mardi, février 3, 2026

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La cour militaire libanaise condamne le narcotrafiquant Noah Zaiter à un mois de prison pour chacune de ses quatre condamnations

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Dans un verdict rendu ce mardi 3 février 2026 par la cour militaire permanente de Beyrouth, le narcotrafiquant notoire Noah Zaiter, arrêté en novembre dernier dans la vallée de la Bekaa, a été condamné à un mois d’emprisonnement pour chacune des quatre infractions pour lesquelles il a été reconnu coupable. Cette décision, qui inclut également la confiscation d’armes de guerre, de munitions et d’appareils de communication saisis lors de son arrestation, marque un nouveau chapitre dans la lutte des autorités libanaises contre les réseaux criminels organisés. Zaiter, âgé d’une quarantaine d’années et originaire de la région de Baalbek, a été acquitté dans trois autres dossiers pour insuffisance de preuves et a bénéficié d’un non-lieu dans trente-trois affaires supplémentaires en raison de la prescription des poursuites. Ce jugement, issu d’une série de quarante dossiers sécuritaires accumulés au fil des ans, souligne les défis persistants du système judiciaire libanais face à des figures influentes impliquées dans le trafic de drogue et d’armes.

Le parcours tumultueux d’un baron de la Bekaa

Noah Zaiter, souvent désigné comme l’un des « barons de la drogue » les plus influents du Liban, a bâti son empire dans la vallée de la Bekaa, une région fertile mais gangrenée par les cultures illicites de cannabis et de pavot depuis des décennies. Né dans le village de Taalbaiya, Zaiter a commencé sa carrière criminelle modestement, avant de devenir une pièce maîtresse du trafic international de captagon, cette amphétamine synthétique produite en masse dans les zones frontalières libano-syriennes. Selon des rapports officiels des forces de sécurité libanaises, ses opérations s’étendaient bien au-delà des frontières nationales, impliquant des livraisons vers l’Europe, le Golfe et même l’Amérique latine. Les autorités estiment que ses réseaux généraient des millions de dollars annuels, alimentant non seulement l’économie souterraine mais aussi des liens présumés avec des milices armées.

Les activités de Zaiter ne se limitaient pas au narcotrafic. Des enquêtes menées par l’armée libanaise et des agences internationales ont révélé son implication dans le smuggling d’armes, notamment des fusils d’assaut, des lance-roquettes et des munitions provenant de Syrie. En 2023, le Département du Trésor américain l’avait sanctionné, le décrivant comme un « trafiquant de drogue et d’armes » étroitement lié à la Quatrième Division de l’armée syrienne, dirigée par Maher al-Assad, frère de l’ancien président syrien Bashar al-Assad. Ces sanctions soulignaient également ses connexions avec des figures haut placées au sein du Hezbollah, organisation qui contrôle de facto une partie de la Bekaa. Bien que Zaiter ait toujours nié toute protection politique, ses années d’évasion des autorités ont alimenté les soupçons d’une impunité facilitée par des alliances locales.

La Bekaa, berceau historique du narcotrafic libanais, reste un foyer de tensions. Les cultures de haschich y représentent une source de revenus vitale pour de nombreuses familles pauvres, mais elles attirent aussi des clans armés qui défient l’État central. Zaiter, issu d’un clan influent, incarnait cette dualité : un entrepreneur criminel capable de mobiliser des milices privées pour protéger ses laboratoires clandestins. Des raids antérieurs de l’armée libanaise, comme celui de 2024 qui avait conduit à la mort de son cousin Ali Zaiter dans une frappe de drone, illustraient déjà l’intensification des opérations contre ces réseaux. L’arrestation de Noah Zaiter en novembre 2025 s’inscrit dans cette dynamique, marquée par un renforcement des capacités sécuritaires libanaises suite au cessez-le-feu avec Israël en novembre 2024.

L’arrestation spectaculaire de novembre 2025

Le 20 novembre 2025, les forces armées libanaises ont mené une opération d’envergure près de Baalbek, aboutissant à la capture de Zaiter après des années de traque. Selon des sources militaires, l’intervention a impliqué des unités d’élite de l’intelligence de l’armée, soutenues par des hélicoptères et des drones de surveillance. Zaiter, qui se terrait dans une ferme fortifiée, a été appréhendé sans effusion de sang majeure, bien que des échanges de tirs aient été signalés avec ses gardes du corps. L’armée a saisi lors de cette descente un arsenal impressionnant : des armes automatiques, des explosifs, des appareils de communication cryptés et des quantités substantielles de captagon prêtes à l’exportation.

Cette arrestation a été saluée par le commandement de l’armée libanaise comme une victoire contre « l’un des hommes les plus dangereux et recherchés du pays ». Le gouverneur de Baalbek-Hermel, Bachir Khodr, a confirmé l’opération, soulignant son impact sur la stabilité régionale. Dans un communiqué, l’armée a indiqué que Zaiter faisait l’objet de dizaines de mandats d’arrêt pour trafic de drogue, possession illégale d’armes et association de malfaiteurs. Des sources sécuritaires ont rapporté à l’agence Reuters que cette capture intervenait dans un contexte de pression internationale, notamment américaine, pour démanteler les réseaux liés au Hezbollah et à la Syrie post-Assad.

Le timing de l’opération n’était pas anodin. Elle survenait quelques semaines après la chute du régime Assad en Syrie, qui avait perturbé les chaînes d’approvisionnement en produits chimiques nécessaires à la production de captagon. Zaiter, accusé d’avoir fourni un soutien logistique et financier au Hezbollah, représentait un maillon clé dans ces flux transfrontaliers. Des rapports israéliens, publiés dans la foulée, ont même suggéré que son arrestation contribuait à freiner la reconstitution des arsenaux du Hezbollah, affaibli par le conflit de 2024. Le ministre de la Défense libanais, en poste depuis la formation du gouvernement de Nawaf Salam en février 2025, a réaffirmé lors d’une conférence de presse que de telles opérations visaient à restaurer la souveraineté de l’État sur tout le territoire.

Le procès et le verdict du 3 février 2026

Le procès de Zaiter, entamé peu après son arrestation, a porté sur quarante dossiers accumulés depuis plus d’une décennie. La cour militaire permanente, présidée par un panel de juges spécialisés dans les affaires sécuritaires, a examiné des preuves allant de témoignages d’informateurs à des analyses de laboratoires sur les substances saisies. Dans quatre cas, Zaiter a été condamné pour possession d’armes de guerre et de munitions, ainsi que pour trafic d’équipements militaires illégaux. Chaque condamnation entraîne un mois de prison, avec confiscation des biens saisis, incluant des radios et des armes qui pourraient être liées à des activités paramilitaires.

Pour trois dossiers, la cour a prononcé l’acquittement faute de preuves suffisantes, invoquant des lacunes dans les chaînes de custody des évidences. Dans les trente-trois autres affaires, les poursuites ont été abandonnées en raison de la prescription, un mécanisme légal qui éteint l’action publique après un délai de trois ans pour les délits mineurs. Ce verdict, rendu en audience publique, reflète les contraintes du système judiciaire libanais, souvent critiqué pour sa lenteur et son influence politique. Des observateurs notent que la cour militaire, compétente pour les affaires impliquant des armes, traite annuellement des centaines de cas similaires, mais peine à condamner lourdement en raison de preuves fragmentaires.

Ce jugement intervient alors que le Liban fait face à une recrudescence de la criminalité organisée, exacerbée par la crise économique persistante depuis 2019. L’inflation galopante, estimée à plus de 100% en 2025 selon les rapports de la Banque mondiale, pousse de nombreux citoyens vers l’économie informelle, y compris le narcotrafic. Zaiter, avec son réseau estimé à des centaines de complices, symbolisait cette dérive. Des porte-parole de l’ONU, dans des déclarations récentes, ont appelé à un renforcement des institutions judiciaires libanaises pour contrer ces menaces, soulignant l’importance de la résolution 1701 pour stabiliser la frontière sud.

Lutte accrue contre le cybercrime et les réseaux d’extorsion

Parallèlement à l’affaire Zaiter, les forces de sécurité intérieures libanaises ont annoncé ce même 3 février 2026 le démantèlement d’une bande organisée spécialisée dans l’extorsion et les menaces via l’application WhatsApp. Selon un communiqué de la Direction générale des Forces de sécurité intérieure, cette opération fait suite à une plainte déposée via le service « Signalez », où une citoyenne rapportait être victime de chantage impliquant des photos et vidéos personnelles.

Les investigations, menées par le Bureau de lutte contre les crimes informatiques et la protection de la propriété intellectuelle au sein de l’unité de police judiciaire, ont permis d’identifier et d’arrêter trois suspects. Lors des perquisitions, des téléphones portables ont été saisis, révélant de multiples cas d’extorsion similaires. Les accusés ont avoué former une bande qui filmait discrètement des citoyens dans leurs véhicules ou sur les routes, ciblant particulièrement les personnes âgées et les jeunes femmes en situations compromettantes. Ils utilisaient ces images pour exiger des transferts d’argent, sous prétexte d’accidents fictifs ou de scandales publics.

Cette affaire met en lumière l’essor des crimes cybernétiques au Liban, où l’usage massif des réseaux sociaux et des applications de messagerie – WhatsApp compte plus de 80% de pénétration dans la population – facilite les abus. Les forces de sécurité ont appelé les victimes potentielles à se présenter au bureau concerné, situé boulevard du président Camille Chamoun, pour identification et poursuites. Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a déclaré que de telles opérations s’inscrivent dans une stratégie nationale de lutte contre la cybercriminalité, renforcée par des formations internationales en partenariat avec Interpol.

Les implications de ces extorsions vont au-delà des victimes individuelles. Elles contribuent à un climat d’insécurité qui érode la confiance publique, particulièrement dans un pays où la corruption et les fuites de données sont récurrentes. Des rapports de la Banque mondiale indiquent que le Liban perd annuellement des millions en raison de fraudes numériques, aggravant la crise financière. L’ONU, via son rapporteur spécial sur la vie privée, a récemment exhorté Beyrouth à adopter une législation plus stricte sur la protection des données, alignée sur les standards internationaux.

Avertissements sécuritaires face aux menaces extérieures

Dans un autre développement sécuritaire ce 3 février 2026, la Direction générale de la Sûreté générale a émis un avertissement public invitant les citoyens libanais à éviter de remplir des formulaires ou de fournir des informations personnelles sans vérification préalable de l’identité de l’entité demandeuse. Ce communiqué, diffusé via le bureau des affaires médiatiques, met en garde contre les risques de collecte et d’exploitation de données personnelles au profit de « l’ennemi israélien ».

Cette alerte s’inscrit dans le contexte des tensions persistantes à la frontière sud, où des violations du cessez-le-feu de novembre 2024 se multiplient. Selon des sources onusiennes, Israël a commis plus de 11 000 infractions depuis l’accord, incluant des survols de drones et des incursions terrestres. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a condamné récemment des largages aériens de substances chimiques non toxiques par l’armée israélienne près de la Ligne bleue, forçant l’annulation de patrouilles sécuritaires. Bien que l’IDF ait prévenu la FINUL, ces actions soulignent les risques d’espionnage et de cyberattaques.

La Sûreté générale, responsable de la sécurité intérieure et des frontières, craint que des entités fictives, potentiellement liées à des services de renseignement étrangers, n’utilisent des formulaires en ligne pour collecter des données sensibles : numéros de téléphone, adresses, affiliations familiales. Des cas récents en Syrie et en Irak montrent comment de telles informations servent à des opérations d’infiltration ou de recrutement. Un porte-parole du gouvernement libanais a rappelé que la résolution 1701 de l’ONU exige le désarmement des milices et le contrôle exclusif de l’État sur son territoire, mais les défis persistent face aux influences régionales.

Ces avertissements interviennent alors que le Liban navigue une phase de reconstruction post-conflit. Le cabinet a approuvé un plan de reconstruction le 31 janvier 2026, malgré les strikes israéliens persistants. Des manifestations locales, liant disputes internes à l’escalade sécuritaire, ont utilisé des images d’avis d’évacuation israéliens pour protester. L’armée libanaise continue ses opérations pour prévenir le réarmement du Hezbollah, comme l’indiquent des sources sécuritaires, tout en gérant les flux de réfugiés syriens qui compliquent la surveillance frontalière.

Les dynamiques régionales amplifient ces menaces. Avec la chute d’Assad, les routes de contrebande syro-libanaises sont perturbées, mais de nouveaux acteurs émergent. Des rapports israéliens affirment que des armes sont toujours smugglingées vers le Hezbollah, qui, selon son secrétaire général, a « bien récupéré » ses capacités. Le gouvernement libanais, sous pression américaine, s’efforce de démontrer son engagement contre ces réseaux, comme en témoigne l’arrestation de Zaiter. Des experts de l’ONU estiment que plus de 50% des incidents frontaliers impliquent des tentatives d’espionnage numérique, rendant ces avertissements cruciaux pour la préservation de la souveraineté.

Les implications immédiates des opérations sécuritaires

Les récentes actions des forces libanaises, du démantèlement de la bande d’extorsion à l’avertissement sur les données, illustrent une intensification des efforts pour contrer les menaces hybrides. Dans la Bekaa, où Zaiter opérait, l’armée a multiplié les raids, saisissant des tonnes de drogue en 2025. Ces opérations, soutenues par des équipements fournis par les États-Unis et la France, visent à combler les vides laissés par le conflit de 2024.

Sur le plan cyber, le Bureau de lutte contre les crimes informatiques traite plus de 1 000 plaintes annuelles, avec une hausse de 30% en 2025 due à la pandémie numérique post-crise. Les gangs comme celui arrêté exploitent la vulnérabilité des citoyens, souvent endettés et isolés. Des transferts via des applications comme Western Union ou des cryptomonnaies sont courants, rendant la traçabilité complexe.

Face à Israël, les avertissements de la Sûreté générale s’appuient sur des incidents concrets : des phishing campaigns ciblant des fonctionnaires libanais ont été détectés en janvier 2026. La FINUL, avec plus de 10 000 soldats dont des contingents irlandais et français, rapporte des interférences électroniques israéliennes perturbant les communications. Le 2 février, l’armée irlandaise a condamné un largage chimique, soulignant les risques pour les patrouilles conjointes.

Ces développements sécuritaires, ancrés dans les réalités du terrain, mettent en évidence les efforts libanais pour stabiliser un pays fragilisé par des décennies de conflits et de crises économiques. Les saisies d’armes chez Zaiter, les arrestations pour extorsion et les alertes sur l’espionnage reflètent une approche multidimensionnelle, où l’État tente de reprendre le contrôle face à des acteurs non étatiques et étrangers. Les implications immédiates incluent une vigilance accrue aux frontières, avec des checkpoints renforcés et des campagnes de sensibilisation publique pour prévenir les fuites de données.

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