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Israël ordonne l’évacuation immédiate de tout le sud du Litani : des centaines de milliers de civils sommés de quitter leurs foyers au sixième jour du conflit régional

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Mercredi 4 mars 2026, à midi, l’armée israélienne a diffusé via son porte-parole arabophone, le colonel Avichay Adraee, l’ordre d’évacuation le plus large depuis le début de l’escalade actuelle. Sur son compte X en langue arabe, un message clair et accompagné d’une carte rouge couvrant toute la zone : « Aux habitants du Liban-Sud : vous devez évacuer vos maisons sans délai et vous déplacer immédiatement vers le nord du fleuve Litani. » Cette injonction concerne l’ensemble du territoire situé au sud du Litani, soit environ 832 kilomètres carrés, de Hourah à l’est jusqu’à Qasmié à l’ouest, à l’embouchure du fleuve. Elle englobe des villes majeures comme Tyr, dont la population approche les 40 000 habitants, ainsi que des dizaines de villages et localités du gouvernorat du Sud et de Nabatié.

Cet ordre intervient au sixième jour d’un conflit qui s’est étendu à tout le Moyen-Orient depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février contre l’Iran. Il s’inscrit dans une offensive terrestre et aérienne élargie contre les positions du Hezbollah, alliée historique de Téhéran. L’armée israélienne justifie cette mesure par la nécessité de mener des opérations militaires contre les infrastructures du mouvement chiite, tout en ne cachant pas son intention d’établir une « zone tampon » le long de la frontière.

L’ordre d’évacuation le plus vaste depuis le cessez-le-feu de novembre 2024

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La zone visée représente environ 8 % du territoire libanais et correspond largement à la région qui avait déjà fait l’objet d’ordres partiels ces derniers jours. Depuis le 2 mars, plus de cent villages avaient déjà reçu des mises en garde similaires. L’annonce du 4 mars les englobe tous et les dépasse largement. Des soldats israéliens ont été observés pénétrant en territoire libanais près de Markaba, Adaïssé, Kfar Kila et Ramiyé, avant de se replier partiellement au sud de la Ligne bleue, selon les observations de la Finul, la force intérimaire des Nations unies au Liban.

Sur le terrain, les avancées sont concrètes. Un bataillon israélien s’est positionné devant la municipalité de Khiam, dans le district de Marjeyoun, après des échanges de tirs intenses à la mitrailleuse et à l’artillerie. Des unités ont investi l’hôpital gouvernemental de Meis el-Jabal et entrepris des travaux de terrassement dans la zone d’Azraïel, au sud de Kfarchouba. Ces mouvements s’ajoutent à la présence israélienne maintenue depuis le cessez-le-feu du 27 novembre 2024 sur cinq points fortifiés et deux « zones tampons » en territoire libanais, en violation, selon Beyrouth et l’ONU, de la résolution 1701 du Conseil de sécurité.

Le porte-parole israélien a accompagné son message d’une carte précise marquée en rouge, publiée à 12 h 01 sur les réseaux sociaux. L’instruction est sans ambiguïté : évacuation immédiate vers le nord du Litani, sans possibilité de retour immédiat annoncée. Des sources locales rapportent déjà des mouvements massifs de population sur les routes menant vers Saïda et Beyrouth.

Des dizaines de milliers de déplacés en quelques heures, sur fond de crise humanitaire préexistante

Selon le ministère libanais des Affaires sociales, plus de 58 000 personnes ont été enregistrées comme déplacées internes en seulement deux jours, entre le 2 et le 4 mars. Des milliers d’autres se trouvent encore en transit, dormant dans leurs voitures ou bloquées dans les embouteillages. Ces chiffres s’ajoutent aux quelque 65 000 Libanais qui restaient déplacés depuis les affrontements de 2024. Au total, les agences onusiennes estiment que plus de 80 000 personnes ont cherché refuge dans des abris collectifs depuis le début de cette nouvelle vague.

Plus de 300 centres d’accueil ont été ouverts à travers le pays, dont de nombreuses écoles publiques réquisitionnées. L’Unicef rapporte que plus de 12 000 familles, dont un grand nombre d’enfants, se trouvent déjà dans ces structures, dont certaines sont saturées. Des organisations humanitaires comme Médecins sans frontières et le Programme alimentaire mondial ont alerté sur les risques sanitaires et alimentaires dans ces conditions de surpopulation.

La ville de Tyr, directement concernée, voit ses habitants affluer vers le nord. Des images diffusées montrent des convois de voitures chargées de matelas et de biens essentiels sur la route côtière. Dans les villages frontaliers comme Bint Jbeil ou Aïta ech Chaab, les rues se vident sous la menace des frappes aériennes continues.

Le contexte régional : une escalade liée à la guerre contre l’Iran

Cet ordre d’évacuation massif intervient alors que le Liban est entraîné dans la guerre déclenchée par les frappes américano-israéliennes sur l’Iran. Le 1er mars, le Hezbollah avait répliqué par des tirs de roquettes et de missiles vers Israël en réponse à l’élimination du guide suprême iranien Ali Khamenei. Israël a aussitôt lancé une « vague large » de frappes aériennes sur les banlieues sud de Beyrouth, le Sud et la Bekaa, tuant au moins 40 personnes et en blessant 246 en quelques jours.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a qualifié ces tirs du Hezbollah d’« acte irresponsable » mettant en danger la stabilité du pays. Le ministre de la Justice Adel Nassar a ordonné l’arrestation des responsables de ces lancements. Beyrouth tente ainsi de préserver une ligne de neutralité fragile face à une escalade qu’elle n’a pas choisie.

Sur le plan militaire, Tsahal a engagé trois divisions – infanterie, blindés et génie – dans le Sud-Liban. Les opérations visent explicitement à empêcher toute reconstruction des capacités du Hezbollah, après le cessez-le-feu de novembre 2024 qui n’a jamais été pleinement respecté des deux côtés.

Les réactions à Beyrouth : condamnation unanime et appel à la souveraineté

Le gouvernement libanais, dirigé par Nawaf Salam, a dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté » et des résolutions internationales. L’armée libanaise, aux moyens limités, a repositionné certains postes frontaliers et renforcé sa présence à l’est en coordination avec les autorités syriennes. Elle s’efforce de maintenir l’ordre public et d’empêcher toute manifestation armée.

Le ministre des Affaires sociales a confirmé l’ouverture de 21 abris supplémentaires et appelé la communauté internationale à une aide urgente. À l’ONU, la Finul a exprimé sa « sérieuse préoccupation » face à cet ordre d’évacuation civile dans sa zone d’opérations. La mission a observé de nouvelles violations de la résolution 1701, tant du côté des tirs de roquettes libanais que des incursions et frappes israéliennes.

Le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, et la coordinatrice spéciale pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, suivent la situation heure par heure. L’ONU rappelle que toute action militaire doit respecter le droit international humanitaire et protéger les civils.

Les implications humanitaires et sécuritaires immédiates

L’exode en cours s’ajoute à une crise économique et sociale déjà dramatique depuis 2019. Les familles déplacées, souvent chiites du Sud, rejoignent des régions déjà saturées comme la Bekaa ou les banlieues de Beyrouth. Les écoles transformées en refuges manquent de tout : matelas, eau potable, médicaments. L’Unicef insiste sur le sort des enfants, qui représentent une part importante des déplacés.

Sur le plan sécuritaire, le risque de vide dans le Sud inquiète. Le Hezbollah, bien que affaibli, maintient une présence et revendique des tirs contre des positions israéliennes. L’armée libanaise tente de combler les espaces laissés vacants, mais ses capacités restent modestes.

La Turquie et d’autres acteurs régionaux observent avec attention. Ankara, déjà engagée au nord de l’Irak, redoute tout effet domino. Les pays du Golfe, bien que discrets, suivent l’évolution des prix énergétiques liée au blocage du détroit d’Ormuz.

Les opérations israéliennes au sol et les violations documentées

Depuis le 2 mars, les troupes israéliennes ont multiplié les incursions. Des unités ont franchi la Ligne bleue à plusieurs reprises, établissant des positions temporaires avant de se replier partiellement. La Finul a comptabilisé des dizaines d’incidents de tirs transfrontaliers, des centaines de violations aériennes et plusieurs frappes.

Ces mouvements s’inscrivent dans une stratégie déclarée de « sécurisation » de la frontière. Israël maintient que le Hezbollah n’a pas désarmé conformément à la résolution 1701 et qu’il reconstitue ses capacités avec l’appui iranien. Le gouvernement de Nawaf Salam conteste cette lecture et réclame le retrait complet des forces israéliennes des cinq points occupés depuis 2024.

Le rôle de la Finul et les appels à la désescalade

La force onusienne, forte de plus de 10 000 casques bleus, reste déployée le long de la Ligne bleue. Elle a appelé les deux parties à la retenue et maintient un contact permanent avec Beyrouth et Tel-Aviv. Dans un communiqué publié mercredi, la Finul a souligné que l’ordre d’évacuation civile constitue une préoccupation majeure, car il touche directement sa zone d’opérations.

Le Conseil de sécurité, saisi de la question, attend le rapport du secrétaire général sur la résolution 1701, prévu pour le 10 mars. Plusieurs membres, dont la France, ont réitéré leur attachement au cadre de 2006 et appelé à un cessez-le-feu immédiat.

L’impact sur les populations frontalières et les infrastructures

Dans les villages évacués, les maisons restent vides sous la menace constante des drones et des avions. Des témoignages recueillis par les agences humanitaires décrivent des familles fuyant avec le strict nécessaire, abandonnant bétail et récoltes. Les oliveraies et les cultures, déjà endommagées lors des conflits précédents, risquent de nouvelles destructions.

À Tyr, la vie économique est paralysée. Le port et les marchés se vident. Plus au nord, les centres d’accueil peinent à absorber l’afflux. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et l’Unicef estiment que le nombre de personnes en besoin d’aide humanitaire va encore augmenter dans les prochaines heures.

Les positions officielles de part et d’autre

L’armée israélienne maintient que l’opération est « contrainte » par la présence du Hezbollah et vise uniquement à protéger sa population civile. Aucun calendrier de retrait n’est annoncé. À Beyrouth, le Premier ministre Nawaf Salam a multiplié les contacts diplomatiques pour obtenir un soutien international et un retour au calme.

Le Hezbollah, de son côté, continue de revendiquer des actions de résistance, tout en appelant ses partisans à respecter les ordres d’évacuation pour éviter des pertes civiles supplémentaires.

La situation ce jeudi 5 mars sur le terrain libanais

Ce jeudi matin, les routes du Sud restent encombrées de convois de déplacés. De nouvelles frappes aériennes ont été signalées près de Nabatié et dans la Bekaa. L’armée israélienne a confirmé la poursuite de ses opérations terrestres dans la zone de Marjeyoun et de Bint Jbeil. La Finul a observé des mouvements supplémentaires de troupes près de la Ligne bleue.

Plus de 83 000 personnes ont été enregistrées comme déplacées depuis le début de la semaine selon le ministère libanais des Affaires sociales, un chiffre qui continue d’augmenter heure par heure. Les abris collectifs de Saïda et de Beyrouth sont à saturation. Les autorités libanaises ont activé des plans d’urgence supplémentaires pour distribuer nourriture et médicaments.

L’ordre d’évacuation du 4 mars reste en vigueur, sans modification annoncée. Les populations du sud du Litani continuent de se déplacer vers le nord, tandis que les opérations militaires israéliennes se poursuivent dans la zone évacuée. La Finul maintient sa présence et ses patrouilles malgré les risques accrus. À New York, les membres du Conseil de sécurité suivent en temps réel les rapports qui affluent de la mission onusienne au Liban.

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