Début de la session parlementaire sous haute tension
Ce matin, la Chambre des représentants a entamé les discussions sur la déclaration ministérielle du gouvernement de Nawaf Salam, baptisé « Réforme et Sauvetage », dans un climat de prudence et de tensions politiques. Selon les premières indications, environ 65 députés ont demandé à s’exprimer sur le document avant le vote de confiance, ce qui pourrait prolonger les débats jusqu’à demain.
Le Premier ministre Nawaf Salam a présenté la déclaration ministérielle en insistant sur trois priorités :
- Le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, notamment face aux violations israéliennes.
- Une réforme structurelle du système judiciaire et administratif pour renforcer la transparence et l’indépendance des institutions.
- Le redémarrage des négociations avec le FMI, avec un plan pour préserver les droits des déposants dans le secteur bancaire.
Les réactions des députés : entre soutien prudent et critiques acerbes
Le discours du Premier ministre a été accueilli avec des réserves par plusieurs blocs parlementaires. Pierre Bou Assi, député du camp souverainiste, a déclaré que la déclaration ministérielle évoquait des sujets clés, tels que l’exclusivité des armes aux mains de l’État et la lutte contre la corruption, mais il a insisté sur la nécessité d’un contrôle strict de la performance du gouvernement.
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De son côté, Elias Bou Saab a soulevé plusieurs questions, notamment sur la source du financement de la reconstruction, incluse dans la déclaration ministérielle, et sur la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui exige le retrait israélien du Liban. Il a aussi appelé le président Joseph Aoun à initier un véritable dialogue national pour éviter de nouvelles crises politiques.
Dans un registre plus critique, Nabil Badr, représentant d’une frange du courant sunnite, a annoncé son refus d’accorder la confiance au gouvernement. Selon lui, la formation du gouvernement Salam a marginalisé la représentation sunnite et ne reflète pas l’équilibre attendu.
Les grands axes de la déclaration ministérielle : réformes et souveraineté
La déclaration ministérielle met en avant une approche ambitieuse des réformes. Nawaf Salam a insisté sur plusieurs points :
- Réforme de la sécurité sociale, avec une meilleure couverture pour les citoyens.
- Amélioration des télécommunications et relance de l’aéroport René Moawad à Al-Qaliyat.
- Reprise des explorations pétrolières et gazières, un point sensible pour les finances publiques.
- Engagement à organiser les élections municipales et parlementaires à temps, avec un accent sur la modernisation du secteur public et la transformation numérique.
Sur le plan sécuritaire et diplomatique, le Premier ministre a réaffirmé que le Liban ne tolérerait aucune occupation étrangère et œuvrerait pour la libération totale de ses territoires. Il a également insisté sur le rôle exclusif de l’État dans les décisions de guerre et de paix, une position qui pourrait susciter des tensions avec le Hezbollah.
Un vote attendu sous haute surveillance internationale
Le vote de confiance est scruté de près, notamment par les partenaires internationaux du Liban. Selon le député Nima Avram, le pays a besoin d’un soutien financier d’environ 15 milliards de dollars, mais ces fonds ne seront accessibles qu’en cas de gouvernement crédible et de réformes concrètes.
Le ministre de l’Intérieur a, quant à lui, assuré que les élections seront maintenues à la date prévue, et que la situation sécuritaire s’améliore progressivement.
Perspectives : un vote de confiance probable, mais sous conditions
Avec plus de 80 députés favorables, le gouvernement Nawaf Salam semble en passe d’obtenir la confiance du Parlement. Cependant, plusieurs points restent en suspens, notamment la question du financement de la reconstruction, la réforme de la loi électorale et l’application de la résolution 1701.
Les débats devraient se poursuivre dans l’après-midi, avant un possible vote dès ce soir ou demain matin.



