lundi, février 23, 2026

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Le ministre libanais des Affaires étrangères Youssef Raji se rend à Genève pour la 61e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU

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Le ministre libanais des Affaires étrangères et des Expatriés, Youssef Raji, a quitté Beyrouth ce lundi 23 février 2026 pour se rendre à Genève, où il participera aux travaux de la 61e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Cette session, qui s’ouvre ce même jour et se poursuivra jusqu’au 31 mars, réunit un niveau de représentation élevé, incluant de nombreux ministres des Affaires étrangères et chefs de délégations internationales. Selon le communiqué du ministère libanais des Affaires étrangères, cette participation revêt une importance particulière, marquant le retour du Liban à un niveau ministériel dans ce forum onusien pour la première fois depuis 2015. Elle illustre l’orientation claire du Liban vers une reprise de son rôle diplomatique actif sur la scène internationale, en utilisant les plateformes onusiennes pour promouvoir ses intérêts nationaux.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte où le Liban, confronté à des crises accumulées depuis plusieurs années, cherche à renforcer son positionnement global. Le gouvernement libanais, formé en février 2025 sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam, a placé la diplomatie au cœur de ses priorités, avec Youssef Raji, ancien ambassadeur en Jordanie, à la tête du ministère des Affaires étrangères. Ce déplacement à Genève intervient alors que le pays continue de gérer les séquelles d’un conflit avec Israël qui a pris fin par un cessez-le-feu en novembre 2024, tout en affrontant les défis posés par la présence de réfugiés syriens et les tensions régionales persistantes.

Un retour diplomatique marquant pour le Liban

La participation de Youssef Raji à la 61e session du Conseil des droits de l’homme représente un jalon significatif dans les efforts du Liban pour réaffirmer sa présence sur la scène internationale. Depuis 2015, date de la dernière représentation ministérielle libanaise dans ce cadre, le pays a traversé une période de turbulence politique et économique qui a limité son engagement actif dans les instances multilatérales. Le communiqué du ministère souligne que ce retour reflète une volonté affirmée de Beyrouth de mobiliser les forums onusiens au service de ses causes nationales.

Lors de son intervention prévue mardi 24 février, le ministre Raji prononcera le discours officiel du Liban devant le Conseil. Cette allocution portera sur les positions et orientations du pays en matière de droits de l’homme. Parallèlement, une série de rencontres bilatérales est programmée avec des chefs de délégations et des représentants d’organisations internationales. Ces échanges visent à transmettre les messages politiques libanais via le prisme des droits humains, en exploitant le rassemblement international à Genève.

Le contexte de cette participation est d’autant plus crucial que le Liban émerge d’une phase de vacance présidentielle prolongée, résolue par l’élection du président Michel Aoun en janvier 2025. Le nouveau cabinet, composé de 24 ministres, inclut des figures issues de divers courants politiques, dont quatre nommés par les Forces libanaises, opposées au Hezbollah. Youssef Raji, en tant que ministre des Affaires étrangères, incarne cette volonté de diversification, avec un portefeuille qui intègre également les questions des expatriés libanais, une communauté estimée à plusieurs millions de personnes à travers le monde.

L’agenda chargé de la 61e session

La 61e session du Conseil des droits de l’homme, qui se tient au Palais des Nations à Genève, aborde un large éventail de thématiques globales. Selon le programme officiel publié par l’Office des Nations unies aux droits de l’homme, la session débute par un segment de haut niveau du 23 au 25 février, avec des interventions du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, de la présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, et du haut-commissaire aux droits de l’homme.

Parmi les points clés à l’ordre du jour figurent des débats sur l’intégration des droits humains dans les politiques internationales, avec un panel annuel de haut niveau sur le rôle des technologies numériques émergentes dans la prévention et l’élimination des mutilations génitales féminines. D’autres discussions porteront sur le Programme d’action de Durban contre le racisme, les droits humains et la culture de paix, le développement durable et les droits de l’homme, les droits des personnes handicapées, ainsi que les droits de l’enfant.

Le Conseil examinera également des rapports spécifiques sur des situations pays, incluant l’Afghanistan, le Soudan, et d’autres régions marquées par des conflits. Des rapporteurs spéciaux présenteront leurs travaux, comme celui sur la torture et les traitements inhumains, avec un focus sur les droits des victimes et survivants, ou encore sur la liberté de religion ou de conviction, explorant les liens avec la mort et l’honneur des défunts. Des dialogues interactifs suivront ces présentations, offrant aux États membres l’occasion d’intervenir.

Pour le Liban, cette session représente une opportunité de mettre en lumière ses préoccupations régionales, notamment dans le cadre des débats sur les droits humains en contexte de crises prolongées. Le calendrier prévoit également la nomination de 17 titulaires de mandats de procédures spéciales, renforçant les mécanismes de surveillance onusiens.

Les défis des droits de l’homme au Liban

Malgré les engagements affirmés, le Liban fait face à des défis majeurs en matière de droits de l’homme, exacerbés par des crises économiques et sécuritaires. Le rapport mondial 2026 de Human Rights Watch met en évidence les impacts persistants des frappes israéliennes quasi quotidiennes en 2025, qui ont causé plus de 330 décès selon le ministère libanais de la Santé, dont au moins 127 civils. Ces opérations, souvent justifiées par Israël comme ciblant des positions du Hezbollah, ont entraîné des destructions d’infrastructures et des déplacements de populations.

Le Bureau des Nations unies aux droits de l’homme a vérifié 108 victimes civiles au Liban depuis l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, incluant 71 hommes, 21 femmes et 16 enfants. Des experts onusiens ont exprimé leur préoccupation quant à l’impact dévastateur de ces attaques sur les civils, appelant à des enquêtes indépendantes et au respect du droit international humanitaire.

Sur le plan interne, la crise économique, qui a vu le PIB chuter de 40 % par rapport aux niveaux de 2019, a plongé près de trois quarts de la population dans une pauvreté multidimensionnelle, selon la Banque mondiale. Cela inclut des lacunes en accès à l’électricité, aux soins de santé et à l’éducation. Le taux de pauvreté monétaire est passé de 25 % en 2019 à 44 % en 2022, avec une profondeur du fossé de pauvreté qui a plus que triplé.

La question des réfugiés syriens au cœur des préoccupations

La présence de réfugiés syriens reste un enjeu central pour le Liban, qui accueille environ 1,3 million de Syriens selon les estimations de mi-2025. Le renversement du régime Assad en décembre 2024 a provoqué un flux bidirectionnel : près de 100 000 Syriens ont fui vers le Liban, principalement vers le nord et le nord-est, tandis que plus de 200 000 ont spontanément regagné la Syrie d’ici août 2025, dont 4 400 via un programme de rapatriement volontaire facilité par le HCR.

Selon le HCR, plus de 238 000 Syriens au Liban ont vu leur enregistrement inactivé en raison de retours vérifiés ou présumés vers la Syrie. Bien que 80 % des réfugiés syriens expriment l’intention de rentrer un jour, seuls 18 % prévoient de le faire dans l’année à venir, citant des préoccupations liées à la sécurité, au logement et aux moyens de subsistance. En juillet 2025, le gouvernement libanais a publié un plan pour le retour des réfugiés, reposant sur des exemptions de frais et des aides en espèces pour encourager les départs.

Cependant, les autorités libanaises ont été critiquées pour des pratiques de détention arbitraire, de torture et de retours forcés de Syriens vers la Syrie en 2024, y compris d’activistes et d’un déserteur de l’armée syrienne. Le HCR rapporte au moins 1 763 déportations de Syriens entre janvier et juin 2024. L’escalade du conflit en septembre 2024 a entraîné le déplacement de plus de 562 000 personnes du Liban vers la Syrie, dont 354 000 Syriens.

Les tensions frontalières avec Israël persistent

Les relations avec Israël demeurent tendues, malgré le cessez-le-feu de novembre 2024. Israël maintient le contrôle sur cinq positions frontalières, et des frappes ciblées se poursuivent, particulièrement dans le sud du Liban. En octobre 2025, des tensions élevées ont été rapportées, avec des incursions armées israéliennes, comme celle du 30 octobre à Blida, qui a causé un décès et suscité une réaction ferme du président Aoun, ordonnant à l’armée libanaise de contrer toute incursion.

Le Conseil de sécurité des Nations unies, dans une déclaration du 17 octobre 2025, a salué les efforts du gouvernement libanais pour exercer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire et a exhorté la communauté internationale à soutenir les Forces armées libanaises. La déclaration a réaffirmé le soutien à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), soulignant que les Casques bleus ne doivent jamais être ciblés.

Des experts onusiens ont mis en garde contre les violations continues du cessez-le-feu, notant l’impact sur les civils et l’environnement. Depuis l’accord, des frappes aériennes et par drones israéliens ont causé des blessures et des destructions, avec un bilan de 127 civils tués selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU.

Les implications pour la souveraineté libanaise

La souveraineté nationale reste une pierre angulaire de la position libanaise, comme l’a réaffirmé le ministre Raji dans le cadre de sa mission à Genève. Le communiqué du ministère insiste sur la nécessité de contrer les ingérences dans les affaires internes et de protéger la souveraineté, face aux défis posés par les tensions régionales et les flux migratoires.

Les rapprochements récents avec la Syrie, incluant des discussions sur le contrôle des frontières et le retour des réfugiés, illustrent cette dynamique. Une déclaration du Conseil de sécurité du 17 octobre 2025 a noté la volonté du Liban de délimiter sa frontière avec la Syrie, dans un contexte de normalisation progressive des relations.

Sur le plan interne, l’armée libanaise a annoncé en janvier 2026 l’achèvement de la première phase de son plan de désarmement, amid incertitudes sur les étapes suivantes. Des attaques israéliennes continues, comme celles du 11 janvier près de Saïda ou du 21 janvier sur des postes frontaliers, ont été qualifiées d’escalade dangereuse par les autorités libanaises.

Les dynamiques confessionnelles influencent ces enjeux, avec des influences sunnites à Tripoli et chiites au sud, reflétant les équilibres politiques fragiles. Le gouvernement Salam, avec sa composition diversifiée, cherche à naviguer ces complexités tout en sollicitant un soutien international pour la reconstruction, estimée à 11 milliards de dollars par la Banque mondiale suite au conflit de 2024.

Les développements récents en matière de déplacements transfrontaliers soulignent ces défis immédiats. Depuis décembre 2024, plus de 106 000 Syriens ont fui vers le Liban, fuyant la violence post-Assad, tandis que 383 000 ont regagné la Syrie d’ici octobre 2025. Ces mouvements, gérés par des organisations comme le HCR et l’OIM, mettent à l’épreuve les ressources libanaises, avec plus de 90 000 traversées enregistrées vers le Liban au 19 décembre 2025. Près de 100 000 unités de logement ont été détruites ou endommagées, pour un coût de 2,8 milliards de dollars, aggravant la contamination par munitions explosives dans les zones affectées. Des avertissements israéliens persistent sur plus de 60 localités au sud, empêchant les retours.

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Newsdesk Libnanews
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