samedi, février 21, 2026

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Venezuela : le raid américain, le réflexe chinois de sécurisation — et l’Iran comme assurance énergétique

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La scène a la brutalité des ruptures géopolitiques qui reconfigurent d’un seul coup des années de rapports de force feutrés. Samedi 3 janvier 2026, Donald Trump a revendiqué une opération militaire américaine de grande ampleur au Venezuela et affirmé que Nicolás Maduro et son épouse avaient été capturés puis évacués par avion. Plusieurs médias internationaux ont fait état d’explosions à Caracas, de coupures d’électricité et d’un climat de sidération, tandis que Caracas dénonçait une agression et contestait la version américaine. L’événement, sur le papier, relève d’abord du registre militaire et diplomatique. Dans les faits, il est déjà un choc économique.

Parce que le Venezuela est l’un de ces pays où l’économie n’est pas un secteur parmi d’autres mais une mécanique de survie : une rente, des flux, des devises, et tout un édifice social suspendu au bon fonctionnement d’un nombre limité d’infrastructures. Quand le sommet de l’État est contesté, quand la sécurité devient incertaine, quand l’administration se fige, ce n’est pas seulement la politique qui vacille ; c’est la capacité même à exporter et à encaisser qui se fragilise. Or, au Venezuela, exporter signifie essentiellement exporter du pétrole. Et exporter du pétrole signifie, en 2026, le faire dans un univers saturé de sanctions, d’intermédiaires, de rabais, de contrats d’assurance plus chers et de routes maritimes politiquement conditionnées.

Le choc, surtout, n’est plus seulement vénézuélien. Il est chinois. Le point déterminant des dernières années, souvent mal compris en Europe, est le déplacement du centre de gravité : la Chine est devenue le principal débouché des barils vénézuéliens. Les derniers ordres de grandeur disponibles avant l’opération situaient les exportations vénézuéliennes autour de 921 000 barils par jour en novembre 2025, et la Chine en absorberait environ 80% via des circuits directs ou indirects. Autrement dit, toute perturbation de la rente vénézuélienne n’est pas seulement un problème de Caracas ; c’est un problème d’approvisionnement pour Pékin, donc un moteur potentiel de réajustement mondial.

Ce réajustement prend une forme prévisible : la sécurisation. Dans un monde où des barils deviennent “interdictibles” non par manque physique, mais par la capacité d’un acteur à bloquer une transaction, à saisir un navire, à menacer un assureur ou à dissuader une banque, une grande puissance importatrice n’attend pas. Elle diversifie, elle stocke, elle change de routes, elle accepte des circuits plus risqués si cela garantit la continuité. Et c’est ici que surgit l’Iran, non pas comme un détail marginal, mais comme une option structurante : l’Iran est l’un des rares grands fournisseurs capables d’offrir des volumes significatifs à prix décoté dans des circuits déjà éprouvés vers l’Asie, en dépit des sanctions.

Le problème est que l’Iran, en ce début janvier, est lui-même un foyer de tension : protestations sur fond d’effondrement du rial, inflation, affrontements avec les forces de sécurité, morts et arrestations. Certaines estimations relayées par plusieurs médias mentionnent un rial tombé vers 1,4 million pour un dollar, et une flambée des prix alimentaires. Cette simultanéité donne à la crise vénézuélienne une dimension supplémentaire : la Chine peut être tentée de s’assurer via l’Iran au moment où l’Iran devient plus instable, et où la confrontation verbale avec Washington se durcit. Le pétrole, comme toujours, n’est pas seulement un prix ; c’est une chaîne logistique, un système de finance, et un test de puissance.

Le Venezuela : un choc politique qui devient immédiatement un choc de flux

On peut débattre de la légalité, de la doctrine, de l’objectif final. Mais l’économie vénézuélienne, elle, ne débat pas : elle réagit. Dans un pays où l’État est présent partout et efficace nulle part, la moindre rupture de commandement se traduit par une rupture d’exécution. Qui contrôle les ports ? Qui sécurise les terminaux ? Qui assure la continuité de l’électricité, des télécommunications, des routes ? Qui signe les autorisations ? Qui encadre l’armée et les forces de sécurité ? Qui arbitre les conflits entre factions ? Ces questions, dans une économie normale, relèvent de l’invisible. Au Venezuela, elles déterminent le prix du carburant, la capacité à importer des médicaments, et l’équilibre social.

Le premier canal de transmission est monétaire. Une économie fragilisée se dollarise davantage dès que l’incertitude explose. La demande de devise augmente, la liquidité domestique se raréfie, les primes de risque s’élargissent. Le deuxième canal est logistique : si les entreprises et les administrations ralentissent, si les routes deviennent dangereuses, si les ports se rigidifient, l’importation ralentit, et l’inflation accélère. Le troisième canal est social : plus les prix montent, plus les pénuries apparaissent, plus la contestation se nourrit d’elle-même.

Or l’amortisseur traditionnel du Venezuela – la rente pétrolière – est précisément ce que l’événement fragilise. Le pays ne vit pas d’une industrie diversifiée ; il vit d’un flux de barils convertis en devises. Quand ce flux est incertain, le pays entre en apnée.

Le pétrole vénézuélien : une industrie de continuité fragile, une rente décotée

Il faut regarder le Venezuela tel qu’il est aujourd’hui : un producteur qui a perdu une grande partie de sa capacité, mais qui exporte encore des volumes significatifs, surtout sous forme de bruts lourds et extra-lourds. Ce pétrole n’est pas qu’un chiffre : il suppose des mélanges, des intrants, des diluants, des infrastructures de traitement. Et dans un pays sous sanctions, chaque intrant devient un casse-tête.

Le Venezuela, pour exporter des grades vendables, dépend d’une logistique d’approvisionnement en diluants. Des informations récentes expliquaient que des importations de diluants avaient permis à PDVSA de maintenir des flux en compensant des problèmes sur certains équipements. En clair : la continuité n’est pas garantie par la seule production, mais par la capacité à faire fonctionner une chaîne entière.

S’ajoute un fait économique majeur : le baril vénézuélien est un baril “à risque”, donc un baril souvent vendu avec rabais. Le mécanisme est simple. Plus le risque juridique et logistique augmente, plus le coût total augmente : coût d’assurance, coût de fret, coût de financement, coût de discrétion. Plus le coût total augmente, plus l’acheteur exige une décote. Cette décote n’est pas un détail : c’est une ponction directe sur les recettes de l’État.

Ces dernières semaines, la pression américaine sur les circuits de contournement s’est intensifiée. Des informations ont fait état de saisies ou d’interceptions, et de contrats maritimes devenus plus chers parce que les armateurs intègrent des clauses spécifiques liées aux risques d’incident ou de saisie près des côtes vénézuéliennes. C’est ainsi qu’une sanction “théorique” devient une sanction “réelle” : non pas parce qu’elle empêche toute vente, mais parce qu’elle rend chaque vente plus chère, plus lente, plus incertaine.

Le raid militaire du 3 janvier ajoute une couche de risque. Il ne faut pas imaginer une destruction massive d’infrastructures pour comprendre l’impact : un simple ralentissement des terminaux, une insécurité autour des ports, une hésitation des personnels, des retards de documentation, une panne électrique prolongée, et les chargements s’espacent. Or, dans une économie où les devises sont rares, quelques jours de ralentissement peuvent suffire à réactiver une spirale inflationniste et sociale.

Le baril au plus récent : des prix bas, un marché persuadé du “surplus”

L’événement se produit alors que le pétrole évolue sur des niveaux relativement bas. Les derniers prix consolidés disponibles avant l’opération correspondent à la séance de vendredi 2 janvier 2026 : le WTI autour de 57,32 dollars et le Brent autour de 60,75 dollars. On est loin d’un baril à 100 dollars, loin d’une panique. Et cette apparente froideur raconte quelque chose de l’état du marché : l’idée dominante, en ce début d’année, est celle d’une offre mondiale confortable, voire excédentaire.

Les débats entre institutions le reflètent. L’Agence internationale de l’énergie évoque un surplus en 2026 – révisé récemment autour de 3,84 millions de barils par jour – et souligne l’existence de “marchés parallèles” où l’offre de brut peut être abondante tandis que certains produits raffinés restent sous tension. D’autres acteurs, notamment au sein de l’OPEP, défendent une lecture plus équilibrée.

Ce contexte explique pourquoi un choc politique majeur ne se traduit pas toujours immédiatement par une flambée. Tant que le marché croit que les barils perdus sont substituables et que l’équilibre global reste confortable, la prime de risque demeure contenue.

Mais cette logique a une faille : le pétrole n’est pas seulement un volume global. Il est une qualité, une route, une capacité de raffinage, un système d’assurance, un circuit de paiement. On peut avoir une abondance de brut et, simultanément, une pénurie de brut “livrable” dans des conditions normales. C’est précisément ce que les crises géopolitiques rendent visible : elles ne créent pas toujours une pénurie physique ; elles créent une pénurie de fluidité.

La Chine, centre de gravité : quand le Venezuela devient un problème asiatique

Le point décisif est là : les barils vénézuéliens se sont déplacés vers l’Asie. Les ordres de grandeur récents indiquent qu’en novembre, sur environ 921 000 barils par jour exportés, la Chine aurait absorbé près de 80%, via des intermédiaires. Les États-Unis, dans ce schéma, ne reçoivent qu’une fraction, notamment via des mécanismes encadrés liés à certains acteurs autorisés.

Ce n’est pas un détail : cela signifie que la crise vénézuélienne est un choc potentiellement direct sur une partie de l’approvisionnement chinois. La Chine peut l’absorber ; elle a des stocks et une diversité de fournisseurs. Mais elle n’aime pas les points de vulnérabilité. Et la vulnérabilité, ici, n’est pas le volume en soi ; c’est la possibilité qu’un flux devienne soudainement trop risqué à transporter ou à encaisser.

Une grande puissance importatrice dispose alors de trois réflexes : renforcer les stocks, diversifier les sources, sécuriser des circuits alternatifs. Les deux premiers réflexes sont relativement consensuels. Le troisième est politiquement explosif, parce qu’il passe par des barils “à risque”, mais il est économiquement rationnel dès lors que l’objectif est la continuité.

C’est ici qu’intervient l’Iran.

L’Iran comme assurance énergétique : la tentation d’un flux décoté, le coût d’une friction accrue

L’Iran, malgré les sanctions, demeure un fournisseur capable d’écouler des volumes significatifs, notamment vers l’Asie. La réalité du commerce pétrolier de 2026, c’est l’existence de circuits de contournement où des barils sous sanctions se vendent avec rabais, au prix d’une logistique plus opaque et plus coûteuse. Dans ces circuits, la Chine joue un rôle central : elle est, de fait, le débouché majeur des barils iraniens exportés.

Les estimations varient selon les méthodes de suivi, mais plusieurs ordres de grandeur circulent : des chargements iraniens proches de 1,9 million de barils par jour sur des périodes récentes et des arrivées en Chine dépassant souvent le million de barils par jour. L’important n’est pas le chiffre exact à l’unité près ; c’est la capacité structurelle : l’Iran peut absorber une partie d’un choc vénézuélien, à condition que Pékin accepte la friction politique.

Pourquoi cette option est-elle “logique” dans une lecture réaliste ? Parce qu’elle coche les cases de la sécurisation : volumes, rabais, circuits déjà éprouvés, et possibilité de diluer le risque par la complexité logistique. C’est une assurance par la redondance.

Ce choix a une facture. Plus la Chine renforce sa dépendance à des barils sanctionnés, plus elle s’expose à un raidissement occidental via des instruments indirects : sanctions secondaires, pressions sur les assureurs, sur les banques, sur les armateurs, sur les ports. C’est la grande mutation de la coercition énergétique moderne : la puissance ne se mesure pas seulement en contrôle physique des mers ; elle se mesure en contrôle des règles financières, juridiques et assurantielles qui permettent au commerce maritime de fonctionner.

L’Iran “aujourd’hui” : une assurance qui se fragilise au moment où elle devient utile

La difficulté est que l’Iran, en ce début janvier, est lui-même traversé par une crise interne. Plusieurs médias rapportent depuis la fin décembre une vague de protestations nourries par l’effondrement du pouvoir d’achat, la chute de la monnaie, l’inflation, avec des affrontements et des morts. Des estimations évoquent un rial tombé vers 1,4 million pour un dollaret une hausse très forte des prix alimentaires sur un an.

Ce contexte pèse sur l’énergie mondiale pour deux raisons. D’abord, parce qu’il augmente l’incertitude autour d’un pays qui est déjà un fournisseur “à risque”. Ensuite, parce qu’il tend à durcir la relation entre Téhéran et Washington : quand une crise interne est interprétée comme une menace existentielle, la tentation est forte de désigner des ennemis extérieurs, de durcir la posture, et de rendre toute négociation plus difficile.

L’effet de système est clair. Si le Venezuela se grippe, la Chine regarde davantage vers l’Iran. Si l’Iran se déstabilise, l’option de substitution devient plus risquée. Les risques cessent d’être indépendants ; ils deviennent corrélés. Et c’est souvent ainsi que le pétrole remonte : pas parce que le monde manque de brut, mais parce que le monde manque de brut “sûr” et de routes “sûres”.

Quand l’histoire s’invite : coercition énergétique et stratégie de provocation

Le parallèle historique mérite d’être formulé avec plus de netteté, quitte à assumer qu’il divise. Beaucoup considèrent que le Japon impérial a été, au moins en partie, poussé vers la guerre lorsque les États-Unis ont durci progressivement l’étau sur l’accès à des ressources vitales – pétrole, financements, matières premières – jusqu’à rendre l’équation stratégique de Tokyo intenable à court terme. Dans cette lecture, le blocus économique n’est pas la cause unique de la guerre, mais un accélérateur : il transforme une rivalité en compte à rebours, parce qu’une puissance dépendante des importations voit son horizon se refermer. D’autres rappellent, à l’inverse, que l’expansionnisme japonais précède l’embargo, que la guerre est déjà en germe dans la logique impériale, et que la contrainte américaine ne fait que révéler le choix fondamental auquel Tokyo s’était lui-même conduit. Le point, ici, n’est pas de trancher le débat moral. Le point est de saisir la mécanique : quand l’accès à l’énergie et aux matières premières devient une question d’existence stratégique, l’économie cesse d’être un simple terrain de sanctions et devient un terrain de décisions extrêmes.

C’est précisément ce que suggère, en filigrane, la séquence qui s’ouvre avec le Venezuela. Le raid américain ne menace pas seulement un régime : il rappelle qu’un flux pétrolier peut être rendu plus difficile à transporter, à assurer, à financer, voire à saisir. Et face à ce type de signal, une grande puissance importatrice n’a pas qu’un réflexe défensif. Elle peut aussi chercher l’initiative, non pas parce qu’elle veut la crise, mais parce qu’elle veut renverser le rapport de coûts : faire payer à l’adversaire le prix de l’escalade, l’obliger à dévoiler sa main, l’entraîner sur un terrain où la réaction américaine devient plus coûteuse politiquement, économiquement et militairement.

Dans cette logique, la Chine pourrait être tentée de sécuriser son accès au pétrole de deux manières complémentaires. La première est la plus évidente : renforcer ses circuits d’approvisionnement par des fournisseurs politiquement contestés mais disponibles, au premier rang desquels l’Iran. Le calcul est froid : si certains barils deviennent interdictibles parce qu’ils passent par des canaux contrôlables, Pékin consolide des canaux alternatifs, diversifie les routes, multiplie les intermédiaires, accepte une part de risque, et transforme le rabais du baril sanctionné en avantage économique. C’est une assurance par la redondance.

La seconde manière est plus stratégique : déplacer la confrontation là où la dépendance n’est plus celle du pétrole, mais celle de la technologie. Car l’énergie n’est plus le seul goulet d’étranglement : les semi-conducteurs avancés, certains matériaux critiques et la chaîne de valeur des technologies de pointe sont devenus des leviers comparables à ce que fut le pétrole au siècle dernier. Si Pékin estime que Washington construit un dispositif destiné à restreindre l’accès chinois à des ressources jugées vitales – énergétiques ou technologiques –, la tentation peut être de répondre en créant, à son tour, une zone de vulnérabilité pour les États-Unis et leurs alliés.

C’est ici que Taïwan entre dans le tableau, non pas comme une conséquence automatique, mais comme un théâtre où l’énergie et la technologie se rejoignent. Taïwan concentre une part décisive de la production mondiale de puces avancées. Dans un scénario de raidissement durable, la pression sur Taïwan peut devenir pour Pékin un levier de négociation ou de dissuasion, et une manière de “forcer” Washington à réagir sur un terrain coûteux. La crise ne serait plus seulement “poussée” par les États-Unis vers la Chine ; elle pourrait être “poussée” par la Chine vers les États-Unis, précisément pour tester les lignes rouges, fragmenter les coalitions, et rendre l’escalade plus chère pour l’adversaire. L’offensive, dans ce cas, n’est pas nécessairement militaire au départ : elle peut être industrielle et technologique, une guerre de restrictions, de matériaux, de contrôles d’exportation, de pressions sur les chaînes d’approvisionnement, et de démonstrations de force calibrées.

Ce qui rend la séquence actuelle plus instable encore, c’est l’Iran. Car si Pékin renforce son “assurance” pétrolière en s’appuyant davantage sur le brut iranien, il le fait au moment où l’Iran traverse une agitation sociale et politique. Le résultat est une addition dangereuse : Venezuela perturbé, Iran instable, Chine en mode sécurisation, États-Unis en posture de coercition. Dans ce contexte, le pétrole peut rester bas tant que le monde croit à un surplus abstrait ; mais la prime de risque peut ressurgir dès que la livraison, l’assurance, le financement ou la stabilité d’un des nœuds se dégradent.

Le monde du pétrole entre dans une ère de “barils différenciés”

Le grand enseignement de cet épisode est peut-être là : le monde du pétrole n’est plus un monde où les barils sont strictement interchangeables. Il devient un monde où les barils sont différenciés par leur risque politique et logistique. Un baril vénézuélien, un baril iranien, un baril russe ne se paient pas seulement en dollars ; ils se paient en frictions, en détours, en assurances, en rabais, en discrétion.

Le raid américain au Venezuela a mis en lumière cette réalité. Il touche un pays dont l’économie est suspendue à l’exportation pétrolière. Il survient alors que le marché, paradoxalement, affiche des prix bas, comme s’il croyait à un surplus durable. Il place la Chine face à un choix : accepter la vulnérabilité, ou sécuriser — y compris via l’Iran — au prix d’une hausse du risque géopolitique et d’une fragmentation plus marquée du commerce mondial.

La suite se jouera moins dans les discours que dans les faits. Les marchés observeront d’abord la continuité des chargements vénézuéliens : terminaux, sécurité, capacité de PDVSA à maintenir ses intrants, absence de paralysie administrative. Ils regarderont ensuite l’attitude américaine : s’agit-il d’un coup ponctuel ou d’un durcissement durable sur les circuits maritimes et financiers ? Enfin, ils surveilleront le comportement chinois : stocks, redirection des achats, intensification éventuelle des flux en provenance de fournisseurs contestés, au premier rang desquels l’Iran, et durcissement potentiel du bras de fer technologique autour des semi-conducteurs et de Taïwan.

Le paradoxe de ce début 2026 est donc clair. Le pétrole n’est pas cher, et le monde parle de surplus. Pourtant, une partie du pétrole circule déjà dans une économie de contournement, et cette économie dépend d’éléments qui ne se mesurent pas en barils, mais en capacité d’assurer, de financer, de transporter sans être bloqué. Le Venezuela est l’étincelle. La Chine est l’amplificateur potentiel. L’Iran est l’assurance la plus tentante — et la plus dangereuse. Dans cet équilibre fragile, le pétrole ne remontera pas forcément parce que le monde manque de pétrole. Il remontera si le monde manque de pétrole sûr, et si la sécurité, une fois de plus, devient la marchandise la plus chère.

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