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Conseil des ministres à Beyrouth : Nawaf Salam ordonne l’expulsion des éléments des Gardiens de la révolution iraniens présents au Liban

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Beyrouth, le 5 mars 2026 à 14 h 38. Au sortir de la session du Conseil des ministres présidée par Nawaf Salam dans les locaux du gouvernement, le ministre de l’Information, l’avocat Paul Marqos, a délivré une déclaration officielle claire et sans ambiguïté. Le Premier ministre a demandé que soient prises « les mesures nécessaires pour empêcher toute activité militaire ou de sécurité menée par des éléments des Gardiens de la révolution iraniens au Liban en vue de leur expulsion ». Cette instruction, formulée en pleine escalade régionale, intervient au sixième jour d’un conflit qui a déjà coûté la vie à 77 Libanais et fait 527 blessés, selon le dernier bilan du ministère de la Santé publique diffusé quelques heures plus tôt par l’Agence nationale d’information.

La décision, rendue publique par le ministre Paul Marqos lui-même, marque une nouvelle étape dans la volonté affichée du gouvernement Salam de préserver la souveraineté libanaise et de maintenir une stricte neutralité face à la guerre qui oppose les États-Unis, Israël et l’Iran depuis le 28 février. Elle s’inscrit dans un contexte où le Liban subit de plein fouet les répercussions d’un affrontement qu’il n’a pas initié et dont il tente, par tous les moyens institutionnels, de limiter les dommages.

Une ligne de fermeté face aux accusations de collaboration avec Israël

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Le ministre de l’Information a ensuite rapporté les propos tenus en séance par le Premier ministre. Nawaf Salam a explicitement réagi aux accusations portées la veille contre son gouvernement. « Le Premier ministre a souligné qu’il avait entendu hier ceux qui accusaient le gouvernement libanais d’être d’accord avec les demandes israéliennes et de l’accuser de mettre en œuvre des décisions israéliennes », a déclaré Paul Marqos. Il a ajouté que le chef du gouvernement « ne pouvait pas se taire sur cette discussion ».

Nawaf Salam a qualifié ces attaques de « péché » commis par ceux qui ont plongé le Liban dans des répercussions « que nous étions indispensables ». Il a dénoncé les « mots de trahison » comme « non courageux », « irresponsables » et « incitant à la sédition ». Ces termes, rapportés mot pour mot par le ministre de l’Information, traduisent une exaspération palpable au plus haut niveau de l’État face à une campagne de discrédit qui vise à affaiblir l’autorité centrale au moment où le pays traverse l’une des crises les plus graves de son histoire récente.

Le bilan humain s’alourdit : 77 morts et 527 blessés en cinq jours

Cette fermeté politique intervient alors que le ministère de la Santé publique a actualisé, quelques heures plus tôt, le bilan des victimes de l’agression israélienne. Depuis l’aube du lundi 2 mars, 77 personnes ont perdu la vie et 527 ont été blessées dans les raids aériens et les opérations terrestres limitées qui frappent le sud du Litani, la Békaa, la banlieue sud de Beyrouth et plusieurs localités du Mont-Liban. Trois décès supplémentaires ont été enregistrés sur la route menant à l’aéroport international Rafic Hariri, où deux véhicules civils ont été touchés.

Parmi les localités les plus durement frappées figurent Nabatiyé, où le maire d’un village et son épouse ont péri, Toul avec sept morts dans une même famille, Baalbek avec cinq morts et quinze blessés dans l’effondrement d’un immeuble, et Tyr où neuf blessés ont été dénombrés après une frappe sur des générateurs électriques. Le ministère insiste sur le fait que la grande majorité des victimes sont des civils, dont de nombreux déplacés tentant de fuir vers le nord.

83 847 personnes déplacées : l’exode massif provoqué par l’ordre israélien d’évacuation

Parallèlement, le ministère des Affaires sociales a confirmé que 83 847 personnes, soit 18 033 familles, sont désormais enregistrées dans les centres d’hébergement collectifs. Ce chiffre, en augmentation constante, résulte directement de l’ordre d’évacuation totale diffusé mercredi 4 mars par l’armée israélienne via son porte-parole arabophone. L’injonction concerne l’ensemble du territoire situé au sud du fleuve Litani, soit environ 832 kilomètres carrés, de Tyr à Qasmié, englobant des villes comme Bint Jbeil, Nabatiyé et Marjeyoun.

Les routes vers Saïda, Beyrouth et la Békaa sont saturées de convois de voitures chargées de matelas et de biens essentiels. Plus de 300 centres d’accueil, dont de nombreuses écoles publiques, ont été activés en urgence. L’Unicef a alerté sur la présence de plus de 12 000 enfants parmi les déplacés, exposés à des risques sanitaires accrus dans des structures souvent surpeuplées. Des distributions de matelas, d’eau et de repas chauds sont en cours, mais les capacités restent limitées.

Opérations terrestres israéliennes et violations répétées de la résolution 1701

L’armée israélienne maintient une présence au sol dans plusieurs secteurs. À Khiam, un bataillon s’est positionné après des échanges de tirs. Des unités ont investi temporairement l’hôpital gouvernemental de Meis el-Jabal et entrepris des travaux de terrassement près d’Azraïel, au sud de Kfarchouba. Ces mouvements s’ajoutent aux cinq points fortifiés et deux zones tampons occupés depuis le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, en violation, selon Beyrouth, de la résolution 1701 du Conseil de sécurité.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), forte de plus de 10 000 casques bleus, a documenté des dizaines de nouvelles violations : survols intenses, tirs transfrontaliers et pénétrations terrestres. La mission continue ses patrouilles le long de la Ligne bleue tout en appelant au respect du droit international humanitaire.

Le gouvernement Salam face à la double pression régionale et interne

La décision d’expulser les éléments des Gardiens de la révolution iraniens s’inscrit dans une stratégie plus large de neutralité active. Le Premier ministre Nawaf Salam, qui cumule également les fonctions de ministre de la Défense par intérim depuis la formation de son cabinet en février 2025, a réaffirmé que « la décision de paix ou de guerre relève exclusivement de l’État ». Le ministre de la Justice a ouvert des enquêtes sur les tirs de roquettes partis du territoire libanais, tandis que le ministre de l’Intérieur et des Municipalités, Ahmad Hajjar, a renforcé le déploiement de l’armée et des Forces de sécurité intérieure.

À Baabda, le président Joseph Aoun a présidé un Conseil de défense où les responsables militaires ont présenté un rapport détaillé. L’armée libanaise, malgré ses moyens limités, a repositionné certains postes frontaliers et coordonné avec les autorités syriennes le maintien de l’ordre public dans les zones évacuées.

La crise humanitaire et les défis logistiques immédiats

Les organisations humanitaires sur place, dont le Programme alimentaire mondial, Médecins sans frontières et la Croix-Rouge libanaise, font face à une situation de plus en plus tendue. Les centres d’accueil de Saïda, Beyrouth et la Békaa approchent de la saturation. Les risques de maladies transmissibles augmentent avec la promiscuité, tandis que le manque de médicaments et de soins psychologiques se fait sentir chez les enfants et les personnes âgées.

À Tyr, les coupures d’électricité provoquées par les frappes sur les générateurs compliquent davantage la vie quotidienne. Des routes agricoles et des oliveraies ont été endommagées, compromettant les récoltes à venir dans une région déjà éprouvée par la crise économique chronique depuis 2019.

La diplomatie libanaise et le rôle de la communauté internationale

Le gouvernement a multiplié les contacts avec ses partenaires étrangers. La France, par la voix du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, a condamné les frappes iraniennes tout en appelant à une désescalade et au respect du droit international. Le Conseil de sécurité de l’ONU, saisi de la question, attend le rapport sur la résolution 1701 prévu pour le 10 mars. La coordinatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, et le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, suivent la situation heure par heure depuis Beyrouth et New York.

L’ONU a lancé un appel urgent à la communauté internationale pour financer les abris, les soins médicaux et l’aide alimentaire. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés a indiqué que les camps existants dans la Békaa et le nord étaient déjà saturés par les flux des conflits précédents.

Les répercussions économiques et sécuritaires d’une crise qui s’étend

Le Liban, déjà fragilisé par une crise économique sans précédent depuis 2019, voit ses capacités d’absorption mises à rude épreuve. Les prix des produits de base ont augmenté dans les régions d’accueil. De nombreuses entreprises du Sud ont cessé leurs activités. Le blocage du détroit d’Ormuz, lié à la guerre plus large, accentue encore les pressions sur les importations énergétiques et alimentaires.

Sur le plan sécuritaire, la présence présumée d’éléments des Gardiens de la révolution iraniens est désormais considérée comme incompatible avec la souveraineté libanaise. La mesure demandée par Nawaf Salam vise à éviter toute ingérence extérieure susceptible de transformer le Liban en théâtre secondaire du conflit régional.

La situation sur le terrain ce jeudi 5 mars à 14 h 38

À 14 h 38 ce jeudi 5 mars, les routes du Sud restent encombrées de convois de déplacés tandis que les recherches sous les décombres se poursuivent à Nabatiyé, Baalbek et dans la banlieue sud de Beyrouth. L’armée israélienne maintient son ordre d’évacuation totale au sud du Litani. Les centres d’accueil approchent de la saturation avec 83 847 personnes enregistrées. L’armée libanaise et les Forces de sécurité intérieure assurent le maintien de l’ordre dans les zones évacuées. La Finul observe de nouveaux mouvements de troupes israéliennes près de la Ligne bleue. Le ministère de la Santé compile les données en provenance des hôpitaux, confirmant un bilan cumulé de 77 morts et 527 blessés. Le Conseil des ministres, par la voix du ministre Paul Marqos, a transmis les instructions du Premier ministre Nawaf Salam concernant l’expulsion des éléments des Gardiens de la révolution iraniens, tandis que les opérations militaires israéliennes se poursuivent dans la zone évacuée sans signe d’apaisement immédiat.

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Newsdesk Libnanews
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