mardi, janvier 13, 2026

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Trump menace le Hamas tout en proposant un échange de prisonniers à Gaza

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Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump a adopté une posture à la fois offensive et diplomatique face à la crise des otages à Gaza. Le 7 septembre 2025, il a publié un message sur sa plateforme Truth Social, qualifié de « dernier avertissement » au Hamas, menaçant l’organisation de lourdes conséquences si elle ne libère pas immédiatement tous les otages israéliens encore détenus. Parallèlement, des rapports récents indiquent que Washington a proposé un nouveau plan de cessez-le-feu incluant un échange de prisonniers, visant à désamorcer les tensions dans l’enclave palestinienne. Cette double approche, mêlant menace et médiation, illustre la stratégie complexe des États-Unis pour maintenir leur influence dans une région en proie à une escalade militaire et humanitaire sans précédent. Alors que les frappes israéliennes s’intensifient à Gaza, l’initiative américaine tente de conjuguer pression sur le Hamas et recherche d’une sortie de crise, dans un contexte géopolitique tendu.

Un ultimatum retentissant à l’adresse du Hamas

Le 7 septembre 2025, Donald Trump a une nouvelle fois haussé le ton contre le Hamas, publiant un message cinglant sur Truth Social : « Libérez tous les otages maintenant, pas plus tard, et rendez immédiatement les corps des personnes que vous avez assassinées, sinon c’est fini pour vous. » Il a ajouté que « seuls des gens malades et tordus gardent des corps », qualifiant le Hamas de « terroristes inhumains ». Ce ton belliqueux s’inscrit dans une série d’avertissements lancés par le président américain depuis février 2025, où il avait déjà menacé de « faire payer l’enfer » à l’organisation si elle ne libérait pas les otages avant son investiture. Selon les estimations, le Hamas détiendrait encore 24 otages vivants, dont l’Américano-Israélien Edan Alexander, ainsi que les corps de 34 autres personnes tuées lors de l’attaque du 7 octobre 2023 ou en captivité.

Ce dernier ultimatum intervient après une rencontre, le 6 septembre, entre Trump et huit anciens otages libérés de Gaza, organisée à la Maison-Blanche. Selon la porte-parole Karoline Leavitt, « le président a écouté avec attention leurs récits déchirants » et a réaffirmé son engagement à ramener tous les otages chez eux. Cette réunion, largement médiatisée, a servi de tremplin pour renforcer la rhétorique musclée de Trump. Le lendemain, le conseiller spécial pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a appuyé les propos du président, déclarant : « Je ne conseillerais à personne de tester la détermination du président Trump sur ce sujet. »

Les menaces américaines ne se limitent pas à des déclarations verbales. Des sources au sein de l’administration ont laissé entendre que Washington envisagerait des « actions ciblées » contre des cadres du Hamas en cas d’exécution d’otages, une éventualité que le groupe palestinien a brandie à plusieurs reprises comme moyen de pression. Bien que les détails de ces mesures restent flous, elles pourraient inclure des assassinats ciblés, des sanctions économiques accrues ou un soutien renforcé aux opérations israéliennes. Cette posture reflète une volonté de l’administration Trump de projeter une image de fermeté, dans un contexte où les critiques internes aux États-Unis dénoncent une politique étrangère jugée trop complaisante envers Israël.

Une proposition de cessez-le-feu pour apaiser les tensions

Parallèlement à ces menaces, les États-Unis ont mis sur la table une nouvelle proposition de cessez-le-feu, visant à obtenir la libération des otages en échange de prisonniers palestiniens et d’une trêve temporaire à Gaza. Selon des informations rapportées le 7 septembre 2025, ce plan prévoirait la libération de tous les otages dès le premier jour d’une trêve, suivie de négociations pour un cessez-le-feu permanent. Trump a affirmé dans son message du 7 septembre que « les Israéliens ont accepté mes conditions », ajoutant que « tout le monde veut que les otages rentrent chez eux et que cette guerre prenne fin ». Cependant, ni le gouvernement israélien ni le Hamas n’ont officiellement confirmé leur adhésion à cette proposition.

Le plan américain s’inscrit dans une série d’efforts diplomatiques menés depuis le début de l’année 2025 pour mettre fin à un conflit qui a déjà causé plus de 41 000 morts à Gaza, selon les autorités locales, et des destructions massives. Une précédente trêve, conclue en janvier 2025, avait permis la libération de trois otages, dont un Américain, contre 369 prisonniers palestiniens. Cette expérience a servi de modèle pour la proposition actuelle, bien que les exigences du Hamas restent un obstacle majeur. Le groupe palestinien insiste sur un cessez-le-feu permanent et un retrait total des forces israéliennes de Gaza, conditions rejetées par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, qui privilégie une démilitarisation complète du Hamas.

Hamas a rapidement réagi à l’initiative américaine. Le 8 septembre, son porte-parole, Abdel-Latif al-Qanoua, a déclaré que « la meilleure voie pour libérer les otages israéliens restants passe par des négociations sur la deuxième phase de l’accord de janvier ». Il a accusé Trump et Netanyahou de chercher à « se soustraire » aux engagements pris lors des pourparlers précédents, en durcissant les conditions imposées au Hamas. Cette position reflète une méfiance persistante envers les intentions américaines, perçues par le groupe comme biaisées en faveur d’Israël.

Une diplomatie sous tension : entre médiation et pression

La stratégie américaine illustre un équilibre délicat entre médiation diplomatique et pression militaire. D’un côté, Washington cherche à se positionner comme un acteur incontournable dans la résolution du conflit, en s’appuyant sur son influence auprès d’Israël et ses canaux de communication avec le Hamas. Des contacts directs, bien que rares, ont été établis entre des responsables américains et le groupe palestinien, une démarche sans précédent confirmée par la Maison-Blanche le 6 septembre. Ces discussions, menées par des intermédiaires au Qatar et en Égypte, visent à contourner les obstacles posés par le refus israélien de négocier directement avec le Hamas, considéré comme une organisation terroriste.

De l’autre côté, les menaces répétées de Trump traduisent une volonté de répondre aux attentes de son électorat conservateur, qui exige une ligne dure contre le terrorisme. Cette rhétorique s’accompagne d’un soutien militaire renforcé à Israël. Depuis janvier 2025, les États-Unis ont livré des équipements militaires d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, incluant des systèmes de défense anti-missiles et des munitions guidées. Trump a d’ailleurs déclaré le 7 septembre : « Je donne à Israël tout ce dont il a besoin pour terminer le travail. » Cette aide, bien que cruciale pour l’allié israélien, alimente les critiques de certains observateurs, qui accusent Washington de contribuer à l’escalade des violences.

Cette dualité dans l’approche américaine reflète également les contraintes géopolitiques auxquelles Washington est confronté. Les États-Unis doivent composer avec la pression de leurs alliés européens, qui appellent à une désescalade, et celle des pays arabes, outrés par le bilan humanitaire à Gaza. Le 6 septembre, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exhorté les parties à « privilégier le dialogue », tandis que l’Égypte et la Jordanie ont condamné les « provocations » américaines. Cette situation met en lumière les limites de l’influence américaine, dans un contexte où les acteurs régionaux, comme l’Iran, continuent de soutenir le Hamas.

Les otages au cœur des enjeux

La question des otages reste le nœud gordien du conflit. Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui avait entraîné la capture de plus de 250 personnes, les négociations pour leur libération ont été marquées par des avancées limitées et des revers fréquents. Parmi les otages encore détenus, la situation d’Edan Alexander, un jeune Américano-Israélien, cristallise l’attention aux États-Unis. Ses parents, Adi et Yael Alexander, ont assisté à l’allocution de Trump devant le Congrès le 4 septembre, un geste symbolique visant à maintenir la pression sur le Hamas.

Le sort des otages est également utilisé par les deux camps comme un levier politique. Pour le Hamas, leur détention constitue un moyen de pression pour obtenir la libération de milliers de prisonniers palestiniens, dont certains sont incarcérés depuis des décennies. Pour Israël, la récupération des otages est une priorité nationale, mais Netanyahou fait face à une opinion publique divisée, entre ceux qui exigent un accord immédiat et ceux qui soutiennent une ligne dure contre le Hamas. Trump, en s’impliquant directement, tente de capitaliser sur cette question pour renforcer son image de leader décisif, tout en évitant de s’aliéner ses alliés régionaux.

Une région sous haute tension

L’escalade des menaces américaines s’inscrit dans un contexte régional explosif. Les frappes israéliennes à Gaza, qui ont fait plus de 1 200 morts depuis début août 2025, ont ravivé les tensions avec le Hezbollah au Liban, qui a intensifié ses tirs de roquettes en solidarité avec le Hamas. Le 7 septembre, une attaque du Hezbollah sur le nord d’Israël a blessé deux civils, provoquant des frappes de représailles israéliennes sur le sud du Liban. Ces incidents font craindre une régionalisation du conflit, dans une zone où l’Iran, la Syrie et d’autres acteurs jouent un rôle déterminant.

Par ailleurs, la crise humanitaire à Gaza continue de s’aggraver. Selon l’UNRWA, plus de 80 % de la population de l’enclave dépend de l’aide internationale, tandis que les bombardements ont détruit près de 60 % des infrastructures civiles. Le 8 septembre, une nouvelle frappe israélienne à Rafah, dans le sud de Gaza, a tué cinq personnes, selon les autorités locales, illustrant la difficulté de concilier les objectifs militaires avec la protection des civils. Dans ce climat, les efforts diplomatiques américains, bien que louables, semblent fragilisés par l’intransigeance des deux parties.

Les défis d’une sortie de crise

Alors que les hostilités se poursuivent, la proposition américaine d’échange de prisonniers reste suspendue à l’acceptation du Hamas et à la volonté d’Israël de s’engager dans une trêve durable. Les déclarations de Trump, bien que médiatisées, n’ont pas encore produit de résultats concrets, et les analystes s’interrogent sur leur impact réel. « Les menaces de Trump n’ont eu que peu d’effet sur le Hamas, qui sait que sa survie dépend de sa capacité à résister », estime Guy Ziv, professeur à l’American University. De son côté, le Hamas continue de conditionner toute libération d’otages à des concessions majeures, rendant l’équation diplomatique particulièrement complexe.

Dans l’immédiat, la situation à Gaza reste marquée par une violence incessante et un coût humanitaire exorbitant. Les efforts de médiation, portés par Washington, l’Égypte et le Qatar, se heurtent à des divergences fondamentales entre les parties. Alors que Trump multiplie les ultimatums, la perspective d’un cessez-le-feu durable semble s’éloigner, laissant les otages et la population civile dans une attente angoissante.

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