dimanche, février 22, 2026

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Israël et les États-Unis auraient convenu de mettre fin à la mission de la FINUL au Sud-Liban

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Le journal israélien Israel Hayom a rapporté le 8 juin 2025, citant des sources anonymes, qu’Israël et les États-Unis auraient conclu un accord pour mettre fin au mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) dans le Sud-Liban. Cette annonce, si confirmée, marque un tournant majeur dans la dynamique sécuritaire de la région et soulève des interrogations sur l’avenir du maintien de la paix le long de la frontière volatile entre Israël et le Liban. Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions historiques, de controverses et d’accusations mutuelles entre Israël et la FINUL, incluant des actions militaires israéliennes contre des positions de la FINUL, des allégations de violations de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que des bombardements récents sur la capitale libanaise, Beyrouth. Cet article explore le contexte, les implications et les controverses entourant cet accord présumé, en s’appuyant sur les développements récents et les précédents historiques pour offrir un aperçu complet.

Contexte : le rôle de la FINUL au Sud-Liban

La FINUL a été établie en 1978 par les résolutions 425 et 426 du Conseil de sécurité de l’ONU pour superviser le retrait des forces israéliennes du Liban après l’invasion de cette année-là. Son mandat a été élargi en 2006 par la résolution 1701, qui a mis fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah. Cette résolution charge la FINUL de surveiller la cessation des hostilités, de s’assurer qu’aucun groupe armé autre que l’armée libanaise (LAF) et la FINUL n’opère au sud du fleuve Litani, et de faciliter le retour sécurisé des civils. Avec plus de 9 300 Casques bleus issus de divers pays, la FINUL constitue un pilier de l’arrangement sécuritaire fragile le long de la Ligne bleue, la frontière délimitée par l’ONU séparant le Liban d’Israël et du Golan occupé par Israël.

La présence de la FINUL est cependant source de controverses. Israël accuse régulièrement la mission de ne pas empêcher le Hezbollah, groupe militant libanais soutenu par l’Iran, de se réarmer et d’établir une infrastructure militaire dans le Sud-Liban. Le Hezbollah considère la FINUL comme une présence neutre mais parfois gênante, tandis que le gouvernement libanais insiste sur son rôle dans le maintien de la stabilité. L’accord présumé entre Israël et les États-Unis pour mettre fin à la mission de la FINUL pourrait bouleverser cet équilibre, avec des implications significatives pour la sécurité régionale.

L’accord présumé : contexte et détails

Selon Israel Hayom, les États-Unis et Israël auraient convenu de mettre fin aux opérations de la FINUL dans le Sud-Liban, l’administration américaine n’ayant apparemment aucun intérêt à renouveler le mandat de la mission, qui nécessite une approbation annuelle du Conseil de sécurité de l’ONU. Un message publié sur la plateforme X le 8 juin 2025 a repris cette affirmation, déclarant que les États-Unis et Israël ont convenu de mettre fin aux opérations de la FINUL dans le sud du Liban, et notant qu’Israël n’a fait que peu d’efforts pour convaincre les États-Unis du contraire. Ces rapports n’ont pas encore été confirmés par des déclarations officielles des États-Unis ou d’Israël, mais ils s’inscrivent dans le prolongement des frustrations israéliennes de longue date concernant l’efficacité de la FINUL.

Cette annonce intervient dans le sillage d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, négocié par les États-Unis et la France, entré en vigueur le 27 novembre 2024. Ce cessez-le-feu visait à mettre fin aux hostilités intensifiées après qu’Israël a renforcé ses opérations militaires au Liban en septembre 2024, à la suite de près d’un an d’échanges transfrontaliers initiés par le Hezbollah en solidarité avec le Hamas lors du conflit à Gaza. L’accord stipulait qu’Israël retirerait ses forces du Sud-Liban dans un délai de 60 jours, tandis que le Hezbollah déplacerait son infrastructure militaire au nord du fleuve Litani, avec le déploiement de l’LAF et de la FINUL dans le sud pour faire respecter la trêve.

Cependant, le cessez-le-feu a été marqué par des accusations mutuelles de violations. Israël a affirmé que le Hezbollah n’a pas complètement retiré ses forces au-delà du Litani, tandis que le Liban et la FINUL ont accusé Israël de poursuivre des opérations militaires, y compris des frappes aériennes et des incursions, en violation de la résolution 1701. L’accord présumé pour mettre fin à la mission de la FINUL pourrait refléter la conviction d’Israël que la force de maintien de la paix est inadéquate pour faire respecter le cessez-le-feu ou empêcher le réarmement du Hezbollah.

Menaces et actions israéliennes contre la FINUL

Au cours du récent conflit, la FINUL a été confrontée à des menaces directes et à des attaques, principalement attribuées aux forces israéliennes, exacerbant les tensions et suscitant des condamnations internationales. Voici un compte rendu détaillé des événements clés :

  • Incidents d’octobre 2024 : La FINUL a signalé plus de 30 incidents en octobre 2024, dont environ 20 attribués à l’armée israélienne, sept jugés clairement délibérés. Le 10 octobre, deux Casques bleus ont été blessés lorsqu’un char israélien a tiré sur une tour de garde au siège de la FINUL à Naqoura. Le 16 octobre, les forces israéliennes ont tiré sur une position à Kfar Kila, endommageant une tour de guet dans ce que la mission a qualifié d’attaque directe et apparemment délibérée. Quelques jours plus tôt, des chars israéliens avaient forcé l’entrée d’une position de la FINUL près de Ramyah, traversant la Ligne bleue avec deux chars.
  • Attaques de novembre 2024 : Le 15 novembre, un obus d’artillerie israélien non explosé a frappé une base de la FINUL à Shama, endommageant l’infrastructure. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a condamné cet incident comme inacceptable et a exigé une enquête. Le 19 novembre, deux bases de la FINUL ont été touchées par des tirs de roquettes, probablement lancés par le Hezbollah, blessant quatre Casques bleus ghanéens. Israël a également été accusé d’utiliser les bases de la FINUL comme boucliers, une allégation démentie par l’armée israélienne.
  • Appels israéliens au retrait de la FINUL : Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a exhorté à plusieurs reprises l’ONU à retirer la FINUL des zones de combat dans le Sud-Liban, arguant que les Casques bleus ont été utilisés comme boucliers humains par le Hezbollah. Le 13 octobre 2024, Netanyahu a appelé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à évacuer complètement la FINUL, une demande relayée par les Forces de défense israéliennes (FDI). Ces déclarations reflètent l’opinion d’Israël selon laquelle la FINUL n’a pas réussi à freiner les activités du Hezbollah, permettant au groupe de construire une infrastructure terroriste en violation de la résolution 1701.
  • Incident de brouillage radar : Le 5 novembre 2024, un responsable judiciaire libanais a rapporté que des commandos navals israéliens avaient utilisé un bateau rapide équipé de dispositifs de brouillage radar pour enlever un Libanais accusé d’être un opératif du Hezbollah, contournant ainsi les capacités de surveillance maritime de la FINUL. Cette opération a souligné la volonté d’Israël d’agir unilatéralement, même au risque de saper l’autorité de la FINUL.

Ces incidents ont aggravé les relations entre Israël et la FINUL, la mission accusant Israël de violer le droit international et la résolution 1701. La porte-parole adjointe de la FINUL, Kandice Ardiel, a déclaré le 8 novembre 2024 que la mission avait été ciblée 40 fois depuis l’escalade des hostilités, huit attaques étant confirmées comme provenant de l’armée israélienne.

Bombardements israéliens récents sur Beyrouth

Depuis le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, Israël a continué à mener des frappes aériennes sur la capitale libanaise, Beyrouth, ciblant principalement la banlieue sud, un bastion du Hezbollah. Ces bombardements ont suscité des préoccupations internationales et des accusations de violations de la trêve. Voici un aperçu des principaux incidents récents :

  • 28 mars 2025 : L’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth, marquant la première attaque sur la capitale depuis le cessez-le-feu. Cette frappe, survenue après deux tirs de roquettes visant le territoire israélien, a ciblé un dépôt de drones du Hezbollah, selon l’armée israélienne. L’opération a provoqué la panique, avec l’évacuation des écoles et le départ précipité de nombreux habitants. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé une dangereuse escalade, tandis que le président français, Emmanuel Macron, a qualifié les frappes d’inacceptables, soulignant la nécessité de respecter le cadre du cessez-le-feu.
  • 1er avril 2025 : Un raid aérien israélien sur le quartier de Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, a tué au moins quatre personnes. Cette attaque, la deuxième en moins d’une semaine, a encore fragilisé la trêve conclue avec le Hezbollah. Les frappes ont visé des cibles attribuées au Hezbollah, bien que des civils aient été touchés, exacerbant les tensions dans la région.
  • 5 juin 2025 : Dans la nuit du 5 au 6 juin, Israël a mené au moins cinq frappes aériennes sur la banlieue sud de Beyrouth, visant des infrastructures de l’unité aérienne du Hezbollah, selon l’armée israélienne. Ces bombardements, décrits comme les plus vastes depuis le cessez-le-feu, ont eu lieu à la veille de l’Aïd al-Adha, une importante fête musulmane. Les rues de la banlieue sud étaient paralysées par des embouteillages, les habitants fuyant massivement avant les frappes. Le président libanais, Joseph Aoun, et le Premier ministre, Nawaf Salam, ont fermement condamné ces attaques, les qualifiant de violation flagrante du cessez-le-feu. Un message publié sur X le 5 juin 2025 a rapporté plus de 21 raids sur des zones résidentielles de Beyrouth, soulignant l’ampleur de l’opération.

Ces frappes ont ravivé les craintes d’une escalade militaire, les autorités libanaises et internationales dénonçant les violations répétées du cessez-le-feu. Les bombardements, souvent précédés d’ordres d’évacuation émis par le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, ont ciblé des infrastructures attribuées au Hezbollah, mais ont également causé des dommages collatéraux dans des zones résidentielles densément peuplées.

Controverses entre Israël et la FINUL

Les relations entre Israël et la FINUL sont marquées par des décennies de méfiance et de différends. Voici les principales controverses :

  • Accusations d’inefficacité : Israël reproche à la FINUL de ne pas empêcher le Hezbollah de se réarmer et de construire des infrastructures militaires dans le Sud-Liban, en violation de la résolution 1701. En décembre 2024, un éditorial d’Israel Hayom a exprimé le sentiment que la FINUL et d’autres forces similaires ont échoué dans leur mission au cours des deux dernières décennies, reflétant un scepticisme généralisé en Israël quant à l’efficacité de la mission.
  • Surveillance des violations israéliennes : La FINUL documente régulièrement les violations de la résolution 1701, y compris les incursions israéliennes au Liban, telles que les survols de drones et les frappes aériennes. En décembre 2024, la FINUL a exprimé son inquiétude face à la destruction continue par les forces israéliennes des zones résidentielles, des terres agricoles et des réseaux routiers dans le Sud-Liban, qualifiant ces actions de violations de la résolution 1701. Ces rapports ont irrité Israël, qui perçoit la FINUL comme biaisée en faveur du Liban.
  • Attaques contre les Casques bleus : Les attaques israéliennes contre les positions de la FINUL, notamment les incidents d’octobre et novembre 2024, ont suscité de vives critiques internationales. L’ONU a souligné que de telles actions violaient le droit international et pouvaient constituer des crimes de guerre. Ces incidents ont renforcé la perception que la FINUL est mal équipée pour opérer dans un environnement où elle est directement ciblée par l’une des parties au conflit.
  • Accusations de parti pris : Israël a accusé la FINUL d’être trop clémente envers le Hezbollah, tandis que le Hezbollah a parfois reproché à la FINUL de collaborer avec Israël. Ces accusations contradictoires reflètent la position difficile de la FINUL, prise entre deux parties belligérantes avec des objectifs opposés.

Implications de la fin potentielle de la mission de la FINUL

La fin de la mission de la FINUL, si elle se concrétise, pourrait avoir des répercussions significatives pour la stabilité régionale :

  • Vide sécuritaire : Sans la FINUL, il n’y aurait plus de force internationale neutre pour surveiller la Ligne bleue, ce qui pourrait accroître le risque de nouveaux affrontements entre Israël et le Hezbollah. Bien que l’accord de cessez-le-feu stipule que l’LAF prendra le contrôle du Sud-Liban, l’armée libanaise manque de ressources et d’autorité pour contrer efficacement le Hezbollah, qui reste une force politique et militaire puissante au Liban.
  • Renforcement de la coopération israélo-libanaise : Israel Hayom a rapporté que l’armée libanaise, s’appuyant sur des renseignements israéliens transmis via des intermédiaires américains, a démantelé plus de 90 % des infrastructures militaires du Hezbollah au sud du Litani. Cet effort suggère une collaboration indirecte entre Israël et le Liban, qui pourrait être renforcée si la FINUL est retirée, bien que cela dépende de la volonté et de la capacité du gouvernement libanais à maintenir la souveraineté sur son territoire.
  • Impact sur la diplomatie internationale : La décision de mettre fin à la mission de la FINUL nécessiterait l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU, où la Russie et la Chine pourraient s’opposer à une telle mesure. Cela pourrait compliquer les relations entre les États-Unis et d’autres membres permanents du Conseil, affectant les efforts diplomatiques plus larges au Moyen-Orient.
  • Risque d’escalade : Les déclarations récentes du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, indiquent une posture ferme, affirmant qu’il n’y aura ni calme à Beyrouth, ni ordre ou stabilité au Liban sans sécurité pour Israël. Cette rhétorique, combinée à la fin potentielle de la FINUL, pourrait signaler une volonté israélienne de maintenir une présence militaire ou d’intensifier les frappes en cas de violations présumées par le Hezbollah.
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