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Revue de presse du 29/07/25: Barak hausse le ton, une diplomatie américaine plus agressive

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Dans son édition du 28 juillet 2025, Al Joumhouriyat rapporte que l’envoyé spécial américain Barak a critiqué ouvertement la persistance du Hezbollah à conserver son arsenal militaire. Dans un message publié sur la plateforme « X », Barak a réaffirmé que « tant que le Hezbollah conserve ses armes, les déclarations politiques ne suffiront pas ». Il a exigé des mesures concrètes, appelant le parti et le gouvernement à « agir maintenant, pour ne pas condamner le peuple libanais à rester dans l’impasse et le désordre » (Al Joumhouriyat, 28 juillet 2025). Cette déclaration a été interprétée comme une mise en garde explicite. Le journal souligne également l’inquiétude des milieux politiques locaux face à une « diplomatie de plus en plus rugueuse » de la part de Washington. Le recours à des messages publics à connotation accusatoire reflète, selon Al Joumhouriyat, un durcissement progressif de la posture américaine.

Une feuille de route sous condition, entre exigences et prudence libanaise
Ad Diyar, dans sa livraison du même jour, qualifie ce message de « déclaration significative par sa forme, son timing et son contenu ». Le quotidien y voit un signal d’alarme, indiquant une intensification des pressions conjointes israélo-américaines contre le Hezbollah. Le journal rappelle que Barak attend toujours une réponse officielle à la « feuille de route » transmise par son bureau à Beyrouth. Cette feuille de route stipulerait notamment que le gouvernement libanais s’engage à fixer une date pour entamer le désarmement effectif du Hezbollah, selon le plan discuté avec les États-Unis (Ad Diyar, 28 juillet 2025). Les autorités libanaises, selon la même source, maintiennent cependant une ligne de résistance conditionnelle. Elles exigent en retour des garanties internationales sur la sécurité du sud du pays, notamment le retrait israélien des zones contestées et la pleine application de la résolution 1701 des Nations unies.

Les équilibres internes face aux exigences extérieures
Al Sharq rapporte que le président Joseph Aoun a informé ses interlocuteurs américains qu’il ne pouvait convaincre le Hezbollah sans garanties sérieuses sur la sécurité nationale et sur l’engagement israélien à la désescalade (Al Sharq, 28 juillet 2025). Le quotidien note que le Premier ministre Nawaf Salam adopte une posture similaire, arguant qu’un désarmement précipité sans conditions risquerait de provoquer une fracture interne au sein du gouvernement. Les deux hommes privilégient une approche progressive, articulée autour d’un dialogue interne et d’une consolidation préalable des institutions de sécurité. Le journal souligne aussi que le gouvernement reste prudent face à un risque d’implosion politique si une telle décision était imposée unilatéralement.

Le Hezbollah et ses alliés dénoncent une logique de confrontation
Selon Al Akhbar, les cadres du Hezbollah perçoivent la pression actuelle comme une opération de déstabilisation visant à affaiblir leur poids politique et militaire. Le journal rapporte que le parti rejette toute initiative extérieure non encadrée par un consensus national. Il estime que la pression exercée sous couvert de soutien international revient à dicter les priorités de l’agenda politique libanais au détriment de la souveraineté. Le Hezbollah considère que ces demandes constituent une tentative de désarmement unilatéral sans contrepartie réelle (Al Akhbar, 28 juillet 2025). Pour ses dirigeants, l’objectif à peine dissimulé de ces pressions serait de modifier les équilibres internes en faveur d’alliés occidentaux. Le journal cite un cadre qui qualifie la campagne actuelle de « reprise du projet de 2005 sous d’autres formes », en référence à la période post-Rafic Hariri.

Les survols israéliens : démonstration de force silencieuse
Al Liwa’ rapporte que les tensions sont également palpables dans le sud du Liban. Le journal fait état d’un recours intensifié par Israël à des survols de drones dans des zones habitées, en particulier autour de la ligne bleue. Selon des témoignages recueillis par le quotidien, ces drones sont perçus comme une forme d’occupation invisible, où la surveillance remplace l’occupation terrestre. L’un des habitants interrogés décrit un « climat d’intimidation permanent, avec des appareils volant à basse altitude au-dessus des toits, filmant les habitations, pénétrant même visuellement dans les maisons par les fenêtres » (Al Liwa’, 28 juillet 2025). Les autorités libanaises, de leur côté, ont dénoncé ces violations auprès de la FINUL, sans résultat concret à ce stade.

Pressions diplomatiques et conditionnalité de l’aide économique
Dans un article d’analyse, Al Sharq Al Awsat révèle que Washington envisagerait de conditionner une partie de son aide économique au Liban à des avancées tangibles sur la question du désarmement. Le quotidien londonien affirme que cette condition figurerait déjà dans les discussions bilatérales sur le programme de réforme, notamment en lien avec les institutions financières internationales. Le journal évoque un « durcissement progressif » des positions occidentales, visant à contraindre Beyrouth à des engagements explicites en matière de sécurité nationale (Al Sharq Al Awsat, 28 juillet 2025). Il cite une source diplomatique anonyme qui parle d’un « signal envoyé non seulement à Beyrouth, mais aussi à d’autres acteurs régionaux susceptibles de tirer parti du vide politique libanais ».

Le débat public s’enflamme autour de la souveraineté
Nahar souligne que la question du désarmement du Hezbollah divise profondément l’opinion publique. Une partie de la population, notamment dans les milieux libéraux et souverainistes, appelle à une restauration de l’autorité exclusive de l’État sur la défense nationale. D’autres voix, en revanche, redoutent qu’un désarmement sous contrainte n’aggrave les tensions communautaires et n’ouvre la voie à de nouvelles formes de violence. Le journal mentionne également que la mort de Ziād al-Raḥbānī a ravivé une série de débats sur l’identité nationale, la résistance, et la place du Liban entre influence iranienne et souveraineté revendiquée (Nahar, 28 juillet 2025). Plusieurs chroniqueurs soulignent l’ironie d’un pays qui célèbre l’héritage contestataire de ses artistes tout en demeurant incapable de trancher sur ses choix stratégiques.

Un dossier régional dans un jeu de normalisations
Al 3arabi Al Jadid signale que la question libanaise a été discrètement évoquée dans les discussions régionales autour des normalisations avec Israël. Le journal rapporte qu’en marge des discussions entre Tel-Aviv, Riyad et Washington, le sort du Hezbollah a été abordé comme une variable à gérer dans un processus plus vaste de recomposition régionale (Al 3arabi Al Jadid, 28 juillet 2025). Selon des diplomates cités par le quotidien, les États-Unis chercheraient à inclure le Liban dans une logique de « désescalade par intégration », bien que les parties concernées aient officiellement nié toute négociation en ce sens. Le journal indique toutefois que des contacts exploratoires ont eu lieu à Abou Dhabi entre émissaires syriens et israéliens, et que le cas libanais a été mentionné comme « sensible mais évolutif ».

Une impasse stratégique entre immobilisme et injonctions extérieures
Al Bina’ résume la situation par un constat d’impasse. Pour le journal, le Liban est pris dans un double étau : celui de ses divisions internes et celui des injonctions extérieures. Il note que la classe politique est paralysée, oscillant entre crainte d’un effondrement institutionnel et refus de se plier à des exigences internationales jugées excessives. L’éditorialiste évoque une forme d’« immobilisme stratégique », aggravée par l’absence de perspective de compromis réel entre les acteurs internes. Le journal conclut que « sans une médiation régionale forte, ce blocage pourrait s’inscrire dans la durée » (Al Bina’, 28 juillet 2025).

Politique locale : pressions, postures et équilibres fragiles au sommet de l’État

Joseph Aoun et Nawaf Salam face au défi du désarmement
Dans son édition du 28 juillet 2025, Ad Diyar souligne que le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam se retrouvent en première ligne face aux exigences américaines et israéliennes sur la question du désarmement du Hezbollah. Le journal rapporte que les deux dirigeants maintiennent une posture de prudence stratégique, refusant de s’engager sans conditions dans un processus qu’ils jugent risqué pour la stabilité du pays. Joseph Aoun aurait indiqué à ses interlocuteurs américains que leur appui reste insuffisant pour espérer convaincre le Hezbollah de coopérer. En l’absence de garanties de sécurité claires et d’un retrait israélien du sud, tout engagement public serait perçu comme unilatéral et source de division (Ad Diyar, 28 juillet 2025). Nawaf Salam, quant à lui, aurait exprimé en Conseil des ministres ses réserves quant à une telle opération sans consensus politique élargi.

Un équilibre gouvernemental sous tension permanente
Al Joumhouriyat met en lumière les dilemmes internes auxquels fait face le gouvernement. D’un côté, la pression internationale monte pour obtenir des gestes symboliques de désarmement ; de l’autre, le Hezbollah et ses alliés menacent implicitement de quitter l’exécutif si une telle démarche est engagée sans concertation. Le quotidien souligne que Nawaf Salam tente de jouer un rôle de modérateur entre les différentes factions, tout en maintenant l’image d’un gouvernement réformateur aux yeux des partenaires étrangers. Cette position délicate le pousse à multiplier les consultations informelles avec les chefs de partis et à temporiser sur les décisions sensibles (Al Joumhouriyat, 28 juillet 2025). Selon des sources proches du Sérail, le Premier ministre aurait même différé la publication d’un décret convoquant une session exceptionnelle du Parlement sur la souveraineté sécuritaire, de peur de provoquer une rupture de l’équilibre institutionnel.

Beyrouth sous pression américaine, entre menaces et incitations
Selon Al Sharq, les visites récentes de diplomates occidentaux se sont accompagnées de messages fermes. Le quotidien indique que l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth aurait transmis à Joseph Aoun un mémorandum résumant les attentes de Washington : engagement sur un calendrier de désarmement, renforcement du commandement unifié de l’armée, et déclaration conjointe sur la neutralité du Liban dans les conflits régionaux (Al Sharq, 28 juillet 2025). En échange, les Américains proposeraient une reprise partielle de l’assistance militaire et logistique gelée depuis 2023. Le président libanais, selon les mêmes sources, aurait accueilli ces propositions avec prudence, exigeant en retour une levée des restrictions bancaires ciblant le pays depuis l’adoption du Patriot Act renforcé.

Hezbollah : ligne rouge et rappels à l’ordre
Al Akhbar rappelle que toute tentative d’engager le pays dans une dynamique de désarmement est perçue comme une « déclaration de guerre » politique par le Hezbollah. Le journal cite un membre du Conseil central du parti affirmant que « ceux qui rêvent d’un 7 mai inversé doivent se souvenir du prix qu’ils ont payé en 2008 ». Cette allusion au précédent d’un affrontement armé entre les forces du Hezbollah et des groupes politiques adverses à Beyrouth constitue une mise en garde implicite contre toute tentative d’isolement du mouvement (Al Akhbar, 28 juillet 2025). Le parti exige en outre que tout débat sur la défense nationale passe par un dialogue interlibanais incluant l’ensemble des composantes, et refuse toute médiation internationale dans ce cadre.

Le Parlement paralysé, entre absence de majorité et calculs partisans
Dans son édition du jour, Al Bina’ souligne que le Parlement libanais reste incapable de se réunir pour débattre de manière cohérente des enjeux de souveraineté. La chambre ne dispose plus de majorité stable, et les blocs parlementaires sont fragmentés entre alliances fluctuantes. Selon le journal, plusieurs tentatives de convoquer une séance extraordinaire ont échoué faute de quorum, notamment en raison du boycott de groupes proches du Hezbollah et de l’abstention tactique de certains députés centristes (Al Bina’, 28 juillet 2025). Le président de la Chambre Nabih Berri, pourtant garant du dialogue national, se retrouve ainsi dans une impasse stratégique, n’ayant ni l’autorité ni l’espace politique pour fédérer les camps rivaux.

L’armée libanaise au cœur des tensions institutionnelles
Al Sharq Al Awsat révèle que l’armée libanaise, dirigée par le général Élias Habchi, fait face à des tensions internes liées à la pression extérieure. Certains officiers supérieurs plaident pour une posture plus affirmée de l’institution militaire sur le terrain, y compris au sud, tandis que d’autres appellent à la retenue pour éviter d’être perçus comme un instrument de mise sous pression du Hezbollah. Le journal évoque une note interne adressée au ministère de la Défense, dans laquelle le commandement en chef insiste sur la nécessité de maintenir la neutralité politique de l’armée dans le contexte actuel (Al Sharq Al Awsat, 28 juillet 2025). Cette ligne prudente vise à préserver la cohésion de l’institution, mais elle expose également l’armée aux critiques des partenaires internationaux qui jugent son rôle encore trop effacé dans la sécurisation effective du territoire.

Une présidence fragilisée entre attentes populaires et blocages systémiques
Nahar note que Joseph Aoun, élu avec une majorité transversale, voit son image se fissurer. Alors qu’il était perçu comme le garant d’une transition ordonnée, son silence relatif sur les dossiers sensibles alimente le doute quant à sa capacité à incarner une présidence forte. Le quotidien relève que plusieurs éditorialistes l’appellent à s’exprimer publiquement pour clarifier sa vision de la souveraineté et du rôle du Hezbollah. Certains milieux diplomatiques regrettent également son « attentisme » sur les dossiers de gouvernance, notamment en matière de sécurité, de diplomatie et de justice (Nahar, 28 juillet 2025). Le contraste est d’autant plus marqué que le président avait promis en janvier une série d’initiatives institutionnelles, dont la tenue d’une conférence de défense nationale, restée à ce jour sans suite.

Un Conseil des ministres sous tension latente
Al 3arabi Al Jadid mentionne que le dernier Conseil des ministres s’est tenu dans une atmosphère électrique. Si aucun affrontement verbal majeur n’a été rapporté, plusieurs ministres issus du bloc du Changement ont exprimé leur hostilité à toute concession sur le désarmement. Le ministre de la Justice aurait quitté la salle avant la fin de la réunion, en signe de protestation contre une « feuille de route » présentée sans concertation préalable. Selon le journal, des discussions informelles ont eu lieu en marge de la réunion pour tenter de désamorcer la crise, mais aucune entente formelle n’a été trouvée (Al 3arabi Al Jadid, 28 juillet 2025). Nawaf Salam aurait ensuite annulé une conférence de presse initialement prévue, signe selon les observateurs d’un climat d’instabilité politique croissante.

Des collectivités locales instrumentalisées dans la guerre d’influence
Al Liwa’ signale que plusieurs municipalités du sud ont récemment reçu des consignes contradictoires concernant la coordination avec l’armée. Certaines autorités locales, proches du Hezbollah, auraient suspendu leur participation à des projets civils en partenariat avec l’État, invoquant des « menaces implicites » venant de hauts responsables militaires. Le quotidien décrit une ambiance de méfiance mutuelle croissante, exacerbée par les incidents de surveillance par drones israéliens et par des opérations de renseignement non coordonnées (Al Liwa’, 28 juillet 2025). La rupture de confiance entre les administrations locales et les institutions centrales fragilise encore davantage la capacité du pays à parler d’une seule voix sur les dossiers régaliens.

Citation et discours des personnalités politiques : désarmement, souveraineté et répliques publiques

Barak et la diplomatie du langage direct
Dans un message publié le 27 juillet 2025 sur la plateforme « X », l’envoyé spécial américain Barak a lancé un avertissement explicite aux autorités libanaises. Repris dans Al Joumhouriyat du 28 juillet 2025, son message stipule : « Tant que le Hezbollah conserve ses armes, les déclarations politiques ne suffiront pas. Il est impératif que le gouvernement et le parti agissent maintenant, sinon le peuple libanais restera prisonnier de l’impasse et du désordre. » Cette déclaration, qualifiée de « ton frontal inhabituel », marque une rupture dans la diplomatie américaine, généralement plus feutrée à l’égard du Liban. Selon le même journal, Barak a ajouté dans un entretien à huis clos que « l’ère des ambiguïtés est révolue », insistant sur la nécessité pour Beyrouth de prendre des mesures concrètes.

Joseph Aoun : prudence stratégique dans la formulation
Le président libanais Joseph Aoun a réagi à huis clos selon Ad Diyar du 28 juillet 2025. Il aurait affirmé, lors d’un échange avec des diplomates européens, que « le Liban n’acceptera jamais un dictat international contraire à son équilibre interne », tout en reconnaissant « la nécessité de faire évoluer les paramètres de la défense nationale dans un cadre de souveraineté maîtrisée ». Toujours selon la même source, il aurait rappelé que « toute avancée sur le sujet du désarmement ne saurait se faire sans garanties internationales claires et sans retour à une souveraineté complète sur le sud du pays ». Cette déclaration, bien que discrète, a été interprétée comme un refus de s’aligner sur les exigences américaines en l’état actuel.

Nawaf Salam : signal fort aux partenaires internationaux
Le Premier ministre Nawaf Salam, lors d’un point presse tenu le 26 juillet à Beyrouth, cité par Al Bina’ du 28 juillet 2025, a déclaré : « Le Liban n’est pas un terrain de confrontation par procuration. Nous n’accepterons aucune solution imposée sans l’aval de toutes les composantes de la nation. » Il a insisté sur la nécessité de « rétablir la confiance par le dialogue et non par l’injonction », appelant à « une approche progressive du désarmement dans un esprit de responsabilité nationale ». À une question sur les risques de sanctions, Salam a répondu que « l’intérêt du Liban n’est pas de céder à la menace, mais de négocier avec cohérence ». Cette prise de position a été saluée par plusieurs chancelleries européennes, selon Al Sharq.

Le Hezbollah réagit : fermeté et déni de toute concession
Dans une interview diffusée sur Al-Manar et relayée dans Al Akhbar du 28 juillet 2025, un haut responsable du Hezbollah, Hussein al-Khalil, a répondu aux propos de Barak en affirmant que « le Hezbollah n’est pas une milice, mais une composante essentielle de la résistance nationale. Il n’est pas question de désarmer tant que la menace israélienne pèse sur le pays ». Il a ajouté : « Nous n’acceptons pas de recevoir des ordres de ceux qui ont détruit notre économie sous prétexte de sanctions. Si l’Amérique veut le chaos, elle l’aura. » Cette déclaration, brutale dans sa forme, s’inscrit dans une série de discours visant à mobiliser la base du parti face à ce qu’il qualifie d’« agression diplomatique ».

Nabih Berri : rappel à l’unité nationale
S’exprimant lors d’une cérémonie à Zahrani le 27 juillet, le président de la Chambre Nabih Berri a appelé à « ne pas céder aux divisions internes alimentées de l’extérieur ». Dans un extrait repris par Nahar du 28 juillet 2025, il déclare : « Le désarmement du Hezbollah ne peut être discuté qu’au sein d’une table de dialogue nationale, avec toutes les garanties de respect mutuel. » Il a accusé indirectement certaines chancelleries de « souffler sur les braises pour provoquer une crise institutionnelle majeure ». Berri a réitéré son attachement à l’accord de Taëf comme fondement du dialogue politique et à la préservation de la paix civile comme priorité absolue.

Samir Geagea : soutien aux exigences américaines
Dans une interview au quotidien Nida’ Al Watan du 28 juillet 2025, le chef des Forces libanaises Samir Geagea s’est dit favorable à la mise en œuvre immédiate de la feuille de route américaine. Il a déclaré : « C’est maintenant ou jamais. Si nous manquons cette opportunité, nous serons condamnés à vivre dans une République capturée par une milice. » Il a critiqué la posture de Joseph Aoun, jugée trop timide, et appelé Nawaf Salam à « poser un acte fondateur » en demandant un vote de confiance parlementaire sur le désarmement. Il conclut : « Le monde nous regarde. Nous devons choisir entre l’État ou l’effondrement permanent. »

Gebran Bassil : entre défense nationale et autonomie stratégique
Dans un communiqué diffusé par son bureau de presse et rapporté par Al Liwa’, le leader du Courant patriotique libre Gebran Bassil s’est opposé à toute forme de pression étrangère sur le dossier du Hezbollah, tout en appelant à une « stratégie nationale de défense inclusive et moderne ». Il affirme : « La solution au problème des armes passe par une définition partagée des menaces, des rôles et des capacités. Pas par des pressions extérieures. » Il propose la tenue d’une « conférence nationale de sécurité » qui réunirait les partis, l’armée, les institutions religieuses et les composantes de la société civile. Il conclut en appelant « à une souveraineté active, non soumise et non provocante ».

Walid Joumblatt : équilibre et réalisme
Le chef historique du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt, interrogé dans Al Sharq Al Awsat du 28 juillet 2025, adopte une position médiane : « Il faut bien sûr que l’État soit seul détenteur des armes, mais dans un contexte où cela ne provoque pas la guerre civile. Le désarmement ne peut être qu’une conséquence, jamais une cause. » Il appelle à « ne pas reproduire les erreurs du passé » et préconise « un compromis historique qui tienne compte de la réalité du terrain ». Il soutient que « sans Iran, sans Syrie, sans Israël à la table, rien ne bougera ». Cette position est jugée lucide mais peu mobilisatrice, selon les éditorialistes du même journal.

Salamé Yammine : défense des équilibres communautaires
Le député Salamé Yammine, proche du mouvement Amal, a déclaré à Al 3arabi Al Jadid : « Les discours qui présentent le Hezbollah comme un obstacle au salut du Liban sont mensongers. Ce sont ceux-là mêmes qui ont bloqué les réformes, volé les dépôts bancaires et précipité l’effondrement. » Il a appelé à « une lecture communautaire responsable du rôle de la résistance », soulignant que « les armes du Hezbollah ont empêché l’État d’être conquis par l’extrémisme ou par l’ennemi ». Il met en garde contre « une tentative de marginaliser la composante chiite sous couvert de désarmement ».

Sami Gemayel : défense de la souveraineté intransigeante
Dans un discours à Zahlé, le président des Kataëb Sami Gemayel a plaidé pour « une levée immédiate de toutes les formes de tutelle intérieure ou extérieure ». Selon Nida’ Al Watan, il a déclaré : « Il n’y aura pas d’État avec deux armées, deux légitimités, deux justices. Il est temps de dire stop. » Il a critiqué « la passivité d’un gouvernement sans courage » et affirmé que « l’alternative à l’action, c’est la résignation ». Gemayel a également appelé à une mobilisation populaire pacifique « pour rappeler que la souveraineté appartient au peuple et non aux armes ».

Diplomatie : médiations croisées, équilibres régionaux et pressions convergentes

Médiation américaine : entre désarmement et garanties
Dans son édition du 28 juillet 2025, Ad Diyar souligne que l’envoyé spécial américain Barak continue d’exercer une pression diplomatique intense sur les autorités libanaises pour obtenir des engagements fermes sur la question du désarmement du Hezbollah. Selon le journal, les États-Unis ont présenté une feuille de route incluant un calendrier politique pour que l’État reprenne le contrôle exclusif de la sécurité sur tout le territoire national. Washington, toutefois, conditionnerait cette exigence à la fourniture de garanties sécuritaires de la part d’Israël, notamment un retrait de certaines positions dans le sud et un engagement à respecter la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Barak aurait informé ses interlocuteurs libanais que les délais étaient comptés et que « le temps des ambiguïtés était révolu ».

Retrait israélien en discussion : un préalable pour Beyrouth
Dans le même numéro, Ad Diyar indique que les responsables libanais, dont le président Joseph Aoun, ont exprimé à plusieurs reprises que toute initiative liée au désarmement devait être précédée par un retrait israélien des zones litigieuses au sud et par la cessation des survols aériens. Ce point a été transmis formellement à Barak, qui en aurait informé Tel-Aviv. Toujours selon la même source, les Israéliens ont décliné toute contrepartie de désescalade, estimant que « les rapports de force actuels permettent à Israël d’imposer ses conditions ». Cette asymétrie empêche toute progression réelle dans les négociations, malgré les efforts des partenaires européens pour relancer un cadre de dialogue sécurisé.

Paris et Berlin en soutien discret à Beyrouth
Selon Al Sharq Al Awsat du 28 juillet 2025, des canaux diplomatiques européens cherchent à désamorcer la crise naissante entre Beyrouth, Tel-Aviv et Washington. La France, par le biais de son ambassadeur à Beyrouth, aurait transmis un message de soutien au président Joseph Aoun, tout en insistant sur la nécessité de faire des gestes en direction de la communauté internationale pour débloquer l’aide économique. Le journal indique que Paris appuie une démarche graduelle de désarmement intégrée dans un plan de redressement global. L’Allemagne, de son côté, plaiderait pour la tenue d’une conférence régionale sur la sécurité incluant le Liban, Israël, la Syrie et l’Iran, sans préconditions.

L’axe Washington-Riyad-Tel-Aviv : normalisation et réalignement
Al 3arabi Al Jadid revient sur les dynamiques diplomatiques régionales et leur impact sur le Liban. Le journal rapporte que les discussions entre les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël incluent désormais le cas libanais comme sujet de sécurité régionale. Le Liban, en tant que voisin de la Syrie et pays d’ancrage du Hezbollah, figure dans une logique plus large de normalisation. Le quotidien indique que des discussions à Abou Dhabi auraient évoqué la possibilité d’un arrangement indirect entre Israël et certains segments du pouvoir libanais. Bien que démentis publiquement, ces contacts confirment selon le journal que le Liban est désormais intégré aux jeux diplomatiques du Golfe.

Un canal syrien discret : contacts exploratoires à Abou Dhabi
Dans le même article, Al 3arabi Al Jadid mentionne un possible contact entre le président syrien Ahmed al-Sharaa et un représentant du Conseil de sécurité israélien lors d’un séjour à Abou Dhabi. Bien que les deux parties aient officiellement nié toute rencontre, plusieurs sources régionales confirment des échanges exploratoires. Le Liban aurait été évoqué comme « un point de tension à gérer collectivement ». Cette allusion renforce l’idée que la diplomatie régionale vise à trouver des solutions de désescalade multilatérale impliquant des concessions croisées entre Syrie, Israël, Liban et puissances du Golfe.

Iran et Russie : alliés vigilants mais silencieux
Dans une note d’analyse, Al Bina’ évoque la position des alliés traditionnels du Hezbollah. Selon le journal, ni Téhéran ni Moscou n’ont pris de position officielle sur les récentes exigences américaines, mais plusieurs signaux indiquent une vigilance accrue. L’Iran, occupé à stabiliser ses fronts au Yémen et en Irak, aurait transmis au Hezbollah de ne « rien concéder sans cadre régional solide ». Moscou, de son côté, maintient un profil bas tout en soutenant le maintien de la stabilité au Liban. Le journal suggère que ces deux acteurs considèrent le Liban comme un théâtre secondaire mais stratégique, notamment en période de recomposition des alliances.

Rôle de l’ONU : vers un nouveau mandat pour la FINUL
Ad Diyar rappelle qu’un vote important doit se tenir prochainement au Conseil de sécurité sur le renouvellement du mandat de la FINUL. La France, en tant que chef de file, milite pour un maintien des forces avec un mandat renforcé sur la surveillance des mouvements armés non étatiques. Le Liban a exprimé son opposition à une telle modification, insistant sur le respect de l’accord de 2006. Le ministère des Affaires étrangères libanais aurait lancé une campagne de contacts avec les cinq membres permanents pour défendre la position de Beyrouth, selon le journal. Le vote est attendu dans les prochaines semaines.

La Turquie et le Qatar : médiateurs silencieux
Selon Al Akhbar, des initiatives discrètes du Qatar et de la Turquie auraient été engagées pour éviter une confrontation frontale entre le Hezbollah et les États-Unis. Ankara, très actif sur le front syrien, chercherait à jouer un rôle de passeur entre Beyrouth et Washington, notamment par le biais de contacts entre services de renseignement. Doha, de son côté, aurait offert ses services pour accueillir une réunion technique entre représentants libanais, iraniens et européens. Si aucune de ces initiatives n’a encore abouti, elles témoignent de l’intérêt croissant des puissances régionales à éviter un nouveau cycle de tensions au Liban.

Joseph Aoun et la diplomatie préventive
Dans un entretien confidentiel relayé par Nahar, le président Joseph Aoun aurait affirmé à un diplomate européen : « Le Liban n’a pas besoin d’une médiation, mais d’un bouclier politique pour protéger sa souveraineté. » Il aurait insisté sur la nécessité de renforcer le rôle de l’État, mais en refusant que cette mission soit instrumentalisée par des agendas étrangers. Selon la même source, Aoun souhaiterait initier une tournée régionale pour consolider les appuis à une position libanaise unifiée sur les questions de défense et de politique extérieure.

Nawaf Salam : appel à une trêve diplomatique interne
Le Premier ministre Nawaf Salam, dans des propos rapportés par Al Liwa’, a proposé la mise en place d’un « moratoire diplomatique interne » pour que les différents acteurs libanais s’abstiennent de prises de position publiques durant les négociations. Il souhaite instaurer un climat de neutralité propice à la médiation et à la réflexion. Selon lui, « il est temps que le Liban parle d’une seule voix à l’extérieur, même si cette voix résulte d’un débat houleux à l’intérieur ». Cette initiative serait soutenue en coulisse par la France et l’Égypte.

L’ombre de l’échec libyen plane sur la diplomatie régionale
Al 3arabi Al Jadid met en garde contre un scénario libyen au Liban. Le journal note que plusieurs diplomates européens craignent une fragmentation accrue de l’État libanais si les pressions extérieures ne s’accompagnent pas d’un cadre de médiation inclusif. L’expérience libyenne, marquée par la mise en concurrence de gouvernements parallèles et l’intervention de puissances rivales, est perçue comme un modèle à éviter à tout prix. Le journal appelle à un soutien diplomatique renforcé à la souveraineté libanaise, en coordination avec les structures légales existantes.

Politique internationale : conflits, alliances et recompositions régionales

Israël et l’Iran : tension croissante sur fond de confrontation indirecte
Dans son édition du 28 juillet 2025, Al Akhbar consacre une page entière à l’escalade des tensions entre Israël et l’Iran. Le journal rapporte que Tel-Aviv a récemment multiplié les opérations de ciblage en Syrie contre des positions tenues par des groupes affiliés au Corps des Gardiens de la révolution iranienne. Selon le quotidien, ces frappes visent à « réduire l’empreinte iranienne dans le Levant » et à sécuriser les zones frontalières. Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé une « agression continue contre la souveraineté syrienne » et promis de « faire payer le prix à ceux qui soutiennent le terrorisme d’État ». Al Akhbar analyse cette situation comme une stratégie israélienne de « guerre d’usure indirecte », évitant une confrontation frontale mais épuisant lentement les capacités de déploiement de l’Iran.

Le Golfe en alerte : sécurité maritime et équilibres économiques
Al Sharq Al Awsat rapporte que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont renforcé leur coopération en matière de sécurité maritime à la suite d’attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Le journal indique que des exercices conjoints avec les États-Unis et le Royaume-Uni ont été organisés à proximité des eaux iraniennes. Ces manœuvres visent à protéger les voies de navigation vitales pour les exportations de pétrole. Selon un diplomate occidental cité par Al Sharq Al Awsat, « la stabilité du Golfe reste prioritaire dans le calcul stratégique américain, malgré les reculs opérés sur d’autres fronts ». Le journal note également que Doha, tout en participant discrètement à cette coordination, conserve une position plus équilibrée pour maintenir ses canaux avec Téhéran.

Guerre en Ukraine : répercussions géopolitiques persistantes
Dans son édition du 28 juillet, Al 3arabi Al Jadid revient sur les développements du conflit en Ukraine, en soulignant les implications pour l’ensemble du Moyen-Orient. Le journal analyse que le soutien militaire accru des États-Unis à Kiev s’accompagne d’un redéploiement partiel de leurs ressources en Europe de l’Est, créant un vide sécuritaire relatif dans certaines régions du Proche-Orient. Cela, selon le journal, ouvre la voie à une influence accrue de la Russie sur des acteurs non étatiques de la région. Le quotidien cite un rapport de l’Institut russe des études stratégiques indiquant que « la désorganisation occidentale en Libye, au Liban et en Irak sert indirectement les intérêts russes ».

La Turquie entre diplomatie régionale et ambitions énergétiques
Al Bina’ consacre un dossier aux ambitions énergétiques et diplomatiques d’Ankara. Le journal rapporte que le président turc Recep Tayyip Erdoğan a récemment réactivé plusieurs projets de gazoducs en mer Noire et en Méditerranée orientale, cherchant à positionner la Turquie comme un hub énergétique entre l’Asie et l’Europe. Dans ce contexte, Ankara intensifie également sa diplomatie dans les Balkans et au Moyen-Orient. Le journal mentionne une série de visites ministérielles en Syrie, en Irak et au Liban, visant à établir des partenariats économiques et sécuritaires bilatéraux. Selon Al Bina’, ces démarches illustrent une volonté de « compenser le recul des alliances traditionnelles par des engagements bilatéraux plus flexibles ».

L’Égypte face à ses fragilités structurelles
Al Liwa’ revient sur les difficultés économiques persistantes de l’Égypte. Le journal indique que le gouvernement égyptien peine à répondre aux exigences du Fonds monétaire international malgré les aides du Golfe. Le taux d’inflation reste élevé, et les subventions alimentaires sont progressivement réduites. Al Liwa’ rapporte également que les tensions sociales augmentent, avec des mouvements syndicaux émergents dans les secteurs de la santé et des transports. Sur le plan diplomatique, le Caire cherche à maintenir une posture active dans le dossier palestinien et libyen, mais avec des ressources limitées. Le journal cite un analyste régional affirmant que « l’Égypte est toujours centrale sur le plan géopolitique, mais en perte de leadership opérationnel ».

Yémen : statu quo militaire, diplomatie bloquée
Dans son édition, Al 3arabi Al Jadid note que les pourparlers entre les rebelles Houthis et la coalition menée par l’Arabie saoudite sont au point mort. Le journal indique que les discussions de Mascate n’ont pas permis de dégager un accord de cessez-le-feu durable, malgré les médiations d’Oman et de l’ONU. Les Houthis continuent de contrôler de larges portions du territoire, y compris Sanaa, tandis que les forces gouvernementales sont affaiblies. Le quotidien ajoute que l’Iran reste en retrait apparent, mais soutient toujours logistiquement les Houthis. Selon des sources proches de l’ONU, le statu quo pourrait perdurer plusieurs mois, faute d’initiative diplomatique structurée.

Palestine : escalade à Gaza, mobilisation en Cisjordanie
Al Akhbar rapporte une intensification des affrontements entre les factions armées palestiniennes et l’armée israélienne dans la bande de Gaza. Des raids israéliens auraient ciblé plusieurs infrastructures du Hamas, tandis que des tirs de roquettes ont visé le sud d’Israël. Le journal cite un communiqué du Hamas dénonçant une « agression injustifiée » et appelant à la mobilisation de la rue arabe. En Cisjordanie, le journal évoque une multiplication des points de contrôle et des arrestations administratives par les forces israéliennes. Le ministre palestinien des Affaires étrangères a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité pour dénoncer « la politique de punition collective » menée selon lui par Israël.

La Syrie toujours morcelée, les acteurs régionaux en repositionnement
Dans Al Bina’, un article d’analyse dresse un état des lieux du territoire syrien. Le journal note que Damas contrôle la majeure partie des grandes villes, mais que l’Est du pays reste sous influence américaine et kurde. Les zones frontalières avec la Turquie sont le théâtre d’opérations sporadiques entre milices soutenues par Ankara et forces kurdes. La Russie maintient une présence symbolique, mais c’est l’Iran qui assure désormais la logistique militaire essentielle du régime. Le journal rapporte également des tensions croissantes entre populations locales et milices pro-iraniennes dans certaines zones rurales. Selon Al Bina’, le gouvernement syrien parie sur la lente normalisation diplomatique avec les pays arabes pour obtenir une reconnaissance partielle de ses gains territoriaux.

Afrique : instabilité sécuritaire au Sahel, retour militaire français
Al Sharq évoque les discussions engagées par Paris pour revenir militairement au Niger, dans un format réduit et sous bannière européenne. Après le départ forcé des troupes françaises en 2023, la France chercherait à réactiver un cadre d’intervention contre les groupes jihadistes, avec l’accord partiel du gouvernement nigérien. Le journal indique que cette décision est controversée dans la région, notamment au Mali et au Burkina Faso, qui y voient une ingérence occidentale. Le quotidien précise que les États-Unis, via AFRICOM, maintiennent leurs opérations de surveillance aérienne sur la région, en coordination avec les alliés européens.

Brésil, Inde, Chine : nouvelle dynamique sud-sud
Enfin, Nahar revient sur le sommet des BRICS récemment tenu à New Delhi. Le journal souligne que les économies émergentes entendent créer une alternative aux mécanismes dominés par l’Occident, notamment via une banque de développement indépendante du FMI et de la Banque mondiale. Le président brésilien, cité dans l’article, a déclaré que « le Sud global ne veut plus subir, mais proposer ». L’Inde et la Chine, malgré leurs tensions bilatérales, auraient trouvé un terrain d’entente sur l’infrastructure régionale. Le journal insiste sur le fait que cette dynamique pourrait impacter les équilibres financiers internationaux, y compris au Moyen-Orient, en orientant de nouveaux flux d’investissement.

Économie : blocages institutionnels, pression internationale et fragilité structurelle

Blocage politique et absence de réformes budgétaires
Dans son édition du 28 juillet 2025, Al Joumhouriyat dresse un constat sévère de la situation économique libanaise. Le journal souligne que l’absence de décisions budgétaires, notamment sur les questions de fiscalité et de subventions, empêche toute projection financière crédible. Le Parlement n’a pas encore adopté le budget pour l’année en cours, et plusieurs lois fondamentales, exigées par le Fonds monétaire international, restent en suspens. Al Joumhouriyatrapporte que le Premier ministre Nawaf Salam a tenté d’organiser une réunion avec les chefs de blocs parlementaires pour débloquer la situation, mais que celle-ci a été ajournée en raison de tensions sur le dossier du désarmement. Le journal précise que le gouvernement ne peut engager aucune dépense nouvelle, y compris pour l’achat de carburant destiné aux infrastructures publiques.

Le rôle limité de la Banque du Liban
Ad Diyar met en lumière les contraintes auxquelles fait face Karim Souaid, gouverneur de la Banque du Liban. Selon le journal, la Banque centrale n’a plus les leviers suffisants pour stabiliser la monnaie ou intervenir massivement sur les marchés. La politique de taux d’intérêt reste sans effet sur l’inflation, qui avoisine toujours les 85 % en rythme annuel. Le journal note également que les réserves nettes en devises sont tombées à moins de 7 milliards de dollars, ce qui limite toute forme de soutien au système bancaire. Ad Diyar révèle que le gouverneur a refusé de valider un projet de prêt domestique sans contrepartie budgétaire, estimant qu’il s’agissait d’une fuite en avant risquée.

Bilan des pertes bancaires toujours incertain
Al Akhbar indique que le comité chargé de chiffrer les pertes du secteur bancaire n’a pas encore rendu son rapport définitif. Le journal cite un expert financier affirmant que « le refus de trancher sur la répartition des pertes entre l’État, la Banque centrale et les banques bloque tout programme avec le FMI ». Le journal ajoute que plusieurs banques libanaises, notamment les plus exposées au dollar, continuent de fonctionner sous des règles exceptionnelles non conformes aux standards internationaux. Des sources bancaires évoquent des négociations en cours pour un plan de restructuration inspiré du modèle chypriote, impliquant des décotes massives sur les dépôts au-delà de 100 000 dollars.

Aide internationale conditionnée au désarmement
Dans un article de Al Sharq, il est précisé que l’administration américaine envisagerait de lier l’aide économique au Liban à des avancées politiques sur le désarmement du Hezbollah. Le journal indique que cette position a été discutée avec les représentants du FMI et de la Banque mondiale. Washington exigerait notamment un cadre de gouvernance réformé, incluant des mécanismes de transparence sur l’utilisation des fonds et un audit externe des ministères stratégiques. Le journal rapporte que cette proposition a été accueillie avec scepticisme par plusieurs responsables libanais, qui y voient une tentative d’ingérence déguisée.

Inégalités régionales et appauvrissement accéléré
Al Liwa’ publie un reportage sur la situation dans la Bekaa et au Akkar, où les services de base sont quasi absents. Le journal décrit une population dépendante à 70 % des aides humanitaires, vivant dans des conditions précaires, sans eau courante ni accès stable à l’électricité. Le chômage des jeunes atteint dans certaines zones 75 %, selon les chiffres du ministère du Travail cités dans l’article. Le journal note également une augmentation des migrations internes vers les banlieues sud de Beyrouth, accentuant les tensions urbaines. L’ONG libanaise Arcenciel aurait averti le gouvernement d’un risque de déstabilisation sociale si des filets de sécurité ne sont pas réactivés rapidement.

Soutien partiel du Qatar et des Émirats
Al Sharq Al Awsat indique que le Qatar aurait versé une aide de 200 millions de dollars à des institutions éducatives et médicales, dans le cadre d’un programme bilatéral. Cette aide, cependant, ne transite pas par les circuits gouvernementaux, mais via des ONG locales sélectionnées par Doha. Les Émirats arabes unis, de leur côté, maintiennent une coopération ciblée sur les infrastructures d’eau potable, notamment dans le Sud. Le journal précise que les pays du Golfe restent réticents à injecter des fonds massifs sans garanties sur la gouvernance. Cette aide fragmentée souligne l’absence de plan national de redressement et le manque de confiance des partenaires extérieurs.

Baisse de l’activité commerciale et désintégration du secteur privé
Dans un article de Nahar, le vice-président de l’Association des industriels libanais affirme que « plus de 60 % des entreprises du secteur manufacturier ont cessé leurs activités depuis 2020 ». Le journal rapporte que les importations ont chuté de 35 % par rapport à l’année précédente, en raison du coût élevé des devises étrangères. Le secteur du commerce de détail, autrefois pilier de l’économie libanaise, est aussi gravement touché : de nombreux magasins ferment, et les stocks s’accumulent sans débouché. Les chambres de commerce appellent à un plan de relance ciblé avec financement extérieur, mais aucune réponse concrète n’a été apportée par l’exécutif.

Tourisme en légère reprise, mais instabilité persistante
Al 3arabi Al Jadid évoque une hausse relative du tourisme intérieur et diasporique. Selon les chiffres du ministère du Tourisme, le nombre d’entrées au Liban a augmenté de 22 % sur le premier semestre 2025, principalement grâce aux Libanais de l’étranger. Toutefois, le journal souligne que cette dynamique reste fragile. De nombreuses infrastructures hôtelières fonctionnent en sous-capacité, et le climat sécuritaire empêche tout retour massif du tourisme international. Le journal précise également que plusieurs pays maintiennent des restrictions ou alertes de voyage pour leurs ressortissants, en raison des tensions au Sud et du risque de déstabilisation.

Karim Souaid plaide pour une relance contrôlée
Dans une note interne obtenue par Al Bina’, le gouverneur de la Banque du Liban plaide pour une relance modérée appuyée sur trois piliers : rationalisation des dépenses publiques, recapitalisation sélective du secteur bancaire, et réactivation des investissements de la diaspora. Il avertit cependant que « toute injection de fonds sans réforme structurelle mènera à une nouvelle bulle d’endettement ». Le document propose aussi une refonte du taux de change en trois phases, avec un pilotage semi-flottant indexé sur l’inflation. Cette proposition n’a pas encore été discutée au Conseil des ministres, selon le journal.

Institutions paralysées, absence de pilotage centralisé
Al Akhbar conclut que l’économie libanaise souffre avant tout d’un vide de pilotage. Le journal dénonce une absence de vision partagée entre les différents pôles du pouvoir, et une multiplicité de centres de décision économiques sans coordination. Le ministère de l’Économie, dirigé par un ministre issu du Courant patriotique libre, refuse de coopérer avec certains bailleurs de fonds, tandis que le ministère des Finances, proche du Hezbollah, adopte une ligne de prudence extrême. Cette dualité empêche la mise en œuvre de tout plan intégré. Selon le journal, le Liban est ainsi pris dans un « cercle vicieux de survie institutionnelle ».

Justice : enquêtes bloquées, affaires sensibles et inertie judiciaire

Paralysie de l’enquête sur le port de Beyrouth et critiques persistantes
Dans son édition du 28 juillet 2025, Nahar rappelle que le dossier de l’explosion du port de Beyrouth reste enlisé dans un blocage institutionnel. L’enquête, suspendue depuis des mois, n’a enregistré aucune avancée notable. Le journal indique que les proches des victimes ont tenu un sit-in devant le Palais de justice pour dénoncer l’inaction de l’État. Une mère de victime, citée dans l’article, a affirmé : « Nous attendons toujours la justice. C’est une offense à nos morts que de laisser les responsables impunis. » Le journal souligne que ni le juge Tarek Bitar ni les institutions judiciaires concernées n’ont publié de communiqué sur l’état du dossier. Nahar observe que cette inertie fragilise davantage la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires.

Dossiers en suspens et absence de décisions au palais de justice
Al Bina’ évoque une situation de congestion générale au sein de l’appareil judiciaire. Le journal rapporte que des dizaines de dossiers restent en attente, en particulier au niveau des juridictions pénales et financières. Le retard dans la publication de décisions, notamment dans des affaires de malversations dans des municipalités du Sud, suscite la colère des plaignants. Le journal mentionne le cas de la municipalité de Bint Jbeil, dont les comptes font l’objet d’un audit judiciaire depuis plus d’un an, sans qu’aucune poursuite ne soit engagée. Cette affaire, bien que mineure, illustre selon le quotidien une « paralysie délibérée ou assumée » de certaines branches judiciaires.

Tensions autour de la responsabilité judiciaire dans les crises économiques
Ad Diyar revient sur les critiques adressées au pouvoir judiciaire dans le contexte de la crise économique. Selon le journal, plusieurs acteurs politiques accusent certains juges de bloquer l’application de mesures économiques de redressement sous prétexte de constitutionnalité douteuse. Le journal ne donne pas de noms, mais rapporte que cette critique a été formulée lors d’une réunion parlementaire présidée par Nabih Berri, sans que des décisions concrètes ne soient prises. Il est aussi fait mention de désaccords entre la justice et les autorités financières à propos de la levée du secret bancaire dans certaines affaires de transferts de fonds à l’étranger.

Inquiétudes croissantes sur l’état des prisons et des détentions prolongées
Dans Al Liwa’, un article met en lumière les conditions dégradées dans les établissements pénitentiaires libanais. Le journal affirme que les prisons du Liban sont en état de surpopulation alarmant, notamment à Roumieh. Plusieurs détenus y sont incarcérés depuis plus de deux ans sans avoir été jugés. Un responsable d’une ONG, cité anonymement, parle d’un « système judiciaire incapable d’absorber la pression carcérale ». Il précise que l’absence d’une justice rapide et équitable conduit à des violations systématiques des droits des détenus. L’article rapporte aussi l’absence de médicaments et de suivi médical dans plusieurs centres de détention.

Appels au déblocage de la justice de la part des avocats et ONG
Al 3arabi Al Jadid mentionne un appel collectif lancé par un groupe d’avocats et de juristes demandant au gouvernement de débloquer les nominations judiciaires en suspens. Le groupe, dont les membres ne sont pas cités, a réclamé la mise en œuvre immédiate des recommandations du Haut conseil de la magistrature. Selon le journal, l’appel vise également à lever les pressions politiques exercées sur les juges, en particulier dans les affaires à caractère financier. Les signataires exigent que le Conseil supérieur de la magistrature se réunisse de manière régulière et qu’il soit tenu de rendre compte publiquement de ses décisions.

Débat autour de l’indépendance judiciaire relancé
Dans son édition, Al Akhbar revient sur la question de l’indépendance du pouvoir judiciaire, qui demeure selon le journal « un vœu pieux tant que les nominations restent entre les mains de l’exécutif ». Le journal rapporte qu’un ancien magistrat, interviewé dans ses colonnes, a critiqué la persistance de mécanismes de contrôle politique sur les juges. Il affirme que « tant que les juges seront soumis à la logique des équilibres confessionnels, la justice restera une façade ». Le journal rappelle aussi que la loi sur l’indépendance judiciaire, bien que votée, attend toujours sa mise en œuvre réglementaire.

Critiques contre le blocage des promotions judiciaires
Dans Al Sharq, il est rapporté que la dernière vague de promotions judiciaires n’a pas encore été ratifiée par le Conseil des ministres, provoquant des tensions au sein du corps judiciaire. Selon le journal, plusieurs postes clés, dont ceux de juges d’instruction à Beyrouth et Tripoli, restent vacants. Le Conseil supérieur de la magistrature aurait soumis les noms des candidats il y a plus de trois mois, mais aucune décision n’a été prise. Le journal rapporte également des témoignages de magistrats affirmant que cette vacance ralentit l’ensemble des procédures, notamment dans les dossiers liés à la corruption administrative.

Affaires financières : attentes autour de la réforme du secret bancaire
Al Joumhouriyat consacre un article à la question du secret bancaire et à ses implications judiciaires. Le journal indique que plusieurs magistrats financiers attendent toujours l’entrée en vigueur du nouveau cadre législatif autorisant l’accès direct aux comptes en cas d’enquête. Une source judiciaire citée dans l’article affirme : « Nous avons des dossiers complets bloqués uniquement parce que la procédure de levée du secret bancaire est trop complexe. » Le journal note que ce point figure parmi les recommandations du Fonds monétaire international et que sa non-application freine également les audits internationaux.

Rôle marginal du ministère de la Justice dans les arbitrages en cours
Dans Al Bina’, il est souligné que le ministère de la Justice reste discret, voire absent, dans les débats institutionnels actuels. Aucun communiqué n’a été publié concernant la relance de l’enquête sur le port, ni sur les blocages judiciaires évoqués par la presse. Le journal indique que certains observateurs s’interrogent sur le rôle effectif du ministère, qualifié de « fantomatique » par une source anonyme du Palais de justice. Le journal ajoute que le ministère n’a pas participé à une récente réunion tripartite entre le Conseil supérieur de la magistrature, la présidence du gouvernement et le comité des finances.

Insatisfaction croissante au sein du corps judiciaire
Nahar rapporte que plusieurs juges ont exprimé leur frustration face à l’absence de moyens, de transparence et de soutien institutionnel. Certains ont menacé de suspendre leurs audiences tant que les dossiers en souffrance ne seraient pas traités. Le journal mentionne également que le manque de protection juridique face aux menaces reçues dans certaines affaires sensibles pousse certains magistrats à l’autocensure. Ce climat de peur et d’abandon renforce la crise de légitimité de l’appareil judiciaire.

Société : tensions sociales, crise des services publics et dynamiques communautaires

Crise de l’électricité : aggravation du rationnement et colère populaire
Dans son édition du 28 juillet 2025, Ad Diyar revient sur la dégradation des conditions de fourniture électrique dans plusieurs régions libanaises. Le journal rapporte que les heures de courant public sont descendues en dessous de trois heures quotidiennes dans la plupart des quartiers de Beyrouth et de sa banlieue, et que plusieurs districts du Nord et de la Bekaa sont désormais totalement privés d’alimentation. Le ministre sortant de l’Énergie, cité anonymement, attribue cette situation à l’absence de carburant et au non-renouvellement des contrats de maintenance des centrales. Le journal indique que des manifestations sporadiques ont eu lieu à Tripoli, Hermel et Saïda, avec des coupures de routes. Les habitants, interrogés par le journal, dénoncent une négligence institutionnelle prolongée et la disparition de toute régulation publique du secteur.

L’eau devient un bien rare : rationnement massif dans la Bekaa et le Sud
Al Bina’ consacre un article à la crise de l’eau potable. Selon le journal, la situation est particulièrement grave dans la région de Baalbeck-Hermel, où les habitants dépendent exclusivement de camions-citernes privés. L’eau du réseau public, lorsqu’elle est disponible, est jugée impropre à la consommation en raison de la contamination des sources. Un responsable municipal de Brital cité dans l’article affirme : « Nous n’avons reçu aucune aide de l’État depuis plus d’un an. Chaque jour, nous devons choisir entre boire et laver. » Le journal signale également une flambée des prix de l’eau, vendue jusqu’à 200 000 livres libanaises le mètre cube, un niveau inabordable pour la majorité de la population.

Surchauffe dans les hôpitaux publics : équipements hors service et démissions
Dans son édition du 28 juillet, Al Sharq rapporte que plusieurs hôpitaux publics, notamment à Nabatiyeh, Tripoli et Beyrouth, sont proches de la rupture. Le journal cite un communiqué de l’Union des médecins hospitaliers affirmant que « plus de 40 % des équipements de diagnostic sont hors service faute de maintenance et de pièces de rechange ». Il est également mentionné que les retards de salaires atteignent désormais quatre mois dans certains établissements. Plusieurs médecins ont présenté leur démission, et des infirmiers ont organisé une grève symbolique à l’hôpital de Halba. Le journal ajoute que le ministère de la Santé n’a pas répondu aux demandes répétées d’un plan de sauvetage d’urgence.

Éducation à deux vitesses : écoles privées sous perfusion, écoles publiques désertées
Al 3arabi Al Jadid publie un article sur la fracture éducative. Le journal indique que les écoles publiques fonctionnent en mode réduit, avec moins de 40 % des enseignants présents dans plusieurs établissements de Beyrouth et de Zahlé. En parallèle, les écoles privées, soutenues pour certaines par des financements internationaux ou communautaires, maintiennent des standards plus élevés, mais à des coûts prohibitifs. Le journal donne l’exemple d’un établissement chrétien à Jounieh où les frais de scolarité atteignent désormais 25 millions de livres par trimestre. Une mère de famille interrogée à Bourj Hammoud affirme : « Mes enfants ne vont plus à l’école. Je dois choisir entre les nourrir et les éduquer. »

Explosion des loyers et insécurité résidentielle à Beyrouth
Al Akhbar consacre un dossier à la hausse des loyers. Le journal rapporte que plusieurs familles ont été expulsées de leurs logements dans les quartiers de Mar Mikhaël, Badaro et Ras El Nabeh en raison de l’explosion des prix immobiliers. Le phénomène est attribué à la reconversion de nombreuses unités en logements de court terme destinés aux visiteurs de la diaspora. Des associations de locataires dénoncent une « nouvelle forme de nettoyage social ». Le journal cite une enquête selon laquelle plus de 12 000 ménages seraient actuellement menacés d’expulsion. Un avocat spécialisé affirme que « le vide juridique sur les loyers anciens favorise les abus des propriétaires ».

Repli communautaire et tensions interconfessionnelles sous-jacentes
Dans Nahar, un article met en lumière la résurgence des replis communautaires. Le journal observe une augmentation des discours identitaires dans les médias et sur les réseaux sociaux, souvent portés par des figures religieuses ou locales. Cette tendance est notamment perceptible dans les banlieues sud de Beyrouth, où des comités de quartiers liés à des groupes politiques organisent désormais la distribution d’aide. Le journal rapporte aussi des incidents verbaux entre jeunes dans les universités de Tripoli et de Beyrouth, sur fond de tension politique. Selon un professeur de sociologie interrogé, « la pauvreté nourrit l’identité de crise. Et l’absence d’État favorise la fragmentation locale ».

Travail informel et exploitation en hausse dans les secteurs agricoles et domestiques
Dans un article de Al Liwa’, le journal alerte sur la situation des travailleurs informels, notamment syriens et bangladais. Dans la Bekaa, le journal signale une multiplication des cas d’exploitation de travailleurs agricoles, certains étant rémunérés en nature ou par des montants inférieurs à 100 000 livres par semaine. Le secteur domestique est également touché : plusieurs agences de placement opèrent sans licence, selon le journal, et les cas de maltraitance ou d’abandon ne sont plus suivis par le ministère du Travail. Un ancien inspecteur du ministère affirme que « faute de carburant et de budget, les inspections n’ont plus lieu ».

Soutiens confessionnels et clientélistes à la place des politiques publiques
Al Sharq Al Awsat relève que dans plusieurs régions, ce sont désormais les institutions religieuses qui assurent les services sociaux de base. Le journal évoque des cliniques mobiles mises en place par des fondations chiites dans le Sud, des cantines communautaires dans les quartiers chrétiens de Beyrouth, et des distributions de médicaments par des organisations sunnites à Tripoli. Le journal observe que cette prise en charge, bien qu’indispensable à court terme, renforce les dynamiques clientélistes et affaiblit encore davantage la capacité de l’État à agir de manière unifiée.

Exode social silencieux : fuite des compétences et déclin du capital humain
Al Joumhouriyat consacre une brève à l’exode des professionnels qualifiés. Selon le journal, les demandes de visas vers l’Europe, le Canada et les pays du Golfe ont augmenté de plus de 30 % au premier semestre 2025. Le Liban perd ainsi chaque mois des médecins, ingénieurs, enseignants et techniciens, ce qui affaiblit encore davantage les capacités de redressement du pays. Le journal cite un directeur d’école technique qui affirme : « Sur vingt diplômés en génie électrique cette année, quinze sont déjà partis. » Ce mouvement de départs massifs prive le pays de ses ressources humaines les plus précieuses.

La rue comme dernier recours : protestations dispersées et désorganisation militante
Al Akhbar conclut que les manifestations sociales, bien que nombreuses, restent désorganisées. Le journal note que plusieurs rassemblements ont eu lieu à Beyrouth, Zahlé et Tyr, mais sans coordination entre les groupes protestataires. Le manque de leadership centralisé empêche la formulation de revendications cohérentes. Le journal mentionne que des mouvements estudiantins, syndicaux et associatifs tentent de fédérer les actions, mais que les rivalités idéologiques et les contraintes logistiques freinent ces efforts. La mobilisation reste donc fragmentaire, bien que révélatrice d’une tension sociale sous-jacente croissante.

Culture : résilience artistique, deuil national et effervescence événementielle

Hommage national à Ziad Rahbani : une figure intellectuelle célébrée
Dans son édition du 28 juillet 2025, Nahar consacre sa page culturelle au décès de Ziad Rahbani, qualifié de « monument de la culture libanaise et arabe ». Le journal rapporte que des centaines de personnes ont assisté à une veillée organisée au Théâtre al-Madina, lieu emblématique où Rahbani avait présenté ses pièces les plus célèbres. La ministre de la Culture, présente sur place, a déclaré : « Avec Ziad, c’est une part de l’intelligence collective libanaise qui s’éteint. » Le journal mentionne également les hommages rendus par de nombreux artistes et intellectuels, dont le poète Abbas Beydoun et la comédienne Julia Kassar, qui ont salué sa capacité à « traduire la folie du Liban en lucidité comique ».

Une œuvre multidimensionnelle redécouverte
Al Akhbar revient en détail sur l’héritage de Rahbani, rappelant qu’il fut non seulement compositeur et musicien, mais aussi dramaturge et chroniqueur. Le journal note que plusieurs extraits de ses pièces, comme « Film Ameriki Taweel » et « Bikhsous el Karame w el Chaab el Anid », ont été partagés massivement sur les réseaux sociaux, accompagnés de commentaires soulignant leur pertinence politique toujours actuelle. Un ancien collaborateur du défunt, interrogé par le journal, affirme que « Ziad a inventé une langue du théâtre libanais, faite de désespoir ironique et de lucidité cruelle ». Le journal signale que plusieurs salles de spectacle envisagent une rétrospective de son œuvre pour le mois d’août.

Condoléances politiques et récupération partisane
Al Bina’ observe que la mort de Rahbani a suscité une vague de condoléances y compris dans les milieux politiques. Le président Joseph Aoun a publié un message exprimant « son immense respect pour l’artiste qui a donné voix au peuple ». Le Premier ministre Nawaf Salam a, pour sa part, évoqué « un éclaireur des consciences, qui a parlé au nom des déclassés ». Le journal souligne toutefois que certains groupes ont tenté de récupérer sa mémoire à des fins idéologiques, rappelant que Rahbani avait souvent critiqué les récupérations partisanes. Une photo montrant un drapeau du Hezbollah brandi lors de la veillée a suscité la controverse, plusieurs artistes dénonçant une instrumentalisation de la douleur.

Publications spéciales et archives musicales remises en circulation
Al 3arabi Al Jadid rapporte que plusieurs maisons d’édition et labels musicaux prévoient de republier l’intégralité des œuvres de Rahbani. Le journal indique que les studios Rahbani, en collaboration avec la Fondation Fayrouz, ont annoncé la remasterisation de ses enregistrements live entre 1979 et 1999. Le journal précise que les plateformes de streaming musical ont observé une augmentation de plus de 400 % des écoutes des compositions de Rahbani en moins de 24 heures. Les radios locales, dont Sawt el Ghad et Radio Liban, lui ont également consacré des émissions spéciales tout au long du week-end.

Festival de Baalbeck : performances réduites mais ferveur intacte
Dans Ad Diyar, un reportage revient sur la dernière édition du Festival de Baalbeck, qui s’est ouverte la veille dans une configuration allégée en raison de contraintes logistiques. Seules quatre représentations sont maintenues cette année, contre une dizaine lors des éditions précédentes. Le journal note néanmoins la qualité de la soirée d’ouverture assurée par le pianiste libanais Wassim Soubra, dont la performance a été saluée par le public. Le festival, malgré l’absence de subventions étatiques, a pu se maintenir grâce au soutien de mécènes privés et d’organisations internationales. Une banderole dédiée à Ziad Rahbani a été suspendue à l’entrée de l’enceinte.

Activisme culturel et initiatives citoyennes à Beyrouth
Al Liwa’ met en avant plusieurs projets artistiques communautaires dans la capitale. Le journal évoque un atelier de théâtre de rue organisé à Basta par l’association « Dar el-Fan » avec la participation de jeunes issus de quartiers défavorisés. La directrice du programme affirme que « l’art est le seul espace qui nous reste pour nous retrouver au-delà des appartenances ». Le journal mentionne aussi une exposition collective intitulée « Beyrouth sans maquillage » à la galerie ArtLab, réunissant des œuvres de jeunes photographes documentant les crises urbaines. Le public est invité à interagir avec les clichés en y ajoutant des annotations sur des post-it colorés.

Liban Nord : relance culturelle à Tripoli malgré les tensions
Dans un article de Al Sharq Al Awsat, le journal indique que plusieurs événements artistiques ont été maintenus à Tripoli malgré le climat de tension sociale. Le centre culturel Rachid Karami a accueilli une performance de dabké contemporaine, tandis qu’un festival de poésie a réuni des écrivains francophones et arabophones au Club culturel Al-Nour. Le journal souligne la volonté des organisateurs de ne pas céder à l’anxiété ambiante. Un des participants cite Rahbani dans son discours d’ouverture : « Quand tout brûle, l’art reste une façon de tenir la main de ceux qui tombent. »

Nabatiyeh et Tyr : un été sous le signe des traditions populaires
Al Bina’ revient sur les célébrations de la fête de Saint Maron à Nabatiyeh, qui ont été maintenues dans une version réduite. Le journal décrit une ambiance chaleureuse avec des stands de nourriture traditionnelle, de la musique folklorique et des lectures publiques de poésie populaire. À Tyr, le festival « Assafir al-Bahar » s’est ouvert avec une parade maritime et une représentation de danse soufie sur le port. Le journal observe que ces événements participent à « la réappropriation d’un patrimoine populaire menacé par la modernité sauvage et l’urbanisation désordonnée ».

Rayonnement régional d’artistes libanais : export culturel et reconnaissance
Al Sharq rapporte que plusieurs artistes libanais, notamment dans le domaine du cinéma et de la musique électronique, continuent de se produire à l’étranger. Le journal mentionne la participation de la réalisatrice Nadine Labaki au Festival de Locarno, où elle a présenté un court-métrage sur les violences sociales à Beyrouth. Le DJ Zeid Hamdan a, de son côté, assuré un set au festival Sonar de Barcelone. Le journal note que cette présence internationale contribue au maintien du rayonnement du Liban culturel, malgré l’effondrement des infrastructures locales.

Calendrier des événements culturels à venir
Dans Al Joumhouriyat, une page annonce les événements prévus dans la première quinzaine d’août. Le Théâtre Monnot prévoit une reprise de la pièce « Lakan ya Makan » avec Salwa Nakkad. La galerie Tanit à Mar Mikhaël organise une exposition de sculpture contemporaine sous le thème « matière et mémoire ». À Saïda, le centre Al Mokhtarat accueillera un cycle de conférences sur la mémoire urbaine du Sud. Le festival musical « Jbeil en Scène » lancera sa saison avec un concert de l’Orchestre philharmonique du Liban.

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