Une échéance désormais posée noir sur blanc : fin 2027
L’horizon de fin 2027 revient comme une date structurante dans les récits de ce 8 janvier 2026. Il ne s’agit plus d’une hypothèse théorique. Il est présenté comme le terme prévu de la présence de la Finul au Sud. Cette échéance transforme la discussion. Elle la déplace d’un débat sur l’instant vers un débat sur la continuité.
La question n’est pas seulement “la Finul partira-t-elle”. La question devient “que se passe-t-il après”. Dans les mêmes récits, une idée domine. Un retrait sans formule de remplacement ouvre un risque de vide. Or, le Sud reste décrit comme instable. Les violations et les frappes ne sont pas reléguées au passé. Dès lors, la date de 2027 agit comme un compte à rebours politique.
La mise en avant de cette échéance intervient aussi au moment où l’État est pressé d’afficher une méthode sur la sécurité intérieure. Ainsi, la discussion sur la Finul est inséparable d’un autre sujet. La capacité de l’armée à étendre l’autorité de l’État. Cette articulation apparaît comme la colonne vertébrale du récit libanais.
La Finul et son mandat : rappel du cadre et de la prolongation
Les récits rappellent le cadre d’origine. La Finul est décrite comme liée à la résolution 1701. Cette résolution est associée à la date du 12 août 2006. Le mandat de la force internationale est présenté comme renouvelé par le Conseil de sécurité.
Un détail est mis en avant : la prolongation est décrite comme adoptée à l’unanimité par les membres du Conseil. La date de prolongation citée conduit jusqu’à décembre 2027. Ce point compte, car il fixe une borne précise. Il explique aussi pourquoi le débat sur “l’après” remonte maintenant au premier plan. Quand une date est posée, la question suivante devient inévitable.
Dans les mêmes récits, la prolongation ne ferme pas la discussion. Au contraire, elle l’ouvre. Elle donne du temps. Elle n’offre pas encore la formule. Elle laisse donc un espace politique à remplir, côté libanais comme côté partenaires.
Le signal de la visite onusienne : comprendre “la vision du Liban” pour l’après-2027
La séquence diplomatique de ce 8 janvier 2026 met en scène une visite onusienne de haut niveau. L’objectif rapporté de la visite est explicite. Il s’agit de prendre connaissance de la vision libanaise pour l’étape qui suit le départ prévu de la Finul. Il s’agit aussi de discuter des “scénarios” et des “représentations” pour l’après.
Les rencontres décrites élargissent le message. Le responsable onusien voit le président de la République. Il rencontre aussi le président du Parlement. Il voit le ministre des Affaires étrangères. Il rencontre enfin le commandant en chef de l’armée. Ce circuit n’est pas anodin. Il installe une lecture institutionnelle. Le dossier n’est pas traité comme un simple sujet militaire. Il est placé au cœur des équilibres de l’État.
La même visite est présentée comme liée à un autre objectif. Assurer l’application de la résolution 1701. Le message implicite devient clair. L’ONU cherche des garanties de continuité. Le Liban cherche des garanties de stabilité. La discussion se place donc au point de jonction entre mandat international et souveraineté nationale.
Ce que dit la présidence : ouverture à une continuité, mais sous conditions
Le président Joseph Aoun est décrit comme tenant une ligne précise. Il affirme que l’armée accomplit son devoir au Sud. Il ajoute un élément central : le Liban accueille favorablement toute proposition d’un État souhaitant maintenir une présence de soutien au Sud après le départ prévu de la Finul.
Cette ouverture est formulée comme un principe. Elle ne signifie pas une acceptation automatique d’un format identique. Elle signifie que l’idée d’un “après” n’est pas rejetée. Elle signifie aussi que la présidence cherche à éviter une rupture brutale dans le dispositif de stabilité.
Dans le même mouvement, Joseph Aoun relie cette ouverture à la montée en puissance de l’armée. Il est indiqué que les effectifs de l’armée augmenteront dans les semaines à venir. La formulation est factuelle. Elle évite les chiffres. Elle vise un effet : montrer une dynamique. Ainsi, la présidence tente de construire un récit à deux étages. Continuité internationale possible, et renforcement national certain.
Cette position répond à un risque politique interne. Une partie de l’opinion rejette toute impression de tutelle. Une autre partie redoute un vide. La présidence cherche donc une formule qui évite les deux extrêmes. Ni abandon, ni dépendance.
Le verrou territorial : des positions israéliennes toujours présentes
Dans les mêmes récits, la discussion sur la Finul se heurte à un fait répété. Des positions israéliennes sont décrites comme toujours maintenues à l’intérieur du territoire libanais. Ce point est présenté comme un obstacle direct à l’achèvement complet d’un déploiement jusqu’à la frontière.
Un autre détail est rapporté. Il est question d’un accord de retrait dans un délai de soixante jours, lié à une compréhension datée du 27 novembre 2024. Ce retrait, selon les récits, n’a pas été pleinement réalisé. Dès lors, la stabilité reste incomplète. Et l’argument du “vide” devient plus crédible.
Cette dimension change le débat sur l’après-2027. Elle empêche une approche purement administrative. La question n’est pas seulement “quel mandat”. Elle devient “quel terrain”. Tant que des positions restent, la perspective d’un retrait international total est présentée comme plus risquée. Elle accroît la pression sur l’armée. Elle accroît aussi la demande d’une formule transitoire.
Pourquoi l’après-2027 revient maintenant : la peur d’une sortie “avant la stabilité”
Dans les récits, un argument revient sous une forme très nette. La mission ne devrait pas se terminer avant que le Sud ne soit stable, sûr, et relancé. Cette formulation est portée comme une justification politique. Elle rappelle que le mandat n’est pas une fin en soi. Il est un outil au service d’un état de sécurité.
Ce passage révèle une crainte. Celle d’une fin de mission décidée alors que les conditions ne sont pas réunies. Cette crainte se nourrit de deux éléments. D’une part, la persistance de violations. D’autre part, l’absence de retrait total des points évoqués.
Ainsi, l’après-2027 n’est pas présenté comme un simple changement d’étiquette. Il est présenté comme une question de “conditions de sortie”. Les conditions deviennent alors un champ de négociation. Elles s’adressent à l’ONU. Elles s’adressent aussi aux États contributeurs. Et elles s’adressent enfin à Israël, car la question du retrait est décrite comme centrale.
L’idée d’un “pas de substitut” : la Finul comme dispositif sans équivalent immédiat
Un autre point ressort des récits. L’idée qu’il n’existe pas de “remplacement” simple à la Finul. La formule apparaît comme un avertissement. Sans force internationale, il n’y a pas d’acteur neutre de même taille et de même mandat pour contribuer à la stabilité.
Cette idée ne signifie pas que la Finul doit rester identique. Elle signifie plutôt que la transition doit être pensée. Elle signifie aussi qu’une sortie rapide pourrait créer un vide opérationnel, surtout si l’armée n’a pas encore absorbé toute la charge.
Ce raisonnement sert un objectif politique. Il aide le Liban à plaider pour une continuité de soutien. Il aide aussi à justifier le renforcement de l’armée comme priorité. Enfin, il donne un cadre aux discussions sur une “formule” après 2027.
Les États contributeurs : entre volonté de rester et réticences à prolonger sans horizon clair
Les récits évoquent un point sensible. Certains pays participant à la force exprimeraient une volonté de rester, ou au moins de ne pas partir sans solution. Cette volonté est citée comme “précoce”. Elle indique que, même chez les contributeurs, l’après-2027 est déjà sur la table.
Mais cette volonté est aussi encadrée. Les contributeurs ne veulent pas prolonger sans horizon. Ils ne veulent pas non plus rester si la mission devient impossible à exécuter. Ils attendent donc une clarification. Et cette clarification passe par un double niveau. D’abord, la relation entre la force et l’État libanais. Ensuite, l’environnement de sécurité et le niveau de coopération.
La conséquence est directe. Le Liban doit produire une vision. Il doit l’exprimer tôt. Il doit aussi la rendre crédible, en montrant que l’armée se renforce et que l’État tient une ligne.
Les options discutées pour éviter un vide au Sud
Prolonger la mission actuelle sans la transformer
La première option est la plus simple sur le papier. Maintenir la Finul au-delà de 2027 par un renouvellement, si les conditions de sécurité ne permettent pas une sortie. Cette option a un avantage. Elle évite un choc. Elle garantit une continuité immédiate.
Elle a aussi un coût. Elle reporte le débat. Elle peut être critiquée comme une “gestion par prolongation”. Elle peut aussi alimenter une fatigue chez certains contributeurs. Enfin, elle reste dépendante d’une décision politique au Conseil de sécurité.
Maintenir une présence internationale, mais avec une formule ajustée
La deuxième option est une “formule” différente. Elle peut garder une présence internationale, mais avec un format adapté. L’idée est de combiner stabilité et souveraineté. Ainsi, l’ONU resterait un soutien. L’armée deviendrait le pivot plus visible. Et la force internationale pourrait être redéfinie pour éviter les frictions.
Dans les récits, l’ouverture de la présidence à une continuité “par un État” ou “par des États” suggère cette piste. Elle n’est pas décrite comme un plan final. Elle est présentée comme une porte ouverte. Elle permet d’éviter le vide. Elle permet aussi de réduire la peur d’une tutelle, si l’armée est au centre.
Accélérer la montée en puissance de l’armée pour absorber la charge
La troisième option est nationale. Elle repose sur le renforcement des effectifs. Elle repose aussi sur la logistique, la mobilité, et la capacité de tenir une présence soutenue. L’annonce d’une augmentation du nombre de militaires dans les prochaines semaines s’inscrit dans cette logique.
Cette option ne suffit pas seule, car elle demande du temps. Elle demande aussi des moyens stables. Mais elle est décrite comme indispensable. Sans montée en puissance, la sortie internationale devient trop risquée. Avec montée en puissance, une transition devient envisageable.
Construire une transition conditionnée par le retrait et la fin des violations
La quatrième option repose sur des conditions externes. Les récits insistent sur l’idée que la stabilité ne peut pas être obtenue si Israël ne cesse pas ses attaques et ne se retire pas des positions évoquées. Cette option est diplomatique. Elle vise à lier l’après-2027 à une réduction des risques.
Elle comporte un risque évident. Elle dépend d’un acteur extérieur. Pourtant, elle apparaît comme un levier central du discours libanais. Elle permet de dire que l’État ne refuse pas la transition. Il refuse une transition dans un contexte de violations persistantes.
La question du “mécanisme” : stabilisation, coordination, et limites
Les récits rappellent que le Sud est aussi géré par des dispositifs de coordination. Une réunion est décrite comme strictement militaire et “sans civils”. L’objectif rapporté est de limiter les violations, de renforcer la coordination, et de réduire le risque de ciblage de bâtiments civils soupçonnés d’abriter des armes.
Ce mécanisme a une utilité. Il sert de canal. Il sert aussi d’outil de suivi. Cependant, il ne remplace pas une force. Et il ne remplace pas une souveraineté pleine. Il agit donc comme une pièce de gestion, pas comme une solution globale.
Dans la perspective de l’après-2027, ce mécanisme prend une nouvelle couleur. Il peut servir à accompagner une transition. Il peut aussi servir à documenter des violations. En revanche, il ne peut pas être présenté comme un substitut. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’argument du “pas de remplaçant” à la Finul reste présent.
Le rôle de Joseph Aoun dans cette séquence : éviter l’angle mort de 2027
La présidence semble vouloir empêcher que 2027 devienne un angle mort. Elle place le sujet dans des rencontres officielles. Elle en parle avec un responsable onusien de premier plan. Elle articule la discussion avec le renforcement de l’armée. Et elle lie l’achèvement de la stabilité à la question des retraits et des violations.
Ce cadrage sert aussi à la politique intérieure. Il permet de montrer que la souveraineté n’est pas seulement un slogan. Elle se construit par des institutions. Elle se construit par des effectifs. Elle se construit par un rapport de forces diplomatique.
Cette logique est aussi une méthode de protection. Si l’État ne parle pas de 2027, d’autres parleront à sa place. La présidence prend donc les devants. Elle transforme une échéance en dossier, et un dossier en ligne officielle.
La tension de fond : maintenir une force internationale sans figer le Sud
Le débat sur l’après-2027 révèle une tension durable. La Finul est vue comme un facteur de stabilité. Mais elle ne peut pas être un état permanent si la stabilité n’est jamais atteinte. C’est pourquoi la discussion insiste sur la notion d’“achèvement de mission”. La mission doit être accomplie. Elle ne doit pas seulement être prolongée.
Dans les récits, cette tension se résume en une équation. Pas de départ avant une stabilité minimale. Pas de stabilité minimale sans retrait et sans fin des violations. Et pas de transition crédible sans armée renforcée.
Ainsi, les options évoquées ne s’excluent pas. Elles se combinent. Continuité internationale possible, formule ajustée possible, montée en puissance nationale nécessaire, et conditions de sécurité toujours présentes. Le dossier de 2027 apparaît alors comme un dossier de gouvernance, autant que de sécurité.



