Une journée d’étude sur l’enseignement de la langue arabe s’est tenue le 25 avril dernier à l’Institut du monde arabe, à Paris, en présence d’éminents spécialistes. Le Centre de recherches et d’études arabes (CREA) de la Faculté de langues et de traduction (FdLT) de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth y a fait une intervention très remarquée. Preuve que le Liban, malgré la guerre qu’il subit et la crise qu’il connaît, compte des professionnels d’exception, mobilisés en dépit des circonstances.


L’événement pourrait paraître futile au regard de l’actualité dramatique que connaît le Liban. Pourtant, il est très significatif et illustre parfaitement le caractère extraordinaire de ce pays, remarquable à plus d’un titre. Alors que le Sud-Liban est soumis aux bombardements incessants en dépit d’un cessez-le-feu en vigueur, malgré un million de déplacés dont la tragédie impacte l’ensemble du territoire et a des conséquences sur tous les secteurs de la société, parmi lesquels l’éducation, ses professionnels demeurent mobilisés et maintiennent un très haut niveau d’expertise.
Ce 25 avril, à Paris, l’Institut du monde arabe (IMA) organisait une journée d’étude sur le thème « L’enseignement de l’arabe dans les établissements du supérieur en France ». D’éminents spécialistes de différentes universités – Jean Moulin Lyon 3, Montpellier Paul-Valéry, Caen, Grenoble, Strasbourg – ont débattu, s’interrogeant sur l’avenir de leurs filières.
Le Centre de recherches et d’études arabes (CREA) de la Faculté de langues et de traduction (FdLT) de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth était invité à participer. La problématique pouvait apparaître franco-française, pourtant le Pr Rima Labban, de l’université Montpellier Paul-Valéry, avait insisté sur cette présence après des échanges académiques avec le doyen de la FdLT, le Pr Gina Abou Fadel Saad et la directrice du CREA, Mme Carole Nehmé.
Mme Nehmé et le Pr May Haddad, directrice du Centre de recherche en traductologie, en terminologie arabe et en langues (CERTTAL) ont donc proposé une intervention à deux voix sur le thème « L’arabe dans un contexte universitaire plurilingue : réalités linguistiques et pratiques pédagogiques – l’expérience du CREA ». Une intervention particulièrement appréciée. Dans un français dont la maîtrise n’a laissé personne indifférent, Mme Nehmé et le Pr Haddad ont présenté une communication à la fois profonde – élevant la réflexion –, et d’une haute technicité académique et pédagogique. Sous une forme agréable et plaisante, elles ont démontré que l’expérience du CREA, loin d’être adaptée au seul contexte libanais, apporte des réponses pratiques pour l’enseignement de l’arabe en France.
Quatre points ont particulièrement retenu l’attention : le plurilinguisme singulier, propre au Liban ; la capacité à s’adapter à l’hétérogénéité des profils des apprenants ; la conception et l’élaboration par le CREA-FdLT du DALE (Diplôme arabe langue étrangère) et du DALS (Diplôme arabe langue spécialisée), certifications alignées sur les standards internationaux ; la possibilité d’enseigner l’arabe standard moderne et l’arabe dialectal sans les opposer.
Ce dernier élément a trouvé un écho tout spécifique parmi les experts présents. En effet, ils comptent souvent parmi leurs étudiants des Français d’origine maghrébine, parfois tiraillés entre le dialecte parlé chez eux et la langue littéraire qu’ils étudient. La perspective de pouvoir désormais faire le lien entre les deux, comme exposé par le CREA, a suscité un grand intérêt.
Par leur démonstration dans le domaine linguistique, Mme Nehmé et le Pr Haddad ont montré que « le Liban est plus qu’un pays, c’est un message ».
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