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Revue de presse du 31/05/25: tensions croissantes au Proche-Orient et polarisation internationale

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La presse du 31 mai 2025 reflète une situation régionale explosive au Proche-Orient, marquée par des menaces militaires israéliennes, une famine aiguë à Gaza, et une résurgence diplomatique et militaire iranienne. Les réactions internationales, bien que diverses, révèlent une profonde polarisation géopolitique, alimentée par la posture des grandes puissances et la fragmentation des alliances régionales.

Israël et l’option militaire contre l’Iran

Selon Al 3arabi Al Jadid (31 mai 2025), Israël envisage une opération militaire contre l’Iran. Le gouvernement israélien, malgré les avertissements du président américain Donald Trump, ne semble pas écarter l’option d’une frappe préventive. La presse israélienne évoque même une intensification des préparatifs. Trump aurait adressé un « dernier avertissement » à Benjamin Netanyahu, soulignant qu’une attaque unilatérale pourrait provoquer une escalade incontrôlable dans toute la région.

L’éditorial du journal met en lumière la montée des tensions entre les deux pays, aggravée par les récentes déclarations du ministre israélien des Affaires étrangères qui accuse Téhéran de poursuivre un programme nucléaire « hostile » malgré les pressions internationales. Le journal rapporte également que les forces armées israéliennes ont été placées en état d’alerte avancée.

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Famine et crise humanitaire à Gaza

En parallèle, la situation à Gaza atteint un seuil critique. Al 3arabi Al Jadid (31 mai 2025) cite un rapport alarmant de l’ONU qualifiant l’enclave palestinienne de « lieu le plus affamé du monde », avec 100 % de la population exposée au risque de famine. L’organisation appelle à l’ouverture immédiate des points de passage pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire.

Le journal précise que plus de 2000 fonctionnaires européens ont signé une pétition exhortant l’Union européenne à cesser toute livraison d’armes à Israël, qualifiant les frappes contre Gaza de « crimes de guerre ». Des manifestations ont eu lieu devant les institutions européennes à Bruxelles pour dénoncer la complicité perçue des États membres dans la crise actuelle.

Le journal Al Quds (31 mai 2025) complète ces informations en relatant les propos du diplomate qatari Mohammed ben Abderrahmane Al Thani, qui évoque des « discussions urgentes » avec la Turquie et l’Iran en vue de parvenir à un cessez-le-feu immédiat. Toutefois, aucune avancée concrète n’a été signalée à ce jour.

Réactions divergentes sur la scène internationale

Al Sharq Al Awsat (31 mai 2025) note que la diplomatie française est particulièrement active dans ce dossier, avec le président Emmanuel Macron qui continue sa « campagne contre l’expansion coloniale israélienne », selon les termes employés par le ministère des Affaires étrangères israélien.

Du côté américain, le journal rapporte que Donald Trump souhaite éviter toute implication militaire directe, mais reste ferme dans sa position de médiateur. Son administration multiplie les contacts avec les dirigeants arabes pour empêcher l’élargissement du conflit, tout en maintenant la pression sur l’Iran dans le cadre du dossier nucléaire.

En Russie, les autorités profitent de cette instabilité pour renforcer leur influence en Syrie. Des manœuvres militaires conjointes avec l’armée syrienne ont été observées dans le sud du pays, non loin du plateau du Golan, ce qui alimente les craintes d’un affrontement indirect avec Israël.

Tensions autour du nucléaire iranien

Sur le plan diplomatique, Al 3arabi Al Jadid (31 mai 2025) rapporte que l’Iran exige des explications de la part de l’Autriche concernant un rapport qui, selon Téhéran, déforme les intentions de son programme nucléaire. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, déclare que son pays est « toujours prêt pour une solution diplomatique équitable », tout en insistant sur le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium.

Le journal indique que les discussions indirectes entre Téhéran et Washington, qui se tiennent actuellement à Doha sous médiation qatarie, n’ont pas encore débouché sur un compromis. La Maison Blanche ne cache plus son scepticisme : selon une source citée anonymement, « l’accord est plus éloigné que jamais, malgré les apparences ».

Le dilemme de Hamās et les calculs de l’axe de la résistance

Sur le front interne palestinien, Al 3arabi Al Jadid (31 mai 2025) souligne que le mouvement Hamās hésite à accepter la dernière proposition du médiateur américain Steve Witkoff. Celle-ci inclut un échange de prisonniers et un arrêt des hostilités, mais ne garantit pas un retrait israélien durable ni la levée du blocus.

Le quotidien évoque les débats internes au sein du mouvement, notamment entre les branches politique et militaire. Un haut cadre de Hamās, s’exprimant sous couvert d’anonymat, affirme que « le temps des compromis creux est révolu », ce qui laisse présager une possible poursuite du conflit.

En parallèle, le Hezbollah libanais, dont le chef Naim Kassem a récemment succédé à Hassan Nasrallah, aurait renforcé sa présence au sud du Liban. Des analystes cités par Al Akhbar (31 mai 2025) évoquent un risque élevé de confrontation multi-fronts si Israël venait à déclencher une attaque contre l’Iran.

Une crise régionale à l’épreuve des équilibres mondiaux

L’écho régional de ces tensions est manifeste. Ad Diyar (31 mai 2025) consacre une page entière à la déstabilisation du Proche-Orient, qualifiant l’actuel moment de « basculement stratégique ». Selon un analyste interrogé par le journal, « la conjonction d’une crise humanitaire aiguë, de la surmilitarisation des acteurs et de l’affaiblissement des canaux diplomatiques pourrait engendrer une guerre généralisée aux conséquences incalculables ».

Le journal met aussi en avant la fragmentation des positions arabes : si le Qatar et la Jordanie appellent à la désescalade, l’Égypte maintient une prudente réserve, tandis que l’Arabie saoudite semble préoccupée avant tout par ses intérêts énergétiques.

Enfin, l’article d’Al Akhbar (31 mai 2025) revient sur le rôle des médias numériques dans la perception du conflit. Il y est mentionné que les plateformes sociales sont devenues des « chambres d’écho de la propagande », où chaque camp tente d’imposer son récit. Les fake news se multiplient, et l’opinion publique mondiale reste très polarisée.

Politique locale : tensions entre les pôles du pouvoir et repositionnements partisans

La presse libanaise du 31 mai 2025 dépeint un paysage politique profondément fracturé. Les relations entre les principales figures de l’État, les partis traditionnels et les nouveaux acteurs politiques sont marquées par la méfiance, des tensions larvées et des repositionnements stratégiques. À cela s’ajoutent les discussions sur l’avenir du système électoral et les signes d’un retour de la Syrie dans le jeu libanais.

Fractures institutionnelles : la présidence confrontée à l’isolement

D’après Ad Diyar (31 mai 2025), les tensions entre Joseph Aoun, président de la République, et le président du Parlement Nabih Berri atteignent un niveau préoccupant. Le journal souligne une absence totale de « chimie » entre les deux hommes. Cette dissension se cristallise autour de la ligne politique du président Nawaf Salam, perçue comme trop alignée sur les choix occidentaux par le tandem Amal-Hezbollah. Le quotidien évoque également un « désaccord sur l’identité politique » du gouvernement.

Cette fracture est particulièrement perceptible dans les débats autour des projets de réformes électorales et du rôle des institutions judiciaires. Ad Diyar rapporte ainsi des discussions animées à huis clos entre des proches de Joseph Aoun et certains membres des Forces libanaises et du Courant patriotique libre (CPL), qui voient d’un mauvais œil la consolidation du pouvoir présidentiel.

Le même journal affirme que le CPL, longtemps allié du Hezbollah, semble en pleine redéfinition stratégique, tiraillé entre sa base chrétienne et la nécessité de se repositionner sur l’échiquier national. Les tentatives du chef du parti, Gebran Bassil, de reprendre la main apparaissent inégales.

La présidence du Parlement et les équilibres confessionnels

Toujours selon Ad Diyar (31 mai 2025), Nabih Berri aurait exprimé en privé son exaspération vis-à-vis du « climat politique tendu et des ingérences étrangères dans les choix parlementaires ». Il a notamment critiqué l’attitude de certaines chancelleries arabes et européennes qui « conditionnent leur aide à des réformes irréalistes ». Ce positionnement renforce son image de garant de la stabilité institutionnelle, bien que contestée par une partie de l’opinion publique.

Dans ce contexte, la relation entre Berri et le Hezbollah est également décrite comme « pragmatique mais non sans tensions » selon le même journal. Le remplacement de Hassan Nasrallah par Naim Kassem à la tête du parti chiite a, semble-t-il, rebattu certaines cartes, notamment sur les stratégies d’alliance avec les partis sunnites et druzes.

Reconfigurations partisanes et municipales

Un autre point d’attention concerne les élections municipales, dont les préparatifs divisent. Al Akhbar (31 mai 2025) s’attarde sur les tensions au sein des formations politiques autour des listes électorales. Des critiques ont été formulées sur le caractère confessionnel et clientéliste des alliances envisagées, notamment à Beyrouth et Tripoli. Le quotidien fait état de discussions acharnées entre les représentants du Futur, désormais affaibli, et ceux des Indépendants, qui souhaitent une gestion municipale plus transparente.

Par ailleurs, la montée en puissance du courant des « Réformateurs civils », un regroupement de personnalités issues de la société civile, provoque une inquiétude croissante chez les partis traditionnels. Ces réformateurs dénoncent l’ »immobilisme » du Parlement et appellent à la mise en œuvre rapide des recommandations issues de la Conférence de Bruxelles sur la transparence publique.

Joseph Aoun entre ombre politique et ambition militaire

Ad Diyar (31 mai 2025) revient sur l’activisme du président Joseph Aoun, dont les interventions publiques sont devenues plus fréquentes. Lors d’une réunion sécuritaire au palais présidentiel, il a abordé les enjeux frontaliers et la question de la prolifération des armes au sein des camps palestiniens. Le journal souligne que cette posture sécuritaire renforce son image d’homme d’ordre, mais alimente aussi les soupçons d’un projet présidentiel visant à centraliser les leviers du pouvoir.

Des commentateurs y voient un parallèle avec la stratégie d’Emile Lahoud à la fin des années 1990. Le positionnement de Joseph Aoun semble viser une reconsolidation de l’autorité de l’État, mais se heurte à des résistances politiques, notamment de la part des Forces libanaises, qui redoutent une marginalisation de leur influence.

Ambiguïtés syriennes et retour d’influence

L’ombre syrienne revient avec insistance dans plusieurs articles. Ad Diyar (31 mai 2025) évoque des rencontres entre des chefs tribaux du sud syrien et des émissaires libanais proches de Damas. Ces discussions, tenues à Sweida, porteraient sur la coopération sécuritaire et la « prévention des incidents transfrontaliers ».

Selon les sources du journal, la Syrie chercherait à réactiver certains relais politiques au Liban dans le cadre des négociations de paix avec Israël. Cette dynamique inquiète certains acteurs politiques qui y voient un retour à l’ »ordre syrien d’avant 2005″. Le président Nawaf Salam, interrogé par des diplomates européens, aurait exprimé ses « réserves sur toute ingérence directe ».

Le mutisme patriarcal et le silence de la société civile

Un autre point noté par Ad Diyar (31 mai 2025) concerne « le silence prolongé du patriarche maronite », que certains observateurs interprètent comme une volonté de se distancer des querelles partisanes. D’autres y voient une stratégie de retrait en attendant une reconfiguration plus favorable à l’Église, notamment sur les questions liées au statut personnel et à l’enseignement religieux.

Dans le même temps, la société civile libanaise peine à relancer une dynamique populaire. Les mobilisations observées lors des crises économiques de 2019 et 2021 semblent aujourd’hui dispersées. Le journal pointe l’absence de coordination entre les syndicats, les ONG et les figures issues des anciens mouvements de protestation.

Citation et discours des personnalités politiques : entre stratégies diplomatiques et rivalités internes

Les déclarations et prises de position de plusieurs figures politiques libanaises au 31 mai 2025 révèlent une cristallisation des tensions institutionnelles, un repositionnement diplomatique affirmé, ainsi qu’un climat de défiance croissante entre les pôles du pouvoir. Les journaux Ad DiyarAl SharqAl Quds et Al Akhbar rendent compte d’une scène politique fragmentée, où chaque mot prononcé pèse dans un équilibre de plus en plus instable.

Le président Joseph Aoun affirme l’agenda régional du Liban

Selon Al Sharq (31 mai 2025), le président Joseph Aoun a annoncé lors d’un point presse qu’il se rendrait en visite officielle en Irak le lendemain, pour y rencontrer le président Abdul Latif Rashid ainsi que le guide spirituel chiite Ali al-Sistani. Il s’agit, selon ses propres termes rapportés par le journal, d’une « visite de coordination stratégique visant à renforcer la coopération bilatérale dans les domaines de la sécurité et du développement ».

Joseph Aoun a également indiqué qu’il se rendrait à Oman mi-juin pour poursuivre les discussions entamées sur la stabilisation régionale, affirmant que « le Liban ne peut être spectateur passif des évolutions en cours au Proche-Orient ». Ces propos ont été interprétés par certains analystes comme une tentative de repositionner le Liban comme acteur actif dans les négociations interarabes, en particulier dans le contexte des accords potentiels entre Israël et la Syrie. Dans ce même article, Al Sharq cite une source présidentielle anonyme qui évoque « l’impératif pour le Liban de se doter d’une diplomatie préventive ».

Nawaf Salam sous les projecteurs médiatiques : entre éloge et scepticisme

Le Premier ministre Nawaf Salam a accordé un entretien à la chaîne SkyNews, largement relayé par Al Sharq (31 mai 2025). Dans cette interview, il a insisté sur « la nécessité de reconstruire l’administration publique sur des bases de transparence et de compétence », soulignant qu’il fallait « rompre avec la culture de l’impunité ». Son discours a été salué par plusieurs commentateurs comme un appel au renouveau, tandis que certains observateurs notent une certaine prudence dans ses déclarations sur les sujets économiques et sécuritaires.

Le journaliste Chawki Aouni a qualifié Salam de « Premier ministre complet », affirmant dans les colonnes de Al Sharqqu’ »il ne ressemble qu’à lui-même » et que « le Liban a enfin à sa tête un homme d’État intègre, cultivé et respecté à l’international ». Toutefois, Ad Diyar (31 mai 2025) rapporte que certains leaders chiites, notamment proches du tandem Amal-Hezbollah, reprochent à Salam une politique « trop alignée sur les intérêts occidentaux ». Ce double regard sur Nawaf Salam illustre la polarisation croissante autour de sa figure.

Nabih Berri : “On chauffe si on chauffe, on refroidit si on refroidit”

Le président du Parlement Nabih Berri a été l’auteur de l’une des formules les plus commentées de la journée. Interrogé par Al Quds (31 mai 2025) sur ses relations avec le Premier ministre, Berri a déclaré : “بسخّن منسخّن ببرّد منبرّد” (“On chauffe si on chauffe, on refroidit si on refroidit”). Cette déclaration sibylline a été interprétée par Al Quds comme un message codé adressé à ses alliés du Hezbollah, soulignant que le dialogue interinstitutionnel dépendrait de l’attitude de l’exécutif.

Le quotidien précise que cette formule a été prononcée à l’issue d’une réunion avec des représentants de la FINUL, au cours de laquelle Berri a rappelé son attachement au respect de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Selon des sources internes citées par le journal, le chef du Législatif aurait également réitéré son opposition à toute tentative d’affaiblir le rôle du Parlement dans les réformes à venir.

Silence stratégique ou vide spirituel ? Le patriarche maronite mutique

Ad Diyar (31 mai 2025) consacre une pleine page au « silence prolongé du patriarche maronite », s’interrogeant sur la signification de cette retenue. Selon plusieurs analystes cités, ce mutisme volontaire serait une stratégie destinée à ne pas s’impliquer dans les luttes intestines entre le Courant patriotique libre et les Forces libanaises. Un prêtre anonyme cité dans l’article estime que « le patriarcat entend préserver sa neutralité religieuse dans un contexte de polarisation politique excessive ».

Le journal rapporte également que des pressions seraient exercées sur le patriarche pour qu’il prenne position sur des sujets sensibles tels que la réforme du statut personnel, ou encore l’éventuelle réouverture du dossier des biens wakf (biens religieux). Cette retenue est interprétée tantôt comme une posture sage, tantôt comme une forme de retrait préoccupant pour une communauté à la recherche de repères politiques clairs.

La voix du Hezbollah à travers Naim Kassem : prudence et fermeté

Depuis la succession de Hassan Nasrallah par Naim Kassem, peu de déclarations publiques ont été faites. Toutefois, selon Al Akhbar (31 mai 2025), une réunion interne aurait eu lieu dans la banlieue sud de Beyrouth durant laquelle Kassem aurait affirmé : « Nous ne répondons pas à la provocation par la provocation, mais nous n’oublions jamais nos lignes rouges ».

Cette citation rapportée par un cadre du parti illustre une volonté de maintenir une attitude de retenue publique tout en réaffirmant la ligne idéologique ferme du Hezbollah. Le quotidien ajoute que Kassem aurait évoqué « la nécessité de préserver l’équilibre interne tout en soutenant la cause palestinienne », dans un contexte de tension régionale marqué par les négociations entre Israël et la Syrie.

Diplomatie : relance des initiatives régionales et recalibrage des alliances libanaises

La diplomatie libanaise montre des signes de réactivation dans un contexte régional en mutation rapide. À la lumière des tensions croissantes entre Israël et la Syrie, des négociations internationales sur la stabilité au Levant, et des échanges diplomatiques bilatéraux renouvelés, les journaux du 31 mai 2025 font état d’une dynamique de repositionnement libanais. Plusieurs sources, notamment Ad DiyarAl QudsAl JoumhouriyatAl Akhbar et Al 3arabi Al Jadid, illustrent ce tournant par des déplacements officiels, des déclarations publiques et des jeux d’influence entre grandes puissances.

Visites officielles et engagements diplomatiques

Le président Joseph Aoun a annoncé, selon Al Quds (31 mai 2025), une visite officielle imminente à Bagdad où il rencontrera le président irakien Abdul Latif Rashid. L’objectif de cette rencontre est d’établir une coopération renforcée en matière de sécurité, d’échanger sur la coordination militaire interétatique et de structurer des accords économiques communs. Il a également exprimé son intention de se rendre prochainement en Oman afin de “participer activement à l’élaboration d’un cadre de stabilité régionale multilatéral”.

Dans ce même cadre, Ad Diyar (31 mai 2025) rapporte qu’Aoun a récemment reçu les lettres de créance de cinq nouveaux ambassadeurs, marquant un rajeunissement des représentations diplomatiques à Beyrouth. Trois d’entre eux représentent des pays de l’Union européenne, signe d’un regain d’intérêt occidental pour la scène libanaise, dans un contexte de rivalités diplomatiques au Moyen-Orient. L’un des diplomates, selon le journal, aurait déclaré que “le Liban reste une charnière stratégique, même si affaiblie”.

La médiation libanaise face aux négociations israélo-syriennes

La presse souligne que la question des pourparlers entre Israël et la Syrie s’impose comme un enjeu central pour la diplomatie libanaise. Ad Diyar (31 mai 2025) consacre un long article aux scénarios potentiels : en cas de réussite des négociations, le Liban pourrait être entraîné “par gravité” dans un mouvement de stabilisation régionale. Mais si le gouvernement libanais refuse de s’aligner, “deux options apparaissent : le retour à la guerre civile ou une prise en main du dossier libanais par Damas sous l’égide du droit régional syrien”.

Cette perspective est développée par des sources syriennes interrogées par Ad Diyar, selon lesquelles les accords en gestation incluent des “clauses implicites de non-agression mutuelle” qui pourraient s’appliquer aussi indirectement au Liban. Ce dernier, pour rester souverain, serait donc contraint de réagir activement à ces négociations. Le président Aoun aurait d’ailleurs sollicité une réunion d’urgence du Conseil supérieur de défense sur cette question, toujours selon le même quotidien.

Position ambivalente du Hezbollah et crispations interinstitutionnelles

Face à cette recomposition régionale, Al Akhbar (31 mai 2025) signale une réunion interne du Hezbollah au cours de laquelle Naim Kassem a précisé les lignes rouges du mouvement : “Pas de reconnaissance tacite d’Israël, pas de désengagement militaire au Sud sans garanties.” Cette position met à mal toute tentative libanaise d’adhésion automatique à un nouveau consensus régional. Le journal évoque également des tensions avec l’armée libanaise, dont certains officiers estiment que “le Liban doit se désolidariser de la logique des axes”.

De son côté, Nabih Berri a insisté lors de son échange avec des représentants de la FINUL sur “le respect de la résolution 1701” (Al Quds, 31 mai 2025). Il a appelé à une clarification des modalités d’intervention de la force internationale, tout en déclarant que “le dialogue diplomatique avec les puissances actives dans la région doit être rééquilibré”.

Multiplication des tensions diplomatiques bilatérales

Al Joumhouriyat (31 mai 2025) revient sur un incident protocolaire entre le ministère libanais de la Santé et son homologue letton, survenu à Genève lors d’une réunion de l’Organisation mondiale de la Santé. Selon le journal, une déclaration de la partie lettone sur la “mauvaise gestion de la coopération sanitaire bilatérale” a été immédiatement démentie par le ministère libanais des Affaires étrangères, qui a dénoncé une “manipulation politique motivée par des considérations géopolitiques extérieures”.

L’incident, bien que mineur, illustre la complexité de la position diplomatique libanaise, soumise à des tensions aussi bien entre grandes puissances qu’avec de plus petits États. Toujours dans ce contexte, Al Quds (31 mai 2025) indique que la Chine aurait proposé une médiation dans les négociations énergétiques entre le Liban et la Syrie, en échange de la signature d’un protocole d’investissement portuaire à Tripoli.

Ambiguïté de la position américaine et prudence européenne

Selon Al 3arabi Al Jadid (31 mai 2025), les États-Unis ont récemment signalé leur soutien à un “accord de stabilisation globale” entre Tel Aviv et Damas, en évoquant une “fenêtre diplomatique rare qui pourrait éviter une guerre régionale majeure”. Cependant, Washington aurait aussi fait savoir que “toute reconnaissance du Hezbollah dans cet accord serait un casus belli politique pour le Congrès”.

De leur côté, les diplomates européens à Beyrouth, interrogés par Al Quds, insistent sur une approche “inclusiviste mais prudente”. Ils affirment que “le Liban doit s’engager pleinement dans les processus régionaux sans ignorer les réalités internes”, et expriment leur soutien à Joseph Aoun comme interlocuteur crédible dans les cercles diplomatiques internationaux.

Économie : inquiétudes inflationnistes et fragilités institutionnelles persistantes

La situation économique du Liban continue d’inquiéter les observateurs, comme en témoignent les analyses publiées par Ad Diyar et Al 3arabi Al Jadid (31 mai 2025). À l’heure où les indicateurs économiques peinent à s’améliorer de façon durable, les tensions sociales liées à la cherté de la vie et aux insuffisances structurelles du secteur public alimentent un climat de défiance généralisée. Cette instabilité est renforcée par l’absence de mesures fiscales structurantes et le caractère incertain des recettes de l’État. L’analyse des journaux révèle également une inquiétude croissante autour du financement des services publics et de la résilience du tissu productif national.

Inflation alimentaire et précarisation des ménages

Selon Al 3arabi Al Jadid (31 mai 2025), l’indice des prix à la consommation a connu une hausse de 6,3 % sur le seul mois de mai, une augmentation tirée en particulier par les prix des denrées alimentaires importées. Le prix du pain, élément central dans le panier de consommation libanais, a connu une progression de 12 % en raison de la diminution des subventions indirectes sur le blé et du renchérissement du transport.

Le journal rapporte également que les familles libanaises consacrent désormais en moyenne 62 % de leur budget mensuel à l’alimentation, un niveau record. Cette précarisation a conduit de nombreux ménages à revoir leurs habitudes de consommation, limitant notamment l’achat de protéines animales, de produits laitiers ou de fruits.

Un représentant d’une association de consommateurs, cité dans le même article, affirme que “l’alimentation est redevenue une forme de luxe pour une partie croissante de la population”. Des files d’attente ont été observées devant les antennes locales des ONG distribuant des colis alimentaires, notamment à Tripoli, Saïda et Nabatiyé.

Budget de l’État : déficit chronique et recettes incertaines

Ad Diyar (31 mai 2025) indique que le déficit budgétaire prévu pour l’exercice en cours pourrait atteindre les 6,2 milliards de dollars, soit près de 33 % du PIB. Les recettes fiscales demeurent faibles, et les promesses de soutien budgétaire international tardent à se concrétiser. Le journal souligne l’absence de mesures concrètes de la part du ministère des Finances pour élargir l’assiette fiscale ou améliorer la collecte des impôts.

Le ministre des Finances, dans un entretien rapporté par le journal, affirme que “le Liban n’introduira pas de nouvelles taxes, mais misera sur une meilleure efficience dans la collecte”. Cette déclaration a été diversement accueillie. Pour certains économistes cités par le quotidien, cette position traduit un “réalisme politique”, dans un contexte de méfiance extrême vis-à-vis des institutions. D’autres y voient au contraire une “déclaration d’impuissance structurelle”.

Le même article rapporte que les discussions avec la Banque mondiale sur un programme de soutien au redressement de l’administration publique n’ont pas progressé depuis février. La Banque exigerait des garanties en matière de transparence et de lutte contre la corruption que le gouvernement tarde à produire.

Investissements en berne et détérioration des infrastructures

Le secteur des investissements privés continue de souffrir d’un climat d’incertitude juridique et politique. Selon Ad Diyar, plusieurs projets d’investissement en partenariat public-privé ont été suspendus ou abandonnés. C’est notamment le cas d’un projet de zone industrielle à Zahlé et d’un plan d’aménagement des réseaux d’assainissement à Tyr.

Le journal cite des représentants de la Chambre de commerce et d’industrie de Beyrouth, qui estiment que “le pays n’est plus en mesure d’absorber les flux d’investissements régionaux faute de stabilité administrative”. Ils dénoncent également les lenteurs bureaucratiques et les surcoûts générés par la corruption dans l’attribution des marchés publics.

En parallèle, Al 3arabi Al Jadid publie un reportage sur la dégradation des infrastructures de distribution d’eau à Baalbeck, où plusieurs quartiers sont alimentés par des camions-citernes privés. Cette situation résulte, selon le journal, de la vétusté du réseau public et de l’incapacité des municipalités à financer les réparations urgentes.

Tensions sociales et fiscalité

L’introduction en mars dernier d’un nouvel impôt local sur les entreprises en zone urbaine dense, censée financer des programmes de transport public, continue de faire polémique. Ad Diyar rapporte que des associations de commerçants à Jounieh et Antélias ont déposé des recours auprès du Conseil d’État, estimant que cette taxe est discriminatoire.

Le journal cite également les syndicats de fonctionnaires, qui demandent la revalorisation de leurs salaires gelés depuis 2022. Un représentant de la Fédération des syndicats du secteur public déclare que “les hausses successives des prix sans ajustement salarial reviennent à imposer une austérité implicite”.

Cette tension s’est matérialisée le 29 mai par une journée de grève dans plusieurs administrations publiques, notamment les bureaux de l’état civil et les directions des impôts indirects. Cette mobilisation, selon le journal, pourrait s’élargir si aucune solution durable n’est trouvée d’ici l’été.

Agriculture et précarité du tissu productif

Al 3arabi Al Jadid revient également sur la situation des petits producteurs agricoles dans la Bekaa. Le journal consacre un encadré à la question des intrants agricoles, dont le prix a doublé depuis janvier. Les engrais, en particulier, sont devenus inabordables pour nombre de cultivateurs, contraints de réduire leurs surfaces cultivées.

Un agriculteur de la région d’Aana affirme que “l’État parle d’autosuffisance mais n’en fournit aucun moyen”. Le journal note que plusieurs familles de producteurs se sont endettées pour acheter du carburant destiné à irriguer leurs terres.

Société : tensions sociales, vulnérabilité et résilience du quotidien

Le panorama social libanais tel que rapporté par la presse du 31 mai 2025 met en lumière une société aux prises avec des tensions économiques, des frustrations citoyennes croissantes, et des déficiences systémiques dans les services de base. Les publications Al AkhbarAd DiyarAl 3arabi Al Jadid et Al Quds dressent un constat d’épuisement du tissu social, confronté à l’inaction institutionnelle, à l’inflation du quotidien, et à une profonde crise de confiance envers les autorités publiques.

Une société sous tension : la précarité comme norme

Al 3arabi Al Jadid (31 mai 2025) évoque une “nécrose silencieuse” des structures sociales, accentuée par la flambée continue des prix. L’article dresse le portrait de familles contraintes de réduire drastiquement leurs dépenses en soins de santé et en éducation. Il est rapporté qu’un tiers des ménages vivant à Beyrouth-Est a cessé de se rendre dans les hôpitaux privés, en raison de frais devenus inaccessibles.

Le journal cite le témoignage d’un ancien fonctionnaire retraité : “Mon traitement pour le cœur coûte plus que ma pension. Je choisis entre respirer ou manger.” Cette phrase, reprise dans plusieurs commentaires en ligne, a provoqué une vague d’indignation relayée sur les réseaux sociaux.

Ad Diyar (31 mai 2025) confirme cette tendance en publiant une enquête sur la désertification sociale des villages de montagne, où les jeunes quittent en masse les zones rurales. Des écoles ferment faute d’élèves, et certaines mairies ne fonctionnent plus que deux jours par semaine, faute de personnel. La détérioration des routes et l’absence de transports en commun découragent également le retour des populations.

Mobilisations localisées et colère populaire

Al Akhbar (31 mai 2025) rapporte une série de manifestations spontanées dans plusieurs quartiers de la banlieue sud de Beyrouth. Ces mobilisations, menées principalement par des mères de famille et des retraités, ont pour cible la “carte d’alimentation” distribuée par le ministère des Affaires sociales, accusée d’exclure des milliers de bénéficiaires.

L’article mentionne que des échauffourées ont éclaté devant un centre de distribution de cette carte à Bourj el-Barajneh, où les agents de sécurité auraient refoulé des femmes âgées sans fournir de justification. Une manifestante aurait déclaré : “Ils nous traitent comme des numéros, pas comme des êtres humains.” L’émotion suscitée par cet épisode a donné lieu à une pétition locale demandant la démission du directeur du programme.

Le journal signale aussi que dans le quartier de Tariq el-Jdideh, des bénévoles ont installé un centre de soins informel dans une ancienne mosquée désaffectée, offrant des consultations gratuites deux fois par semaine. L’initiative est soutenue par des donations privées et la solidarité communautaire.

Système éducatif en crise prolongée

Al Quds (31 mai 2025) publie un reportage détaillé sur l’état du secteur éducatif, marqué par la désertion des enseignants dans le public et une dépendance croissante aux initiatives privées. Le journal indique que près de 400 écoles publiques n’ont pas ouvert leurs portes depuis le début du deuxième trimestre, en raison d’un défaut de financement pour l’électricité et l’eau.

Le ministère de l’Éducation reconnaît cette situation mais affirme ne pas disposer de budget pour combler ces déficits. Des élèves de la région de Hermel, interrogés par le journal, expliquent qu’ils suivent les cours via WhatsApp, lorsque leurs enseignants sont disponibles. Un parent d’élève cite : “Notre fille étudie avec des photocopies prises sur un téléphone. C’est ça, l’école publique ?”

À Beyrouth, certaines écoles privées ont mis en place un système de bourses “internes” basé sur la recommandation d’anciens élèves ou d’associations religieuses. Cette pratique, bien qu’altruiste, contribue à renforcer les inégalités d’accès à une éducation de qualité, note Al Quds.

Santé : médecine d’urgence et recours au secteur informel

Le secteur de la santé est l’un des plus touchés par les déséquilibres socio-économiques. Ad Diyar (31 mai 2025) rapporte une flambée du recours à la médecine traditionnelle et aux remèdes “domestiques”, souvent improvisés. Le journal consacre un encadré à la multiplication des herboristeries dans la banlieue nord de Tripoli, où les médicaments de base ne sont plus accessibles.

Le journal cite une pharmacienne de Zghorta : “Je refuse de vendre des antibiotiques sans ordonnance, mais je comprends les patients. Ils n’ont pas les moyens de consulter un médecin.” Le même article décrit le développement de réseaux informels de soins, avec des médecins retraités qui consultent chez eux ou dans des cafés, à prix libre.

Le Syndicat des médecins a dénoncé cette pratique comme une mise en danger des malades, mais n’a pas proposé d’alternative viable. La presse évoque également la fatigue du personnel hospitalier, dont une partie menace de partir à l’étranger, faute de revalorisation salariale.

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