Frappes sur la Békaa, victimes civiles et dégâts élargis
Les frappes israéliennes sur la Békaa, et en particulier autour de Baalbek, dominent l’actualité du samedi 28 février 2026. Selon un bilan final communiqué par le ministère libanais de la Santé, les raids ont fait deux morts, dont un enfant de nationalité syrienne, et 29 blessés. Le même bilan précise que parmi les blessés figurent des enfants et des femmes. Cette mise à jour est reprise de façon concordante par Al Sharq, daté du 28 février 2026, qui cite le Centre des opérations d’urgence du ministère de la Santé et détaille la répartition des blessés entre enfants et femmes. Al Quds, daté du 28 février 2026, confirme le même bilan et signale que l’adolescent syrien âgé de 17 ans, Hassan Mohsen Al Khalaf, aurait été tué dans une frappe visant la zone de Mazaréa Beit Mchik, à l’ouest de Baalbek. Le quotidien souligne aussi que les frappes ont eu lieu au moment de l’iftar du Ramadan, ce qui a renforcé l’impact symbolique et émotionnel de l’attaque dans un pays déjà sous tension. Dans le même registre, Al 3arabi Al Jadid, daté du 28 février 2026, reprend le bilan officiel et décrit des drones en vol à basse altitude au-dessus de villages du Sud, signe d’une pression militaire continue au-delà de la Békaa.
La question des dégâts matériels élargit le cadre habituel d’une frappe ciblée. Al Quds, daté du 28 février 2026, insiste sur le fait que l’onde et les dommages des missiles ont atteint des villages chrétiens voisins, comme Deir El Ahmar et Chlifa. Le journal rapporte une réaction de l’organisation Kataëb dans le caza de Baalbek-Hermel, qui réclame des compensations et évoque des atteintes à des lieux de culte, ainsi qu’à des maisons, restaurants et cafés. Al Sharq, daté du 28 février 2026, reprend la même revendication locale et décrit une demande d’envoi rapide d’équipes d’expertise pour constater les dommages. Le texte souligne aussi l’urgence humanitaire liée au froid, à la neige et aux pluies, avec l’objectif de permettre aux habitants de rester dans leurs maisons. Dans ce contexte, la séquence militaire devient un fait social et politique, car elle touche des zones et des communautés qui ne sont pas toujours au cœur du récit sécuritaire. Elle pose aussi, en filigrane, la question de la capacité de l’État à répondre, par l’aide et par l’indemnisation, au-delà de la simple condamnation. Le cadrage de ces demandes, formulées en termes de protection des habitants “qui n’ont d’autre tort que d’appartenir à cette terre”, met l’accent sur l’enracinement local. Il fait aussi entrer la guerre dans la vie quotidienne, à un moment religieux précis, et dans un climat météorologique difficile.
Front Sud, ripostes limitées et inquiétudes sur l’élargissement du théâtre
Après la séquence de la Békaa, l’attention se reporte sur le Sud et sur la dynamique d’escalade. Al Quds, daté du 28 février 2026, note une baisse relative de l’intensité militaire le lendemain des frappes sur Baalbek-Hermel. Toutefois, le journal rapporte qu’un char Merkava, positionné au site de Malakiya, a tiré trois obus vers la zone d’Al Mahafir, à la périphérie de la localité d’Aïtaroun. Le même épisode est également rapporté par Al Sharq, daté du 28 février 2026, qui reprend l’information du tir de trois obus, puis enchaîne sur le bilan humain des frappes de la Békaa. Cette articulation, dans plusieurs titres, construit un fil rouge. La Békaa illustre la capacité de frapper en profondeur. Le Sud rappelle la permanence du front et la possibilité d’une extension. Dans ce décor, les habitants vivent sous une menace double. Ils subissent le risque d’attaques ponctuelles. Ils affrontent aussi la durée d’une tension militaire qui ne se referme pas.
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Dans le même temps, plusieurs éléments suggèrent un débat sur les lignes rouges et sur la gestion politique de l’escalade. Al 3arabi Al Jadid, daté du 28 février 2026, évoque des “sources” qui décrivent une “atmosphère positive” autour de l’absence d’intervention du Hezbollah pour soutenir l’Iran. Le journal situe cette idée dans un contexte régional où les signaux de guerre et de négociation coexistent. La formulation laisse entendre qu’une décision de non-engagement, si elle se confirme, vise à éviter une spirale. Elle traduit aussi la pression des calculs internes. Toute extension du conflit sur le territoire libanais aurait un coût humain. Elle aurait aussi un coût politique et économique. De son côté, Al Quds, daté du 28 février 2026, rappelle qu’en août 2025, le gouvernement libanais a approuvé le principe de réserver les armes à l’État, y compris celles du Hezbollah, tandis que le parti a répété qu’il ne remettrait pas ses armes avant un retrait israélien, l’arrêt des attaques, la libération des prisonniers et le lancement de la reconstruction. Même si ce rappel renvoie à une séquence antérieure, il éclaire le présent. Il montre que les affrontements militaires se superposent à une dispute sur la souveraineté, sur le rôle de la résistance, et sur la capacité de l’État à imposer une doctrine unique. Cela alimente un dilemme. Il faut réduire l’exposition du pays. Il faut aussi préserver des équilibres internes fragiles, alors que la scène régionale est instable.
Paris 02, soutien aux forces de sécurité et compétition d’influence autour de Beyrouth
La dimension diplomatique s’impose comme l’autre grand axe de la une. Al Joumhouriyat, daté du 28 février 2026, met en avant des “préparatifs actifs” pour la conférence de Paris 02. Dans le même numéro, le journal souligne aussi un contexte international tendu, évoquant un appel de Donald Trump qui provoquerait une dispute entre deux de ses alliés. Ce cadrage associe la question libanaise à des rivalités plus larges. Il suggère que le soutien à l’armée, et plus largement à l’appareil sécuritaire, se joue dans un paysage d’alliances mouvantes. Sur ce point, Al Quds, daté du 28 février 2026, donne des éléments concrets sur la préparation du rendez-vous. Le journal évoque une réunion au Caire structurée en trois séances de travail. La première aurait porté sur les besoins opérationnels urgents de l’armée libanaise. La deuxième se serait concentrée sur les besoins institutionnels et logistiques des Forces de sécurité intérieure. La séance finale aurait traité des mécanismes de coordination et des arrangements finaux de la conférence de Paris. Le même article indique la présence de Jean-Yves Le Drian, en tant qu’émissaire français, et de Yazid bin Farhan, en tant qu’émissaire saoudien, ainsi que des représentants de la Ligue arabe, de la Finul et du bureau du coordonnateur spécial de l’ONU au Liban.
Dans ce tableau, le rôle du président Joseph Aoun apparaît comme un pivot institutionnel. Al Quds, daté du 28 février 2026, indique qu’il a demandé la préparation des dossiers nécessaires à présenter lors de la conférence de Paris prévue au début du mois suivant. La logique affichée est celle d’un appui international à des institutions sécuritaires qui restent, dans de nombreux scénarios, la charpente de l’État. Or cette logique se heurte à deux réalités. La première est l’aggravation de la situation sécuritaire sur le territoire, illustrée par les frappes sur la Békaa et la tension au Sud. La seconde est la compétition de discours et d’influences. Al Quds, daté du 28 février 2026, publie aussi un passage où des références religieuses chiites évoquent une “dette souveraine” envers Téhéran et critiquent une souveraineté qui viendrait de Washington, en présentant ce choix comme porteur d’humiliation. Ce type de prise de position montre que la bataille autour de Paris 02 ne porte pas seulement sur des budgets, des équipements ou des formations. Elle porte aussi sur la direction politique du pays, et sur la lecture de la souveraineté. Enfin, sur le plan intérieur, Al Liwaa, daté du 28 février 2026, indique que le Premier ministre Nawaf Salam a demandé le renvoi devant la justice des personnes accusées de manipuler les prix. Ce signal relie l’agenda sécuritaire à l’agenda social. Il suggère une tentative de reprendre la main sur des colères quotidiennes, dans un moment où la guerre, l’économie et la gouvernance s’entremêlent.
Politique locale: élections, recompositions partisanes et bras de fer sur Beyrouth
Élections municipales, débat sur le calendrier et soupçon d’un report organisé
La question des élections municipales revient au premier plan, avec un affrontement politique sur le respect du calendrier. Al Sharq, daté du 28 février 2026, décrit un blocage politique qui freine la tenue du scrutin à la date prévue. Le journal évoque un conflit politique qui s’interpose entre le dossier électoral et son traitement juridique, et souligne que le problème ne tient pas seulement à la technique, mais à une volonté d’“artisanat” politique visant à obtenir un report. Al Sharq, daté du 28 février 2026, rappelle qu’un précédent existe, lorsque le Parlement élu en 2009 avait prolongé son mandat en 2013 dans un climat de désaccord sur la loi électorale, ce qui nourrit aujourd’hui une méfiance sur la répétition d’une même méthode. Le même article insiste sur un repère de procédure, en notant que la période des candidatures se referme le 10 mars, et que la manière dont ce seuil sera géré sera un indicateur sur l’orientation réelle du pouvoir vers une prorogation ou vers une tenue effective du scrutin.
Dans le même temps, Nida’ Al Watan, daté du 28 février 2026, met en avant une position de la présidence, en indiquant que Baabda continue d’affirmer que les élections auront lieu à leur date. Le journal place cette affirmation au cœur de ses pages locales, en la présentant comme un message de constance institutionnelle. Le même ensemble de contenus évoque aussi un débat sur la “circonscription 16”, présentée comme un sujet de dispute, avec une interrogation sur son lieu de traitement, au gouvernement ou au Parlement, et un signal attribué à Nabih Berri, qui voudrait “faire fonctionner” cette circonscription. Ces éléments, même exposés de façon brève, montrent que la discussion ne porte pas seulement sur un jour de vote, mais sur les règles de représentation, les découpages, et la chaîne de décision. Ils révèlent aussi une tension classique dans la vie politique libanaise, entre un discours d’engagement public en faveur des échéances, et une mécanique de négociation qui peut, à la dernière minute, reconfigurer les paramètres.
Alliances, contacts croisés et calculs du “jour d’après” dans les circonscriptions
Les manœuvres électorales s’entrecroisent avec un autre phénomène, celui des recompositions partisanes. Ad Diyar, daté du 28 février 2026, rapporte des discussions autour de possibles alliances dans plusieurs circonscriptions, dont Kesrouan-Jbeil et Saïda-Jezzine, avec des références à Zahlé et à Baalbek-Hermel, où le siège catholique est cité comme un point de sensibilité. Le quotidien insiste sur le fait que rien n’est “tranché” et que le dossier nécessiterait plusieurs réunions, ce qui traduit une prudence et une approche par étapes. Dans le même passage, Ad Diyar, daté du 28 février 2026, cite la vice-présidente du Courant patriotique libre chargée des affaires politiques, Martine Najm Kteili, qui dit que des rencontres existent entre des députés du mouvement et le Hezbollah, notamment au Parlement. Elle affirme aussi que la communication reste ouverte avec la majorité des acteurs politiques. Toutefois, elle précise que cela ne signifie pas qu’une alliance avec le Hezbollah serait imminente, décrivant des contacts restés dans un cadre général, sans densité suffisante, et sans entrer dans des détails. Ce type de formulation, à la fois ouverte et restrictive, indique un double objectif. D’une part, ne pas fermer la porte à un arrangement électoral si les rapports de force l’exigent. D’autre part, éviter d’annoncer un basculement qui pourrait coûter cher en termes d’image et de base militante.
Cette prudence renvoie à une réalité plus large, celle d’un système où les alliances sont souvent tactiques, circonscription par circonscription, plutôt que nationales et figées. Ad Diyar, daté du 28 février 2026, décrit un raisonnement conditionnel, en expliquant que l’alliance est “possible” selon le besoin, ce qui suggère une logique de marché électoral. Or ce marché se déroule dans un pays sous pression sécuritaire et sociale. Les partis cherchent à préserver leurs positions locales. Ils cherchent aussi à éviter des fractures supplémentaires dans leurs camps. Dans ce cadre, les échanges entre élus au Parlement peuvent servir de laboratoire. Ils permettent de tester des compromis. Ils permettent aussi de mesurer la réaction des alliés et des rivaux. Le fait que le journal insiste sur le caractère “non intensif” des rencontres est une information politique en soi. Elle traduit une hésitation, ou une stratégie de temporisation, dans l’attente d’une clarification sur les échéances et sur le climat régional. Elle traduit aussi un souci de ne pas donner prise à une lecture binaire du paysage, alors que la réalité, au Liban, est souvent faite de nuances, de passerelles et d’arrangements.
Beyrouth, patrimoine municipal et accusation de mise sous tutelle de la décision locale
Le débat sur la gouvernance locale prend une dimension concrète à Beyrouth, à travers une controverse sur des biens municipaux. Al Akhbar, daté du 28 février 2026, met en avant un dossier présenté comme une “bataille” autour d’un parc de Beyrouth connu sous le nom de parc Meter, avec une accusation explicite selon laquelle l’État “s’approprierait” des biens appartenant à la municipalité. La manière dont le sujet est titré, dans le journal, suggère une confrontation de fond entre deux conceptions. La première défend l’autonomie municipale et la propriété locale. La seconde, telle qu’elle est décrite par le quotidien, renvoie à une centralisation de la décision et à une capacité de l’administration centrale à imposer ses choix sur l’espace urbain. Même si l’article est rédigé dans une logique de dénonciation, il met en relief un enjeu très politique, celui du contrôle de la capitale, de ses terrains, et de ses ressources. Dans un pays où les finances locales sont fragiles, les biens fonciers deviennent une réserve stratégique. Ils peuvent servir à des projets d’aménagement. Ils peuvent aussi devenir un objet de dispute, car ils touchent à l’identité de la ville, à l’accès aux espaces publics, et à la capacité de la municipalité à décider pour ses habitants.
La controverse intervient dans une période où la tenue des élections municipales est elle-même discutée. Cette simultanéité change la lecture du dossier. Lorsque le calendrier électoral est incertain, la gestion de la ville devient plus sensible, car les acteurs peuvent être tentés de verrouiller des décisions avant un scrutin, ou au contraire de retarder des choix en attendant une recomposition. Le texte d’Al Akhbar, daté du 28 février 2026, éclaire aussi la question de la frontière entre État et collectivités, qui est au cœur de la politique locale libanaise. Les municipalités portent une part de la réponse aux crises quotidiennes, mais elles manquent souvent de moyens. Lorsque l’État intervient sur un dossier urbain, il peut être vu comme un soutien. Il peut aussi être perçu comme une prise de contrôle. Dans ce cadre, le langage de “spoliation” utilisé par le journal révèle un niveau de tension élevé, et une défiance envers l’arbitrage central. Il souligne aussi la dimension de pouvoir, car il ne s’agit pas d’un simple débat technique sur un parc, mais d’un rapport de force sur l’autorité, la propriété et la décision publique à Beyrouth.
Discours, symboles et compétition sur le récit national dans le débat partisan
Au-delà des dossiers électoraux et municipaux, une bataille de récit traverse la politique locale. Al Akhbar, daté du 28 février 2026, consacre une analyse à une déclaration de Samir Geagea, dans laquelle le chef des Forces libanaises présente son parti comme une trajectoire historique très ancienne, étendue sur plus de quinze siècles. Le journal lit cette formule non comme une simple rhétorique de continuité, mais comme une affirmation idéologique sur l’identité, la politique et l’histoire. La lecture proposée insiste sur l’idée qu’un parti moderne se présenterait comme la continuité d’un “être” antérieur à l’État, et même antérieur à la formation du champ politique moderne. Cette approche, même si elle relève d’un commentaire, met en lumière une tension centrale dans le pays. Les formations politiques ne cherchent pas seulement des sièges. Elles cherchent aussi à ancrer leur légitimité dans un récit long, qui dépasse les cycles électoraux. Dans un contexte de crise, ce type de récit peut servir à consolider une base, à mobiliser, et à présenter un camp comme porteur d’une mission historique.
Cette compétition symbolique se combine avec des échanges plus pragmatiques, comme ceux évoqués par Ad Diyar, daté du 28 février 2026, sur les contacts entre le Courant patriotique libre et le Hezbollah. Le contraste est saisissant. D’un côté, des discours identitaires qui visent la durée et l’absolu. De l’autre, des échanges présentés comme tactiques, conditionnés aux besoins de circonscription et aux équilibres du moment. Cela illustre une caractéristique du champ politique libanais, où les récits les plus forts coexistent avec des compromis de terrain. Cette coexistence produit souvent une instabilité. Elle produit aussi une capacité d’adaptation. Les acteurs peuvent durcir le discours pour tenir la base. Ils peuvent négocier en coulisses pour préserver des marges de manœuvre. Dans ce paysage, la question électorale agit comme un révélateur. Si le scrutin est maintenu, les alliances doivent se figer, et les discours doivent convaincre. Si le scrutin est reporté, l’espace de négociation s’élargit, et le risque augmente de voir des décisions locales majeures prises sans renouvellement démocratique.
Diplomatie: Paris 02, tractations régionales et diplomaties en mode précaution
Paris 02, mécanique d’appui sécuritaire et retour du format international
La préparation de la conférence dite Paris 02 apparaît comme l’un des marqueurs diplomatiques les plus visibles de la séquence du 28 février 2026. Al Joumhouriyat du 28 février 2026 met en avant des « préparatifs actifs » autour de ce rendez-vous, ce qui laisse entendre une mobilisation des canaux gouvernementaux et des partenaires étrangers. Cette mise en avant intervient dans un contexte où la dimension sécuritaire domine l’agenda intérieur. Elle sert donc de rappel. Une partie de la stabilité du pays se joue aussi dans les capitales partenaires. Elle se joue dans l’architecture d’aides et de garanties, souvent liées à l’armée et aux forces de sécurité.
Dans le même numéro, Al Joumhouriyat du 28 février 2026 présente la conférence comme un point de convergence entre la scène libanaise et un environnement international plus nerveux. Le titre de une évoque aussi un appel de Donald Trump qui provoque une dispute entre deux de ses alliés. Même sans entrer dans le détail de cet épisode, l’effet est clair. Le Liban est replacé dans un système de rapports de force plus large. Les marges de manœuvre des partenaires sont influencées par des crises simultanées. Le soutien à Beyrouth n’échappe pas aux priorités concurrentes.
L’autre élément important est la manière dont certains médias décrivent l’objectif politique du moment. Al Joumhouriyat du 28 février 2026 rapporte des propos attribués à des sources diplomatiques qui estiment que les trajectoires libanaises ne sont pas « bloquées » comme certains le pensent. Le journal relie cette lecture à une promesse implicite. Le Liban offrirait un signal d’intégration et de coopération, en échange d’un engagement plus strict d’Israël à respecter un accord daté du 27 novembre 2024. Dans cette formulation, la diplomatie est présentée comme une transaction. Elle dépend d’un équilibre entre concessions et garanties. Elle dépend aussi de la capacité à convaincre que l’État reste un interlocuteur valable.
Cette préparation de Paris 02 est donc moins un événement ponctuel qu’un indicateur. Elle mesure la volonté des partenaires de se réengager. Elle mesure aussi la capacité du Liban à produire des dossiers crédibles. Dans un pays marqué par la crise de confiance, la diplomatie doit livrer des preuves. Elle doit montrer que l’aide ne sera pas absorbée par les mêmes dysfonctionnements. Cette exigence pèse sur le format même de la conférence, et sur le choix de lier le soutien à des besoins sécuritaires, plus faciles à encadrer que des réformes économiques globales.
Le « mécanisme » au sud et au nord du Litani, et la diplomatie du contrôle graduel
Dans la même séquence, la question du contrôle sécuritaire se retrouve au centre d’une diplomatie plus discrète, mais structurante. Al Joumhouriyat du 28 février 2026 rapporte que des sources diplomatiques considèrent que la déclaration du Hezbollah, selon laquelle il ne compte pas intervenir dans une confrontation irano-américaine si elle reste « limitée », a donné à l’État libanais une carte plus forte dans la négociation. L’expression est lourde de sens. Elle suggère que l’État peut se présenter comme un acteur de stabilisation. Elle suggère aussi que les partenaires étrangers scrutent surtout les risques d’extension, et non les seules déclarations de principe.
Le même passage cite aussi une indication attribuée au Premier ministre Nawaf Salam. Il aurait évoqué un rôle pour un « mécanisme » au nord du Litani, ce qui est interprété comme un signe que les prochaines étapes de la limitation des armes pourraient être progressives et géographiquement organisées. Ici, la diplomatie apparaît dans sa forme la plus opérationnelle. Elle s’appuie sur des outils techniques. Elle s’appuie sur des zones, des procédures et des étapes. Elle évite un choc frontal. Elle cherche à obtenir des résultats mesurables.
Cette logique de gradation répond à un dilemme libanais ancien. Une approche brutale du monopole de la force peut déclencher une crise interne. À l’inverse, l’absence d’approche donne l’impression d’un État impuissant. Dans ce cadre, la notion de « mécanisme » sert de compromis. Elle permet d’avancer sans provoquer une rupture immédiate. Elle donne aussi des repères aux partenaires étrangers, qui demandent des signes concrets. Elle permet enfin de produire un récit diplomatique. Le Liban pourrait dire qu’il progresse par étapes. Il pourrait demander du temps, et obtenir un appui transitoire.
Le poids de ces signaux est renforcé par le fait qu’ils sont intégrés à un discours plus large sur l’intégration régionale. Al Joumhouriyat du 28 février 2026 évoque l’entrée du Liban dans un « système régional nouveau » à travers une initiative de corridor reliant l’Inde, le Moyen-Orient et l’Europe. Cette référence sert un objectif diplomatique précis. Elle présente le pays comme utile et connecté, plutôt que seulement demandeur d’aide. Elle cherche à montrer que Beyrouth peut devenir un nœud, et pas seulement un problème.
Iran, États-Unis et Golfe, consultations et diplomatie de prévention
Au-delà du dossier libanais, l’actualité diplomatique est marquée par la tension entre Washington et Téhéran, et par les efforts de médiation ou de consultation dans le Golfe. Al Sharq Al Awsat du 28 février 2026 publie une déclaration attribuée à un diplomate iranien selon laquelle Téhéran a mené des consultations avec des pays du Conseil de coopération du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, au sujet des discussions nucléaires avec les États-Unis. Le même contenu souligne une appréciation iranienne pour la position saoudienne en faveur de la voie du dialogue, ainsi que pour des accords atteints lors de cycles précédents.
Le journal rapporte aussi, le même jour, une déclaration du même diplomate, Ali Reza Enayati, qui évoque un échange entre le président iranien Massoud Pezeshkian et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Les deux parties auraient insisté sur la nécessité d’atteindre la sécurité et la paix dans la région, et d’éviter la guerre. La forme de cette déclaration est révélatrice. Elle place l’Arabie saoudite dans un rôle de pivot régional. Elle place aussi l’Iran dans une posture de communication vers les partenaires arabes, au moment où la pression américaine est décrite comme croissante.
En parallèle, Al 3arabi Al Jadid du 28 février 2026 décrit une séquence où les négociations et les atmosphères de guerre avancent en même temps. Le journal mentionne des éléments liés à l’Agence internationale de l’énergie atomique, ainsi qu’à l’idée que Donald Trump examine des options militaires, tout en relayant des propos qui excluent un enlisement dans une guerre longue. Cette coexistence de signaux contradictoires est au cœur de la diplomatie régionale. Elle crée une incertitude. Elle pousse les États à se préparer au pire, même quand ils espèrent une solution négociée.
Dans ce climat, le Liban devient à la fois un sujet et un terrain d’onde de choc. Si la crise irano-américaine s’aggrave, les partenaires craignent une extension. Ils cherchent donc à verrouiller des lignes de désescalade. Cela explique l’attention portée aux déclarations libanaises sur la non-intervention. Cela explique aussi l’intérêt pour des mécanismes de contrôle graduels. La diplomatie libanaise se retrouve ainsi dépendante de variables externes, alors même qu’elle tente de reconstruire une crédibilité interne.
Retrait partiel des représentations, alertes et diplomatie en mode précaution
Un autre indicateur de la tension régionale est la réduction du dispositif diplomatique sur le terrain. Al Sharq Al Awsat du 28 février 2026 écrit que des mouvements internationaux se sont accélérés pour réduire la présence diplomatique en Iran et en Israël. Le journal mentionne des instructions de précaution visant des équipes diplomatiques britanniques et américaines à Tel-Aviv, ainsi que des appels adressés aux ressortissants pour quitter certains pays ou renforcer les précautions.
Cette dynamique a un effet immédiat. Elle modifie la manière dont les capitales communiquent. Quand des ambassades réduisent leur présence, le risque est jugé sérieux. Le message envoyé aux marchés et aux opinions publiques est direct. La région est considérée comme proche d’un basculement. Dans ce cas, la diplomatie devient d’abord un exercice de protection et de continuité. Elle vise à sécuriser le personnel. Elle vise à conserver des canaux. Elle prépare aussi, parfois, une négociation de crise.
Al Sharq Al Awsat du 28 février 2026 rapporte aussi des propos attribués à Donald Trump sur le fait qu’il n’est « pas heureux » face à un manque de disposition à donner ce que Washington estime nécessaire, tout en laissant entendre une attente des prochains développements. Cette formulation alimente l’incertitude. Elle encourage les États à renforcer leurs dispositifs. Elle pousse aussi certains acteurs régionaux à activer des médiations, par crainte d’une décision rapide.
Dans ce contexte, la prudence diplomatique devient une politique en soi. Elle se traduit par des retraits partiels. Elle se traduit aussi par des messages publics qui appellent à la désescalade. Le poids des formules compte. Dire « éviter la guerre » devient une ligne. C’est un signal vers Washington. C’est aussi un signal vers les opinions. Pour le Liban, cette prudence régionale peut être une chance si elle freine l’escalade. Elle peut aussi être un risque si les capitales se replient et reportent leurs engagements.
Washington et Téhéran, négociations indirectes et communication stratégique
Du côté des éléments décrits comme liés aux discussions américano-iraniennes, Ad Diyar du 28 février 2026 rapporte que les délégations américaine et iranienne ont « fait leurs bagages » et sont retournées chacune dans sa capitale, avec l’idée de revenir à leurs directions pour recevoir de nouvelles orientations et informer sur les discussions indirectes. Le journal indique aussi que les discussions ne semblent pas avoir produit de résultat tangible, hormis des déclarations des deux côtés évoquant un certain progrès.
Le même contenu cite une déclaration de Donald Trump, selon laquelle de nouvelles discussions seraient attendues, avec une phrase exprimant le souhait de conclure un accord avec l’Iran. Cette combinaison est typique d’une séquence de négociation sous pression. Les parties affirment qu’elles avancent. Elles évitent d’assumer un échec. Elles préservent la possibilité de continuer. En même temps, la publication d’options militaires, évoquées ailleurs, augmente le coût du temps. Elle augmente aussi l’effet de menace dans la communication.
La diplomatie devient alors un théâtre. Les retours à la capitale servent à réajuster le mandat. Ils servent aussi à durcir ou assouplir la position. Les médias lisent ces mouvements comme des signes. Les alliés les lisent comme des avertissements. Pour le Liban, l’enjeu est simple. Plus la crise se rapproche d’un seuil militaire, plus la pression augmente sur les fronts périphériques. Les partenaires du Liban peuvent alors conditionner leur soutien à une capacité de neutralisation du pays, ou au moins à une réduction des risques d’entraînement.
Dans cette perspective, le dossier de Paris 02 et la logique de mécanismes graduels prennent une autre dimension. Ils deviennent des outils de prévention. Ils servent à prouver que l’État peut tenir une ligne. Ils servent aussi à convaincre que le pays ne sera pas un terrain d’extension automatique. La diplomatie libanaise, dans un moment pareil, ne vise pas seulement des financements. Elle vise à éviter d’être happée par une crise régionale plus vaste.
Diplomatie multilatérale et contentieux autour de Paris, quand les symboles comptent
Enfin, la journée montre aussi que la diplomatie multilatérale reste un champ de frictions, en particulier autour des questions de droits humains et de positionnement français. Al Quds du 28 février 2026 rapporte que la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les droits humains dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a demandé à la France une clarification et des excuses après des critiques françaises qui étaient allées jusqu’à réclamer son départ. Le journal indique qu’elle s’exprime après un recul de Paris sur la demande de la faire écarter.
Ce type d’épisode pèse sur la perception des partenaires. Il rappelle que la diplomatie occidentale, et notamment française, évolue aussi sous la pression de débats internes et de controverses publiques. Or la France joue un rôle central dans les formats de soutien au Liban, dont Paris 02 est un symbole. Ainsi, un contentieux sur une question multilatérale peut, indirectement, influencer l’atmosphère politique dans laquelle la France agit au Levant.
Dans le même numéro, Al Quds du 28 février 2026 publie d’autres contenus sur des alertes de l’ONU, notamment à propos d’un risque de guerre civile dans le Soudan du Sud, avec un appel à une action urgente. Cela rappelle une réalité brutale. L’agenda diplomatique mondial est saturé. Les crises se multiplient. Les ressources politiques et financières sont disputées. Pour le Liban, cela renforce l’importance d’un discours clair, d’un dossier solide et d’une capacité à se présenter comme un cas où un investissement peut produire des résultats.
Au total, la diplomatie du 28 février 2026 apparaît sous trois formes. Elle est soutien et format d’aide, avec Paris 02. Elle est prévention et gestion de risque, avec les retraits partiels et les messages d’évitement de guerre. Elle est enfin concurrence de récits et de symboles, où Paris, Washington, Riyad et Téhéran cherchent à garder l’initiative, tout en évitant d’assumer la responsabilité d’une escalade.
Politique internationale: tensions irano-américaines, conflits périphériques et diplomaties sous pression
Washington et Téhéran, négociations indirectes et menace militaire en arrière-plan
La relation entre les États-Unis et l’Iran reste au centre du paysage international, avec une double dynamique faite de négociations et de menaces. Ad Diyar du 28 février 2026 décrit des discussions indirectes entre les délégations américaine et iranienne, en précisant que les deux camps ont quitté la table pour retourner dans leurs capitales, afin d’obtenir de nouvelles orientations et de rendre compte à leurs directions. Le quotidien souligne que ces échanges n’ont pas débouché sur un résultat concret, même si les deux parties parlent d’un certain progrès.
Dans le même numéro, Ad Diyar du 28 février 2026 rapporte une déclaration de Donald Trump annonçant l’attente de nouvelles discussions, tout en disant vouloir conclure un accord avec l’Iran. Cette formulation combine une ouverture affichée et une pression implicite. Elle vise à maintenir l’idée que la porte reste ouverte. Elle sert aussi à montrer que Washington garde l’initiative. Le message est autant destiné à Téhéran qu’aux partenaires régionaux. Il signale que l’option politique n’est pas abandonnée, mais qu’elle est encadrée par un rapport de force.
La dimension militaire, elle, apparaît plus explicitement dans Al Liwaa du 28 février 2026. Le journal indique que Donald Trump a écouté un exposé du commandant du Commandement central américain, Brad Cooper, portant sur des options militaires possibles contre l’Iran. Le fait qu’un chef d’État mette en scène l’examen d’options militaires, tout en évoquant la poursuite de discussions, nourrit une incertitude durable. Cette ambiguïté peut servir à obtenir des concessions. Elle peut aussi accroître le risque d’escalade, parce qu’elle pousse chaque camp à se préparer au pire. Dans ce type de séquence, l’échec d’un cycle de discussions n’est jamais neutre. Il peut transformer la pression verbale en décision opérationnelle, surtout si les calendriers politiques internes accélèrent la prise de décision.
Golfe, consultations préventives et rôle saoudien dans la désescalade
Face à cette tension, les capitales du Golfe cherchent à limiter les effets de souffle. Al Sharq Al Awsat du 28 février 2026 rapporte qu’un diplomate iranien affirme que Téhéran a mené des consultations avec des pays du Conseil de coopération du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, au sujet des discussions nucléaires avec les États-Unis. Le même texte insiste sur une appréciation iranienne de la position saoudienne favorable au dialogue, ainsi que sur des accords obtenus lors de cycles précédents.
Toujours selon Al Sharq Al Awsat du 28 février 2026, l’ambassadeur d’Iran en Arabie saoudite, Ali Reza Enayati, dit que le président iranien Massoud Pezeshkian a discuté avec le prince héritier Mohammed ben Salmane des derniers développements régionaux. Le journal rapporte que les deux parties ont mis l’accent sur la nécessité d’atteindre la sécurité et la paix dans la région, et d’éviter la guerre. Cette séquence révèle un besoin commun. Les États du Golfe veulent éviter une confrontation qui perturberait l’économie et la sécurité maritime. L’Iran veut, de son côté, empêcher l’isolement complet. Il veut montrer qu’il dispose de canaux actifs avec des acteurs arabes influents.
Cette diplomatie de consultations sert aussi à envoyer des signaux à Washington. Quand Riyad est présenté comme un acteur de dialogue, cela renforce l’idée qu’une solution négociée reste possible. Inversement, si la région donne l’impression de se préparer à une guerre, la tentation d’une action rapide augmente. La bataille se déroule donc sur les mots, sur les visites et sur les annonces publiques. L’objectif est d’occuper l’espace avant qu’une logique de riposte n’emporte les acteurs dans une spirale.
Afghanistan et Pakistan, affrontements frontaliers et discours de « guerre ouverte »
Sur un autre front, Al 3arabi Al Jadid du 28 février 2026 met en avant une montée des tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan, décrite comme une trajectoire vers une « guerre ouverte ». Le journal rapporte des affrontements intermittents le long de la frontière, dans un climat de colère au Pakistan après des attaques meurtrières attribuées à l’armée afghane.
Le même article indique que des responsables pakistanais menacent d’une escalade, tandis que le camp afghan se préparerait à une « phase suivante » en transférant des renforts vers les lignes avancées. Al 3arabi Al Jadid du 28 février 2026 cite aussi une promesse de réponse du porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, après des frappes aériennes pakistanaises sur Kaboul et d’autres villes. Cette succession d’actions et de contre-messages crée un mécanisme classique. Une attaque provoque une riposte. La riposte justifie des renforts. Les renforts alimentent des menaces. Les menaces rendent la désescalade plus coûteuse politiquement.
La gravité de cette tension tient aussi à la nature du théâtre. Une frontière disputée et militarisée produit souvent des incidents difficiles à contenir. Les deux États peuvent être tentés de parler à leurs opinions publiques par la force. Pourtant, une guerre prolongée serait lourde pour les deux sociétés. Elle déstabiliserait davantage des régions déjà fragilisées. La presse, en parlant de « guerre ouverte », reflète donc un risque, mais elle agit aussi comme amplificateur d’un climat où la prudence devient plus difficile à vendre.
Palestine, Cisjordanie et débats à Paris autour des droits humains
La situation en Palestine reste un autre centre de gravité, à la fois militaire et diplomatique. Al Quds du 28 février 2026 rapporte une série d’incursions et d’attaques en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, concentrées surtout dans le nord, avec des opérations de perquisition, d’arrestation et des agressions contre des habitants. Le journal évoque aussi des attaques de colons ayant fait des blessés parmi des étrangers solidaires à Naplouse, et une pression sécuritaire autour de la mosquée Al Aqsa, avec une participation importante à la prière du vendredi malgré les mesures restrictives.
Dans le même ensemble, Al Quds du 28 février 2026 met en avant un débat politique en France autour de la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les droits humains dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese. Le quotidien indique qu’elle demande à Paris une clarification et des excuses après des critiques françaises qui étaient allées jusqu’à réclamer son départ, tout en notant que la France a ensuite reculé sur cette demande. Ce type d’épisode est révélateur d’une tension plus large. Les capitales occidentales, et Paris en particulier, cherchent à garder une position diplomatique. Elles affrontent aussi des controverses internes liées aux mots employés, aux rapports onusiens et à la manière de qualifier les événements.
Al Quds du 28 février 2026 publie également la mention d’un rapport palestinien qui estime que des plans israéliens stratégiques auraient échoué, tout en parlant d’efforts pour imposer des réalités démographiques. Même si le contenu détaillé du rapport n’est pas entièrement développé dans l’extrait, l’idée centrale est claire. La bataille ne porte pas seulement sur les opérations militaires. Elle porte aussi sur le temps long, sur la population, sur l’aménagement du territoire et sur les faits accomplis. La diplomatie se trouve alors piégée entre l’urgence des victimes et l’inertie des mécanismes internationaux.
Afrique de l’Est et Sahel, alertes onusiennes et guerres prolongées
Les crises africaines se poursuivent, avec une place notable accordée aux alertes des Nations unies. Al Quds du 28 février 2026 rapporte un appel du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, demandant une action urgente au Soudan du Sud. Le journal précise qu’il met en garde contre le risque d’une guerre civile totale et insiste sur la nécessité de préserver l’accord de paix et d’éviter l’effondrement du pays.
Selon Al Quds du 28 février 2026, Volker Türk rappelle aussi une dégradation récente, avec une hausse des violences et des violations des droits humains. Le texte cite un bilan évoquant 189 civils tués en janvier et une augmentation de 45 % des violations par rapport à décembre, dans un contexte de tensions entre forces proches du président Salva Kiir et des milices soutenant l’ancien vice-président Riek Machar, décrit comme sous résidence surveillée depuis des mois. L’impact politique de ces chiffres est direct. Ils indiquent un seuil. Ils suggèrent que les mécanismes de prévention sont en train de céder. Ils posent aussi la question de la capacité internationale à agir, au moment où l’attention mondiale est captée par d’autres crises.
Le même quotidien rappelle, sur un autre théâtre, la guerre au Soudan entre l’armée et les Forces de soutien rapide, en précisant que le conflit se poursuit depuis avril 2023 et qu’il a provoqué des dizaines de milliers de morts et environ 13 millions de déplacés. La longueur de cette guerre, combinée à la difficulté de documenter les violences, traduit une crise où l’humanitaire et le politique se heurtent aux risques de terrain. Quand la documentation devient dangereuse, la pression internationale se réduit. Quand la pression se réduit, les acteurs armés gagnent en impunité. C’est ce cercle que les textes rapportés cherchent à rendre visible.
Irak, rivalités politiques et friction maritime avec le Koweït
L’Irak apparaît dans la presse comme un espace où les enjeux internes et les disputes régionales se croisent. Al 3arabi Al Jadid du 28 février 2026 rapporte une actualité liée à la formation du gouvernement, avec une mention de Nouri al-Maliki et d’un besoin de dialogues avec l’opposition pour avancer, à partir d’une rencontre à Bagdad. Même dans une présentation brève, l’idée est constante. La scène irakienne reste structurée par des équilibres entre blocs, et par la difficulté de transformer une majorité relative en gouvernance stable.
Dans un autre registre, Al Quds du 28 février 2026 rapporte une tension maritime entre l’Irak et le Koweït à propos du chenal de Khor Abdallah. Le journal indique que des célébrations ont eu lieu à Bassora après le dépôt par l’Irak, auprès des Nations unies, des coordonnées de ses frontières maritimes avec le Koweït. Il ajoute qu’un bateau koweïtien s’est approché du navire irakien Chatt al-Arab en lui demandant de quitter la zone, en affirmant qu’il naviguait dans des eaux koweïtiennes, avant une intervention de vedettes militaires irakiennes pour contenir l’incident.
Cet épisode montre comment un geste juridique, comme un dépôt de coordonnées, peut produire une tension immédiate sur l’eau. Il révèle aussi une sensibilité politique. Les frontières maritimes touchent à la souveraineté. Elles touchent aussi à l’économie, surtout dans des zones proches de ports et de ressources. Une friction limitée peut donc devenir un symbole national. Elle peut être utilisée par des acteurs politiques internes, qui cherchent à prouver qu’ils défendent les droits du pays. Dans ce contexte, l’intervention rapide pour empêcher l’incident de dégénérer souligne une volonté de contenir, mais elle n’efface pas la fragilité de l’équilibre.
Amériques, Venezuela après un basculement et débat sur sanctions et légitimité
Enfin, l’actualité internationale du jour inclut un épisode marquant en Amérique latine. Al 3arabi Al Jadid du 28 février 2026 rapporte que Delcy Rodríguez, présentée comme présidente par intérim au Venezuela, a demandé à Donald Trump de lever le « blocus » et les sanctions visant son pays. Le journal situe cette demande à moins de deux mois du renversement de Nicolás Maduro et de son arrestation lors d’une opération militaire américaine.
La séquence, telle qu’elle est exposée, mêle changement de pouvoir, pression économique et question de reconnaissance. Un pouvoir intérimaire cherche souvent à obtenir un geste rapide sur les sanctions pour stabiliser la situation interne. Dans le même temps, la mention d’une opération militaire américaine et d’une arrestation place l’événement dans une zone de tension diplomatique, car il touche à l’usage de la force et aux normes de souveraineté. La demande de levée des sanctions est donc un signal. Elle vise à créer un pont politique avec Washington. Elle vise aussi à rassurer une population épuisée par la crise économique, en promettant un allègement rapide.
Ce dossier révèle enfin un trait commun à plusieurs crises du jour. La question des sanctions devient un outil central de politique étrangère. Elle sert à punir. Elle sert aussi à négocier. La levée ou le maintien des sanctions devient une monnaie d’échange. Dans le cas vénézuélien, l’appel direct au président américain montre que la décision est perçue comme éminemment politique, plus que technique. Elle dépend d’un choix de Washington sur le rythme du « retour à la normale ».
Entre conflits et diplomaties, une journée dominée par la gestion du risque
Au total, les informations rassemblées décrivent une scène internationale fragmentée, mais reliée par un même fil. La plupart des crises du jour se situent à des seuils dangereux. Les États parlent de dialogue, mais ils se préparent à la force, comme l’illustrent les options militaires évoquées à Washington sur l’Iran. Les voisins cherchent à éviter une guerre, comme le montre la communication entre Téhéran et Riyad sur la nécessité d’éviter l’escalade. Des conflits périphériques, comme celui à la frontière afghano-pakistanaise, rappellent que les guerres peuvent démarrer par une succession d’incidents et de ripostes. Et les alertes onusiennes, notamment sur le Soudan du Sud, soulignent que la prévention peut échouer lorsque la violence se banalise et que les institutions se fragilisent.
Économie: inflation du quotidien, bras de fer sur la régulation et secteurs productifs sous étau
Prix de Ramadan, hausse ciblée et sentiment de désordre dans les rayons
Al 3arabi Al Jadid, daté du 28 février 2026, décrit un début de Ramadan marqué par une impression de « chaos des prix » au Liban. Le journal met en avant un écart de perception entre les consommateurs, qui disent subir des hausses, et des importateurs, qui nient des augmentations « réelles ». Dans ce récit, la hausse du coût de la vie n’est plus seulement un indicateur. Elle devient une expérience quotidienne. Les ménages comparent les étiquettes. Ils réduisent des achats. Ils changent des habitudes.
Le même article d’Al 3arabi Al Jadid, daté du 28 février 2026, prend l’exemple du prix des œufs, présenté comme en hausse de 66 % pendant la période. Le texte souligne que des consommateurs s’éloignent de l’achat de plateaux d’œufs à cause du renchérissement. La nourriture, qui est une dépense répétée, cristallise donc le sentiment d’injustice. Quand un produit de base augmente, la hausse est perçue comme une rupture. Elle est aussi perçue comme une preuve d’absence de contrôle.
Dans le même esprit, Al Akhbar, daté du 28 février 2026, publie une liste de prix très variables pour des douceurs vendues en boutique. Le journal donne des fourchettes larges, selon les établissements. Il cite des produits dont le prix au kilo varie fortement, avec des écarts entre magasins. Cette dispersion alimente l’idée d’un marché sans repères. Elle complique la comparaison. Elle encourage aussi une économie de proximité, où la confiance compte plus que l’affichage.
Al Akhbar, daté du 28 février 2026, ajoute un indicateur plus structurel en rappelant qu’en 2025, le nombre de bovins importés au Liban, pour l’élevage ou la consommation, a représenté une valeur de 315 millions de dollars. Ce chiffre met en relief un fait simple. L’alimentation dépend d’une facture extérieure lourde. Toute tension sur les devises ou les prix mondiaux se répercute vite. Dans un pays où le revenu est instable, la dépendance aux importations transforme la moindre variation en choc social.
Fiscalité, carburants et transmission directe aux coûts de production
Ad Diyar, daté du 28 février 2026, décrit une aggravation de la crise du secteur agricole, avec un ralentissement des ventes sur les marchés de fruits et légumes. Le journal attribue cette situation à la hausse des coûts de production et à des obstacles à l’exportation. Il souligne aussi un facteur fiscal précis, la hausse additionnelle du prix des carburants après l’augmentation de la taxe de 300 000 livres sur l’essence. Dans un pays où la logistique repose sur la route, le carburant agit comme un prix directeur. Il renchérit le transport. Il renchérit l’irrigation. Il renchérit le stockage.
Le même texte d’Ad Diyar, daté du 28 février 2026, insiste sur les difficultés d’exportation, aggravées par la fermeture de passages terrestres entre le Liban et la Syrie aux camions libanais. Le journal parle d’une incapacité des exportateurs à atteindre les marchés arabes. Cette contrainte est économique et politique. Elle bloque des volumes. Elle pèse sur les prix payés aux producteurs. Elle réduit aussi l’entrée de devises liée aux ventes extérieures. Dans un marché intérieur affaibli, l’exportation sert souvent de soupape. Quand la soupape se ferme, le surplus s’accumule. Les prix au producteur chutent. Les pertes augmentent.
Ad Diyar, daté du 28 février 2026, cite le vice-président de l’association des commerçants de Tyr, Hassan Daher, depuis le marché de gros de Tyr. Il met en garde contre des pertes importantes pour les agriculteurs si des débouchés extérieurs et un plan de sauvetage ne sont pas trouvés. Le journal rapporte aussi une estimation selon laquelle ce secteur représenterait 40 % du revenu libanais, tout en affirmant que l’État est défaillant faute de soutien et de stratégie. Même si l’ampleur exacte de cette part peut être discutée, l’argument central vise un point concret. Sans politique d’écoulement, le secteur productif s’épuise.
Cette séquence relie fiscalité, commerce régional et coût de la vie. Une taxe sur l’essence n’affecte pas seulement l’automobiliste. Elle traverse la chaîne entière. Elle touche le producteur. Elle touche le grossiste. Elle touche le détaillant. Elle se reflète ensuite sur la facture du ménage. Dans ce cadre, la question n’est pas seulement de lever des recettes. Elle est d’arbitrer entre recettes immédiates et destruction de marges dans les secteurs productifs.
Contrôle des marchés, accusations de manipulation et réponse judiciaire annoncée
Dans ce contexte de hausse et de dispersion des prix, l’exécutif cherche à afficher une capacité de contrôle. Al Liwaa, daté du 28 février 2026, rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam a demandé le renvoi devant la justice des personnes accusées de manipuler les prix. La formule est forte, car elle suppose une intention, et non un simple effet de marché. Elle vise aussi à répondre à une demande sociale. Les ménages veulent que l’État intervienne. Ils demandent des inspections. Ils demandent des sanctions.
La portée réelle de ce signal dépend toutefois de l’exécution. Dans un pays où la défiance envers les institutions est élevée, la parole publique est jugée à l’aune de résultats rapides. Une annonce de renvoi au judiciaire doit se traduire par des dossiers, des convocations et des décisions. Sinon, elle se retourne contre son auteur. Elle renforce l’idée d’un État qui promet, mais ne tient pas. Le fait que la mesure soit formulée au moment du Ramadan n’est pas neutre. La consommation augmente sur certains produits. Les tensions sur les prix deviennent plus visibles. L’annonce est donc calibrée pour un moment où l’opinion surveille davantage.
Al 3arabi Al Jadid, daté du 28 février 2026, relie d’ailleurs le débat à une demande de « renforcement de la surveillance » et à la lutte contre l’accaparement. Le journal note l’écart entre plainte des consommateurs et dénégation des importateurs, ce qui rend la régulation plus complexe. Si les acteurs économiques disent qu’il n’y a pas de hausse, l’administration doit prouver le contraire par des contrôles et des comparaisons. Dans un marché où une partie des transactions se fait en dehors des circuits les plus transparents, la preuve devient difficile.
La lutte contre la manipulation des prix se heurte aussi à un problème de référence. Quand la monnaie et les revenus sont instables, l’idée d’un « prix normal » disparaît. Les commerçants ajustent en fonction de leurs coûts. Les importateurs ajustent en fonction de leurs stocks et de leurs paiements. Les consommateurs, eux, comparent à leurs revenus. L’État doit donc définir ce qu’il poursuit. Est-ce la fraude pure. Est-ce l’entente. Est-ce l’absence d’affichage. Est-ce l’exploitation d’une période de forte demande. Sans définition opérationnelle, le discours de fermeté reste une posture.
Municipalité de Beyrouth, revenus locaux et conflit sur la gestion d’un projet
La question économique se joue aussi au niveau municipal, à travers la bataille des recettes locales. Al Akhbar, daté du 28 février 2026, affirme que l’État tente de s’approprier des biens appartenant à la municipalité de Beyrouth, ce qui priverait la caisse municipale de revenus nécessaires pour des projets de développement. Le journal présente le dossier comme une résurgence d’un scénario déjà vécu en 2002. Il décrit une tentative de transfert de la compétence de gestion d’un projet de stationnement payant, connu comme « Meter Park », de la municipalité vers l’Autorité de gestion du trafic et des véhicules.
Le même article d’Al Akhbar, daté du 28 février 2026, souligne que des membres du conseil municipal disent ne pas avoir été informés à l’avance du point discuté. Le journal décrit une colère liée à la méthode, puis un recours aux textes juridiques qui, selon eux, confirment leur compétence sur les biens publics à Beyrouth. Au-delà de la querelle, l’enjeu est budgétaire. Dans une période de contraction des ressources publiques, les recettes liées au stationnement et aux services deviennent un levier vital. Elles financent des travaux. Elles financent l’entretien. Elles soutiennent une présence minimale de l’action publique en ville.
Ce dossier met en lumière une tension classique. L’État central cherche parfois à capter des flux. Les municipalités, elles, défendent une autonomie financière déjà réduite. Quand les transferts nationaux sont faibles, le foncier et les services urbains deviennent des sources clés. La dispute sur Meter Park n’est donc pas un détail. Elle illustre une compétition sur l’argent public à l’échelle locale. Elle pose aussi une question de gouvernance. Qui décide de l’allocation des revenus. Qui rend des comptes. Et qui assume l’entretien des infrastructures.
Dans un pays où les crises se superposent, cette bataille de recettes prend une dimension sociale. Si la municipalité perd des revenus, elle réduit des services. Si l’État récupère la gestion, il doit prouver qu’il utilisera les fonds pour la ville. Or la confiance est faible. La confrontation devient donc un test de crédibilité, autant qu’un débat juridique.
Banques, économie de cash et bataille des mots autour de la restructuration
La presse souligne enfin un nœud économique central, celui de la restructuration financière et du secteur bancaire. Ad Diyar, daté du 28 février 2026, rapporte que la Commission spéciale d’enquête coordonne avec les parties concernées afin de présenter, lors d’une prochaine réunion en mai, une liste permettant au Liban d’obtenir de meilleures notes qu’au cycle précédent. Le journal explique que cela implique de traiter « le sujet des banques » et « l’économie de cash », et qu’il reste « beaucoup de travail ». L’enjeu implicite est la crédibilité. Une économie où le cash domine est plus difficile à contrôler. Elle est plus vulnérable aux abus. Elle est aussi plus éloignée des standards demandés par les partenaires internationaux.
Dans le même passage, Ad Diyar, daté du 28 février 2026, évoque un « قانون الفجوة المالية », présenté comme un texte envoyé à la discussion, avec un souhait qu’il soit débattu au Parlement et adopté rapidement. Le journal affirme que ce texte aiderait à faire sortir le Liban d’une zone de suspicion liée au cash, vers une situation où les banques fonctionnent et où les choses sont plus transparentes. Derrière cette formulation, il y a un débat très concret. Le traitement de la « فجوة » renvoie à la reconnaissance des pertes et à la manière de les répartir. C’est le cœur politique de la crise financière.
Al Joumhouriyat, daté du 28 février 2026, donne un autre angle, plus révélateur des stratégies de communication. Le journal rapporte, dans une rubrique d’informations, que des responsables d’institutions financières en crise ont multiplié les réunions avec des directeurs généraux, des ministres et des députés. Il ajoute qu’ils auraient tenté de faire adopter l’expression « rester autant que possible » dans l’un des textes centraux et controversés, au lieu d’un cadre d’« accountability » et de preuve de solvabilité. Cette bataille sémantique est économique. Dire « rester » privilégie la survie institutionnelle. Dire « solvabilité » impose un tri, des audits et des responsabilités.
Le même extrait d’Al Joumhouriyat, daté du 28 février 2026, rapporte aussi l’insistance d’un ministre, lors d’entretiens, sur l’idée que le secteur public n’est pas « surdimensionné », en rappelant des vacances dans de nombreux postes qui exigeraient des recrutements. Cette phrase éclaire un autre dilemme. D’un côté, l’État manque de capacités. De l’autre, les finances publiques sont sous tension. Recruter peut être nécessaire pour faire fonctionner l’administration. Mais recruter sans réforme peut aggraver la charge. La question devient donc celle de la qualité. Quels postes. Quelles compétences. Et quel financement durable.
Pétrole, volatilité mondiale et effets indirects sur un pays importateur
Sur le plan international, Al Quds, daté du 28 février 2026, rapporte une hausse d’environ 3 % des prix du pétrole, liée au prolongement des discussions nucléaires entre Washington et Téhéran, et aux craintes de perturbations d’approvisionnement. Le journal cite un niveau de 72,88 dollars pour le Brent à un moment de la journée. Pour le Liban, ce type de mouvement n’est jamais abstrait. Le pays importe l’essentiel de son énergie. Le pétrole affecte le coût du transport, puis celui des biens. Il nourrit aussi les débats fiscaux sur les taxes carburant.
Cette volatilité mondiale se combine avec les fragilités locales décrites par Ad Diyar, daté du 28 février 2026, sur l’impact des carburants sur les coûts agricoles. Quand les prix internationaux montent, même légèrement, la transmission est rapide si le marché local est déjà tendu. L’effet peut être amplifié par le manque de concurrence, par les marges de précaution et par les incertitudes de change. Ainsi, la géopolitique du pétrole devient un facteur de la table du dîner. Elle devient un facteur du panier du Ramadan.
Aide internationale, sécurité et économie en arrière-plan des dossiers de Paris
Même quand l’aide internationale vise l’appareil sécuritaire, l’impact économique est présent en filigrane. Al Quds, daté du 28 février 2026, décrit la préparation d’un rendez-vous à Paris consacré au soutien à l’armée libanaise et aux forces de sécurité, avec des réunions techniques organisées au Caire autour des besoins opérationnels, institutionnels et logistiques. Ces aides sont souvent perçues comme sécuritaires. Mais elles ont un effet macroéconomique indirect. Elles réduisent des dépenses nationales. Elles stabilisent des salaires. Elles limitent des risques d’effondrement institutionnel, qui serait coûteux pour l’économie entière.
Dans la même logique, le fait que le président Joseph Aoun demande la préparation de dossiers à présenter à Paris, tel que rapporté par Al Quds, daté du 28 février 2026, révèle une pression de crédibilité. Le Liban doit prouver qu’il sait définir des besoins et les prioriser. Il doit aussi convaincre qu’un soutien ne sera pas dissous dans l’improvisation. Cette exigence, même centrée sur la sécurité, se rapproche d’une logique économique. Elle demande une capacité de planification. Elle demande des indicateurs. Elle demande des mécanismes de suivi.
Société: Ramadan sous pression, solidarités visibles et bataille discrète pour les repères
Ramadan dans les rues de Beyrouth, fatigue sociale et dignité mise à l’épreuve
Dans plusieurs récits de la presse du 28 février 2026, le Ramadan apparaît comme un moment de vérité sociale. Al Liwaa, daté du 28 février 2026, décrit une atmosphère où « l’odeur du Ramadan » précède le croissant, mais où les lanternes semblent plus ternes, comme si la ville pressentait que de nombreuses tables resteront incomplètes. Le texte lie ce sentiment à une hausse jugée injustifiée des prix de la viande et à une taxe surprise sur l’essence, ce qui transforme un temps de spiritualité en période d’angoisse comptable. La scène se déroule dans un petit commerce, avec un épicier face à sa liste de prix, décrite comme un constat de deuil accroché au mur. Cette manière de raconter n’est pas anecdotique. Elle dit une fatigue collective. Elle montre comment le panier du mois devient un miroir de la crise, à travers des gestes simples, comme lire une étiquette, renoncer à un produit, ou réduire une portion.
Le même article d’Al Liwaa, daté du 28 février 2026, insiste sur une idée centrale, celle d’une dignité qui ne devrait pas se vendre au kilo. La formule, par sa force, place l’économie dans un cadre moral. Elle raconte un quotidien où l’argent n’est plus seulement un moyen. Il devient une frontière qui sépare ceux qui peuvent garder des habitudes, et ceux qui doivent improviser chaque soir. Cette frontière se voit d’autant plus pendant le Ramadan, parce que la sociabilité se concentre autour de la table, et que l’écart entre ce que l’on voudrait offrir et ce que l’on peut acheter devient visible. Le texte met ainsi en relief une tension sociale silencieuse. Les familles cherchent à préserver une normalité. Elles tentent de maintenir un minimum de partage. Toutefois, la hausse du coût de la vie impose des choix. Elle impose aussi des renoncements qui touchent l’image de soi, car la générosité est un repère social important pendant ce mois.
Cette pression se retrouve, en arrière-plan, dans les signaux politiques et administratifs du même jour. Al Liwaa, daté du 28 février 2026, rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam demande le renvoi devant la justice des personnes accusées de manipuler les prix. Dans la vie sociale, ce type d’annonce compte autant pour ce qu’il promet que pour ce qu’il symbolise. Il rassure une partie de l’opinion, qui veut voir l’État agir. Il répond aussi à une colère diffuse, parce que le sentiment dominant n’est pas seulement la cherté, mais l’impression que certains profitent d’une période de forte demande. Pourtant, cette parole publique est jugée au résultat. Si la sanction ne suit pas, la frustration augmente. Dans une société qui vit au rythme des hausses, l’écart entre la parole et l’action devient une source de tension supplémentaire, car il alimente l’idée que chacun doit se débrouiller seul.
Iftar de route, bénévolat et entraide organisée comme réponse au déséquilibre
À côté de la fatigue sociale, des récits mettent en avant une solidarité très concrète, structurée par le bénévolat. Al Liwaa, daté du 28 février 2026, publie une histoire relayée depuis l’Agence Anadolu sur la distribution de repas d’iftar aux automobilistes sur les routes rapides. Le texte explique que les bénévoles offrent une collation légère, avec boissons, eau et dattes, pensée comme un repas provisoire pour ceux qui n’arrivent pas à temps chez eux. Il insiste aussi sur le fait que des volontaires se mobilisent chaque année, sans attendre de récompense. L’initiative se fixe un rythme quotidien, avec 300 repas distribués par jour durant le mois. Ces chiffres donnent une mesure. Ils montrent une organisation régulière, qui dépasse l’improvisation et s’inscrit dans une routine de solidarité.
Le même récit, dans Al Liwaa du 28 février 2026, souligne que cette forme d’iftar n’est pas portée seulement par des volontaires, mais aussi par des partis. Cette précision éclaire une réalité sociale importante. L’aide alimentaire, au Liban comme ailleurs, peut devenir un espace de compétition symbolique. Elle peut être un geste de foi. Elle peut être un geste de citoyenneté. Elle peut aussi être un outil de présence politique. Le texte ne tranche pas. Il constate. Toutefois, cette coexistence entre bénévolat et partis dit quelque chose d’essentiel sur le tissu social. Quand les institutions publiques sont fragiles, des acteurs non étatiques remplissent une partie du vide. Ils offrent des services. Ils offrent des gestes de soutien. Ils gagnent aussi une visibilité. Pour les bénéficiaires, l’enjeu immédiat est simple. Il faut manger à l’heure. Il faut tenir la route. Il faut rentrer sans danger. Dans ce cadre, l’iftar de route agit comme une réponse pratique à un problème moderne, celui des embouteillages, du travail tardif, et de la distance entre domicile et activité.
Cette solidarité prend une résonance particulière dans un pays secoué par des tensions sécuritaires et par une fragilité économique. Quand une famille réduit son panier, elle cherche aussi des réseaux de soutien. Ceux-ci ne sont pas toujours formels. Ils passent par des associations, des mosquées, des groupes de quartier, ou des initiatives liées à des partis. L’iftar de route illustre cette logique d’entraide visible, qui garde une part de dignité. La collation est présentée comme un relais, pas comme une charité humiliante. Elle se fait au passage, sans procédure lourde, et sans file interminable. Ce détail compte socialement. Il limite la stigmatisation. Il protège l’image de ceux qui reçoivent, en évitant l’exposition. Dans une société où la dignité est un marqueur fort, la forme de l’aide devient presque aussi importante que son contenu.
Tension sécuritaire et vie quotidienne, quand l’urgence devient matérielle
La vie sociale est aussi affectée par les événements sécuritaires, parce qu’ils produisent des dégâts et des besoins immédiats. Al Sharq, daté du 28 février 2026, évoque les dommages causés par des frappes dans la région de Baalbek, avec une demande d’envoi d’équipes d’expertise pour constater les destructions. Le journal insiste sur l’urgence liée au froid, à la neige et aux pluies, et sur la nécessité d’aider rapidement pour que les habitants puissent rester dans leurs maisons. Ce type de détail ramène la crise au concret. Il ne s’agit pas seulement de bilan humain. Il s’agit de fenêtres brisées, de murs fissurés, de familles qui doivent dormir dans une maison fragilisée en plein hiver. La dimension sociale est directe. Elle touche l’abri. Elle touche la sécurité domestique. Elle touche la capacité à rester près de son travail, de son école, et de son réseau.
Dans le même esprit, Al Quds, daté du 28 février 2026, rapporte que l’onde des frappes a touché des villages voisins, dont des localités à majorité chrétienne, avec des réactions locales demandant des compensations et évoquant des atteintes à des maisons et à des lieux de culte. Quand un dommage touche un lieu de prière, le choc social est plus large, car il touche un symbole de communauté. Il touche un espace de rassemblement. Il touche aussi une mémoire. La demande de compensation n’est donc pas seulement financière. Elle est aussi une demande de reconnaissance. Elle dit que la société se sent atteinte dans ce qu’elle a de plus intime. Dans ce contexte, le rôle de l’État est observé de près. Il doit constater. Il doit aider. Il doit indemniser. S’il tarde, il nourrit une impression d’abandon. Et cette impression, dans un pays sous tension, se transforme vite en colère politique et en crispation communautaire.
Cette dimension humanitaire se combine avec la pression économique décrite ailleurs. Une famille qui subit des dégâts en hiver doit souvent réparer en urgence, alors que les revenus sont déjà rognés par la hausse des prix. Le coût d’une vitre, d’une porte, ou d’une réparation de toiture devient un obstacle. L’entraide familiale joue, mais elle est elle-même limitée, car tout le monde est touché. Ainsi, une crise sécuritaire produit un coût social qui déborde le front. Il se diffuse dans les quartiers, dans les villages, et dans les budgets domestiques. Il pèse aussi sur l’école et le travail, parce que le déplacement, la peur et la fatigue réduisent la capacité à vivre normalement. Le social, ici, est une conséquence directe des événements du jour.
École et jeunesse, une « stratégie nationale » contre le harcèlement comme signal de société
Un autre sujet social ressort dans la presse du 28 février 2026, celui du harcèlement scolaire et de la protection des enfants. Nida’ Al Watan, daté du 28 février 2026, annonce le lancement d’un processus de travail sur une « plan national » de lutte contre le harcèlement. Même présenté en titre, ce choix éditorial révèle une préoccupation. Le harcèlement n’est plus traité comme un simple problème individuel. Il est abordé comme un enjeu collectif qui nécessite une réponse structurée. Dans une société fragilisée par la crise économique, les tensions se déplacent souvent vers les espaces du quotidien, dont l’école. Les élèves portent les inquiétudes de leurs familles. Ils vivent aussi la pression d’un avenir incertain. Dans ce contexte, les violences verbales, l’exclusion et l’humiliation peuvent augmenter, parce que les repères s’effritent. La mention d’un plan national, même sans détail complet dans l’extrait, suggère une volonté de mettre des normes, des outils et une méthode.
Le même choix de Nida’ Al Watan, daté du 28 février 2026, place la jeunesse au centre du débat social. Cela renvoie à une question plus large. Quelles institutions protègent encore. Quelles institutions éducatives peuvent jouer un rôle de stabilisation. L’école, dans un pays en crise, devient un espace critique. Elle peut être un lieu de reproduction des tensions. Elle peut aussi être un lieu de réparation, si des règles claires existent et si des adultes sont formés. Le concept même de lutte contre le harcèlement suppose plusieurs étages. Il suppose de reconnaître le problème. Il suppose d’écouter les victimes. Il suppose de former les enseignants. Il suppose aussi de gérer la discipline sans violence. Dans le contexte libanais, l’enjeu est encore plus sensible, parce que beaucoup d’écoles, publiques et privées, fonctionnent sous contrainte budgétaire. Les personnels sont parfois épuisés. Les familles sont parfois incapables de payer. La protection des élèves devient alors un défi de capacité, pas seulement de volonté.
Ce sujet touche aussi la santé mentale. Quand une société traverse une succession de crises, la souffrance psychologique se banalise. Elle devient moins visible. Elle devient plus profonde. Un plan contre le harcèlement, même lancé comme un processus, peut être lu comme une tentative de réintroduire des limites et des repères. Il dit qu’il existe des violences que la société refuse, même quand elle tolère d’autres formes de dureté. Il dit aussi qu’un État, ou des institutions partenaires, cherchent à agir sur un terrain de prévention, et pas seulement sur un terrain de réparation après coup. Sur le plan social, c’est un signal important, parce qu’il montre une attention à l’avenir, au moment où l’actualité est dominée par l’urgence du présent.
Neige au Chouf, paysages, respiration sociale et mémoire d’un pays vivant
Enfin, Nida’ Al Watan, daté du 28 février 2026, met en avant une scène plus apaisée, avec la neige de février dans la réserve des cèdres du Chouf, vue depuis l’entrée de Barouk. Le journal évoque une image de « Liban le plus beau », faite de cèdres et de neige. Cette évocation joue un rôle social qui dépasse le tourisme. Elle rappelle que le pays n’est pas seulement une crise. Il est aussi un espace de nature, de saisons et de patrimoine. Dans des périodes où les habitants vivent une accumulation de mauvaises nouvelles, ces images deviennent des respirations. Elles soutiennent une forme de cohésion symbolique, car beaucoup de Libanais, quelle que soit leur région, reconnaissent dans les cèdres un marqueur commun.
Cette scène prend aussi une dimension économique et sociale implicite. La neige, les réserves et les paysages nourrissent un tourisme intérieur, même réduit, et une économie locale saisonnière. Quand les revenus baissent, les sorties se transforment. Elles deviennent plus proches. Elles deviennent plus courtes. Les familles cherchent des lieux accessibles. Les réserves naturelles peuvent jouer ce rôle, si les routes sont praticables et si les coûts restent supportables. Dans ce cadre, la mise en avant du Chouf agit comme un rappel. Il existe encore des espaces où la société peut se rencontrer autrement que dans la tension, autrement que dans la file d’un magasin, ou autrement que dans l’angoisse d’une hausse. Les paysages offrent une pause, mais ils offrent aussi une forme de continuité, parce qu’ils renvoient à une mémoire nationale plus stable que les crises politiques.
La neige, dans un autre registre, rappelle cependant une contrainte. L’hiver est rude pour ceux qui ont des maisons fragilisées, comme le suggère Al Sharq, daté du 28 février 2026, lorsqu’il insiste sur l’urgence de réparer à cause du froid, de la neige et des pluies après des dégâts. La même neige qui fait la beauté d’un paysage peut devenir un facteur de détresse pour des familles sans moyens. Elle peut isoler des villages. Elle peut compliquer l’accès aux soins. Elle peut aussi aggraver les besoins en chauffage. Ainsi, le social du 28 février 2026 se lit sur deux plans. Un plan de beauté, qui maintient un lien avec le pays. Et un plan de vulnérabilité, qui rappelle que la saison est une épreuve quand la crise a déjà réduit les marges.
Technologie: bascule vers l’intelligence artificielle, souveraineté des réseaux et économie numérique sous contraintes
Intelligence artificielle dans l’entreprise, réduction des effectifs et promesse de productivité
La place de l’intelligence artificielle dans la stratégie des entreprises revient au premier plan à travers un exemple venu des États-Unis. Al Quds, daté du 28 février 2026, rapporte des propos de Jack Dorsey adressés aux actionnaires de l’entreprise Block, maison mère de Square et de Cash App. Il explique que l’idée est simple, car les outils d’intelligence artificielle ont changé la manière de construire et de gérer une entreprise. Il ajoute qu’une équipe bien plus petite peut accomplir davantage, et mieux, en utilisant ces outils. La déclaration est publiée sur la plateforme X, que Jack Dorsey a cofondée.
Le même passage d’Al Quds, daté du 28 février 2026, relie explicitement cette vision à des décisions internes, en évoquant des réductions d’emplois présentées comme un moyen d’améliorer la rentabilité et l’efficacité. Le journal cite aussi des analystes qui estiment que l’insistance sur la hausse de la rentabilité et de l’efficacité a poussé des investisseurs à acheter. La séquence illustre une tendance plus large dans le secteur technologique. L’intelligence artificielle n’est plus seulement un produit. Elle devient un argument d’organisation du travail. Elle devient une justification de restructurations.
Cette logique modifie le discours managérial. Elle change aussi l’acceptabilité sociale des plans de réduction. Quand une direction affirme que l’intelligence artificielle permet de produire plus avec moins, elle transforme une décision de coûts en décision de modèle. Toutefois, ce basculement soulève une question immédiate. Les gains de productivité annoncés se traduisent-ils par de meilleurs services, ou surtout par des marges plus élevées. Dans le récit rapporté par Al Quds du 28 février 2026, l’accent est mis sur la capacité d’un petit groupe à exécuter davantage. Cela renvoie à un déplacement de la valeur vers la conception d’outils, plutôt que vers l’exécution répétitive.
À court terme, ce mouvement crée une pression sur les métiers intermédiaires. Il encourage des entreprises à se comparer en vitesse d’adoption, et en capacité de réduire des coûts. À moyen terme, il nourrit un débat sur la qualité du travail produit, et sur la responsabilité en cas d’erreurs. La promesse de faire mieux avec moins peut séduire les marchés. Elle peut aussi fragiliser des équipes si les contrôles internes ne suivent pas. L’exemple de Block, tel que présenté par Al Quds du 28 février 2026, résume cette tension. L’intelligence artificielle est décrite comme moteur d’une nouvelle efficacité. Elle est aussi, concrètement, un moteur d’arbitrage social.
Souveraineté des réseaux, retrait de la technologie chinoise et risque de hausse des tarifs en Syrie
Un second dossier technologique, plus politique, concerne les infrastructures de télécommunications et le choix des fournisseurs. Al Quds, daté du 28 février 2026, consacre un contenu à l’économie numérique en Syrie, avec une question centrale sur ce que signifie le fait de ne pas utiliser de technologie chinoise dans les télécommunications. Le journal décrit les implications d’un basculement vers une technologie américaine ou européenne. Il explique que cela exigerait une refonte complète des réseaux. Cette refonte entraînerait des interruptions de service. Elle augmenterait aussi les coûts d’exploitation. Elle compliquerait l’intégration de logiciels existants avec de nouveaux systèmes.
Al Quds, daté du 28 février 2026, insiste également sur l’impact final pour l’usager. Il évoque une hausse attendue du coût de maintenance. Il indique que ce renchérissement pourrait pousser les entreprises de télécommunications à relever les prix, à cause de la hausse des coûts d’exploitation et de maintenance. Cette perspective montre que la souveraineté technologique n’est pas un débat abstrait. Elle se traduit en décisions d’investissement, en contraintes opérationnelles, et en facture payée par les ménages.
Ce dossier s’inscrit dans une tendance régionale et mondiale. Les réseaux deviennent un enjeu stratégique. Les pays veulent réduire les dépendances jugées sensibles. Ils veulent sécuriser leurs communications. Ils veulent aussi répondre à des pressions diplomatiques. Pourtant, les réseaux sont déjà installés. Ils sont déjà intégrés. Les remplacer coûte cher. Les remplacer peut aussi créer des pannes et des pertes de qualité. Le contenu d’Al Quds du 28 février 2026 met donc l’accent sur une réalité technique. Une transition n’est pas une simple décision politique. Elle exige un calendrier. Elle exige une ingénierie. Elle exige une capacité à absorber un choc de coûts.
Dans un environnement où le pouvoir d’achat est déjà tendu, la hausse possible des tarifs peut devenir un sujet social. Les télécommunications ne sont plus un luxe. Elles sont un service de base. Elles touchent le travail. Elles touchent l’éducation. Elles touchent le lien familial. Ainsi, un choix de fournisseur, présenté comme une décision de souveraineté ou d’alignement, peut déclencher une crise de confiance s’il se traduit par une facture plus lourde, ou par des interruptions durables. Le même article d’Al Quds du 28 février 2026, en détaillant les coûts et les risques de rupture, rappelle que la souveraineté technologique se paie, et qu’elle s’organise sur plusieurs années.
Économie numérique, accords de paiement et projection vers la Silicon Valley
Le texte d’Al Quds, daté du 28 février 2026, associe cette discussion des infrastructures à une dimension plus large sur l’économie numérique en Syrie, avec une référence à une rencontre dans la Silicon Valley et à une initiative liée à Visa. Le journal présente l’ensemble comme une séquence de projection vers des instruments de paiement et de modernisation. Cette articulation est significative. Elle lie le réseau, qui est l’infrastructure, aux services financiers numériques, qui sont l’usage.
Même si le détail complet de l’accord n’est pas exposé dans l’extrait, l’angle est clair. Le paiement numérique est perçu comme une passerelle vers une économie plus formelle, et vers des échanges plus simples. Toutefois, il suppose une condition préalable. Il faut un réseau stable. Il faut des équipements. Il faut aussi une compatibilité avec les normes internationales. Lorsque le même article explique que le passage à des technologies alternatives exige de redessiner des réseaux et peut entraîner des interruptions, il montre un paradoxe. La modernisation des services repose sur une infrastructure qui, elle, traverse une phase de fragilisation lors de la transition.
Ce paradoxe se retrouve souvent dans les pays en reconstruction. Les autorités veulent aller vite. Elles veulent moderniser. Elles cherchent des partenariats. En parallèle, la base technique est vieillissante. Elle est parfois fragmentée. Elle dépend de fournisseurs multiples. La transition technologique devient alors un chantier politique. Elle engage des décisions de long terme. Elle engage aussi une réputation. Si les services se dégradent, la modernisation perd sa crédibilité. Si les prix augmentent, l’adhésion sociale baisse. Al Quds du 28 février 2026, en explicitant les risques d’interruptions et de hausse des coûts, fournit une grille de lecture utile. L’économie numérique ne peut pas être présentée seulement comme un horizon. Elle doit être présentée comme une trajectoire avec des coûts immédiats.
Applications, internet et pouvoir des algorithmes sur l’identité du citoyen
Au-delà des infrastructures et de l’entreprise, la presse aborde aussi une réflexion plus générale sur l’impact du numérique sur la société. Al Quds, daté du 28 février 2026, publie un texte d’opinion qui affirme qu’il existe encore, dans le monde, des États qui ont interdit l’usage d’internet, plusieurs décennies après son lancement, et que ces États seraient « hors de l’histoire ». Le texte avance ensuite une idée forte. Le courant des applications numériques tend à devenir une identité, une sorte d’État et de citoyen, dont la définition est prise davantage dans les algorithmes que dans les lois et les slogans de l’État traditionnel.
Dans le même passage, Al Quds du 28 février 2026 affirme que l’accélération technique, et ses résultats, dépassent des concepts juridiques et constitutionnels façonnés sur un rythme historique plus lent. Cette thèse souligne un décalage. Le droit avance par réformes, jurisprudence et compromis. La technologie avance par itérations rapides, par diffusion massive, et par concentration de données.
Cette réflexion rejoint un débat très concret dans de nombreux pays. Qui contrôle les données. Qui contrôle les plateformes. Qui définit les normes de visibilité, de réputation et d’accès à l’information. La phrase sur le citoyen défini par des algorithmes pointe un risque. La citoyenneté, dans sa forme classique, repose sur des droits et des devoirs. L’identité numérique, elle, peut se transformer en profil, en score implicite, ou en ciblage publicitaire. Quand le texte d’Al Quds du 28 février 2026 évoque une définition qui vient davantage des algorithmes que des lois, il décrit une mutation du pouvoir. Ce pouvoir n’est pas toujours public. Il est souvent privé. Il est parfois transnational.
Ce type de lecture a aussi un effet politique. Si les concepts juridiques suivent avec retard, les sociétés risquent de subir les effets négatifs avant d’avoir des protections. La protection de la vie privée, la transparence des décisions automatisées et la régulation de la désinformation deviennent alors des urgences. Or, dans beaucoup de pays, ces sujets arrivent après d’autres priorités, comme la sécurité ou l’économie. Le texte d’Al Quds du 28 février 2026 sert donc de rappel. La technologie n’est pas un secteur isolé. Elle est un facteur de transformation de l’État et du lien citoyen.
Technologies et géopolitique, quand le numérique sert de pont économique
Un autre angle, plus géopolitique, apparaît aussi dans Al Quds, daté du 28 février 2026, à travers un passage qui évoque l’idée d’un pont entre des économies, et notamment un lien entre l’économie numérique de l’Inde et la force industrielle de l’Europe, avec une réflexion sur la place d’Israël dans ces connexions. Le texte décrit un choix entre rester une puissance régionale, ou devenir un pont reliant l’Orient et l’Occident, et le Sud au Sud, en s’insérant entre l’économie numérique indienne et l’industrie européenne.
Cet angle rappelle que le numérique est aussi un levier de stratégie économique internationale. Les corridors ne sont pas seulement des routes et des ports. Ils incluent des flux de données, des infrastructures de paiement, et des écosystèmes de services. Dans ce cadre, le contrôle des réseaux, le choix des standards, et l’accès aux talents deviennent des éléments de puissance. Le fait que ce passage soit associé à une réflexion sur un positionnement « dans l’ère mondiale القادمة », tel qu’il apparaît dans Al Quds du 28 février 2026, montre une idée centrale. La compétitivité d’un pays dépend de sa capacité à se connecter. Elle dépend aussi de sa capacité à offrir un cadre stable aux investissements numériques.
La logique de pont numérique rejoint alors le dossier syrien décrit plus haut. Un pays peut chercher à se connecter à l’économie mondiale. Il peut signer des accords. Il peut parler d’économie numérique. Toutefois, il reste dépendant de ses réseaux, de leur stabilité, et de leur coût. Il reste aussi dépendant de l’acceptation sociale. Si la transition technologique hausse les prix, elle fragilise l’usage. Si elle provoque des interruptions, elle fragilise la confiance. La technologie est donc à la fois projection et vulnérabilité.
Travail, compétence et fracture, le risque d’un numérique à deux vitesses
Les deux dossiers principaux du jour, l’intelligence artificielle dans l’entreprise et la souveraineté des réseaux, convergent vers une même question sociale. Qui paie le coût de l’adaptation. Dans le cas de Block, l’argument de faire plus avec moins annonce une compression d’emplois et une concentration de la valeur sur ceux qui conçoivent, entraînent ou intègrent les outils. Dans le cas des télécommunications en Syrie, le changement de technologie annonce des coûts et des interruptions, qui finissent par toucher l’usager.
Le risque est celui d’un numérique à deux vitesses. Une partie de la population bénéficie de services modernes, de paiements fluides, et d’outils d’automatisation. Une autre subit la hausse des tarifs, la baisse de qualité, ou l’exclusion faute de moyens. La réflexion d’Al Quds du 28 février 2026 sur l’identité façonnée par les algorithmes renforce cette inquiétude. Si l’accès au numérique conditionne l’accès à des services, alors l’exclusion numérique devient une exclusion citoyenne.
Dans ce cadre, la technologie n’est plus un simple secteur de consommation. Elle devient un facteur de structuration sociale. Elle influence l’emploi. Elle influence les prix. Elle influence l’identité. Elle influence la souveraineté. La presse du 28 février 2026, à travers Al Quds, place ces éléments sur une même ligne de tension. L’intelligence artificielle accélère le changement en entreprise. Les choix de fournisseurs transforment les réseaux. Les applications transforment le lien citoyen. Cette chaîne, même racontée par fragments, dessine une réalité simple. Le numérique n’est plus un thème annexe. Il est au cœur des rapports de force économiques et politiques.



