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Revue de presse du 20/08/25: Gaza, raids israéliens massifs et impasse diplomatique

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L’opération militaire israélienne contre Gaza connaît une nouvelle escalade. Selon Al 3arabi Al Jadid (20/08/2025), l’armée israélienne a intensifié ses frappes sur le quartier de Sabra, au sud de la ville de Gaza. Les bombardements ont détruit plusieurs immeubles résidentiels, provoquant un nombre encore indéterminé de victimes civiles. Cette offensive intervient alors que des négociations indirectes, facilitées notamment par le Qatar et l’Égypte, tentaient de stabiliser un projet d’accord de trêve.

Mais ces discussions ont été brutalement remises en cause. Le bureau du Premier ministre israélien a indiqué, cité par le même quotidien, que Tel-Aviv n’accepterait aucune entente qui n’inclurait pas la libération de l’ensemble des cinquante otages encore détenus par le Hamas. Cette condition, considérée comme un durcissement, a été formulée la veille de la dernière séance de pourparlers. Elle semble avoir provoqué un gel immédiat des efforts diplomatiques, malgré un consensus initial sur les termes d’un cessez-le-feu temporaire de soixante jours.

Toujours dans Al 3arabi Al Jadid (20/08/2025), des sources proches du gouvernement israélien affirment que le cabinet restreint a validé un plan préparatoire d’invasion terrestre du centre de Gaza. Ce projet, tenu secret jusqu’ici, viserait à désarmer les groupes armés encore actifs, tout en « remodelant les zones urbaines stratégiques ». Cette stratégie militaire est présentée comme une solution ultime face à l’échec des négociations.

Du côté palestinien, le Hamas avait pourtant donné un accord de principe à une version modifiée du plan de trêve, comme le rapporte le ministère des Affaires étrangères qatari dans le même journal. Le texte validé par le mouvement islamiste était selon Doha « quasiment identique à celui approuvé par Israël quelques semaines auparavant ». L’impasse résulte donc d’un changement unilatéral dans les conditions israéliennes.

Tensions régionales et pressions sur le Liban

La situation dans la bande de Gaza a des répercussions immédiates sur les équilibres régionaux. Plusieurs capitales arabes et occidentales intensifient leurs efforts diplomatiques autour du Liban, considéré comme un acteur périphérique stratégique. Al Joumhouriyat (20/08/2025) fait état d’une mission conjointe du diplomate Tom Barrack et de l’ancienne porte-parole du Département d’État américain Morgan Ortagus à Beyrouth. Cette visite éclair s’est déroulée dans un climat de forte tension politique, sur fond de débat national concernant le désarmement des groupes armés non étatiques, en particulier le Hezbollah.

D’après le même quotidien, cette délégation américaine a transmis aux autorités libanaises plusieurs « messages stratégiques » en lien avec le rôle du Liban dans l’équilibre militaire régional. Parmi les points évoqués figure l’avenir du mandat de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), dont le renouvellement est attendu pour le 31 août. Washington, à travers cette mission, exercerait une pression pour encadrer ce mandat d’une feuille de route sur le désarmement.

Ad Diyar (20/08/2025) précise que cette démarche coïncide avec une série de consultations accélérées à l’ONU sur la prolongation de la FINUL. Paris aurait proposé un compromis visant à étendre le mandat pour dix-huit mois, avant une dissolution programmée. Ce plan, relayé par Al Sharq Al Awsat (20/08/2025), suscite de fortes réticences à Washington, qui préférerait une échéance plus courte. L’administration américaine juge que la mission de la FINUL a atteint ses limites et doit désormais céder la place à un « dispositif de souveraineté libanais encadré ».

Ces discussions interviennent alors que le commandement de l’armée libanaise s’apprête à présenter, début septembre, un rapport sur la stratégie nationale de contrôle des armes, comme l’indique Al Joumhouriyat (20/08/2025). Le président Joseph Aoun, récemment élu, est attendu pour endosser une position de médiateur entre les attentes occidentales et les réalités internes.

Positionnement du Hezbollah et reconfiguration de la résistance

Dans ce contexte, les propos récents de Naim Kassem, secrétaire général du Hezbollah, ont été largement analysés. Dans une interview accordée à la chaîne Al Mayadeen, reprise par Al Akhbar (20/08/2025), Kassem a évoqué un « danger existentiel visant la communauté chiite du Liban ». Il y voit une campagne de désarmement masquée, soutenue par les puissances occidentales, et destinée à affaiblir l’axe de la résistance.

Selon Al Akhbar (20/08/2025), le Hezbollah considère que la guerre à Gaza représente une ligne de fracture régionale. L’assassinat récent de son ancien secrétaire général, Hassan Nasrallah, renforce cette lecture stratégique : il s’agit, pour la direction du mouvement, d’un moment de redéfinition doctrinale et opérationnelle. Plusieurs cadres historiques ont été tués dans les dernières opérations israéliennes, ce qui oblige le Hezbollah à restructurer son commandement.

Le quotidien met également en lumière l’impact de cette guerre sur les zones de soutien du parti, notamment la banlieue sud de Beyrouth et certaines localités du Sud. Les frappes israéliennes et les menaces d’extension du conflit au Liban provoquent une inquiétude croissante dans la population, entre fatigue sécuritaire et incertitudes économiques. Des analystes cités dans Al Akhbar parlent d’un « glissement du consensus communautaire » et d’une « usure de la légitimité militaire » du Hezbollah face aux impératifs sociaux.

Al Binaa (20/08/2025) souligne que cette situation pose une question fondamentale au parti chiite : faut-il repenser la fonction de l’armement militaire, ou entrer dans une logique de confrontation directe, y compris sur le territoire libanais ? Le journal évoque un dilemme profond entre efficacité tactique et soutenabilité stratégique, dans un contexte où Israël semble prêt à étendre le front.

Israël, Trump et les tensions géopolitiques croissantes

Le contexte régional est également marqué par les positions du président américain Donald Trump. Dans Al Sharq Al Awsat (20/08/2025), il est rapporté que Trump a apporté un soutien sans ambiguïté à Benjamin Netanyahu dans la conduite de l’offensive contre Gaza. Il aurait, selon des sources de la Maison-Blanche, validé une stratégie d’extension des opérations militaires, tout en préparant en parallèle une initiative diplomatique. Trump aurait également indiqué à ses alliés européens qu’aucune force américaine ne serait déployée en Ukraine, préférant un soutien logistique indirect.

La même édition du journal rapporte qu’Emmanuel Macron et Rishi Sunak ont participé à un sommet virtuel des pays européens dits « alliés de l’Ukraine ». Leurs préoccupations se concentrent sur le risque d’un élargissement du conflit régional au Liban ou à la Syrie. Des diplomates français cités dans Al Sharq Al Awsat estiment qu’un désengagement progressif des missions onusiennes au Liban pourrait faciliter un retour à une logique d’État souverain – une position partagée par l’administration Trump, mais vue avec scepticisme à Beyrouth.

En parallèle, Al Quds (20/08/2025) revient sur les tensions persistantes en Cisjordanie et en Syrie. Le journal signale la tentative de plusieurs familles de colons israéliens d’établir une nouvelle implantation dans le Golan syrien, sous le nom de « Neveh Habshan ». L’armée israélienne est intervenue pour les en empêcher, mais cet épisode illustre les ambitions territoriales persistantes d’une partie de la droite israélienne. Netanyahu, interrogé sur cette affaire, a évoqué sa « mission historique et spirituelle » pour l’édification du « Grand Israël ».

Enfin, les mobilisations populaires se poursuivent dans les territoires palestiniens. Al Liwa’ (20/08/2025) rapporte des manifestations organisées par des familles de prisonniers en Cisjordanie, réclamant un échange massif avec les otages israéliens. Des grèves générales et des actions de blocage sont prévues à Gaza, tandis que le Hamas appelle à « une démonstration de résistance unifiée ». La perspective d’un retour à la table des négociations semble pour l’heure s’éloigner, au profit d’un durcissement des positions de part et d’autre.

Politique locale : désarmement, débat interne et pressions extérieures

Le débat institutionnel sur l’avenir du désarmement

Le 20 août 2025, la question du désarmement des groupes armés non-étatiques, au premier rang desquels figure le Hezbollah, s’est imposée au cœur du débat politique libanais. Le gouvernement présidé par Nawaf Salam a fixé au 2 septembre une réunion décisive au cours de laquelle l’armée libanaise devra présenter un rapport de mise en œuvre du principe de monopole de la force par l’État. Selon Al Joumhouriyat (20/08/2025), cette décision a été accueillie par un mélange de scepticisme et d’inquiétude dans les milieux politiques, les partis étant profondément divisés sur la stratégie à adopter.

Le quotidien rapporte que cette échéance est perçue comme une « bombe à retardement », mettant l’armée dans une position inconfortable. L’état-major dirigé par le général Rodolphe Haykal aurait entamé une série de consultations avec les principales figures politiques, dans le but de sonder les lignes rouges respectives. Ce processus, encore informel, viserait à identifier les modalités possibles d’une coordination avec les groupes armés, afin d’éviter tout affrontement direct.

Toujours selon Al Joumhouriyat (20/08/2025), la séquence a été déclenchée par la volonté du gouvernement de répondre à des engagements diplomatiques extérieurs, en particulier à l’égard des États-Unis et de la France. Le Premier ministre aurait assuré à ses partenaires occidentaux que l’État libanais allait « progressivement reprendre en main toutes les prérogatives régaliennes sur l’ensemble du territoire ». Une promesse saluée en privé par plusieurs chancelleries, mais jugée irréaliste à court terme par les observateurs libanais.

Le quotidien souligne que le chef de l’État, Joseph Aoun, suit personnellement ce dossier, dans une logique de neutralité affichée. Aoun, élu au printemps 2025, bénéficie encore d’un certain consensus transpartisan, ce qui lui permettrait de jouer un rôle de médiateur. Il aurait insisté, selon des proches cités par le journal, pour que l’armée se tienne à distance des considérations partisanes et ne soit pas instrumentalisée.

La ligne rouge du Hezbollah

L’un des principaux obstacles à toute politique de désarmement demeure la position du Hezbollah. Le 20 août 2025, Al Akhbar a publié une analyse détaillée du discours tenu récemment par Naim Kassem, nouveau secrétaire général du parti. Dans cet entretien, Kassem affirme que le désarmement du Hezbollah équivaudrait à un désarmement de la résistance, ce qui constituerait une menace « existentielle pour la communauté chiite du Liban ». Ce positionnement marque une rupture nette avec les discours plus consensuels adoptés ces dernières années.

Selon Al Akhbar (20/08/2025), cette rhétorique traduit un durcissement stratégique. Le Hezbollah considère que la guerre en cours à Gaza, les manœuvres militaires israéliennes et les pressions diplomatiques sur le Liban font partie d’un même plan visant à déstabiliser l’axe de la résistance. Le parti s’estime directement visé par les récents mouvements diplomatiques à l’ONU concernant la FINUL, et par les visites répétées de responsables américains dans la région.

Le même journal évoque les effets internes de cette radicalisation. La base militante du Hezbollah, déjà marquée par l’assassinat de Hassan Nasrallah et la perte de plusieurs commandants, serait traversée par des tensions croissantes. Des voix internes plaideraient pour une redéfinition de la stratégie du mouvement dans un Liban fragilisé économiquement. Mais la direction actuelle privilégie une logique de confrontation, estimant que toute concession serait interprétée comme un signe de faiblesse.

Al Binaa (20/08/2025) ajoute que le parti envisage désormais le scénario d’un désengagement progressif de l’État à son égard, en cas d’échec des négociations politiques. Dans cette hypothèse, le Hezbollah chercherait à renforcer ses mécanismes d’autogestion dans ses zones d’influence, y compris dans les domaines de la sécurité, de l’éducation et des services sociaux. Le parti s’organiserait ainsi pour maintenir une présence structurée dans le Sud et la banlieue sud de Beyrouth, en dépit des tensions avec l’État central.

Pressions diplomatiques croisées

Parallèlement à ces développements internes, plusieurs acteurs internationaux ont intensifié leur pression sur Beyrouth. Ad Diyar (20/08/2025) fait état d’une mission diplomatique de Tom Barrack et Morgan Ortagus, représentants de l’administration Trump, qui se sont entretenus avec plusieurs responsables libanais. Selon le journal, ces entretiens ont porté explicitement sur la nécessité d’une application stricte de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui impose la fin de la présence de groupes armés dans le Sud du Liban.

Le quotidien précise que les diplomates américains ont également insisté sur la mise en œuvre d’un mécanisme de vérification du désarmement, coordonné avec l’armée libanaise et supervisé par des experts internationaux. Cette proposition, encore informelle, aurait été accueillie avec prudence par les autorités libanaises, soucieuses d’éviter toute ingérence étrangère directe.

Al Sharq Al Awsat (20/08/2025) complète cette information en révélant que la France a proposé un plan en deux étapes pour la réforme du mandat de la FINUL : une prolongation exceptionnelle de dix-huit mois, suivie d’un retrait progressif de la mission onusienne. Ce scénario a provoqué une opposition immédiate de la part des États-Unis, qui souhaitent fixer une échéance plus rapide. Les diplomates américains invoquent les « limites opérationnelles » de la mission et la nécessité d’un « retour à la souveraineté pleine » de l’État libanais.

Le journal cite également une source proche du Conseil de sécurité selon laquelle Washington envisagerait de conditionner certaines aides militaires à Beyrouth à des avancées concrètes sur la question du désarmement. Cette approche, bien que rejetée publiquement par plusieurs responsables libanais, serait discutée en coulisses comme un levier potentiel pour accélérer le processus.

Réactions politiques et fractures internes

Ces pressions internationales ont ravivé les divisions internes. Al Joumhouriyat (20/08/2025) indique que plusieurs partis politiques, notamment les Forces libanaises et le Kataëb, ont salué la perspective d’un renforcement de la souveraineté étatique. Ces formations, historiquement opposées à la présence d’armes hors du contrôle de l’État, appellent à un calendrier clair de désarmement.

En revanche, des formations comme le Courant patriotique libre se montrent plus réservées. Le journal rapporte que certains cadres de ce parti considèrent le désarmement du Hezbollah comme un sujet « prématuré », tant que la menace israélienne demeure active. D’autres figures politiques appellent à une concertation élargie entre les différentes forces représentées au Parlement, avant toute décision exécutive.

Le président du Parlement, Nabih Berri, dont le mouvement Amal est un allié traditionnel du Hezbollah, aurait confié à des visiteurs étrangers que toute initiative unilatérale sur cette question serait vouée à l’échec. Il militerait pour un compromis politique global, incluant une redéfinition du rôle des forces armées dans le cadre d’une nouvelle stratégie nationale de défense.

Enfin, selon Al Akhbar (20/08/2025), des personnalités indépendantes ont appelé à la tenue d’une conférence nationale sur la souveraineté et la sécurité. Cette proposition vise à créer un espace de dialogue entre les partis, les institutions et la société civile, afin de désamorcer les tensions et d’éviter une confrontation institutionnelle. Plusieurs observateurs s’accordent à dire que cette question, plus que jamais, cristallise les clivages identitaires, géopolitiques et stratégiques du Liban.

Citation et discours des personnalités politiques : entre rhétorique de guerre et diplomatie conflictuelle

Naim Kassem : une ligne idéologique durcie

Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, s’est exprimé dans un long entretien accordé à la chaîne Al Mayadeen, dont des extraits ont été repris dans Al Akhbar (20/08/2025). Ce discours, analysé dans les colonnes du quotidien, constitue une déclaration de principe quant à la position du mouvement face aux pressions croissantes sur le dossier du désarmement. « Nous ne permettrons à personne de toucher à notre capacité de défense », a déclaré Kassem, ajoutant que « la résistance est au cœur de l’identité nationale et communautaire des chiites du Liban ».

Selon Al Akhbar, ces propos confirment une radicalisation du ton depuis l’assassinat de Hassan Nasrallah, précédemment à la tête du mouvement. Kassem décrit une « volonté internationale d’étrangler militairement l’axe de la résistance », et positionne le Hezbollah comme dernier rempart contre ce qu’il nomme « l’agression sioniste et les collusions arabes ». Il insiste sur le fait que le désarmement est un mot d’ordre imposé de l’extérieur, et non une priorité nationale, déclarant : « Aucun Libanais n’a le droit de remettre en cause notre droit à l’autodéfense tant que l’ennemi est aux portes. »

Le quotidien souligne que ces mots ne sont pas sans conséquence dans le débat interne. Kassem prend soin de relier sa position aux résolutions internationales, affirmant que la résolution 1701 ne saurait justifier une politique de désarmement tant que les violations israéliennes se poursuivent. Cette interprétation, affirme Al Akhbar, vise à préempter toute initiative gouvernementale qui émanerait d’un agenda diplomatique étranger.

Ces déclarations s’accompagnent d’un appel implicite à la mobilisation populaire dans les bastions du Hezbollah, où le discours de la résistance continue de mobiliser des soutiens malgré la dégradation de la situation économique. Kassem évoque « le devoir moral de soutenir la ligne de front », une formule qui résonne comme un avertissement à ceux qui, au sein du système libanais, chercheraient à négocier un compromis.

Donald Trump : soutien inconditionnel à Israël

Dans le contexte du conflit à Gaza, la parole présidentielle américaine a pris une tournure particulièrement tranchée. Al Sharq Al Awsat (20/08/2025) rapporte que Donald Trump, réélu en janvier 2025, a affirmé lors d’une conférence de presse que les États-Unis « soutiendront Israël jusqu’à la victoire totale sur le Hamas ». Cette déclaration a été accompagnée d’une série de messages directs adressés à ses alliés européens, les exhortant à « cesser les hésitations morales » face à ce qu’il qualifie de « guerre existentielle contre le terrorisme islamiste ».

Le président américain a également évoqué les fronts secondaires, notamment au Liban, qu’il considère comme « des poches d’instabilité favorables aux ennemis d’Israël ». Dans le même discours, rapporté dans Al Sharq Al Awsat, Trump a indiqué que l’armée américaine resterait mobilisée dans la région, mais sans implication directe au sol, insistant sur le fait que « chaque pays doit assumer son rôle sans compter uniquement sur l’ombre américaine ».

Les propos de Trump sont interprétés par Al Binaa (20/08/2025) comme un feu vert donné à Tel-Aviv pour prolonger et intensifier ses opérations militaires, y compris dans le cadre de projections géographiques élargies. En désignant nommément le Liban comme un point de vulnérabilité, le président américain repositionne la politique de sécurité régionale autour d’une logique de blocs. « Il n’y a pas de place pour la neutralité dans ce combat », a-t-il ajouté, selon les retranscriptions citées par Al Sharq Al Awsat.

Ce ton martial contraste avec les appels à la retenue exprimés par certaines chancelleries européennes. Trump, quant à lui, assume un style de leadership où la parole précède et conditionne l’action militaire, une stratégie rhétorique assumée et cohérente avec sa doctrine « America First » revisitée.

Benjamin Netanyahu : entre stratégie de guerre et rhétorique de fermeté

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prononcé un discours devant la Knesset, dont des extraits sont publiés dans Al 3arabi Al Jadid (20/08/2025). Affirmant que « l’heure n’est pas à la négociation mais à l’écrasement », Netanyahu a renouvelé son engagement à poursuivre les opérations militaires jusqu’à la « libération totale des otages et la reddition complète du Hamas ». Il a accusé ses adversaires politiques, en particulier au sein de l’opposition israélienne, de « trahison des objectifs nationaux » pour avoir évoqué un cessez-le-feu prématuré.

Le même journal souligne que Netanyahu cherche à faire de cette guerre un moment fondateur de son leadership, alors que sa popularité est contestée. Il multiplie les références historiques à des figures militaires israéliennes, appelant à « la mémoire de la défense d’Israël contre les barbares », une rhétorique aux connotations apocalyptiques qui vise à galvaniser les soutiens au sein de la droite radicale.

Dans Al Liwa’ (20/08/2025), un article souligne que ce discours s’adresse autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Netanyahu sait que sa marge diplomatique est limitée tant que l’axe de soutien américain reste ferme. Ses propos sont calibrés pour justifier une offensive terrestre d’envergure contre la ville de Gaza, dont les préparatifs sont en cours selon plusieurs sources sécuritaires citées par le journal.

Le Premier ministre israélien refuse également de reconnaître toute légitimité politique au Hamas, affirmant : « Nous ne traiterons pas avec une organisation qui assassine des bébés juifs. » Cette phrase, citée mot pour mot dans Al 3arabi Al Jadid, a provoqué de vives réactions internationales, certains observateurs la qualifiant de provocation contre-productive dans un processus de négociation.

Pedro Sánchez et l’équilibre européen

Le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez s’est également exprimé sur le conflit, dans un discours relayé par Al Quds (20/08/2025). Sánchez a pris soin de condamner les violences contre les civils tout en appelant à la reconnaissance du droit des Palestiniens à vivre dans la dignité. Il a affirmé que l’Espagne poursuivrait ses efforts diplomatiques au sein de l’Union européenne pour promouvoir une « solution politique équilibrée fondée sur le droit international ».

Selon le journal, cette position vise à maintenir une ligne distincte de celle des États-Unis, tout en ménageant les équilibres internes à l’UE. Sánchez a dénoncé la radicalisation des deux camps, affirmant : « Ni l’occupation, ni la terreur ne sont acceptables. » Cette phrase, reprise par de nombreux médias espagnols, traduit une volonté d’occuper une position de médiateur, malgré les limites d’influence de Madrid sur le terrain.

Al Quds note que cette posture modérée a été saluée par plusieurs capitales arabes, qui voient dans l’Espagne un partenaire plus attentif aux réalités régionales que d’autres pays occidentaux. Toutefois, elle suscite également des critiques à l’intérieur du pays, notamment de la droite espagnole, qui accuse le gouvernement Sánchez de naïveté face aux « menaces islamistes ».

La parole de Sánchez s’inscrit dans une tradition diplomatique européenne prudente, mais aussi dans un contexte interne tendu. Le journal rappelle que le gouvernement espagnol doit composer avec des partis régionalistes et d’extrême gauche, sensibles à la cause palestinienne. La rhétorique présidentielle tente donc de fédérer sans cliver, dans un exercice d’équilibrisme rendu difficile par la brutalité du conflit.

Diplomatie : initiatives françaises, pression américaine et position israélienne sur le Liban

Offensive diplomatique franco-américaine autour de Beyrouth

La journée du 20 août 2025 a été marquée par une intense activité diplomatique centrée sur le Liban. Plusieurs journaux évoquent des visites de hauts responsables occidentaux à Beyrouth, dans un contexte marqué par les tensions régionales liées à Gaza et les débats internes sur le désarmement. Ad Diyar (20/08/2025) et Al Joumhouriyat (20/08/2025) rapportent ainsi l’arrivée conjointe de Tom Barrack, proche de l’administration Trump, et de Morgan Ortagus, ancienne porte-parole du département d’État, pour une mission qualifiée de « critique » par les autorités libanaises.

Selon les mêmes sources, cette visite visait à transmettre des messages fermes sur la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui impose l’absence de toute arme non étatique au sud du Liban. Cette exigence, déjà ancienne, a été réactivée à la faveur du conflit à Gaza, dans lequel les États-Unis soupçonnent le Hezbollah de préparer une extension du front libanais en coordination avec le Hamas.

Les responsables américains auraient insisté sur la nécessité d’un engagement clair de la part du gouvernement libanais en faveur d’un calendrier de désarmement. Al Joumhouriyat précise que le Premier ministre Nawaf Salam s’est montré prudent, préférant évoquer une « réaffirmation du rôle exclusif de l’État dans la défense du territoire », sans s’engager sur une échéance concrète. Les diplomates américains ont également rencontré le président Joseph Aoun, lequel aurait, selon le journal, défendu une approche « inclusive et progressive » du dossier sécuritaire.

La mission Barrack-Ortagus s’inscrit dans un repositionnement stratégique de Washington, qui cherche à redéfinir ses partenariats au Moyen-Orient dans le contexte de la guerre de Gaza. Le Liban est perçu par les États-Unis comme un maillon faible dans la stabilité régionale. Cette perception est renforcée par les récents affrontements frontaliers et les violations du cessez-le-feu par les deux parties.

La stratégie française : maintenir une présence à travers la FINUL

Parallèlement à la pression américaine, la France déploie une stratégie diplomatique distincte. Al Sharq Al Awsat(20/08/2025) révèle que Paris a proposé un plan de prolongation du mandat de la FINUL, la force onusienne déployée au sud du Liban, pour une durée exceptionnelle de dix-huit mois. Cette proposition vise à donner du temps aux autorités libanaises pour engager un processus de souveraineté progressive sur les zones concernées.

Le journal précise que cette initiative française repose sur une « séquence diplomatique négociée » en deux temps : maintien du statu quo à court terme, puis retrait partiel des contingents militaires accompagnés d’un mécanisme d’observation civile. Le Quai d’Orsay estime que cette formule permettrait d’éviter un vide sécuritaire brutal, tout en encourageant les réformes internes attendues par la communauté internationale.

Selon les informations de Al Sharq Al Awsat, le projet français suscite toutefois des divergences au sein du Conseil de sécurité. Les États-Unis, notamment, considèrent la durée proposée comme excessive, et préfèrent une prolongation technique de six mois. Une source diplomatique citée par le journal indique que Washington veut éviter « toute illusion de pérennité » de la FINUL, jugeant que son efficacité est désormais limitée face aux réalités du terrain.

Cette divergence de vues reflète des visions différentes du rôle des missions onusiennes. Là où Paris privilégie la diplomatie de stabilisation, Washington pousse vers une clarification des lignes de confrontation. Ces deux approches, bien que coordonnées, créent une forme de pression indirecte sur le gouvernement libanais, sommé de choisir une orientation claire à court terme.

Israël et la dissuasion par l’incertitude

L’attitude d’Israël sur ce dossier diplomatique est marquée par une ambiguïté calculée. Al 3arabi Al Jadid (20/08/2025) rapporte que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a évoqué à huis clos avec des membres du cabinet de sécurité l’éventualité de « modifier unilatéralement les règles d’engagement au Sud-Liban » si aucune avancée n’était enregistrée d’ici la fin du mois. Cette menace, indirectement relayée par des médias israéliens, vise à faire pression sur les négociateurs onusiens et sur les capitales occidentales.

Le journal précise que Tsahal a été placée en état d’alerte maximale dans les zones frontalières, avec une mobilisation accrue de drones de reconnaissance. Ces mouvements, bien que qualifiés de « préventifs », ont été interprétés par les observateurs libanais comme un signal destiné au Hezbollah. Netanyahu, selon les extraits de discours cités par Al 3arabi Al Jadid, a affirmé : « Nous ne pouvons plus tolérer un second front armé à notre frontière nord. »

Cette position s’accompagne d’une pression accrue sur le dossier de la FINUL. Al Binaa (20/08/2025) indique que des diplomates israéliens ont mené des consultations avec leurs homologues européens pour exiger que toute prolongation du mandat soit conditionnée à un plan de désarmement formel. Le journal souligne que cette demande constitue une inflexion par rapport aux années précédentes, où Tel-Aviv s’était contenté de soutenir le statu quo.

Israël cherche désormais à exploiter le climat post-Gaza pour remettre en cause les équilibres construits depuis la guerre de 2006. Netanyahu, dans un langage toujours martial, souhaite « redessiner les équilibres de sécurité régionale », une formule interprétée comme une volonté d’isoler davantage le Hezbollah sur le plan diplomatique.

Tensions à l’ONU et désaccords entre puissances

La mission française à l’ONU, soutenue par quelques membres européens du Conseil de sécurité, tente de construire un compromis sur le Liban qui tiendrait compte des impératifs de stabilité, de légitimité institutionnelle et d’équité régionale. Cependant, Al Sharq Al Awsat (20/08/2025) rapporte que les discussions sont actuellement bloquées par des divergences entre les membres permanents. La Russie et la Chine insistent pour que toute résolution respecte strictement la souveraineté libanaise, tandis que les États-Unis conditionnent leur soutien à des engagements concrets sur le désarmement.

Le journal précise que l’ambassadeur de France auprès des Nations unies aurait proposé un texte de compromis intégrant un paragraphe sur la « responsabilité progressive du gouvernement libanais dans le contrôle de l’armement au Sud », formule jugée trop vague par la délégation américaine. Des réunions techniques sont prévues cette semaine pour tenter d’aplanir ces différends.

En parallèle, Al Liwa’ (20/08/2025) signale que le gouvernement libanais a envoyé une note diplomatique à l’ONU pour demander le renouvellement du mandat sans conditions nouvelles. Le texte, signé par le ministère des Affaires étrangères, insiste sur la coopération constante du Liban avec la FINUL, et dénonce « toute tentative d’assignation politique détournée à une mission strictement technique ». Cette position reflète l’embarras des autorités, tiraillées entre les exigences extérieures et les équilibres internes.

Le journal souligne que la France, tout en insistant sur l’urgence d’un accord, souhaite éviter une crise au Conseil de sécurité. L’ambassade française à Beyrouth aurait ainsi intensifié ses contacts avec les principales formations politiques libanaises pour encourager une déclaration nationale consensuelle avant la réunion prévue à New York.

Politique internationale : Ukraine, Russie, Europe, et redéfinition des rapports de force

Washington se repositionne, l’Europe se fragmente

La politique étrangère américaine connaît un recentrage stratégique visible, illustré par les propos tenus par le président Donald Trump le 20 août 2025. Al Sharq Al Awsat (20/08/2025) rapporte que Trump a confirmé, lors d’une allocution à la Maison-Blanche, que les États-Unis ne déploieront « aucun soldat en Ukraine », en dépit des appels de plusieurs alliés européens. Le président américain a insisté sur le fait que « la guerre en Ukraine est un conflit européen, et c’est à l’Europe d’en assumer le poids politique, militaire et économique ».

Cette déclaration s’inscrit dans une logique de désengagement déjà amorcée depuis le début de son second mandat. Trump entend redéfinir les alliances transatlantiques autour d’une logique de partenariats d’intérêt plutôt que de solidarité historique. Selon Al Sharq Al Awsat, ce message vise particulièrement les gouvernements français et allemand, perçus à Washington comme trop dépendants de l’aide américaine dans la gestion du conflit ukrainien.

En parallèle, Al Quds (20/08/2025) rapporte qu’un sommet virtuel a réuni les dirigeants européens sous l’égide de Bruxelles pour discuter de l’« autonomie stratégique » du continent. Le président français Emmanuel Macron et son homologue britannique Rishi Sunak y ont plaidé pour un renforcement des capacités de défense communes. Toutefois, les divergences demeurent profondes sur la question du financement et de la coordination opérationnelle. L’Allemagne, selon le journal, continue de refuser une mutualisation des budgets militaires européens.

Cette fragmentation des positions européennes inquiète certains partenaires de l’Est. Al Quds cite une source polonaise affirmant que « si les États-Unis se désengagent, nous devons envisager des alliances bilatérales de défense hors du cadre de l’Union européenne ». Ce climat nourrit l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses dans sa réponse stratégique à la guerre en Ukraine.

Moscou capitalise sur la lassitude occidentale

La Russie, de son côté, adopte une stratégie d’attente et de stabilisation territoriale. Al Sharq Al Awsat (20/08/2025) indique que le Kremlin cherche à consolider ses gains dans l’Est de l’Ukraine, en y installant des structures administratives proches de celles en vigueur dans les oblasts annexés. Une source diplomatique européenne affirme que Moscou a clairement renoncé à une avancée militaire sur Kiev, préférant un gel du conflit sur les lignes actuelles.

Le journal cite également des déclarations du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, selon lesquelles « l’ère des illusions occidentales est terminée ». Lavrov estime que l’Ukraine est devenue « un champ de bataille d’épuisement » pour l’Europe et les États-Unis, et affirme que la Russie n’a aucun intérêt à relancer une guerre de mouvement, tant que les effets politiques et économiques du conflit pèsent sur ses adversaires.

Sur le plan économique, Al Quds souligne que la Russie a renforcé ses partenariats énergétiques avec la Chine, l’Inde et plusieurs pays du Golfe. Cette orientation vers l’Est permet au Kremlin de contourner une grande partie des sanctions occidentales, tout en alimentant son effort de guerre. Le journal précise que le pétrole russe représente désormais plus de 30 % des importations chinoises, un record historique.

Cette reconfiguration des alliances est également diplomatique. La Russie s’investit dans plusieurs forums multilatéraux alternatifs, comme les BRICS+, et tente d’y marginaliser la voix occidentale. Le président Vladimir Poutine a récemment proposé la création d’un « Conseil de sécurité global non occidental », une initiative symbolique mais révélatrice de la volonté du Kremlin de recomposer l’ordre international.

La Chine avance ses pions avec prudence

Bien que discrète dans les déclarations officielles, la Chine joue un rôle croissant dans les dynamiques internationales liées à la guerre en Ukraine et au repositionnement des puissances. Selon Al Sharq Al Awsat (20/08/2025), Pékin a proposé une initiative de paix indirecte par l’intermédiaire de ses ambassades en Europe de l’Est. Le journal évoque un document de travail confidentiel, transmis à Varsovie, Berlin et Moscou, qui envisagerait un cessez-le-feu gelé et une neutralisation militaire partielle de l’Ukraine.

Pékin s’inscrit ici dans une logique de médiateur stratégique. En évitant de prendre position officiellement contre la Russie, la Chine préserve ses relations économiques avec l’Europe tout en renforçant son alliance avec Moscou. Ce double jeu diplomatique est considéré comme habile par plusieurs chancelleries européennes citées par Al Quds, mais il suscite aussi des interrogations sur la sincérité de Pékin à défendre le droit international.

La Chine, à travers sa politique dite de « connectivité souveraine », propose également de nouveaux projets d’infrastructure dans les Balkans, en Afrique et en Amérique latine. Ces initiatives, relayées dans Al Sharq Al Awsat, visent à renforcer l’influence économique et politique chinoise en dehors des sphères de l’OTAN. Cette expansion est vue par les États-Unis comme une menace indirecte, notamment dans le contexte du désengagement partiel de leurs forces armées.

Washington craint notamment une forme de recomposition géopolitique sous impulsion sino-russe, qui reléguerait l’Europe au second plan. Le discours américain sur le « recentrage stratégique » masque difficilement l’inquiétude croissante face à une Asie plus structurée et plus active diplomatiquement.

Les équilibres méditerranéens sous tension

La guerre à Gaza et ses répercussions sur le Liban viennent s’ajouter à ce tableau international fragmenté. Plusieurs journaux insistent sur l’interconnexion entre les foyers de tension : Europe de l’Est, Proche-Orient, et Méditerranée. Al 3arabi Al Jadid (20/08/2025) souligne que la France et l’Italie ont renforcé leur présence navale dans la zone pour sécuriser les routes énergétiques, notamment autour du canal de Suez et du port de Chypre.

Ces déploiements sont officiellement justifiés par la nécessité de protéger les approvisionnements stratégiques en gaz. Toutefois, selon des sources militaires françaises citées par Al Quds, ils visent aussi à dissuader toute tentative d’élargissement du conflit israélo-palestinien vers le Liban ou la Syrie. Cette militarisation progressive des approches méditerranéennes s’inscrit dans une logique de « containment souple », selon l’expression utilisée par un diplomate européen anonyme.

Al Liwa’ (20/08/2025) rapporte que plusieurs États arabes, dont l’Égypte et la Jordanie, ont intensifié leurs contacts avec Moscou pour éviter une généralisation des conflits dans la région. Ces démarches diplomatiques sont présentées comme des efforts de stabilisation, mais elles traduisent aussi un affaiblissement des mécanismes collectifs traditionnels, tels que la Ligue arabe ou l’ONU, perçus comme inefficaces ou paralysés.

Enfin, Al Sharq Al Awsat (20/08/2025) rappelle que l’Arabie Saoudite poursuit ses discussions avec la Russie et la Chine dans un format trilatéral sur les questions énergétiques et sécuritaires. Cette initiative, bien que discrète, pourrait redessiner les alliances traditionnelles dans la région, au détriment de l’axe occidental.

Économie : paralysie bancaire, effondrement du commerce et tensions sur les aides internationales

La question du gel bancaire et la défiance croissante envers le secteur financier

Le 20 août 2025, Al Akhbar revient longuement sur l’état du secteur bancaire libanais, toujours paralysé par le gel des avoirs des déposants, près de six ans après l’éclatement de la crise monétaire. Le journal souligne que la Banque du Liban, sous la direction de Karim Souaid, continue d’imposer un régime de restrictions sur les retraits en devises, en dépit de l’absence de cadre légal formel. Cette situation nourrit une défiance généralisée, affectant l’ensemble de l’économie réelle.

D’après le journal, les clients des banques libanaises sont toujours contraints de retirer leurs fonds en livres libanaises, au taux officiel de 15 000 LBP pour un dollar, alors que le taux réel sur le marché noir avoisine les 85 000 LBP. Cette distorsion prive les déposants d’environ 80 % de la valeur de leur épargne. Al Akhbar indique que cette pratique, dénoncée par plusieurs ONG locales comme une forme de confiscation systémique, est au cœur de plusieurs procédures judiciaires en cours.

Le même quotidien rappelle que le gouvernement a échoué à faire adopter une loi de contrôle des capitaux, en raison des divergences entre les partis représentés au Parlement. Ce vide juridique laisse les banques libres de fixer unilatéralement les plafonds de retraits et les modalités de transfert à l’étranger. Cette absence de régulation génère un climat d’incertitude juridique, qui dissuade tout investissement domestique ou étranger.

Selon des estimations publiées dans Al Akhbar (20/08/2025), les pertes du secteur bancaire dépasseraient actuellement les 72 milliards de dollars, un chiffre qui inclut à la fois les dettes de l’État, les obligations du Trésor non remboursées et les déficits en devises. Le journal souligne que les négociations avec le FMI sont au point mort depuis l’automne 2024, faute de réformes structurelles adoptées. L’institution internationale conditionne tout programme d’aide à une restructuration formelle des banques, à laquelle s’opposent toujours les principales associations bancaires libanaises.

Effondrement du commerce extérieur et contraction de la production

La dégradation du secteur financier se reflète dans les performances du commerce extérieur. Al Sharq (20/08/2025) publie une synthèse des chiffres provisoires des douanes pour le premier semestre 2025. Les importations ont chuté de 28 % en volume par rapport à la même période en 2024, avec un effondrement marqué des biens d’équipement (-40 %) et des produits alimentaires (-22 %). Cette baisse est attribuée au double effet de la crise monétaire et de l’instabilité sécuritaire.

Le journal précise que la part des importations en provenance de Turquie a augmenté, représentant désormais 18 % du total, contre 12 % en 2023. Cette évolution s’explique par la dépréciation de la livre turque et la proximité logistique. En revanche, les importations en provenance de l’Union européenne ont diminué de 35 %, en raison notamment des restrictions de crédit imposées par les banques libanaises sur les paiements extérieurs.

Du côté des exportations, Al Sharq indique une contraction de 14 % en valeur, principalement due à la baisse de la demande dans les pays du Golfe. Les exportations agricoles, en particulier, sont en chute libre. Le journal cite un rapport de l’Union des agriculteurs du Sud, selon lequel la fermeture partielle du poste frontalier de Masnaa avec la Syrie a provoqué des pertes estimées à 23 millions de dollars sur les cinq premiers mois de l’année.

Al Liwa’ (20/08/2025) revient également sur le recul du secteur industriel, qui a vu sa production diminuer de 17 % au premier semestre. Plusieurs usines textiles et agroalimentaires ont suspendu leurs activités, faute d’accès au crédit et à l’électricité. Le journal rapporte que le Syndicat des industriels libanais a adressé une lettre ouverte au ministère de l’Économie pour réclamer un plan d’urgence de soutien au secteur, mais sans réponse à ce jour.

Enfin, Ad Diyar (20/08/2025) évoque l’effondrement du commerce de détail dans la capitale. Le journal cite une enquête menée auprès de 200 commerçants à Beyrouth, dont 68 % ont réduit leurs effectifs depuis janvier, et 24 % envisagent une fermeture définitive avant la fin de l’année. Cette situation reflète une chute continue de la consommation, aggravée par l’inflation et l’érosion des revenus.

Blocage des aides internationales et perte de crédibilité de l’État

La paralysie institutionnelle a également des effets directs sur la capacité du Liban à mobiliser l’aide internationale. Al Joumhouriyat (20/08/2025) rapporte que plusieurs bailleurs de fonds, dont l’Union européenne et la Banque mondiale, ont suspendu une partie de leurs programmes en attente de garanties sur la transparence des fonds. Le journal indique que sur les 2,3 milliards de dollars promis lors de la conférence de soutien de Bruxelles en 2023, seuls 730 millions ont été effectivement déboursés.

Le journal précise que la France a conditionné le versement de ses aides bilatérales à des engagements clairs sur la réforme de l’administration fiscale et douanière. Cette exigence vise à s’assurer que les ressources ne soient pas détournées, comme ce fut le cas dans plusieurs précédents programmes. Al Joumhouriyat évoque en particulier un projet d’aide alimentaire de 18 millions d’euros, gelé depuis avril, faute d’accord sur les mécanismes de distribution.

Al Binaa’ (20/08/2025) souligne que les agences de notation internationales continuent de classer le Liban en catégorie de défaut partiel, ce qui empêche toute levée de fonds sur les marchés. Le journal rappelle que la dette publique libanaise dépasse désormais les 170 % du PIB, un record historique, et que le service de la dette représente plus de 40 % des dépenses publiques. Cette situation crée un cercle vicieux dans lequel l’État ne peut ni emprunter, ni réduire ses dépenses, ni relancer l’économie.

Dans ce contexte, Al Sharq Al Awsat (20/08/2025) rapporte que le FMI envisage de suspendre ses discussions avec Beyrouth jusqu’à nouvel ordre. L’institution considère que les conditions minimales de stabilité institutionnelle ne sont pas réunies, en l’absence d’un consensus politique sur les réformes. Un conseiller du FMI, cité anonymement, déclare : « Nous ne pouvons plus attendre que le Liban règle seul des contradictions internes non résolues depuis des années. »

Le secteur informel et les mécanismes alternatifs de survie

Face à l’effondrement des structures formelles, une part croissante de l’économie libanaise bascule dans l’informalité. Al Akhbar (20/08/2025) estime que plus de 60 % des transactions commerciales en milieu urbain s’effectuent désormais en dollars, en dehors du circuit bancaire officiel. Cette dollarisation de fait crée un système économique parallèle, largement non fiscalisé, mais vital pour une majorité de la population.

Le journal cite des témoignages de commerçants à Tripoli et Saïda, qui affirment ne plus utiliser la livre libanaise pour leurs achats de gros. Des circuits de change informels, opérant en parallèle du marché noir, se sont développés autour des souks et des ports secondaires. Cette situation échappe totalement au contrôle de la Banque du Liban, qui n’a plus les moyens techniques de réguler ces flux.

Al Liwa’ (20/08/2025) rapporte que certains groupes communautaires et organisations locales ont mis en place des systèmes de troc et de crédits mutuels. Ces initiatives, bien que limitées en volume, permettent de répondre à certains besoins de base dans les zones rurales. Le journal cite un exemple dans la région de Bint Jbeil, où des agriculteurs ont organisé un système d’échange de produits contre des services de réparation ou d’enseignement.

Enfin, Al 3arabi Al Jadid (20/08/2025) évoque l’émergence d’une économie parallèle autour des ONG. Plusieurs organisations locales et internationales ont repris des fonctions sociales jadis dévolues à l’État, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’alimentation. Ce phénomène crée une forme de gouvernance fragmentée, dans laquelle l’accès aux services dépend de la proximité avec les réseaux d’aide.

Justice : corruption persistante, blocages institutionnels et impunités structurelles

Le dossier du port de Beyrouth dans l’impasse judiciaire

Le 20 août 2025, Al Akhbar consacre une large part de sa couverture judiciaire au dossier de l’explosion du port de Beyrouth, survenue le 4 août 2020, et toujours sans issue juridique concrète. Le journal souligne que le juge Tarek Bitar, en charge du dossier depuis février 2021, reste de facto suspendu dans ses fonctions, en raison des recours incessants déposés contre lui par des parties civiles et politiques.

Al Akhbar rappelle que la dernière décision de la Cour de cassation, intervenue le 10 juillet 2025, a gelé toutes les procédures en cours, en invoquant un « vice de procédure » dans les dernières convocations émises. Le journal cite un membre du syndicat des avocats de Beyrouth selon lequel cette décision a pour effet de « neutraliser définitivement l’instruction », en l’absence d’une relance politique explicite.

La suspension du juge Bitar a été interprétée par plusieurs observateurs comme un signe de la mainmise croissante des partis politiques sur l’appareil judiciaire. Al Akhbar évoque notamment l’influence du mouvement Amal, dont plusieurs cadres sont visés indirectement dans l’affaire, et qui aurait exercé des pressions pour que le dossier soit transféré à une juridiction militaire. Cette éventualité est décrite comme une tentative de « dilution des responsabilités » dans une chaîne de commandement plus opaque.

Ad Diyar (20/08/2025) complète ces informations en révélant que les familles des victimes ont organisé un nouveau sit-in devant le Palais de Justice de Beyrouth. Les manifestants réclament la réactivation immédiate du dossier, et dénoncent une « justice complice de l’impunité politique ». Une délégation a été reçue par le bâtonnier de Beyrouth, sans promesse d’action immédiate. Le journal souligne que ces rassemblements sont devenus moins fréquents mais demeurent symboliquement puissants.

Le blocage du dossier du port constitue l’un des symboles de la faillite judiciaire au Liban. Selon Al Akhbar, aucun responsable d’envergure n’a été officiellement inculpé à ce jour, en dépit de preuves matérielles sur la connaissance du risque lié au nitrate d’ammonium stocké dans l’entrepôt 12. Cette situation renforce l’idée que la justice libanaise est incapable de traiter les affaires où la responsabilité politique est en jeu.

Corruption dans les marchés publics et absence de mécanismes de contrôle

Le 20 août 2025, Al Joumhouriyat publie une enquête sur les dysfonctionnements persistants dans la passation des marchés publics. Le journal s’appuie sur un rapport confidentiel de la Cour des comptes, fuité au cours du mois d’août, qui mentionne des irrégularités dans 37 appels d’offres attribués entre janvier et juin 2025, pour un montant cumulé estimé à 42 millions de dollars.

Selon le journal, ces irrégularités portent principalement sur des procédures de gré à gré injustifiées, des appels d’offres annulés sans motif et des entreprises attributaires créées moins de six mois avant la signature du contrat. La Cour des comptes aurait notamment mis en cause la Direction des travaux publics, ainsi que certaines mairies de la Békaa et du Nord. Aucun nom de responsable n’est officiellement cité dans le rapport, mais des sources internes évoquent « des interférences politiques massives ».

Al Joumhouriyat précise que les mécanismes de contrôle prévus par la loi sur les marchés publics, adoptée en 2021, ne sont toujours pas pleinement en vigueur. Le Comité de supervision indépendant, censé être opérationnel depuis janvier 2023, n’a toujours pas été constitué. Cette carence permet aux ministères et aux institutions autonomes de gérer leurs budgets de manière discrétionnaire, sans audit préalable.

Le journal signale également que la Banque mondiale a émis une alerte concernant deux projets cofinancés avec l’État libanais, l’un portant sur la réhabilitation des routes secondaires, l’autre sur le secteur de l’irrigation. Dans une lettre adressée au ministère des Finances, dont Al Joumhouriyat publie des extraits, l’institution internationale évoque « des soupçons d’attribution frauduleuse », et menace de suspendre les décaissements si aucun mécanisme de correction n’est instauré dans les 60 jours.

Enfin, Al Binaa (20/08/2025) indique que le Parlement n’a pas encore renouvelé le mandat de la Commission nationale de lutte contre la corruption. Cette instance, créée en 2020, est aujourd’hui inactive en raison de l’absence de quorum à la Chambre des députés. Le journal souligne que cette paralysie législative empêche toute action corrective structurelle, dans un pays où plus de 65 % des fonctionnaires admettent, selon une enquête publiée en 2024, avoir été témoins d’actes de corruption dans leur administration.

Multiplication des affaires de violences et d’impunité policière

Al Liwa’ (20/08/2025) consacre sa page intérieure à une série de faits divers ayant suscité une vive émotion publique. Le journal rapporte qu’un jeune homme de 17 ans a été retrouvé mort à Nabatieh, après avoir été brièvement détenu au poste de police local. Selon la famille, citée par le journal, le jeune homme présentait des traces de coups sur le visage et le torse. Une enquête administrative a été ouverte, mais aucune suspension n’a été prononcée à ce stade.

L’article souligne que ce cas s’ajoute à huit autres décès suspects en garde à vue recensés depuis janvier 2025, dans différentes régions du pays. Ces affaires, souvent étouffées, relancent la question du recours excessif à la force par les services de sécurité. Le Syndicat des avocats a adressé une lettre au ministre de l’Intérieur pour réclamer une réforme du code de procédure pénale, en particulier sur les droits des détenus.

Al Akhbar (20/08/2025) revient également sur une vidéo virale montrant deux policiers frappant un vendeur ambulant à Beyrouth. Le ministre de l’Intérieur aurait demandé un rapport disciplinaire, mais le journal affirme que les deux agents ont simplement été déplacés vers un autre commissariat. Cette absence de sanctions visibles alimente un sentiment d’impunité, dénoncé par plusieurs ONG.

Dans le même registre, Al 3arabi Al Jadid (20/08/2025) publie une enquête sur les violences de genre, en forte augmentation selon les chiffres du Réseau libanais des droits humains. Le journal cite un rapport selon lequel 462 plaintes pour violences conjugales ont été déposées entre janvier et juillet 2025, contre 378 sur la même période en 2024. Or, seuls 18 % des dossiers ont donné lieu à des poursuites judiciaires, et à peine 7 % à une condamnation définitive. Le journal souligne l’absence de dispositifs d’hébergement pour les victimes dans la plupart des gouvernorats.

Le secteur judiciaire à l’épreuve de ses divisions internes

Enfin, Al Sharq (20/08/2025) revient sur les tensions croissantes au sein de la magistrature. Le Conseil supérieur de la magistrature, instance chargée de superviser les nominations et les carrières des juges, est paralysé depuis mars, faute de consensus politique sur les nouveaux membres à nommer. Cette situation a pour effet de bloquer plus de 60 affectations, entraînant des retards importants dans le traitement des affaires pénales et civiles.

Le journal précise que plusieurs juges en poste dans des juridictions clés ont adressé une lettre au ministre de la Justice pour réclamer la fin des ingérences politiques. Cette lettre, non publiée dans son intégralité, dénonce les pressions exercées par des partis pour orienter certaines procédures. Parmi les cas cités figurent des dossiers de fraude foncière dans la région de Aley, impliquant des figures proches du pouvoir.

Selon Al Sharq, cette fronde judiciaire est sans précédent depuis 2005. Elle révèle une perte de confiance profonde au sein de l’institution. Le journal conclut en affirmant que le système judiciaire libanais est aujourd’hui confronté à une crise structurelle, dans laquelle l’indépendance des magistrats, la transparence des procédures et la responsabilité des agents publics sont gravement compromises.

Société : crise sociale, exodes internes et fractures communautaires

Pauvreté généralisée et effondrement des services de base

Le 20 août 2025, Al Joumhouriyat consacre une double page aux conséquences sociales de la crise multidimensionnelle que traverse le Liban. Le journal souligne une aggravation notable de la pauvreté, avec des chiffres alarmants publiés par le Programme alimentaire mondial : plus de 78 % des ménages libanais vivraient désormais sous le seuil de pauvreté, dont 43 % dans l’extrême pauvreté. Cette situation touche l’ensemble des régions, y compris les zones traditionnellement favorisées du Mont-Liban.

Le journal s’intéresse notamment au secteur de la santé, en voie d’effondrement selon plusieurs médecins interrogés. Le système hospitalier public, déjà sous-financé, fait face à une pénurie chronique de médicaments, de matériel de base et de personnel. Dans la banlieue sud de Beyrouth, le Centre hospitalier de Ghobeiry aurait réduit ses admissions de 60 % en un an, en raison de la fuite des infirmiers vers l’étranger. Le syndicat des praticiens hospitaliers chiffre à 2 800 le nombre de médecins ayant quitté le pays depuis janvier 2022.

Al Akhbar (20/08/2025) rapporte que plusieurs écoles publiques ont annoncé qu’elles ne rouvriraient pas leurs portes à la rentrée prochaine, faute de moyens pour financer l’entretien, les fournitures et le personnel. Le ministère de l’Éducation, interrogé par le journal, n’a pas communiqué de plan de sauvetage, se contentant d’annoncer « une révision des priorités budgétaires ». Le journal précise que plus de 450 établissements scolaires publics seraient menacés de fermeture.

Dans les quartiers populaires de Tripoli, Al Liwa’ (20/08/2025) signale une montée inquiétante de la mendicité infantile. Des ONG locales estiment que plus de 12 000 enfants vivent aujourd’hui dans la rue ou dans des logements insalubres, sans accès à l’école ni suivi médical. Le journal souligne que les efforts de recensement sont rendus quasi impossibles par l’absence de coordination entre les organismes publics, les associations humanitaires et les municipalités.

Exodus internes et pression sur les zones rurales

Face à la dégradation des conditions de vie dans les centres urbains, un mouvement de retour vers les villages d’origine s’intensifie. Ad Diyar (20/08/2025) décrit un phénomène d’exode urbain qui touche principalement les jeunes familles issues de la classe moyenne déclassée. Le journal cite l’exemple de la région de Jezzine, où les inscriptions scolaires ont augmenté de 18 % par rapport à l’année précédente. Cette dynamique s’explique par la gratuité relative de la vie en milieu rural, notamment grâce aux réseaux familiaux et à l’auto-production alimentaire.

Toutefois, cette migration interne ne résout pas les problèmes structurels. Al 3arabi Al Jadid (20/08/2025) rapporte que plusieurs villages du Akkar et de la Békaa sont débordés par l’arrivée de nouveaux habitants, sans infrastructures suffisantes. À Arsal, le journal mentionne que les coupures d’eau atteignent 15 heures par jour, tandis que les dispensaires sont saturés. La pression sur les ressources locales génère des tensions croissantes entre les résidents historiques et les nouveaux arrivants, alimentant une conflictualité latente.

Le même journal signale que dans le Chouf, les autorités locales ont mis en place un système de quotas pour l’accès aux services municipaux, notamment pour les subventions à l’alimentation et à l’énergie. Cette politique, qualifiée de « discrimination déguisée » par des habitants interrogés, vise à préserver l’équilibre entre les communautés druze, sunnite et chrétienne, mais génère un climat de suspicion et de division.

Al Sharq (20/08/2025) publie un reportage sur la commune de Qana, au Sud-Liban, où une association locale tente de réhabiliter des maisons abandonnées pour loger les déplacés économiques. Le programme, soutenu par une ONG italienne, permet à 25 familles d’être relogées. Toutefois, le journal précise que ces projets restent marginaux au regard de l’ampleur de la crise. Le maire de la commune affirme que plus de 1 200 demandes de logement ont été enregistrées depuis le début de l’année, contre à peine 90 en 2023.

Fractures communautaires et défiance croissante envers l’État

L’une des conséquences les plus préoccupantes de la crise sociale est le repli communautaire, décrit en détail par Al Sharq Al Awsat (20/08/2025). Le journal rapporte que dans plusieurs quartiers de la banlieue de Beyrouth, des comités populaires affiliés à des partis communautaires assurent désormais les fonctions de base : collecte des ordures, régulation de la distribution d’eau, sécurité. Ce phénomène, qualifié d’« auto-administration informelle », illustre le désengagement progressif de l’État.

À Dahieh, le Hezbollah aurait mis en place un réseau parallèle de ravitaillement en carburant, destiné exclusivement aux habitants du quartier détenteurs d’une carte de résident locale. Al Sharq Al Awsat indique que ce système, fondé sur des bons distribués par les délégués de quartier, permet d’acheter du fioul à un prix inférieur de 30 % à celui du marché libre. Ce modèle est également reproduit par d’autres formations, notamment les Forces libanaises dans certaines zones chrétiennes du Nord.

Cette territorialisation des services crée un effet de fragmentation sociale. Al Binaa (20/08/2025) évoque l’apparition de zones de non-droit à proximité des lignes de démarcation communautaire historiques, comme à Bourj Hammoud ou à Barja. Le journal cite des témoignages de citoyens qui disent éviter certaines zones la nuit, en raison de la multiplication des barrages tenus par des milices locales ou de groupes d’autodéfense.

La défiance envers l’État se reflète également dans le taux de participation civique. Selon Al Quds (20/08/2025), moins de 5 % des citoyens libanais ont participé aux dernières consultations publiques sur les réformes administratives, organisées par le ministère de la Fonction publique. Le journal indique que ce chiffre est en chute libre par rapport à 2020, où plus de 22 % des citoyens avaient répondu à des initiatives similaires. Cette désaffiliation civique traduit une rupture profonde entre l’administration centrale et la société.

Précarisation du travail et informalité dominante

La question de l’emploi est omniprésente dans les articles du 20 août 2025. Al Sharq consacre un dossier complet à la montée du travail informel. Le journal indique que plus de 65 % de la population active travaille sans contrat, sans assurance et sans accès aux prestations sociales. Cette précarité touche toutes les classes sociales, y compris les diplômés de l’enseignement supérieur, dont beaucoup travaillent comme livreurs, chauffeurs ou vendeurs à la sauvette.

Dans les zones rurales, Al Joumhouriyat rapporte que des systèmes de travail saisonnier non déclaré se sont généralisés, notamment dans le secteur agricole. Des intermédiaires recrutent de la main-d’œuvre quotidienne pour des salaires journaliers allant de 70 000 à 120 000 LBP (soit entre 0,8 et 1,4 dollar au taux du marché noir). Ces conditions de travail, proches de l’exploitation, sont tolérées faute de contrôle du ministère du Travail.

Le journal souligne également l’absence de toute politique publique en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes. Le chômage des moins de 30 ans dépasserait 50 % selon les dernières estimations de la Banque mondiale. Cette réalité alimente un sentiment d’abandon généralisé, que les partis politiques peinent à canaliser.

Société : crise sociale, exodes internes et fractures communautaires

Pauvreté généralisée et effondrement des services de base

Le 20 août 2025, Al Joumhouriyat consacre une double page aux conséquences sociales de la crise multidimensionnelle que traverse le Liban. Le journal souligne une aggravation notable de la pauvreté, avec des chiffres alarmants publiés par le Programme alimentaire mondial : plus de 78 % des ménages libanais vivraient désormais sous le seuil de pauvreté, dont 43 % dans l’extrême pauvreté. Cette situation touche l’ensemble des régions, y compris les zones traditionnellement favorisées du Mont-Liban.

Le journal s’intéresse notamment au secteur de la santé, en voie d’effondrement selon plusieurs médecins interrogés. Le système hospitalier public, déjà sous-financé, fait face à une pénurie chronique de médicaments, de matériel de base et de personnel. Dans la banlieue sud de Beyrouth, le Centre hospitalier de Ghobeiry aurait réduit ses admissions de 60 % en un an, en raison de la fuite des infirmiers vers l’étranger. Le syndicat des praticiens hospitaliers chiffre à 2 800 le nombre de médecins ayant quitté le pays depuis janvier 2022.

Al Akhbar (20/08/2025) rapporte que plusieurs écoles publiques ont annoncé qu’elles ne rouvriraient pas leurs portes à la rentrée prochaine, faute de moyens pour financer l’entretien, les fournitures et le personnel. Le ministère de l’Éducation, interrogé par le journal, n’a pas communiqué de plan de sauvetage, se contentant d’annoncer « une révision des priorités budgétaires ». Le journal précise que plus de 450 établissements scolaires publics seraient menacés de fermeture.

Dans les quartiers populaires de Tripoli, Al Liwa’ (20/08/2025) signale une montée inquiétante de la mendicité infantile. Des ONG locales estiment que plus de 12 000 enfants vivent aujourd’hui dans la rue ou dans des logements insalubres, sans accès à l’école ni suivi médical. Le journal souligne que les efforts de recensement sont rendus quasi impossibles par l’absence de coordination entre les organismes publics, les associations humanitaires et les municipalités.

Exodus internes et pression sur les zones rurales

Face à la dégradation des conditions de vie dans les centres urbains, un mouvement de retour vers les villages d’origine s’intensifie. Ad Diyar (20/08/2025) décrit un phénomène d’exode urbain qui touche principalement les jeunes familles issues de la classe moyenne déclassée. Le journal cite l’exemple de la région de Jezzine, où les inscriptions scolaires ont augmenté de 18 % par rapport à l’année précédente. Cette dynamique s’explique par la gratuité relative de la vie en milieu rural, notamment grâce aux réseaux familiaux et à l’auto-production alimentaire.

Toutefois, cette migration interne ne résout pas les problèmes structurels. Al 3arabi Al Jadid (20/08/2025) rapporte que plusieurs villages du Akkar et de la Békaa sont débordés par l’arrivée de nouveaux habitants, sans infrastructures suffisantes. À Arsal, le journal mentionne que les coupures d’eau atteignent 15 heures par jour, tandis que les dispensaires sont saturés. La pression sur les ressources locales génère des tensions croissantes entre les résidents historiques et les nouveaux arrivants, alimentant une conflictualité latente.

Le même journal signale que dans le Chouf, les autorités locales ont mis en place un système de quotas pour l’accès aux services municipaux, notamment pour les subventions à l’alimentation et à l’énergie. Cette politique, qualifiée de « discrimination déguisée » par des habitants interrogés, vise à préserver l’équilibre entre les communautés druze, sunnite et chrétienne, mais génère un climat de suspicion et de division.

Al Sharq (20/08/2025) publie un reportage sur la commune de Qana, au Sud-Liban, où une association locale tente de réhabiliter des maisons abandonnées pour loger les déplacés économiques. Le programme, soutenu par une ONG italienne, permet à 25 familles d’être relogées. Toutefois, le journal précise que ces projets restent marginaux au regard de l’ampleur de la crise. Le maire de la commune affirme que plus de 1 200 demandes de logement ont été enregistrées depuis le début de l’année, contre à peine 90 en 2023.

Fractures communautaires et défiance croissante envers l’État

L’une des conséquences les plus préoccupantes de la crise sociale est le repli communautaire, décrit en détail par Al Sharq Al Awsat (20/08/2025). Le journal rapporte que dans plusieurs quartiers de la banlieue de Beyrouth, des comités populaires affiliés à des partis communautaires assurent désormais les fonctions de base : collecte des ordures, régulation de la distribution d’eau, sécurité. Ce phénomène, qualifié d’« auto-administration informelle », illustre le désengagement progressif de l’État.

À Dahieh, le Hezbollah aurait mis en place un réseau parallèle de ravitaillement en carburant, destiné exclusivement aux habitants du quartier détenteurs d’une carte de résident locale. Al Sharq Al Awsat indique que ce système, fondé sur des bons distribués par les délégués de quartier, permet d’acheter du fioul à un prix inférieur de 30 % à celui du marché libre. Ce modèle est également reproduit par d’autres formations, notamment les Forces libanaises dans certaines zones chrétiennes du Nord.

Cette territorialisation des services crée un effet de fragmentation sociale. Al Binaa (20/08/2025) évoque l’apparition de zones de non-droit à proximité des lignes de démarcation communautaire historiques, comme à Bourj Hammoud ou à Barja. Le journal cite des témoignages de citoyens qui disent éviter certaines zones la nuit, en raison de la multiplication des barrages tenus par des milices locales ou de groupes d’autodéfense.

La défiance envers l’État se reflète également dans le taux de participation civique. Selon Al Quds (20/08/2025), moins de 5 % des citoyens libanais ont participé aux dernières consultations publiques sur les réformes administratives, organisées par le ministère de la Fonction publique. Le journal indique que ce chiffre est en chute libre par rapport à 2020, où plus de 22 % des citoyens avaient répondu à des initiatives similaires. Cette désaffiliation civique traduit une rupture profonde entre l’administration centrale et la société.

Précarisation du travail et informalité dominante

La question de l’emploi est omniprésente dans les articles du 20 août 2025. Al Sharq consacre un dossier complet à la montée du travail informel. Le journal indique que plus de 65 % de la population active travaille sans contrat, sans assurance et sans accès aux prestations sociales. Cette précarité touche toutes les classes sociales, y compris les diplômés de l’enseignement supérieur, dont beaucoup travaillent comme livreurs, chauffeurs ou vendeurs à la sauvette.

Dans les zones rurales, Al Joumhouriyat rapporte que des systèmes de travail saisonnier non déclaré se sont généralisés, notamment dans le secteur agricole. Des intermédiaires recrutent de la main-d’œuvre quotidienne pour des salaires journaliers allant de 70 000 à 120 000 LBP (soit entre 0,8 et 1,4 dollar au taux du marché noir). Ces conditions de travail, proches de l’exploitation, sont tolérées faute de contrôle du ministère du Travail.

Le journal souligne également l’absence de toute politique publique en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes. Le chômage des moins de 30 ans dépasserait 50 % selon les dernières estimations de la Banque mondiale. Cette réalité alimente un sentiment d’abandon généralisé, que les partis politiques peinent à canaliser.

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