mardi, février 24, 2026

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Première visite de l’émissaire américaine Morgan Ortagus au Liban

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L’émissaire adjointe des États-Unis pour le Moyen-Orient, Morgan Ortagus, a entamé sa première visite officielle au Liban jeudi, marquant ainsi une nouvelle phase de l’implication américaine dans la gestion du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah.

Ortagus, qui a succédé à Amos Hochstein, a débuté son séjour par une rencontre à l’ambassade des États-Unis avec le général Jasper Jeffers, chef du comité de surveillance du cessez-le-feu. Cette visite survient dans un contexte de fortes tensions régionales, alors que les États-Unis cherchent à consolider leur influence sur l’armée libanaise et à surveiller de plus près les activités du Hezbollah.

Morgan Ortagus : une diplomate au parcours stratégique

Morgan Ortagus, née en 1982 en Floride, est une analyste politique et ancienne porte-parole du Département d’État sous l’administration Trump. Elle est titulaire d’une double maîtrise en administration publique et en administration des affaires de l’Université Johns Hopkins et a également servi comme officier de réserve dans la marine américaine.

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Avant son rôle actuel, elle a occupé plusieurs postes stratégiques au sein du gouvernement américain, notamment :

  • Officier des affaires publiques de l’USAID en Irak (2007-2008), où elle a participé aux efforts de stabilisation après l’invasion américaine.
  • Analyste du renseignement au Département du Trésor, se concentrant sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
  • Attachée adjointe au Trésor à l’ambassade des États-Unis en Arabie saoudite en 2010, où elle a suivi de près les financements terroristes et les sanctions économiques.
  • Porte-parole du Département d’État (2019-2021), où elle a défendu la politique étrangère américaine, notamment en ce qui concerne l’Iran et les relations avec Israël.

Fervente défenseure des Accords d’Abraham, qui ont normalisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes, elle a exprimé des positions fermes contre l’Iran et ses alliés régionaux, dont le Hezbollah. Concernant le Liban, elle considère l’influence iranienne comme une menace directe à la stabilité du pays et prône un renforcement de l’armée libanaise pour contrebalancer le pouvoir du Hezbollah.

Des soupçons américains et israéliens sur des sites du Hezbollah au nord du Litani

Selon les informations obtenues lors de sa visite, Morgan Ortagus et Jasper Jeffers ont convenu de lancer un programme de travail intensif avec l’armée libanaise afin d’enquêter sur environ 30 sites situés au nord du fleuve Litani, où le Hezbollah est soupçonné d’avoir établi des dépôts d’armes et des infrastructures militaires secrètes.

Les zones concernées incluent notamment :

  • Al-Zahrani, région stratégique située sur la côte sud du Liban, où des installations sensibles pourraient être utilisées par la résistance chiite.
  • La vallée de la Bekaa, bastion traditionnel du Hezbollah et couloir logistique entre le Liban et la Syrie.

L’armée libanaise a été informée par le comité de surveillance que les États-Unis disposent d’informations précises sur des bâtiments, des dépôts et des caches d’armes dissimulés dans des vallées et des forêts. Ces renseignements proviendraient de sources israéliennes, qui accusent le Hezbollah de violer les termes du cessez-le-feu en maintenant une présence militaire au-delà des limites imposées par les accords internationaux.

Une pression américaine sur l’armée libanaise

Outre les enquêtes sur les sites du Hezbollah, Washington chercherait à renforcer son influence sur l’armée et les forces de sécurité libanaises en exigeant des nominations militaires conformes à ses intérêts stratégiques.

Les États-Unis souhaiteraient que les nouveaux officiers de l’armée et des services de renseignement ne soient pas liés au Hezbollah et qu’ils bénéficient de l’aval conjoint de Washington et Paris.

Morgan Ortagus devrait ainsi faire pression sur les dirigeants libanais afin qu’ils acceptent ces nouvelles nominations, jugées nécessaires pour :

  • Garantir une meilleure application des termes du cessez-le-feu et éviter toute résurgence des tensions avec Israël.
  • Limiter l’influence du Hezbollah au sein des institutions de défense du Liban.
  • Faciliter le déploiement de l’armée libanaise dans les zones où la population s’est soulevée contre la présence du Hezbollah.

Ces revendications américaines pourraient cependant rencontrer une forte opposition, notamment de la part du Hezbollah et de ses alliés, qui dénoncent une ingérence étrangère dans les affaires militaires libanaises.

Les enjeux d’un contrôle accru de l’armée libanaise

L’implication croissante des États-Unis dans la gestion de l’armée libanaise s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire l’emprise du Hezbollah sur les institutions du pays. Washington considère que :

  • L’armée libanaise doit jouer un rôle plus actif dans le maintien de la stabilité et la surveillance des mouvements militaires du Hezbollah.
  • Les forces de sécurité ne doivent plus être infiltrées par des éléments pro-iraniens, qui pourraient entraver la mise en œuvre du cessez-le-feu.
  • Un équilibre stratégique doit être maintenu au Liban, afin de prévenir toute escalade régionale impliquant Israël, l’Iran et la Syrie.

Cependant, cette stratégie pourrait exacerber les tensions internes au Liban, où le Hezbollah et ses alliés politiques, notamment le mouvement Amal et certains partis chrétiens, rejettent toute tentative de soumission de l’armée libanaise à ce qu’ils décrivent être un diktat américain et français.

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Newsdesk Libnanews
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