lundi, janvier 26, 2026

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Le Liban confronté à l’escalade des violations israéliennes : frappes aériennes persistantes, plaintes onusiennes et défis diplomatiques

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Le conflit entre Israël et le Liban, marqué par un fragile accord de cessation des hostilités signé en novembre 2024, continue de connaître une détérioration alarmante en ce début d’année 2026. Les autorités libanaises dénoncent une multiplication des incursions militaires israéliennes, qui contredisent ouvertement la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies et la déclaration de cessation des hostilités. Ces opérations, présentées par Israël comme des mesures préventives contre la reconstitution des capacités du Hezbollah, ont causé plus de 350 décès au Liban depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon les bilans établis par le ministère de la Santé. Du point de vue de Beyrouth, ces actes ne relèvent pas uniquement de la légitime défense, mais s’inscrivent dans une stratégie visant à affaiblir la souveraineté libanaise et à compromettre les mécanismes de stabilisation régionale. Les incidents les plus récents, incluant une série de frappes aériennes sur le sud et la Békaa, une plainte déposée auprès des Nations unies, ainsi que des consultations diplomatiques intenses, mettent en lumière la vulnérabilité persistante de cet accord et les obstacles rencontrés par l’armée libanaise dans l’application des engagements internationaux.

Une intensification des opérations militaires israéliennes

Au cours des dernières quarante-huit heures, les forces israéliennes ont accentué leurs interventions aériennes et terrestres sur le territoire libanais, affectant à la fois des zones civiles et des sites présumés militaires. Lundi matin, un drone israélien a pris pour cible un véhicule sur la route reliant Tyr à Hosh, dans le sud du Liban, provoquant des dégâts matériels et potentiellement des victimes, bien que les autorités locales n’aient pas encore communiqué de bilan précis. Cette attaque s’insère dans un ensemble plus vaste d’opérations : des tirs d’artillerie ont visé les environs de Marwahin, tandis que des drones ont largué des munitions près du parc de Maroun al-Ras et sur les hauteurs de Rab Thalathin. Dans la région de Bint Jbeil, des raids aériens ont frappé les secteurs entre Khirbet Selm et Kfardounin, entraînant la mort de deux personnes et blessant cinq autres, d’après les rapports du ministère de la Santé. Une autre frappe a touché Derdghaya, causant le décès d’un individu et plusieurs blessés.

Ces actions ne se cantonnent pas au sud du pays : dans la Békaa occidentale, des appareils de guerre israéliens ont bombardé Al-Shaara, et des rafales de mitrailleuses ont été signalées depuis un nouveau poste militaire israélien établi dans la vallée de Hounin, visant les abords de Houla et Markaba. Plus tôt, des forces israéliennes ont ouvert le feu sur des agriculteurs près de Yaroun, endommageant un véhicule sans faire de blessés, et ont lancé des grenades assourdissantes sur une usine de marbre à Markaba, à proximité d’un poste de l’armée libanaise à Adaissé. Un drone abattu a été retrouvé à Kfar Kila, témoignant de l’activité aérienne ininterrompue des forces israéliennes. Ces incidents, répertoriés par l’agence nationale d’information, comprennent également des tirs d’intimidation sur des bergers près d’Al-Wazzani et des bombes sonores larguées sur Dhaira et Aita al-Shaab.

Du côté libanais, ces violations sont interprétées comme une campagne d’intimidation systématique destinée à perturber la vie quotidienne des populations frontalières. Les agriculteurs et les éleveurs, déjà impactés par les déplacements massifs survenus en 2024, font face à des risques accrus, avec des équipements détruits et des terres rendues impraticables. L’armée libanaise, déployée dans ces zones en vertu de la résolution 1701, a signalé des incursions terrestres, telles que le franchissement de la frontière par un char Merkava israélien près de Misgav Am, en face d’un nouveau poste libanais à Khallet al-Mahafer. Ces actes, qui transgressent la ligne bleue définie par l’ONU, accentuent les craintes d’une escalade plus ample, d’autant qu’Israël maintient son occupation de cinq points stratégiques au sud du Liban, des collines offrant une domination visuelle sur la région.

La plainte libanaise auprès des Nations unies : un recours à l’arbitrage international

En réaction à cette recrudescence d’agressions, le ministère libanais des Affaires étrangères a soumis, lundi, une plainte formelle au Conseil de sécurité et au secrétaire général des Nations unies. Cette initiative, transmise par la mission permanente du Liban à New York, dénonce les « violations continues de la souveraineté libanaise par Israël au cours des derniers mois ». Le document, qui réclame d’être diffusé comme pièce officielle du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale, souligne que ces actes représentent une atteinte flagrante à l’intégrité territoriale du Liban et un défi direct aux obligations israéliennes découlant de la résolution 1701 de 2006 et de la déclaration de cessation des hostilités du 26 novembre 2024.

Dans cette lettre, le Liban presse le Conseil de sécurité de contraindre Israël à respecter les dispositions de la résolution 1701, notamment par un retrait immédiat de ses forces des cinq points occupés, l’arrêt des violations répétées, la libération des prisonniers libanais détenus, et la fin des menaces contre l’intégrité territoriale et l’indépendance politique du pays. Le texte réaffirme l’engagement du gouvernement libanais à avancer dans la mise en œuvre de la résolution 1701 et de la déclaration de cessation des hostilités, tout en exprimant la disponibilité de Beyrouth à engager des négociations avec Israël pour mettre un terme à l’occupation et aux attaques, dans le cadre de l’accord d’armistice de 1949 et de l’Initiative de paix arabe de 2002.

Cette démarche diplomatique fait suite à une réunion, lundi, entre le président Joseph Aoun et le ministre des Affaires étrangères Youssef Rajji au palais de Baabda. Les échanges ont porté sur les évolutions dans le sud du Liban, en prenant en compte les attaques israéliennes en cours et les moyens de les contrer. Ancien commandant en chef de l’armée, le président Aoun apporte une expertise militaire à ces discussions, insistant sur la nécessité d’une coordination étroite entre les institutions pour préserver la stabilité. Parallèlement, le ministre Rajji a rencontré l’ambassadrice de France, abordant les développements au sud et une conférence de soutien à l’armée libanaise, ce qui illustre les liens bilatéraux dans la gestion de la crise.

Les accusations portées contre Israël : une tentative de sabotage du mécanisme de surveillance

Le président du Parlement, Nabih Berri, a accusé Israël de chercher à torpiller le comité de surveillance du cessez-le-feu dès sa création. Dans des déclarations publiées lundi dans al-Joumhouria, Berri a affirmé que l’État hébreu tente de « faire exploser » le mécanisme « dès le premier jour », malgré sa « performance médiocre » et son « échec à remplir son rôle ». « Notre position est claire : nous sommes engagés dans l’accord de cessation des hostilités et nous voulons ce comité de surveillance. Il est dans l’intérêt du Liban de l’avoir, car sa mission est d’appliquer le cessez-le-feu, d’empêcher les violations et les attaques », a-t-il déclaré. Berri, figure éminente de la scène politique libanaise et allié du Hezbollah, met en évidence les dysfonctionnements du comité, composé de représentants libanais, israéliens, américains, français et onusiens, qui peine à imposer un retrait israélien et à superviser efficacement les frontières.

Simon Karam, chef de la délégation libanaise au comité, a révélé que l’armée libanaise procède seule au démantèlement des infrastructures militaires du Hezbollah au sud du Liban, sans concours de ce dernier. « Le Hezbollah n’a fourni aucune information sur ses armes et installations à l’armée, et l’armée travaille seule dans le sud », a-t-il indiqué lors d’un entretien à la chaîne al-Hadath. L’armée a achevé la première phase de son plan, couvrant la zone au sud du Litani, et se prépare à la seconde, entre le Litani et l’Awali. Le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé que le Liban « ne reculera pas » devant cette phase, malgré les critiques israéliennes estimant les efforts insuffisants. Karam a insisté sur l’urgence de convoquer le comité, en priorisant le retour sécurisé des déplacés du sud dans leurs villages.

Les initiatives diplomatiques internationales : vers une paix stable ?

Les États-Unis maintiennent leur implication en faveur d’une résolution pacifique, avec les ambassades à Beyrouth et en Israël affirmant leur soutien à une « paix durable et effective par la diplomatie et le dialogue ». Un message publié sur X lundi indique que ces ambassades, accueillies par leur homologue en Jordanie ce week-end, ont discuté des étapes nécessaires pour une région plus pacifique et prospère. Cette démarche s’aligne sur les premières discussions directes entre civils libanais et israéliens en décembre 2025, dans le cadre du mécanisme de surveillance. Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié ces échanges d’étape vers des relations, incluant une coopération économique, tandis que Netanyahu appelle le Liban à rejoindre les Accords d’Abraham.

Du côté libanais, le gouvernement exprime sa disposition à des négociations, mais conditionne tout progrès au respect des accords existants. Parallèlement, une visite officielle du ministre d’État qatari des Affaires étrangères à Beyrouth lundi a donné lieu à des rencontres avec Berri et Aoun, centrées sur le soutien régional. Ces échanges mettent en relief le rôle du Qatar dans la médiation, aux côtés de la France et des États-Unis, pour renforcer l’armée libanaise et faciliter le désarmement.

Le rôle du Hezbollah et les dynamiques internes

Le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naim Qassem, a appelé le Liban à agir pour la libération des prisonniers détenus en Israël, affirmant que « le Hezbollah ne les abandonnera pas ». « La libération des prisonniers fait partie intégrante de la souveraineté et de la libération, et aucune situation ne peut être stable sans libérer tous les détenus et révéler le sort des disparus », a-t-il déclaré. Qassem a décrit Israël comme « dépourvu d’humanité, soutenu par la tyrannie américaine et un Occident injuste ». Ces propos interviennent alors que le Hezbollah organise des rassemblements en soutien à l’Iran, soulignant les alliances régionales.

Au sein du mouvement Amal, le chef adjoint du bureau politique, cheikh Hasan al-Masri, a exprimé une solidarité avec l’Iran, soutenant ses positions aux côtés des opprimés. Le vice-président du Conseil islamique chiite supérieur, cheikh Ali al-Khatib, a noté que les États-Unis n’ont pas pu soumettre l’Iran sous la direction de l’imam Khamenei. Le chef du Parti social nationaliste syrien, Rabih Banat, a rejeté toute agression contre l’Iran, craignant qu’elle n’allume des guerres au profit d’Israël.

Les conséquences sécuritaires pour les communautés frontalières

Les violations persistantes ont des répercussions directes sur les populations locales. Dans le sud, des milliers de familles demeurent déplacées, avec des économies paralysées par les restrictions de mouvement. Les frappes sur des zones agricoles comme Yaroun et Al-Wazzani menacent les récoltes, aggravant la vulnérabilité alimentaire. L’armée libanaise, en coordination avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban, documente chaque incident, renforçant les patrouilles pour sécuriser les zones. Les cinq points occupés par Israël restent un foyer de tension, facilitant les incursions.

Dans la Békaa, les bombardements sur Al-Shaara et Derdghaya ont endommagé des infrastructures, blessant des civils. Le ministère des Affaires sociales, au sein du cabinet Salam, coordonne l’aide aux déplacés, tandis que le ministère de la Santé gère les besoins médicaux croissants. Ces efforts internes, appuyés par des partenaires internationaux, visent à atténuer les impacts humanitaires.

Les tensions régionales élargies

Les frappes israéliennes s’étendent aux frontières syro-libanaises, avec des attaques sur quatre postes-frontières la semaine dernière, justifiées par Israël comme ciblant des routes utilisées par des groupes soutenus par l’Iran. Ces actions, rapportées par des sources libanaises, soulignent l’interconnexion des conflits régionaux. Le Liban, par sa plainte onusienne, cherche à internationaliser la question, appelant à une cessation des menaces contre son indépendance.

Les survols de drones et les tirs sporadiques se poursuivent, avec des rapports d’activité accrue près de Tebna, Tafahata et Al-Marwaniyah. L’armée libanaise reste en état d’alerte, collectant des preuves pour les instances internationales, tandis que les dirigeants libanais unissent leurs voix pour défendre la souveraineté face à ces pressions persistantes.

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