Le 17 novembre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à une large majorité la résolution 2803, un texte rédigé par les États-Unis qui vise à consolider le cessez-le-feu à Gaza et à poser les bases d’une transition sécuritaire dans l’enclave palestinienne. Cette décision, intervenue dans un contexte de tensions persistantes au Proche-Orient, marque un tournant diplomatique pour l’administration Trump, qui a présenté ce projet comme un pas décisif vers la stabilité régionale. Avec 13 voix pour, aucune contre et deux abstentions – celles de la Chine et de la Russie –, la résolution autorise le déploiement d’une force internationale de stabilisation et instaure un mécanisme de gouvernance transitoire. Elle s’inscrit dans le sillage du plan de paix en 20 points dévoilé par le président américain Donald Trump en septembre 2025, lors d’une cérémonie à la Maison Blanche aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Cette adoption survient alors que le conflit entre Israël et le Hamas, entré dans sa troisième année, a laissé Gaza en ruines. Selon les rapports des agences onusiennes, plus de 45 000 Palestiniens ont été tués depuis octobre 2023, et l’enclave fait face à une crise humanitaire sans précédent, avec des infrastructures détruites à 70 % et une population de 2,3 millions d’habitants confrontée à la famine et aux maladies. Le cessez-le-feu fragile, négocié en octobre 2025 avec la médiation des États-Unis, du Qatar et de l’Égypte, a permis la libération de la plupart des otages israéliens en échange de prisonniers palestiniens, mais les accusations mutuelles de violations persistent. La résolution 2803 cherche à transformer ce cessez-le-feu en une paix durable, en imposant un cadre international pour la démilitarisation et la reconstruction.
Les négociations au sein du Conseil de sécurité ont été intenses. Des diplomates ont rapporté que la Russie avait initialement proposé un texte concurrent appelant à une réunification immédiate de Gaza et de la Cisjordanie sous l’autorité palestinienne, avec un accent plus fort sur la création d’un État palestinien. La Chine, quant à elle, a insisté pour atténuer les références au plan Trump, jugé trop favorable à Israël. Finalement, le soutien d’un bloc de pays arabes et musulmans – dont l’Égypte, la Jordanie, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Indonésie, la Turquie et le Pakistan – a permis de surmonter ces obstacles. Ces nations, impliquées dans les pourparlers de cessez-le-feu, ont vu dans la résolution un moyen de stabiliser la région et d’éviter une escalade impliquant le Hezbollah au Liban ou l’Iran.
Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué l’adoption comme « un pas important dans la consolidation du cessez-le-feu », soulignant que plus de neuf enfants sur dix à Gaza présentent des signes de comportement agressif liés à deux années de guerre. Le représentant américain au Conseil de sécurité a qualifié la résolution d’« historique et constructive », affirmant qu’elle représente « un pas significatif vers un Gaza stable et prospère, et un environnement propice à la paix ».
Les contours précis de la résolution 2803
La résolution 2803, longue de plusieurs pages, détaille un cadre opérationnel pour la post-guerre à Gaza. Au cœur du texte figure l’autorisation d’une Force internationale de stabilisation (FIS), un contingent temporaire chargé de restaurer l’ordre, de protéger les civils et de superviser la démilitarisation de l’enclave. Cette force, dont la composition reste à définir mais qui pourrait inclure des troupes de pays arabes et européens, opérera en coordination avec Israël et l’Égypte pour sécuriser les zones frontalières. Elle aura pour mandat de former une police palestinienne réformée, capable de maintenir la sécurité sans recours à des groupes armés comme le Hamas.
Le texte précise que le retrait des forces israéliennes de Gaza sera conditionné à des « normes, jalons et délais liés à la démilitarisation ». Cela implique une retrait progressif, échelonné sur des phases vérifiables, avec un périmètre de sécurité maintenu par Israël pendant la transition. La FIS aura également pour rôle de coordonner l’aide humanitaire, en s’assurant que les corridors d’accès restent ouverts et que les distributions atteignent les populations civiles sans détournement. Des estimations onusiennes indiquent que la reconstruction de Gaza pourrait coûter plus de 50 milliards de dollars, avec un fonds fiduciaire géré par la Banque mondiale pour canaliser les financements internationaux.
Un autre élément clé est la création d’un « Conseil de paix », une autorité transitoire présidée par Donald Trump lui-même, avec des membres incluant des figures internationales comme l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Ce conseil supervisera un comité de gouvernance technocratique palestinien, chargé des affaires quotidiennes jusqu’en 2027 au moins. Le mandat du conseil est large : il inclut la supervision des réformes de l’Autorité palestinienne (AP), la lutte contre la corruption, l’organisation d’élections démocratiques et la formation de forces de sécurité alignées sur les standards internationaux. Le texte insiste sur l’exclusion du Hamas de toute structure de gouvernance, exigeant son désarmement complet et la dissolution de ses infrastructures militaires.
Cette structure s’inspire directement du plan de paix en 20 points de Trump, dévoilé le 29 septembre 2025. Ce plan, présenté comme une « initiative Trump pour le développement », prévoit non seulement la stabilisation sécuritaire mais aussi un volet économique ambitieux : la création de zones industrielles, la modernisation des ports et des aéroports, et des investissements dans l’énergie et l’eau. Des partenaires comme l’Arabie saoudite et les Émirats ont déjà promis des fonds, conditionnés à la démilitarisation effective.
Les motivations de Trump derrière cette initiative
L’initiative de Donald Trump pour présenter cette résolution au Conseil de sécurité s’ancre dans une stratégie diplomatique plus large, visant à repositionner les États-Unis comme acteur central au Proche-Orient après des années d’isolement relatif à l’ONU. Élu en novembre 2024 et investi en janvier 2025, Trump a fait de la résolution du conflit israélo-palestinien une priorité de son second mandat, en rupture avec son premier terme marqué par les Accords d’Abraham et un soutien inconditionnel à Israël.
Selon des déclarations de l’administration américaine, la résolution vise à « ajouter une légitimité internationale » au plan Trump, en transformant un accord bilatéral – signé initialement par Israël et le Hamas sous médiation – en un cadre multilatéral. Trump a personnellement insisté sur son rôle de président du Conseil de paix, arguant que son expérience en négociation et ses relations avec les leaders arabes le rendent unique pour superviser la transition. Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche le 15 novembre 2025, il a déclaré : « Cette résolution va mener à une paix plus large au Moyen-Orient, et je suis fier d’en être le chef. »
Les motivations géopolitiques sont évidentes. En obtenant l’aval de l’ONU, les États-Unis cherchent à contrer l’influence de la Russie et de l’Iran dans la région, tout en renforçant les alliances avec les pays arabes sunnites. Le plan Trump s’aligne sur les intérêts israéliens en priorisant la sécurité, mais il intègre aussi des concessions aux Palestiniens pour gagner le soutien arabe. Des analystes notent que cette démarche permet à Trump de marquer un « succès diplomatique majeur », contrastant avec les échecs perçus de l’administration précédente sur ce dossier. De plus, elle répond à des pressions internes aux États-Unis, où des sondages récents montrent une fatigue de l’opinion publique face à l’aide militaire illimitée à Israël.
Le chemin vers un État palestinien : un cadre conditionnel
La résolution 2803 introduit un langage novateur sur la question palestinienne, en esquissant un « chemin crédible vers l’autodétermination palestinienne et une possible souveraineté ». Ce passage, ajouté lors des négociations pour apaiser les critiques européennes et arabes, marque une évolution par rapport aux textes précédents de l’ONU. Il prévoit que, après la stabilisation sécuritaire et les réformes de l’AP, Gaza pourrait être intégrée à une entité palestinienne unifiée avec la Cisjordanie, sous une gouvernance réformée.
Cependant, ce chemin est hautement conditionnel. Aucune échéance n’est fixée, et l’avancée dépend de « jalons » vérifiables : démilitarisation complète de Gaza, exclusion des groupes armés, réformes anti-corruption au sein de l’AP, et tenue d’élections libres. Le texte exclut explicitement le droit au retour des réfugiés palestiniens en Israël proprement dit et prévoit que tout futur État palestinien serait démilitarisé, avec des limitations sur sa souveraineté. Israël conserve un veto implicite sur les décisions clés pendant la transition, via sa coordination avec la FIS.
Des diplomates français et algériens ont poussé pour un langage plus fort sur l’État palestinien, inspirés de la Déclaration de New York adoptée par l’Assemblée générale en septembre 2025, qui appelait à une solution à deux États sur les lignes de 1967. Le compromis final référence cette déclaration, mais subordonne toute progression à la sécurité israélienne. Pour les partisans du plan, comme l’ambassadeur américain, cela crée un « environnement propice » à la paix, en liant l’État palestinien à des garanties contre le terrorisme.
Les rejets du Hamas et d’Israël : des positions inconciliables
Le Hamas a rejeté catégoriquement la résolution dès son adoption, la qualifiant de « mécanisme de tutelle internationale » imposé aux Palestiniens. Dans un communiqué publié le 17 novembre 2025, le mouvement islamiste a déclaré : « Cette résolution ne répond pas aux demandes politiques et humanitaires du peuple palestinien et favorise l’occupation israélienne. » Le Hamas refuse tout désarmement, arguant que ses armes sont nécessaires pour la défense contre Israël et d’éventuelles factions rivales à Gaza. Il voit dans la FIS une violation de la souveraineté palestinienne, comparant le déploiement à une nouvelle occupation étrangère.
Cette position s’aligne sur les critiques de factions palestiniennes plus larges, qui dénoncent l’exclusion du Hamas de la gouvernance et l’absence de garanties sur Jérusalem-Est ou les colonies en Cisjordanie. Des manifestations ont éclaté à Gaza et en Cisjordanie le soir du vote, avec des slogans contre « l’imposition américaine ». Des analystes estiment que ce rejet pourrait fragiliser le cessez-le-feu, le Hamas ayant déjà accusé Israël de violations mineures depuis octobre.
Du côté israélien, la réaction est plus nuancée mais ferme sur le fond. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réaffirmé le 17 novembre 2025 l’opposition d’Israël à un État palestinien, déclarant lors d’une réunion du cabinet : « Israël ne permettra pas la création d’un État terroriste à ses portes. » Bien que Jérusalem ait signé la première phase du plan Trump, incluant le cessez-le-feu et les échanges d’otages, le gouvernement israélien critique les références à la souveraineté palestinienne comme une concession inutile. L’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, a salué le mandat de démilitarisation, insistant sur le fait que « le Hamas doit être pleinement démilitarisé », mais a exprimé des réserves sur le chemin vers un État.
Cette opposition reflète les divisions internes en Israël, où la coalition de droite de Netanyahu rejette toute concession territoriale. Des ministres comme Itamar Ben-Gvir ont qualifié la résolution de « trahison », arguant qu’elle pourrait encourager les Palestiniens à exiger plus. Dans une déclaration prononcée le 18 novembre 2025 lors d’une visite à Hébron, en Cisjordanie, Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a intensifié ses critiques en menaçant directement Mahmoud Abbas et l’Autorité palestinienne. Il a affirmé que « si l’Autorité palestinienne continue de soutenir des éléments terroristes ou de contester la souveraineté israélienne sur les territoires, nous n’hésiterons pas à prendre des mesures pour démanteler ses structures, y compris en arrêtant Abbas lui-même s’il représente une menace pour la sécurité d’Israël ». Ces propos, relayés par le bureau du ministre, s’inscrivent dans une série de déclarations provocatrices de Ben-Gvir depuis le début de l’année, où il a plusieurs fois appelé à l’annexion de parties de la Cisjordanie et à une répression accrue contre les institutions palestiniennes. Malgré cela, Israël coopère avec la FIS pour la sécurité frontalière, voyant dans le déploiement un moyen de soulager ses forces armées.
Les implications immédiates pour la région
Au-delà des rejets, la résolution 2803 a des répercussions immédiates sur le terrain. Le déploiement de la FIS est prévu dans les semaines suivantes, avec des discussions en cours pour sa composition : l’Égypte et la Jordanie ont offert des troupes, tandis que des pays européens comme la France et l’Italie envisagent une participation logistique. Le Conseil de paix, sous la présidence de Trump, tiendra sa première réunion virtuelle le 20 novembre 2025, pour définir les priorités humanitaires.
À Gaza, l’aide commence à affluer via les corridors sécurisés, mais les défis persistent. Des rapports de l’ONU indiquent que 90 % des enfants montrent des signes de traumatisme, et les épidémies de maladies infectieuses menacent. En Cisjordanie, l’AP, dirigée par Mahmoud Abbas, a accueilli la résolution avec prudence, voyant dans les réformes une opportunité de renforcement, mais exigeant une réunification rapide avec Gaza.
Sur le plan régional, l’adoption renforce les alliances arabes avec les États-Unis. L’Arabie saoudite, qui a normalisé ses relations avec Israël en 2025 dans le cadre des Accords d’Abraham étendus, voit dans le plan une étape vers une paix globale. Cependant, l’Iran a condamné la résolution comme une « ingérence américaine », et le Hezbollah a menacé de ripostes si la FIS s’approche de la frontière libanaise.
Les débats au Conseil de sécurité ont révélé des fractures persistantes. La Russie, en s’abstenant, a critiqué le texte pour son manque de clarté sur la fin de l’occupation israélienne, tandis que la Chine a exprimé des préoccupations sur l’autorité excessive du Conseil de paix. Malgré ces abstentions, l’absence de veto marque un consensus rare sur un dossier aussi clivant.
Les développements récents, comme l’arrivée de convois humanitaires le 16 novembre 2025, illustrent les premiers effets de la résolution. Des ingénieurs égyptiens ont commencé à réparer les infrastructures frontalières, et des discussions sur la formation de la police palestinienne impliquent des experts qataris. Ces mesures, bien que modestes, visent à stabiliser une enclave où les destructions ont touché 80 % des habitations et des écoles.
Dans les jours suivant le vote, des rencontres bilatérales entre représentants américains et palestiniens ont eu lieu à New York, pour clarifier les modalités des réformes de l’AP. Abbas a insisté sur l’inclusion de toutes les factions palestiniennes, hormis les groupes extrémistes, dans le processus. Parallèlement, Israël a renforcé ses positions militaires autour de Gaza, arguant de menaces persistantes malgré le cessez-le-feu.
Ces évolutions soulignent les défis de mise en œuvre, avec des accusations croisées de non-respect des termes initiaux du cessez-le-feu.



