jeudi, février 19, 2026

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Le Qatar injecte 400 millions de dollars dans le secteur électrique libanais pour atténuer la crise énergétique

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Au terme des discussions bilatérales tenues à la Serail, le ministre d’État qatari Mohammed bin Abdulaziz Al-Khalifi a détaillé, lors d’une conférence de presse conjointe avec le vice-premier ministre libanais Tarek Mitri, une série de mesures concrètes destinées à soutenir l’économie libanaise. Parmi celles-ci, une attention particulière a été portée au secteur de l’électricité, pilier essentiel mais défaillant de l’infrastructure nationale. « Dans le domaine de l’autonomisation économique, le Qatar offre une subvention de 40 millions de dollars américains pour le secteur de l’électricité, complétée par un projet économique de 360 millions de dollars benefiting environ un million et demi d’abonnés dans la plupart des régions libanaises », a déclaré le ministre Al-Khalifi. Cette annonce, faite en coordination avec le Fonds qatari pour le développement et les autorités libanaises, vise à pallier les coupures chroniques qui paralysent l’activité productive et augmentent les coûts pour les ménages et les entreprises. Le vice-premier ministre Mitri a salué cette initiative comme « le début d’un soutien plus large », rappelant que le Qatar a historiquement contribué à la reconstruction libanaise, notamment après la guerre de 2006.

Une injection vitale dans un secteur en faillite

Cette aide de 400 millions de dollars au secteur électrique représente un ballon d’oxygène pour une économie libanaise qui, en janvier 2026, continue de lutter contre les séquelles d’une crise entamée en 2019. Selon les dernières estimations du ministère des Finances libanais, les pertes cumulées d’Électricité du Liban (EDL), l’entreprise publique en charge de la production et de la distribution, s’élèvent à environ 40 milliards de dollars sur les trois dernières décennies, dues à une combinaison de subventions non viables sur les carburants, de corruption endémique et d’une infrastructure obsolète. En 2025, EDL n’a fourni en moyenne que 4 à 6 heures d’électricité par jour dans les zones urbaines, forçant les ménages à recourir à des générateurs privés dont le coût mensuel peut atteindre 500 dollars pour une famille moyenne, soit près de la moitié du salaire minimum ajusté à 800 dollars en décembre 2025.

Les 40 millions de dollars alloués sous forme de subvention directe permettront, d’après les déclarations officielles du ministère de l’Énergie et de l’Eau, de financer l’achat immédiat de fuel pour les centrales thermiques, notamment celles de Zahrani et Deir Ammar, qui opèrent à moins de 30 % de leur capacité nominale. Le projet complémentaire de 360 millions de dollars, quant à lui, cible des investissements structurants : modernisation des réseaux de distribution pour réduire les pertes techniques estimées à 15 % de la production, et intégration de sources renouvelables comme des panneaux solaires dans les régions rurales du Bekaa et du Nord. Ces mesures s’inscrivent dans le Plan de récupération du secteur électrique adopté par le Conseil des ministres en juillet 2025, qui prévoit une augmentation progressive de la tarification pour couvrir les coûts réels, tout en protégeant les foyers vulnérables via un système de vouchers subventionnés.

Impact macroéconomique attendu sur une croissance fragile

Dans un contexte où le produit intérieur brut (PIB) libanais a chuté de plus de 60 % depuis 2019, passant de 55 milliards de dollars à environ 20 milliards en 2025 selon les données révisées de la Banque mondiale, cette aide qatarie pourrait stimuler une croissance modeste. Le rapport semestriel de la Banque mondiale sur l’économie libanaise, publié en juin 2025, a révisé à la baisse les prévisions de croissance pour l’année à 3,5 %, contre 4,7 % initialement anticipés, en raison des tensions sécuritaires persistantes au sud et d’une inflation résiduelle à deux chiffres. L’inflation annuelle, qui a culminé à 221 % en 2023, s’est stabilisée autour de 50 % en 2025 grâce à la dévaluation contrôlée de la livre libanaise, fixée à 89 700 livres pour un dollar au taux officiel en janvier 2026, contre un taux parallèle oscillant entre 90 000 et 95 000 livres.

Les experts du Fonds monétaire international (FMI), lors de leur mission d’évaluation en novembre 2025, ont insisté sur le fait que la résolution de la crise énergétique est un prérequis à toute relance durable. « Sans électricité fiable, les secteurs manufacturier et touristique, qui représentent respectivement 10 % et 15 % du PIB, ne peuvent opérer à pleine capacité », a déclaré un porte-parole du FMI dans un communiqué officiel. L’aide qatarie, en couvrant environ 1,5 million d’abonnés – soit près d’un tiers de la population connectée au réseau – pourrait réduire les coûts opérationnels des entreprises de 20 à 30 %, selon une étude du ministère de l’Économie libanais datée d’octobre 2025. Par exemple, dans l’industrie agroalimentaire du Nord, où les coupures forcent les usines à des arrêts imprévus, cette stabilité énergétique pourrait préserver 50 000 emplois directs, d’après les chiffres de la Chambre de commerce de Tripoli.

Au-delà de l’électricité, l’annonce qatarie inclut des volets éducatifs et sanitaires qui renforcent l’aspect économique de l’aide. Les 185 bourses d’études sur trois ans, destinées aux jeunes Libanais, visent à former une main-d’œuvre qualifiée dans des domaines comme l’ingénierie et les technologies renouvelables, alignés sur les besoins du secteur énergétique. De même, la reconstruction de l’hôpital de la Quarantaine, endommagé par l’explosion du port de Beyrouth en 2020, pour un montant non précisé mais intégré à la hache qatarie, permettra de relancer les services de santé publique, réduisant les dépenses privées qui pèsent sur les ménages à hauteur de 15 % de leurs revenus moyens en 2025.

Le retour des réfugiés syriens comme levier économique

Un aspect clé de l’aide qatarie, évalué à 20 millions de dollars pour sa phase initiale, concerne le soutien au retour volontaire et sécurisé de 100 000 réfugiés syriens. Le Liban accueille encore environ 1,2 million de Syriens en janvier 2026, selon les données actualisées du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), imposant un fardeau économique estimé à 2 milliards de dollars annuels en termes de services publics et de concurrence sur le marché du travail informel. Le projet qatari, en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), inclut la fourniture de logements temporaires, de nourriture et de médicaments pour trois mois post-retour, facilitant ainsi une réduction progressive de cette charge.

Économiquement, ce rapatriement pourrait libérer des ressources pour l’État libanais, dont le budget 2025-2026, approuvé en décembre 2025 par le Parlement, alloue déjà 1,5 milliard de dollars à l’assistance aux réfugiés, soit 10 % des dépenses totales. Le ministre des Affaires sociales, dans une déclaration officielle en septembre 2025, a indiqué que le retour de 100 000 personnes pourrait générer des économies de 200 millions de dollars par an, réaffectables à des investissements productifs comme l’agriculture dans la plaine du Bekaa, où les réfugiés occupent souvent des emplois à bas salaire. De plus, cette initiative s’aligne sur les discussions trilatérales Liban-Syrie-Qatar, initiées en avril 2025, pour coordonner les transferts frontaliers sans perturber les chaînes d’approvisionnement régionales.

Historique des engagements qataris dans l’économie libanaise

Cette aide de janvier 2026 n’est pas isolée mais s’inscrit dans une série d’interventions qataries depuis la formation du gouvernement Nawaf Salam en février 2025. En mai 2025, Doha a octroyé un grant financier à l’armée libanaise pour soutenir les salaires de ses 80 000 personnels, amid une crise de liquidités qui avait réduit les soldes à moins de 100 dollars mensuels. Ce soutien, renouvelé en avril 2025 pour 60 millions de dollars, a permis de maintenir la cohésion des forces armées, essentielles à la stabilité économique en protégeant les infrastructures contre les sabotages et les trafics illicites.

En juin 2025, le Fonds qatari pour le développement a signé un accord de 20 millions de dollars avec l’UNRWA pour soutenir les réfugiés palestiniens au Liban, indirectement allégeant la pression sur les services sociaux libanais. Par ailleurs, en août 2025, des annonces conjointes avec l’Arabie saoudite ont évoqué des investissements dans une zone économique spéciale au sud du Liban, potentiellement de plusieurs centaines de millions, conditionnés à la désarmement des milices et à la mise en œuvre de la résolution 1701 de l’ONU. Bien que freinés par un veto américain rapporté en octobre 2025, ces projets soulignent le rôle du Qatar comme investisseur stratégique, avec des participations dans l’exploration gazière offshore via un consortium qatari-franco-italien, lancé en 2023 et accéléré en 2025 avec des forages dans le bloc 9.

Les implications budgétaires pour un Liban endetté

Avec une dette publique dépassant 100 milliards de dollars en janvier 2026, soit plus de 500 % du PIB selon les ajustements du ministère des Finances, le Liban dépend de plus en plus des aides extérieures pour combler un déficit budgétaire chronique de 10 % du PIB. Le budget 2026, soumis au Parlement en novembre 2025, prévoit des recettes fiscales en hausse de 15 % grâce à une réforme de la TVA portée à 15 % sur les biens non essentiels, mais les dépenses énergétiques absorbent encore 20 % des allocations, principalement pour importer du fuel irakien via des accords de troc. L’aide qatarie, en réduisant cette dépendance, pourrait libérer 100 millions de dollars pour le service de la dette, facilitant les négociations avec le FMI pour un programme de 3 milliards de dollars bloqué depuis 2022.

Les analystes de la Banque centrale du Liban, dans leur rapport trimestriel de décembre 2025, estiment que des investissements comme ceux du Qatar pourraient booster les exportations de 10 % en 2026, particulièrement dans les secteurs agro-industriel et pharmaceutique, qui souffrent de coûts énergétiques élevés. Cependant, des défis persistent : la restructuration bancaire, essentielle pour relancer le crédit aux entreprises, reste en suspens, avec des dépôts gelés depuis 2019 représentant 80 milliards de dollars de pertes pour les épargnants.

Coordination régionale et perspectives immédiates

Le rôle du Qatar dans le groupe des cinq nations (États-Unis, France, Arabie saoudite, Égypte et Qatar) renforce cette aide économique, avec des discussions en janvier 2026 axées sur l’intégration du Liban dans les chaînes d’approvisionnement régionales. Les investissements en énergie solaire, mentionnés par Al-Khalifi, visent à produire 500 mégawatts supplémentaires d’ici fin 2026, en partenariat avec des firmes qataries comme Qatar Energy, couvrant 10 % des besoins nationaux estimés à 3 500 mégawatts. Ces projets, coordonnés avec le ministère de l’Énergie, incluent des appels d’offres lancés en octobre 2025 pour des fermes solaires dans l’Akkar, où les taux d’ensoleillement atteignent 300 jours par an.

Sur le terrain, l’implémentation débute avec la livraison de 50 millions de litres de fuel qatari en février 2026, selon les protocoles signés à la Serail, permettant une augmentation immédiate de 2 heures d’électricité quotidienne dans Beyrouth et Tripoli. Le Fonds qatari supervise les décaissements via des audits trimestriels, assurant une transparence accrue dans un secteur marqué par des scandales de corruption, comme l’affaire des barges turques en 2020. Ces mesures factuelles, ancrées dans les besoins immédiats, illustrent les dynamiques d’une coopération bilatérale qui s’étend aux domaines de la santé et de l’éducation, avec des impacts directs sur la productivité des 4 millions de Libanais actifs.

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