Un enjeu régional aux ramifications internationales
La crise présidentielle libanaise dépasse largement les frontières du pays. Elle s’inscrit dans un contexte régional où chaque acteur cherche à influencer l’issue de l’élection pour servir ses propres intérêts stratégiques. La vacance présidentielle, qui perdure depuis des mois, reflète les rivalités entre les grandes puissances et leurs alliés régionaux. Selon Nida’ Al Watan (8 janvier 2025), les principaux protagonistes, notamment les États-Unis, l’Arabie saoudite, l’Iran et la France, adoptent des stratégies distinctes pour façonner le paysage politique libanais.
L’Arabie saoudite : une pression pour le changement
Riyad est l’un des acteurs les plus impliqués dans la crise actuelle. L’Arabie saoudite privilégie la candidature du général Joseph Aoun, perçu comme un président réformiste et indépendant capable de réduire l’influence iranienne au Liban. Selon Al Sharq Al Awsat (8 janvier 2025), les responsables saoudiens ont intensifié leurs contacts avec les blocs parlementaires pour promouvoir cette candidature, tout en conditionnant leur soutien économique au choix d’un président aligné sur les priorités réformistes.
La stratégie saoudienne vise également à isoler le Hezbollah, principal allié de l’Iran au Liban. Cette approche s’inscrit dans une dynamique plus large de la politique régionale saoudienne, marquée par une volonté de rééquilibrer les rapports de force au Moyen-Orient.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
Les États-Unis : une politique de conditionnalité
Les États-Unis, par l’intermédiaire d’Amos Hochstein, adoptent une approche similaire. Selon Al Akhbar (8 janvier 2025), Washington insiste sur la nécessité de choisir un président capable de respecter les engagements internationaux du Liban, notamment la mise en œuvre des réformes économiques et la lutte contre la corruption.
Cependant, les États-Unis ne se limitent pas au soutien d’un candidat. Ils exercent également des pressions diplomatiques pour garantir une stabilité régionale, considérant le Liban comme un pivot stratégique dans leur lutte contre l’influence iranienne. Cette position s’accompagne d’un soutien conditionnel à l’aide économique et militaire.
L’Iran : défendre ses intérêts par le Hezbollah
En réponse aux manœuvres saoudiennes et américaines, l’Iran, par l’intermédiaire du Hezbollah, cherche à préserver son influence au Liban. Selon Al Joumhouriyat (8 janvier 2025), le Hezbollah soutient des candidats comme Sleiman Frangié, un allié de longue date, tout en rejetant catégoriquement Joseph Aoun, jugé trop proche des puissances occidentales.
La stratégie iranienne repose sur le maintien du statu quo, où le Hezbollah conserve un rôle dominant dans les institutions libanaises. Cependant, cette approche se heurte à une opposition croissante de la part des forces politiques locales et internationales, limitant la marge de manœuvre de Téhéran.
La France : un rôle de médiateur
La France, traditionnellement influente au Liban, adopte une posture plus équilibrée. Selon Nahar Int’l (8 janvier 2025), Paris privilégie une solution consensuelle capable de réunir les différents blocs politiques. Elle soutient également Joseph Aoun, tout en évitant une confrontation directe avec le Hezbollah.
Cette stratégie reflète la volonté française de maintenir son rôle de médiateur dans les crises régionales, tout en préservant ses relations historiques avec le Liban. Paris insiste sur la nécessité d’une stabilité politique pour relancer l’économie libanaise et renforcer les liens bilatéraux.
Enjeux régionaux et internationaux
La crise présidentielle libanaise illustre les dynamiques de pouvoir au Moyen-Orient. Le Liban, en tant que microcosme des tensions régionales, est le théâtre d’une lutte d’influence où chaque acteur cherche à imposer sa vision. Ces rivalités ralentissent le processus électoral, aggravant la crise économique et sociale dans le pays.
Selon Al 3arabi Al Jadid (8 janvier 2025), cette situation pourrait avoir des répercussions au-delà des frontières libanaises. Une prolongation du vide présidentiel risque de déstabiliser davantage le sud du Liban, où les tensions avec Israël restent élevées. De plus, elle pourrait compromettre les efforts internationaux pour une désescalade dans la région.



