Les tensions persistent au Liban sud avec une série d’opérations militaires israéliennes qui mettent en lumière les fragilités du cessez-le-feu de novembre 2024. Ce matin, un drone israélien a visé une voiture près de l’université de Venise, sur l’autoroute reliant Zahrani à Tyr, un axe routier essentiel pour les déplacements locaux et le commerce côtier. Cet incident, rapporté à 9h32 par l’Agence nationale d’information (ANI), s’inscrit dans une vague d’actions qui interrogent le respect des engagements internationaux et soulèvent des inquiétudes sur la stabilité régionale. Les autorités libanaises ont documenté plus de 2 000 violations israéliennes de la souveraineté libanaise au cours du dernier trimestre de 2025, incluant des survols aériens, des infiltrations terrestres et des frappes ciblées.
Cet épisode survient dans un contexte où les forces israéliennes maintiennent une présence dans cinq positions au sud du Liban, malgré les obligations de retrait stipulées par la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. Adoptée en 2006 pour mettre fin à la guerre de cet été-là, cette résolution prévoit le déploiement exclusif de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) au sud du Litani, ainsi que le désarmement des groupes non étatiques. Pourtant, les incursions récurrentes, comme celles signalées ce matin à Aita al-Shaab, indiquent un non-respect persistant de ces termes. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré en janvier 2026 que ces violations « sapent les efforts de paix et risquent de replonger la région dans un cycle de violence », appelant à une désescalade immédiate.
Incursion nocturne à Aita al-Shaab
À l’aube, vers 8h52, une force israélienne a infiltré la localité d’Aita al-Shaab, dans le district de Nabatiyeh, pour poser des explosifs dans une maison résidentielle et la détruire. Cette opération, menée sous couvert de l’obscurité, illustre les méthodes d’intrusion employées par les forces israéliennes ces derniers mois. Aita al-Shaab, située sur la ligne bleue – la frontière délimitée par l’ONU –, compte une population majoritairement chiite et a été le théâtre de multiples affrontements depuis octobre 2023. Les débris de la maison détruite ont endommagé des propriétés voisines, obligeant plusieurs familles à se déplacer temporairement vers Nabatiyeh ou Beyrouth.
Cette destruction s’ajoute à une série d’incidents similaires. En décembre 2025, une opération comparable avait visé une habitation à Houla, à environ 1 600 mètres à l’intérieur du territoire libanais. Le porte-parole de l’armée libanaise a qualifié ces actions de « violations flagrantes de la souveraineté nationale », soulignant que les forces libanaises surveillent étroitement la ligne bleue. La Finul, avec plus de 10 000 casques bleus, a rapporté une multiplication par trois des survols de drones et des infiltrations terrestres depuis le cessez-le-feu. Un rapport intérimaire de la Finul en janvier 2026 note que ces activités non autorisées compliquent les patrouilles conjointes et les efforts de stabilisation.
Les implications pour les communautés locales sont significatives. Aita al-Shaab dépend de l’agriculture, avec ses oliveraies et routes étroites servant de lifeline économique. La destruction d’une maison perturbe non seulement les structures physiques mais aussi les liens sociaux, forçant les habitants à évacuer vers des zones plus sécurisées. Des témoins ont décrit l’explosion comme un « bruit assourdissant », suivi d’une fumée épaisse enveloppant le village. Le ministère libanais de la Santé, dirigé par Rakan Nassreddine, a confirmé que, bien que cet incident n’ait pas causé de victimes directes, les effets psychologiques cumulés affectent particulièrement les enfants et les personnes âgées. En janvier 2026, des frappes similaires à Doueir et Harouf ont blessé plusieurs civils, selon des bilans officiels.
Bombes sonores sur Aita al-Shaab
Peu avant 9 heures, à 8h46, un drone israélien a largué trois bombes sonores sur Aita al-Shaab, visant le centre du village. Ces dispositifs non létaux produisent un bruit intense destiné à désorienter et à semer la panique, sans causer de dommages physiques directs. Larguées près de zones résidentielles, elles ont provoqué des réactions de peur parmi la population, forçant les habitants à se confiner chez eux. Cette tactique psychologique renforce le sentiment d’insécurité dans une localité déjà marquée par les destructions récentes.
Cette pratique est récurrente dans le conflit. En janvier 2026, des bombes sonores ont été signalées à Khiam et Maroun al-Ras. Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, a affirmé lors d’une conférence de presse à Beyrouth que ces actes « visent à intimider les civils et contredisent les engagements internationaux ». La résolution 1701 interdit toute activité hostile au sud du Litani, y compris les survols aériens non autorisés. Le commandant de la Finul, le général Aroldo Lázaro Sáenz, a réitéré en février 2026 que les forces onusiennes documentent chaque violation pour informer le Conseil de sécurité, soulignant la nécessité d’un mécanisme de surveillance renforcé.
Les effets sur la vie quotidienne sont palpables. Les écoles d’Aita al-Shaab ont fermé temporairement après l’incident, et les agriculteurs hésitent à travailler leurs champs par crainte de nouveaux survols. Un habitant local a décrit le bruit comme « un coup de marteau sur l’âme », illustrant l’impact psychologique. Ces tactiques s’inscrivent dans une stratégie où Israël justifie ses actions par la nécessité de contrer les menaces du Hezbollah, bien que le groupe ait adopté une posture défensive depuis le cessez-le-feu.
Escalade sur l’autoroute côtière
L’attaque sur l’autoroute Zahrani-Tyr marque un pic dans les opérations aériennes. À 9h32, le drone a visé un véhicule près de l’université de Venise, un établissement éducatif fréquenté par des étudiants régionaux. Cet axe relie Tyr et Saïda, servant de corridor vital pour le transport de biens et de personnes. Des images montrent un véhicule endommagé, avec des débris sur la chaussée, interrompant temporairement le trafic.
Cet incident rappelle d’autres frappes sur des véhicules. En janvier 2026, une attaque similaire à Tyr a tué une personne et blessé deux autres, selon le ministère de la Santé. L’armée israélienne a revendiqué cibler un membre du Hezbollah, mais les autorités libanaises contestent, insistant sur le caractère civil. Le porte-parole du gouvernement libanais a déclaré que ces attaques indiscriminées violent le droit international humanitaire, appelant à une intervention internationale. La Finul a déployé des patrouilles supplémentaires le long de l’autoroute pour évaluer les dommages.
Les conséquences économiques sont immédiates. L’autoroute dessert des zones industrielles comme la raffinerie de Zahrani, cruciale pour l’énergie libanaise. Toute perturbation aggrave la crise économique, marquée par une inflation élevée et des pénuries. Des commerçants ont rapporté des pertes dues à l’arrêt du trafic, tandis que les hôpitaux de Tyr se préparent à recevoir des blessés. Un communiqué de l’ONU indique que les frappes sur infrastructures civiles compliquent les efforts humanitaires, avec plus de 64 000 Libanais déplacés un an après le cessez-le-feu.
Dynamiques régionales et rôle de la Finul
Ces incidents s’inscrivent dans un cadre géopolitique où le Liban sud est théâtre de rivalités impliquant Israël, le Hezbollah et l’Iran. Depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, Israël a intensifié ses opérations, justifiant des frappes préventives contre des reconstructions d’infrastructures militaires. Le Hezbollah, affaibli par les pertes de 2024, maintient une rhétorique défensive. Son secrétaire général, Naim Qassem, a affirmé en janvier 2026 que le Liban ne cherchera pas l’escalade mais répondra à toute agression.
La Finul joue un rôle central. Avec ses patrouilles le long de la ligne bleue et les dialogues tripartites entre l’armée libanaise, les forces israéliennes et l’ONU, elle facilite la coordination. En février 2026, la force a rapporté des destructions de biens civils à Aita al-Shaab, appelant à une enquête indépendante. Le Conseil de sécurité a prolongé le mandat de la Finul jusqu’en août 2026, insistant sur le déploiement complet de l’armée libanaise au sud.
Les implications sécuritaires sont critiques. Les incursions risquent de raviver des alliances, avec l’Iran limitant son soutien au Hezbollah en raison de crises internes. Les États-Unis, pressant le Liban à désarmer le Hezbollah, ont médiatisé le cessez-le-feu, mais les violations compliquent les négociations. Un diplomate onusien a déclaré que sans respect mutuel des frontières, la paix reste fragile.
Violations persistantes et impacts humanitaires
Au-delà des incidents spécifiques, les violations incluent des survols quotidiens de drones et des tirs d’artillerie. En janvier 2026, des frappes à Doueir et Harouf ont tué un commandant du génie du Hezbollah et blessé des civils. Ces actions visent à empêcher la reconstruction, mais affectent le retour des déplacés. Plus de 64 000 Libanais restent hors de leurs foyers.
Les autorités libanaises ont déposé une plainte à l’ONU en janvier 2026, documentant des attaques sur Bouslaiya et Aita al-Shaab. Le ministère de la Santé rapporte plus de 4 000 morts et 17 000 blessés depuis octobre 2023, avec des hôpitaux comme celui de Tyr surchargés. Des aides humanitaires, coordonnées par l’ONU, incluent des kits psychologiques pour les enfants exposés aux bombes sonores.
Dans les zones touchées, la vie s’adapte difficilement. À Zahrani, les résidents renforcent leurs abris, tandis qu’à Aita al-Shaab, les agriculteurs travaillent sous surveillance aérienne. Un rapport de la Banque mondiale estime les dommages à des milliards, aggravant la dette libanaise. Le gouvernement, sous le Premier ministre Nawaf Salam, a alloué des fonds d’urgence pour la reconstruction, mais les incursions freinent les progrès.
Les événements de ce matin suivent un pattern : infiltrations à l’aube, suivies de frappes aériennes. À Rub Thalatheen, une personne a été tuée en janvier 2026 dans une frappe similaire. L’armée libanaise a renforcé ses positions, avec des exercices conjoints avec la Finul. Des sources gouvernementales indiquent des discussions diplomatiques pour renforcer la surveillance.
Impacts immédiats sur les infrastructures frontalières
Les frappes récentes ont endommagé routes et bâtiments essentiels. Sur l’autoroute Zahrani-Tyr, le trafic a repris partiellement, mais avec des contrôles accrus. À Aita al-Shaab, les débris bloquent des chemins ruraux, compliquant l’accès aux champs. Des équipes de déminage de la Finul inspectent les sites pour éliminer les explosifs résiduels.
En février 2026, des attaques sur des excavatrices à Mazra’at Aboudiyeh illustrent les efforts pour empêcher la réparation des dommages de guerre. Le ministère des Travaux publics, dirigé par un ministre technocrate, rapporte des retards dans les projets routiers, affectant le commerce côtier. Des civils blessés dans des frappes à Ebba et Harouf reçoivent des soins à Nabatiyeh, où les hôpitaux signalent une pénurie de médicaments.
Ces développements, incluant survols et explosions, maintiennent la région en alerte, avec des patrouilles onusiennes augmentées pour monitorer les mouvements transfrontaliers.



