais. « Si nous revenons à la guerre, nous agirons avec une plus grande force, pénétrerons plus profondément et… il n’y aura plus d’immunité pour l’État du Liban », a-t-il affirmé lors d’une visite à la frontière nord d’Israël.

Jusqu’à présent, Israël avait opéré une distinction entre le Liban et le Hezbollah, concentrant ses frappes sur les infrastructures et les membres de l’organisation soutenue par l’Iran. Mais Katz a averti que cette distinction prendrait fin en cas de reprise des hostilités.

Tensions croissantes malgré le cessez-le-feu

Ces déclarations interviennent après une vague de frappes israéliennes qui ont tué près d’une douzaine de personnes. Ces actions faisaient suite à des tirs de deux projectiles par le Hezbollah en direction d’une zone occupée non peuplée, que le groupe a qualifiés de « mise en garde » contre les violations israéliennes.

Depuis l’entrée en vigueur de l’accord, Israël a mené plusieurs frappes en réponse à ce qu’il considère comme des violations du cessez-le-feu par le Hezbollah. Avant les projectiles tirés lundi par le Hezbollah, Israël avait effectué au moins quatre frappes aériennes et des tirs d’artillerie dans le sud du Liban, selon des sources locales. Une frappe de drone a tué un motocycliste, et une autre a causé la mort d’un caporal des services de sécurité libanais.

Les conditions de l’accord de cessez-le-feu

Le cessez-le-feu, négocié par les États-Unis et la France, prévoit une période de 60 jours pour qu’Israël retire ses troupes du Liban et que le Hezbollah relocalise ses infrastructures militaires au nord du fleuve Litani. Une zone tampon sera ensuite sécurisée par l’armée libanaise et des casques bleus de l’ONU. Jusqu’à présent, cependant, la mise en œuvre de ces dispositions est compromise par des accusations mutuelles de violations.

Le Liban affirme qu’Israël a violé le cessez-le-feu plus de 50 fois, incluant des frappes aériennes, des destructions d’habitations et des incursions aériennes au-dessus de la capitale Beyrouth. Israël, de son côté, soutient que ses frappes visent à répondre aux mouvements d’armes et d’infrastructures du Hezbollah au sud du Litani, ce qui constituerait une infraction majeure à l’accord.

Un changement stratégique possible

Lors de sa visite à la frontière nord, Katz a également averti que toute violation du cessez-le-feu serait accueillie par une réponse maximale, marquant une position de « tolérance zéro ». Il a souligné que si la guerre reprenait, Israël élargirait ses cibles au-delà des zones traditionnellement liées au Hezbollah et qu’il n’y aurait « plus d’exemption pour l’État du Liban ».

Pendant les 14 mois de conflit avec le Hezbollah, Israël avait évité de cibler directement les infrastructures vitales du Liban ou l’armée libanaise, qui était restée largement en retrait. Cependant, de nombreux civils et soldats libanais ont été tués ou blessés au cours des hostilités. La menace de Katz de frapper des cibles d’État marque un durcissement significatif dans la posture israélienne.

Conséquences régionales et internationales

Le durcissement de la position israélienne pourrait avoir des conséquences importantes pour la stabilité régionale. Une escalade qui impliquerait directement l’État libanais risquerait d’aggraver les tensions avec d’autres acteurs régionaux, notamment l’Iran, qui soutient le Hezbollah. La communauté internationale, et en particulier les médiateurs américains et français, pourrait également être mise sous pression pour intervenir rapidement et maintenir l’accord en place.

Du côté libanais, les accusations contre Israël s’intensifient, avec des responsables dénonçant les destructions et les incursions comme des violations flagrantes de la souveraineté du pays. Le Hezbollah, bien qu’ayant respecté le cessez-le-feu pendant plusieurs jours, a déclaré que ses tirs de lundi étaient une réponse aux actions israéliennes.

L’avenir du cessez-le-feu en question

La situation reste extrêmement fragile. Alors que les deux parties affirment publiquement leur engagement envers l’accord, les actions sur le terrain indiquent le contraire. Si Israël intensifie ses frappes et élargit ses cibles, cela pourrait entraîner une réponse accrue du Hezbollah, et les hostilités pourraient reprendre à grande échelle.

Le rôle des États-Unis, de la France et de l’ONU sera déterminant pour maintenir une communication entre les parties et éviter une nouvelle escalade. Mais le risque d’effondrement de l’accord demeure élevé, particulièrement dans un contexte de méfiance mutuelle et de violations répétées.

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Newsdesk Libnanews
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