La politique américaine vis-à-vis du Liban semble avoir pris un nouveau tournant à l’été 2025. Selon Al Sharq Al Awsat (26 août 2025), Washington a renforcé ses pressions sur Beyrouth en conditionnant toute relance de l’aide internationale à des engagements concrets concernant le désarmement du Hezbollah. L’émissaire américain Amos Barak, envoyé spécial pour le Liban, aurait clairement signifié que la présence militaire du parti chiite constituait un obstacle majeur à la stabilisation régionale. La stratégie de la Maison-Blanche repose désormais sur une équation explicite : développement économique contre désarmement.
La même source indique que les États-Unis, soutenus par la France, proposent un programme de reconstruction du Sud-Liban à condition que les armes non étatiques soient démantelées dans un cadre légal supervisé par l’armée libanaise. Cette approche, qualifiée de pragmatique par les diplomates occidentaux, est rejetée par plusieurs forces politiques locales. Les résistances ne concernent pas uniquement le Hezbollah mais s’étendent aux blocs parlementaires qui craignent une rupture de l’équilibre confessionnel en cas de désarmement unilatéral.
D’après Al Akhbar (26 août 2025), cette conditionnalité américaine est perçue par certains responsables libanais comme une tentative d’imposer une solution extérieure sans tenir compte des mécanismes de souveraineté nationale. Cette lecture est notamment partagée par les représentants de partis souverainistes et nationalistes, qui y voient une menace pour la stabilité intérieure. La présence américaine au Liban reste donc ambivalente, oscillant entre offre d’aide structurelle et pression sécuritaire.
Israël insiste sur une démilitarisation avant toute négociation
La position israélienne sur le Liban a été réaffirmée avec force dans les colonnes d’Al Sharq Al Awsat (26 août 2025). Le Premier ministre Benyamin Netanyahou, dans une déclaration relayée par le quotidien, a conditionné tout retrait militaire du Sud-Liban à un désarmement immédiat du Hezbollah. Cette position ne constitue pas une nouveauté dans la diplomatie israélienne mais marque un durcissement de ton qui rend toute avancée diplomatique plus complexe. Le retrait est présenté non pas comme un geste de désescalade mais comme une monnaie d’échange.
Cette posture bloque de facto tout processus de normalisation. Le Liban, de son côté, refuse catégoriquement de lier une question de souveraineté nationale à des exigences militaires posées par une puissance étrangère. D’après Al Joumhouriyat (26 août 2025), des responsables libanais ont dénoncé ces conditions comme inacceptables et provocatrices, soulignant qu’elles constituent une forme de chantage stratégique. Le gouvernement insiste sur le fait que la sécurité du territoire relève de ses prérogatives exclusives, et non d’un marchandage diplomatique.
Ce verrou israélien empêche toute marge de manœuvre pour les diplomaties tierces. Les pays médiateurs comme la France ou l’Égypte, souvent sollicités pour jouer un rôle d’intermédiaire, se retrouvent dans une position inconfortable. Ils doivent composer avec une intransigeance israélienne et une détermination libanaise à ne rien concéder sur la question du Hezbollah. Ce statu quo alimente une impasse géopolitique dans laquelle le Liban se retrouve instrumentalisé comme levier dans un affrontement plus large.



