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Liban : Six combattants du Hezbollah éliminés par Tsahal à Bint Jbeil lors d’un échange de tirs, en pleine trêve prolongée

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Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’armée israélienne a annoncé avoir neutralisé six membres du Hezbollah au cours d’un affrontement direct dans la ville de Bint Jbeil, au sud du Liban. Cet incident, survenu le 24 avril malgré la prolongation de trois semaines de la trêve décidée la veille à Washington, illustre la fragilité persistante du cessez-le-feu entré en vigueur le 16 avril dernier. Les forces de défense israéliennes ont diffusé des images montrant des combattants du mouvement chiite sur un toit, échangeant des tirs avec des troupes de la brigade parachutiste avant d’être ciblés par des frappes précises.

La trêve, initialement conclue pour dix jours sous médiation américaine, a été étendue de trois semaines à l’issue de discussions directes entre délégations libanaise et israélienne à la Maison Blanche. Le président Donald Trump avait alors salué un accord permettant de « protéger le Liban de l’emprise du Hezbollah » tout en maintenant les positions israéliennes dans le sud du pays. Pourtant, les violations réciproques n’ont pas cessé. Le 24 avril, l’armée israélienne a également indiqué avoir frappé des structures militaires du Hezbollah dans les secteurs de Kherbet Selem et Touline, en réponse à des tirs provenant du territoire libanais.

Ces développements interviennent dans un contexte de guerre ouverte depuis le 2 mars 2026, lorsque le Hezbollah a lancé des roquettes en soutien à l’Iran au cœur d’un conflit régional plus large impliquant les États-Unis et Israël. Depuis cette date, plus de 2 450 Libanais ont perdu la vie et près de 7 700 ont été blessés, selon les bilans officiels du ministère libanais de la Santé. Des centaines de milliers de personnes restent déplacées, tandis que de vastes zones du sud du pays, y compris autour de Bint Jbeil – ville symbole de la résistance chiite depuis 2000 –, portent les stigmates de bombardements intensifs et d’opérations terrestres israéliennes.

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Une trêve sous haute tension depuis son entrée en vigueur

La cessation des hostilités du 16 avril avait suscité un espoir prudent à Beyrouth comme à Jérusalem. Elle devait permettre l’ouverture de négociations directes inédites entre les deux pays, sous égide américaine, en vue d’une solution durable conforme à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Israël maintient toutefois une présence militaire au sud du Litani, dans une zone tampon qu’il décrit comme essentielle à sa sécurité, tandis que le Hezbollah conteste toute ingérence étrangère et affirme défendre la souveraineté libanaise.

Dès les premiers jours de la trêve, des accrochages ont été signalés. L’armée israélienne a fait état de multiples tentatives d’infiltration et de tirs de drones ou de roquettes par le Hezbollah. En retour, Tsahal a multiplié les opérations ciblées contre des positions qu’elle qualifie d’infrastructures terroristes. Le 24 avril, l’incident de Bint Jbeil marque une escalade notable : des combattants du Hezbollah ont ouvert le feu sur des soldats israéliens avant d’être éliminés dans un double mouvement – tirs d’infanterie suivis d’une frappe aérienne ou de drone sur le bâtiment où ils s’étaient retranchés.

Le porte-parole de l’armée israélienne a insisté sur le caractère défensif de l’opération : « Nos troupes ont identifié un groupe armé en position de tir et ont agi pour neutraliser la menace immédiate. » Des images diffusées montrent clairement les échanges de feu avant l’impact final. Du côté libanais, aucun communiqué officiel du Hezbollah n’a été publié dans l’immédiat sur cet épisode précis, mais le mouvement a régulièrement dénoncé ces dernières semaines les « violations systématiques » de la trêve par Israël.

Le Premier ministre libanais face aux menaces de guerre civile

Face à cette tension persistante, le Premier ministre Nawaf Salam a réaffirmé la position du gouvernement libanais. Lors d’une déclaration récente, il a souligné que Beyrouth ne se laisserait pas intimider par les menaces récurrentes du Hezbollah d’une possible guerre civile si les négociations avec Israël aboutissaient à un désarmement ou à un retrait forcé des milices. « Nous ne cherchons pas la confrontation, mais nous ne céderons pas à l’intimidation », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité pour l’État libanais de rétablir son autorité sur l’ensemble du territoire, y compris au sud.

Salam, qui dirige un exécutif fragilisé par les divisions confessionnelles héritées de la guerre civile de 1975-1990, voit dans les pourparlers directs avec Israël une voie pour restaurer la souveraineté libanaise et permettre le retour des déplacés. Il a rappelé que le Liban n’avait pas choisi ce conflit et qu’il entendait le résoudre par la diplomatie, en coordination avec les États-Unis et les partenaires internationaux. Ces propos interviennent alors que des voix au sein du Hezbollah accusent le gouvernement de « trahison » pour avoir accepté de s’asseoir à la même table que l’ennemi historique.

L’ONU alerte sur des violations possibles du droit international humanitaire

L’Office des Nations unies pour les droits de l’homme (OHCHR) a publié le 24 avril un rapport documentant des schémas d’attaques qui pourraient constituer de graves violations du droit humanitaire international. Le porte-parole Thameen Al-Kheetan a détaillé plusieurs cas où des frappes israéliennes ont touché des immeubles résidentiels à plusieurs étages au Liban, entraînant la mort de familles entières. « Ces opérations soulèvent de sérieuses questions quant au respect du principe de proportionnalité et de distinction entre civils et combattants », a-t-il indiqué.

L’ONU a également examiné les tirs de roquettes du Hezbollah vers le nord d’Israël, souvent non guidés et dirigés vers des zones habitées. Ces projectiles ont endommagé des bâtiments civils et des infrastructures, sans distinction claire entre objectifs militaires et civils. Ni Israël ni le Hezbollah n’ont réagi officiellement à ces observations, mais l’ONU a appelé les deux parties à une enquête indépendante et au respect strict des normes internationales.

Le secrétaire général Antonio Guterres a salué l’extension de la trêve, réitérant son soutien à tous les efforts diplomatiques. Il a rappelé l’importance du retrait complet des forces israéliennes au nord de la Ligne bleue et le monopole de l’État libanais sur les armes, conformément à la résolution 1701. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) continue de patrouiller dans la zone, malgré des incidents passés ayant coûté la vie à des casques bleus.

La situation humanitaire et les défis du retour des déplacés

Au sud du Liban, la destruction reste massive. Des villages entiers autour de Bint Jbeil, Khiam ou Nabatiyé portent les traces de mois de bombardements : maisons effondrées, routes éventrées, ponts détruits. Des milliers de Libanais, fuyant les combats depuis mars, hésitent encore à regagner leurs foyers malgré la trêve. Les autorités libanaises estiment que plus d’un million de personnes ont été déplacées, dont une grande partie vers Beyrouth et la Békaa.

Les opérations de déminage et de reconstruction s’annoncent longues et coûteuses. L’armée libanaise, déployée en coordination avec la FINUL, tente de sécuriser les axes de retour, mais les risques persistent en raison des munitions non explosées et des positions israéliennes toujours actives. Des témoignages rapportent que certains habitants ont retrouvé leurs villages « inhabitables », avec des infrastructures d’eau et d’électricité détruites.

Sur le plan économique, le Liban, déjà en proie à une crise profonde depuis 2019, voit son agriculture et son tourisme sudiste anéantis. Les champs cultivés ont été labourés par les blindés, les oliveraies incendiées. Les négociations à Washington visent précisément à obtenir un retrait israélien progressif en échange d’un déploiement renforcé de l’armée libanaise et d’un contrôle accru sur les activités du Hezbollah.

Les positions israéliennes et la logique de sécurité

Du côté israélien, l’état-major justifie le maintien de ses forces dans le sud par la nécessité d’empêcher toute reconstitution des capacités offensives du Hezbollah. Le ministre de la Défense a rappelé que l’objectif reste le démantèlement des infrastructures militaires iraniennes à la frontière. « Nous ne quitterons pas tant que la menace ne sera pas éliminée », a-t-il déclaré lors de points de presse récents. Les opérations du 24 avril s’inscrivent dans cette logique : neutraliser toute tentative de réarmement ou d’infiltration sous couvert de la trêve.

Les États-Unis, principal médiateur, ont multiplié les appels au calme. L’administration Trump lie explicitement la stabilité libanaise à la désescalade régionale plus large, notamment avec l’Iran. La prolongation de la trêve est présentée comme une fenêtre diplomatique qu’il ne faut pas laisser se refermer.

Les derniers développements militaires et diplomatiques du 24 avril

Dans la soirée du 24 avril, après l’incident de Bint Jbeil, l’armée israélienne a signalé d’autres frappes ciblées sur des sites du Hezbollah dans le sud, affirmant avoir détruit des entrepôts d’armes et des positions de commandement. Le Hezbollah a de son côté revendiqué, dans des communiqués antérieurs, des tirs de représailles contre des positions israéliennes, sans confirmer d’action spécifique ce jour-là.

À Beyrouth, le gouvernement suit de près l’évolution du dossier. Des réunions de crise ont été tenues au Grand Sérail pour évaluer les implications de ces accrochages sur les prochaines négociations. Le ministre des Affaires étrangères a réitéré l’engagement du Liban à respecter la trêve tout en exigeant le retrait israélien complet du territoire national.

L’ONU, par la voix de ses experts, continue de documenter les faits sur le terrain. Des équipes humanitaires évaluent les besoins en aide d’urgence dans les zones affectées, tandis que la FINUL renforce ses patrouilles conjointes avec l’armée libanaise pour prévenir de nouveaux incidents.

La réalité du terrain au matin du 25 avril

Au lever du jour ce 25 avril, la situation dans le sud du Liban reste marquée par une vigilance extrême. Des fumées résiduelles ont été signalées dans plusieurs localités après les opérations de la veille. Les habitants qui avaient tenté un retour progressif restent pour la plupart aux abords des zones sécurisées, attendant des garanties supplémentaires des autorités. L’armée israélienne maintient ses positions avancées, tandis que les forces libanaises et les casques bleus multiplient les vérifications le long de la Ligne bleue.

Les échanges de tirs sporadiques, bien que limités, rappellent que la trêve, bien que prolongée, repose sur un équilibre précaire entre impératifs de sécurité israéliens et aspirations à la souveraineté libanaise. Les prochaines heures et jours seront déterminants pour savoir si la diplomatie parviendra à consolider cette pause ou si les incidents du 24 avril préfigurent une nouvelle phase de tensions. Les faits sur le terrain continuent d’évoluer au rythme des opérations militaires et des communications officielles des parties concernées.

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