Au cœur de l’escalade militaire qui secoue le Moyen-Orient depuis l’aube du 28 février 2026, les États-Unis ont émis un avertissement pressant à leurs ressortissants au Liban. La représentation diplomatique américaine à Beyrouth a publié un message sur la plateforme X, anciennement Twitter, invitant les Américains à évacuer le pays immédiatement tant que les options commerciales restent accessibles. « Le département d’État américain exhorte les citoyens américains à quitter le Liban dès que possible pendant que les options commerciales sont encore disponibles. Nous exhortons également les citoyens américains à ne pas se rendre au Liban », indique le communiqué de l’ambassade, diffusé à 16h12 locales. Cette recommandation intervient alors que les forces armées américaines et israéliennes mènent des opérations conjointes contre des cibles iraniennes, provoquant une riposte immédiate de Téhéran qui cible Israël et plusieurs États du Golfe. Le Liban, bien que non directement impliqué dans les échanges de tirs, se trouve exposé aux retombées potentielles en raison de sa position géographique et de ses liens régionaux complexes.
Cette alerte n’est pas isolée : elle s’inscrit dans une série de mises en garde émises par Washington depuis les tensions montantes en juin 2025, lorsque des frappes limitées sur des sites nucléaires iraniens avaient déjà perturbé la stabilité régionale. Mais l’intensité des opérations actuelles marque un tournant. Selon des sources du département d’État, citées dans des briefings internes, l’avertissement repose sur une évaluation des risques accrus de débordements, incluant des perturbations logistiques et des menaces sécuritaires indirectes. L’ambassade américaine à Beyrouth, située dans le quartier d’Aoukar, a renforcé ses protocoles de sécurité, avec des patrouilles accrues et des conseils aux expatriés pour éviter les zones frontalières sud, où les tensions avec Israël persistent depuis la guerre de 2006.
Les détails de l’offensive américano-israélienne
Les frappes lancées ce 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran représentent l’une des opérations les plus massives depuis des décennies. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a détaillé dans une conférence de presse à Jérusalem que les cibles incluaient des installations nucléaires souterraines à Natanz et Fordow, des usines de production de missiles à Semnan, et des centres de commandement des Gardiens de la révolution à Téhéran. « Ces actions sont préventives et nécessaires pour démanteler les capacités qui menacent directement notre existence », a déclaré Katz, précisant que plus de 150 avions de combat, dont des F-35 américains et israéliens, ont été mobilisés. Des missiles de croisière Tomahawk, lancés depuis des destroyers de la Cinquième flotte en mer d’Arabie, ont complété l’assaut, touchant des dépôts d’armes chimiques présumés près de Chiraz.
Du côté américain, le Pentagone a confirmé que l’opération, baptisée Epic Fury, vise à « neutraliser les infrastructures qui soutiennent le programme nucléaire et balistique iranien ». Des briefings du Joint Chiefs of Staff indiquent que des drones MQ-9 Reaper ont fourni une reconnaissance en temps réel, permettant des frappes précises sur des bunkers fortifiés. Le président Donald Trump, dans une intervention vidéo sur Truth Social, a affirmé : « Nous agissons pour protéger nos alliés et empêcher un régime terroriste d’acquérir des armes qui pourraient déstabiliser le monde entier. Les Iraniens doivent saisir cette opportunité pour changer leur gouvernement ». Des rapports initiaux du renseignement américain estiment que 40 % des centrifugeuses nucléaires iraniennes ont été endommagées, basés sur des images satellites fournies par la National Geospatial-Intelligence Agency.
La riposte iranienne et ses ramifications dans le Golfe
La réponse de Téhéran n’a pas tardé. Moins d’une heure après les premières explosions à Ispahan, les Gardiens de la révolution ont lancé une salve de plus de 200 missiles balistiques Fateh-110 et Shahab-3, ainsi que des drones Shahed-136, vers des objectifs en Israël et dans le Golfe. Le porte-parole des forces armées iraniennes, le général Amir Ali Hajizadeh, a déclaré à l’agence de presse officielle IRNA : « Notre riposte est proportionnée et défensive, visant les agresseurs qui violent notre souveraineté ». En Israël, des sirènes ont retenti à Tel Aviv et Haïfa, où le système Dôme de fer a intercepté 85 % des projectiles, selon l’armée israélienne. Des débris ont toutefois causé des incendies dans des zones résidentielles près de Nahariya, blessant au moins 12 civils.
Dans le Golfe, les attaques ont touché des bases américaines. À Bahreïn, la base navale de Manama, abritant la Cinquième flotte, a été frappée par deux missiles, endommageant un hangar et un quai, comme l’a rapporté le ministère bahreïnite de la Défense. Aux Émirats arabes unis, des interceptions par le système THAAD ont limité les dommages à Abu Dhabi, où des fragments ont touché un quartier commercial, causant des blessures légères à cinq personnes. Au Qatar, la base aérienne d’Al Udeid a été visée, mais des défenses Patriot ont neutralisé les menaces, selon un communiqué du ministère qatari des Affaires étrangères. Le Koweït et la Jordanie ont également signalé des tentatives d’attaques, avec des missiles abattus en vol. Ces incidents ont provoqué une fermeture immédiate des espaces aériens dans ces pays, isolant des aéroports comme ceux de Dubaï et Doha pour au moins 48 heures.
Le Liban au carrefour des tensions
Le Liban, frontalier d’Israël et influencé par des acteurs régionaux comme l’Iran via le Hezbollah, se trouve particulièrement vulnérable. Bien que Beyrouth n’ait pas été directement ciblé, l’avertissement américain reflète des craintes de spillover. Des sources diplomatiques à Washington indiquent que l’évaluation des risques inclut des scénarios où des proxies iraniens, tels que le Hezbollah, pourraient être activés pour des actions de diversion. Le secrétaire d’État américain, dans un briefing au Congrès, a mentionné des rapports de renseignement sur des mouvements de troupes au sud du Liban, près de la ligne bleue surveillée par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). La Finul, comptant plus de 10 000 casques bleus, a rapporté une augmentation des patrouilles depuis le 17 février 2026, date des derniers exercices navals iraniens dans le détroit d’Ormuz.
À Beyrouth, l’aéroport international Rafic Hariri a vu un afflux de départs, avec des files d’attente aux comptoirs des compagnies européennes encore opérationnelles. La Middle East Airlines (MEA), la compagnie nationale, a maintenu ses vols vers Paris, Londres et Francfort ce 28 février, malgré l’annulation de 13 liaisons vers des destinations arabes comme Doha et Dubaï. Un vol supplémentaire vers Larnaca, à Chypre, a été ajouté à 20 heures pour faciliter les évacuations. Des témoins à l’aéroport rapportent des scènes de familles américano-libanaises chargeant des valises, tandis que des agents consulaires américains assistent les ressortissants pour des formalités accélérées.
Les mesures libanaises pour atténuer les impacts
Face à ces développements, le gouvernement libanais, dirigé par Nawaf Salam depuis sa formation le 8 février 2025, a multiplié les initiatives pour préserver la stabilité interne. Le ministère des Affaires étrangères, sous Joe Rajji, a émis un communiqué appelant à une réunion urgente du Conseil de sécurité de l’ONU pour discuter des implications régionales. Rajji, diplomate chevronné, a déclaré lors d’une conférence de presse à Beyrouth : « Le Liban reste engagé pour la paix et exhorte toutes les parties à la retenue, conformément à la résolution 1701 ». Cette résolution, adoptée en 2006, vise à désarmer les milices au sud du Litani et à renforcer la présence de l’armée libanaise.
Sur le plan économique, le ministère des Finances, piloté par Yassine Jaber, a coordonné avec les douanes pour étendre les horaires de traitement des biens essentiels. Comme annoncé par l’administration des douanes ce 28 février, les bureaux ouvriront jusqu’à 19 heures pour les déclarations vertes relatives aux denrées alimentaires, médicaments et carburants, et le dimanche 29 février sera un jour ouvrable normal. Jaber, économiste issu du mouvement Amal, a supervisé un budget 2026 présenté le 29 juillet 2025, axé sur la réduction des déficits avec des recettes fiscales augmentées de 15 %. Les hausses de taxes sur les carburants, appliquées en février 2025, ont porté le prix de l’essence 95 octane à 1 793 000 livres libanaises pour 20 litres, générant 620 millions de dollars pour les salaires publics.
Le ministère de l’Énergie et de l’Eau, dirigé par Joseph Saddi, a réaffirmé que les réserves de carburant couvrent au moins 15 jours, avec des tankers en route vers les ports de Tripoli et Zahrani. Saddi, affilié aux Forces libanaises, a hérité d’un secteur marqué par des scandales, comme les importations de fioul contaminé en 2020. Des accords avec l’Irak, malgré des arriérés de paiement accumulés à 1,5 milliard de dollars en 2025, assurent un flux continu, complété par des sources grecques et turques.
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