mercredi, janvier 21, 2026

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Revue de presse du 25/09/25: Escalade militaire au Sud, le spectre d’un nouveau conflit

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Le 25 septembre 2025, les quotidiens libanais ont consacré leurs unes aux tensions sécuritaires croissantes aux frontières sud du pays, à la guerre en cours dans la bande de Gaza, ainsi qu’à la présence du président Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam à l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Le climat national reste profondément marqué par les divisions politiques internes, tandis que les risques d’escalade régionale suscitent des inquiétudes transversales.

Selon Ad Diyar (25/09/2025), les propos tenus par l’émissaire américain Tom Barrack lors de ses précédentes visites au Liban ont provoqué une onde de choc parmi les responsables politiques libanais. Barrack a averti les dirigeants de Beyrouth, dont le président Joseph Aoun, le président du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam, que les États-Unis et Israël se préparaient à une opération militaire conjointe si le Liban ne démontrait pas clairement sa volonté de démanteler les structures armées du Hezbollah. Ce message, qualifié d’ultimatum par Ad Diyar, aurait été accompagné de plans concrets impliquant des frappes ciblées dans la Békaa et dans le sud du pays.

De son côté, Al Joumhouriyat (25/09/2025) rapporte que les services de sécurité libanais sont en état d’alerte maximale à l’approche de l’anniversaire de l’assassinat de Hassan Nasrallah, et que des mesures de sécurité exceptionnelles ont été déployées autour des zones sensibles. L’armée libanaise, soutenue logistiquement par les États-Unis selon Ad Diyar, aurait intensifié ses patrouilles et renforcé ses positions stratégiques dans l’attente d’éventuelles hostilités.

Al Bina’ (25/09/2025) évoque quant à lui les efforts du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour exporter la dynamique de la guerre de Gaza vers le front libanais. Le journal suggère que Tel-Aviv pourrait chercher à provoquer une confrontation limitée au Liban pour obtenir une victoire symbolique après les échecs enregistrés dans l’enclave palestinienne. Dans cette perspective, le journal souligne que l’échec du pari libanais de neutralité pourrait pousser Israël à élargir son théâtre d’opérations militaires.

La guerre à Gaza : une ligne rouge diplomatique

Les répercussions de la guerre à Gaza sont également omniprésentes dans les colonnes de Al Sharq Al Awsat(25/09/2025), Al 3arabi Al Jadid (25/09/2025) et Al Akhbar (25/09/2025). Ces titres relaient les informations sur l’intensification des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, avec un bilan qui dépasse les 80 morts en une seule journée selon Al 3arabi Al Jadid. Le même journal rapporte également que l’armée israélienne vise à diviser le nord de Gaza pour isoler les zones de résistance, notamment en coupant les axes logistiques du Hamas.

Le président américain Donald Trump aurait présenté, selon Al Sharq Al Awsat, une proposition de cessez-le-feu aux dirigeants arabes réunis à New York. Cette proposition inclut l’établissement d’une autorité de transition à Gaza sans la participation du Hamas, la libération des otages et un retrait progressif d’Israël. Ce projet, qui prévoit la participation de forces arabes et islamiques dans la stabilisation de l’enclave, aurait reçu un accueil prudent de la part des États concernés.

La position du Liban reste officiellement alignée sur une condamnation des violences, tout en évitant une implication directe. Toutefois, selon Al Liwa’ (25/09/2025), la délégation libanaise à l’ONU aurait exprimé en coulisses sa vive inquiétude quant à la possibilité que les tensions se propagent vers le sud du pays.

Intervention du président Joseph Aoun à l’ONU : entre affirmation de souveraineté et prudence stratégique

Lors de son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, le président libanais Joseph Aoun a, selon Al Sharq (25/09/2025), affirmé la position du Liban en faveur de la paix régionale tout en défendant le droit du pays à préserver ses moyens de défense. Ce discours aurait été salué par certaines délégations arabes mais a aussi provoqué une sortie symbolique de plusieurs délégations alliées d’Israël lorsque le président israélien a pris la parole. Al Sharqsouligne que ce geste illustre la polarisation croissante au sein de l’enceinte onusienne, y compris autour de la question libanaise.

Toujours selon la même source, Aoun a insisté sur le caractère inacceptable des menaces militaires proférées contre le Liban et a appelé à la levée des pressions internationales visant à imposer un désarmement unilatéral du Hezbollah, sans garantie de sécurité ni cadre régional stable. Il a également évoqué les tensions en Syrie et les implications pour le territoire libanais.

Fracture politique intérieure : entre soutien conditionnel et polémiques ouvertes

La presse du jour reflète aussi une polarisation croissante au sein des partis politiques libanais. Al Joumhouriyat(25/09/2025) évoque une perte de confiance généralisée dans la capacité de la classe politique à faire face à la crise, y compris chez les alliés traditionnels de l’exécutif. Des figures de l’opposition dénoncent un « alignement hasardeux » de la diplomatie libanaise sur les axes américains ou arabes, tandis que d’autres, à l’instar de députés proches du courant du président, insistent sur la nécessité d’une « ligne d’équilibre stratégique » face aux pressions internationales.

Al Akhbar (25/09/2025), dans un article analysant les dynamiques internes du Hezbollah après le retrait de Hassan Nasrallah et l’arrivée de Naim Kassem, met en lumière les tensions de leadership et les difficultés de mobilisation militante dans le contexte actuel. La succession n’a pas été sans créer des désaccords, notamment sur les réponses à adopter face aux menaces d’Israël et aux injonctions américaines.

Selon An Nahar (25/09/2025), des manifestations limitées ont eu lieu à Beyrouth en soutien à la cause palestinienne. Les manifestants ont aussi critiqué l’inaction du gouvernement et les divisions internes, appelant à une réponse plus ferme contre les frappes israéliennes et en soutien aux civils de Gaza.

Un climat sécuritaire sous haute tension

Sur le plan sécuritaire, Al Joumhouriyat rapporte que plusieurs régions du sud, notamment Tyr et Marjayoun, ont connu une recrudescence de survols israéliens, accompagnés de largages de tracts avertissant les populations de rester à l’écart de certaines zones. Des échanges de tirs sporadiques ont aussi été rapportés, bien que sans victimes civiles selon les informations disponibles.

Enfin, Ad Diyar et Al Bina’ insistent sur le fait que la région vit une phase critique où la moindre étincelle pourrait provoquer une explosion généralisée. Ils soulignent la responsabilité des acteurs internationaux à garantir une désescalade, tout en appelant le Liban à renforcer ses capacités diplomatiques et militaires pour faire face aux défis imminents.

Politique locale : désaccords stratégiques, mobilisations fragmentées et tensions institutionnelles

Le 25 septembre 2025, les journaux libanais s’accordent à dresser un tableau instable de la scène politique intérieure. Le pays se trouve confronté à une convergence de crises : menaces israéliennes à sa frontière sud, pressions diplomatiques américaines, blocages institutionnels persistants, dissensions au sein du gouvernement et polarisation des forces sociales. Dans ce contexte, la presse du jour détaille les mouvements internes aux institutions, les positions divergentes des acteurs politiques, ainsi que l’état d’alerte dans plusieurs régions.

Affrontement latent entre les piliers de l’exécutif

Ad Diyar (25/09/2025) rapporte que les échanges entre les chefs des trois pouvoirs – le président Joseph Aoun, le président du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam – ont été dominés par les menaces exprimées par l’envoyé spécial américain Tom Barrack. Ce dernier aurait présenté au Liban une exigence claire : faire preuve d’un engagement tangible en faveur du désarmement des groupes armés non étatiques. En cas d’inaction, les États-Unis laisseraient à Israël le feu vert pour une opération militaire localisée, notamment dans la Békaa. Le journal souligne que cet ultimatum a provoqué des divergences immédiates entre Joseph Aoun, qui a exprimé des réserves sur les implications sécuritaires internes, et Nawaf Salam, qui aurait proposé d’ouvrir une voie diplomatique indirecte pour désamorcer les tensions.

Selon Al Akhbar (25/09/2025), ces divergences se sont manifestées dans la communication des deux responsables depuis New York. Tandis que Joseph Aoun a insisté dans son discours à l’ONU sur le droit du Liban à disposer de ses moyens de défense et à maintenir sa souveraineté sur tout le territoire, Nawaf Salam aurait tenu des réunions bilatérales discrètes avec plusieurs diplomates arabes et occidentaux dans le but de sonder les conditions d’un apaisement conditionné au gel temporaire des activités armées dans le sud du pays.

Al Sharq (25/09/2025) évoque le malaise suscité à Beyrouth par ces prises de position différenciées. Des membres du gouvernement, issus des partis alliés au Hezbollah, auraient exprimé leur inquiétude devant les déclarations jugées ambiguës de Salam. En parallèle, certains députés de l’opposition accusent Joseph Aoun de vouloir préserver le statu quo militaire, au détriment de l’image du Liban sur la scène internationale.

Un Parlement inerte, fragmenté par des lignes de fracture communautaire et stratégique

La presse s’accorde sur un constat d’échec des tentatives de relance de l’activité parlementaire. Al Joumhouriyat(25/09/2025) indique que le président Nabih Berri a tenté de convoquer une session législative exceptionnelle afin d’examiner plusieurs projets de loi en suspens, notamment relatifs à la sécurité intérieure, au financement de l’armée et à la régulation des armes légères. Toutefois, cette initiative n’a pas obtenu l’unanimité au sein du bureau de la Chambre. Le journal précise que les blocs parlementaires souverainistes ont posé comme condition préalable la mise à l’ordre du jour d’une proposition visant à déclarer Beyrouth « zone de désarmement intégral ».

Selon Al Bina’ (25/09/2025), les groupes alliés au Hezbollah ont rejeté cette condition, qualifiée de provocation. Ils estiment que cette proposition s’inscrit dans une logique de confrontation politique inacceptable dans le contexte actuel. Le journal rapporte également qu’en signe de protestation, plusieurs députés chiites ont quitté la réunion du bureau du Parlement sans faire de déclaration.

An Nahar (25/09/2025) fait état d’une autre ligne de rupture, entre le Courant patriotique libre et ses anciens alliés. Des députés affiliés au CPL auraient exprimé leur désaccord avec le président du Parlement sur la question de l’urgence législative, appelant à une nouvelle lecture des priorités nationales, centrée sur l’unification des politiques de défense et le renforcement de l’armée.

Multiplication des réunions de coordination sécuritaire et renforcement de la présence militaire dans les zones sensibles

Face à la paralysie institutionnelle, l’appareil sécuritaire tente d’occuper le vide politique. Al Joumhouriyat signale que l’armée libanaise a été mise en alerte dans plusieurs régions sensibles, notamment à Marjayoun, Tyr, Naqoura, ainsi que dans la Békaa centrale. Le commandement aurait reçu pour consigne du président Aoun de maintenir une présence visible, sans entrer dans une logique d’escalade.

Ad Diyar précise que les services de renseignement militaire ont été renforcés par des moyens de surveillance électronique, fournis dans le cadre d’un programme d’assistance technique américain, mais dont l’usage suscite des désaccords internes. Certains officiers redoutent que ces systèmes soient perçus comme une dépendance technologique compromettant la souveraineté décisionnelle du commandement libanais.

En parallèle, Al Liwa’ rapporte que le ministère de l’Intérieur a convoqué une réunion urgente avec les gouverneurs des mohafazat de Nabatieh, Sud, et Békaa. Cette réunion visait à établir des plans de sécurisation des axes routiers et à surveiller les mouvements de personnes suspectes. Le journal indique que les municipalités ont été sollicitées pour coopérer avec les FSI dans les dispositifs de contrôle.

Fractures dans les blocs politiques traditionnels : vers une recomposition silencieuse

La situation politique instable exacerbe les tensions au sein même des partis traditionnels. Al Akhbar évoque des dissensions au sein du Courant patriotique libre, entre la direction actuelle et certains jeunes cadres issus de la base militante, qui contestent l’orientation stratégique du parti depuis son rapprochement avec le Hezbollah. Le journal mentionne des critiques internes portant sur « l’abandon de la ligne réformiste » et sur une perte d’indépendance idéologique du mouvement.

Al Bina’ consacre un article aux divisions apparentes au sein des Forces libanaises. Le bloc parlementaire dirigé par Samir Geagea serait fracturé entre une ligne dure, favorable à une confrontation politique immédiate avec le Hezbollah, et une aile modérée, qui considère que le moment n’est pas propice à une escalade interne. Cette aile chercherait à construire une plateforme politique alternative avec le soutien de certains réseaux d’affaires et des partenaires internationaux.

An Nahar mentionne également une volonté du parti Kataëb de relancer une dynamique centriste autour d’un projet de réforme constitutionnelle, incluant la neutralité du Liban, le renforcement des pouvoirs exécutifs de l’armée et la dissolution progressive des groupes armés. Le parti chercherait à fédérer autour de ce programme des personnalités indépendantes issues de la société civile.

Tensions sociales localisées, mobilisations sectorielles et discours communautaires divergents

La situation sécuritaire et politique impacte les dynamiques sociales. Al 3arabi Al Jadid (25/09/2025) rapporte des manifestations limitées à Beyrouth, Tripoli, Saïda et Zahlé. Ces mobilisations étaient principalement motivées par la solidarité avec Gaza, mais des slogans critiquant l’inaction du gouvernement et appelant à une clarification stratégique sur la défense nationale ont aussi été entendus.

Al Liwa’ signale que dans la Békaa, à Baalbek, et dans les villages de la frontière sud, des groupes locaux ont installé des points de contrôle civils temporaires, justifiés par la peur d’infiltrations ou d’attaques israéliennes. Ces initiatives spontanées montrent un sentiment de défiance croissant envers l’État central et ses capacités à garantir la sécurité.

Al Akhbar relève que des tensions verbales ont éclaté sur les réseaux sociaux entre jeunes militants issus de différents courants confessionnels. Des messages circulant sur Telegram et WhatsApp appellent tantôt à « protéger la résistance », tantôt à « libérer le Liban de la tutelle armée ». Ces rhétoriques parallèles renforcent la polarisation du débat et la fragmentation du corps social.

Citation et discours des personnalités politiques : ligne de résistance, ambivalences diplomatiques et tensions discursives internes

La presse libanaise du 25 septembre 2025 accorde une place centrale aux déclarations officielles des principales figures de l’État et des formations politiques dans un contexte régional tendu. À l’Assemblée générale des Nations unies comme dans les journaux nationaux, les responsables libanais s’expriment sur la guerre à Gaza, les menaces israéliennes, les pressions américaines et les équilibres internes. Ces discours révèlent à la fois des lignes de clivage idéologiques et des tentatives d’unification symbolique autour de la souveraineté nationale.

Joseph Aoun à l’ONU : défense de la souveraineté, critique implicite des pressions étrangères

Le président de la République Joseph Aoun a prononcé son discours à l’ONU à New York dans un climat régional marqué par l’escalade à Gaza et la recrudescence des tensions frontalières au Sud. Selon Al Sharq (25/09/2025), Aoun a insisté sur le droit du Liban à la souveraineté pleine et entière sur l’ensemble de son territoire et a défendu « la légitimité de toute capacité nationale de défense, tant que l’État ne dispose pas de moyens équivalents pour assurer la protection de ses citoyens ». Cette formule est largement interprétée par les analystes comme un soutien indirect au maintien de l’arsenal du Hezbollah dans le contexte de confrontation avec Israël.

Toujours selon Al Sharq, Aoun a mis en garde contre les pressions internationales visant à forcer le Liban à des concessions unilatérales, qualifiant de « dangereuses » les tentatives de conditionner l’aide au pays à des réformes sécuritaires déséquilibrées. Il a déclaré : « Le Liban ne cédera pas à l’intimidation diplomatique ni à la menace militaire. Il défendra son droit à l’existence et à la paix selon ses propres moyens. »

D’après An Nahar (25/09/2025), le discours d’Aoun aurait été reçu avec réserve par certaines délégations occidentales, qui auraient regretté l’absence d’un engagement clair en faveur d’un désarmement progressif des groupes armés. Le quotidien ajoute qu’au sein de la délégation libanaise, plusieurs voix se sont félicitées de « la clarté de la position présidentielle », soulignant que cette intervention permettait de réaffirmer les principes d’indépendance nationale sans entrer dans un affrontement frontal avec les partenaires occidentaux.

Nawaf Salam : prudence stratégique et diplomatie de convergence

Le Premier ministre Nawaf Salam n’a pas tenu de discours public à l’ONU selon les journaux consultés, mais Ad Diyar(25/09/2025) et Al Liwa’ (25/09/2025) rapportent qu’il a multiplié les rencontres bilatérales en marge de l’Assemblée générale. Ces échanges incluraient des entretiens avec des diplomates américains, égyptiens et qataris. Selon les sources citées par Ad Diyar, Salam aurait insisté sur la nécessité de « maintenir la stabilité interne au Liban » et aurait évoqué la possibilité d’une « mise sous contrôle temporaire » des activités armées dans les zones sensibles, afin de désamorcer les tensions avec Israël.

Al Liwa’ mentionne également que Salam aurait transmis aux responsables américains le refus catégorique du Liban d’être entraîné dans un conflit régional, tout en s’engageant à renforcer le déploiement de l’armée au sud du pays. Il aurait souligné que « le gouvernement agit en toute responsabilité pour protéger le Liban, mais ne saurait céder à des diktats étrangers ». Cette posture est décrite par le journal comme une tentative d’équilibrer les exigences américaines et les contraintes politiques internes.

Al Sharq Al Awsat (25/09/2025) rapporte que certaines forces politiques reprochent à Salam une absence de communication claire avec le Parlement et les partis politiques représentés au gouvernement. D’après le journal, ces critiques porteraient sur une « diplomatie parallèle » menée depuis New York sans consultation institutionnelle formelle.

Nabih Berri : silence calculé et indications indirectes

Le président du Parlement Nabih Berri n’a pas fait de déclaration publique le 25 septembre 2025, mais son entourage a laissé filtrer des messages à travers Al Joumhouriyat (25/09/2025). Il y est mentionné que Berri estime que « le moment n’est pas à la polémique publique mais à la coordination discrète pour éviter le chaos ». Il aurait indiqué à ses alliés que la priorité était d’éviter toute division au sein du front chiite, tout en préservant les canaux de communication avec les partenaires arabes.

D’après les mêmes sources, Berri soutiendrait l’approche défendue par Joseph Aoun à l’ONU, et s’opposerait à toute initiative parlementaire visant à entamer un débat sur la légalité des armes du Hezbollah en pleine crise régionale. Il aurait déclaré en privé : « Ce n’est pas l’heure d’ouvrir les plaies internes, mais de préserver ce qui peut encore l’être. »

Naim Kassem : refus des concessions et menace de riposte

Al Akhbar (25/09/2025) accorde une large place à une déclaration du secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, diffusée la veille au soir à Beyrouth. Ce dernier y rejette catégoriquement les pressions américaines sur le désarmement et affirme que « toute tentative d’agression contre nos positions en territoire libanais sera accueillie par une réponse massive et immédiate ». Il poursuit : « Ce n’est pas le moment pour les compromis, mais pour la résistance. Toute attaque trouvera sa réponse sur tous les fronts. »

Le discours de Kassem reprend les fondamentaux de la rhétorique de la résistance armée : légitimité de la lutte contre Israël, coordination avec les factions palestiniennes à Gaza, et volonté de représenter un front de dissuasion au niveau régional. Il s’adresse également aux forces politiques libanaises, en déclarant : « Ceux qui, parmi nous, pensent que la paix s’obtient par la faiblesse, doivent relire l’histoire du Liban. »

Al Bina’ (25/09/2025) mentionne que ce discours a été retransmis dans les localités du Sud, où des rassemblements de soutien ont eu lieu à Nabatieh et Tyr, en réaction aux menaces israéliennes. Le journal souligne que Kassem bénéficie d’un soutien renouvelé au sein de la base populaire du Hezbollah, malgré certaines critiques internes sur la gestion politique du mouvement après le départ de Hassan Nasrallah.

Déclarations diverses de responsables parlementaires et figures secondaires

An Nahar (25/09/2025) publie des extraits d’interventions de plusieurs députés libanais lors d’émissions télévisées. Le député Samy Gemayel (Kataëb) déclare : « Le Liban est pris en otage par une milice qui refuse de rendre des comptes à l’État. Cette situation doit cesser, car elle met en danger l’ensemble du pays. » Il appelle à une session parlementaire spéciale sur la politique de défense nationale.

À l’opposé, le député Ali Fayyad, proche du Hezbollah, affirme dans Al Joumhouriyat : « Ce qui protège le Liban, ce ne sont pas les mots mais les armes. La résistance n’est pas un luxe idéologique, c’est une nécessité existentielle. » Il accuse certains partis d’« instrumentaliser la peur pour servir des agendas étrangers ».

Al Liwa’ rapporte les propos de l’ancien ministre Achraf Rifi, selon lesquels « le Liban a besoin d’un État fort, pas d’armées parallèles. Si le gouvernement ne parle pas d’une seule voix, c’est à la société civile de lui rappeler ses devoirs. »

Diplomatie : positions officielles, tractations multilatérales et équilibres régionaux sous tension

Dans les éditions libanaises du 25 septembre 2025, la diplomatie libanaise occupe une place stratégique au cœur des analyses, dans un contexte international marqué par l’intensification de la guerre à Gaza et les pressions croissantes exercées par Israël et les États-Unis. Les efforts diplomatiques de la présidence, du gouvernement et des représentations permanentes auprès de l’ONU apparaissent à la fois comme des tentatives de désamorçage de crise et des manœuvres pour préserver les marges de souveraineté du Liban face aux injonctions occidentales. Les relations avec les pays arabes, notamment le Qatar, l’Égypte, la Jordanie et l’Arabie saoudite, sont aussi mentionnées comme éléments du jeu d’équilibriste opéré par les autorités libanaises.

Discours présidentiel à l’ONU et affirmations diplomatiques de souveraineté

Dans Al Sharq (25/09/2025), le discours du président Joseph Aoun à l’ONU est présenté comme l’acte diplomatique central de la journée du 24 septembre. Le chef de l’État y a développé une ligne ferme sur la défense de la souveraineté nationale, déclarant que « le Liban rejette toute pression visant à le contraindre à une réforme sécuritaire sous menace militaire ». Il a mis en avant le droit des États faibles à maintenir des formes de défense asymétriques tant que leur armée nationale ne dispose pas des moyens logistiques et opérationnels pour faire face à une agression conventionnelle.

Cette déclaration, selon An Nahar (25/09/2025), a suscité l’intérêt de plusieurs diplomaties arabes, notamment celles du Qatar et de l’Algérie, qui ont exprimé, en marge de l’Assemblée générale, leur compréhension de la position libanaise. Toujours selon An Nahar, la délégation libanaise a organisé une série de réunions bilatérales visant à exposer la situation humanitaire dans les régions du Sud, et à plaider pour un engagement diplomatique renforcé afin d’éviter une nouvelle escalade avec Israël.

Al Joumhouriyat (25/09/2025) rapporte que le président Aoun a insisté sur le besoin urgent pour le Liban de bénéficier de soutiens internationaux pour sécuriser ses frontières sans dépendre d’opérations militaires étrangères. Il a évoqué une initiative en cours de préparation auprès du Groupe arabe à l’ONU pour une résolution réaffirmant le principe de neutralité du Liban, assortie d’un appel à la cessation immédiate des violations israéliennes de l’espace aérien libanais.

Rencontres bilatérales et efforts de médiation du Premier ministre

Le rôle diplomatique du Premier ministre Nawaf Salam fait l’objet d’une attention particulière dans les colonnes de Ad Diyar (25/09/2025). Bien qu’il n’ait pas prononcé de discours en plénière, Salam aurait conduit une série d’échanges bilatéraux avec des délégations des États-Unis, de l’Allemagne, de la France, du Qatar et de l’Égypte. Ces entretiens auraient porté, selon des sources diplomatiques citées anonymement, sur les garanties à fournir à la communauté internationale quant à la stabilité interne du Liban.

Toujours selon Ad Diyar, Salam aurait présenté aux diplomates un plan de redéploiement sécuritaire dans le sud, destiné à montrer l’engagement de l’État dans la maîtrise du territoire, sans s’engager explicitement sur le désarmement du Hezbollah. Le Premier ministre aurait souligné que « toute initiative sécuritaire crédible doit s’appuyer sur un consensus interne et éviter les effets de polarisation confessionnelle. »

Dans Al Liwa’ (25/09/2025), un article évoque les discussions informelles menées par Salam avec la mission saoudienne à New York. Le journal mentionne que Riyad aurait exprimé ses préoccupations face à une possible extension du conflit vers le Liban, tout en réitérant son attachement à l’intégrité territoriale du pays. L’Arabie saoudite, selon les informations rapportées, aurait proposé de réactiver un groupe de contact arabe pour soutenir la stabilité institutionnelle libanaise dans un cadre non-confessionnel.

Absence de message coordonné au sein de la diplomatie libanaise

La presse souligne cependant l’absence de coordination manifeste entre les différentes branches de la représentation libanaise à l’international. Al Akhbar (25/09/2025) rapporte que la délégation libanaise à New York a été divisée sur la formulation de certaines notes verbales transmises aux représentants du Conseil de sécurité. Un haut diplomate, cité anonymement, aurait regretté que « les ministères concernés n’aient pas établi de ligne diplomatique commune sur la stratégie de désescalade ». Le journal note aussi que certains diplomates libanais ont été priés de ne pas répondre aux sollicitations de la presse internationale, de crainte d’exposer publiquement ces divisions.

Al Sharq Al Awsat (25/09/2025) reprend une analyse selon laquelle la diplomatie libanaise actuelle souffre de « la coexistence de deux approches concurrentes : celle du président Aoun, axée sur la neutralité armée, et celle du Premier ministre Salam, orientée vers une diplomatie de réduction des tensions et d’adhésion aux résolutions internationales ». Ce clivage rejaillit sur les positions du Liban dans les forums multilatéraux et compromet, selon certains observateurs, la cohérence du message international du pays.

Soutiens diplomatiques arabes fragmentés mais actifs

Dans ce paysage diplomatique contrasté, les pays arabes apparaissent comme des interlocuteurs stratégiques pour Beyrouth. Al Sharq (25/09/2025) rapporte que la Jordanie a réaffirmé à la délégation libanaise son engagement en faveur d’un cessez-le-feu régional, et son soutien à une solution diplomatique au désarmement progressif dans le cadre d’un processus multilatéral. Le Qatar, selon le même journal, aurait exprimé sa disposition à accueillir un dialogue libano-israélien indirect sur les violations de la ligne bleue, à condition que le Hezbollah ne soit pas directement impliqué dans les discussions.

Dans Al 3arabi Al Jadid (25/09/2025), on apprend que l’Algérie, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a exprimé sa solidarité avec le Liban face aux menaces militaires. Elle a également proposé, dans un cadre discret, une réactivation du soutien militaire à l’armée libanaise, à travers des équipements de surveillance et une formation des officiers. Le journal précise toutefois que cette aide serait conditionnée à une séparation claire entre forces régulières et groupes armés non étatiques dans la chaîne de commandement opérationnelle.

Pressions américaines directes et lignes rouges diplomatiques

Al Akhbar (25/09/2025) évoque avec insistance la visite de l’émissaire américain Tom Barrack à la délégation libanaise à New York. Celui-ci aurait exprimé de manière directe l’exigence de Washington : des preuves tangibles de l’engagement libanais à désarmer les milices ou à défaut, la promesse de ne pas les couvrir politiquement. Toujours selon Al Akhbar, cette pression aurait été perçue par Joseph Aoun comme une tentative de coercition diplomatique, et par Nawaf Salam comme une occasion d’ouvrir un canal de négociation conditionnelle.

Al Bina’ (25/09/2025) rapporte que le ministère libanais des Affaires étrangères aurait transmis une note de protestation à l’ambassade des États-Unis à Beyrouth après la diffusion d’un communiqué du Département d’État évoquant la « responsabilité collective des autorités libanaises dans l’encouragement implicite des activités hostiles du Hezbollah ». Cette note, dont le contenu n’a pas été publié, réaffirmerait la neutralité du Liban et sa volonté de ne pas être entraîné dans un conflit régional.

Politique internationale : fronts régionaux sous tension, redéploiements stratégiques et diplomaties en mouvement

Le 25 septembre 2025, la presse libanaise consacre une large part de ses pages internationales à la situation au Proche-Orient, marquée par l’intensification de la guerre à Gaza, les tensions accrues entre Israël et l’Iran, ainsi que les repositionnements diplomatiques de plusieurs capitales arabes et occidentales. L’ensemble des journaux étudiés met en lumière un climat régional lourd, où le Liban, sans être directement engagé dans les hostilités, occupe une place centrale dans les stratégies d’alignement, de pression et de dissuasion.

Gaza sous les bombes : extension des frappes et bilan humain catastrophique

Al Akhbar (25/09/2025) publie une série d’articles consacrés à la guerre à Gaza. Le journal rapporte que les bombardements israéliens se sont intensifiés durant les dernières 48 heures, ciblant les hôpitaux d’Al Quds et Al Shifa, ainsi que plusieurs centres de secours à Khan Younès et Rafah. Selon des sources médicales citées, le nombre de victimes aurait dépassé les 11 000 morts, dont près de 4000 enfants. Le journal accuse Israël de pratiquer une « guerre d’extermination silencieuse » en privant la population de nourriture, d’eau et d’électricité.

Al Bina’ (25/09/2025) renforce ce constat en décrivant une offensive terrestre en préparation, appuyée par une mobilisation massive de troupes israéliennes à la frontière de la bande de Gaza. Le journal indique que la stratégie militaire israélienne semble viser l’éradication de la structure du Hamas dans la partie nord du territoire, sans possibilité de retrait diplomatique immédiat. Selon les analystes cités, cette évolution accroît les risques d’embrasement régional.

Dans Al Liwa’, un reportage évoque les conditions de vie dans les camps de réfugiés de Rafah, où plus de 300 000 civils se trouvent entassés, sans accès à l’aide humanitaire internationale. Le journal note que l’Égypte maintient sa frontière hermétiquement fermée, en dépit des appels répétés à l’ouverture d’un couloir humanitaire, et soupçonne Le Caire de vouloir éviter une pression migratoire incontrôlable.

Téhéran et Tel-Aviv : messages de menace, jeux de dissuasion

Dans Al Sharq Al Awsat (25/09/2025), plusieurs articles analysent l’escalade rhétorique entre Israël et l’Iran. Le ministre israélien de la Défense y affirme que « l’Iran porte la responsabilité directe de l’escalade par son soutien logistique et militaire au Hamas », promettant que « toute attaque depuis le Liban, l’Irak ou la Syrie sera interprétée comme une déclaration de guerre par Téhéran lui-même ». Le journal souligne que les forces israéliennes ont été placées en alerte maximale le long de la frontière nord, avec la mobilisation de batteries antimissiles Iron Dome supplémentaires.

Al 3arabi Al Jadid (25/09/2025) publie quant à lui un article sur la réaction iranienne. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères y réaffirme que « la résistance palestinienne agit de manière autonome, selon les circonstances du terrain », tout en avertissant que « l’Iran ne restera pas inactif en cas d’agression directe contre ses alliés ou ses intérêts stratégiques ». Le journal rapporte également que des missiles balistiques ont été déplacés vers les provinces occidentales de l’Iran, sans que cela ne soit confirmé officiellement.

Al Bina’ (25/09/2025) insiste sur les manœuvres militaires conjointes entre l’Iran, la Syrie et certains groupes chiites irakiens près de la frontière syro-irakienne. Le journal parle d’une stratégie de « dissuasion coordonnée » visant à montrer qu’un élargissement du conflit ouvrirait plusieurs fronts contre Israël et ses alliés. Des experts militaires cités dans le journal estiment que « la région est au bord d’un point de bascule », et que le Liban pourrait devenir un terrain secondaire dans ce scénario d’extension.

L’Égypte, la Jordanie et le Qatar : médiateurs prudents mais sans levier décisif

Al Sharq (25/09/2025) consacre une pleine page aux efforts diplomatiques des pays arabes dits « modérés ». Le journal évoque les tentatives égyptiennes de négocier un cessez-le-feu temporaire via le croisement d’officiels des services de renseignement avec des représentants du Hamas et des émissaires américains. Selon les informations rapportées, le Caire propose un plan en trois étapes : cessation immédiate des frappes, ouverture d’un couloir humanitaire via Rafah, et ouverture de pourparlers indirects entre Israël et le Hamas sous médiation onusienne.

La Jordanie, selon An Nahar (25/09/2025), a exprimé son rejet de toute solution militaire à Gaza. Le roi Abdallah II aurait transmis un message à Washington affirmant que « la paix ne peut être fondée sur l’humiliation des Palestiniens ». Le journal indique toutefois que la marge de manœuvre d’Amman est limitée, du fait de sa dépendance militaire et économique vis-à-vis des États-Unis.

Le Qatar, selon Al Joumhouriyat, tente d’utiliser ses relations avec les factions palestiniennes et les talibans iraniens pour ouvrir un canal de négociation officieux. Le journal indique que Doha héberge plusieurs leaders du Hamas et qu’il aurait reçu récemment une délégation israélienne à des fins de médiation discrète. Toutefois, aucune avancée tangible ne semble enregistrée à ce jour.

Position américaine : ligne dure assumée et coordination régionale

Dans Al Akhbar (25/09/2025), la position des États-Unis est décrite comme inflexible. Le journal évoque une déclaration du président Donald Trump affirmant que « toute nation amie d’Israël est tenue de le soutenir sans réserve face au terrorisme ». Cette rhétorique est accompagnée, selon le journal, d’une intensification des contacts militaires entre Washington, Tel-Aviv et Riyad, en vue d’anticiper un éventuel élargissement du conflit.

Al Liwa’ évoque la visite en Israël du secrétaire d’État américain, qui aurait réaffirmé devant la Knesset le droit d’Israël à l’auto-défense, y compris par des moyens préventifs. Le journal rapporte que des avions cargo américains ont acheminé de nouveaux stocks de munitions à Tel-Aviv, et que des unités de drones de reconnaissance ont été redéployées dans le golfe.

Ad Diyar (25/09/2025) souligne que la position américaine suscite des critiques croissantes en Europe et dans certaines chancelleries arabes, qui estiment que Washington encourage une fuite en avant militaire. Le journal mentionne que la diplomatie française aurait proposé une résolution alternative au Conseil de sécurité, appelant à une cessation des hostilités à Gaza et à la création immédiate d’une mission d’enquête sur les violations du droit international humanitaire.

Conseil de sécurité de l’ONU : blocages persistants et lignes de fracture

Al Sharq Al Awsat (25/09/2025) et Al Bina’ rapportent les débats du Conseil de sécurité de l’ONU. Une résolution proposée par la Russie, appelant à un cessez-le-feu immédiat et à la protection des civils, a été rejetée par veto américain et britannique. En réponse, la Chine a appelé à une « reconfiguration du processus de paix », tout en rejetant toute intervention militaire unilatérale.

Le journal indique que la France, l’Espagne et l’Algérie ont appuyé une déclaration conjointe appelant à l’ouverture immédiate de corridors humanitaires, sans faire mention explicite d’un cessez-le-feu. Cette formulation reflète selon les observateurs une volonté d’éviter un affrontement diplomatique direct avec Washington.

Justice : enquêtes paralysées, interférences politiques et inertie structurelle

La presse libanaise du 25 septembre 2025 révèle un paysage judiciaire marqué par une paralysie prolongée des principales procédures, une méfiance accrue entre institutions judiciaires et exécutives, et une instrumentalisation continue de la justice par les blocs politiques. Plusieurs journaux abordent des dossiers emblématiques, allant de la catastrophe du port de Beyrouth aux affaires de corruption politico-financière, sans progrès significatif sur le plan judiciaire. Ce contexte alimente un sentiment d’impunité dans l’opinion publique et soulève des inquiétudes sur la capacité des institutions à faire respecter l’État de droit.

Affaire du port de Beyrouth : blocage persistant de l’instruction

Selon Al Akhbar (25/09/2025), l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth reste dans un état de blocage total. Le juge d’instruction Tarek Bitar, toujours officiellement chargé du dossier, n’a pas pu interroger les personnalités politiques citées dans les convocations précédentes, en raison d’un enchevêtrement de recours judiciaires, d’appels en récusation et de pressions politiques continues. Le journal rappelle que plus de trois ans après la catastrophe, aucun procès n’a été ouvert, aucune mise en accusation n’a été confirmée, et les familles des victimes continuent d’organiser des manifestations régulières, sans réponse de l’État.

Toujours selon Al Akhbar, les principaux obstacles proviennent des immunités parlementaires non levées, de la réticence du parquet à collaborer avec le juge Bitar, et du silence du Conseil supérieur de la magistrature. Le journal indique que plusieurs personnalités politiques continuent d’exercer leur fonction, alors qu’elles sont mentionnées dans des rapports préliminaires d’expertise sur la négligence administrative ayant mené à l’explosion.

Al Bina’ (25/09/2025) confirme que des documents judiciaires restent en suspens entre les juridictions de première instance et la Cour de cassation, en raison de conflits de compétence. Le journal évoque également une tentative discrète du ministère de la Justice de transférer le dossier à un autre magistrat, proposition qui aurait été repoussée par le président du Conseil supérieur de la magistrature, en invoquant « le respect de l’indépendance des juges en poste ».

Affaires de corruption : inertie judiciaire et médiatisation sélective

Al Liwa’ (25/09/2025) consacre une demi-page aux affaires de corruption qui ont émaillé la vie publique ces dernières années. Le journal cite notamment l’affaire des marchés publics du ministère de l’Énergie, dans laquelle plusieurs anciens directeurs généraux sont mis en cause pour des appels d’offres truqués. Toutefois, selon le journal, aucune inculpation n’a été prononcée à ce jour, en raison d’un « manque de coopération entre l’Inspection centrale et le parquet financier ».

Dans un article du même jour, An Nahar mentionne des tensions entre le juge Ali Ibrahim, en charge des dossiers financiers, et certains ministres en poste. Le journal rapporte que ce dernier aurait émis de nouveaux mandats d’investigation à l’encontre de sociétés de BTP soupçonnées de surfacturation dans le cadre des projets de reconstruction à Tripoli, mais qu’aucune perquisition n’a été exécutée, faute de moyens logistiques et d’autorisation préalable du ministère de l’Intérieur.

Ad Diyar (25/09/2025) évoque quant à lui une enquête préliminaire ouverte sur la Banque du Liban concernant des irrégularités dans les procédures de refinancement de certaines banques commerciales. Le journal précise que cette initiative aurait été rapidement mise en veille à la suite d’une réunion informelle entre le gouverneur Karim Souaid et plusieurs représentants du secteur bancaire, durant laquelle un « protocole de coopération volontaire » aurait été préféré à une procédure contentieuse.

Dossiers pénaux et criminalité : affaires non résolues et défiance des victimes

Dans Al Sharq (25/09/2025), un article revient sur le meurtre non élucidé d’un avocat à Baabda, survenu en août dernier. Le journal révèle que l’enquête menée par les Forces de sécurité intérieure est restée sans résultat concret, et que la famille de la victime accuse le système judiciaire de négligence. Des proches affirment que les relevés téléphoniques, pourtant demandés depuis plus d’un mois, n’ont pas encore été transmis à l’enquêteur chargé du dossier.

Al Joumhouriyat (25/09/2025) consacre un article à une série d’incidents survenus à Zahlé et dans la Békaa, impliquant des affrontements armés entre familles. Plusieurs mandats d’amener auraient été émis mais n’auraient pas été exécutés, selon le journal, en raison de pressions communautaires et de l’absence d’intervention de l’armée. Le journal souligne que dans ces zones, la justice repose souvent sur des médiations tribales ou des règlements locaux, en l’absence d’État de droit effectif.

Al 3arabi Al Jadid (25/09/2025) évoque les revendications des associations de défense des femmes, dénonçant le retard dans l’application de la loi sur la protection contre les violences domestiques. Selon un collectif cité par le journal, plusieurs plaintes pour violences conjugales n’ont pas été traitées depuis plus de six mois dans le Metn, la Békaa et le Akkar, faute de juges de l’instruction disponibles. Le journal rapporte également que certains magistrats refusent de considérer les SMS menaçants comme des éléments de preuve suffisants pour délivrer des ordonnances de protection.

Relations tensions entre le pouvoir judiciaire et les autres institutions

Al Bina’ (25/09/2025) et Al Akhbar (25/09/2025) insistent tous deux sur les tensions persistantes entre la magistrature et le pouvoir politique. Ils évoquent les critiques de plusieurs magistrats à l’encontre du ministère de la Justice, accusé de ne pas garantir leur protection ni de défendre leur indépendance face aux menaces. Le journal rapporte que des juges d’instruction ont récemment demandé des audiences au Conseil supérieur de la magistrature pour obtenir des garanties face aux tentatives d’intimidation de certains députés.

Dans le même registre, Nida’ Al Watan (25/09/2025) signale que le président du Conseil d’État aurait refusé de se prononcer sur une affaire impliquant un décret contesté du Conseil des ministres, en invoquant un « vide juridique dans la procédure de référé administratif ». Le journal souligne que cette réticence illustre le climat de défiance entre institutions, et l’incapacité de l’appareil judiciaire à arbitrer les conflits institutionnels majeurs.

Al Sharq Al Awsat (25/09/2025) mentionne également la volonté du gouvernement de réformer les statuts du Conseil supérieur de la magistrature pour imposer des procédures disciplinaires simplifiées contre certains juges accusés de lenteur excessive. Ce projet a suscité un tollé parmi les syndicats de magistrats, qui dénoncent une tentative de reprise en main du pouvoir judiciaire.

Société : pauvreté chronique, tensions scolaires et mobilisations citoyennes dans l’ombre de la crise

La presse libanaise du 25 septembre 2025 offre une série d’aperçus fragmentaires mais significatifs sur l’état de la société, dans un contexte d’effondrement prolongé des services publics, de précarité croissante et d’usure morale collective. Les pages sociales, peu nombreuses, témoignent cependant d’un malaise diffus : crise éducative persistante, désespoir dans les périphéries, initiatives locales de solidarité, tensions dans les services hospitaliers. Ces éléments dessinent les contours d’un pays où les ressorts sociaux continuent de se déliter sous le poids des crises accumulées.

Crise éducative : rentrée scolaire menacée et fractures territoriales

Al Liwa’ (25/09/2025) consacre un article à la rentrée scolaire dans les écoles publiques et semi-privées. Selon le journal, de nombreux établissements du Nord et de la Békaa n’ont pas encore rouvert leurs portes, faute d’enseignants disponibles ou de budget de fonctionnement. Les retards dans le versement des salaires, combinés à l’absence de carburant pour le transport scolaire, paralysent l’ensemble du système. Le journal cite un directeur d’école de Hermel affirmant : « Nous ne savons pas si nous pourrons commencer avant la mi-octobre, tout dépend des aides promises. »

An Nahar (25/09/2025) souligne que l’effondrement du système éducatif touche prioritairement les zones rurales. Dans le Akkar, plusieurs familles ont retiré leurs enfants des écoles secondaires pour les envoyer travailler dans les champs ou dans de petits commerces, afin de contribuer aux revenus familiaux. Une mère interrogée dans le journal explique : « Mon fils devait passer le brevet cette année, mais comment faire quand il n’y a ni prof, ni transport, ni manuels ? »

D’après Al Joumhouriyat, des réunions ont eu lieu entre les syndicats d’enseignants et le ministère de l’Éducation. Les revendications portent sur le paiement des arriérés de salaires, la prise en charge du transport et la garantie de matériel pédagogique. Toutefois, aucune mesure concrète n’a été annoncée au 25 septembre. Le journal note que certains enseignants ont décidé de poursuivre leur mouvement de grève partielle, en dispensant des cours uniquement l’après-midi ou dans des locaux communautaires.

Conditions hospitalières dégradées et désengagement de l’État

Al Akhbar (25/09/2025) rapporte que l’hôpital gouvernemental de Nabatieh fonctionne actuellement à 40 % de ses capacités, en raison de coupures d’électricité prolongées et d’un manque de personnel. Le journal évoque une situation critique dans les services de soins intensifs et de pédiatrie, où les ventilateurs sont alimentés uniquement par des générateurs privés en location. Le directeur de l’établissement affirme : « Nous avons tiré la sonnette d’alarme plusieurs fois, mais sans réponse du ministère. »

Ad Diyar (25/09/2025) mentionne également la fermeture temporaire de trois dispensaires dans la région de Baalbek, en raison d’un manque de médicaments essentiels. Ces structures, soutenues en partie par des ONG locales, ne reçoivent plus d’aide internationale depuis plusieurs mois. Les patients se voient contraints de se déplacer à Zahlé ou à Beyrouth, un trajet souvent inaccessible pour les plus précaires.

Dans Al Bina’, un article indique que la situation n’est guère meilleure dans les hôpitaux universitaires privés. Le journal cite un médecin de l’Hôtel-Dieu déclarant que la pénurie de sérums et d’antalgiques commence à affecter les soins post-opératoires. Les associations de patients alertent sur la montée des traitements interrompus pour raisons économiques, notamment en oncologie.

Tensions dans les camps et précarité des déplacés

Al Sharq (25/09/2025) publie un reportage sur les conditions de vie dans le camp de Chatila, où la promiscuité, la pénurie d’eau potable et l’absence de soins sont désormais la norme. Selon les témoignages recueillis, plusieurs cas de gale et de rougeole ont été signalés, sans intervention des autorités sanitaires. Le journal cite un représentant local qui accuse l’UNRWA d’avoir « réduit ses services de moitié en deux ans, sans avertir les habitants ».

Al Sharq Al Awsat (25/09/2025) évoque la situation des réfugiés syriens dans la plaine de la Békaa, notamment à Majdal Anjar et Bar Elias. Le journal rapporte des expulsions forcées de familles syriennes par des propriétaires libanais en raison d’impayés de loyer. Certains de ces expulsés auraient trouvé refuge dans des écoles abandonnées, transformées en abris précaires. Un coordinateur humanitaire cité dans l’article indique que « l’aide alimentaire ne couvre plus que 40 % des besoins minimums dans la région ».

Al 3arabi Al Jadid (25/09/2025) revient sur les tensions communautaires dans certains quartiers de Saïda et de Tripoli, où des échauffourées ont opposé jeunes Libanais et réfugiés syriens après des altercations sur fond de concurrence économique. Le journal rapporte que les Forces de sécurité ont renforcé leur présence dans plusieurs quartiers sensibles, mais que la situation reste tendue.

Mobilisations communautaires et initiatives locales de résilience

Face à la défaillance des institutions publiques, plusieurs journaux rapportent des initiatives locales visant à compenser partiellement l’absence de services sociaux. Nida’ Al Watan (25/09/2025) mentionne un projet de cantine solidaire à Zgharta, monté par une association paroissiale, qui distribue plus de 200 repas par jour à des familles en détresse. Le journal souligne que ce projet est financé par des dons de la diaspora, principalement installée au Canada et en Australie.

Al Joumhouriyat évoque un programme de soutien psychologique mis en place à Bourj Hammoud par une ONG libanaise, destiné aux adolescents affectés par le stress scolaire, la violence domestique et l’insécurité alimentaire. Le journal rapporte que les séances de groupe sont organisées dans des salles louées à la municipalité et animées par des psychologues bénévoles.

Dans An Nahar, un article revient sur une mobilisation citoyenne à Aley, où des habitants se sont organisés pour nettoyer les abords de la rivière Damour, polluée par des déchets ménagers. Le journal met en avant le caractère interconfessionnel de l’initiative, rassemblant des jeunes druzes, chrétiens et musulmans, dans un rare moment d’unité civique.

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