La journée du 4 septembre 2025 a été marquée par une montée en tension politique et militaire au Liban, en lien direct avec le dossier brûlant du désarmement des factions armées, notamment le Hezbollah, et l’escalade des affrontements à la frontière sud. Plusieurs journaux libanais, dont Al Joumhouriyat (4 septembre 2025), Ad Diyar (4 septembre 2025) et Al Akhbar (4 septembre 2025), ont consacré une large part de leur édition aux enjeux sécuritaires et aux tensions institutionnelles internes, dans un contexte de pressions diplomatiques et de menaces militaires externes.
Pressions internes autour de la session gouvernementale sur le désarmement
Selon Al Joumhouriyat (4 septembre 2025), la réunion du Conseil des ministres prévue pour examiner la proposition de plan de désarmement élaborée par l’armée libanaise a suscité des tensions accrues. Le commandant de l’armée, le général Joseph Aoun, doit y présenter un cadre de mise en œuvre de la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire, ce qui implique le désarmement du Hezbollah. Cette annonce a été vivement rejetée par le tandem Amal-Hezbollah, qui a qualifié le processus de décision de « non-consensuel », et a menacé de boycotter la session.
Dans ses pages politiques, Al Akhbar (4 septembre 2025) rapporte que le vice-président du Parlement, Élias Bou Saab, a tenté une médiation en amont de la session, mais s’est heurté au refus catégorique du Hezbollah de participer à tout débat sur le désarmement, le qualifiant de ligne rouge. La ligne de conduite défendue par le gouvernement de Nawaf Salam apparaît ainsi de plus en plus difficile à maintenir sans risque de blocage institutionnel ou d’effondrement du consensus national.
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Ad Diyar (4 septembre 2025) note que cette situation révèle un climat de méfiance croissante entre le gouvernement et le tandem chiite, qui perçoit les manœuvres de Nawaf Salam comme soutenues par des intérêts saoudiens et américains. Le journal évoque un « sentiment d’isolement » du Hezbollah, mais aussi une crispation politique susceptible d’entraîner une paralysie prolongée de l’exécutif si un compromis n’est pas trouvé rapidement.
Front sud : escalade israélienne et réponse de la résistance
Sur le plan militaire, Al Sharq AL Awsat (4 septembre 2025) rapporte que des unités israéliennes ont lancé, dans la nuit du 3 au 4 septembre, plusieurs attaques ciblées contre les positions supposées du Hezbollah au sud du Liban. L’attaque la plus significative a visé des éléments de la FINUL (force des Nations unies), avec le lancement de quatre grenades à proximité d’un poste de surveillance, en violation claire de l’accord de cessez-le-feu de 2006. La FINUL a qualifié l’incident de « l’un des plus graves » depuis la fin des affrontements de l’an dernier.
Dans ce contexte, la coalition de la résistance libanaise a réaffirmé, par la voix du bloc parlementaire Al Wafa’ lil Muqawama, son refus de toute concession sur la question des armes. Le bloc a déclaré que « le désarmement sous pression étrangère équivaut à offrir le pays en cadeau à Israël », selon les termes rapportés par Al Akhbar (4 septembre 2025). Il appelle le gouvernement à revenir à la table du dialogue, en s’inspirant des précédents cycles de concertation nationale initiés par Nabih Berri.
Dimension régionale : la question libanaise dans l’équation de Shanghai
La presse évoque aussi un contexte géopolitique plus large dans lequel s’inscrivent les tensions au Liban. Al Bina’ (4 septembre 2025) et Al Sharq (4 septembre 2025) s’intéressent à la récente réunion du sommet de Shanghai, qui s’est soldée par une critique ouverte de la politique américaine au Moyen-Orient, et un soutien clair aux causes palestinienne et libanaise face aux ingérences israéliennes. Le président chinois Xi Jinping, dans son discours de clôture, a évoqué la « sortie de la Chine de sa phase de réserve » pour jouer un rôle plus actif dans la régulation des conflits au Proche-Orient, ce qui pourrait inclure une médiation indirecte sur la scène libanaise.
D’autre part, Al 3arabi Al Jadid (4 septembre 2025) souligne que Moscou, par la voix de Vladimir Poutine, a exprimé sa volonté d’intensifier son rôle diplomatique dans la région, en appelant à une conférence de sécurité pour stabiliser les relations israélo-arabes. Si cette proposition reste floue, elle est perçue à Beyrouth comme une tentative de Moscou de se positionner comme contrepoids à Washington, notamment dans la gestion de la crise autour du Hezbollah.
Crise institutionnelle en formation
Au niveau interne, le journal Annahar (4 septembre 2025) indique que la session prévue pour le vendredi 5 septembre pourrait se tenir sans certains ministres, si la crise de confiance n’est pas résolue. Les ministères clés – Défense, Intérieur, Travaux publics – sont appelés à présenter également des rapports sur la sécurité aux frontières, notamment dans la région de Tripoli et sur les points de passage vers la Syrie, où l’on soupçonne des mouvements d’armes non contrôlés.
Al Liwa’ (4 septembre 2025) ajoute que le président Joseph Aoun reste déterminé à « restaurer l’autorité de l’État sur tout le territoire », malgré l’absence d’unanimité autour de son plan. Il aurait reçu des garanties discrètes de soutien logistique de la part de la CENTCOM américaine, mais celles-ci restent non confirmées officiellement.
Politique locale : pressions croisées sur le gouvernement Salam et affirmation présidentielle
La scène politique libanaise a été dominée, le 4 septembre 2025, par un bras de fer institutionnel autour du dossier du désarmement, mais aussi par des dynamiques internes mettant en lumière la polarisation croissante entre les principales figures de l’exécutif. Les déclarations des responsables, notamment celles du président Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam, ainsi que de leaders religieux et parlementaires, reflètent les fractures qui traversent l’appareil politique à la veille de décisions cruciales.
Le président Joseph Aoun entre initiative sécuritaire et gouvernance économique
Le président de la République, Joseph Aoun, a multiplié les signaux politiques sur deux fronts majeurs. Selon Ad Diyar(4 septembre 2025), il a d’une part défendu le plan de l’armée pour la centralisation des armes sous l’autorité de l’État, en insistant sur le rôle de la présidence comme garante de la souveraineté nationale. Il a d’autre part réitéré son attachement à la mise en œuvre d’une stratégie économique fondée sur le développement industriel, en lien avec les milieux productifs libanais, notamment l’Association des industriels. Dans son discours, il a évoqué la tenue prochaine d’un salon industriel à Beyrouth en octobre, comme levier de relance et vitrine du potentiel libanais.
D’un point de vue institutionnel, Nahar (4 septembre 2025) rapporte que Joseph Aoun a reçu des représentants de la Cour des comptes et du ministère de l’Énergie pour discuter des audits en cours et de la réforme du secteur de l’électricité, une priorité structurelle pour l’État.
Nawaf Salam sur le fil : entre coalition fragile et agendas régionaux
Le Premier ministre Nawaf Salam, de son côté, a livré un message politique important lors du sommet économique arabe au Caire, comme le relate Al Sharq (4 septembre 2025). Il y a plaidé pour une « réinsertion du Liban dans le tissu économique arabe » et insisté sur l’urgence d’un plan de réforme global. Il a notamment évoqué le projet « Liban 2035 », destiné à restaurer la confiance des investisseurs régionaux, et annoncé un sommet économique libanais en novembre à Beyrouth. Ces annonces ont été accueillies avec prudence par les partenaires régionaux, compte tenu des incertitudes internes sur la stabilité du cabinet.
Cependant, Al Joumhouriyat (4 septembre 2025) souligne que Salam fait face à des pressions croissantes de la part de ses ministres alliés du courant du 14 Mars, qui souhaitent accélérer le processus de désarmement. À l’opposé, les représentants du tandem Amal-Hezbollah s’opposent fermement à ce calendrier, créant une dynamique de blocage politique à l’intérieur même du gouvernement.
Équilibres confessionnels sous tension
Les tensions autour du rôle du président de la République dans la présidence des conseils des ministres ont refait surface à travers une déclaration de l’ancien ministre Wadi’ El-Khazen, relayée par Nahar (4 septembre 2025). Celui-ci a exprimé des réserves sur le fait que Joseph Aoun puisse présider la prochaine session, suggérant que le Premier ministre Nawaf Salam devrait le faire depuis le Sérail. Cette remarque a été interprétée comme une tentative de marginaliser la présidence maronite et de renforcer le camp sunnite dans les négociations internes.
Cette position a suscité des réactions vives dans les milieux politiques chrétiens. Al Liwa’ (4 septembre 2025) cite des membres du bloc du Renouveau exprimant leur inquiétude face à une « tendance croissante à minorer le rôle des institutions de la République au profit d’un pilotage gouvernemental opaque ».
La montée en ligne des leaders religieux
Le patriarche maronite Béchara Raï, à l’occasion du synode mensuel des évêques maronites, a fermement rappelé que « la souveraineté nationale ne peut être divisée », appelant à un consensus national sur le désarmement et à une relance rapide des institutions. Selon Al Liwa’ (4 septembre 2025), il a souligné que « l’État de droit ne saurait cohabiter durablement avec un État parallèle ».
Dans un ton plus mesuré, le mufti de la République, selon Ad Diyar (4 septembre 2025), a invité les responsables politiques à « préserver la paix civile » et à éviter « tout langage d’exclusion qui ferait le lit des conflits régionaux ».
Les alliances parlementaires en recomposition
Au Parlement, les signaux de recomposition se sont multipliés. Al Bina’ (4 septembre 2025) rapporte que les discussions entre les blocs du Changement et du Renouveau pourraient déboucher sur la formation d’un nouveau groupe parlementaire transconfessionnel, orienté vers une troisième voie réformiste. Cette dynamique s’inscrit dans une volonté de rompre avec les logiques binaires qui opposent 8 et 14 Mars.
Par ailleurs, le député Jihad Al Samad a proposé un amendement à la loi électorale visant à renforcer la représentation des expatriés, suscitant un débat sur le poids politique de la diaspora.
Citation et discours des personnalités politiques : désarmement, souveraineté et consensus institutionnel
Les prises de parole des dirigeants libanais au 4 septembre 2025 ont largement tourné autour des questions de souveraineté, de désarmement et du rôle des institutions. Le président de la République, Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam, des chefs religieux comme Béchara Raï et Abdel Latif Deriane, ainsi que plusieurs figures parlementaires, ont multiplié les déclarations, soulignant les divergences sur les priorités nationales et la nécessité d’un dialogue constructif.
Joseph Aoun : priorité à la réforme institutionnelle et à la reprise économique
Dans un discours relayé par Ad Diyar (4 septembre 2025), le président Joseph Aoun a insisté sur l’importance des institutions de contrôle dans la lutte contre la corruption. Il a déclaré : « Les organes de surveillance sont fondamentaux pour la sauvegarde des fonds publics, sans lesquels aucun plan de redressement ne saurait réussir. » Cette déclaration intervient dans le cadre des discussions en Conseil des ministres sur les audits du secteur de l’électricité et sur la politique d’investissement public.
En outre, Al Sharq (4 septembre 2025) rapporte que le chef de l’État a mis l’accent sur la nécessité de restaurer la confiance dans la présidence comme centre de stabilité et d’équilibre dans un contexte de polarisation politique accrue. Il a affirmé que « le Liban ne peut retrouver sa stature qu’en respectant les équilibres institutionnels inscrits dans la Constitution ».
Nawaf Salam : plaidoyer pour un désarmement par le dialogue
Le Premier ministre Nawaf Salam a pris la parole lors du sommet économique arabe tenu au Caire, où il a défendu une ligne réformiste, axée sur la réintégration économique du Liban dans l’espace régional. Selon Al Sharq (4 septembre 2025), il a affirmé : « Nous avons entamé une dynamique de réforme inédite, dont le projet Liban 2035 est le socle. Cette vision repose sur le désendettement, la transparence et le retour de l’investissement arabe au Liban. »
Sur le plan sécuritaire, dans une interview relayée par Al Liwa’ (4 septembre 2025), il a réaffirmé son attachement à la centralisation des armes entre les mains de l’État, tout en précisant : « Nous ne cherchons pas la confrontation. Le désarmement doit passer par un dialogue national inclusif, respectueux des équilibres internes. »
Naim Kassem : silence stratégique et rappels implicites
Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, n’a pas tenu de discours officiel ce jour-là. Toutefois, Al Akhbar (4 septembre 2025) rapporte des discussions internes au sein du parti autour d’une ligne de fermeté vis-à-vis de toute tentative de remise en cause du rôle de la Résistance. Des sources proches indiquent que le Hezbollah se refuse à toute concession sur la question des armes « en dehors d’un consensus sur la stratégie nationale de défense ».
Béchara Raï : souveraineté indivisible et priorité au désarmement
Le patriarche maronite, Béchara Boutros Raï, dans un communiqué publié après le synode mensuel des évêques maronites, a déclaré selon Al Liwa’ (4 septembre 2025) : « La souveraineté nationale ne saurait être fragmentée. Le moment est venu de restituer à l’État son autorité pleine et entière sur tout le territoire. » Il a également souligné que le rétablissement des institutions passait par « un sursaut moral et civique des dirigeants ».
Abdel Latif Deriane : une voix pour l’unité
Le mufti de la République, Abdel Latif Deriane, s’est exprimé à l’occasion du Mawlid nabawi, en insistant sur le besoin d’unité et de paix civile. Selon Al Sharq (4 septembre 2025), il a affirmé : « Il ne saurait y avoir d’État avec deux armées. Le monopole de la force légitime appartient à l’État, et à lui seul. » Il a également mis en garde contre « les dérives confessionnelles et les manipulations étrangères » qui menaceraient, selon lui, la cohésion nationale.
Autres interventions marquantes
Le député Elias Bou Saab, vice-président du Parlement, a tenté de proposer un compromis autour de la feuille de route sécuritaire, mais selon Al Akhbar (4 septembre 2025), cette initiative aurait été « refroidie par la réticence des blocs partisans à discuter ouvertement de la question du désarmement dans un cadre officiel ».
Enfin, Wadi’ El-Khazen, ancien ministre, a profité du Mawlid pour adresser un message politique. Comme le rapporte Al Sharq (4 septembre 2025), il a appelé à « privilégier le langage de la raison sur celui de la tension », invitant à « préserver l’unité nationale dans une période critique ».
Diplomatie : activisme régional autour du Liban et pressions sur le front syro-libanais
L’activité diplomatique liée au Liban a connu un regain notable ces derniers jours, traduisant un double mouvement : d’une part, la tentative de réactivation des canaux de coopération bilatérale, notamment avec la Syrie, et d’autre part, la consolidation d’une ligne diplomatique arabe et européenne cherchant à contenir les tensions autour de la question du désarmement et de la souveraineté libanaise. À cela s’ajoute une attention renouvelée des puissances internationales sur l’équilibre fragile au Liban.
Dialogue libano-syrien : prisonniers, coopération judiciaire et retour des déplacés
Selon Al Sharq Al Awsat (4 septembre 2025), des discussions diplomatiques se sont récemment tenues entre Beyrouth et Damas. Deux dossiers principaux ont été ouverts : la situation des Syriens détenus au Liban – environ 800 selon les autorités – pour des motifs sécuritaires, souvent sans jugement ; et celle des Libanais disparus en Syrie depuis la guerre civile. Une commission conjointe a été formée pour étudier ces cas, dans le but de trouver des solutions concertées.
Ad Diyar (4 septembre 2025) rapporte que le président Joseph Aoun a reçu le vice-président du Conseil des ministres, Tarek Mitri, à son retour d’un échange diplomatique avec une délégation syrienne. Il a été question d’un projet d’accord de coopération judiciaire, d’une coordination renforcée pour le contrôle des frontières, et d’un plan de facilitation du retour progressif des déplacés syriens. L’objectif affiché est de « normaliser » les relations dans le cadre d’un « dialogue entre États », en marge des clivages internes libanais.
Visites diplomatiques et ouverture internationale
Le même jour, Joseph Aoun a reçu les lettres de créance de sept nouveaux ambassadeurs : de Chine, de France, d’Ouzbékistan, du Mexique, du Salvador, du Venezuela et de Palestine (Ad Diyar, 4 septembre 2025). Le président a transmis des messages de « coopération sincère et équilibrée » à chacun des représentants, tout en soulignant que le Liban « restait attaché à son ancrage international, loin de toute logique d’alignement ».
Le président du Parlement, Nabih Berri, a également reçu le nouvel ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro. Selon Al Sharq (4 septembre 2025), cette rencontre a porté sur « la stabilité institutionnelle au Liban » et sur le rôle attendu de la France comme « facilitateur d’un dialogue national efficace sur le désarmement ».
Pressions occidentales et israéliennes en toile de fond
Dans les milieux diplomatiques, comme le révèle Al Joumhouriyat (4 septembre 2025), les discussions sur le retrait de l’influence iranienne dans la région se poursuivent activement, notamment à travers la coopération militaire et financière. Des sources rapportent que certains partenaires européens et américains envisagent des « sanctions ciblées » ou des mesures coercitives si aucun consensus interne libanais ne se dégage sur la question des armes non étatiques.
L’éditorialiste David Issa, dans Al Sharq (4 septembre 2025), évoque une « alternative claire » entre une souveraineté retrouvée du Liban ou sa chute dans une dépendance chronique à des puissances régionales, en particulier Israël et l’Iran. Il appelle à un « courage politique libanais » pour affirmer une autonomie stratégique.
L’ombre d’un réalignement géopolitique
Al Akhbar (4 septembre 2025) signale un rapprochement implicite entre certaines autorités libanaises et la Russie, à travers des discussions non officielles autour de projets d’infrastructure et de sécurité. Dans le même temps, la Chine est évoquée comme un acteur disposé à accroître son investissement dans des secteurs clefs, notamment l’énergie et les télécommunications.
Ce double mouvement pourrait à terme repositionner le Liban dans une nouvelle configuration diplomatique, moins dépendante de l’Occident mais aussi plus exposée aux rivalités régionales.
Politique internationale : escalade à Gaza, guerre en Ukraine et rivalités sino-occidentales
Les dynamiques internationales du 4 septembre 2025 sont marquées par une double accélération : l’intensification des hostilités à Gaza et en Ukraine, et un réalignement stratégique mondial visible dans les positions croisées de la Russie, de la Chine, des États-Unis et de l’Union européenne. Ces tensions influencent indirectement la scène libanaise, déjà fragilisée par son positionnement géopolitique.
Gaza : incendies délibérés, bombardements et condamnations
Selon Al Sharq Al Awsat (4 septembre 2025), l’armée israélienne a mené des frappes intensives sur le nord de la bande de Gaza, entraînant la mort de trois civils. Des sources locales accusent les forces israéliennes d’avoir délibérément incendié les toits de bâtiments pour provoquer des évacuations forcées. Al Liwa’ évoque également un incident grave contre la mission de la FINUL au Liban-Sud, qualifié de « plus dangereux depuis le cessez-le-feu de 2024 ».
À Ramallah, le gouvernement palestinien a dénoncé une « politique de déplacement systématique » et qualifié l’opération israélienne de « guerre d’extermination ». Le ministre israélien des Finances, Betzalel Smotrich, a renouvelé son appel à annexer 82 % de la Cisjordanie, illustrant une volonté de verrouiller la situation avant l’Assemblée générale de l’ONU (Al Sharq Al Awsat).
L’Union européenne, par la voix de Josep Borrell et d’Ursula von der Leyen, a exprimé son impuissance à stopper les violences. Cette dernière a reconnu, selon Al Sharq, l’échec de la « force géopolitique européenne à imposer une alternative diplomatique crédible à la guerre ».
Ukraine : intensification des frappes russes et raid diplomatique occidental
La guerre en Ukraine entre dans une phase critique. Ad Diyar (4 septembre 2025) rapporte que la Russie a mené une attaque aérienne massive, mobilisant plus de 500 drones et 24 missiles. Les cibles incluaient des infrastructures critiques à l’approche de l’hiver. La ville de Koupiansk, à l’est de l’Ukraine, serait désormais contrôlée à 50 % par les forces russes selon la Défense russe. Moscou insiste sur la reconnaissance de ses annexions comme condition de paix, évoquant la Crimée, le Donbass et les régions de Zaporijia et Kherson.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que « la paix durable passe par l’acceptation du nouveau fait territorial » (Al 3arabi Al Jadid). En réponse, Kiev a dénoncé cette position comme une tentative de « légitimer l’agression par le fait accompli ».
Donald Trump, président des États-Unis depuis janvier 2025, a exprimé selon Al 3arabi Al Jadid une « profonde déception » envers Vladimir Poutine, accusant la Russie d’entraver tout effort de désescalade.
Chine-Russie : alliance stratégique et défi au leadership occidental
En marge d’un défilé militaire à Pékin célébrant la fin de la Seconde Guerre mondiale, Vladimir Poutine et Xi Jinping ont signé 22 accords de coopération, selon Al Akhbar (4 septembre 2025). Les deux dirigeants ont affirmé leur volonté de « défendre un ordre mondial plus juste » face à la « paralysie de la gouvernance occidentale ». Poutine a salué la « vision chinoise de la gouvernance » comme alternative urgente au modèle libéral affaibli.
Al Sharq Al Awsat souligne que cette coordination russo-chinoise inquiète les capitales occidentales, alors que des indices suggèrent une expansion de l’Organisation de coopération de Shanghai et une intensification des investissements asiatiques dans les régions sous influence russe.
Israël, Syrie et le risque d’embrasement régional
Al Akhbar et Al Liwa’ évoquent l’ombre d’une confrontation plus large autour de la Syrie. L’armée israélienne serait engagée dans des opérations discrètes dans le sud syrien, ciblant des positions affiliées à l’Iran. Ces incursions répétées, non reconnues officiellement, nourrissent un climat de tension susceptible de déborder vers le Liban.
La stratégie israélienne viserait, selon les observateurs, à créer un corridor d’exclusion autour du Golan, appuyé par les États-Unis, malgré les divergences internes à l’administration Trump sur la ligne à adopter.
Économie : réforme bancaire sous tension et plan de restitution des dépôts
L’actualité économique libanaise du 4 septembre 2025 se concentre autour de la réforme du secteur bancaire, de la question explosive des dépôts gelés depuis 2019, et de l’absence persistante d’indicateurs macroéconomiques fiables. Le débat autour de la responsabilité du remboursement des déposants, du rôle du gouvernement et de la Banque du Liban (BDL), ainsi que des scénarios proposés pour sortir de l’impasse, structure l’essentiel des analyses dans les médias du jour.
Le plan Jaber pour les dépôts : petit épargnant remboursé, gros client dédommagé
Selon Nahar (4 septembre 2025), le ministre des Finances Yassine Jaber a réactivé le débat autour des dépôts bancaires gelés. Il a présenté un plan qui prévoit le remboursement intégral en espèces des dépôts inférieurs à 100 000 dollars – soit 85 % des comptes – tandis que les montants excédentaires seraient convertis en obligations d’État négociables sur les marchés secondaires.
Ce plan, bien que similaire à d’anciens projets, inclut des taux d’intérêt plus compétitifs et des clauses de liquidité améliorées pour les porteurs. Le ministre a insisté sur la volonté conjointe de l’État, du secteur bancaire et de la BDL de « se partager la charge du remboursement ». Il a toutefois reconnu que ce plan nécessitait l’adoption rapide de plusieurs lois en suspens au Parlement, ainsi qu’un consensus politique rare en contexte libanais.
Une BDL sous pression, entre responsabilité et relance
Toujours selon Nahar (4 septembre 2025), la Banque du Liban se montre active dans l’élaboration de ce plan. Elle s’appuie sur ses bases de données concernant les dépôts, les produits financiers complexes et les circuits des fonds suspects. Le gouvernement envisage une recapitalisation partielle de la BDL, à travers une allocation budgétaire annuelle d’un milliard de dollars pendant six ans, en accord avec les recommandations du Fonds monétaire international.
Des sources proches du gouverneur Karim Souaid indiquent que la BDL, en dépit de ses pertes, conserve des actifs solides, notamment ses réserves en or et les profits générés par ses filiales. Toutefois, selon Ad Diyar (4 septembre 2025), l’institution continue de fonctionner dans un environnement opaque, sans transparence complète sur ses engagements ni sur l’état réel de ses bilans.
Vers une restructuration bancaire silencieuse
Toujours dans Nahar, certains analystes estiment que les banques les plus fragiles ont entamé un processus informel de retrait du marché ou de fusion, profitant de la loi sur la réforme bancaire promulguée en juillet 2025. Ce processus, mené dans la discrétion, vise à renforcer la solidité globale du système en éliminant les institutions trop fragiles pour survivre à moyen terme.
Une source bancaire citée dans Nahar explique que « le redimensionnement du secteur est une condition sine qua non pour restaurer la confiance, mais il devra être accompagné de justice pour les déposants ».
Absence de données économiques fiables et prudence des investisseurs
Selon Ad Diyar (4 septembre 2025), le Liban souffre toujours d’un déficit criant de données économiques fiables. Aucun indicateur ne permet de mesurer précisément la croissance, le chômage, l’investissement ou l’inflation de manière consolidée. Cette opacité handicape les perspectives de financement extérieur, même si une délégation du FMI est attendue à la fin du mois pour une évaluation annuelle.
Les rares chiffres disponibles indiquent que les crédits bancaires dits « frais » ne dépassent pas 500 millions de dollars, chiffre largement insuffisant pour relancer une activité économique soutenue. L’économie demeure ainsi centrée sur des flux informels et une consommation de survie, sans base productive stable.
Justice : le dossier Betarabia relance l’espoir d’un sursaut judiciaire
L’actualité judiciaire du 4 septembre 2025 est dominée par l’attente du verdict dans l’affaire du « Betarabia – OSS », impliquant des figures connues de la sphère financière et politique libanaise. Ce procès, à forte charge symbolique, illustre le tournant que souhaite prendre la justice libanaise dans un contexte de pression publique et de volonté politique affichée de réformes institutionnelles.
Affaire Betarabia : un procès test pour l’indépendance judiciaire
D’après Ad Diyar (4 septembre 2025), le juge Tarek Bou Nassar s’apprête à publier son acte d’accusation dans le dossier du « Casino du Liban – Betarabia – OSS ». Ce dossier complexe, ayant généré plus de 2000 pages de rapports par la Sécurité d’État, met en cause un réseau financier opaque impliquant Roland Khoury, Hicham Itani, Jad Garios et Dani Eid. Tous sont accusés d’avoir mis en place un système parallèle de paris sportifs, blanchiment d’argent et manipulation comptable, menaçant directement la légalité des opérations du Casino du Liban.
Ce procès est présenté comme un tournant majeur : la rigueur du juge, sa décision de poursuivre l’enquête même durant sa période de congé, et son insistance sur la transparence des auditions, témoignent d’une volonté d’indépendance réelle vis-à-vis des pressions politiques. Selon les analyses de Ad Diyar, l’objectif du juge serait d’envoyer un signal de rupture claire avec l’impunité structurelle des dernières décennies.
Le soutien politique à une justice « non négociable »
Dans le même journal, il est souligné que cette dynamique judiciaire bénéficie de la couverture institutionnelle du président de la République Joseph Aoun, qui a réaffirmé dans son discours d’investiture que « l’indépendance de la justice est la clé de toute réforme ». Cette orientation est également soutenue par le président du Conseil supérieur de la magistrature, le juge Souheil Abboud, et le procureur général près la Cour de cassation, le juge Jamal Hajar.
Tous affirment vouloir instaurer une culture de reddition des comptes, même au sein de la haute administration et des cercles politiques. Le processus autour de Betarabia devient ainsi emblématique d’un modèle de gouvernance judiciaire à restaurer, dans lequel la volonté politique rejoint les exigences populaires de justice.
D’autres dossiers en suspens : impunité persistante dans des affaires sensibles
Toutefois, selon Al Sharq (4 septembre 2025), d’autres dossiers sensibles restent dans une impasse. C’est le cas du suivi judiciaire de l’explosion du port de Beyrouth. Un rapport confidentiel révélé par le quotidien souligne des manquements graves dans la chaîne administrative de perception des droits portuaires et une implication présumée de plusieurs responsables qui n’ont toujours pas été interrogés. Le dossier, marqué par de multiples obstructions procédurales, est cité comme exemple du double standard persistant dans la justice libanaise.
Un appareil judiciaire sous tension mais en mutation
La dynamique actuelle s’inscrit dans une réforme plus large de la magistrature. Selon Ad Diyar, la récente nomination de 27 nouveaux magistrats issus d’un concours national réformé vise à insuffler du sang neuf dans un corps réputé figé et soumis aux influences politiques. Ce processus est accompagné d’un encadrement renforcé par l’École de la magistrature et d’un mécanisme d’évaluation périodique des juges en fonction.
Cette réforme structurelle est perçue comme indispensable par les observateurs internationaux, notamment dans le cadre des négociations avec le FMI, pour garantir l’État de droit et assurer l’attractivité juridique du Liban auprès des investisseurs étrangers.
Société : tensions sociales, mémoire collective et fracture communautaire
L’actualité sociale du 4 septembre 2025 reflète un climat de fragilité accrue au sein de la société libanaise, marquée par les inégalités, les tensions communautaires et les effets durables de la crise économique. Les journaux mettent en lumière divers aspects de cette réalité : les appels à la solidarité, les initiatives pour le vivre-ensemble, mais aussi les stigmates non résolus des conflits passés.
La société civile face à l’impuissance politique
Selon Al Sharq (4 septembre 2025), la société libanaise est décrite comme « vivant la tragédie au quotidien », entre une migration accrue, un chômage endémique et l’effondrement économique. Les populations tentent de survivre dans un environnement dominé par une classe politique jugée incapable et autocentrée. Le journal dénonce « une élite qui règle ses comptes pendant que le pays se vide », insistant sur l’urgence d’une refondation du pacte social.
Dans ce contexte, les mouvements de solidarité se multiplient à l’initiative de la société civile. Ad Diyar (4 septembre 2025) appelle à laisser la société reprendre son rôle de moteur du changement. Selon un éditorial du journal, les Libanais, bien que désabusés, gardent une capacité de résilience et de mobilisation qui pourrait faire émerger une nouvelle dynamique si les verrous politiques se desserrent.
Le poids de la mémoire et des disparus
Un sujet particulièrement sensible refait surface avec l’évocation des disparus libanais en Syrie. D’après Al Sharq Al Awsat (4 septembre 2025), environ 622 Libanais sont toujours portés disparus dans les prisons syriennes, principalement depuis les périodes de pouvoir de Hafez et Bachar el-Assad. La question reste sans réponse judiciaire ou diplomatique concrète, malgré la pression d’associations comme l’Association des Détenus Libanais en Syrie, qui exhorte à une reconnaissance officielle du dossier.
Ce thème contribue à raviver la mémoire des blessures collectives non cicatrisées. La lenteur des procédures et l’absence d’initiatives de réconciliation nationale renforcent la défiance entre communautés et accentuent la fragmentation du tissu social.
Appels religieux à la cohésion sociale
La dimension religieuse intervient aussi dans l’appel à la cohésion. Le mufti jaafarite Ahmad Qabalan, cité par Al Sharq(4 septembre 2025), appelle à « rejeter les divisions, les fanatismes et à promouvoir l’amour, la justice et la dignité ». Il insiste sur la nécessité de protéger les droits des citoyens sans discrimination et de construire un État de droit basé sur l’égalité. Dans un autre passage, il alerte sur « les menaces existentielles qui pèsent sur le pays » et exhorte à la solidarité pour éviter « l’effondrement des fondations de la nation ».
Cette voix religieuse, bien qu’inscrite dans un registre spirituel, reflète l’angoisse généralisée d’une société fragmentée, en mal de projet collectif.
Culture : résurgence de la mémoire et patrimoine en question
Le paysage culturel libanais du 4 septembre 2025 met en lumière la complexité de la mémoire collective, les tentatives de transmission patrimoniale et la quête d’un espace symbolique au sein d’une société en crise. Peu d’événements majeurs ont été relayés dans la presse, mais certains éléments notables méritent d’être soulignés.
Patrimoine en débat : la redécouverte de récits anciens
Al 3arabi Al Jadid (4 septembre 2025) publie un article évoquant l’épopée mythologique entre Horus et Seth, traduite de l’anglais au début du XXe siècle par l’égyptologue H.W. Fairman, puis en arabe par le chercheur Adil Salama. Ce récit, bien que non directement libanais, s’inscrit dans une dynamique culturelle régionale où la réappropriation des récits antiques permet de redonner du sens à une identité culturelle morcelée. Cette parution illustre le rôle des récits ancestraux dans la structuration du présent, surtout dans des sociétés marquées par la perte de repères.
Ce retour à la mythologie antique peut être interprété comme un besoin de transcendance dans un environnement social et politique déstructuré. Il agit aussi comme une invitation à revisiter l’histoire avec un regard critique, et non comme simple célébration nostalgique.
Une culture sous tension : entre ambitions et absence de politique publique
Le même journal souligne que derrière ces efforts de transmission, « les crises demeurent » et entravent toute stratégie cohérente de soutien à la culture. Le financement reste une « contrainte majeure », rendant les projets dépendants de mécénats privés ou de partenariats extérieurs, souvent instables.
Cette difficulté renforce le sentiment de marginalisation des créateurs libanais, confrontés à une invisibilisation croissante de leur travail dans l’espace public. Le manque de lieux d’exposition, de festivals soutenus, ou de politiques culturelles structurées renvoie à une conception réduite de la culture comme luxe, et non comme levier de cohésion sociale et de résilience nationale.
Disparition d’un homme de lettres
Al Liwa’ (4 septembre 2025) consacre une colonne à l’hommage rendu par le Premier ministre Nawaf Salam à l’ancien ministre et homme de droit Sanan Rifaï, décédé à l’âge de cent ans. Si la tonalité est davantage politique, cet hommage met en lumière le rôle des figures intellectuelles dans l’histoire du Liban moderne, et souligne l’effacement progressif d’une génération marquée par un engagement littéraire et politique conjugué.
Rifaï est décrit comme un « homme d’intégrité et de principes », ayant contribué par ses écrits et ses interventions à défendre l’unité du Liban. Son parcours rappelle la profonde imbrication entre pensée juridique, discours politique et production littéraire dans l’histoire intellectuelle libanaise.



