L’association Act for the Disappeared a lancé un nouveau site Web en arabe et en anglais afin de recueillir les témoignages des familles des disparus de la guerre civile de 1975 à 1990.

Le site intitulé Fushat Amal est appelé à devenir un espace digital dont l’objectif est de sensibiliser à la question des disparus, la population libanaise et notamment les nouvelles générations qui n’ont pas connu ce conflit. Ce site vise également à redonner une personnalité aux milliers de personnes disparues avec la publication de photographies ou d’histoires personnelles les concernant. Enfin un autre objectif est de restituer une identité et restaurer les droits des victimes et de leurs familles à la vérité et le cas échéant, au deuil.

Un nombre estimé de plus de 17 000 personnes seraient disparues durant le conflit de 1975 à 1990, alors que les autorités libanaises n’ont toujours pas conduit d’enquêtes les concernant au grand désespoir de leurs proches. Après le conflit qui s’est achevé en 1990, une amnésie par rapport à la question aurait frappé la population, accuse l’ONG.

Act for the Disappeared appelle également les autorités libanaises à prendre des mesures concrètes pour résoudre la question, notamment en adoptant des lois nécessaires à la création d’un organisme public indépendant en charge des enquêtes et à mise en place d’une base de donnée concernant les disparus. Ils souhaitent également une sensibilisation accrue des nouvelles générations afin de les mettre en garde contre la répétition de ce genre de tragédies à l’avenir.

Un site ouvert à tous

Le nouveau site Fushat Amal est ouvert aux témoignages des proches, familles et amis des disparus qui souhaitent partager une information ou un témoignage au sujet de ces derniers en créant une page qui est personnelle à chaque dossier. Cependant, il est nécessaire d’avoir le consentement de la famille pour y procéder.

Anti for the Disappeared se chargera de vérifier les informations recueillies avant leur mise en ligne. Ils pourraient ainsi contacter les proches des victimes afin de vérifier ou de compléter les informations obtenues via des parties tierces. Ils ne publieront cependant pas des informations sensibles comme le nom de témoins ou des personnes ayant commis des actes violents lors des disparitions.

En cas d’absence de consentement, si les proches ont tous disparus, l’association se réserve le droit de publier les informations recueillies.

Par ailleurs, les proches déclarés pourront être notifiés de nouvelles informations concernant leurs proches disparus.

Soutenu par différents associations et organismes internationaux dont la délégation de l’Union Européenne au Liban et le Comité International de la Croix Rouge, le site recueille déjà le témoignage concernant 72 disparus.